‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 29 sur 117 · CH · texte numérisé non relu

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ituSi rculum régis magni, crudelit. infelicis.etulis, Francfort, 1658, in- M. Iliegels a (ait paraître en 1788 une Apologie de Christian II, en danois; il y compare ce prince à Joseph II. 13— s et D— z — s.

CIIUISTIAN III, roi tle Danemark, (ils de Frédéric 1" et d'Anne, fille de Jean, électeur de Brandebourg, sa première femme, naquit en 1503. Lorsqu'il perdit son père en 1555, son âge et son caractère lie laissaient aucun prétexte aux états pour ne pas le nommer roi. Cependant les évêques, craignant que le (ils de Frédéric, élevé dans le luthéranisme, n'achevai ce que ce prince avait commencé, mirent tout en œuvre pour que le trône ne lia pas immédiatement occupé. La dicte , assemblée à Copenhague, après avoir tout réglé au gré des catholiques, procéda à l'élection d'un roi. Un parti se déclara pur Christian, un autre pour Jean , son frère , prince âgé de douze ans (1), et un troisième pour Christian II, détrôné et prisonnier. Ce dernier parti était soutenu par les Lubeckois, qui firent entrer une armée dans le Holslein , sous le commandement du comte d'OIdeiibourg (2) , s'emparèrent de Copenhague , aidés par les bourgeois, et soumirent la Scanie. Déjà cette province , ainsi que la Sélande et les autres Iles , à l'exception de la Fionie et du Jutland. s'étaient prononcées en faveur de Christian II, que la plus grande partie du peuple désirait voir remonter sur le trône. Celle idée effraya ceux qui l'en avaient fait descendre. La grandeur du péril ne ramena cependant pas encore les évoques à Christian III, et les partisans de ce prince ne purent arracher le consentement des prélats qu'en pénétrant tumultueusement dans le sénat assemblé à Byc en Jutland, et en menaçant ceux qui s'opposaient ù la nomination de Christian III de leur faire payer cher leur obstination. Ils cédèrent, mais sous la condition que le nouveau roi confirmerait les privilèges et les droits du sénat et des états , cl qu'il ne serait point l'ennemi de la religion. Sur cette assurance, Christian III fut prodamé le 4 juillet 1554, cl la noblesse de Fionie donna bientôt après son accession a la résolution du sénat de Jutland. Après avoir obtenu des secours de Gustave Wasa, son beau-hère (5) , il alla assiéger les Lubeckois dans leur propre ville , tandis que leurs troupes envahissaient la Fionie et le Jutland. Obligé presque aussitôt d'aller secourir cette province, Christian III tenta en vain des voies d'accommodement avec le comte d'Oldenbourg , qui commandait les Lubeckois et aspirait secrètement lui-même a se faire déclarer roi. Ce ne lut qu'après une longue alternative de succès et de revers , après avoir assiégé longlcm|is Copenhague, et réduit ses habitants à la dernière extrémité , que Christian III y fit son

(i) Ce prince jnn était né du second mariage du rot Frédéric a»ce Sophie, fille de Bogislas X, due de Poméranie-SietUa. Il enl en Itéiitage le tiers des duchés de Schletwig et île llolslein, et mourut saus laisser de postérité, à lljder»»eben, lieu de sa résidence, eu 1580. 1» — z — s.

(3) La longue guerre que re général fit a Christian III est appelée par les historiens danois U guerre du comte {Grttta* feidt). D-i— §.

($) Ils avaient épousé les denx Dites da due de Saxe-Laaenboarg. {'Vf. CrjSTiTl V) D-i-s.

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entrée, dans les premiers jours d'août 1550. Il s'occupa aussitôt de changer la religion. Tous les évéques furent arrêtés le même jour (1). Cette mesure excita des murmures. Christian convoqua les états, où le clergé ne fut pas mandé, et les évêques y furent accusés d'avoir fomenté des troubles, et de s'être opposés à la réformalion par des moyens violents On proposa d'abolir le culte de l'Eglise romaine, et de consacrer tes biens du clergé au payement des délies de l'Etat, à l'entretien des prêtres protestants, de l'université, des écoles et des hôpitaux. L'assemblée ayant tout approuvé , on en dressa un décret qui fut signé par les députés. Au commencement de l'année 1556, les états de Norvège, convoqués à Drontheim, reçurent la notification de Christian III qu'il avait élé élu roi de Danemark , et la demande de l'être également par eux , et d'obtenir un subside. Ces demaudes, d'abord repoussées par suite de l'opposition assez vive qui s'était manifestée surtout dans la Norvège septentrionale où le catholicisme avait de profondes racines, et qui se communiqua a la Norvège méridionale, Turent en définitive accueillies après que Christian III eut fait la paix avec les Lubeckois, et que Mahuoe et Copenhague se furent rendus à lui. Ce fut avant que la soumission des Norvégiens fût connue que, sur la proposition de la noblesse danoise assemblée à Copenhague, le roi décida dans un recès que la Norvège serait désormais soumise 4 la couronne de Danemark , de la même manière que le Jutland , la Fionie , etc., c'est-à-dire qu'élit serait è l'avenir une province danoise. L'année suivante (1.:>37), Christian ayant conclu une trêve de trois ans avec Cliarles-Quint, prolita de la paix pour se faire couronner (2), et il voulut que cet événement fût consacré par des réjouissances publiques et par la grâce des évèques, qui obtinrent leur liberté , à l'exception d'un seul, nommé Honnow. Eulin, pour que tout concourût au bonheur de ses peuples, Christian mit fin à ses différends avec les villes hanséaliques, entama des négociations avec la Suède, et se rendit avec son épouse au congrès de Brunswick , où s'étaient réunis plusieurs princes d'Allemagne et des députés de différents Etats de l'Empire, afin de conclure une alliance pour la défense de la religion protestante. Mais il se formait un nouvel orage contre ce prince ; on armait une flotte dans les ports des Pays-Bas. Averti à temps, il fit arrêter tous les vaisseaux hollandais qui se trouvaient dans la Baltique, fit fermer le passage du Sund, chargea les Hambourgeois de garder l'Elbe, tandis qu'une armée danoise défendait l'entrée du Holstein, menacé par l'électeur palatin, gendre de Christian La trêve de (rois ans conclue a Bruxelles avec la rè-

(I) Luther, que Christian III consulta a cette occasion, approiva la détention des prélat*. Rminow, évéi|ne de Boskilde, mourut dans sa prison a Copenhague en IS4I. Un anire évéqoe encore jeune, qui n'était pas consacré, nui» !>eu!cmtnt élu, (ut oblige de promettre qu'il se marierait, i>— ,'— -

(11 Ce lut Jean ttuscnhag, disciple de Lnther et pasteur a Wiilenuerg, qui lit la crréuiome du couronnement et du sacre du roi le IS août 1537. Ce fut rgakiurul lui ei les pasteurs qui suas le titre de snr Intendants devaient gouverner l'église de Danemark* la * place de* jept étéques déposés. D - i-s.

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gente des Pays-Bas éiant an moment d'expirer, Christian III désira la renouveler, et il envoya à cet effet des ambassadeurs a Charles Quint, qui se trouvait a cède époque en Flandre. Ce prince les reçut avec hauteur, accorda, avec une répugnance réelle ou affectée, une trêve d'un an, et indiqua, pour l'année suivante (1541), à Ratisbonne, une conférence dont le seul résultat fut d'engager Christian à se tenir sur ses gardes, et à contracter une alliance avec François l'r. 11 eut la même année une entrevue avec Gustave Wasa, et lit aussi alliance avec lui. Les hostilités continuèrent entre les Danois et les Flamands, qui attaquèrent la Norvège. Christian , après avoir lait de vaines tentatives auprès «le la régente des Pays-Bas, envoya sur les cotes de celle contrée une (lutte qui causa plus d'effroi que de dommage. Les événements de la guerre étaient plus préjudiciables aux sujets de Charles-Quint qu'à ceux de Christian; soit parce que les premiers avaient un plus Rrand nombre de vaisseaux marchands , soit par l'interruption totale du commerce de la Baltique, dont les Danois tenaient les clefs dans leurs mains. Le conseille l'Empereur s'en aperçut enfin. Ce princeayant laisse entrevoir des dispositions pacifiques, on tint à Spire un congrès , qui amena, in 1543, le traité de ce nom, et mit un terme aux hostilités dont le Nord souflrait depuis la déposition de Christian IL Le sort de ce prince y fut réglé, et Christian III promit de régler à la satisfaction commune des intéressés ce qui regardait les dots des deux tilles de son prédécesseur. Il tourna ensuite son attention vers la prospérité de ses Etats. Les guerres qu'il avait été obligé ue soutenir pesaient sur son peuple; de nouveaux subsides avaient été demandés au clergé seul ; une disette affreuse désolait le Danemark. Des circonstances si pénibles avaient empêché Christian de répondre à l'appel des princes d'Allemagne , qui réclamaient des secours en vertu de la convention de Brunswick ou ligue de Smalcalde. Il ne put leur envoyer autre chose que de l'argent. En 1546, il avait exécuté l'article du traité de Spire qui concernait Christian II, et l'année suivante, après avoir réglé avec ses frères le partage du Schleswig et du Hulstein, et laissé en suspend la question très-embarrassante qui regardait l'investiture des portions du duclté de Schleswig. Christian passâtes dernières années de son règne dans une paix profonde. La réputation de ses vertus fit rechercher son alliance par plusieurs princes étrangers. Ce fut vainement néanmoins qu'il réclama en 1549 la restitution des Iles Orcades, engagées aux Ecossais sous Christian I'r, pour une petite somme qu'il avait souvent offert de leur payer, et qu'il leur offrit encore avec les intérêts. Vénéré de ses sujets, il mourut àColding, le I" janvier 1559. Brave, humain, pacifique, et cependant très-actif, il douna de bonnes lois à ses peuples , protégea les sciences et les lettres. Les persécutions qu'il fit éprouver aux évêques catholiques, et les violences exercées par ses ordres pour forcer les Norvégiens et les Islandais a renoncer à la croyance de leurs pères pour embrasser la religion luthérienne, prouvent qu'il était intolérant. Ce fut sous son règne que la Norvège

