‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 26 sur 117 · VI IL · texte numérisé non relu

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bit ronle. Galland a confondu cette production avec le roman de Pereeval, et l'a attribuée à un Raoul de beauvais, dont le nom n'a jamais existé dans les fastes de la romancer ie. 5° Le roman de Cligel, citevalier de la Table ronde ( manuscrit n° 7518, et fonds de Cangé, n»' 27 et 73 ), dont le sujet appartient entièrement à Chrestiens de Troyes. 6° Le roman de Lancelot du Lue, ou de la Charelte (manuscrit, fonds de Cangé , n* 73 ), mis en vers d'après la version en prose de Gautier Mapp. L'aulcur n'eut pas le temps d'y mettre la dernière main, et Godefroi de Ligoy j>c chargea de l'achever. La Croix du Maine, Duverdier et Fauchet, d'après le titre de ce roman, en ont fait deux ouvrages différents. Dans les huit premiers vers du roman de Cliget , Chrestiens nous fait connaître les titres de plusieurs de ses productions, qui ne nous sont pas parvenues ; ce sont des traductions ou des imitations d'Ovide ; mais il n'y a guère que le roman de Tristan qui soit une véritable perte. Les romans qui lui ont été faussement attribués sont : t° le Chevalier à l'espée; 2' la continuation du roman des Chevaliers de la Table rond* ; 5" le roman du Graal ; 4» le roman de Troye ; ft» le roman de Parthenopex de Dlois; 6* le roman de Blanehandin. Si les ouvrages du poète troyen, écrits dans une langue aussi difficile à déchiffrer qu'à entendre, n'ont pas le mérite d'intéresser tous les lecteurs, ils peuvent au moins faire connaître les mœurs et les usages du 12* siècle, et surtout faciliter la comparaison de la langue française a ses différentes époques. , R—t.

CHRETIEN (Guillaume i, ou, comme on écrivait alors , Cn iiestian , gentilhomme breton, cultiva la médecine avec succès dans le 16* siècle, et traduisit en français quelques traités d'Hippocrate, de Galien et de Jacques Dubois. 11 est auteur de Philalelhes sur les erreurs anatomiques de certaines parties du corps humain, naguères réduites et colligées selon ta sentence de Galien, Orléans, 1536, io-12. D'abord médecin du duc de Bouillon, ensuite de François 1" et de Henri H, il mourut vers 1560. Ou trouve la liste de ses autres ouvrages, devenus de peu d'intérêt, daus la Bibliothèque de Duverdier et dans tes Mémoires de Niceron , t. 51. Ce dernier observe que van der Linden, et son continuateur Mcrcklein, n'ont point connu ce médecin. Éloy, dans son Dictionnaire , a commis une faute bien plus grande qu'une omission, en confondant Guillaume Chrétien avec son fils Florent, qui n'a jamais exercé la même profession. W— s.

CHRÉTIEN ( Florent ), fils du précédent, né à Orléans, le 26 janvier 1541, fut élevé dans la religion protestante. 11 apprit la langue greque du célèbre Henri Estienne, l'homme de son siècle qui en connaissait le mieux les beautés; il fit de grands progrés sous un tel maître, et mérita d'être nommé précepteur du jeune prince de Béarn, depuis Henri IV. Pendant les guerres de la ligue, la ville de Vendôme, où il s'était retiré, ayant é(é assiégée et prise, il tomba au pouvoir des catlioliques ; Henri IV le délivra de leurs mains en payant sa rançon : os fut la seule marque de reconnaissance que lui donna

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re prince, qui ne l'aimait pas, tans qu'on ait pu en savoir la cause. Florent Chrétien réussissait mieux à foire des vers latins ou grecs, que des vers français ; ceux qu'il a composés dan* cette dernière langue sont ires-médiocres, même |KHir le temps, tandis que ses vers grecs et latins sont encore estimés. Il avait fait une étude particulière des anciens poètes, et surtout d'Aristophane et d'Euripide. Ses remarques sur Aristophane ont été iusérées, avec ses traductions en vers latins «les Guipes, de la Paix, et de Lyrittraia, dans la helle édition de ce poète donnée par Kuster en 1710. Il a traduit aussi YAndromaque et le Cyclope, d'Euripide ; lu Sept Chef* devant Tkèbes d'Eschyle, cl le Philoclètt de Sophocle. Son caractère le portait à ta satire ; il en a publié deux sous le nom de François de la BaronnU, conlre Ronsard, qui avait attaqué les calvinistes dans ses vers. H écrivit aussi contre Pibrac, qui avait l'ait l'apologie de la St-Uarthélemy. Dans la suite il se réconcilia sincèrement avec eux, et leur donna plusieurs preuves d'une véritable amitié.Chréticn a eu part à la Satyre Me nippée. 11 mourut de la pierre, à Vendôme, le 3 octobre 1596. dans sa Jtt' année. Il joignait à son nom latin celui de Quintus, parce qu'il était le cinquième enfant que sa mère eût mis au monde, et eelui-de Srptimtut, parce qu'il était né dans le septième mois. Piosper Marchand dit que Florent Chrétien était l'un des plus honnêtes hommes de son siècle. On assure que, sur la fui de sa vie, il abjura le calvinisme. Ses ouvrages les plus recherchés sont : l* Hymne ginéthliaque jur ta naissance du fils du eomle de Soissons, Paris, 1567, ins";2" le Jugement de Péris, dialogue joué à tnghien, à la naissante du fils du prince de Condé, Paris, 1567, în-8«; 3» le Cordelier, osr le St-FrançoU de Buchanan, mit en vers français, Genève, 1567, in-4*; 4* Jephté, ou le Fofu, tragédie traduite du latin de Buchanan, en vers français, Paris, I\ob. Eslienne. 1566, in-4» ; réimprimé plusieurs foisdepuis;5* Us quatre livres de la Ténerie a"Opp\an, pot le grec, traduits en vers français, Paris, 1575, in-4»; 6° Faon PibraeiiTetrasticha.grac. et latin, versibus exprès ta, Paris, 1584, in-4»; 7* Epigrammata ex Anthol. graca selecta, et latinis versibus reddila ; Musai poematium de Leandri et Herût Amoribus, melris latinis expressum, Paris, 1608, in- H". 8' Histoire de notre temps. Il avait laissé en manuscrit beaucoup de notes précieuses, que sa petite-fille, madame de la Gucrchc, légua à l'abbé Canaye, dont elle était marraine, etc. ( Voy. Canayi. ) W— s.

