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s'il montait sur le trône. Ce fut pendant le séjour qu'il lit à Bergen, en 1507, qu'il conçut une passion violente pour Dyveke, jeune Hollandaise, dont la mère, nommée Sigbrit ou Sigebrite. tenait une hôtellerie. Dyveke devint la maîtresse de Christian, qui laissa prendre a cette fille, et surtout à sa mire, un empire absolu sur son esprit. Il gouverna la Norvège avec un pouvoir absolu, jusqu'en 1510, que son père, dont la santé était chancelante, l'appela auprès de lui. Christian prit une grande jart aux affoiresdu royaume jusqu'à la mort du roi Jean, arrivée i Aalborg, le 20 février 1515. La conduite régulière ipi'il avait tenue pendant les dernières années de la vie de son père ayant un peu calmé les craintes qu'il avait longtemps inspirées à la noblesse et au clergé (1 ), Christian fut élu sans difliculté roi de Danemark et de Norvège, dans une assemblée tenue à Copenhague par les députés de ces deux pays, après toutrlois qu'il eut souscrit, le 22 juillet 1515, l'engagement de conserver tous leurs privilèges (2). Il lit la même année quelques concessions aux étals de Sehlesviget de Uolstein, ainsi qu'à son oncle Frédéric, et, pour affermir entièrement la tranquillité de ses possessions, il accorda aux Suédois le* délais qu'ils demandaient avant de le reconnaître. L'année suivante (1514), il fut couronné solennellement à Copenhague, et la même cérémonie eut lieu à Opslo, à cette éjioquc capitale de la Norvège. Pour pouvoir pousser plus tard avec vigueur et succès la guerre avec la Suède, dont il prévoyait l'imminence, il évita de prendre part aux guerres éloignées dans lesquelles on voulait l'entraîner, et chercha à s'appuyer d'une alliance étroite avec la plus puissante maison qu'il y eût alors en Europe, en épousant, en 1515, Isabelle de Caslïlle, sœur de Charles- Quint (5). 11 adressa ensuite de sérieuses remontrances ù Henri VIII sur les pirateries des Anglais, renouvela les traités avec le grand-duc de Moscovie, et s'occupa à tirer le commerce de la dépendance des villes hanséaliques. Cette conduite lit concevoir des espérances à ceux mêmes que le caractère emporté de Christian avait alarmés ; mais bientôt la mort de Dyveke, arrivée en 1517, occasionna des scènes atroces. On accusa les parents de Torbcrn Ose, gouverneur du château de Copenhague, de l'avoir empoisonnée. Oxe eut l'imprudence d'avouer
ardre 4e Christian, d'une manière si rigoureuse qu'il cipira bientôt regretté de tuas le» Norvégiens et do mi Jean lui-méiue
(I) Il paraîtrait n eanraoin* que le sénat de Danemark ne se décida adonner son suffrage a Christian qne sur le refus du prince Frédéric, son oncle, dnc de Schlowig-llolsiein, auquel il avait J'atmtd uffert la couronne. D — I— s.
(Sj Ihîifrld rapporte seulement deux articles de celle capitulation, que Itadi-u donne en entier en soixante-treize articles dans son Hitlaire Je ltanem«rk. Elle cunltrine de la manière la plis expresse b* droit qu'avait la nation d'élire les rois, et elle contient de pins la prumesse faite par Christian de ne pas solliciter le sénat on les états de designer son fils ou toute antre personne pour lui succéder après sa mort.
(S) Ce fut pour satisfaire aux désirs de celte princesse que Christian fit venir des Pays-Bas vingt-quatre familles qn'il établit dans l'Ile d'Ainag, près de Copenhague, pour y cultiwT des légumes qu'on ne connaissait pas en Daiiemaik, et y faire du Uurre a la manière hoJUudjwe. Les descendants de ces colons conservent envoie le costume cl les manières de lenrs ancêtres. D-i-s.