essaya pour la dernière fois de secouer le joug du Danemark ; qu'elle fut considérée comme une province, dont on n'attendit plus le choix pour l'élection du souverain commun aux deux armées, et qu'elle devint, comme le disent les écrivains nationaux, la proie des nobles danois qui envahirent les grandes propriétés et tous les emplois élevés. Ce prince ne savait ni parler, ni écrire la langue des peuples qu'il avait été appelé à gouverner; il n« connaissait que l'allemand. Christian eut, de son mariage avec Dorothée de Saxe-Lauembourg, trois fils, Frédéric , qui lui succéda , Hagnus, né en 1540, devenu roi de Livonie [voy. ce nom }, et Jean, sur» nommé le Jeune, duc de Schleswig-Holstein, souciie des branches de Sondei bourg , de Norbourg , do Glucksbourg et de Plocn ; et deux filles, Anne, ma-J riée, en 1548, à Auguste, duc et ensuite électeur de Saxe, et DoroUiée qui épousa, en 1561, Guillaume, dit le Jeune, duc de Lunebourg, de qui descendent les ducs, ensuite électeurs de Hanovre. E— s.

CHRISTIAN IV, roi de Danemark, petit-fils du précédent, était fils de Frédéric II et de Sophie de Mecklembourg. Il naquit le 12 avril 1577, et n'avait que onze ans et quelques jours quand il succéda à son père en 1588. Déjà, en 1580, il avait été reconnu comme héritier du trône par les états assemblés à Odenséc, et il avait, quatre ans après, reçu en cette qualité les hommages de la noblesse, du clergé, de la bourgeoisie cl des paysans réunis. A la mort de Frédéric II, la reine douairière, femme pleine de talent et d'ambilion, réclama la tutelle du jeune roi, mais ce lut vainement; après de longues discussions, elle dut céder aux intentions du conseil du royaume, qui choisit, sous le nom de conseillers du gouvernement, quatre de ses membres (1) pour exercer les fonctions de tuteurs jusqu'à ce que Chris» lian eût atteint l'âge de vingt ans. Il envoya en Norvège un autre de ses membres, nommé Axel Gyldenstjerne, pour y diriger les affaires avec le litre de statholder. La reine douairière réussit mieux dans les duchés où, dans une assemblée des états, elle obtint le gouvernement jusqu'à la majorité do son fils. Les états de Norvège, qui avaient, au mois de janvier 1582, reconnu Christian comme successeur du Irène, le proclamèrent roi dans l'assemblée tenue à Aggershuus, lorsque ses tuteurs lui firent visiter le royaume au mois de mai 1501. A son retour à Copenhague, le sénat (kerredog) ayant élé réuni, quelques affaires furent mises en délibération : le jeune roi, qui n'avait pas encore quatorze ans, prit part à la discussion et montra une sagacité infiniment au-dessus de son Age. 11 avait reçu une bonne éducation, s'était appliqué à la grammaire, à la logique, à la rhétorique, en même temps qu'aux mathématiques, à la musique instrumentale et vocale, au dessin, à l'architecture, etc. Il comprenait et lisait le français, pouvait parler italien, et avait fait assez de progrès dans le latin pour s'entretenir avec facilité, dans cet idiome, avec les princes et ambassadeurs étrangers. Il avait, en outre, étudié avec

(OCéuiesi le

royaume Niel* Kms, l'amiral Pimo

soin tout ce qui se rapporte à la navigation, et, au milieu d'une tempête. «lit un de ses panégyristes, il était en état de diriger lui-même toutes les mano uvres d'un navire. Ce fut aux Iceonsde Tycho-Brahé, auprès duquel il avait fait quelque séjour dans l'Ile de Hveen qu'habitait alors cet illustre astronome, que Christian dut les notions qu'il possédait sur la construction des Daviret, l'hydraulique et les fortiliraiions. Uralié reçut a cette occasion une riche chaine d'or avec le portrait du roi, que celui-ci suspendit lui-même au cou de son savant ami, qui SUCCOtnba cependant quelques années plus tard aux intrigues de Christophe VValcbcndorph, l'un des tuteurs de Christian et ennemi mortel de Tyeho-Brahé. ( » ou. BiiAtlÉ ) Le 20 avril 1593, Christian étant outré dans sa dixseptième année, et l'empereur Rodolphe l'ayant déclaré majeur comme due de Holslein, il le devint en même temps pour le Schleswig, mais en restant mineur en ce qui concernait le royaume de Danemark ; sa mère, qui voyait avec peine que le terme de son administration était arrivée, lit naître, surtout en ce qui était relaliraux apanages de ses autres enfants, «les diseussions qui ne furent aplanies que quelque* aimées plus lard. Christian ayant souscrit, le 7 août 1590, son parte ou recon naissance des privilèges du royaume semblable à celui que son père avait signé, lut couronné le 29 du même mois, à Copenhague, comme roi de Danemark et de Norvège, et reconnu, par conséquent, majeur, quoiqu'il n'eut pas encore vingt ans accomplis. A peine la cérémonie de son couronnement était-elle terminée, qu'il lit un nouveau voyage en Allemagne ; au printemps de 1597, il visita les Iles de Gothland, de Bornholm et d'Ocsel, et à son retour, il épousa Anne Catherine, princesse de Brandebourg, qui fut couronnée comme reine en 1598. Instruit que les gouvernements de Suéde et de Russie travaillaient sourdement à envahir ses possessions en Laponic, il leur adressa des représentations trés-vives, et enlin alla lui-même, en 1599, parcourir, avec une escadre de douze vaisseaux, les cotes occidentales et septentrionales de la Norvège, doubla le cap Nord, et ne revint à Copenhague qu'après avoir louché aux frontières de la Russie, prés de la mer Blanche. Pendant les douze années qui suivirent, Christian s'occupa de faire fleurir le commerce, de réformer les lois, d'améliorer ses revenus. Son infatigable activité lui lit faire de fréquents voyages dans toutes les parties de ses Étals, ainsi qu'en Allemagne, où il reçut l'hommage de la ville de Hambourg. En 1600, il alla à Londres voir le roi Jacques, son beau-frère, qu'il voulait engager à s'unir à lui pour soutenir la cause des protestants en Allemagne et dans les Pays-Bas ; niais il ne put rien gagner sur l'esprit de ce prince timide et Irrésolu. Dès le moment où il avait gouverné par lui-même, Christian avait fait, pour mettre son royaume en état de défense, tout ce que lui permettaient ses faibles ressources; car le sénat et la noblesse l'avaient constamment contrarié. Les vues ambitieuses de Charles IX, roi de Suède, l'avaient ensuite engagé à redoubler ses précautions, paire que les conférences qui auraient du amener la paix

