‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 22 sur 117 · GUI · texte numérisé non relu

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indique leur mode de nutri.ion, d'accroissement, et les altérations qu'ils éprouvent dans cette singulière maladie , connue sous le nom de plique polonaise. Placide Soraci, jeune médecin italien, lit imprimer une réponse dans laquelle il réclame la priorité delà découverte (pie s ciait attribuée Chirac. 2* Disserlatio acndemica , t'n qua ditquirilur an ineubo ferrummbiginosum, afliriu., Montpellier, 1692. in-12. 31 Disserlalio aeademica , in qua disquiritur an passioni iliacœ globuli plumbei hydrargyro praferendi, Montpellier, 169$, in-12. L'auteur se prononce pour lu négative ; il explique assez exactement l'invagination des intestins. 4° De Mntu cordis, udt ertnria analylica , Montpellier, 1098, in-12; rapsodie pitoyable sous un litre spécieux, 3* Lettres sur t'upologic de Vicusscn*, Mout|icllier, 1698, in-8u. L'illustre aua ton liste llaymond \ icusscus se flattait «l'avoir démontré le premier l'existence d'un acide dans le sang : Chirac revendique cette découverte purement imaginaire. 6" Quœslio medico-chirurgica de vulneribus : utrum absoluta suppuvatione , ad prommendam cicalricem, praslcnl detergenlia salino aqua, rrsp. Ant. dcJussicu, Montpellier, 1707, in-12. Les succès que Chirac avait obtenus de l'emploi des eaux de Balaruc , dans la guerison d'une blessure grave du duc d'Orléans , le déterminèrent à publier cette dissertation, ipd lut traduite en français sous ce titre : Observations de chirurgie tur la nature el le traitement des plaies, Paris, 4742, in-12, et jointe à l'opuscule de Fixes sur la suppuration des parties molles. 7* Observations sur tes incommodités auxquelles sont sujets les équipages des vaisleaux, et de la manière ae tes traiter, Paris, 1724, in-S*. La thèse de Chirac, sur l'incuba ou cauchemar, soutenue par J.-U. «le llosnel , celle sur la passion iliaque, et plusieurs autres, ont été traduites et publiées par liruhier, réunies aux dissertations et coni.ultations de Silva, l'aris, 1744, 2 vol. in-12. Tous les ouvrages de Chirac sont deli pires par un style à la fois incorrect, obscur et recherché ; la plupart de ses théories sont erronées. Ne suftil-il pas de dire qu'il refusait à la peste, à la variole, a la «aie même, la propriété contagieuse, et qu'il avait l'art de séduire ses élèves parcelle fausse doctrine? ( Voy. Ciilcoy.neau.) On doit encore lui reprocher son injuste mépris pour Hippocratc et Catien. C.

CHIUINOS (PlEMlE), jésuite espagnol , né à Ossuna, passa une grande partie de sa vie dans les lies Philippines, et mourut à Manille, en I G." S . âgé de 78 ans. Dans un de ses voyages à Rome , il lit imprimer une relation des travaux des missionnaires de son ordre dans les Philippines . Ilclacion de l'ilipinas , y lo que en citas a hecho la compania deJ. II. S., Home, 1604, in-4\ — Jean CwiUM», religieux trinilairc de Grenade, conseiller juge de la loi dans celte ville et dans celle de Curdoue, fit imprimer, en espagnol, un Abrégé historique des persécutions que l'Eglise a souffertes depuis son origine, Grenade, 1593, m-4*. — Ferdinand CmuiNos DE Sauzar. jésuite, né à Cucnça, prolessa l'Ecriture sainte à Alcala de Iléuarès, obtint la confiance du duc d'Qlivalès, tut prédicateur de Philippe IV,

et mourut en 1640. Son commentaire latin sur In Proverbes de Salomon fut imprimé à Paris en 1619, in fol. Sa défense Pro immaculala deiparœ Virgim't Conceptinne a eu quatre éditions, Alcala, 4618 ; Paris, 1623; Cologne, 1621 el 4622. V— ve.

CHISHULL (Edmond), né à Lyirorlh dan» te comté de Iledford, vers 1680, se distingua de bonne heure par la vivacité «le son esprit, et, dès Pan 1692, publia un poème latin sur la bataille de la Hogue. Après s'être livré à l'étude des langues anciennes, il obtint, en 1698, la place de voyageur instituée par le collège de Corpus Christi à Oxloid. Il se rendit dans le Levant , où il parcourut les différentes contrées de la Grèce, et tut nommé chapelain de la laetorerie anglaise à Smyrnc , emploi qu'il exerc i jusqu'au commencement île 1702. Heveiiu en Angleterre, il iui nommé, en I788. lecteur de YValtl ta m pion en Esscx ; en 1711, chapelain de la rciuc Anne. Il s'occupa a Ion» de réunir les nombreux matériaux qu'il avait recueillis dans sou voyage, et, après dix ans d'un travail interrompu par de longues et douloureuses maladies, il publia son ouvr.igo intitulé Antiquitates Asiuticœ christianam œrum antécédentes, etc., Londres, 4728, in-fol., lig. C'est un recueil précieux d'inscriptions et de monuments découverts particulièrement dans la Grèce asiatique par Chishull lui-même ou par ses amis. On y trouve la fau.cioe inscription de Sigée, en caractères grecs IXNistrophédons, l'un des plus anciens monument* connus en cette langue ; il en avait déjà publié iino description séparément, Londres, 1721 , in-M., à laquelle il joignit un supplément (ibid.. 1727, in-fol., et Leyde, 1727, in-8°). Le seul monument latin qui s'y trouve est la copie du testament d'Auguste gravée sur marbre , et déposée ilans le temple «le cet empereur à Ancyre. Chishull est mort le 18 mai 1753. On a de lui quelques poésies latines et des ouvrages de controverse. C'est à tort qu'on lui attribue, la Dissertation sur les médailles frappées à Smyrnc en l'honneur des médecins; elle est du docteur Méad, qui l a rédigée sur les notes et observations qui lui ont été communiquées par Chishull , et qui l'a fait imprimer a la suite de son Oralio Harvaiana, eu 4724, iu-4\ reimprimé à Goellingue, 1748. Le docleur Méad a publié la relation du voyage d'Edmond Chishull en Turquie, et de son retour en Angleterre, 1747, in-fol. T— il.