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au roi qu'il avait été l'amant de cette femme. Christian, qui l'en avait soupçonné, le fit décapiter. D'autres exécutions répandirent l'effroi dans tout le royaume; des potences furent dressées dans les principales villes; ce fut surtout contre la noblesse que se dirigea» la fureur de Christian, et il n'eut pour instruments de sa tyrannie que des gens d'origine et de mœurs abjectes. Sigebrite, dont on connaissait l'influence sur son esprit, était particulièrement l'objet de la haine publique; cependant les grands s'abaissaient devant elle. L'année 1516 avait été marquée par l'arrivée d'un légat du pape Léon X, dans le Nord (I), pour y vendre des indulgences. Christian lui accorda l'autorisation nécessaire, espérant qu'il le servirait en Suède, dont il ambitionnait la couronne. Les Suédois étaient divisés en plusieurs partis. Gustave '1 rolle, nouvellemeut élu archevêque d'L'psal, ennemi juré de Stenon Sture, administrateur «tu royaume, quoique ce fût à lut qu'il dût sou élection, s'était ligué secrètement avec Christian; mais les états s'engagèrent à défendre Sture, déposèrent Trolle, tirent raser son château, et l'obligèrent à renoncer à son titre d'archevêque. Le nonce du pape, arrivé en Suède dans ces circonsiances, se laissa gagner par Sture, lui révéla tous les projets de Christian, et écrivit au pape pour justifier les Suédois et accuser Trolle. Enlin Christian se rendit lui-même, en 1518, devant Stockholm. Sture l'ayant repoussé, il eut recours à l'artifice, et proposa une entrevue à l'administrateur dans Stockholm, en demandant six otages choisis dans les premières familles. Ces otages, parmi lesquels se trouvait Gustave Wasa, étant arrivés sur la Hutte danoise, le perfide monarque les traita en prisonniers, et partit pour le Danemark. En 1520, au milieu de l'hiver, Christian revint en Suède à la tête d'une armée, dans laquelle on comptait 2,000 soldats français que lui avait envoyés François 1", e*. qui étaient commandés par Gaston de Brezé, seigneur de Fouquarmont. Les Suédois furent défaits prés de Bogesund, le 19 janvier; Sture fut blessé mortellement. Les Danois profitèrent de leur succé>. 'l'iulle présida, avec toutes les marques de sa dignité, aux états convoqués à L'psal, et proposa de reconnaître Christian ; un parti tenait eucore pour l'indépendance, mais celui qui voulait l'union l'emporta ; on se soumit à la nécessité. On proclama une amnistie générale dont la majeure partie des Suédois s'empressa de profiter. Mais la capitale ou s'était retirée Christine Gyllenstierna, veuve de Sture, animée par ses exhortations, opposait toujours une vive résistance. Dès que la mer fut libre, Christian vint lui-même avec sa floue, et jeta l'ancre près de Stockholm. Presque tout le clergé, une partie de la noblesse, allèrent lui rendre leurs hommages. la capitale ne se rendait pas encore. Christian voyait avec peine l'été s'écouler ; les provisions s'épuisaient, son armée murmurait ; il prit le parti d'envoyer des émissaires suédois aux habitants de Stockholm. Ses promesses cl la disette opérèrent ce que n'avait pu
(I) Il r*M*Î3U Ange ArtrminML
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la force de» armes; on consentit à le recevoir. 11 promit de conserver à la Suéde ses libertés, de donner à la veuve de l'administrai* ur un éiahlissement en Finlande, et de mcltrc le passé en oubli. Il lit son entrée dans Stockholm, le 7 septembre, renvoya son couronnement au 2 novembre, convoqua pour celte époque l'asscinlVéc des états, et parlit pour Copcnliague. De retour à Stockholm dés la lin d'octobre, il exigea que lesévèques et lessénaleurs le proclamassent roi de Suéde héréditaire, et se fit couronner deux jours après par Trolle. Il ne créa chevaliers que des étrangers, et, à cette occasion, déclara qu'il ne conférerait cet honneur à aucun Suédois, jaice qu'il ne devait la Suéde qu'à ses armes, et non à leur bonne volonté. Malgré la consternalhn générale, il ordonna des fêles, durant lesquelles il sut gagner la multitude. 