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n'avaient produit aucun résultat. Enfin, au mots d'avril 101 1 , las de ne pas obtenir de satisfaction, ou peut-être, comme le disent les historiens suédois, croyant l'occasion favorable par suite de la maladie du roi de Suéde (I), il envoya un héraut d'armes lui déclarer la guerre. Il lit ensuite une irruption dans le royaume à la tête d'uuc armée de 10,000 hommes qu'il divisa en deux corps. A la tête du principal, il mit le siège devaut Calmar, s'empara d'abord de la ville après dcu\ assauts raeuruiers, durant lesquels Cltarles et sou (ils Gustave-Adolphe, qui s'étaient avances avec une armée |Kxir la secourir, livrèrent aux Danois plusieurs combats salifiants, où l'avantage fut balancé. Le roi de Suéde fut si irrité de la prise de Calmar, qu'il adressa à Christian, le 12 août ICI!, une lettre dans laquelle il l'accablait de reproches et le déliait à un combat singulier. Christian, dans sa réponse du 14 du même mois, renchérit sur les invectives de son rival. Deux jours après, la forteresse de Calmar s'élant rendue aux Danois par la trahison de Christer Some, son gouverneur, Christian attaqua l'armée suédoise ; on se battit pendant trois jours avec un acharnement égal ; mais les Danois ne purent forcer les Suédois à abandonner les postes avantageux qu'ils occupaient. Charles IX; sentant ses forces s'affaiblir de plus en plus, laissa à sou fils le commandement des troupes suédoises, et su dirigea sur Stockholm, où une diète était convoquée ; mais il mourut en route, le 13 ou 30 octobre 101 1. Dans l'intervalle, le roi de Danemark s'était rendu avec sa Hotte à Copenhague, où il arriva dans les premiers jours de septembre de la même année. A peine avait-il quitté son arméo, que Gustave-Adolphe attaqua et prit l'Ile d'Ocland. La mort tic son père l'ayant obligé d'ouvrir sa première diète, il se hàla de la clore |»our entrer en campagne. De leur coté, les Danois commencèrent leurs o|K>ra lions au milieu «le l'hiver de 1012. Christian donne vainement cinq assauts au fort «le Gullbcrg, prend Nyfft* dose, dont tous les hommes sont passés au fil de l'epée et ravage la Yestroguthie. Mais il éprouve prés de Falkenberg un graml échec dans lequel son cheval ayant été tué sous lui, il eût été fait prisonnier sans le dévouement de Barnikow, noble Pomé— ranien qui sacrilia sa vie pour le sauver. A l'ouverture de la campagne d'été, Christian force la citadelle d'Llfsborg à capituler, le 24 mai (1012), après un siège de dix-neuf jours, et le 4tr juin suivant, Gullberg se rend à lui sans résistance- Après quelques autres actions de peu d'importance, il se rend a Copenhague, et, A son retour, au commencement «le septembre , il menace Stockholm avec une floue de trente-six vaisseaux, à bord desquels il avait cm I arqué a Calmar les soldais «le Hanl/ou. Les deux parties belligérantes ayant btsoin de la paix, une entrevue pour l'échange «les prisonniers amena, par l'entremise des Anglais, des négociations qui durèrent deux mois, et à la suite dcs«|uelles la paix fut conclue, le 19 janvier 1013, dans la bourgade de fcnared ou Kiucrod. La Suède renonça à ses préten*

(I) Il mourut eu effet te 13 oeloiiie suivant. D— i— s.

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lions sur la citadelle de Sonncnborg, dans l'Ile d'Oesel, et à sa domination sur 1rs Lapons des côtes, et restitua le Jemteland et le Henjedal ; de son côte, le Danemark rendit Calmar et nie d'Ocland, et six. ans après, la citadelle d'Elfsborg, contre «ne somme d'un million de dalers ; les Suédois furent, en outre, autorisés a passer le Sund sans payer de droits, etc. Ce traité termina ce qu'on appelle la guerre de Calmar. Christian s'empressa de licencier immédiatement les troupes étrangères qu'il avait prises à sa solde, et pendant prés de douze années que son royaume lut en paix, tout en rétablissant l'ordre dans ses linances et dans les diverses branches de l'administration, et en abaissant les droits duSund, il arma plusieurs vaisseaux de guerre qui parcourait nt la Baltique et la mer du Nord pour protéger la navigation et le commerce de ses sujets, et envoya une expédition aux Indes orientales où il leur ouvrit de nouveaux débouchés. Il établit ensuite, à ses frais, en Danemark, des fabriques de draps, d'étoftes de soie, de salpêtre, et créa des moulins à poudre, lit exploiter les mines d'argent de Kongsberg, organisa les postes, et londa plusieurs villes parmi lesquelles on doit citer celle de Christiania, aujourd'hui capitale de la Norvège (1624). Ce prince s'occupa également de l'organisation des écoles, et c'est lui qu'on peut considérer comme le fondateur de l'académie de Sorcé. La bonne intelligence qu'il ronsma pendant tout ce temps avec la ■ Suède faillit être troublée en 1624. mais elle fut heureusement rétablie, surtout par l'intermédiaire de la France. La nouvelle visite qu'il lit, en 1614, à son beau-frère Jacques, roi d'Angleterre, avait principalement pour but de se concerter sur les différends qui existaient en Allemagne ; il en revint peu satisfait. L'extension de l'autorité impériale dans les parties septentrionales de l'Allemagne fixait depuis quelque temps l'attention des puissances étrangères ; mais les rois de Suède et de Danemark étaient les plus intéressés 4 s'y opposer, par la situation de leurs États, sous les rapports de la religion et de la politique. Christian, surtout, parent de l'électeur palatin que l'empereur Ferdinand venait de dépouiller de son électoral après l'avoir mis au bande l'empire, craignait que ce souverain ne voulût lui enlever à lui-même les riches évéeltés de Brème et de Verden, et il était irrité de la permission que la cour impériale avait donnée au comte de Schaucmbourg de prendre le titre et les aimes des ducs de Schlcswig. I /Angleterre et la Hollande sciant engagées, en t (125, à lui payer de gros subsides et a l'appuyer de leurs flottes, et la France lui ayant fait aussi espérer des secours pécuniaires, Christian convoqua, cette même année, une assemblée des états de basse Saxe à Segebcrg, dans le Holstein, et y conclut avec eux une ligue défensive contre l'Empereur. Réunissant ses propres forces à celles de la confédération, il prit position sur les bords du Wescr ; mais l'avantage fut du coté du général impérial Tilly. Abandonné ou mal soutenu par ses différents alliés, le roi de Danemark n'eut que des forées inégales a opposer a l'cuncmi; réduit u se tenir sur la défensive et

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dépouillé successivement de plusieurs de ses places fortes, il fut joint, le 26 août 1626, par Tilly, auprès de la petite ville de Luttern, et forcé a lui livrer bataille. Christian, après avoir repoussé deux fois l'ennemi, fut totalement défait, et laissa 10,000 hommes sur le champ de bataille. Toute la basse Allemagne fut alors ouverte aux impériaux. Tilly pénétra même dans le Holstein, dans le Schlcswig et le Jutland dont il lit la conquête, tandis que YVallenstein conçut le projet d'équiper une flotte sur la mer Baltique pour achever la rcduclion'du Danemark, etc. Le théâtre de la guerre avant été transféré dans les Etats du roi de Danemark, ce prince fut repoussé de poste en poste, et avant la fin de l'année 1628, Gluckstadt fut, depuis la rive de l'Elbe jusqu'à l'extrémité du Jutland, la seule place qui lui restât. Cette suite de revers le porta à demander la paix, et de son côté l'électeur palatin offrit de se soumettre. Mais Ferdinand, enflé par le succès, rejeta avec mépris leurs propositions, cl voulut leur imposer des conditions si humiliantes qu'ils ne purent les accepter. Réduit a l'extrémité, Christian se défendait avec tout le courage que le désespoir inspire. Ne pouvant plus lutter sur terre, il mit à profit sa supériorité maritime, et, au moyen de fréquentes descentes sur les côtes de la mer Baltique, il anéantit la marine que venait de créer l'Empereur, et (il tuer en longueur le siège de Slratsund. Toutefois, délaissé par tous ses alliés, ou n'étant que faiblement soutenu par eux, il se rendit aux vamx de ses sujets, et fit de nouvelles propositions de paix qui furent accueillies. I n congrès se tint à Lubcck, sous la médiation «le l'électeur de Brandebourg, el, le 22 mai 1629, la paix fut conclue dans celte ville. H y fut stipulé que tous les pays conquis sur le roi de Danemark lui seraient rendus, qu'd n'interviendrait plus dans les affaires d'Allemagne qu'autant que sa qualité de duc de Holstein pourrait l'cxi-j ger, cl qu'il renoncerait à toute prétention aux ar- . ehevèchés el évêches dont il avait voulu s'emparer. \ Christian abandonna a leur sort ses alliés, les ducs de Mecklembourg cl l'électeur palatin, dont on ne fit aucune mention dans le traité, rendant la longue paix qui suivit, Christian conclut avec l'Espagne, le 29 mars 1641, un traité de commerce avantageux au Danemark, que le roi catholique ne ratifia que le 5 février 1645, et chercha plusieurs fois à interposer sa médiation pour faire cesser la guerre qui désolait une partie de l'Europe. Ses efforts Turent enfin couronnés par le succès. Quoique en paix depuis une trentaine d'années avec la Suéde, Christian n'avait pu voir qu'avec une vive inquiétude les progrès que faisait la puissance des Suédois, et qui leur donnaient une prépondérance marquée dans les affaires du Nord. Si l'on s'en rapporte aux écrivains suédois, ce fut pour contrarier leurs projets d'agrandissement qu'il offrit sa médialion pour le rétablissement «le la |>aix entre la Suède cl l'Empereur. Elle fut acceptée, el Christian fut l'auteur du traite de préliminaires que les puissances belligérantes signèrent à Hambourg le 25 décembre 1641, et |>ar lequel on convint de tenir à Munster