CHRÉTIEN (Piehre), né à Poligny, en Franche-Comté, dans le 16* siècle, fut principal du collège de cette ville jusqu'en 1580; il donna alors sa démission, et entra au conseil de la ville. Il mourut en 1604. On a de lui un ouvrage intitulé : Lueanici Centones, ex Pharsalia libris desumpti, in quibvs furies bellorum apud Belgas gestorum reprmsentatur, Besançon, 1588, in-4«; Bruxelles, 1590, in-8°. Ce petit écrit est devenu rare ; c'est un tableau assez iidèle des troubles qui agitaient la Flandre ; mais l'auteur s'y montre trop partisan du gouvernement espagnol ; il peint des couleur» les plus noires le

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malheureux prince d'Orange, et ne rougit pas de prodiguer les éloges à Balthasar Girard, son assassin. (Voy. GiBAKD.) — Nicolas Chhétien, sieur des Croix, fut aussi un poète médiocre du même temps. Né à Argentan, en Normandie, il écrivit pour le théâtre, et lit représenter, en 1608, le Ravissement de Cèphale, pièce à machines, qu'il avait traduite de l'italien. Il donna ensuite successivement : Us Portugais infortunés, tragédie ; Amnon et Thamar, tragédie ; Albmn. ou la Vengeance, tragédie déjà publiée en M>05, sous te litre de RosémontU, et Us Amantes, ou la Grande Pastorelle. Toutes ces pièces sont en 5 actes, avec des intermèdes ou des chœurs. Elles furent imprimées i Rouen, de 1608 à 1613, et le recueil en est rare et recherché par les curieux qui veulent connaître la marche de Part dramatique en France. On a encore de lui Ut Royales Ombres (ta >crs), Rouen, 1611, in-8\ W— s.

CHRETIEN. Voyes Plessis (Toussaint nui.

CHRETIEN (Gilles-Louis), né a Versailles, en 1754, premier violoncelle à l'Opéra, nommé, au concours de 1783, musicien de la c hapelle roi et des concerts particuliers de la reine. Prive de sa place par la révolution, il sut trouver une ressource en faisant des portraits au physionotxaee, instrument qu'il avait d'abord imagine pour son amusement, et dont l'invention lui a été faussement contestée par Qucnedey. Il est auteur d'un livre intitulé : la Musique étudiée comme science naturelle, certaine, et comme art, ou Grammaire et Dictionnaire musical, Paris, 1811, in-8», avec un cahier de planches in-4*. La pratique cl la théorie de l'art musical sont traitées dans cet ouvrage, fruit de trente années de travail, d'une manière absolument neuve. L'auteur a su établir avec solidité des principes dont il a tire des conséquences heureuses. On trouve aussi dans cette sorte de grammaire beaucoup d'idées sur ta philosophie de I art, entre autres celle de la toUranct des sons, qui sera combattue par les physiciens, tuais dont une expérience continuelle justifie l'emploi pour le charme de l'oreille. L'ouvrage de Chrétien a mérité le suffrage de trois célèbres compositeurs, Gretry, Martini et Lesueur. Chrétien est mort le 4 mars 1811, au moment où il terminait la gravure des planches de son ouvrage, qu'il a faite luimême. Z.

CHRIST (JEAK-FnénÉaic), naquit à Cobourg, en avril 1700. Son père était conseiller du duché de Saxe, et directeur du collège de Cobourg. Il inspira de bonne heure a son lils le goût des lettres qu'il cultivait lui-même avec succès. Christ n'avait que treize ans quand il lit imprimer a Cobourg quelques morceaux de l'histoire d'Allemagne ; il publia successivement divers fragments de cet ouvrage, depuis 1714 jusqu'à 17 18, époque à laquelle il commença a se livrer à un nouteau genre d'études. Les auteurs de l'auliquile, qu'il avait trop négligés, devinrent sa lecture ia plus chère. Il se rendit à Iéna pour entendre les leçons des professeurs de l'université, et il y apprit le droit et la philosophie. Il revint à Cobourg, où ses nouvelles connaissances lui lirenl de I nouveaux amis. Le baron de Wolzogen, premier

