‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 25 sur 117 · G CHO · texte numérisé non relu

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dans son Hitlory 0/ Ilindootlan. Ss< f dcr hjrn^. son pére, obtint le gouvernement d'Aoudc et d* Agrafa, qui est resté longtemps dans sa famille. Choudjaa hérita de ce gouvernement par la mort de son pire, arrivée en l'an 1754. Son début clans la carrière politique fut peu honorable. Le gouverneur d'Allah - A bail, ayant voulu se rendre indépendant, se vit obligé de capituler et de se mettre à la discrétion de son suzerain. Celui-ci le fit assassiner. Le nabab avait cru cette atroce mesure nécessaire pour son repos et sa sûreté. Irrité de l'arrogance des Anglais, et fier d'accorder sa protection à un prince indien vexé par ces insulaires, il leur déclara la guerre en 17133. Ses troupes , réunies à celles du prime mécontent , et même avec quelques-unes de celles du Grand Mogol Sehah-Aalem, pénétrèrent eu 17G4 dans les environs de Palnah, que les Anglais évacuèrent à la hâte; mais les renforts qu'ils reçurent de Calcutta les mirent en état de tenir téte à l'ennemi , dont l'armée s'élevait a 40,000 combattants. Le général Mouro n'avait que huit cent cinquante-sept Européens et 6.215 naturels; il n'hésita pas à présenter la liataille le 23 octobre 1764. auprès de Bakhebar, endroit peu considérable du Itehar. L'armée de Choudjaa ed- Doulab fut mise en pleine déroute , et laissa 2,000 morts et cent trente-trois pièces d'artillerie. Peu de jours après cette mémorable journée, le Mogol alla se mettre à la discrétion des Anglais, et leur promit, en échange de leurs bons offices, le gouvernement dont jouissait Choudjaa ed-Douluh. Celui-ci, pénétré de la supériorité des armes européennes , songea à entamer des négociations franches et sérieuses; mais elles n'eurent pas le succès qu'il s'en promettait. Il fallut encore soutenir la guerre ; alors , au lieu de livrer des actions décisives, il se borna a une guerre de postes, et fut parfaitement seconde par les M .dirai les qu'il a» ail mis dans son parti. Les Anglais n'eurent pas de peine a dissoudre celle coalition , et le malheureux vizir n'eut d'autre parti à prendre que de se réfugier chez les Kohyllahs. Maigre les bonnes dispositions que ceux-ci lui témoignèrent, il crut devoir entamer des négociation*; avec les Anglais, et employa dans celle circonstance délicate un officier français, bien digne à lous égards de la haute confiance que Choudjaa td-Doulah lui avait accordée. Le chevalier Gentil se rendit auprès du général Carnac, et conclut avec lui un traite que le trop célèbre lord Clive , qui arriva dans l'Inde peu de temps après, ralilia en août 1705. Parce traité, le prince indien perdit plusieurs forteresses importantes, céda à la compagnie un territoire produisant un revenu annuel de 120 laks de roupies, ou 30 millions de bancs, et compta aux Anglais une somme de 12 millions de francs; mais enfin il fut rétabli dans ses domaines par ceux mêmes qui l'en avaient chassé. Ils lui obtinrent même de l'empereur mogol la propriété héréditaire du Ssoubah d'Aoude. Instruit pu les revers , et nourrissant au fond de lame un profond ressentiment contre les Anglais dont il voûtait secouer le joug, il prit un soin tout particulier de l'administration de se> finances et de l'organisation de ses lioupcs. Sa femme lui donna dans cette cir-