CUI-TSONG, 1P empereur delà dynastie chinoise des Ming, naquit en 1307, el moula sur le troue en 1321. Ce prince augmenta le nombre de ces .souverains passifs cl nuls que le litre seul de la naissance appelle, pour le malheur des peuples, au gouvernement des empires. Il ne fut ni méchant ni cruel ; il cul même les vertus et les qualités aimables de l'homme privé; mais l'histoire lui reproche justement de n'avoir pas eu celles d'un empereur. Faible, crédule et superstitieux, ami de l'oisiveté et de la mollesse, il parut ne s'occuper qu'à regret des soins du gouvernement. Dès les premiers jours de son règne, l'impératrice douairière s'empressa de faire arrêter el conduire à Pékin le mandarin Kiang-ping, favori du dernier empereur, homme universelle-

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aient déteste, et qui avait désolé l'empire par son

avarice et ses concussions. 11 lui mis en jugement, condamne à mort, cl ses biens confisqués. On trouva chez lui Soixante-dix caisses pleines d'or, 2,200 caisses d'argent, cinq-cent-dix autres remplies de lingots d'or et d'argent mêlés, quatre - cents grands plais, tant en or qu'en argent; un amas prodigieux de pièces de soie les plus riches, une énorme quantité de perles, de diamants et de pierreries, et une iniinilé de bijoux du plus grand prix. Sous le règne précédent, un autre favori du même empereur avait subi le même sort en 1510. Ses biens furent également • onlisqués, et les perquisitions qui lurent faites riiez lui y liront découvrir les Sommes suivantes : 4" S 10,000 pains d'or, chacun du poids de dix laéls, ou encts chinoises, lesquels réunis à 07,800 laéls eu monnaie, ou plutôt en morceaux cl en fragments de même métal, formatent une somme totale de 2,io7,fcOO laëls d'or (I); 2' o millions de pains d'argent, pesant chacun cinquante laëls, et 15,083,000 taêls tn monnaie; total en argent, 26V '83,000 taris (2). On trouva de plus cliez ce Lvori disgrai ié deux Irons (3) de pierres précieuses, deux cuirasses d'or, 3,000 anneaux de même mêlai, 4,102 ceintures ornées de pierreries, cinq cents grands plats ou bassins d'or, des babils sans nombre et des meubles qui, par leur magnificence, égalaient ceux des plais de l'empereur. Ces laits, qui appartiennent aux temps modernes de la Chine, nous ont paru mériter d'Olrc remarqués. Quelle doit don>: être la prodigieuse opulence de cet empire, puisqu'un seul Inm. nie en place et en laveur peut s'y rendre coupable d'ans- i énormes déprédations? .Mais revenons à l'empereur Chi-Isong Son dégoût pour le liavail et les affaires, son apathique insouciance sur les événements, excitèrent la cupidité des Tariarcs, qui, pendant presque lout le cours de son régne, ne cessèrent d'infester ses frontières du nord. Ils brûlaient k» ailles, ravageaient les campagnes, enlevaient les bestiaux et les habitants, et ne se retiraient que chargés de riches dé|H>uillcs. A leur exemple, les pirates du Japon et des Iles voisines exerçaient le pillage sur les cotes méridionales, dent ils saccageaient les habitations. Ce n'est pas que les uns et les autres ne lussent quelquefois vivement repoussé», et obligés de se retirer avec perte; mais ces échecs passagers ne les empêchaient pas de renouveler leurs courses. Si Chi-lsong se reiusait à tous les soins du gouvernement, il n'en était cependant pas moins occupé dans l'intérieur de son

(I) l.c laïl. on once chinois, «i i l'once de Paris comme nenf est à util ; l'once parisienne tombent hat( gros, relie de la Chine contient nrnl de ces même» en*. L'or et l'argent ne sent pas ntonna>es à la Clitue ; ces métaux y circulent en morceaux Irrrguliers et •mincis qu'on coupe et qu'on |icsc, selon que l'exigent les transactions du commerce.

(3) Le tael d'aryen! vint 7 tr. 80 cet , monnaie de France. Le rapport de l'or a l'argent varie a ta Chine scion les rireonsianres ; nais, le plus ualiiudlcnieni, ce rapfort de l'or a laigcul est comme 47 trîà I.

(S) Le léoo est une mesure de rapacité dont on si* sert pour mesurer le ru et le We La quantité qi'eile en eoniieni pèse licite livres, cuacttue descuc onces ; dis tenus forment le un ou die, antre mesure qui doanc le poids de ccol ucote livres.

palais. Pendant les premières années de son régne, il s'était épris d'un beau feu pour la poésie, et passait toutes ses 'tournées à composer des vers. Il les lisait a ses ministres, et ne voulait point qu'on parlât d'autre chose à sa cour. Ce ridicule lui aUira, de la part des tribunaux, de respectueuses, mais vives remontrances, auxquelles, en mélromane passionné, il répondit que la réleste poésie n'élail nullement incompatible avec la dignité et les foni lions d'un empereur. Le gont de ce prince pour les vers lit place à un autre plus sérieux, qui le domina pem'nnt le reste de sa vie. Il s'infatua de la rhintèic tpii outil déjà égaré tant d'aulre.s empereurs delà Chine. Des lonzcs imposteurs promirent de lui faire découvrir le breuvage qui procure limmortalitc. La recherche do ce secret merveilleux l'occuja dès lors tout entier. Il s'entoura de bonzes ho-chang et lao ssé, s'initia dans leurs pratiques superstitieuses, qu'il rëpëiait au milieu de ses femmes tlans son palais, lit apptlcr des provinces ceux îles cheis de ces bonzes qui posaient pour être les plus habiles dans celle m ience, et donna des o-dics pour qu'on lui adressât tous les livres qui traitaient de celte composition mystérieuse, On lui eu fit passer jusqu'à sept cent soixante-neur volumes. I\i les représentations de ses ministres, ni l'exemple do ses prédécesseurs, si ciuellement «'opes d'une semblable illusii n, ni la mon même d< s docteurs qu'il regardait comme ses m-ilres, cl qui avaient dirigé ses recherches, ne purent le faire renoncera sa t litmère lanl qttll fui en santé; mais il ouvrit les yeux dés qu'il se srnlit atteint de la mal. die qui le conduisit au tombeau. Il voulut même recunn;.ilrc solennellement son erreur p:.r tmc déclaration qu'il dicta, et qu'il ordonna de publier apiés sa mort. Celte espèce de confession puhliqm», où ce prince mit un courage et une grandeur dame qu'on i-c semblait pas devoir allemlrc de son caractère frivole et insouciant, était courue en «s termes :.« Il • y a quaraulc-cinq ans que je suis sur le tréne. « Mon devoir était d'honorer le Tien ( le Seigneur « du ciel) et d'avoir soin de mes peuples; cepen- « dant, anime du désir de chercher du soulagement « aux maux dont j'ai presque toujours été affligé, « je me suis laissé séduire par des imposteurs, qui ■ me promettaient le secret de me rendre immoro tel. Ce délire m'a lait donner un mauvais exemple. « à mes grands et à mes peuples ; je prétends Io « réparer par cet écrit, que je veux qu'on public « dans tout l'empire après ma mort. » L'empereur Chi-tsong mourut en 4566, dans la 60' année de son âge. G — R.