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ministre du (Taché de Saxe, fut si charmé de sa conversation, qu'il voulut que ses enrants allassent aussi étudier à l'université de léna ; il en ronfla la conduite a Christ, qui obtint la permission de professer sans avoir besoin d'être mailre ès-arts. Le concours des auditeurs accourus pour l'entendre était si nombreux, que le nouveau prolesscuréta'.t souvent obligé, pour prévenir la trop grande afTIuencc, de commencer ses leçons dés cinq heures du matin. Il avait public, en 1724, Quetqve$ Esquisses de l'histoire de la peinture moderne, en allemand. Cet outrage fut suivi «le son Commenlatio deeonsensu arlium, Halle, 1726, in-4*. Il ne se passait point d'année que Christ ne mit au jour quelques dissertations critiques, philologiques ou historiques; il était infatigable au travail; il arrivait souvent qu'il publiait dans la même année trois et quatre ouvrages sur différents sujets. Cette grande application ne l'empêchait pas de sun ciller l'éducation des enfants du baron de Wolzogcn. Le comte de Dunau, chancelier du roi de Pologne, qui avait lu les ouvrages de Christ, voulut aussi lui eonlier l'éduraiion de son fils. Frédéric s'en chargea en 1729 ; mais avant de se rendre à Leipsick, où il devait conduire son nouvel élève, il reçut de l'université d'Iéna le titre de maître ès-aris. Il iut nommé, dans la même année, professeur d'histoire, et il remplit cette place pendant quatre ans, au Unit desquels il partit avec son élève pour visiter la Hollande, l'Angleterre,, la France et l'Italie. Il revint & Leiphick, où il fut nommé, en 1740, prolesseur de poésie. Il a publié un grand nombre de vers latins faits pendant et depuis ses voyages. Quoique doué par la nature d'une complexion vigoureuse, il l'usa en peu d'années par l'excès du travail, et il n'était flzé que «le 56 ans lorsqu'il mourut a Leipsick, le 3 août 1756. Christ a publié, en 1743, une Dissertation sur le raies murrhins des anciem, où il faisait preuve de \asies connaissances dans cette partie. On peut voir dans Meusel et dans Adelung la liste de ses nombreux ouvrages. Les plus importants sont : 1" Dictionnaire dei monogrammes. Cet ouvrage, écrit en allemand, parut a Leipsick, en 1747, in 8*. Il fut, trois ans après, traduit en rrançaîs et publié sous ce litre : Dictionnaire des monogrammes, chiffres, lettres initiales, togogriphes, rébus, etc., sous lesquels les plus célèbres peintres, graveurs et dessinateurs ont désigné leurs noms; traduit de l'allemand et augmenté de plusieurs suppléments par Sellius, Paris, 1750, in-8*. Des exemplaires de cette édition ont reçu de nouveaux titres portant 1751 ou 1762. Dans l'intention de donner une explication des chiffres dont les anciennes gravures sont marquées, Christ avait formé une ample collection de ces pièces, surtout de celles d'anciens maîtres allemands, et, pour acquérir quelque connaissance des pratiques de l'art, il s'était exercé à graver à l'eau-forte. On trouve dans quelques-uns de ses ouvrages des estampes gravées par lui ; elles sont toutes au-dessous du médiocre. On lui reproche d'avoir mis beaucoup «le contusion dans son Dictionnaire des monogrammes ; il se perd souvent en mauvais raisonnements |iour donner des explications qu'il ne parait pas

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comprendre lui-même. C'est, malgré tous ses défauts, le meilleur ouvrage que nous ayons sur cette matière. 2» Noctes academica, Halle, 1727-29, 4 part. in-8", avec une planche gravée par l'auteur luimême. C'est un recueil de dissertations sur plusieurs points de philologie, d'histoire, de droit romain et de littérature classique. 3* Origines ïAmgobardica >, Halle, 1728, in-4°. On y trouve le texte de Conrad de Lichtcnau et de quelques autres historiens dit moyen âge, d'après d'autres manuscrits. 4° De Aïe Machiavello libri 3, Leipsick, 1731, in-4* : c'est une apologie de Machiavel. Christ rédigea le texte latin et les préfaces des deux premières chiliades de la Daclyliolheca universalis, Leipsick, 1755 et 1756. ( Toy. Lipert.) Ses travaux philosophiques sont en grand nombre ; le plus considérable est un commentaire sur les dix premiers livres de Tite-Livc ; on le trouve dans l'édition de cet historien donnée à Amsterdam, en (741, |*ar Drakcnbnrch, in-4"; Christ a aussi publié quelques dissertations sur les Fables de Phèdre, et ne pouvait se résoudre à en reconnaître l'authenticité : Auclarium jabularum quorum dam Phœdri, nec Phœdri, 1747, in-8*; Fabularum veterum jEsopiaium libri duo, e quibus pleraque... passim reperisse eum, qui Phadri sub nomine fertur, versimile est, 1748, in-4«. A— s.

CHRISTIAN 1er, roi de Danemark, (Ils de Thierry le Fortuné {Diderik den Lykkelige), comte d'Oldenbourg, et île sa seconde femme Hcdwigc ou Helvig, iirur d'Adolphe VIII, due de Scheleswig et comte de llolstein, naquit en 1425, suivant la plupart des historiens, et en 1426 si l'on s'en rapporte à Sriildgcl (I]. A la mort de Christophe de Bavière, décédé sans postérité, a Elsencur. le 6 janvier 14 '8, les trois royaumes du Nord, alors réunis, durent, d'après la convention de Calmar, élire en commun mi nouveau souverain. Mais les partis qui divisaient chacun de ces royaum s s'occupaient plus de leurs intérêts privés que des moyens de consolider l'union ; aussi, lorsque le conseil royal de Danemark, en informant de la mort de Christophe les députés de la noblesse et du clergé de Suède, réunis à celte époque à Jonkoping, leur eut proposé de choisir Halmstaedt pour le lieu où les députés des trois royaumes devraient s'assembler pour faire le clioix du successeur du dernier roi, le conseil du royaume de Suède déclara que, sans de nouveaux pouvoirs des états, il ne se croyait autorisé à rien faire dans une circonstance si grave. Les états de Suéde s'assemblèrent cependant à Stockholm dans le mois de mai 1448, et le 20 juin suivant, sans se préoccuper de ce que feraient les Danois et les Norvégiens, ils élurent Charles Knutson. Celui-ci, Suédois de naissance, et l'un des plus grands seigneurs du royaume, dont il avait été maréchal, avait déjà disputé la couronne de Suède a Christophe de Bavière, et n'y avait renoncé en sa faveur qu'après de longues négociai ions, et lorsqu'on lui eut assuré la Finlande en fief et les lies d'Oland à titre de garantie pour des avances qu'il avait faites, avec

