‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 24 sur 117 · C1JÔ · texte numérisé non relu

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cin italien qu'il avait rencontre à la Louisiane. Ar- I-ivc à un détour entre Puérile National et Plan del 2\io, Clioris, frappe d'un coup de sabre et atteint d'une balle, resta mort sur la place. Hcnderson, que l'on avait rejoint, blessé d'une balle au bras, d'une autre à la- poitrine et d'une troisième à la cuisse, mourut & Xalappa. Le corps de Choris, trouvé le lendemain, fut transporté dans cette ville, où on l'enterra bouorablement. Ces détails, qui différent de ceux qu'on lit dans une biographie allemande, sont extraits des lettres écrites du Mexique, et d'une défiche du médecin italien, lequel se saisit des effets tic l'infortuné Clioris, « parce que, dit-il, comme je « ne suis pas riclie, je dois les garder moi-même. » Ht il ajoute que, si la famille à laquelle il devait écrire ne les réclamait pas, il ferait du bien aux pauvres pour le salut de l'aine du défunt ; mais il eut soin de dire auparavant qu'il se regardait comme le premier pauvre. On a de Choris : 1° Voyage pittoresque autour du monde, accompagné de descriptions de mammifères, par M. le baron Cuvier, et d'observations sur les crânes humains, par M. le docteur Gall, Paris, 1820, in-fol. avec fig. et cartes. Le Rmick visita successivement Ténériffc, i'ile Ste-Catlierinc, sur la cote du Brésil, Talcabuanlia, sur celle du Chili ; l'Ile de Pâques, l'archipel Dangereux, les Iles Penrhvn, le groupe de Radack, le Kamtchatka, le détroit de Behring; il entra dans l'océan Glacial, où un golfe qu'on découvrit sur la côte d'Amérique reçut le nom de Kotsebue. Uevenu dans le grand Océan, le Rurick relâcha dans la Iwie de St-Laurent, sur la cote du pays des Tcboukichis, â l'extrémité nord-est de l'Asie ; ensuite il alla consécutivement à Ounalacbka, la plus grande des îles Alcoutienncs, â Puerio-San-Fraucisco en Californie, aux lies Sandwich, aux groupes de Romanzov et aux lies Radack ; revint à Ounalacbka, cingla au nord jusqu'à Pile St-Laurent, près du détroit de Behring; repassa par Ounalacbka, les Sandwich, le groupe Romanzov et Radack ; lit un court séjour à Guahan dans l'archipel des Marianncs, et à Manille ; traversa les détroits de Banca et de la Sonde, et essaya inutilement de jeter l'ancre sur la rade de Stc-Hélène. Clioris donne une relation abrégée du voyage, et présente ses remarques sur les pays qu'il a vus. Son livre a d'autant plus d'intérêt, que la relation de Koucbuc n'a pas été traduite en français. 11 ne dessine pas avec une grande pureté, mais ce défaut est com|ieosé par la vérité des figures ; ce ne sont pas, comme dans les planches des voyages publics autrefois, des images inexactes, et dans lesquelles on ne pouvait louer que le burin de l'artiste; cette méthode vicieuse, qui n'a cessé qu'à la publication du Voyage aux ferres australes de Raudin, n'a pas été suivie par Clioris ; il peint les différents peuples tels qu'ils se sont offerts à ses yeux. Ses paysages ne sont pas moins fidèlement représentés. 2° Vues et Paysages des régions équinoxiales, recueillis dans un voyage autour du monde, avec une introduction et un texte explicatif, Paris, 1826, in-fol., fig. coloriées. L'ouvrage précédent n'avait pas épuise les matériaux du portefeuille de Chéris, il a voulu dans celui-ci

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faire connaître par des dessins caractéristiques, avec la végétation et les animaux, les divers pays qu'il avait visités. Il réclame l'indulgence du public, qu'il prie de ne pas juger avec trop de sévérité ces nouveaux essais. Ce ne sont effectivement en grande partie que des esquisses ; on voit que l'auteur n'y a pas mis la dernière main : il a tenu à ne ricu changer à sa première idée. Choris a fourni les dessins des figures de plusieurs plantes de l'ouvrage de Marshall ue Bibêrslein, intitulé : Icônes ptantarum Russim rariorum. Il avait publié le prospectus d'un ouvrage qui devu.t offrir le recueil des tètes des différents peuples du globe : ce projet est resté sans exécution. Le nom de cet infortuné voyageur avait été donné à une lie du golfe de Kotzebue ; on ne sait par quel motif il fut efface du la carte qui accompagne la relation publiée par ce capitaine. E — s.