CHI-TSOU, autrement HOUPILAI, ou KOU- BLAI-KAN, fondateur de la 20" dynastie chinoise, appelée la dynastie des Mongaus, ou des Yuen. Ce prince, petit -fils de Djrnguis-Kan, se montra digne de son aïeul par ses qualités guerrières, et lut en même temps juste, sage et bienfaisant. Né en 1214, il succéda, en 1260, à son frère Slongko- Kan, et fut proclamé empereur des Mogols dans une assemblée générale des Tartares. A celle époque, les Mogols, ou M on 3011s, étaient maîtres do

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Pékin et de toute la partie septentrionale de la Chine, qu'ils avaient conquise sur les Kin, autres Tartares orientaux que les Mantcheoux actuels reconnaissent pour leurs ancêtres. Les empereurs de la dynastie des Song, chassés par les Kin des provinces du nord, s'étaient réfugiés au delà du Kiang, ou fleuve Bleu, dans les provinces méridionales, el avaient établi leur cour à Nankin. Uoupilaï-Kan, armé de toute la puissance des Mongous, et déjà en possession de la moitié de la Chine, devait naturellement faire entrer dans ses projets l'entière destruction de la dynastie des Song. Cependant il ne la désirait pas, et envoya plusieurs luis faire des propositions de paix. Il se serait contente que les Song lui payassent tin léger tribut, comme tant d'autres royaumes qui se reconnaissaient dépendants de la puissance mogole; mais les derniers empereurs de cette dynastie, princes faibles et dominés par des ministres inhabiles et présomptueux, parurent rechercher toutes les occasions d'irriter le monarque tartare ; ils firent arrêter et retinrent longtemps prisonnier un de ses ambassadeurs, et en firent assassiner un second. Ces insultes déterminèrent Houpilaï-Kan à ne plus user de ménagement. En 1*267, il donna l'ordre à ses généraux de passer le Kiang, et d'attaquer ce qui restait aux Song de l'ancien empire chinois. Plusieurs armées entrèrent par différents points dans les provinces méridionales, et, malgré la résistance ' qu'opposèrent les gouverneurs des places furies et la plupart des généraux chinois à la tétc de leurs troupes, elles y obtinrent des succès constants, que favorisèrent la lâcheté et la perfidie d'un grand nombre de mandarins en place. Cette guerre dura douze ans, et fut remarquable par une foule de traits sublimes de courage et de fidélité de la part des Chinois pour leurs anciens maîtres. Cependant ceux-ci succombèrent ; les Mongous s'emparèrent de la capitale des Song, et y firent prisonniers l'empereur, jeune prince âgé seulement de sept ans, et l'impératrice-régente, sa mère. Toute leur cour subit le même sort. Le général de l'armée victorieuse se hâta de faire transférer ces illustres captifs à Pékin, où le monarque tartare les reçut avec les égards dus au malheur. Deux frères du jeune empereur, enlevés de la capiiale et conduits dans les provinces maritimes par un parti de Chinois fidèles, soutinrent encore cette guerre pendant quelque temps; mais les efforts que firent en leur faveur leurs braves partisans ne purent les empêcher de périr tous deux misérablement. Ainsi finit la dynastie des Song, célèbre par son goût pour les arts et les lettres qu'elle protégea, et qui avait gouverné la Chine durant trois cent dix-neuf ans, sous dix-huit empereurs. Maître de la Chine entière, Houpilaï-Kan prit le nom de Chi ttou, et s'occupa bientôt de nouveaux projets de conquête. Il tenta celle du Japon; mais sa flotte, montée par 100,000 hommes, fut le jouet des vents et de la tempête, et ne parvint pas jusqu'aux côtes qu'elle devait envahir. La flotte japonaise tomba sur les débris dispersés de cette expédition, et massacra ou fit pri- -sonniers un nombre prodigieux de Mongous et de

Chinois. Chi-tson fat plus heureux dans la conquête du royaume de Pégou (Pégu), que ses généraux lui soumirent. Plusieurs de ses flottes, envoyées dans les mers au sud de la Chine, soumirent à ses lois dix Iles, qualifiées du titre de royaumes, dans le nombre desquelles se trouvait la grande lie de Sumatra. Aucun prince connu dans l'histoire n'a régné sur une monarchie aussi vaste, ni commandé à autant de peuples. L'empire de Chi-tsoti comprenait la Chine et la Tartarie chinoise, le Pégou, le Thibet, le Tong-king, la Cochinchine : d'autres royaumes à l'occident et au midi de la Chine, ainsi que le Leaotong et la Corée au nord, se reconnaissaient sous sa dépendance, fournissaient des troupes à ses armées, et concouraient à alimenter son trésor. De plus, tous les princes de sa maison, qui régnaient en Perse, en Assyrie, dans le Turkestan, dans la grande et petite Tarlarie, depuis le Dnieper jusqu'à la mer du Japon, cl depuis les Indes jusqu'à la mer Glaciale, étaient ses lieutenants, ses vassaux, et lui payaient des tributs annuels, en sa qualité d'empereur des Mogols. Jamais Alexandre le Grand, ni les Romains , ni Djenguis-Kan , si souvent cites pour leurs immenses conquêtes, n'ont joui d'une domination aussi étendue que celle de Chi-tsou, monarque chinois à peine connu, et que ne citent point nos savantes histoires modernes. Les historiens chinois parlent peu avantageusement de ce prince, parce qu'il avait conquis leur patrie; mais les Mogols le regardent, à juste titre, comme l'un des plus sages et des plus célèbres de leurs souverains. Il fit de grandes choses à la Chine, et y tint la conduite d'un monarque éclairé, juste et bienfaisant. Un de ses généraux, pendatit les guerres qui eurent lieu dans les provinces méridionales, avait fait prisonniers jusqu'à 30,000 Chinois, qu'il avait «vendus comme esclaves. Chi-tsou les fit racheter, et leur rendit la liberté. Ce prince aimait la gloire, et se montra jaloux de faire bénir son régne et de l'illustrer. Il rougit de la rusticité barbare des Mongous, adopta les mœurs des Chinois, étudia leurs livres, et y puisa de sages maximes de gouvernement. Il accueillit les savants et les gens de lettres, sans distinction de pays et de religion, leur accorda des privilèges honorables, et voulut qu'ils fussent exempts de tributs et de subsides. Ce fut lui qui établit le collège des Han-lin, le premier tribunal littéraire de la Chine. Il répandit le goût des mathématiques, et fit travailler à une nouvelle astronomie bien supérieure à celle que connaissaient alors les Chinois. Des écoles publiques furent ouvertes, par son ordre, dans les principales villes de l'empire, et, pour l'instruction de ses propres compatriotes, il fit traduire en mongou tous les bons livres chinois, et une foule d'ouvrages étrangers, indiens, persans, thibétains. Chi-tsou n'épargna ni travaux, ni dépenses pour donner de la splendeur à son empira, et contribuer au bonheur et à l'aisance de ses peuples. 11 encouragea aussi l'agriculture. Deux cents Niutchés, ou Tartares orientaux, vinrent lui offrir des poissons de leur pays; la pêche faisait la seule occupation de ce peuple; l'empereur

les fit traiter avec bonté ; mais il les exhorta à se livrer au labourage, leur assigna des terres, et leur lit donner des bœufs et tous les instruments aratoires. En même temps des commissaires reçurent l'ordre de partir avec eux,- et de fournir les mêmes secours à tous leurs compatriotes. Les manufactures et le commerce furent également encouragés sous son règne. De nombreux canaux furent creusés dans ses provinces. On vit sortir des chantiers une multitude de barques et de vaisseaux. Chi-tsou ouvrit ses ports aux étrangers, et leur accorda la liberté du commerce , et l'on vit les marchands arabes, ceux de la Perse et des Indes, aborder en loule dans les ports du Fou-kien, d'où ils entretenaient avec toute la Chine un commerce con:iJërable. Cet empereur couronna tant de bienfaits par la publication d'un nouveau code, par lequel il donna aux Chinois des lois plus sages et plus humaines que celles auxquelles d'autres 'l'ai tares les avaient assujettis. On lui reproche néanmoins d'avoir trop aimé l'argent, les femmes et les bonzes: mais ces défauts furent effacés par toutes les qualités brillantes qui font les grands monarques. Ce fut à la cour de ce prince que se rendit le célèbre voyageur Marco Polo, et il y passa dix-sept ans. Ctii-tsou mourut en 1294, âgé de 80 ans, dans la 54* année de son régne comme empereur des Mogois, et dans la 14* comme empereur de la Chine. G — n.

