‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 28 sur 117 · CHR 2I · texte numérisé non relu

CHR 2I

trouvait à Flcnsbourg, avait fourni le prétexte de ce délai. On annonça à Christian que l'entrevue aurait lieu dans cette ville, el l'on mit à la voile. Christian conserva quelque espoir jusqu'au moment où il vit qu'on prenait une autre route ; alors il versa un torrent de larmes , et se plaignit amèrement de ceux qui l'avaient si indignement trompé. Conduit au château de Sondenborg, dans l'Ile d'Als.sur les côtes du duclié de Schlesvig, enfermé, pour toute compagnie, avec un nain, qui a sa mort fut remplacé par un vieil invalide, il passa douze ans dans un donjon dont la porte était murée, et qui ne recevait le jour que par une lucarne. Tout le monde l'abandonna. En 1545, Christian III, qui avait succédé à Frédéric son père, et Charles-Quint ayant conclu à Spire un traité, il fut stipulé que le sort de Christian II serait adouci. On lui lit, en conséquence, signer une renonciation à toutes ses prétentions sur les trois royaumes du Nord ; on lui assigna un revenu sur le bailliage de Callundborget sur l'Ile de Samsé Ce traité fut exécuté seulement en 1546. Christian III alla lui-même recevoir le roi captif, et lui adressa des paroles de consolation. Il le fit ensuite conduire par quatre sénateurs â Callundborg , où il fut traité honorablement, mais toujours emprisonné le reste de ses jours. Il mourut le 24 janvier 1559, à l'âge de 78 ans, après une captivité de vingt-huit, oublié d'une partie de ses anciens sujets, méprisé et abhorré d'uno autre partie. Vertot, après avoir parlé des crimes de ce prince, l'a accusé de forfaits qu'il n'a jamais commis ; il ne fit point périr la mère, ni la sœur de Gustave, ni les autres dames suédoises envoyées commo prisonnières à Copenhague Emporté, irréfléchi, sa conduite se ressentit du désordre de son esprit, et des mauvais conseils de ceux qu'il consultait. Cependant ses ordonnances relatives au commerce, à la pèche et à l'agriculture respirent la saine politique et l'amour du peuple; aussi les paysans lui furent-ils véritablement attachés jusqu'à ce que le mauvais aloi de ses monnaies eût causé de grave? embarras, en entravant les transactions commerciales. Celte circonstance hâta la révolution qu'on doit surtout attribuer à la haine que Christian avait inspirée aux grands de son royaume. Sa valeur et son habileté se développèrent, lorsque, âgé de vingt et un ans, il écrasa les rebelles de Norvège ; mais il parut constamment étranger à tout sentiment de générosité. La reine, épouse de Christian II, partagea sa disgrâce avec une constance héroïque : elle mourut dans un château près de Gand , le 19 janvier 1526. Christian eut trois lils el deux filles de la reine Isa. belle-Elisabeih d'Autriche: l'ainé, nommé Jean, né en 1518, fut élevé dans les Pays-Bas par le célèbre Corneille Agrippa, et expira à Hatisbonne en 1532, la même année et presque le même jour où son père commença sa longue captivité; deux autres princes, Maximilien et Philippe, moururent en bas âge. De ses deux filles , Dorothée épousa Frédéric, comte et ensuite électeur palatin ; et Christine, après avo r été accordée à François Sforce, duc de Milan, épousa en secondes noces François, duc de Lorraine. J . Svaning a publié : Ch risiitrnus II, Dania rcx, etc.,

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