CHORON ( Alexamire-Étiemnk ), fondateur du conservatoire de musique classique, naquit le 21 octobre 1771 , à Cacn , ou son père était directeur des fermes. Sa vie se partage en deux époques : dans la première il fut théoricien et historien ; dans la seconde, maître de chapelle et professeur. Après des études brillantes au collège de Juiliy, il en sortit à l'âge de quinze ans. Le goût qu'il avait déjà pour le piaiu-ebant l'entraîna vers la musique, qu'il apprit de lui-même et sans livres, parce que ses parents ne voulaient point lui donner de maîtres. Il se fit une espèce de notation, au moyen de laquelle il pouvait conserver les chants qu'il avait enteudus ou imaginés. Il lut ensuite le Dictionnaire de musique de J.-J. Rousseau et les divers écrits de l'abbe Uoussicr, ainsi que le système de Rameau exposé par d'Alemberl; et il se mit à couq>oscr en parties, sans aucun secours étranger. Grélry, voyant un de ses essais, y découvrit les germes du talent, et le recommanda à l'abbé Rose, avec lequel Choron travailla d'abord. 11 devint ensuite élève de Bonesi, de l'école de Léo, qui l'instruisit des méthodes italiennes, et il apprit la langue allemande pour être en état d'étudier les meilleurs didactiques allemands sur l'art de la musique. A cette élude Choron joignit avec la même ardeur celle des sciences physiques et mathématiques. H y fil tant de progrés, que le célèbre Monge le choisit pour répétiteur de géométrie descriptive à l'école normale en 1793. Devenu, l'année suivante, chef de brigade à l'école polytechnique, il n'en sortit que pour se livrer entièrement a l'étude des sciences et des arts, aussi peu soucieux, comme il le disait lui-même, de fortune que de titres, d'honneurs et même de renommée. En 1802, il avait composé par forme de délassement une méthode pour apprendre en même temps à lire et a écrire, que l'on regarda comme ce qui avait été fait de mieux en ce genre, et que l'autorité adopta plus tard dans les écoles d'enseignement mutuel. Son premier ouvrage en musique, publie avec Fiocchi, a pour titre Principes d'accompagnement des écoles d'Italie, 1804, I vol. in-fol. Il donna ensuite une nouvelle édition du Musicien pratique d'Azopardi, ainsi que du Traité des voix et des instrument* d'orchestre de Francœur, cl la traduction du I'ro*«f élémentaire