(t) Uulctre des rets de Danemark de la maison d'Oldenbourg

plusieurs autres avantages. Le conseil du royaume de Danemark se réunit de son rùlé pour délibérer sur la haute question qui préoccupait tous les esprits. Une partie des conseillers se prononcèrent en * faveur du jeune Knut ou Canut Gyldenstjerne, dont le père, l'oncle et un cousin étaient membres du conseil, et qui comptait des parents et des alliés parmi les magnats de Suède. La jeune reine douairière Dorothée , qui exerçait beaucoup d'influence sur les grands seigneurs danois, ne le voyait pas d'ailleurs d'un ceil indifférent. Néanmoins, la majorité rejeta les prétentions de Gyldcnstjcrne, et proposa la couronne à Adolphe VIII, duc de Schleswig et comte de Holstein, qui descendait par les femmes du roi Erick ( Slipping ). Dépourvu d'ambition et aimant par-dessus tout sa tranquillité, ce prince refusa le dangereux lionneur qu'on lui offrait. Un autre motif qui le porta à ne pas accepter le trône, c'est que, bien qu'il ne fût alors Agé que de quarante-sept ans, il n'avait pas eu d'enfants de sa première femme, et qu'il n'en espérait pas de sa seconde, à laquelle il était uni depuis plus de quinze ans. Ne voulant pas se rendre aux désirs des Danois, il leur proposa de nommer à sa place Christian, comte d'Oldenbourg, son neveu chéri, qu'il avait lui-même élevé et qui devait être son héritier (1). Apres de longues négociations avec ce prince, et lorsqu'il eut souscrit le pacte qui lui fut présenté par les grands et les érêques, qui limitait singulièrement son autorité à leur prolit, et dans lequel il s'engageait à ne jamais unir le duché de Schleswig à la couronne, et qu'il se fut obligé, en outre, à épouser la reine douairière (2), il se rendit à Lund, où il fut proclamé roi de Danemark, le 28 septembre 1448. Il ne fut couronné a Copenhague avec la reine douairière qu'un an plus tard, le 28 octobre 1449. Quant aux états de Norvège, plusieurs de ses membres voulaient rester fidèles au roi détrôné, Erick de l'oméranic, retiré dans l'Ile de Gothland, où il faisait le méiicr de pirate ; d'autres présentaient un Norvé- Kien nommé Sigurd-Jonson, descendant des anciens rois. Mais le parti le plus nombreux, à la tète duquel était l'archevêque Aslak-Dolt, persuadé qu'il était plus avantageux pour leur pays, aussi bien que pour leurs intérêts particuliers, de rester unis à la Suède en ayant un roi commun, tirent nommer Charles Knutson-Bonde, déjà élu par ce dernier royaume II fut, en conséquence, couronné à Drontheim, le 23 novembre 1449, après avoir souscrit un pacte (haandfteslning), par lequel il garantissait de la manière la plus formelle les lois, les libertés et les droits des Norvégien». Suivant l'historien danois

(I) Adolphe VÏÏI, deveno seul doc on prince de Srblrsulg ci comte de Hotstein aprè* la mort de ses deux frères Henri et Ce- Tturd ( M27 et 4IS3). était lie en («M. Il avait ete marie deux fou. ta première fois avec Mechliid ou Mathilde, priiccase d'Anlutt, et la «ronde aiec Dorothée, soenr du comte di* Nan»fcid, suivant Cebhardi et Christian!, et wur du comte de lluhenMcin, suivant Hviifrtd et d'autres historiens. 11 ne laissa d'enfant ni de l'ane ni de I Juin- de *es épouse».

(S) Les historiens prétendent même que cet rncageinrnl ne suffit P* et que le dne Adolphe VIII fut oblige de se rendre camion de

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Dadcn, le Laxtlnng de Norvège avait remis, antérieurement au mois de mars de la même année, aux envoyés de Christian, une lettre d'hommage \hyldingbrev), daus laquelle on lui disait qu'en sa qualité de proche parent de la reine Marguerite, et, do plus, proche héritier du trône de Norvège (1), il serait élu roi aussitôt qu'il aurait contracté un pacte semblable a celui que Charles avait souscrit, et qu'au mois de juillet suivant, il transmit le pacte qu'où lui avait demandé, de la teneur duquel il résulte que la Norvège était un royaume tout aussi indépendant que le Danemark et la Suéde. Le premier acte de Charles Knutson, après son élection par la Suéde, mais avant sa nomination par Ut Norvège, avait été une expédition contre l'Ile de Gothland, qu'il considérait comme une dépendance du premier de ces royaumes, et que le vieux roi Erick occupait depuis longtemps. Celui-ci, se voyant pressé, livra le château de Wisby aux Danois, qui, sous les ordres de Christian en personne, parvinrent a classer les Suédois et à conquérir une partie de l'Ile. Une trêve fut conclue à Wisby, le 31 juillet 1449, dans laquelle il fut arrêté qu'une conférence serait ouverte à llalmstaedt, le 4" mai de l'année suivante, pour décidera qui appartiendrait délinitivcment l'île de Gothland, et pour prononcer en même temps sur tous les différends existants entre les deux rois. Cette conférence se tint, en effet, à l'époque indiquée, et les députés de Christian 1er et de Charles Knut* son y conclurent un traité portant un substance que, lorsque le trône da Danemark ou celui de Suéde viendrait à vaquer, celui des deux rois qui survivrait à l'autre lui succéderait, et que, pour le moment, le roi Charles faisait l'abandon au roi Christian de tous ses droits au royaume de Norvège, etc. Ce fut vainement que Chartes désavoua la concession faite par ses députés et qu'il en appela au pape. Christian I", s'appuyantsur le traité d'Ilalmstacdt, et secondé par les partisans qu'il avait en Norvège, passa dans ce royaume, parvint a son tour à faire annuler l'élection de son rival, et se fil couronner solennellement à Droutheim, le 29 juillet 1450. Les deux monarques, après quelques invasions sans résultat de part et d'autre, signèrent, en 1433, une trêve qui fut prolongée diverses fois, mais qui ne produisit d'autre fruit que quelques suspensions d'armes assez mal observées. La saisie du domaine que les élats de Suède avaient accordé à la veuve du roi Christophe de Bavière, devenue épouse de Christian 1", et qui comprenait deux provinces entières de Suède, la Néricie et le Vermeland , ayant été dénoncée au pape Calixte, celui-ci lança une bulle fulminante qui ordonnait la restitution de ce domaine, sous les peines les plus graves. Christian 1", se voyant appuyé pâr le souverain pontife, répandit sa bulle dans toute la Suéde, envahit ce royaume en 1456, en même temps qu'une armée danoise faisait une des-