CHl-TSOUNG. Voyez Young-Tching.

CHITTENDEN (Thomas), premier gouverneur de l'Ktat de Vcrmout aux Etats-Unis d'Amérique, naquit, en 1730, à East-Guihurt, dans le Connection Son éducation était à peine commencée, lorsqu'il se maria à l'âge de vingt ans; il se relira peu après à Salisbury, ville qu'il représenta pendant plusieurs années dans l'assemblée générale. Ce fut en remplissant cette mission qu'il acquit cette connaissance des affaires publiques qui le rendit plus tard si éminemment utile à l'Etat de Yerinont. L'emploi de juge de paix, qu'il exerça dans le comté de Litchllcld, le mit à même de connaître les lois du pays et le mode à suivre pour en assurer la meilleure exécution. Quoique peu instruit, Chittcnden avait tant de bon sens, d'affabilité et d'intégrité, qu'il gagna l'atlcction et la conlianec de ses concitoyens. Ses occupations judiciaires ne l'empêchaient pas de faire une élude particulière de l'agriculture, et il ne se bornait pas à la théorie. Ayant une nombreuse famille, peu de fortune et un esprit entreprenant, il étnigra dans les concevions (granls) du nouveau Hampshire, appelé depuis Vcrmont, et s'établissant en 1774 à Williston, sur la rivière Onion, séparé alors de sa première résidence par un vaste désert, il s'attacha avec succès à la culture des excellentes terres mises à sa disposition, et par ses encouragements attira sur les mêmes lieux de nombreux colons. Les troubles de 1770 le forcèrent de s'éloigner pendant quelques années, mais il retourna à Williston en 1787. Pendant la guene de la révolution, tandis que Warner, Allen et plusieurs autres combattaient sur les champs de bataille, Cliittenden rendait des services à son pays dans les con-

scils. II était membre de la convention qui déclara, le 10 janvier 1777, Vermont Eut indépendant, ci il fit partie du comité chargé de communiquer au congrès les mesures adoptées par les habitants, et de solliciter l'admission de leur district dans l'union des États américains. Lorsque cet Etat eut établi une constitution, en 1778, ses concitoyens le nommèrent gouverneur, emploi difficile et important qu'il continua d'exercer presque jusqu'à sa mort. Depuis l'année 4780 jusqu'à la conclusion de la guerre, période pendant laquelle la situation du Vermont fui excessivement délicate, il montra un rare talent. L'Etai n'était point encore reconnu ofliciellcmcnt par le congrès, et d'un côté il avait û lutter pour son indépendance, de l'autre il était menacé par les forces anglaises du Canada. Cltittendeu fut obligé d'user de ruse pour empêcher que les intérêts de son district ne fussent compromis, en ouvrant une correspondance avec l'ennemi, qui mit pendant plusieurs années que les habitants de Vermont avaient l'intention de se soumettre au roi d'Angleterre. Ce fut ainsi qu'il empêcha une invasion projetée dans le pays, et qu'on rendit des prisonniers qui avaient été faits. Dans le même temps, comme il était possible que le Vermont abandonnât la cause de l'Amérique, les Américains insurgés laissèrent les colons tranquilles, et on n'osa pas accueillir les réclamations élevées contre eux par l'État de ISew-York. Après avoir pris congé de ses concitoyens, dans l'assemblée générale du mois d'octobre 179G, et avoir imploré pour eux les bénédictions du ciel, Chittendcn mourut le 24 août 1797, à Page de 07 ans. Plusieurs de ses lettres au congrès ci a Washington ont été publiées. D— z— s.

CI1IUS0LE (Antoine), issu d'une ancienne famille, naquit à Lagaro, près Rovcredo, le 18 octobre 1679. Envoyé à Salzbottrg pour y faire ses études, il fit de si grands progrès, qu'il les avait à peine terminées, lorsqu'il fut nommé professeur de mathématiques. Après avoir rempli celle chaire pendant une seule année, il désira de voyager, et suivit d'abord, en qualité de majordome, le prince Ercolani, ambassadeur à Venise pour l'empereur Charles VI. Il fut ensuite gouverneur du comte Charles de Castelbarco, et accompagna son élève dans ses voyages en Allemagne, en Angleterre, en France et en Italie. Revenu dans sa |wtiic, il se maria, reprit l'enseignement des mathématiques et des langues ; il y remplit même quelques emplois publics, ayant été reçu docteur en droit dans sa jeunesse. Il mourut à Ilovercdo, le 13 mars 1753. Ou a de lui les ouvrages simanls : 1» la Geomelria comune, légale, ed arilmetica, esposta in pralica colle sue dimoslrazivni ; 2" la Ucnealogia délie case più illustri di tutlo il mondo da Adamo in qua, rappresentala su 325 tatole colle sue dichiarazioni accanto per dar lume alla storia; 3* la Genealogia moderna dtile case più illustri di tutlo il mondo, dislesa sino ail' anno I74G, etc.; 4» il Mondo antico, maderno, e novUsimo, oveero brève tratlato dell' anlica, e moderna geografia con lutte le novilà occorse circa la mutasione de' Do-

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tninj, etc. ; S* Compendio di tutti tre i lomi drlla Gcografa antica, moderna e nortMtma.Ces travaux géographiques ont eu plusieurs éditions, quoiqu'ils ne soient pas exempt* de toutes, môme dans ce qui regarde le pays natal de l'auteur. Il laissa en manuscrit la Storia politica universale ridotla in compendio, en 9 gros vol. in-4°. Il faut convenir que la méthode des abrégés historiques s'est beaucoup perfectionnée depuU. R. G.

CHU SOLE (Marc Azzo*), né rn 1728, a Arco, petite ville d'Italie, dans le Trcntin, fut un savant juriconsulle, et devint conseiller de l'évêque prince d„- Trente. Dominé par son j^oût pour les vers, qui était chez lui une véritable passion, et trompé par son extrême facilité à en faire de médiocres, il donna une nouvelle preuve du peu d'accor.l qui régne entre le barreau et le Parnasse. Ses poésies ont été imprimées sous les litres suivants : i* Saggio poetieo di tari e iraduzk.ni, e morali sunet li, ele , coW aggiunta d'alcuni componimcnli per la mtmorabile inondazione dclV Adige dcl I Tri T : 2» la Pasiione di A. S. Gesù Cristo cuvala spezialmente del vangelo di S. Malien, etc., in ollnva rima con aleuni tonetti tnorali ; 3° des sonnets épai s dans différents recueils. Cbiusole fit présent a l'académie des Agiati, dont il était membre, d'nn autre recueil de ses vers qui sont restés inédits. Il mourut à Cliiusole, le 27 août 1703. R. G.