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et à Osnabruck ou congrès, qui dut s'ouvrir en même temps dans les deux villes le 23 mars 16*2. Quelque refroidissement étant survenu entre l'Autriclre et Christian, le cabinet impérial se rapprocha de celui de Stockholm. On assure même que les ministres de l'Empereur communiquèrent au chancelier suédois Oxcnslierna le secret des bases sur lesquelles le médiateur se proposait de Taire conclure la paix à Osnabruck, bu«es qui auraient été tout à fait défavorables à la Suéde. 11 résulta de celte trahison que le gouvernement de Christine, pour se débarrasser d'une médiation aussi partiale, résolut de rompre avec le Danemark . Apres avoir mis en avant plusieurs prétextes, dont le plus grave était l'augmentation arbitraire des droits du Sund, et la saisie de quelques navires suédois, le comité des états de Suéde résolut la guerre le -i novembre 1645. En continence le feld-maicclial Torstenson sortit subitement de la Silésic, traversa à marcha forcées Torgau et Havelberg, et envahit le duché de Holstein le 12 décembre de la même année. Son arrivée fut si imprévue qu'il n'éprouva aucune résistance ; en peu de jours il s'empara de tous les Etals danois depuis l'Elbe jnsqu'à Colding en Jatlawl, à l'exception de Krempe et de Glùckstadt. En apprenant l'invasion des Suédois, Christian convoqua les Etais, les exhorta à ne pas perdre courage, et à tenter les derniers efforts. Il lit les préparatifs nécessaires pour revisser l'ennemi, et écrivit a Christine pour se plaindre de cette agression, au moment où, avec son consentement, il s'occupait de rétablir la paix. Christine ne lit qu'une réponse vague, et, peu de jours après, lui déclara formellement la guerre (16 janvier 1614). Mais déjà toute la Chrrsonésc cinibrique était conquis par ses troupes. Le plan de Torstenson était de traverser le Belt sur les places, de s'emparer des ports, et de se mettre ainsi en communication avec une flot te suédoise qui devait faire sa jonction avec une flotte hollandaise que Louis de Gccr, riche négociant de Hollande, équipait a ses frais; ce plan ne put être mis à exécution, c Ce qui sauva le Danemark, dit Puffcn- « dorf, ce fut le courage intrépide du roi, qui, mal- « gré ses cheveux gris, n'était jamais ébranlé de « quelque péril que ce fût. » Aussitôt qu'il apprit l'invasion des Suédois, Christian rassembla des troupes en Fionie pour la empêcher de passer le petit llelt, puis retournant à Copenliague, il réunit dix vaisseaux de ligne avec lesquels il se présenta devant Gothcmbourg. 11 avait l'espoir de prendre cette place qu'il assiégeait en même temps par mer et par terre, ma:s il dut aller dans les parages du Jutland. i la rencontre de la flotte armée par de Gcer, qui s'avançait pour secourir Gothcmbourg. Après un vir engagement, il la contraignit de retourner en Hollande. Avec «le nouveaux renforts pris à Copenliague, Christian alla ensuite attaquer la flotte suédoise qui, sous les ordres de l'amiral Clas Fleming, venait de s'emparer de l'Ile de Femem.Cc fut le 6 juillet 1644 que le combat s'engagea entre la deux flottes; pendant dix heures ou se battit avec acltarncment : malgré sa soixante-dix ans et quoique grièvement blessé l rés du mit de son vaisseau par un eclat d'obus qui lui

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creva l'œil droit, le roi de Danemark n'en continna pas moins de commander, et força la flotte suédoise de se retirer fort maltraitée dans la baie de Kiel, où il la fît bloquer par l'amiral Galte. Elle parvint cependant à s'échapper, et après s'être réparée avec une activité extraordinaire, elle reparut en mer dés le mois d'octobre. Réunie à vingt-deux vaisseaux appartenant à de Geer, elle attaqua, le 13 de ce mois, la flotte danoise placée entre la lia de Laaland et de Femern, et la défit complétemeut. Cet échec et l« progrès du Suédois dans le Schlesvig forcèrent Christian de quitter la Scanie. De nouveaux succès des Suédois, l'apparition d'une flotte hollandaise devant Copenhague, n'auraient cependant pas contraint Christian A faire la' paix aux conditions que proposaient les ennemis, s'il eût pu prendre sur lui seul la résolution de continuer la guerre; mais les étals, et surtout la noblesse, tout en louant son courage, l'exliorlérent a conclure la paix aux meilleures conditions possibles. Elle fut signée à ISromscbro, sous la médiation de la France, le 13 août 1645, il lit perdre au Danemark l'Ile de Gotland, ainsi que deux provinca de Norvège appelées le 11 jcmtehtnd et le llerjedal ainsi que 1'iled'Ocscl, cédées pour toujours à la Suéde, qui obtint aussi l'exemption du péage du Sond, avec l'alrandon pour trente ans de la province de Halland. Durant les dernières années de m»i règne, Christian chercha en vain à obtenir des étals l'abolition du service féodal de la noblesse, et à y substituer des troupes soldées comme dans le reste de I Europe. Il donnait, malgré le délabrement de sa santé, des soins assidus au bien de sou royaume, lorsque la mort l'enleva, le 28 février 1648. Ce prince a laivé une mémoire chère aux Danois de même qu'aux Norvégiens. Malgré la entrava que lui opposait l'esprit du régime féodal, on vit sous son régne l'industrie, les arts et le commerce encouragés; des villa nouvelles et des forteresses s'élevèrent (1); il lit (aire une expédition pour découvrir un passage aux grandes Indes par le nord, acquit Tranquebar, et fonda la compagnie asiatique ; Copenhague eut un jardin botanique, un observatoire, i une bibliothèque publique, et plusieurs chaires nouvelles; des collèges furent fondés dans d'autres villes. La magnanimité de Christian, sa constance dans l'adversité, lui méritèrent l'estime de l'Europe: ta bonté, son application, lui gagnèrent le rieur de ses sujets. Dans la guerre, il possédait, de l'aveu de «-s ennemis, toula la qualités qui font le grand gêne rai. Tilly disait que le bonheur senl lui avait manqué, et son adversaire, Gustave-Adolphe, le plaçait dans son atime au-dessus de tous les rois contemporains (2). Olufsen, écrivain danois distingué, a porté sur ce prince un jugement sévère dans son savant aperçu de 1 industrie nationale en Danemark : a Sous Christian IV, dit-il, homme «limable par a sa qualités privées, mais qui manquait de deux « qualités nécessaires à un roi, car il n'était ni bon

(H Noos filerons CliriM'unopft. CnrtsliuMtl , r rf*Tilvbnfj , Clirislunjtwtn, Uwttl»!, ClitHjnu. D— I - S. (i) Vof. les aaatxriu de Paluokoia. D-i-s,

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« politique, ni général habile , niais seulement un « bon père de famille, la monarchie perdit deux « provinces de la Norvège, le Hjcnitcland et le Hcr- « jedal, ainsi que les iles d'Ocsel et de Gotland. « Toutes U s guerres entreprises par ce prince furent « impolitiques, et toutes, a l'exception de la pre- « miére, tarent malheureuses. Il dissq va ses forces «en entreprises de peu d'importance; et quelques « améliorations locales, l'établissement de quelques • fabriques, quelques spéculations commerciales ne ■ suffisent fias pour lui assurer le titre de grand « roi. » On lui a reproché de s'être abandonné souvent à la colère, et d'avoir trop aimé les femmes. Il avait épousé, en 1507, Anne-Catherine, lille de Joaehim- Frédéric, margrave de Brandebourg ; il en eut plusieurs princes et princesses; ces dernières et l'alné des princes moururent en bas Age , Christian, qu'il avait fait reconnaître comme son héritier présomptif, succomba à une com te maladie au mois de juin 4647, a l'âge de 44 ans, a Leiren, en Silésie; Ulrich, entré au service de Saxe, fut tué, en 1653, par un soldat autrichien, et enlin Frédéric lui succéda sous le nom de Frédéric 111. A la mort d'Anne- Catherine, en 1612, ileontractaun mariage de la main gauche avec Christine Muuck, demoiselle noble dont il avait déjà eu un enfant. Ceux qui naquirent plus tard île cette union furent nombreux, et leurs alliances avec les principales lamillcs du royaume ajoutant à leur crédit, ils remplirent la cour d'intrigues et de cabales. Christian, se laissant ensuite séduire par les charmes de Wibeke, demoiselle de compagnie «le Christine, écouta les calomniateurs de celle dernière, et lui fil subir un jugement, dont clic ne sortit triomphante que pour être renfermée dans un château du Jutland. Wibeke, persécutée à son tour, mourut de douleur. Christian eut aussi, de quelques autres mal tresses, un grand nombre d'enfants naturels. Plusieurs hommes célèbres ont illustré son règne. E— s et D— z— s.