(II On ne volt pas trop dws crue lettre, dit Maltot, comment Christian 1er riait proche parent de Marguerite, mais elle rijWil qne re prince descendait par le* femmes de Haqnin, rot de ftof- >fge.

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cente en Finlande. L'année suivante, Jean Bcnglsnn de Salestadt, archevêque d'Upsal, et allié secret de Christian, se mettant ù la téle de ses vassaux, pilie le domaine de Charles, met en déroule sa petite armée, et, après l'avoir assiégé dans Stockholm , le force à prendre la fuite et à se réfugier a Dantzick. Apres s'être concerté avec Bcngtson, Christian s'avance avec une flotte considérable ; la capitale de la Suède lui ouvre ses portes, et, les 24 et 29 juin 1457, il est élu et couronne à TJpsal. L'union des trois royaumes étant alors rétablie, Christian, pour serrer étroitement ces liens qu'il avait si heureusement renoues, chercha à s'attacher de plus en plus le clergé de Suède, zélé partisan de cette union, autant qu'ennemi du roi fugitif. Il confirma ses privilèges et ses immunités, lit des libéralités à plusieurs églises, et combla de laveurs l'archevêque Bengtson. Pour lui montrer tout son dévouement, te sénat de Suède rendit, en 1458, contre Charles une sentence qui le condamnait à perdre tous ses biens, et les adjugeait au nouveau roi et à la couronne ; et, la même année, ce corps puissant déclara le prince Jean, fils de Christian, son successeur au trône. Le 4 décembre 4451», Adolphe, duc de Schleswig et comte de Holstein, étant mort sans |>ostérité, Christian réclama sa succession comme son plus proche héritier, et malgré les protestations du comlc Othon de Schauembourg, dont la famille s'éteignit en 1640, et dont il acheta la renonciation au Holstein en lui payant 430,000 gyhicn du l\hin (1), les états, réunis a Rypen en Jutland, l'élurent solennellement au mois de mars 1400. il souscrivit préalablement aux conditions que les états lui imposèrent sous le nom de privilèges qu'ils se réservaient (2). Peu de temps après, Christian confirma ces privilèges, et y eu ajouta même de nouveaux. Il avait, auparavant, désintéressé, moyennant 40,000 gylden du Rhin, Gerhard et Maurice, comtes d'Oldenbourg, ses frères, pour la succession du duc Adolphe, et leur avait abandonné les comtés d'Oldenbourg et de Delmenliorst, leur patrimoine commun. Christian I" somma ensuite Hambourg île lui rendre l'hommage que ses habitants lui devaient en sa qualité de comte de Holstein, et, en 1461, il fit son entrée dans celte ville, où il reçut l'hommage des sénateurs et de la bourgeoisie, et confirma leurs privilèges, en les assurant de tout l'appui et de toute la protection qu'un bon prince doit à tes peuples, dit Hvilfeld. Après quelques années de règne en Suède, Christian ayant multiplié les impôts et forcé tous ceux qui avaient de l'argent à lui prêter de fortes sommes qu'il ne leur rendit pas , s'attira la haine du peuple. Les

(1) Le* historien* danois eni-memes reconnaissent qoe, d'après te i'.t- m pnblie d'Altemnçne, le comte de Schaoembunrs devait hériter da Holsieln comme le plot proche tftni, tandis que ce n'était que comme cognât que Christian se présentait.

(2) L'un des articles des privilèges qoe Christian- «inscrivit et Jnr a d'observer iertnt tout ttt mmit, avant d'être clo, porte ■ qu'il < reconnaît qu'il a été élu doc dcSrhleswit; et comte de Holsirtn. « non comme roi de Danemark, mais par on effet de la bonne voc lonté des étals; qoo *es entants ne lui sacrédcronl qa'm vcr:n «d'ane pareille éjection, et qoe ces étals jooiront a pr-fprtuite dn « droit dVlire leur prince. »