CHIL'SOLE (Anvsih naquit en 1728, dansée même village de Cbiusole dont il a été question dans l'article précèdent. Après avoir fait ses étuucs à Sienne, chez les jésuites, il se livra tout entier à la poésie et à la peinture; il y joignit aussi le gout de la musique ; il étudia pendant plusieurs années la peinture à Rome, sous le célèbre llattotii et sous d'autres grands maîtres, et acquit des connaissances étendues dans l'architecture, l'analomie, la plastique. Il avait son logement dans le palais du grau I connétable LureUZO Culonua, qui avait élé son coudisciple, et voyait aussi familièrement les princes Borghése et Albani. Il avait formé à Roveredo une es|>i'ce de galerie tort curieuse, qu'il comptait laisser, avec tous ses biens, au cardinal Scipion BorgtiCSC, sou protecteur particulier, sous la seule condition d'entretenir à ses frais trois élèves dans les trois arts du dessin; mais le cardinal mourut avant lui. Cbiusole lut lait comte du sacré palais, et chevalier de l'Eperon d'or, par le pape Benoit XIV. Frédéric le Grand, à qui il avait envoyé un tableau et quelques livres de sa composition, lui offrit la place d'inspecteur de la galerie royale de Berlin, avec la surintendance des beaux-arts dans son royaume. Cbiusole rerusa la place, et se contenta de l'honneur. Il écrivait avec facilité, soit en vers, soi en prose; son style était très-clair, mais sans force. En poésie, de même qu'en peinture, il essaya de tous les genres, depuis le lyrique jusqu'au dramatique. II soumettait ses productions à la censure de ses plus célèbres contemporains, et particulièrement à celle de Métastase et de l'habile peintre Cignaroli. 11 mourut de la petite vérole à Roveredo, le i" juin 1787. H a publié les ouvrages suivants ; 1» Componimcnli poc-

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tiei sopra ta pillura trionfante; 2' dell' Ârte pittorica libli 8. coll' aggiunta di componimcnli diverti; 3" de' Prccctti délia pitlura libri 4 in rcrsi, etc., qui est le même ouvrage corrigé et refondu eniiéremeirt; 4* Itincrario délie pittttrt, tculture, ed architleture pin rare di motte eiltà d'Ilalia; 5° il perfrtto Modcllo del valor mititare raffîguralo in Fcderigo il Grande, componimenlo drammatico; 6° CamponimcTtlo drammatico tn lede di Cullerina II, etc.; T Componimcnto per ilfetice arrivaa tuoi Feudi del conte Cesare da Cattelbarco, elc. ; 8* Componimcnli porliei per lo latente Matcsciallo Giaucarlo Partini; 9° Sopra /' 0/iore, leltera ad' un amico; 19* Sopra il thtalro délie piccole cilla, littéral H° Sopra il vitlagio detlo Chiusole Leltera;

delta fila nobUe, e cavallcrcsca ; 13* Xotizie anliche e moderne délia vallc fjigarina, e degli uomini illustri dilla medesima; 14» Componimcnto poetieo alla santilà di licnedetlo XIV. R. G.

CÎHVALKT ( Antoine) , gentilhomme, ne aux enviions de Vienne en Dauphiné, est auteur d'un mystère intitulé : Sensuyl la Vie de St. Chritioflc, élégamment composée ai rime française et pur personnaiges. Ce mystère, divisé en quatre journées, lut représenté à Grenoble en 1327, et l'impression en fut achevée dans la même ville, le 28 janvier 1330, in-4% aux iléons de maître Annemund Auulbcrtu C'est un des plus rares des ouvrages de ce genre, cl il se porte dans les ventes a des prix trcs-clc\és. La Monnoic reproche a l'auteur » d'employer des « termes de l'argot, des quolibets contre les moines, « des bouffonneries sur des noms imaginaires do « saints.de sales équivoques, et quelques-uns même « de ces mots qui ne se trouvent que dans les livres « les plus infâmes. » On conjecture avec raison que Chivalet était mort depuis longtemps à l'époque de l'impression de son OUVragC, puisqu'il y est qualifié « jadis souverain malin en telle composition.» Ou voit aussi par là qui! avait composé d'autres mystères ou moralités qui ne sont point parvenus jusqu'à nous, et dont on a oublié jusqu'aux titres. Duverdier soupçonnait que le nom de Chivalet était supposé, puisqu'il ajoute : « ^on propre nom m'est incertain, a Le bibliographe de la province de Dauphiné le nomme à lort Claude Chevalet, et il se trompe en laissant entendre que cet auteur vivait encore va 1530. Fournicr lui donne aussi mal à propos le surnom de Claude. \V— s.

CI11VERNY (PiiiurpE IIiraclt, comte de,, naquit à Chivcrny en Bretagne, le 23 mars 1528, de Raoul de Chivcrny, qui mourut au siège de Naples, en septembre 1527, et de Marie de Bcauiie, fille de Jacques, baron de Sauiblaneay. Deux de ses ancêtre* avaient été tués à la bataille d' Aurai, à coté de Charles de «lois. Il fit ses études à Poitiers et à Padoue. Se* auteurs lavons étaient Tacile et Connues. En 1333, Lhopilal, qui fut depuis chancelier, se démit eu sa faveur de la charge de conseiller au parlement de Paris. Après en avoir rempli les fonctions peudant neuf ans, Chivcrny fut nommé maiu-c des requêtes en 1302. Dés lors il commença i prend re part aux affaires du gouvernement, et dut sou élévation au