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d'harmonie et de composition d'Albrechtsberger, en S vol. in-8*, qui a eu deux éditions. C'est en 1808 qu'il publia sou grand ouvrage intitulé Principes de composition des écoles d'Italie, eu 3 vol. in- fol. Outre les exemples de Sala et de quelques maîtres allemands, on y trouve plusieurs morceaux de Choron sur la théorie de l'art, qui renferment de grandes vues; mais les diverses parties qui composent ces trois volumes manquent d'homogénéité. Vers la fin de 1809, il annonça par un prospectus l'intention qu'il avait de publier un Dictionnaire historique des musiciens. Sur cet avis, l'auteur de cet article, son ancien camarade à l'école polytechnique, qui avait préparé un travail du même genre, lui proposa de faire ensemble cet ouvrage, dont le 1" volume parut eu (810, et le 2e en 1811, On doit à Choron le Sommaire de l'histoire de la musique, dans le . ici pourtant son collaborateur a refait ce qui concerne la musique instrumentale. Quant au Dictionnaire, Choron étant tombé malade, son collaborateur resta seul chargé du travail ; mais les principaux articles furent retouchés avec soin par les deux auteurs, et ils ont obtenu les suffrages de Grétry, Dalayrac, Méliul, Cherubini et Reicha. Le Dictionnaire des musiciens a été traduit en anglais et en italien (I). A ta mort de Framery, correspondant de l'Institut, en 1810, Choron le remplaça dans la classe des beauxarLs, à tous les travaux de laquelle il prit une part aelive. Il rédigea plusieurs rapports qui furent approuvés par l'académie et imprimés par son ordre. Nous citerons, entre autres, le rapport sur les Principes de la versification italienne de l'abbé Scoppa, qui est un chet-d'œuvre, et celui sur le manuscrit de Jean Tinctor, qu'il lut en 1813. Ce manuscrit latin du 15* siècle appartenait à Fayolle, qui avait proposé au ministre de l'intérieur, Blontalivet, de le publier et même de le traduire. Le ministre avait demandé un rapport à l'Institut; et Choron fit un morceau de littérature musicale très-intéressant. (/Institut adopta les conclusions du rapporteur, et le ministre offrit de prendre cent exemplaires de l'ouvrage, .quand il serait imprimé. L'impression allait commencer, lorsque l'arrivée des alliés à Paris, le 30 mars 181 4, obligea l'éditeur a l'ajourner. Avant son départ pour l'Angleterre en 1818, M. Fayolle avait cédé ce manuscrit à M. Pcrnc. Il est maintenant entre les mains de M. Félis. En novembre 1815, Choron fut nommé directeur de l'Opéra. Dans le cours d'une administration qui ne dura que dixsept mois, il mit en scène sept ouvrages nouveaux, et quatorze anciens, dont plusieurs en 3 actes avec des décoration* nouvelles. Son école de musique, fondée en 1817, n'était d'abord qu'une école

(I) Il n'existe point de iridaclion julienne aiouèe de eet ouvrage; mais le Diilonûrio dtgit tcrillori di mtuicit, publié a Paierait-, 4SI» et «SIS, * vol. m-»', oo petit iu-lD, pn Joseph Berlini, R>t une traduction mutilée du bictiontuùre kiitanqur d<» muêicit*», A peine Bertnii al-it ajouté quelques renseignements sur un petit nombre de musiciens de son pays, et des articles relatifs aux musiciens de l'antiquité ropies dans Requeno. (Voir, ce non. ) Un plagiai aussi grossier méritait d'autant plus d'être signalé, que Berlini <lan* sa préface attaque indécemment le Iravail de Fajolle, et qu'il n'a tait autre chose que traduire. K.

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primaire destinée à l'instruction d'enfants en bas âge; et c'est dans ce but qu'il écrivit sa Méthode concertante, espèce de solfège à quatre parties, où l'on trouve toutes les combinaisons de mesures, de temps et de tons. On sait avec quels succès il l'a mise en pratique sur des masses d'enfants, en sorte que nulle part la musique vocale d'ensemble n'a été exécutée avec autant de précision et de lini que dans son école. Iinl82ï, le vicomte de la Rochefoucauld transforma cette école en Institution royale de mutique religieuse. Le directeur, sentant bien que le nombre de ses pensionnaires ne serait pas assez considérable pour parvenir à de grands résultats, eut l'idée de prendre dos externes qui, réunis à ses élèves et formant avec eux le nombre de cent cinquante, ont fait, dans les concerts de 1827 à 1831, l'admiration des artistes cl de la haute société de Paris. On doit à Choron d'avoir fait exécuter en France le Stabal de Palestt ina, le Miserere d'AUcgri, les oratorio de II ; nd« I et les Psaumes de Rcnedcllo R|arcello. Depuis 1832, le défaut de subvention l'avait forcé de restreindre le nombre de ses pensionnaires. Il en ressentit un profond chagrin. Pour se distraire, il aurait du achever son Manuel de mu/ique vocale et instrumentale (voy. plus bas) ; mais, remettant sans cesse à terminer ce travail, il l'a laissé incomplet. Au lieu de s'en occuper, il lui vint à l'idée d'improviser des clxrurs avec cent, deux cents, trois cents enfants tout à fait ignorants dans la musique. Il en fit l'essai a Paris avec pleine réussite, et courut le répéter dans plusieurs départements. Fatigué par ses voyages, exténué par ses exercices, il revint dans la capitale, et mourut le 29 juin 1834. Peu d'instants avant sa mort, il rêvait encore des plans do toute espèce. Dans son épiiaphe écrite par lui-même en latin, il retrace ses travaux et les services qu'il a rendus à l'art musical. Dans sa jeunesse, Clwron était sujet à des aitatjues d'épilensie. D'après les conseils de son médecin, il parvint a s'en guérir par un remède bizarre, et auquel nous aurions eu peine a croire, si nous n'en avions pas été les témoins : ce fut en faisant succéder a ses travaux de cabinet un usage immodéré des jouissances vénériennes. Choron était bon et généreux, mais il se permettait quetquelois des sarcasmes contre des gens de mérite, qu'il avait intérêt de ménager. C'est ainsi qu'il s'est fermé les portes de l'Institut et qu'il s'est fait des ennemis dans le conservatoire de musique. On a de lui : 1° Méthode prompte et facile pour apprendre en même temps à lire tt à écrire, à suivre l'orthographe et à bien prononcer en même temps, Paris, an 10 (1802); in-12, avec un cahier d'écriture in -4°; 5* édition, 1829, in-16; 2» Principes d'accompagnement de» écoles d'Italie ( avec Fioccbi ) , ibid. ,1804, in-8». 3* Principes de composition des écoles d'Italie, trad. de l'italien, ibid., 1818, 3 vol. in-lol. ; 4* Collection de romances, chansons et poésies, mises en musique, ibid., 1806, in -8°; 5* Dictionnaire historique des musiciens, artistes et amateurs morts et vivants, etc. (avec Fayolle), ibid., 1810-1811,2 vol. in-8»; 6" Traité général des voix et des instruments d'orchestre ( par Francouir), nouv. édit. ,avec