11 songeait à raffermir en Suède l'autorité royale qui y avait toujours été chancelante. Ses atroces conseillers se réunirent pour lui persuader que le seul moyen d'y réussir était de détruire les principales familles : cet avis sanguinaire plut au caractère farouche de Christian. Ses ministres différaient sur les moyens d'exécution. Enfin Slaghoek, son confesseur, jadis barbier en Westplialie, rappela la bulle d'excommunication lancée contre les ennemis de Trolle, et ajouta que le roi. comme prince, pouvait tenir la promesse d'oublier le passé ; mais qu'en qualité d'exécuteur des arrêts du saint-siége, il devait exterminer les hérétiques. Le concours de Trolle était nécessaire. Les historiens suédois rap|K>rtcnt que sa conscience se révolta à l'idée d'accuser ses compatriotes. Cependant, le 7 novembre 4520, tous les grands de Suède ayant été réunis dans le < hâlcau de Stockholm, dont les portes furent fermées, Trolle s'avance au milieu de l'assemblée, expose à haute voix ses griefs contre ses ennemis et en particulier contre la veuve de Sture, et demande leur punition comme hérétiques. Le roi nomme une commission, les accusés y comparaissent. Christine, veuve «le l'administrateur, y est citée; elle se présente avec une noble assurance, rappelle à Christian ses serments, et, pour justifier la mémoire de son époux, montre le décret rendu par le sénat en 1517, et approuvé par le légat. Christian voit avec joie cette pièce entre ses mains : elle devient la liste de proscription. Les accusés sont enfermés dans le château et déclarés coupables par la commission. Aussitôt Christian ordonne le supplice de tous ceux qui avaient signé le décret pour déposer Trolle. Le seul évéqnc de Linkipping, qui avait eu la précaution de glisser adroitement une réserve sous son sceau, fut excepté. Des bourreaux envoyés aux prisonniers leur annoncent qu'ils touchent à leur dernière heure. On leur refuse des prêtres pour s'y préparer. Le 8, on ferme les portes de la ville, des soldats remplissent les nies; on défend aux habitants de se montrer hors de chez eux. A midi, les prisonniers sont amenés sur la grande place. Un sénateur danois ansonec au peuple que leur châtiment est juste. L'évêquc de Skara, un de ces infortunés, accuse la perfidie du roi, le dénonce à la vengeance divine, et le menace VI1L
de celle du peuple; d'autres font aussi entendre leurs voix ; elles sont étouffées par le bruit des gens de guerre et les sanglots des assistants. Quatrevingt-quatorze victimes tombent sous la hache des bourreaux en présence de Christian. Le lendemain on dressa des potences, les supplices continuèrent. Le corps de Sture et celui de son fijs turent déterrés. Christian voulait que tous les cadavres restas» sent entassés au milieu de la place; mais dans la crainte qu'un tel spectacle n'excitât la fureur du peuple, on les lit transporter hors de la ville, où ils furent brûlés. La veuve de Sture se vit réduite a demander la vie. D'autres exécutions eurent lieu dans les provinces. Tandis que des hommes de sang conseillaient à Christian ces cruautés, Othon Krumpen, général de son armée, révolté de tant de barbarie, quitta son service. Korby, amiral de sa flotte, alors à l'ancre devant Pile de Gotland, donna asile a plusieurs proscrits. Après ce massacre, Christian publia une proclamation pour justifier sa conduite, qui, disait-il, pouvait seule assurer la tranquillité de l'État. Un edit défendit aux paysans d'avoir des armes chez eux. Bientôt après, Christian se mit en route pour le Danemark : la terreur accompagna ses pas. Il fit élever des échafauds dans toutes les villes qu'il traversa; l'enfance même ne fut pas a l'abri de sa rage sanguinaire, et quelquefois il se montra