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cardinal de Lorraine et à Catherine de Médicis. Il I accompagna Charles IX dans le voyage qu'il fit en diverses provinces de son royaume, fut envoyé auprès de Jeanne d'Albrct, reine de Navarre, et chargé de pacilicr plusieuts différends en Daupliiné, eu Provence et eu Languedoc. On l avait destiné à l'état ecclésiastique . niais il épousa, en 1 :<!'.;>, Anne, fil le de Christophe de Thon, premier président. Nommé cliaucclier du duc d'Anjou, il le suivit dans ses expéditions militaires, et se trouva aux batailles de Jarnac et de Moncontour. Lorsque le duc d'Anjou lui élevé sur le troue île Pologne, Clmerny prit le litre de chancelier d'Anjou et de Pologne, mais il ne suivit point sou mailrc a Varsovie : la reine mère cl le nouveau roi jugèrent que Chiverny leur serait plus utile eu restant a Paris. Lu «. il s'entendit avec Miron, premier médecin de Charles IX, dont la sanié déclinait tous ta jouis, et entretint avec le roi de Pologne une correspondance par chiffres sur les grands intérêts qui, des bords de la Vistulc. appelaient constamment sa pensée à Paris. Immédiatement après la mort de Charles IX, Chiverny dépêcha des seigneurs en courriers au roi de Pologne, et alla au-devant de lui jusqu'à Turin. Henri 111 ne douta |>oiiil que son chancelier n'eut beaucoup contribué à déjouer les complots par loquets on voulait l'éloigner du trône. Il lui donna, eu 1578, la charge de garde des sceaux ; il le nomma commandeur, chancelier, et surintendant des deniers de l'ordre du Si -Esprit. Il était déjà chancelier de l'ordre de Si-Michel. 11 fut fait lieutenant générai de l'Orléanais et du |»ys Charirain en 158-2. Après la journée des barricades, Chiverny et les ministres de fleuri, devenus suspects au monarque, tombèrent dans sa disgrâce, et Cliivcruy se retira dans sa terre d'Esclimont. Apres la mort de Henri 111, Cliivcruy fut mandé par Uemi IV, qui lui rendit les sceaux, cl lui dit, en présence des' princes et des ofliciers de sa cour : a Voilà, monsieur le chancelier deux a pistolets desquels je désire que vous me serviez, « lesquels je sais que vous pourrez loi l bien manier, a \ ous m'avez avec eux bien lait du mal plusieurs a fois; mais je vous le pardonne, car celait par le « commandement et pour le service du feu roi, mon « h ère. Servez-moi de même, et je vous aimerai a autant et mieux que lui, et croirai votre conseil, « car il s'est trouvé mal de n'avoir voulu le suivie. » Chiverny baisa humblement les mains du roi, qui ajouta : « Aimez-moi, je tous prie, comme je vous «aime; et croyez que je veux que nous vivions « comme si vous étiez mon père et mou tuteur. » Pois se tournant vers ceux qui étaient présents : « Messieurs, dit-il, ces deux pistolets que j'ai baillés « à M. le chancelier ne font pas tant de baiit que c ceux de quoi nous lirons tous les jours : mais ils « fiap|ieiit bien plus fort et de plus loiu, et le sais « par expérience par les coups que j'ai reçus. » Ce fut Chiverny qui lit, en 1594, tous les préparatifs pour le sacre et le couronnement de Henri IV. Lorsque ce monarque entra au Louvre, après la réduction de la capitale de son royaume, il dit à Chiverny, ik nt les services avaient locililc cette h-,u-

reuse conquête : « Monsieur le chancelier, dois je « croire à voue avis que je sois là on je suis. —Sire, a répondit- il, je crois que vous n'eu douiez point.— « Je ne sais, reprit Henri, car tant plus j'y pense, « et plus je m'en étonne; car je trouve qu'il n'y a « rien de l'homme en tout ceci; c'est une œuvre de a Dieu extraordinaire, voire des plus grandes. » Chiverny fut charge de rétablir le parlement de Paris • et les autres cours souveraines du royaume. H jouit Constamment de la laveur de son maitre, et mourut à Chiverny, où il était par congé, le 29 juillet 1599, dans la 73* année de son âge. L'historien de Thou, Scévole de Ste-Marlhe, et ISicolas P.apin, un des auteurs de la Satyre Ménippée, ont loue la prudence et la dextérité de Chiverny dans les affaires. Ils ajoutent que personne ne sortait triste de son audience. Cependant on Voit, par les pamphlets de ces temps orageux, qu'il ne manqua pas d'ennemis. Baudius lit plusieurs satires et pasquiis contre lui. Chiverny ne parait point avoir été inaccessible à la corruption. Lorsqu'une chambre royale, établie en I5!)7, fut chargée de (joursiiivre les traitants ou trésoriers, « Molan, le plus irraud larron de la bande, « dit IT. toile, cul sou abolition du chancelier pour u de l'argent; » et un des juges de la chambre dit au chcl de la magistrature, à celte occasion, « que « ce n'était pas rendre justice de sauver |»our de « l'argent les plus gros el les plus coupables, et punir « les petits. » On trouve dans les Amours du grand Alcandre ( Henri IV ), ouvrage attribué à Louise do Lorraine, princesse de Couii, des détail» curieux sur les longues amours du vieux chancelier avec la marquise de Somdis, taute de Gabriel le d'Estrées. ( Loy. la HoLiin.vistÈHE. ) fleuri envoya un jour ( 1594 ) de Loménie dire à Chiverny a qu'il était bien a aise de ce qu'il avait lait un si beau lils à madame « de Sourdis, et qu il voulait en être le cOmpére. • 11 tint, en effet, cet enfant sur les fonts avec Gabrielle d'Estrées. Gabriellc, en le prenaul pour lu présenter, s'ecria : « Mou Dieu, qu'il est grosl j'ai a peur qu'il ne m'échappe, tant il est |icsanl. — « Ventre laint-gri», dit le roi, ne craignez pas cela, « il n'a garde, il est bien bridé el bien scellé. » Lu 1G56, on imprima à Paris, in -4°, les Mémoire* d'Estal de messire Philippe IlurauU, comte de (.'/<♦verny, etc., uvec deux instructions à ses in (uni s, et ta Généalogie de la maison des IlurauU. Cet ouvrage lut réimprimé à Paris, 1G44, 2 vol. in 12; la Haye, 1G64 cl 1720, - vol. in- 12. I.a prem ëro édition est la plus complète et la plus estimée. Ces mémoires commencent à l'au 1567, et limssenl à 169:). Legendre trouve les instructions excellentes elles mémoires peu curieux, secs, et souvent inexact*. De S*tlO lait au contraire peu de cas des instructions, et dit que les mémoires sont excellents. ( Voy. le Journal des Savants, I6G5. ) Ces deux opinions sont exagérées. Auquelil n'est guère plus raisonnable lorsqu'il dit que le chancelier, étant « à la léte dea « affaires, aurait du écrire d'après ses connaissances a secrètes et ses propres idées, » 11 oublie que Chiverny, disgracié en <5S8, ne reprit les sceaux qu'en 1590, et qu'il n'a pu écrire sur les glands événements

qui remplirent cei intervalle que d'après «les rela- « lions d'autrui, comme il le dit lui-même, et le « rapport de ses amis. » Au reste , on s'accorde généralement sur la préférence qui est due aux instructions sur les mémoires. Chiverny avait pris pour devise l'étoile de Vesper dans un ciel lumineux, avec ces mots : Cerlat majoribut atlrit. — Philippe de Chiverny, l'un de ses (ils, fut évéque de Chartres après la mort de Nicolas de Thon, son grand-oncle. Il a composé une Relation de la dernière maladie et de la mort de ton père. On la trouve à la suite des mémoires. Ce prélat mourut le 17 mai 1620. V— TE.

CHIVOT ( Marie-Antoine-Fiiasçois), né en 1752, à Hoye en Picardie, mort dans la même ville en 1786. Après des éludes brillantes dans l'université de Paris, il y devint professeur d'humanités, et s'y distingua par ses talents pour l'enseignement. Il célébra, suivant l'usage du corps auquel il appartenait, par tles discours d'apparat et des pièces de vers ingénieuses, grecques, latines, françaises, les événements qui intéressaient la nation; mais l'objet principal de ses travaux fut l'élude des langues, qui, dés sa première jeunesse, avait été son goût dominant. Due partie de sa vie fut consacrée à la conqwsition d'un grand ouvrage, intitulé : de l'Esprit ou de la Filiation des langues, dont les matériaux remplissaient plusieurs cartons, lesquels, après sa mort, furent envoyés par ses héritiers à de Villoison, mais ne se sont pas retrouvés dans les papiers de ce savant. Les seuls qu'on ail conservés consistent en un exemplaire des Racines grecques chargé de notes, avec des feuilles intercalées, où le critique, en développant ou rectifiant le texte, établit des rapprochements pour les étymologîes ou pour les sons entre la langue grecque et les diverses langues qu'il connaissait. Ce manuscrit peut faire environ tpiatrc cents pages in-12. On lui doit aussi la traduction de quelques fragments de Ménandre, insérés dans V Histoire des Théâtres. Chivot avait pour l'élude une passion extraordinaire, et, pour la satisfaire, il se privait souvent de la nourriture et du sommeil. Celte ardeur altéra sa constitution délicate, et l'enleva à la fleur de son âge. Crouzet, qui fut son ami et son successeur, prononça son éloge à la rentrée des classes. Cet éloge a été imprimé en 1787. N— l.