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ibid. . 1812, in-S\ 7° Méthode élémentaire d'harmonie et de composition, jwr Albreehtsberger, traduit de l'allemand avec notes, ibid., 1814, 2 vol. in-8», réimprimé et très-augmenté en 1850 ; 8° Méthode comparée de musique et de plainchant, ibid., 18H, in 8"; 9° Livre choral de Paris, contenant le chant du diocèse de Paris, écrit en contrepoint, ibid., 1817, in -8»; 10» Méthode concertante de musique à plusieurs parties d'une difficulté graduelle, ibid., 1817. in- f..I. ; 11- Méthod* concertante de ptain-chanl et de contre point ecclésiastique, ibid., 1819, petit in-4"; 12° le Musicien pratique, par Azopardi, nouvelle edit., in-4*. Il laissa inachevés : 1» Manuel encyclopédique de mutique ; 2° Traité de contre-point antique, par Fus, nouvelle traduction ; 5* Introduction à l'élude générale et raisonnée de la musique. Cet ouvrage était le fruit de quarante ans de méditations et de recherches (I). F — LE.

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(I) Arant de mourir, Cboron avait d.Hifné, pour tcimincr le Manuel et recevoir le drpoi de ses papiers, son êieve et ami, M. Adrien de la Fage, auquel celle nocïrlle ediiion de la Biotiapkie doit phnictn articles de musiciens : il eiait en lialie lors de la mort de son maure. De reionr en Frau.e à la lin de ts3-, il i'oecupa immédiatement de MiMM du Ma>:ucl. dont on tiers cn»irnn apparlirtil a Choron. Le volume parut en «56. les ouq autres eu IS.-.8; 1'onwage est accompagné «le plus de six cents planches de musique, et intitule : tioureem Manuel complet de musique focale et instrumentale, ou Encyclopédie Musicale. Il est divise en trois parties : la première, formant le «" livre et le «" volume, renferme te qui se rapporte a lexécnlioo, c'est ii- dire aux sons, aux noialiuns, aux instrumentset a l'exécution vocale et instrumentale; la seconde, qui iraile de la composition, est renfermée en sept livres M oeenpe les I. 9, S et 4 ; le S* livre traite do la composition en gênerai, et en particulier de la mélodie ; le 5e, de l ltarmonie proprement dite et de l'harmonie appliquée on accompagnement; le du eonire-point rnnple ou complexe; le 5». de l'imitation coulinne et périodique, aulremem du canon et de la fngne; le «*. de l'instrumentation ; I* 7», de l'umnn mécanique et iptelleetoellc de U musiqoe avec la parole; le 8«, des génies on tvpes, de la musique devise, de chambre, de concert, de théâtre, et de la musique instrumentale. La troisième parUe, formant le complément on l'accessoire, offre, en deux rolumes, le livre 9 traitant de la théorie phvsieo-nuthématiqae de b nnstqne. le livre 10. des institution» musicales, c'est a-dire de l'enseignement et de l'exercice de la profession, de ta topographie musicale et de la Iniberie; le livre U, de l'hisloirede la musique, et le livre ti, de la bibliographie. Le dernier volume est termine par une table cénérale et raisonnée des matières. Cet oavrage, imprimé en irespetits caractères, offre la réunion la plus complète de mutes les connaissances musicales. Quant aux antres manuscrits de Cboron, qni renferment plusieurs morceaux complets on inachevés de la plus hante importance, M. de ta Page en avait annoncé la publication dès 4856; diverses circonstances ont amie jusqu'à présent l'impression de ce recueil, qui devait être précède d'une notice étendue sur la vie et les travaux de l'auteur. Eu attendant que ce travail sur un professeur qui a si bien mérité de la musique soit livre au public, M. de la Page vient de publier nu tlope de Choron, lu par lui en IS36 dan» une académie de province. Pans, octobre in-K°. Parmi les manuscrit:' de Choron, l'on remarque surtout le commencement rie l'Introduction désignée plu» haut, c l on excellent Mémoire et projet il un règlement général pour l'organisation admmhlratire des art» de la musique, de la dcclamaHon et de la doute. h