constance une preuve de dévouement bien rare, surtout en Orient : elle lui remit tons les bijoux qu'elle possédait ; la somme considérable qu'on en tira lui fut d'un grand secours. Le chevalier Gentil rassembla un grand nombre de Français que la prise de Poinlichéri et de nos autres comptoirs privait de toute ressource, et qui furent très-utiles au nabab pour organiser ses troupes à l'européenne et monter son artillerie. Il établit même sous leur direction, à FayzAbad,un arsenal et un parc supérieurement organisés. En 17G8, Choudjaa ed-Doulah possédait une belle armée, un tré>or considérable , et un territoire fertile et bien cultivé. Cette situation brillante, et les mesures qu'il prenait pour la rendre encore pins avantageuse , n'échappèrent point aux regards inquiets des Anglais. Des émissaires lui furent envoyés ; ils lui reprochèrent son manque de confiance dans l'amitié de ses alliés. Le nabab, malgré toutes ses protestations , se vit contraint de réduire ses forces, au moins en apparence. Il ne renvoya cependant pas un seul soldat , continua d'accueillir lous les Français qui voulaient entrer à son service, et trouva encore le moyen d'obtenir le secours des Anglais pour faire la guerre aux Rohyllahs, et recoin rer deux ou tiois cantons. Ce secours fut formellement stipulé dans un traité conclu entre le vizir cl la compagnie, le 7 septembre 1773. L'année précédente, il avait eu à Bénarês une conférence avec M. IiastingS. Le plénipotentiaire anglais n'avait pas élé le plus adroit ; à la vérité, la promesse de 5 millions de roupies (M ou 12 millions de francs) avait aplani bien des difficultés, et ne laissait aucun doute sur la ratilication du conseil suprême. Dés qu'il eut reçu les huit bataillons d'infanterie et la compagnie d'artilleurs que les Anglais lui avaient promis, le prince indien se mit en campagne, et commença par chasser les Maliennes du territoire de Uounguich. Cette petite expédition n'était que le prélude de celle qu'il méditait contre les Rohyllahs. En effet, après avoir pourvu à la sûreté de ses possessions, et obtenu de nouveaux secours des Anglais, et l'assentiment, au moins apparent, de l'empereur, il fondit sur les ennemis a la fin de l'année 1773, et, le 23 avril de l'année suivante, une bataille livrée auprès de Kotterah décida du sort des Rohyllahs. Ils furent à peu près exterminés, et leur chef, Hafez-Rahmcl, périt en combattant avec une valeur extraordinaire. Le prudent Choudjaa ed-Doulah se tint à l'écart pendant toute l'action , et ne s'avança vers le champ de bataille que lorsqu'on vint lui annoncer la mort de Hafez-Rahmet. Les Anglais seuls eurent la gloire de cette journée mémorable, d'après le témoignage même du chevalier Gentil. Le prince victorieux était encore occupé à régler les affaires de son nouveau domaine, et songeait surtout aux moyens de secouer le joug des Anglais et de se passer de leurs secours, quand il périt victime d'une maladie dont il avait ressenti déjà quelques atteintes. Le lendemain même de sa mort, le 27 janvier 1775, Myrza-Many, son fils, fut reconnu nabad par les Indiens et \m les Anglais, et prit le nom d'Asufed-Doulah. Tels furent, en peu de mots, les princi-

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pâtes opérations et ta lin «tu plus grand et du plus adroit ennemi que les Anglais aient jamais eu dans l'Inde, et du meilleur ami des Français dans ces contrées lointaines. L — s.