CHLADNI (Ernest-Florent-Frédéric), physicien et inventeur d'instruments de musique, naquit le 50 novembre 1756, à Wiltenherg, où son père et son aïeul étaient premiers des facultés de droit et de théologie. Tous deux portaient le nom latinisé de Chladenius que leur famille, hongroise d'origine, avait pris lorsqu'el le s'expatriait en 1676, pour trouver en Saxe la tolérance (pic la Hongrie refusait au protestantisme. Chladni le premier reprit le nom indigène qu'ils n'eussent pas dû quitter. Peut-être l'horreur que lui inspira de bonne heure pour le pédantisme le très-savant, mais irès-pédant recteur Mûcke de Grimma, son premier maître, contribua-t-elle à lui faire adopter ce changement. De Grimma, Chladni, âgé de près de vingt ans revint, sur l'ordre paternel, à Wittenberg, et ensuite fut envoyé* Leipsick; il y suivit, toujours par

ordre, les cours de droit, y fit quelques progrès, soutint deux thèses, l'une de Danno Contumacia (Leipsick, 1781), l'autre Dits, inauguralis decharaetere ecclesiaslico principum (Leipsick, 17821, et fut gradué docteur dans cette faculté. La mort de son père le laissa libre de renoncer à celle carrière, et de s'abandonner sans contrainte à son goût pour les mathématiques et la physique. Comme sa vacation pour les sciences avait toujours été contrariée impitoyablement, une fois maître de ses actions, il s'y livra avec la fougue el l'impétuosité que de jeunes derniers mettent a dévorer leur patrimoine. Chladni n'eut pas la peine de perdre le sien : son père ne lui avait pas laissé de fortune. Mais, en désertant la jurisprudence, il renonçait à des avantages réels, sans bien savoir encore comment les remplacer. Oc plus, il avait puisé dés l'enfance, dans la lecture ie tous les livres de voyages qui lui tombaient sous la main, un désir d'excursions trés-peu en harmonie avec l'état de ses finances. C'est assez dire que biei.tôt, au milieu de ses nouvelles études, il fut réduit aux expédients. Luttant avec opiniâtreté contre la fortune, et fermement résolu à ne tirer do moyens d'existence que de ses travaux favoris, il imagina de traduire les résultats de ses recherches en inventions qui fussent assez piquantes ou assez utiles pour qu'il les promenât fructueusement de ville en ville. L acoustique, pour laquelle il se sentait un attrait particulier, lui sembla de toutes les branches de la science physique celle qui lui présentait le plus de chances favorables. Les théories de Bernoulli et d'Kuler sur les phénomènes du sou laissaient immensément à désirer. L'instrument de Mezzocchi, en prouvant que les corps élastiques deviennent sonores sous le ijntact de l'archet, et les observations de Lichtenberg sur les ligures électriques que forme la poussière sur du verre, lancèrent Chladni dans une voie nouvelle, où chaque mois en quelque sorte lui vint apparier une découverte. Il est à noter que, de la quantité de faits acousliqin s qu'il révéla le premier aux physiciens, très-peu lui furent fournis par le hasard, et que presque tous furent dus a la multiplicité de ses expériences el à la méthode systématique suivant laquelle il variait successivement et ses tentatives et les circonstances des phénomènes examinés. Il constata d'abord que l'air, à divers degrés de densité, ainsi que les différents gaz, offrent, dans les tons qu'ils donnent, des modifications dépendantes de ces circonstances ; et plus lard il en fournit une démonstration élégante par une suite d'expériences irés-jolics sur les sons d'une petite flûte d'etain dans laquelle différents gaz étaient soufflés différemment par un appareil approprié a cet effet. L'examen des sons produits par les vibrations des verges droites ou courbes lui fournil ensuite beaucoup de faiU nouveaux : c'étaient tantôt «les tubes de verre frottés dans le sens de leur longueur, où chaque friction longitudinale détermine instantanément un son: tantôt des lames métalliques, soit droites, soit courbes, qu'il suffit de toucher légèrement d'un archet ou d'écarter momentanément de leur position ordinaire, comme dans

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les diapasons, pour les mettre en vibration. Cette théorie lui fournit une application fort ingénieuse pour déduire la vitesse de la propagation du son dans les matières solides, du ton (pie rendent les baguettes formées de ces mêmes matières lorsqu'on les frotte dans le sens de leur longueur. Ces tons, comparés à ceux que rend une colonne d'air de longueur égale, tels qu'on peut les observer dans les tuyaux d'orgue, font connaître le rapport des vitesses de la propagation du son dans l'air et dans la substance qu'on lui compare. Chladni trouva de cette manière que la transmission s'opère, dans certains corps solides, jusqu'à seize et dix-sept fois plus rapidement que dans l'air; résultat auquel M. Diot est arrivé par une toute autre voie, en soumettant à des expériences directes des tuyaux de Ibnte d'une grande longueur. De celte classe de corps vibrants que l on peut regarder comme ne présentant qu'une dimension, et dans l'examen desquels notre physicien avait eu des prédécesseurs, Cbladni passa bientôt aux vibrations des plaques sonores qui oifrcnl en même temps longueur et largeur. C'était un champ inexploré, neuf; Cbladni, sans autre guide que l'expérience, y lit une multitude de découvertes intéressantes. Il s'aperçut que, de métal ou de verre, les plaques élastiques entrent en vibration au contact de l'archet; il prouva par les figures qu'affecte le salle lin semé sur la surface vibrante, que, comme les lames ou les cordes, les plaques ont des nœuds , mais (pie ces uœuds, au lieu de n'être que des points, sont des lignes, et partagent en quelque sorte la plaque en régions plus ou moins nombreuses; il annonça que ces lignes, variables de direction et de courbure, selon la forme de la plaque, la position de l'archet et le nombre ou la position des obstacles fixes que Ton établit sur la surface, peuvent être droites ou courbes, régulières ou irrégulières, circulaires, elliptiques, polygonales, eu un mot qu'il n'est point de formes dont elles ne soient susceptibles. H suivit ces divers effets avec autant de patience que de sagacité dans un nombre considérable de plaques différentes de forme; il détermina, pour chacune d'elles, les divers sons qu'elles pouvaient rendre ; il développa les mouvements de la surface frémissante et sonore; il ramena, autant qu'on peut le faire sans théorie mathématique, ces mouvements A des considérations générales. Enfin il vit que les surfaces planes ne sont pas les seules qui produisent des apparences de ce genre, et que tous les corps élastiques, quelles que soient leur conliguratiou et leur étendue, sont susceptibles d'en offrir d'analogues lorsqu'on les ébranle convenablement. La plupart de ces découvertes, qui changeaient de face l'acoustique, et qui en doublaient le domaine, furent annoncées, en 1787, dans un ouvrage que rédigea Chladni lui-même, et qui parut à Leipsick. Trois ans après, il avait inventé son euphone, dont ics suis ressemblent beaucoup à ceux de l'harmonica, mais qui diffère essentiellement de cet instrument par la substitution de cylindres de verre aux cloches de verre qui sout la base de l'harmonica. Ces cylindres de verre sont du reste assez petits. On