(1) On ignore presque généralement la véritable cause qui a rail appeler du nom singulier de chouan» les soldats des armées wva- UttCt dn Maine, de la Normandie et de la Bretagne. La seule raison est que les membres de la famille Coller eau portaient depuis longtemps ce surnuin de Chouan ( en patois chal-uuanl ), selon les uns, parce que leur . Uul était naturellement triste ei taciturne, selon d'antres, parte qn'en faisant ta contrebande du sel, ils contrefaisaient le en dn chat huant pour s'avertir et se reconnaître.

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Pierre Cotiereau, sabotier, naquit le 50 octobre 1757, sur la paroisse de St-Berthevin , aujourd'hui canton ouest de Laval, département de la Mayenne. Son aïeul, ainsi que son pére, étaient également sabotiers, vivant presque toujours dans les bois. Pierre I Coltercau se faisait respecter de ses enfants; mais ceux-ci le redoutaient, à cause de son caractère extraordinaircment vif. C'est ce qui les empêcha do profiter des leçons qu'il leur proposait; car il savait lire et écrire, mais aucun des quatre garçons qu'il avait, Pierre, Jean, François et René, n'osa se mettre «le si prés sous sa férule; et tous restèrent dans l'ignorance. Ils reçurent néanmoins de leur père des principes profondément religieux. Jean, le second de ses garçons, est celui dont il s'agit ici ; il avait en outre deux sœurs, et leur mère resta cliargée de ces six enfants, car Pierre Cottereau mourut lorsque Jean Chouan était encore bien jeune. A l'exemple de son père et de ses frères, il exerça d'abord la contrebande du sel, alors fort en usage dans cette contrée. La famille Cottereau habitait la closerie des Poiriers, près le bourg de St-Ouen-des-Toits, à trois lieues au nord-ouest de Laval. Elle travaillait toujours dans le bois de Misdon, voisin de sa demeure. En Taisant la contrebande, Jean Chouan montrait de l'énergie et du courage. Lorsqu'il voyait ses camarades s'intimider, sou habitude était de leur dire: « Ne craignez point, il n'y a pas de danger. » Ces mots, il n'y a pas de danger, étaient sa devise; et comme il les répétait quelquefois sans raison, ses camarades l'avaient surnommé le Gars mentaux ( le garçon menteur). Il y avait quelquefois du danger sans doute, car Jean Chouan fut poursuivi lui-même, s'engagea, déserta, fut arrêté et condamné à mort. Sa mère alla demander sa grâce au roi. Arrivée prés du prince, elle oublia la leçon qu'on lui avait apprise, et demanda la vie pour son fils dans les termes que lui inspira sa tendresse. Le roi accorda la grâce. Jean avait passé deux ans en prison à Pennes : c'est là que des réflexions sérieuses le ramenèrent a une vie plus conforme à ses principes religieux. Dès lors sa conduite ne se démentit plus. U renonça a la contrebande, et entra au service de la famille Ollivier, vénérée dans le pays. Chouan était dans celte maison lorsque la révolution arriva. Les exemples qu'il avait sous les yeux auraient été capables de fixer son opinion politique, quand même il aurait balancé; mais, dès le commencement, il se déclara contre les innovations. Le 15 août 1792, des gardes natiouaux et des gendarmes de Laval vinrent à Sl-Ouen pour engager les jeunes gens à s'enrôler. Ces émissaires se rassemblèrent dans l'église de St-Ouen; un d'entre eux prit la parole et vanta la liberté dont jouissait la France, devant une foule de spectateurs accourus pour voir ce qui allait se passer. On écouta tant bien que mal ce discours sur la liberté ; mais quand l'orateur en vint à la péroraison, et qu'il parla •l'engagement et de volontaires, on entendit murmurer de tous les côtés. Les gendarmes reçurent l'ordre d'arrêter les perturbateurs. Alors tout le monde se soulève, et le désordre est à son comble, I nuand un homme s'avance au milieu de l'assemblée,