CHRISTIAN V, roi de Danemark, petit-fils du précédent, et fils de Frédéric III et de Sophie- Amélie, princesse de Luncbourg, naquit le 18 avril 1646, et succéda paisiblement a son père au<mois de février 1670, en vertu de la loi royale rendue sous le régne précédent. Il n'avait pas encore dix-sept ans lorsqu'il visita l'Angleterre , la France et l'Allemagne, et au mois d'août 1666, il se rendit à Cusscl, où il fut liancé avec Charlotte-Amélie lille du landgrave, a cette époque âgée île seize ans ; il I épousa au mois de juin de l'année suivante. Quoiqu'il figurât au nombre des ennemis de Louis XIV, la cour de ce prince fut cependant le modèle d'après lequel il chercha à former la sienne. Dans les premières années de son régne, la reine douairière, mais surtout le conseiller de chancellerie Schumacher, que le roi Frédéric III lui avait recommandé comme un homme d'une grande intelligence et d'un rare talent, eurent la plus grande influence dans les affaires du royaume. Quatorze jours s'étaient à peine écoulés depuis la mort de son père , que Schumacher fut nommé assesseur au collège d'Etat et secrétaire intime du roi ; il fut anobli la même année sous le

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nom de Griffenfeld, devint conseiller inlime, et fut successivement créé comte, chevalier de l'ordre de l'Eléphant , grand cliancclier du royaume, président de la cour suprême, patron de' l'université, etc. (Votj. GRtFFEPiFEi.o. ) Christian ne croyait pas en effet alors pouvoir trop recompenser un ministre qui dirigeait si bien toutes les affaires intérieures et extérieures, que le Danemark se trouvait, grâce à lui , placé fort liaut dans l'opinion des puissances étrangères. Ce grand ministre embrassait toutes les blanches de l'administration : il constitua les compagnies de commerce des Indes orientales et occidentales, en faisant céder à celle-ci l'ile de St-Thomas acquise des Anglais ; lit établir un collège de commerce, et organisa la défense du pays sur le pied français ; permit aux ofliciers danois i-t norvégiens d'aller pendant la paix servir dans 1rs armées étrangères, pour y apprendre la pratique de l'art de la guerre ; ne négligea pas non plus la marine; accorda une protection éclairée aux sciences, lit rendre divers règlements pour organiser les tribunaux de l'administration intérieure, et c'est pendant les six années de son ministère que furent publiées les lois danoises et norvégiennes eucorc en vigueur en Danemark et en Norvège , à quelques exceptions prés ; et que fut créée une noblesse titrée à laquelle on accorda des privilèges et un rang plus élevé que ceux dont jouissaient les anciens nobles de naissance qui ne pouvaient dissimuler leur mécontentement de l'accroissement que le pouvoir royal avait acquis sous le régne précédent. Ce fut pour diminuer encore leur prépondérance qu'on établit pour les employés de l'Etat des titres et un rang qui donnaient a la bourgeoisie les moyens de lutter avec avantage avec la noblesse. C'est enfin au ministère de GrîTIenfeld que Copenhague doit quelques embellissements. Voulant conserver la paix avec toutes les puissances et en particulier avec la France à laquelle il aurait désiré que le Danemark fût uni par une alliance durable, Griffenfeld vit avec peine son souverain céder à des influences intérieures et étrangères, et en particulier à celles du grand électeur ( Frédéric- Guillaume de brandebourg) ; qui , dés l'année 1671, s'était efforcé d'engager le roi de Danemark à se déclarer pour les étals généraux , ou a s'interposer entre eux et la France. Christian voyait avec trop d'indifférence le danger qui menaçait celte république, avec laquelle il avait d'ailleurs des discussions pour se prononcer en sa faveur. Ce|»cndant il concourut en 1672 a l'alliance de Urunswirk, dont l'objet indirect était la défense des provinces unies, quoiqu'il n'y fut question cependant que de celle de l'Empire et du maintien de la paix de Westphalie. Les états généraux s'étant décidés à lui payer des subsides, Christian conclut avec eux l'alliance de Copenhague du 10-20 mai 1675, s'allia avec l'Empereur le 16-26 janvier de l'année 1674, et fut enfin un des signataires du traité conclu a la Haye, le 10 juillet suivant, entre l' Empereur, le roi d'Espagne, de Danemark et les étals généraux. C'était entrer dans la grande alliance contre la France, et kl* mettre par suite en hostilité avec la Suède; aussi Grif-

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fenfeld lit-il, mais vainement, tout ce qui dépendait de lui pour l'empêcher. Les troupes suédoises aux ordres du général Wrangel, entrées dans les Marches le 27 décembre IG74, ayant (prouvé un grave échec à Fehrbellin dans le Brandebourg, Christian se rend dans le Holstein avec une armée, attire à Bend> bourg le duc de Holstein Goltorp ; et, quand il l'a en sa puissance, le force a signer, le 10 juillet 1675, un traité par lequel il reconnaît au roi le droit de faire panser des troupes par le duché et d'y lever des recrues, «le recevoir garnison danoise dans ses forteresses, de renoncera toute alliance contraire aux intérêts du roi, ainsi qu'à la souveraineté du Scldeswig et de file de Fcmcra qu'il avait obtenue par les paix de Hoskild et de Copenhague , à prendre sou investiture, etc. Christian envoie ensuite dans la l'oméranie une Hotte danoise , renforcée par une escadre hollandaise , et le 2 septembre de la môme année, déclare la guerre à la Suéde. Agissant de concert avec le grand électeur, le roi de Danemark occupe Hoslork et Damgartcn, fait le siège de Wismar qui se rend le 15 décembre, et comme le roi de Suède Charles XI menaçait d'envahir la Sélande , où il aurait pu se rendre en traversant le Sund à ce moment pris par les glaces, Christian, par le conseil de Griffenfeld, retire au commencement de 1670 ses troupes de In Foméranie, et les fait entrer dans un camp retranché près de Kroneborg. Des ordres furent donnés en même temps |*»ur raser les fortifications des places du Holstein appartenant au duc de Holstcin-Gotlorp, parce qu'elles exigeaient de fortes garnisons, tandis que l'amiral ISicfs Jucl, commandant sa (lotte, s'empare de l'Ile de Gottland (lrrmai). Ce fut quelques mois après la prise de Wismar, dont le roi attribuait l'honneur à Griffenfeld, que les ennemis de ce ministre, lui faisant un crime du sage conseil qu'il avait donné d'interrompre la campagne en l'oméranie, et de conduire l'armée en Sélande, le représentèrent comme traître à son roi et à son pnys. Le grand électeur, Frédéric- Guillaume Ulrich, Frédéric Gyldenlove, fils naturel de Frédéric III, l'ennemi le plus acharné du ministre, cl les nobles allemands que sa fermeté contrariait , se réunirent |H>ur exciter les craintes et la jalousie du faible Christian ; et , le 11 mars 1076, r«dra d'arrêter Griffcnfeld fut donné et une commission fut chargée de le juger. La condamnation à mort fut changée en un emprisonnement qui dura vingtdeux ans. C'est une tache pour la vie de Christian. ( Voy. GmrPWMMl). Un mois après, le célèbre Tromp, que Christian venait de nommer amiral général de Danemark, livre bataille près d'Fntholm. sur les cotes du Hleckinguc. a la Hotte suédoise, commandée par l'amiral Laurent Creutz. et lui fait essuyer une terrible défaite. Le 28 juin , les Danois prennent Ystad en Scanie; le lendemain, Christian débarque dans cette provinc'* avec 16,000 hommes, s'empare de la ville et du château d'Ilelsinghorg, de Landseronn et de Chrislianstad, tandis que son adversaire Charles XI extermine entièrement, prés de Halmstad, un corps danois de 2,800 hommes commandé par le général Dunram. L'amiral Tromp ne reste pas de son côté

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inaciif ; car il prend Christianopel et soumet tout le Blerkingue. Le 4 décembre , les deux rois se livrèrent, près de Lund, une bataille sanglante, dont chaque partie s'attribua la tietoire, mais qui fut effectivement à l'avantage des Suédois, car Christian ne put de longtemps entreprendre quelque chose de décisif, taudis que le roi de Suéde s'empara, le M janvier 1077, du cluilcau d'Helsimrhorg, et, le mois suivant, de Carlshamm et de Christianopel, et put former le siège de Chrislianstad. La désunion qui régnait entre les ;illiés , et l'ouverture du congrès de Niméguc, qui faisait prévoir la défection des Hollandais, avaient engagé le roi de Danemark et le grand élci leur à resserrer leur union. Ayant renforcé son année par des recrues et par des corps auxiliaires, Christian reprit Helsingborg le 4 avril, débloqua Chrislianstad, cl, aprèsavoir été repoussé au siège de IVlalmoc qu'il avait entrepris, fui Irnllu le 14 juillet par les Suédois près de Lamlscrona. Mais d'un autre coté la flotte suédoise éprouva un écltec dans les passages de Hostock, et Christian se mit en possession de file de Rfigen. Celte lie, reprise par les Suédois au moi* de janvier 1678, retomba au pouvoir des Danois au mois de septembre, tandis que Chrislianstad en Scauie s'était rendue aux premiers, le 12 juillet précédent. Le Î9 juin 1679, l'électeur de Brandebourg ayant signé, à St-Germain-en-Laye, un traité de paix avec la France et la Suéde, le roi de Danemark, quoique ainsi abandonné par son allié , mais comptant sur l'engagement des du -s de Brunswick de ne pas accorder de passage à des troupes ennemies, se proposa de défendre l'entrée de ses Etats par un corps de 31,000 hommes qu'il voulut porter sur l'Elbe. Cependant le duc de Joyeuse, parti de Minden à la lètc d'nn détachement français , força le territoire de Luncbourg et entra dans le comté d'Oldenbourg, où il leva des contributions. Cette expédition détermina Christian à faire la paix. Elle fut signée d'abord à Fontainebleau , le 2 septembre 1679, entre la France et la Suède d'une part et le Danemark de l'autre, et ensuite à Lund en Scanie, le 26 septembre - 6 octobre, entre la Suède et le Danemark (I). Les conditions de celle paix furent le renouvellement des traités de Boskilde, de Copcnhagne et de VVcsiphalie, la restitution de toutes les provinces et villes réciproquement prises, dans l'état actuel , etc. Le lendemain de la conclusion de la paix de Lund, les mêmes plénipotentiaires signèrent un traité d'alliance défensive pour dix ans, entre les deux Etats. Avant de retirer les 20,000 hommes qu'il avait dans le Holstein, Christian exigea que les habitant* du Hambourg lui prêtassent serment de fidélité, et, pour les y forcer, il s'approcha de la ville avec soixante-dix canons et trois mortiers, tandis (pie, par ses ordres, le vice-amiral lîjdkc entra dans l'Elbe, le 19 septembre 1679, avec quatorze vaisseaux de ligne. Bien n'eût pu empêcher la ville d'être prise, si les princes allemands et même le roi de France

(1; l'nc convention préliminaire av.ill été yri-c ikmmcnl «ignto ii Limite IC juin |>ir h-s ™ins du lnar>|ius de Feoqitfrr*, suituv- «.id.-ur de fnate à U o>'.r dp Stockholm.