les frotte longitudinaleracnt avec le doigt mouillé ; les vibrations se communiquent à un mécanisme intérieur. Les gazettes allemandes, le journal musical et d'autres recueils périodiques s'empressèrent de publier le succès qu'avait enlin obtenu Chladni, après trois ans de persévérance et de tâtonnements pénibles, car il n'avait aucune idée de la mécanique, et il avait été obligé de tout faire par lui-même sans autre maitre qu'un talent inné pour les entreprises de ce génie. Prolilani de cet instant de vogue, il se mit aussitôt en voyage, et visita les principes villes de l'Allemagne, tantôt montrant son instrument, dont il développait le principe fondamental, mais sans divulguer le secret du mécanisme intérieur auquel les cylindres de verre communiquaient leurs vibrations; tantôt faisant des leçons publiques sur les ligures diverses que le sable ou la poussière répandues sur les plaques élastiques sonores foi niaient lorsque la vibration commençait ; tantôt enfin exécutant des morceaux de musique sur le nouvel instrument. Chladni, qui ne s'était occupé de musique qu'à dix-neuf ans, était un virtuose assez médiocre ; aussi l'euphone le faisait-il plus valoir qu'il ne faisait valoir l'euphone. 11 se rendit aussi à St-Pétersbourg et à Copenhague, où la haute société lui lit l'accueil le plus gracieux. Des imitateurs se hâtèrent de marcher sur ses traces et d'exploiter son idée. Ainsi parurent le terpodion, le mélodion, le panmclodion, tous basés sur le même principe que l'euphone. Tandis que les uns applaudissaient aux efforts de Chladni, (pie les autres exploitaient sa découverte à leur prolit, luimême il songeait sans cesse aux moyens d'améliorer le mécanisme de l'instrument, dont naturellement les effets étaient plus curieux que suaves. L'idée à laquelle il s'arrêta fut de substituer le simple toucher aux frictions avec le doigt mouillé, et par conséquent de combiner un clavier avec les verres de l'euphone. Mais de quelle manière et par quels intermédiaires frapper l'euphone à l'aide du clavier ? En méditant sans cesse sur tous ces détails, il en vint à des modifications essentielles et qni changèrent complètement la nature de l'instrument. Les cylindres de verre furent remplacés par un cylindre unique, contre la surface duquel viennent frotter les corps mis en mouvement par les touches du clavier lorsqu'elles s'abaisscut. Chladni donna au nouvel instrument le nom harmonieux, mai* peu convenable de clavicylindre, croyant réunir dans ce composé les radicaux des deux mots qui correspondent dans la langue aux deux pièces essentielles de cette nouvelle production : son docte maitre Mût ko lui eût dit que clavi, dans un composé de ce genre, ne pouvait signifier que clé. Le clavicylindre, qui n'est point, on doit le voir par ce qui précède, un euphone perfectionné, quoique le désir de perfectionner l'euphone ait mis Chladni sur la voie, offrait à peu près la même forme qu'un piano carré ; mais ses dimensions sont moindres (environ 80 centimètres de longueur sur 50 de largeur et 18 d'épaisseur ). Le clavier n'avait que quatre octaves et demi d'étendue (les cinq octaves des

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anciens petits pianos moins la demi-octave inférieure). Le cylindre, de même longueur que le clavier, était parallèle à cette pièce, et placé dans la caisse entre l'extrémité intérieure des touches et la planche de l'instrument. Il faut le mouiller de temps en temps pour les sons. Lorsqu'on \ eut jouer, on met en mouvement, a l'aide du pied, une manivelle à pédale munie d'un volant , laquelle Tait tourner le cylindre. Les sons approchent, quant au limhrc et à la qualité, de ceux de l'harmonica ; mais ils ont l'avantage de ne pas exciter d'irritation li.ms le système nerveux. C'est dans un voyage par mer de Heval Frcnsburg que Chladni conçut l'idée du clavicyliudre. Ln 1802, il avait achevé la construction de cet instrument. La même année vit paraître son Traité d'acoustique (vol. in-4*, avec 12 grav.). A toute autre époque la foule d'idées originales dont l'ouvrage était plein, les fleures du sable sur les plaques frémissantes, la théorie «les vibrations longitudinales , la détermination plu* exacte des diverses idées qu'il faut attacher au mot son, la distribution lumineuse de tous les instruments de musique en deux classes , les excellents conseils qu'il donne pour la construction des orchestres et des salles de spectacle, alin de propager le son d'une manière uniforme et régulière dans l'espace où sont répandus les spectateurs, enfin la description des nouveaux instruments, auraient été, au bout d'un an, connus dans toute l'Europe. l*a guerre, qui n'était qu'endormie, et qui se réveilla bientôt avec plus de fureur, empéeha qu'il n'en fut tout à lait de même pour Chladni. Se mettant dererlief en voyage, d parcourut les régions mériuionales et occidentales de l'Allemagne ; de là, passa en Hollande et dans les Pays-flas, et enlin se rendit à Paris, en 1808. Son séjour dans cette ville et l'accueil qu'il y reçut ajoutèrent l>eaucoup à sa réputation, et le rehaussèrent aux yeux de ses compatriotes. Une commi.tsion de six membres de l'Institut, Lacépéde, Haûy et de Prony pour la classe îles sciences, Grélry, Méhul et Gossec pour celle des beaux-arts, lut chargée de présenter a ce corps savant un rapport sur les découvertes et les instruments de Cbladui. Ce rapport fut très-favorable. Au reste, celui des trois membres de la section de musique ne porta guère que sur le clavicylindre : l'euphone de notre physicien cosmopolite s'était brisé dans le trajet de Bruxelles à Paris, et celui qu'il s'était hâté de construire en arrivant dans cette dernière ville était nécessairement très-imparfait. Les idées scienti tiques dont Chladni accompagnait l'exhibition du clavicylindre étaient à peu près nouvelles pour presque tous les savants qui l'entouraient : on savait alors peu l'allemand en Fr inec. Bcrthollet, Laplace et d'autres engagèrent fortement Chladni à traduire lui-même sa théorie de l'acoustique. Présenté par Laplace à Napoléon, il eut une conférence de deux heures avec ce monarque, qui voulut l'interroger lui-même, et qui, le lendemain, lui accorda 6,000 francs d'indemnité pour son séjour à Faris, et voulut que la recherche d'une théorie mathématique des mouvements vibratoires décou-

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