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cruautés de l'archevêque d'Upsal augmentèrent tellement l'irritation, que Christian crut devoir se rendre à Stockholm. Mais, loin de prendre les mesures nécessaires pour calmer les esprits, il ordonna de nouveaux impôts que l'archevêque fut chargé do lever, et il partit lui-même pour une expédition contre les Russes, en Finlande. Pendant son absence, les paysans, qu'on voulait contraindre de payer las nouvelles impositions qu'un légat du pape avait reçu ordre de lever dans le Nord pour soutenir la guerre contre les Turcs, ayant refusé de les payer et s'élant révoltés, l'archevêque promit de les faire abolir. A son retour, Christian, persuadé que ce prélat avait lui-même fomenté les troubles, le fit arrêter, cl écrivit au pape pour justifier sa détention. Voulant ensuite prévenir l'effet des foudres de l'Église déjà lancées contre lui par le pape Pie II, il forma à Stockholm une congrégation des chanoines d'Upsal, de Strcngn<rs et de Vesteras, les plus versés dans le droit canonique, et leur soumit les principaux chefs d'accusation contre l'archevêque. Mais ces docteurs n'ayant point voulu se prononcer et répondre aux questions qui leur avaient été soumises, Christian s'embarqua avec son prisonnier, et l'emmena à Copenhague, maluré les vives sollicitations de Ketlil- Carlsnn (Vasa), évêque de Linkoping.'et neveu de l'archevêque, qui avait offert vingt-quatre répondants pour qu'on ne privât pas son oncle de la liberté. A peine le roi était-il parti, que l'ëvêque de Linkoping, irrité de ses refus, ne garda plus de mesures ; il excita un soulèvement contre Christian, le lit déclarer déchu de ses droits, et se fit proclamer lui-même régenl à Vesteras, au commencement de 1464. Pour arrêter les progrés de la révolte, Christian, après avoir vainement combattu son ennemi par des manifestes, se hata de passer en Suéde avec une flotte. Il accourut, au milieu des rigueurs de l'hiver, à la défense de Stockholm, assiégée par les paysans suédois ; les força a lever le siège, el battit ensuite Kettil. Mais les Dalécarlicns, par une ruse ordinaire à la guerre, l'attirèrent dans une forêt épaisse, prés de l'église de Haraker, dans le Vcstmanland, el, ayant enveloppé ses troupes, les défi- • rent complètement. Forcé de retourner a Stockholm avec les débris de son armée, le prélat, encouragé par sa victoire, le poursuivit et fit le siège de la capitale. 11 durait déjà depuis plusieurs mois, et la flotte danoise, cependant maîtresse du lac Melar, n'avait pu parvenir à le faire lever, lorsque Chris^ tian, craignant l'approche de la mauvaise saison, prit le parti de retourner par nier en Danemark! Stockholm se rendit alors à Charles Knutson, que les insurgés avaient rappelé, et qui s'était empressé d'accourir avec un grand nombre de vaisseaux et de gens de guerre. Christian reconnut alors la faute qu'il avait faite de s'aliéner l'archevêque d'Upsal ; il se réconcilia avec son prisonnier, et l'envoya en Suéde avec de pleins pouvoirs pour traiter en son nom. Il ne tarda pas à éprouver les bons effets de celle conduite habile: l'archevêque, par ses intrigues, eut bientôt réuni ses partisans contre Charles, qui fut obligé de renoncer à la couronne, moins de six

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moi» api-Os le retour de son ennemi (1465). La Suède devint alors la proie de la tyrannie des ecclésiastiques, particulièrement de l'archevêque Bengtson, maître de li citadelle de Stockholm, et par conséquent de la clef du royaume. H se lit nommer régent après que son neveu Kettil en eut exercé les fonctions ; et il ne put empêcher lui-même qu'en 1466, le puissant Erik Axelson (Tott) n'obtint ensuite le même titre Alarmé des enlrcprises de ce dernier, Bcngtson se tourna de nouveau du côté du roi de Danemark; mais vainement parvint-il à faire déclarer par les états de Suède , réunis en conférence avec des plénipotentiaires danois, que l'ancienne et précieuse union qui avait si longtemps subsisté entre les trois royaumes du Nord serait et demeurerait inviolable à perpétuité. Ivar Axelson, de la famille de Tott, paient de celui qui avait été administrateur, se brouilla avec Christian, et, ayant épousé une fille de Charles, passa dans son parti et combattit les Danois. L'évéque Kettil ayant cessé de vivre dans l'intervalle, et Bengtson ayant été forcé de livrer à son rival te château de Stockholm, Charles fut rappelé pour la troisième fuis, le 13 novembre 1467. Son ennemi implacable, l'archevêque Bengtson étant mort peu de temps après danB l'exil, il obtint des avantages signalés sur Christian et avec l'aide de Nicls et de Sien Slurc, ses neveux, dont le nom commença à briller dans la Dalécarlie, il resta maître paisible de la Suède, et termina ses jours le 15 mai 1470, en laissant le gouvernement àStenslure, auquel il conseilla de ne jamais ceindre la couronne. Le parti de Christian prétendit que le trône n'était pas vacant, et ce prince, après avoir écrit aux états pour leur rappeler ce qu'il nommait ses droits, parut, en 1471 , devant Stockholm avec une flotte de soixante-dix vaisseaux, et essaya de faire accepter des propositions de paix. Sten Sturc, qui venait d'être proclamé régent, feignit d'abord de vouloir se réconcilier avec lui; mais bientôt ayant réuni un corps de troupes, il s'avança au secours de la capitale assiégée par Christian, lui livra bataille près du Brenskeberg, monticule sablonneux qui à cette époque se trouvait ltors de la ville, et le délit complètement le 1 1 octobre 1471. Christian, blessé dans le combat, ne gagna ses vaisseaux qu'avec peine, et quitta la Suéde pour n'y jamais rentrer. Profitant d'un instant de calme en 1453, ce prince entreprit de remédiera la dissipation qui s'était faite sous les règnes précédente des biens de la couronne; cette mesure, dont on ne saurait contester la justice et l'utilité, lui aliéna beaucoup de grands, dont la défection lui causa plus tard de longs et de fréquents embarras. Une autre mesure qui blessa les Norvégiens et le brouilla avec le sainl-siége, ce fut le choix qu'il fit la même année, sans égard à l'élection régulière du chapitre de Dronthcim (Nidaros) et sans en informer le pape, de Marcel ou Marcellus, évéque de Skalhnlt (1), et son chancelier pour l'archevêché de cette ville, dc-

(1) In u.s'nrlriu nonrgtens (util rrir.arqaer qne Marcelin*, quo i\tie |mvta precrdemniei.i «le |> >cche de SftJtMl en Islande , ne nu jamais la puiU dans «on dioct*.