CUOL'EDÉ, Tartarc niantcbeou, fui premier minisire de l'empereur Khian-Loung. Il avait exercé longtemps, et avec l'applaudissement général, l'emploi de gouverneur des neuf portes, c'est-à-dire de la ville de Pékin, l'une des charges les plus honorables de l'empire , mais dont les fonctions sont extrêmement difficiles et délicates. Des ennemis jaloux le desservirent à la cour, et le firent envoyer aux armées, OÙ ils prévoyaient qu'il ne pourrait soutenir sa réputation. Les Iroupes chinoises étaient alors occupées à la conquête du pays des Eleulhs, qui ne fut terminée qu'eu lï!>9. Chouédé n'était pas guerrier ; mais le chet de l'armée , qui connaissait sa profonde capacité, sut tirer d'utiles services de ses talents, en lui confiant les principales fonctions administratives, et en te chargeant de |K>urvoir aux subsistances des troupes. Sa conduite dans une circonstance délicate, et la sage réponse qu'il lit pour la motiver, furent mal interprétées à la cour. On lui supposa des torts et des vues criminelles, et des ennemis parvinrent à aigrir tellement contre lui l'esprit de Khian-Loung , que ce prince résolut de le faire punir de mort. Ln des gendres de l'empereur, à qui le courrier porteur de cet ordre était adressé, fut chargé de le faire exécuter. Le courrier était déjà parti depuis cinq jours, lorsque Lai-pao, le second des ministres de la cour, homme vénérable par son âge, et respecté surtout par son inllcxible droiture, osa se jeter aux pieds de l'empereur, et réclamer sa justice en faveur de Chouédé. Après une courte émunération de ses services , il ne craignit pas de dire, en présence de tous les courtisans, que Chouédé était peut-être le seul homme de l'empire qui fût sincèrement attaché aux intérêts de lElat et a la personne de l'empereur. Il supplia le monarque de révoquer un ordre qu'il n'avait donné sans doute que sur de faux exposés, « 11 n'est plus temps , ré- « pondit Khian-Loung ; il y a cinq jours que le cource rier est parti , et il est impossible qu'un autre « puisse le devancer. — Celte célérité n'est pas sans a exemple, répliqua le ministre, et je prie Votre « Majesté de charger mon fds de ses ordres. — J'y « eortsens, reprit l'empereur; qu'il parte, et aille « annoncer à Chouédé que je lui pardonne. » A l'instant le fils du ministre partit pour l'année. Le prrinier courrier, comme tous ceux dépêchés par l'empereur, avait fait une diligence incroyable. Il arriva précisément lorsque Chouédé s'occupait d'une opération pressante et majeure, dont le travail exigeait encore quelques jours, et que lui seul pouvait terminer. Le gendre du monarque lui annonça l'ordre fatal qu'il venait de recevoir. Chouédé , après l'avoir écouté avec respect, mais avec un sang froid et une fermeté dignes des anciens Romains, répondit qu'il était prêt à obéir, a Mais, ajouta-l-il d'un ton u calme et tranquille, vous que l'empereur a chargé « de ses ordres , et qui voyez l'état présent des af- • foires, il est de votre devoir do prendre sur vous,

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« même au péril de votre tête , de me laisser vivre « encore quelques jours : le bien fie l'empire , la « gloire de notre maître commun et le salut de l'ar- « niée l'exigent. » Le gendre de Khian-Loung se trouva fort embarrassé. En n'obéissant pas, il se rendait coupable d'un crime qu'on punit de mort ù la Chine, et en obéissant , il courait le risque de faire périr toute l'aimée. Cette dernière considération l'enhardit à prendre sur lui d'accorder à Chouédé un délai de quinze jours. Ce délai, qui donna à celui ci le temps de prendre et d'assurer toutes ses mesures pour la conservation des troupes, lui sauva la vie. Le fils du ministre Uï-pao, qui lui apportait sa grâce, arriva quelques jours après. Les nouvelles preuves de zèle et de fidélité que donna Chouédé mirent son innocence dans le plus grand jour, et les services qu'il rendit dans le cours de cette guerre furent si bien appréciés, que, lorsqu'il fut question de récompenses après la conquête , l'empereur lui accorda, comme au chef de l'armé: et à ses (rois lieutenants généraux, l'honorable prérogative d'entrer à cheval dans les cours du palais. De retour à Pékin , et rentré à la cour, Chouédé fut admis dans la familiarité de Khian-Loung , et ce prince conçut une idée si avantageuse de sa vertu et de sa capacité, qu'il en fit son premier minisire et le dépositaire de tous ses secrets. Il l'avait sans cesse auprès de lui , et ne réglait rien sans le consulter. Cette confiance fut inaltérable , et Chouédé mérita de la conserver tant qu'il vécut. Ce ministre mourut en 1777 , vivement regretté de son maître et de tout l'empire. Khian-Loung fit placer son portrait dans le hien-léang-lté , temple consacré en l'honneur de ceux qui se sont distingués par leur sagesse et leur intégrité. G— H.