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d'une main arrête le premier gendarme, et «le l'autre impose silence à la multitude, en s niant : Aon, point de volontaires; fil faut prendre les armet pour le roi, nos bra$ sont à lui; nou* marcherons tous pour lui : et moi, je réponds de tout. Mais s'il faut partir pour défendre ce que vous appelez la république, vous qui la voulez, allez la défendre ; pour nous, nous sommes tous au roi, et rien qu'au roi. Tout le monde répète : Oui, nous sommes au roi, et rien qu'au roi. Alors les gendarmes, les gardes nationaux furent chassés de l'église, et mis en fuite. L'homme qui venait de se montrer ainsi était Jean Chouan : telle est l'origine de la chouannerie. Car ce fut M un parti pris; on se réunit et Ton s'arma pour se défendre : il fallait uu clief, on choisit Jean Chouan. Nous ne détaillerons pas tous les combats qu'il livra à la tête de cette nouvelle troupe. Les affaires de St-Ouen , de Bourgntuf , de la Bacounière; celles de Launay-Villiers, du Port- Brillet, d'Andouillé, du Pertre, etc. , curent aussi leur célébrité, ù une époque illustrée par tant de gloire militaire. Jean Chouan conduisit sa troupe à Uval pour s'y réunir aux Vendéens, après leur passage de la Loire; et il les suivit jusqu'à pranville, puis dans la retraite après le désastre du Mans. Ce fut là qu'il eut le malheur de perdre sa mère, à qui il devait deux fois la vie, qui n'avait pas voulu le quitter, et qui mourut écrasée sous la roue d'une charrette. Jean Chouan se réfugia encore dans le bois de Misdon; et lorsque les royalistes, après tant de défaites, commençaient à revenir de tant de stupeur, il fut un des premiers à reprendre les armes. C'est de là que date la seconde éjraque des chouans, ou de la chouannerie proprement dite. L'insurrection royaliste du bas Maine commença vers le mois de mai 1794, ci forma six divisions, qui prirent le nom de leurs cheU ; mais la troupe garda le nom générique de Chouans. Celle qui fut immédiatement sous «es ordres se distingua par sa discipline et ses sentiments religieux. Jean Chouan mettait surtout beaucoup de xèle pour sauver les prêtres, et il a protégé la fuite d'un grand nombre; il en aconduit plusieurs jusqu'à Granville pour leur faciliter les moyens de s'évader (4). Tous ses compagnons d'armes, tous ses compatriotes, attestent encore aujourd'hui qu'on ne vit jamais en lui que des sentiments nobles et une grande droiture. Sa mort a été racontée de différentes manières. S'il fallait s'en rapporter à P. Benouard ( Essai historique sur la province du Maine, t. 2, p. 270) , un détachement cantonné dans le bourg de la Gravelle aurait surpris, dans une reconnaissance, une compagnie de cinquante-deux chouans, commandés par Jean Chouan en personne, tpu fut tué dans cette affaire, ajoute Reuouard ; la téte