CIIR

venu vacant par la mort de Aslak Boit dont il a déjà été question. En 1456, il conclut avec Charles VII le premier traité qui ait existé entre la France et le Danemark (1). Christian promet de fournir au roi de France un secoure de quarante ou cinquante vaisseaux portant 6 ou 7,()00 hommes de troupes qui seront payées et entretenues aux dépens de ce dernier; et si, arec ce secourt, ajoutc-t-on, il se peut effretuer quelque chose en Angleterre, ce serapour l'avantage des deux rois. De son côté, Charles VII promet de secourir le roi de Danemark contre les Suédois et les villes hanscatiqtics. Quoique ce traité n'ait peut-être jamais été ponctuellement exécuté, le roi de France se rendit néanmoins utile a Christian, en accommodant ses différends avec le roi d'Ecosse au sujet de la possession des Iles Orcades cl des Shetland. Ce fut a cette occasion et sur la proposition de Charles VII que Jacques III, roi d'Ecosse, épousa, en 1468, la princesse Marguerite, lille de Christian. L'une des causes qui déterminèrent ce prince à renoncer définitivement à toute intervention dans les araires de la Suède peut être attribuée à ses démêlés avec son frère Gerhard, auquel il s'était engagé de payer 40,000 florins en dédommagement de la portion à laquelle il avait d. > prétentions dans la succession de leur oncle Adolphe, duc de Schlesvig-Holstein. Toujours nécessiteux, Christian, ne pouvant remplir son en gagement, donna à son frère l'investiture du Schleswig et du Holstein, dont il lui céda pendant quatre ans les revenus en déduction de la somme qu'il lui devait encore. Mais la conduite tyrannique de Gerhard ne tarda pas à exciter des troubles, et comme il refusait de céder aux exhortations de son frère, celuici fut obligé d'entrer avec des troupes dans le Schleswig, et ce ne fut qu'à grand'peine qu'en 1475 il força son frère à renoncer à ses prétentions et à prendre la fuite (2). Unième année Christian, voulant se faire relever du vœu inconsidéré qu'il avait .fait, on ne sait dans quelle occasion, de faire un pèlerinage à la terre sainte , se rendit à Rome en habit de pèlerin, avec une suite de cent cinquante cavaliers, parmi lesquels figuraient plusieurs prélats, trois docteurs et deux hérauts, outre un certain nombre de grands seigneurs allemands. Dans tous les |vays qu'il traversa, il fut accueilli avec la plus grande distinction. Sixte IV, alors souverain pontife, envoya au devant de lui deux cardinaux, le

(!) Les Orejdes, les Shetland et les Hébrides, peuples par l« Korvi gicut vers ta lin du V siècle, dénudaient df|Wis loiigicnni des mis de Norvège, lorsquïn 1266 Magnu*. nls de Haqiim. souverain Je re rojaume. re<la a perpétuité, moyennant une redevance, les Hébrides oh ll<budc* a Alexandre III, roi d Êeosne, en se rcicr vani les Orcades ei les Shetland. En manant sa Dite Marguerite, a Jacques III. Christian donna en hypothèque a ton fendre, aa grand inerontentemeni des Norvégiens, le* lie* Orcades et les Minland, dans b possession desquelles l'Ecosse a ooDtinne de te>ler.

(3) Gerhard alla chercher de nouées arenlnres an service d» fameux duc de Bourrue, Charles le Téméraire; il porta rasai* le* armes avec honneur dans les goerres de l'Angleterre contre la Franre. ei, las enlin du monde et de lui-même, Il eum-prit d'aller c« i-clc. lna5c * St-Jarqucs-de-ComposU'lle, ou il mourut.