plus cruel que les bourreaux qu'il punit d'un mouvement d'humanité. Enfin ce prince ne quitta le pays qu'après avoir immolé six cents personnes au désir d'assurer son pouvoir. Regardant néanmoins ces mesures comme insuffisantes, il laissa partout de nombreuses garnisons. A peine de retour en Danemark, où il signala aussi sa cruauté, il fit un \oyngc dans les Pays-Ras, où se trouvait alors Charles Quint (1). Il voulait lui demander son appui contre le duc de Holstein , son oncle, avec lequel il était en différend, et contre les Lubeckois, toujours prêts à secourir ses ennemis. Lorsqu'il revint à Copenhague, toute la Suède était en armes. Ia tyrannie de Slaghoek, nommé par lui évèque de Skara , et l'un des régents du royaume, avait excité un soulèvement général ; il rappela cet homme atroce, mais il lui donna l'archevêché de Lund. Peu de temps après, il le lit brûler vif, pour apaiser le ressentiment du souverain pontife, qui avait envoyé en Danemark un légat chargé de prendre connaissance du meurtre des évêques compris dans le massacre de Stockholm. Christian, pour mériter la bienveillance du pape , changea tout ce qui , dans quelques lois qu'il avait faites, tenait au luthéranisme, pour lequel il avait manifesté d'abord du penchant, et le légat jugea qu'il devait être absous. Mais Gustave Wasa s'était échappé de sa prison, et avait levé l'étendard contre les Danois. La nouvelle de ses succès causa tes plus vives alarmes à Christian, qui apprit bientôt que les états assemblés à Wadsiena (24
(I) Ce fol pendait ton séjour 1 ilïm^s qne Christian flt connaissance avec le rrlelire Krasme qu'il traita avec foeancoop de distinction et admit journellement a w laide. f.Vsi «an* duote a ces circonstances no'il faut .illribnrr les élnc/^ qne ce savant lit donne en divers endroits de se» écrit».
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août 1521) avaient nommé Gustave administrateur et capitaine gênerai du royaume de Suède. Le seul I\orby empêchait Stockholm do tomber au pouvoir des insurges ; niais la garnison se mutinait, faute de paye. Trolle, et un autre prélat de son parti, ne s'y croyant plus en sûreté, partirent secrètement. Aigri \m les mauvaises nouvelles qui lui arrivaient de toutes les parties de la Suède , et par l'impuissance d'y envoyer dos secours, Christian reçut fort mal les deux évêqurs. Il expédia désordres aux gouverneurs danois de mettre à mort tous les rclielles, et particulièrement ceux de la noblesse dont ils pourraient se saisir. Cette mesure acheva de ruiner son parti. Plusieurs officiers danois se rendirent a Gustave. IS'orby conservait encore à Christian Stockholm, Calmar et Abo , trois places regardées comme les clefs du royaume ; mais bientôt les Lubeckois vinrent l'inquiéter ; ils tentèrent même une attaque sur les côtes du Danemark. Christian, qui, depuis longtemps, désirait les accabler de sa vengeance, voulut engager son oncle Frédéric à faire une diversion sur leur territoire. Déjà il s'était abouché avec ce prince à Cohling, alin de lui donner l'investiture du duché de Holstein ; mais prévoyant qu'il éprouverait des diflirultés à obtenir la prestation de loi et hommage, il avait fait dresser pendant la nuit des potences de* vant les maisons où logeaient les seigneurs de la suite de son on*e : ce moyen irrita plus qu'il n'effraya. Frédéric ne consentit à rien, et rompit la conférence sous prétexte de consulter sa noblesse. Durant le cours de ces différends, terminés enlin par la médiation des princes voisins, Christian avait donné aux Holstenois de justes sujets de mécontentement ; ses alliés s'étaient refroidis; il hasarda néanmoins une entreprise , qui n'eut pu réussir qu'à un prince aimé de ses sujets et considère de ses voisins. 