CHOLET (Jean-Robert), né à Genève en 1GÏ2, fit ses études dans sa patrie , et alla les continuer à Kimes. Il n'avait que vingt-deux ans lorsqu'il disputa la chaire de philosophie vacante à Saumnr, contre un vieux péripaléticien de Sainlongc.Celui ci, près de succomber, proposa de répondre sur-lechamp à toutes les questions possibles. Chouct subit le premier cette épreuve difficile, presque ridicule, et s'en lira fort bien. Il demanda ensuite à son adversaire pourquoi l'on voit toujours la couleur rouge de l'arc-cn-ciel dans sa partie supérieure, tandis qu'on observe la couleur verte dans sa partie inférieure. Le péripaléticien avoua son ignorance. Chouet expliqua le phénomène, et la chaire lui bu adjugée. Ayant reconnu la supériorité de la philosophie de Descartes sur celle d'Arisiote, il la rit recevoir dans l'académie de Saumur, et, en 1669, dans celte de Genève , lorsqu'il fut nommé par le conseil à la chaire de philosophie, après la mort de Gaspard Wiss. Un grand nombre de ses élèves le suivit des bords de ta Loire à ceux du Léman. « Il eut, dit Senebier, « la gloire, peut-être te malheur d'avoir Bayle pour « son disciple. » Ce disciple fut du moins reconnaissant, et parla loujours de son maître avec éloge. Chouet fut fait conseiller de la république en 1686, et conserva dans le gouvernement la réputation dont il brillait à l'académie. 11 se montra négociateur ha-

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bile à Zurich et à Deme, avec les cantons suisses ; à Solcurc , avec l'ambassadeur de France ; à Turin, auprès du roi deSardaignc. Il préféra, dans l'administration , la partie la plus analogue à son goût et a ses connaissances ; il veilla sur l'académie , fit adopter de sages règlements pour la bibliothèque publique, qui lui dut de grands accroissements, mit en ordre les archives de la ville , les registres du conseil, et mourut le 17 septembre 1731. On a de lui : 1° une Logique en latin, Genève, 1672, in-8°; 2° «les thèses physiques de Varia astrorum Luce, 1074, in-4°; 5» une Lettre sur un phénomène céleste, dons les Nouvelles de Im république des lettres de mars 1685; 4" un Mémoire succinet sur la rr'/brmation , fait en 1694 , et des Réponses à des questions de milord Townshend sur Genève ancienne, faites en 1696, et publiées en 4774. Mais son ouvrage le plus considérable, qui est resté manuscrit, a pour titre : Diverses Recherche* sur l'histoire de Genève, sur son gouvernement et sa constitution, 5 vol. infol. On en trouve un extrait dans le Journal helvétique de janvier 1755. Chouet avait fourni à Spon les documents nécessaires pour son Histoire de Genève V— ve.

CHOL'L (du). Voye: Dccnort.