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ne fussent intervenus; un accord fut conclu , et moyennant le payement de 220,000 rivdalcs, le roi icnonça, pour le moment du moins, à ses preienlions. L'allum e que Christian V avait contractée à l und avec la Suéde, sans le concours de Frédéric-Guillaume , avait d'abord cause* une certaine froideur entre les coin* de Copenhague et de Berlin , mai* elles se rapprochèrent ensuite, et le 31 janvier- 10 février U 82, l'ancienne alliance fut renouvelée arcC quelques modifications. La même année, Louis XIV, mécontent du traite de la Haye conclu , le 50 seplembre 1081, entra Otaries XI et les étals généraux, s * rapprocha du Dauemaik, et uu traité d'alliance défensive cl de suicides fut signé au mois d'avril entre ce royaume et la Fiance. Christian en conclut un autre le 4-14 septembre suivant avec l'électeur de Brandebourg et levéque de Munster. De nouvelles contestations s ciant élevées, après la pais de Fontainebleau, entre Christian et le due de Holslein- GoUorp, ce dernier devait, comme membre du corps germanique , (te* contributions |kjui les (rais d'une guerre que l'Empire avait soutenue, que l'Empereur avait déléguées au roi de Danemark, et que le duc refusait de payer. Après avoir vainement réclamé, le roi de Danemark refusant d'à I mettre l'intervention de l'Empereur, et se voyant appuyé par la France, résolut de terminer lui-même par la force ses différends avec !a branche cadette de sa maison, et d'employer contre le duc de Coltorp les troupes qu'il avait rassemblées dans le Holstein au commencement de 1081, pour faire rentrer des arriérés de contributions que les ducs de Saxc-Lauenbourg et de Mecklcmbourg devaient encore. Il lit entrer des troU|ies dans la partie ducale du Holsleiu , déclara le due déchu du Schlcsw ig , le força de se retirer a Hambourg et d'en appeler à fin ervetiium du roi de Suéde, de l'Empereur et des Etats du cercle de basse Save. Les choses en seraient peut-être venues à des hostilités, m, par la médiation de l'électeur de Brandebourg, le différend n'eût été terminé le 2D-30 juin 1080, dans un congrès tenu à Alloua et qui s'ouvrit le 18 novembre 1087. La bonne intelligence rétablie par le traité d'Altona ne fut pas de longue Jurée ; elle cessa à la mort du duc de Gollorp, Christian Albert, qui eut lieu en 1694. Son lils et son successeur, Frédéric IV, mécontent du gouvernement danois, lit entrer brusquement dans le pays îles troupes suédoises , ordonna la construction de quelques nouveaux forts, et conclut au mois de février 16%, en son nom et en celui du roi de Suéde, avec l'électeur de Brunswick -Lunebourg, une alliance intime , ayant pour but le maintien de sa souveraineté que les Danois lui contestaient. Les conférences de Pinneberg, ouvertes le 24 août par les soins de l'Empereur, pour prévenir la guerre qui paraissait devoir éclater, duraient encore lorsque le roi de Suède mourut, le 5 avril 1597. Son lils, Charles XII, élevé avec le duc de Holstein, auquel il donna, en 1608, sa sœur en mariage, se prépara à le soutenir par des troupes, tandis que de son coté Christian conclut à Copenhague, le 24 mars de la même année, avec Auguste II, roi de Pologne, une alliance

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secrète par laquelle on promit de se secourir mutuellement par un corps de 8,<KJ0 hommes. Le roi rie Danemark venait de faire demurc de force les fortilicatioirs commencées par le duc de Gutlorp , cl ce dernier, prolilant de l'état de maladie qui retenait Christian dans son lit, avait lait entrer de nouvelles troupes dans son ducliéet reconstruire de nouveaux forts aux mêmes endroits où avaient clé placés les anciens, lorsque le toi de Danemark inouiul, le 2.ï août 100;), des suites d'une blessure grave qu'un cerf lui avait faite à la chasse l'année précédente* Quoique d'une forte constitution, Christian V se livrait à de tels excès, soit à table, soit à la chasse, et supportait de telles fatigues, qu'il n'avait pas atteint l àge de cinquante ans qu'il était déjà accablé d'infirmités et qu'on prévoyait que sa vie ne se prolongerait pas longtemps. Aussi n'a-til guère dépassé sa 55* année. Ce prince n'occupe pas un rang distingué d ois l'histoire, quoique ce soit sous son règne qu'aient été publiées, ainsi que cela a été dit, les deux codes importants dont la plupart des dispositions régissent encore le Danemark et même la Norvège Ils étaient l'o uvre de Griffcufekl, auquel on doit presque tout ce qui a clé lait de bien en Danemark pendant la vie de Christian, qui se montra ingrat envers ce ministre en le laissant languir si longtemps en prison, et ne daignant même pas s'en occuper, lorsque, dans son voyage eu Norvège, il arriva prés de la forteresse de Munkholm où il était enfermé. ta faiblesse de caractère était un des défauts les plus saillants de Christian V, qui, du reste, était brave et lit même la guerre avec quelque gloire , quoique sans avantage pour son pays. Il eut de son mariage avec Charlotte - Amélie : Frédéric IV, qui lui succéda, deux autres princes, Charles et Guillaume, et une princesse, Sophie-Hedevïg. morts tous trois sans postérité. N.-D. Riegels a publié en danois une histoire de Christian V, pour servir d introduction à celle de Frédéric 1 V delloyer, Copenhague, 1792, t vol. in-8«. D— z-s.

CHRISTIAN M, roi de Danemark, pelit-lils du précédent, et lils de Frédéric IV et de Louise, princesse de MccMembourg, naquit le 50 novembre (10 décembre) 1699. Lorsqu'il succéda à son père, le 12 octobre 1730, il était âgé de plus de trente ans. Son laractére sombre et misanthropique s'assombrit encore davantage après qu'il eut épousé, le 7 août 1721, la princesse Sophie- Madeleine de Cuhubach-Baircuth, et qu'il eut pris, auprès de lui, en 1729, un prêtre allemand nommé Jean- Barthélémy bluhme, appartenant à la secte des piétislcs. Cet homme exerçait une grande influence sur la reine, et par elle sur l'esprit du roi. A leur cour régnaient à la fois une splendeur asiatique et une roideur afleetee. lisse laissaietrt rarement voir par le peuple (I), et, toujours environnés de courtisans et de gardes du corps, ne semblaient exister que pour observer une fastidieuse étiquette ou pour se

(1) Lorsque le mi nu h reine devaient sortir en voilure, il u'c- Uii permis i personne de se trouver sur le cueuiin qu'ils allaient suivre.