11 publia deux codes, dont les principales dispositions portaient que le clergé ne se montrerait plus en public avec l'appareil du luxe ; qu'il serait tenu à la résidence; que la juridiction temporelle des évoques serait supprimée; qu'il ne serait plus permis de léguer des biens-fonds aux couvents ; que l'usage de vendre et d'échanger les paysans serait aboli ; que les paysans maltraités par leur seigneur auraient le droit de quitter sa terre ; enlin qu'il ne serait plus permis de piller les effets «les naufragés. Ces mesures sages et humaines étaient mêlées à d'autres qui fournissaient à tous les citoyens des motifs de plainte fondes (1). On murmurait généralement de r.iltéraliou des monnaies et du fardeau insupportable des taxes. Les évêques et les sénateurs jutlandais, instruits des dispositions du peuple, formèrent les premiers le dessein de se révolter contre le roi. Ils s'assemblaient en secret depuis quelque temps. Vers la lin de 1522, ils avaient dressé un acte par lequel ils renonçaient à leur serment de fidélité, déclaraient
(I) Cetdrni codes, publiés l« 86 nui 4521 et 6 janvier 4SM, ont
éle publiés en 465* par In soins du savant Pierre Resen. Le premier est intitulé : Loi* (cclètiattiqutt, et le second. Lois peliti* ç»'v, quoiqu'il se ironve dans l'un et dans l'autre auum de dispositions mit les matières civiles que sur les matières rrrlÉilHII"
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Christian déchu de tous ses droits , et offraient la couronne à son oncle Frédéric. Mogens Munk , un des juges de la province, fut envoyé à Frédéric |iour lui communiquer celte resolution. Le roi, qui avait conçu des soupçons, convoqua la noblesse de Julland à Callundborg, enSélande : personne ne s'y rendit; il convoqua une nouvelle assemblée pour le 25 jan fier 1523, à Aarhtms , en Jutland, et partit pour cette province. Son arrivée força les conjurés de hâter l'exécution de leurs desseins. Ils courent à Viborg, se lient par de uou\e.in\ serments, et dressent deux actes. Par l'un , ils signilient au roi qu'ils renoncent à son obéissance cl le déposent ; par le second, ils invitent Frédéric à venir prendre possession du trône vacant. Munk est encore chargé de remettre ces deux actes. Il va au-devant du roi, qu'il rencontre à Vcile, et lui fait demander audience. Christian l'accueille, et le l'ait souper avec lui. Le ton de franchise que Munk met dans ses discours bannit tout soupçon de l'esprit du roi. Munk, en sortant, laisse, comme par megarde, un de ses gants, et monte aussitôt à cheval pour ail. r joindre le duc Frédéric, qui se trouvait en ce moment à Husum. Le lendemain , un page aperçoit le gant , et y trouve une lettre cachetée ; il la |>oi le au roi , qui lit l'acte de renonciation à son obéissance, fonde sur ses cruautés, sur s m mauvais gouvernement, et sur la vie-talion de la capitulation qu'il avait précédemment souscrite. Transporté de fureur, il fait courir après Munk, qui déjà avait rempli sa commission auprès de Frédéric. Christian apprend bientôt que les Jutlandais prennent les armes , et que son oncle , en acceptant lu couronne, a promis de leur conduire de puissants secours. Ses efforts pour faire revenir les Jutlandais en sa faveur n'aboutirent qu'à produire une nouvelle déclaration contre lui. Il fut plus heureux en Fionie et en Sélande, où les paysans étaient reconnaissants de l'espèce de liberté qu'il leur avait promise. La Scanie l'assura de sa fidélité. Les Jutlandais, de leur côté, écrivaient de toutes parts pour exhorter à secouer le joug du tyran , et menaçaient de puuir comme traître quiconque s'armerait [tour lui. Au moment où l'on s'attendait à voir éclater la guerre civile, Christian, par un excès de teneur et d'abattement qui l'empêcha de considérer toutes les ressources qui lui restaient encore jwur faire tôle à ses ennemis , abandonna sa propre cause. Il quitta le Danemark le 44 avril 1525, emmenant sur sa Hotte la reine, ses enfants, ses joyaux et les archives de la couronne, quelques serviteurs restés fidèles, et