ClîOUO ou TOUNG-FANGCHOUO était homme de lettres , et favori de Han-ou-ti , empereur de la Chine, dont le régne commença l'an 140 avant l'ère chrétienne. Il avait de bonne heure cultivé son esprit par l'étude, et dut aux lettres toute sa fortune, ainsi que son introduction à la cour, dont il occupa successivement les premières charges. Ses fonctions lui donnaient un libre accès chez l'empereur, et il fut souvent admis à des entreliens familiers où ce prince, se dépouillant en quelque sorte de la majesté du liônc, permettait à ceux qui l'environnaient de déposer à leur tour la respectueuse contrainte que sa présence leur inspirait partout ailleurs. Ses bous mots, ses saillies, ses reparties vives et spirituelles, et une aimable liberté dont il savait assaisonner ses discours, lui gagnèrent tellement le fci'ur de son maii iv, qu'il devint bientôt son plus cher favori, l'homme nécessaire et le bel-esprit de la cour. On croirait qu'un courtisan de ce caractère aurait dû se faire une foule d'ennemis ; cependant Chouo obtint l'estime et l'amitié de tous les grands avec lesquels il vivait. C'est que la liberté qu'il mettait dans ses propos était toujours décente et mesurée ; jamais il n'offensa par ses plaisanteries, et souvent il rendit d'importants services par son crédit. Le trait suivant, que nous choisissons entre plusieurs autres, suffira pour faire connaître la tournure d'esprit do ce lettré chinois. L'empereur était prévenu qu'une conspiration se tramait contre lui par son (ils, l'impératrice et plusieurs femmes de la cour qui leur étaient attachées. De ce nombre était sn propre nourrice. Celle-ci, intimidée des suites de ce crime, qu'on punit toujours de mort ou au moins de l'exil , eut recours au crédit de Chouo pour obtenir sa giaee, dans le ras où elle serait accusée. « Si vous « ne l'êtes pas encore, lui dit Chouo, vous ne lardc- « rez pas à l'être. Vos liaisons avec ttinpcratrico

a et le prince héritier vous ont rendue suspecte. « L'empereur croit au complot, et j'ai ouï dire qu'il « devait lui-même juger quelques dames du palais. « Si vous êtes du nombre , je parlerai et je tâcherai « de vous sauver. Ayez attention seulement à ne pas « vouloir trop vous justifier, parler peu ; mais san- « glotez et versez des larmes. Lorsque l'empereur s vous ebassera de sa présence , pour vous envoyer « soit en exil, soit au supplice, retirez-vous à pas « lents, arrêtez-vous de temps en temps, et tournez « la tête vers lui ; je me charge du reste. » La nourrice était réellement impliquée dans l'accusation, et l'on avait trouvé des preuves qui étaient plusqu : suffisantes pour la convaincre. Elle comparut devant le monarque, qui la jugea coupable et la condamna. Elle se conduisit selon les instructions de Chouo, parla peu, mais pleura et sanglota beaucoup. Elle n'oublia pas surtout, en sortant de la salle, de s'arrêter en essuyant ses larmes, et de tourner souvent la tête vers l'empereur pour attirer sur elle quelques-uns de ses regards. « Mais que signifie donc ce manège? dit alors « Chouo en lui adressant la parole ; est-ce que vous « voudriez encore donner à télerà l'empereur? Il y « a longtemps qu'il est sevré. Vous l'avez nourri !• de votre lait pendant trois ans, jour et nuit : pen- « dant ce même temps, vous avez veillé sur son ber- « ceau. Tout cela est bien ; ces soins lui étaient alors a nécessaires; mais aujourd'hui il n'a plus besoiu « de vous. Il vous chasse, il vous condamne à l'exil; « n'est-il pas le maître? allez, bonne dame, retirez - « vous sans tant de façon, etobéissez promplcment. » Cette brusque saillie fit impression sur l'esprit de l'empereur ; elle réveilla dans son cœur les sentiments de la reconnaissance , et lui fit accorder surle-champ à la coupable le pardon entier de sa faute. Le monarque chinois admirait dans Chouo des qualités précieuses et rares dans les cours ; il estimait son désintéressement, sa probité, sa franchise, et l'avait en quelque sorte constitué son censeur, en lui permettant de l'avertir librement de ce qu'il trouverait de répréhensible dans sa conduite. Le sage favori eut le courage de s'acquitter de ce ministère délicat, toujours utilement pour le prince et sans qu'il s'en offensât. L'histoire ne donne point d'autres détails sur cet homme singulier. G — n.