(I) Cbooan arait pris des mesures pour délivrer te prince deTal- Bout, quand il foi conduit de Rennes a Laval, on sa ifle fut exposée sar le poruïl de son ehitwu. ( Voy- Tauwst). Des soldais unionnet a Ernee lai avaient foirai des natals militaires pour relie tentative. Il recul effectivement la lettre d'avis ; mats il .la fit lire par ■a des siens qui, peu capable et bontrux de son ignorance, du que la lettre ne siguilaii rien. Cnooan. arrive trop lard an lien désigne, ne pouvait calmer sa donlenr. Il disait qne la mort du prince l'affectai! plus qne celle de sa mère.

de ce trop fameux insurgi fut séparée de son corps, portée en triomphe à la Gravelle et exposée ensuite à un piquet sur la grande roule de Laval A Vitré. Mais il ne faut pas plus s'en rapporter à ce récit qu'à mille autres mensonges de ce prêtre apostat. Voici des détails que nous avons recueillis sur les lieux mêmes, ainsi que la plupart des faits consignés dans cette notice. Un jour Chouan faisait reposer ses soldats fatigués à la métairie dite la Babinièrc, appartenant à la famille Ollivier. On les rassurait sur ce que la garde de St-Ouen avait quitté son poste. Le fait était vrai, mais les soldats cantonnes an Porl-lkillet vinrent les surprendre et les attaquer. Dans le premier moment de la surprise, toute la troupe royaliste se crut obligée de fuir ; Jean Chouan, néanmoins, décharge encore sa carabine, atteint un soldat républicain et lui casse la cuisse. Mais il avait auprès de lui la femme de son frère René, qui, saisie par la peur et empêchée par une grossesse avancée, ne pouvait escalader une haie couverte de broussailles. Elle appelle du secours; Jean Chouan se hâte d'aller protéger sa rctraiie,cl pendant qu'elle prend la fuite, il arrête l'effort de l'ennemi. Tandis qu'il chargeait sa carabine, une balle frappe sa tabatière, qui était dans sa i>ot-he, et les morceaux de cette tabatière lui entrent dans le corps. Il tombe et sent qu'il est blesse mortellement. Ses gens l'emportèrent dans le bois de Misdon, lui prodiguèrent leurs soins, mais tout fut inutile. Avant de mourir, il adressa à ses soldats les paroles les plus touchantes, leur recommandant l'union et la fidélité au roi et à la religion. C'était le 28 juillet 1794; Jean Chouan fut inhumé dans le bois de Misdon, à l'endroit appelé pompeusement la Place royale, parce que c'était le Ueu de réunion. On avait pensé sous la restauration à lui ériger un monument ; maïs les cendres de cet homme religieux reposent encore sous le gazon et la mousse dont ses compagnons d'armes la couvrirent pour les soustraire à là profanation des républicains. On peut consulter les divers ouvrages publiés sur la Vendée et la chouannerie, tels que VHistoire de ta guerre de la Vendée et des chouans , par Bcauchamp, et les Lettres sur l'origine de la chouannerie et sur les chouans du bas Maine, 2 vol. in -8», par Duchemin de Scepeaux. M. Boblel a fait lithographier le portrait de Jean Chouan, en 1832, format in-4*. On voit que ce chef d'une nouvelle croisade portait au revers de son habit une croix et un sacré-cceur. Un chapelet et une médaille sont suspendus à la boutonnière de son gilet. Il devait faire partie de la collection des chefs vendéens dont les portraits auraient été tirés en pied. Douze seulement ont paru : les événements de juillet 4830 ont arrêté cette entreprise. B— D— E.

CHOCDJAA-ED-DOCLAH, surnom de Djélal bd-dvn Haydek, un des nababs , ou vice-rois de l'empire Mogol dans l'Inde, et ssoubalidar, ou gouverneur de la province d'Aoude. Ce prince , dont le nom doit être cher aux Français , naquit à Déhly, l'an 1729, d'une famille illustre et originaire de Nichabour en Khoraçan. 11 n'était pas lils d'un brocanteur, comme Dow l'a consigné complaisamment

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