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livrer à des pratiques religieuses. En montant sur le trône, Christian s'empressa d'éloigner les ministres de son pire et de s'enlourcr d'hommes nouveaux, presque tous Allemands et favoris de la reine. Ce fut par leur eonseil nue, quinze jours ù peine après la mort de Frédéric IV, il supprima, par une ordonnance du 30 octobre la milice organisée sous le régne précédent, voulant donnrr, porte le préambule, à ses chers et fidèles sujets un témoignage de sa tendresse pour eux en les débarrassant d'un fardeau devenu trop pesant pour le pays en général, et pour les jeunes bommes en particulier. Puis, par une contradiction manifeste, des ordonnances successives, dont la première n'était postérieure que de quelques semaines seulement, apportèrent des modifications qui aggravèrent le sort des paysans, et enfin, deux ans après, une nouvelle ordonnance rétablit la milice. Ecoulant trop les conseils de Blubme, bomme honnête, mais intolérant et despote par caractère, Christian rendit d'abord une ordonnance pour la célébration du dimanche et des autres jours de fétc et de jeûne (bededage), dans laquelle tout commerce et tout travail, même pour gagner sa vie, étalent interdits. Plus tard, lorsque Blubme devintronfesscur du roi [eonfcsùonarius), et que son influence fut augmentée, de nouvelle* ordonnances prescrivirent, sous des peines graves, des amendes, et même, à la campagne, par la condamnation au pilori, d'ass ster régulièrement aux divers oflices du malin et du soir, d'écouler avec respect la parole du prédicateur, et de ne se permettre aucun délassement, même le plus innocent. L'inspection générale de l'église établie par le roi s'exerçait avec une telle sévérité, qu'on pourrait presque l'appeler, dit un écrivain luthérien, une inquisition protestante, l.c gouvernement de Christian avait cependant son bon côté ; il fit beaucoup pour les sciences, il améliora le sort de l'université de Copenhague, et il établit la première chaire pour l'étude du droit. On lui doit aussi un collège de médecine et un amphithéâtre d'analomic, une société des sciences, et ce qu'on appelle une société danoise, consacrée à l'histoire du pays, enfin des écoles supérieures et des écoles pour le jieuptc. La révolution qui éclata en Russie à la mort de Pierre II, arrivée le 29 janvier 1730, et par suite de laquelle le prince héréditaire de Ilnlstcin, ennemi du Danemark, fut exclu de la succession, ayant dissipe les rraintes qu'on avait conçues dans ce dernier royaume, la nouvelle impératrice (Anne) se lia étroitement avec Christian, et un traité fut conclu à Copenhague, le 20 juin 1732, entre ces deux souverains et l'empereur Charles VI, dans lequel on stipulait que le dur de Uol>tein-Cottoi p serait invité a renoncer à ses prétentions sur le Sehlcswig, moyennant la somme d'un million de rixdalcs qui lui serait payée par le Danemark (I). L'amitié que les traités de 1720 avaient rétablie entre les deux couronnes du Nord fut resserrée par le traité d'alliance défen-

(I) Le due île HnMrin n'arrrpia |ms l'offre du Il.iiipni.irk, aimant wirm aiirmlre que ries ciironsiancrs plus bvimblf» lui Krmi5>et»l <k U.xt \Am si» dimiî. ilV/. Curistu* Vit.)

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sive signé a Stockholm, le 24 septembre (S octobre) 1734, et dont la durée fut fixée à quinze ans. Deux ans plus tard (1730), Christian eut avec la ville de Hambourg des contestations qui fuient terminées à l'amiable, au moyen d'un payement fait au roi do Danemark de 500,000 marks de Lubcck. En 1739, et le 25 mars, Robert Walpolc, chef du ministère anglais, obligé de céder à l'opinion publique en faisant des préparatifs de guerre, conclut avec le Danemark un traité de subsides. En 1742, Christian se lia avec la France par un traité de commerce. La situation critique où se trouvaient, en 1743, les Suédois, à cette époque encore en guerre avec la Russie, tandis que leur trône élait vacant, les porta à jeter les yeux sur le Danemark pour y chercher un monarque. Christian VI leur offrit, à cette occasion, une alliance offensive et défensive, et l'envoi de doure vaisseaux de ligne et d'un corps de 12,000 hommes prêts à être transportés en Finlande, s'ils voulaient élire son (ils, le prince Frédéric. Mais, par suite des démarches de la Russie, devenue par crainte plus conciliante, cetle proposition ayant été rejeléc, le prince Adolphe-Frédéric de Holstcin-Goltorp, évéque de Lubeck, fut élu successeur an trône de Suède. Cette élection faillit à impliquer les Suédois dans une gueire avec le Danemark. Christian VI protesta et se préparait à soutenir par la force des armes ce qu'il appelait les droits de son fils ; mais, après plusieurs pourparlers, on convint, le 24 février 1744, d'un arrangement. Par des déclarations réciproques, le prince royal de Danemark renonça à ses prétentions au trône de Suède, et le roi et les étals de ce royaume renouvelèrent la paix de 1720 cl l'alliance de 1731, et promirent d'employer leurs bons oflices pour faire renoncer le prince Adolphe-Frédéric à ses droits éventuels sur le Sehlcswig. Le dernier traité de quelque importance, conclu pendant la vie de Christian VI, est celui du 40 juin 1746 avec la Russie , tar lequel cette puissance promit ses bons offices pour terminer le différend rclatifau partage du Sehlcswig. On a vu plus haut que si le gouvernement de Christian VI avait commis beaucoup de fautes, il y avait aussi quelques louanges à lui donner en ce qui concerne particulièrement les sciences et la diffusion de l'instruction publique. Nous devons ajouter (pic Christian VI profita des loisirs de la paix, qui ne Tut pas troublée un seul instant sous son règne, pour améliorer à quelques égards la situation intérieure du pays; il favorisa l'exploitation des mines; autorisa pour quarante ans, en 1732, une nouvelle compagnie asiatique danoise , devant faire le commerce à la fois daus les Indes orientales et à la Chine ; et comme les Hollandais refusèrent d'assurer ses vaisseaux, il lit créer une société d'assurances maritimes , dans laquelle il prit, ainsi que toute la famille royale, un grand nombre d'actions. Il chercha à étendre et à régulariser le commerce du Finmark , de l'Islande et du Groenland , et acquit de la France, en. 1733, l'Ile de Ste-Croix dans 1rs Antilles. Les sommes ronsidérablcsqu'il dépensa pour reueouragement des fabriques et des manufactures, qu'il chercha à soutenir en outre par des droits sur

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les produits similaires étrangers, ne Turent pas toujours judicieusement employées. Sous son règne le commerce de la Norvège commença à prendre vie, cl l'exportation du bois de construction y lit entrer de fortes sommes. Alin de faire établir des fabri pies dans ce royaume, cl [tour découvrir et employer ses divers produits, il eréa, en 1730, la compagnie dite compagnie noire ( torte Compagni ) qui assura la liberté des travaux des mines, qui profitèrent en général sous Cbristian VI. Par les soins du comte «Je Daneskjold, dont l'administration fait époque dans l'histoire de la marine danoise, les floues royales Turent augmentées et devinrent les véritables remparts du Danemark et de la Norvège ; des bassins Turent creusés, des magasins Turent construits et bien approvisionnés, on cura plusieurs des ports des deux royaumes , et l'on dressa des cartes marines pour guider les navigateurs; l'enseignement des cadets Tut mis sur un meilleur pied, et néanmoins Daneskjold mit tellement d'ordre et d'économie dans les travaux qu'il fit exécuter, que, pen lant son administration , il épargna de grandes sommes à l'État. Mais l'un des grands vices du gouvernement de Christian fut la mauvaise direction des finances. Ouoiqu'il eût trouvé à la mort de son père l'État entièrement libéré de dettes, et plus de 3 millions de rixdales dans les caisses publiques, lorsqu'il mourut, le 3 août 1746, c'est-à-dire après seize ans de règne, le royaume était obéré de plusieurs millions, et les caisses ne contenaient pas un seul schelling pour faire face aux dépenses courantes. Le trop grand nombre de bâtiments que Christian lit construire, la somptuosité de leurs ameublements, les objets d'art, acquis à grands Trais, qu'il y entassait, Turent une des causes de cette pénurie. On n'eût point blâmé ce prince s'il se fût borné à créer des établissements utiles, tels que des hôpitaux, des caisses contre l'incendie, d'autres au profit des veuves, des employés, etc., etc. ; encore eût-il dû calculer , avant de les entreprendre, les ressources de l'État qui devait les payer. De son mariage avec Sophie-Madeleine de Calmbach-Bareuth il eut Frédéric (V), • m; lui succéda, et Louise, mariée à Ernest- Frédéric, duc de Saxe-Hildburghauscn. D— z— s.

CHRISTIAN VII, roi de Danemark, petit-fils du précédent, né le 20 janvier 174!), du premier mariage de Frédéric V, son prédécesseur, avec Louise, fille de George II, roi d'Angleterre, monta sur le trône à l'âge de dix-sept ans, le 43 janvier 1766. Après avoir marié, au mois d'octobre de la même année, Sophie-Madeleine, sa srrur ainéc, à Gustave, prince royal de Suède, il fit célébrer, le 8 novembre suivant, au chaicau de Chrisliansbourg, son propre mariage avec Caroline-Mathildc, scrur de George II, roi d'Angleterre, qu'il avait épousée par procuration le mois précédent : les deux époux furent couronnés le 1" mai 1767. Un traité provisionnel venait d'être conclu à Copenhague le 41- 22 avril de cette dernière année entre la Russie et le Danemark, par lequel cette dernière puissance cédait le comté d'Oldenliowrg et de Dchncnhorsl, en échange de la portion ducale du duché de Schlcsw ig, '