Sigebrite , que l'on lut obligé d'embarquer cachée dans un colfre. pour la dérober à la fureur du peuple. A peine Christian était-il en nier, qu'un coup de vent dispersa ses vaisseaux ; il fut jeté sur la côte de Norvège, et n'arriva à Vcere, en Zélande, qu'après avoir couru les plus arands dangers. Charles-Quint était en Kspa^ne, et ce monarque se contenta «l'écrire à Frédéric, à la noblesse de Jutland et a la ville de Lubeck, pour leur défendre d'agir contre Christian. Cependant celui-ci chercha tous les moyens de léparer ses revers. Après avoir lait de vaines «léiuarches pour obtenir uq emprunt de Henri YIU, roi
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d'Angleierre, auquel il offrait l'Islande pour sûreté du remboursement, il intéressa à sa cause plusieurs princes d'Allemagne. Il était parvenu en 1523 à rassembler déjà une année de 26.0IS0 liommes dont l 'électeur de Brandebourg avait le commandement, et à réunir une escadre avec laquelle il ravitailla la place de Copenhague, qui tenait encore pour lui. Mais ses troupes s'étant débandées faute de paye, le gouverneur de CopenUague, n espérant plus de secours efficaces, se rendit le G février 1524. Les amis du roi détrône eurent alors recours aux négociations, qui semblent lui avoir mieux réussi, si, comme le rapportent quelques historiens, les députés danois au congres tenu à Lubeck, en 1520, avaient promis la couronne au prince Jean son lils, après la mort de Frédéric, au préjudice du fils de ce dernier qui devait se contenter des duchés ; rien ne fut conclu cependant. Mais, en 1551, Christian ayant enfin obtenu quelques secours en argent de l'Empereur et tics mécontents de Norvège, leva des troupes dans les Pays-Bas et dans les contrées voisines. Plusieurs mécontents danois, norvégiens et suédois grossirent cette armée naissante, et de riches négociants de Hollande lui fournirent des vaisseaux. 11 s'era- Iwrqua alors vers la lin d'octobre; mais un furieux vent d'est dispersa loute sa flotte, plusieurs vaisseaux vinrent se briser sur les côtes «le Frise et de Norvège , et le reste ne put gagner qu'avec beaucoup de peine le port d'OpsIo. Christian, qui avait eu le bonheur d'échapper, ne se vit pas plutôt à terre qu'il publia un manifeste où il promettait un pardon absolu. Une partie des états s'assembla. Le sénat norvégien manda à Frédéric qu'il retournait à son ancien roi ; cette lettre semblait pourtant dictée par la crainte. Les troupes de Christian , après avoir obtenu des sucées contre les Suédois, échouèrent dans de nouvelles tentatives. Attaqué dans son camp par les flottes danoises et banséatique , il se renferma dans la ville; ses vaisseaux devinrent la proie des flammes. Dépourvu de toutes ressources, il lit pro|K>ser un accommodement aux généraux danois. Ses députés demandèrent son rétablissement, ou au moins son reiour à la couronne après la mort de son oncle. Les Danois témoignèrent le désir d'avoir une entrevue avec Christian. 11 les supplia, du ton le plus humble, de dicter eux-mêmes les conditions qu'ils lui imposaient, et, le leudemain, il réclama un sauf-conduit, alin de pouvoir se retirer en Norvège dans le cas où il ne pourrait s'arranger avec Frédéric , et une amnistie générale pour ses adhérents. Voyant qu'on se préparait à l'attaquer avec vigueur, il épuisa tous les artifices pour séduire les généraux danois, et souscrivit aux conditions du sauf-conduit qu'ils lui dictèrent, et qui était sur bien des points le même qu'il avait proposé en dernier lieu. ]| s'embarqua ensuite sur leur flotte, et arriva dans les parages de Copenhague à la fin de juillet1552. Frédéric, mécontent des conditions auxquelles on avait traité', les désavoua hautement. Le sénat décida que la convention éiait nulle, et que Christian devait être arrêté. On l'avait jusqu'alors retenu sur le vaisseau qui l'avait apporté. L'absence de son oncle, qui se