CHOUPPES (Aiuard, marquis de), page du roi en 4625, volontaire au régiment des gardes en 16*28, servit en cette qualité au siège de la Rochelle, et fit toutes les campagnes du reste du règne »!c Louis XIII. Créé lieutenant général d'artillerie eu 1643, il commanda celte arme à divers sièges jusqu'en 1650, et obtint ensuite un régiment d'infanterie. Envoyé en 1647 pour négocier l'alliance avec le duc de Modène, il y réussit, signa le traité, et fut nommé maréchal de camp. Il prit en 1651, avec son régiment, le parti du prince de Condé, qui l'envoya à Madrid pour ménager ses intérêts. Rentré dans le devoir en 1653, on le créa lieutenant général. Il fut employé à l'armée de Guicnne ; on lui donna les pouvoirs nécessaires pour conclure raccommodement du prince de Conti; il y réussit, et Bordeaux, la Guicnne et le Périgord rentrèrent sous l'obéis-

CHR

fiance du roi. Employé en Catalogne sous le {.rime de Coati, il s'y distingua tellement, qu'on lui donna ensuite la lieuienance générale du gouvernement de Roussillon, dont il se démit en 1661. Il obtint le commandement de Belle-Isle-en-Mcr en 1662, et, en 1667, la permission d'aller servir en Portugal ; il en reviut Tanné suivante après la paix, et ne servit plus. 11 mourut en 1677. Du poil - Dutertre, qui était son parent, a publié les Mémoires de M.U marquis deChouppes, Paris, 1753, 2 parties in-12: ils commencent en 1625, et ne vont que jusqu'à 1660. D. L. C

CHRAMNE. Voyez Clotami l".

CIIREST1ENS, surnommé de Troyes, du lieu de sa naissance , a été l'un des romanciers les plus féconds et les plus estimés du 12* siècle. C'était l'usage des beaux-esprits de ce temps de s'aUacher à quelques-uns des souverains que le régime féodal avait tant multipliés. CliresUens servit particulièrement Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui fut tue devant Si I«MI il'trrr en 1191, et mourut la même année que son protecteur. Aucun poète n'a été plus loué de ses contemporains ; Huon de Méry, Guillaume de Normandie, Raoul de Houdanc, l'auteur du roman du Checatierà Tespée, Tliibaud, roi de Navarre, lui ont accordé les plus gramls éloges. Chrestiens méritait tout le bien qu'on a dit de lui, par l'invention, la conduite, et particulièrement par le style qui l'élève au-dessus de tous les écrivains de son temps. Il avait réussi à donner à la langue romane un caractère d'énergie et des tournures gracieuses, dont on ne la croyait pas susceptible , et il est bùr que la langue française fut alors plus près d'une certaine perfection , qu'elle ne l'a été depuis dans le 16* siècle. De ses nombreuses productions, six seulement nous sont parvenues : 1* le roman de Pereeval le Gallois, translaté de prose en vers d'un épisode du roman de Tristan de Léonnoù, par Lûtes du Gast (1). Cet ouvrage, dédié au comte de Flandre, ne contient pas seulement les aventures de Pereeval, mais encore celles de Gauvain, neveu du roi Ai lus. Une observation qui a échappé à tous les bibliographes, c'est que Chrestiens n'est pas le seul auteur de ce roman : Gautiers de Denet en fut le continuateur, cl Manessier, poêle de la comtesse Jeanne de Flandre, y mit la dernière main. La Croix du Maine et Duverdier ont confondu cet ouvrage avec le roman du Uraal, et ont ajouté au nom de Chrestiens celui de Manessier. 2° Le roman du Chevalier au lion ; il contient les aventures du chevalier Yvain, fils du roi Urien. Galland l'a confondu avec le roman du H rut, l'a attribué à Robert Wace, et, par cette fausse opinion, a induit en erreur Bouhicr et llrcquigny. 5° Le roman de GuilLume d'Angleterre (manuscrit n' 6987). L'histoire y est tellement défigurée par la fable , qu'on ne sait trop duquel des deux Guillaume il est question dans ce poème. 4° I* roman d'Ane cl dt.nide (manuscrit n» 6987 et 7518 ), contenant des aventures de la Tait) MsniKrit, biblioih^oe nmlr, n« 0837-, »el7S, fonds de Ci»SA WMiolMqne de l'Arsenal.

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