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reçut avec beaucoup d'apparat, et après avoir accepté les présents de ce souverain, qui consistaient en harengs, morues et en peaux d'ticnnine, il lui lit des dons maguiliques. 11 le défraya en outre pendant tout le teii)|* qu'il passa dans ses Etats, le dispensa du pèlerinage a la terre sainte moyennant une aumône considérable à un hôpital de Home, et lui accorda la iwrmisMon d'établir une université en Danemark. A peine de retour à Co- INnliague, l'Empereur, qui l'avait déjà consulté sur .ses araires pendant son premier voyage, le pria de revenir pour être arbitre entre l'arclievéque et l'évéque de Cologne, dont le démêlé allait exciter une guerre entre l'Empire et le puissant duc de Bourgogne, Charles le Hardi. 11 entreprit ce nouveau voyage; mais après s'êtte donné tous les soins imaginables, après avoir expose sa personne et employé beaucoup de temps et d'argent, il revint dans ses Etals avec la douleur de n'avoir pu réussir. Ce fut pendant ce second voyage qu'il obtint de l'Empereur le pays occupé par les Dilhmarses, et sa réunion sous le titre de duché aux contrées limitrophes du Holstein et de la Stormarie qu'il |iossédait déjà. Ces peuples fiers et jaloux de leur liberté accueillirent avec mépris le diplôme de l'Empereur qui les cédait sans avoir aucun droit sur eus, et ne tinrent pas plus de cas de la sommation que Christian leur lit de lui rendre hommage. Ce fut en 1478 que le roi de Danemark fit dresser les statuts de sa nouvelle université; pour lut donner du lustre, il l'exempta de toute autre juridiction , lui permit d'avoir la sienne propre, et lui accorda d'autres privilèges; mais il ne put la doter comme elle devait l'être sous le règne de Christian III. Son inauguration se lit en sa présence avec beaucoup de pompe, le r'juin 1479. Ce tut la mémo année que le prince Jean, son fils aîné, déclaré successeur au trône, peu après sa naissance, Tut élu et proclamé pour la seconde Tois, à l'occasion de son mariage avec Chrisline, fille aînée d'Iirnest, duc de* Saxe. Les dernières années de la vie de Christian n'offrent aucun événement remarquable; la mort vint le surprendre le 22 niai 1481 ; il était à cette époque âgé de 55 ans et en avait régné 53. Ce prince était, au «lire des chroniqueurs, d'une taille élevée et bien prise et d'une constitution robuste. Les historiens danois en font les plus grands éloges. Ils le représentent comme nu roi pieux, doux, généreux, humain, qui soutint avec fermeté les droits du trône contre la noblesse, supprima plusieurs usages féodaux et encouragea l'agriculture et le commerce, mais que le défaut d'argent et les grands embarras de finances foreérenl de ralentir toutes ses opérations militaires. Ils le peignent enlin comme un roi digne à beaucoup d'égards de servir de modèle. Les historiens suédois et norvégiens en parlent différemment : suivant eux Christian a partagé en Suède la haine qu'on y portait à l'union ; il a fait beaucoup de mal et peu de bien à la Scandinavie, et a trop sacrifié aux intérêts de sa propre maison et des nobles danois. Le peuple de Norvège a eu sous son règne beaucoup à souffrir des juges et employés danois, et a été appauvri par l'en-

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voi en Danemark des revenus publics du premier de ces royaumes, resté par inc urie exposé aux fréquentes incursious des Busse». On lui attribue l'institution de l'ordre royal de l'Éléphant, quoique aucun auteur contemporain ne dise expressément que les cAatnei de chevaliers, qu'il commença à distribuer en 1457, lorsqu'il monta sur le trône de Suède, aient été ornées d'éléphants, ni qu'on donnât à l'ordre ou confrérie qu'il fonda le nom de i'Eléphanl. 11 avait eu de son mariage avec Dorothée de Brandebourg, veuve de son prédécess< ur, quatre lils, doul les deux aines, Olaus et Canut, moururent en bas âge ; le troisième, nommé Jean, lui succéda dans les trois royaumes, et le quatrième, appelé Frédéric, fut duc de Schleswig et de Holstein, et ensuite roi de Danemark et de Norvège ; il laissa aussi une fille nommée Marguerite, qui épousa Jacques III, roi d'Ecosse. D — z— s.

CHRISTIAN II, roi de Danemark, lils du roi Jean et de Christine, fille d'Ernest, électeur de Saxe, naquit a Mborg, le 2 juillet 1480 (1), quelques mois avant la mort de son aïeul Christian l'r. Sa naissance fut, dit-on, accompagnée de prodiges sinistres; mais l'éducation bizarre et négligée qu'il reçut, et les liaisons qu'on lui laissa former des sa tendre jeunesse avec des enfants des conditions les plus basses, durent faire présager bien plus sûrement encore qu'il occu|>crait mal le rang auquel il était destiné (2). Parvenu a l'adolescence, son naturel fougueux lui lit chercher à surpasser ses compagnons dans leurs excès. Le bruit de ses dérèglements parvint enfin au roi Jean, son père, qui le châtia sévèrement, mais sans succès. Il n'était igé que de sept ans, lorsque son pèi-c le lit désigne! par les états de Danemark assemblés a Luud, pour lui succéder après sa mort ; et il en avait dix-sept quand les états de Suède le reconnurent pour son successeur au trône de ce royaume. Espéraut détourner les mauvais penchants que montrait le jeune prince, en l'occupant d'affaires im|K>rlantes et sérieuses, le roi Jean lui conlia, en 4501, le gouvernement de la Norvège, où il l'cnvoyu à la téle d'une armée et d'une Hotte, avec le titre de statholder, |wur réprimer quelques mouvements séditieux. Christian attaqua les rebelles près d'OpsIo (3) et les défit; mais sa barbarie envers la noblesse norvégienne, dont il détruisit la plus grande partie sur de vagues soupçons, et le traitement cruel et peu mérité qu'il lit éprouver à l'évéquc de Hammer, que son père avait placé auprès de lui en qualité de ministre et de gouverneur (4), firent prévoir ce qu'il sciait un jour

(I) Noos axons suivi l'historien Catien, qui jooilcn Da ne mai h d'uni- réputation mériter. D'auttes historien» le (ont lulire à CopeutUfae, If 2 juillet U8I.

13} Il lui mis en pension d'abord cbei nn relieur, ensuite cher un cluuoiiie de Copenhague qui rllH en même temps son précepteur, el le menait châtrer au rbwur avec !ui et d'autres jeunes gens des plus basses conditions q l it avait aossi en pen-mn. Ce ne fui que plus tard qu'on lui donua nn précepteur sous lequel il s'appliqua avec beaucoup de surees au latin

(5) C'est prés de l'emplacement occupé par «aie ville presque entièrement consumée par an incendie en I6J4 qne Christiania a été bit.e. D-i— i.

i*) Ce ytiht fui enfermé dans un cachai ou on le lraiu, par

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