et la jeune reine était acouchée, le 28 janvier 1768, du prince Frédéric, devenu plus tard roi de Danemark, lorsque Christian résolu i, contre l'opinion de BcrnstorlT, son principal ministre, d'entreprendre mi voyage à l'étranger. Parti de Copenhague le 8 mai, ce fut dans le llohtein qu'un personnage, devenu depuis si célèbre, Jean-Frédéric Struensèc, se joignit à sa suite; il avait été nommé, dés le 5 avril, son médecin pendant le voyage. Christian parcourut l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France; et se livrant aux conseils de son favori, le comte de Holck, il montra, pendant son séjour dans ces pays, une prodigalité extravagante, et se livra à toutes sortes d'excès qui affaiblirent à la fois son esprit et son corps. Tel est cependant le prestige de la royauté, qu'un prince qui ne se faisait distinguer par aucune qualité remarquable fut complimenté en France par des académiciens, et qu'en Angleterre sir W. Jones lui dédia sa Fie de Nadir- Sehah. Il fut même reçu docteur en droit à l'université de Cambridge. De retour à Copenhague, au mois de janvier 1769, Christian laissa la direction nominale des affaires entre les mains de Dcrnstorff ci des anciens ministres; mais, de fait, c'étaient la jeune reine et les favoris du roi qui y prenaient la principale part. L influence de Siruensée surtout faisait de rapides progrès; chargé par le crédit de Matliildc de la direction de l'éducation de l'héritier du trône, il devint successivement lecteur du roi, conseiller de conférence, et parvint enfin à faire renvoyer le comte de Hernstorfï, le 13 septembre 1770. Des le lendemain, pour s'attirer la faveur du public éclairé, il fit rendre un rescrit qui abolissait la censure des livres ; le 27 décembre suivant, un acte royal supprima le conseil prive (Geheime StaU- Conuil) ; d'autres réformes furent faites dans l'administration, la marine et l'armée de terre, et Struensée qui déjà gouvernait le royaume sous le titre modeste de maître des requêtes, fut nommé ministre du cabinet, et obtint un ordre du roi pour que tous les départements de l'administration lui obéissent, même sur sa simple signature, et sans qu'il fût nécessaire de produire celle du roi. Plusieurs des mesures adoptées par Struensée, quoique bonnes en elles-mêmes, étaient peut-être intempestives. La presse, rendue libre par lui, l'accabla de ridicules et de reproches. Il s'était attiré la haine des nobles et de la reine douairière, qui excitèrent coulre lui les militaires el même le peuple. Profitant de ses imprudences et de quelques démarches inconsidérées de la jeune reine, le 15 janvier 1772, à la suite d'un bal, Juliannc-Marie pénétra avec sou fils le prince Frédéric, le comte de Rantzau cl quelques ollicicrs, dans la chambre à coucher du roi. A force d'importunités el même de menaces, et en cherchant à persuader au malheureux prince, dont l'esprit était extrêmement affaibli, que la reine et Struensée s'occupaient en ce moment de préparer son abdication, ils le contraignirent à signer l'arrestation du ministre el de ses amis, et même celle de Matliildc. Struensée cl son ami Urandt furent décapités après un jugement rendu par des commis-

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saii-cs, et la jeune reine fut enfermée d'abord au château de Kroneborg, avec la princesse Louise- Augusta, sa fille, qu'elle allaitait encore. Ayant été rendue à laiterie sur les représentations de l'ambassadeur d'Angleterre, elle lui ensuite menée àZell, où elle termina ses jours dans une espèce île captivité. {Voy. HATHILDI ctSTiit'ENStE.) 1-e lendemain, le roi se laissa traîner avec le prune Frédéric, son frère, dans une calèche découverte attelée de huit chevaux blancs, et parcourut loules les rues de Copenhague comme un triomphateur qui vieillirait de sauver son pays. Le soir, celle capitale fut illuminée, et le mt-iuc jour les temples luthériens retentirent d'invectives eonlre la reine el les minisires déchus. Cependant Juli.innc-Maiie et son lils s'emparèrent de la gestion dis affaires, en parla géant les premié res dignités de ILtal entra les conspirateurs qui les avaient secondés, et en se servant du nom du roi, qui, dès lors considéré ami nie insensé, ne régna plus que de nom. Le professeur Ovc Guldbcrg. conseiller d'État, qui avait tracé le plan du complot, secrétaire du cabinet du prince Frédéiie, diiigea bientôt l'administration, il commenta par anéantir un grand nombre des institution! dues au génie réformateur de Slruenséc, et dont plusieurs ont été rétablies plus lard dans le cours de son ministère. Guldbcrg adopta quelques mesures utiles; mais on doit reconnaître qu'en général le système suivi par lui manqua de fermeté. Le V août 1773, la Russie et le Danemark conclurent à St-Pélersbourg une alliance perpétuelle et secrète suivie d'uuc convention séparée relative aux afiaires de Suède; traites qui entraînèrent, en 1788, le Danemark dans la guerre que Gustave III lit a la Russie. Pendant la guerre de l'indépendance américaine, le Danemark, après s'élre concerté avtc la Russie el la Suéde, déclara d'abord que la Baltique élait une mer fermée, ensuite qu'il voulait maintenir sa neutralité par la force des armes (mai el s juillet 1780). Ces principes turent énoncés dans la convention conclue à Co|icnliague, le 9 de ce dernier mois, entre le Danemaik cl la Russie, qui eu conclut une semblable avec la Suéde, le t" août suivant. Ces conventions «ont connues dans l'histoire sous le nom de traités de la neutralité armée. Le prince royal, ayant atteint sa seizième année le 28 janvier 1784, mécontent de se voir écarlé des ariaires, résolut de se mettre à la tétc du gouvernement. Après s'élre concerté avec plusieurs ennemis de la reine Julianne- Marie et de son fils, et s'être assuré du concours des principaux officiers commandant les régiments en garnison à Copenhague, il lit signer au roi son père les pouvoirs nécessaires, et, eulranl dans la salle du conseil, dont quelques membres étaient gagnés, il annonça que, dés ce moment, on n'aurait d'ordre à recevoir que de lui. Cette révolution intérieure n'éprouva aucune opposition, et, dés ce moment, Frédéric gouverna l'Etat, comme si son père n'eût pas existé, quoique tous les actes fussent toujours faits au nom de ce dernier. L'un des premiers soins du prinre royal avait été de rappeler auprès de lui le comte André -Pierre de DernstorfT, et de s'aider de

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ses lumières. Ce fut par les conseils de cet lwmuie d'État, qu'en 1791, le Danemark offrit sa médiation entre la Russie et la Porte Ottomane ; qu'en 179-2, il refusa d'entrer dans la première coalition contre la France, et qu'en 171*5. il accepta lu mission de négocier la paix entre l'Empire cl la France. Ce fut aussi le Danemark qui conclut, le 26 décembre de la même année, l'arrangement par lequel l'auguste orpheline, lillc de Louis XVI, fut remise au comte de Garres, plénipotentiaire autrichien. Ce fut encore sous le ministère de Bernstorf, qu'en 1794,1e Danemark défendit l'introduction, a dater du 1" janvier 1804, d'esclaves dans les colonies soumises a son sceptre, en laissant toutefois à ses sujets la faculté de faire la traite dans les |iays étrangers. Maigre la convention conclue le 27 mars 1704 entre la Suéde et le Danemark, pour la défense de h ur neutralité et de celle de leurs sujets, et quoique les flottes suédoise el danoise eussent stationné dans le Sund en 1794 et 1795, le traité de Copenhague ne put préserver leur commerce des vexations et des injustices que la Grande-Drclagne et la France concoururent à l'envi à cvtreer contre eux. Ils ne purent faire admettre non plus par la première de ces puissances le droit de convoi. Rerustorff avait cesse d'exister. ( Yoy. Pernsturff } Pendant son ministère, le Danemark n'eut qu'une guerre de peu de mois avec la Suéde, qu'un corps de 20,000 hommes de troupes danoises avait envahi au mois de septembre 1788, en exécution des traités d'alliance avec la Russie, de 1768, 1769 et 1773. Sur les instances des ministres de Prusse, d'Angleterre et des Pays-Bas, le Danemark déclara qu'après en avoir obtenu l'agrément de l'impératrice de Russie, il consentait à embrasser la neutralité. Les 16 et 18 décembre 1800, il fut formé à St-Pétersbourg une espèce de quadruple alliance, quoique |iar des traités séparés, entre la Russie, la Suède, le Danemark et la Prusse, pour garantir la liberté do la navigation et la sûreté du commerce des puissances neutres compromises dans la guerre maritime entre l'Angleterre et la France. On y établit «lue tout bâtiment doit être recardé comme propi ieié du pays dont il porte le pavillon, s'il est commandé par un capitaine de ce pays, s'il a la moitié de son équipage composé de naturels, et enfin s'il est muni de passe- ports en bonne el légitime forme. Le gouvernement anglais, mécontent de ces conventions, mit, le 11 janvier 1801, un embargo sur les vaisseaux russes, suédois et danois, donna des ordres pour s'emparer des lies danoises aux Indes occidentales, et lit armer une flotte destinée pour la Baltique. Malgré l'embarras dans lequel se trouva placé le Danemark, il ne s'empressa pas moins d'accéder saus condition i la neutralité du Nord, par un acte publié le 27 février suivant. Sans user toutefois de représailles à l'égard de l'embargo mis en Angleterre sur ses vaisseaux, il réunit une arrocc dans le Kolstcin, et fit occuper au mois de mars et d'avril Hambourg et Luberk par des corps de troupes ; et laisant un apjwl au peuple, il ordonna en outre une levée extraordinaire composée de tous le»

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hommes âgés de moins de quarante-cinq ans qui araient (ait la guerre, ou qui, d'après les lois, y étaient engagés. En même temps que la flotte anglaise s'approchait du Sund, des propositions d'arrangement furent faites par des agents du cabinet de St-James ; mais elles étaient d'une telle nature, que le gouvernement danois ne put avec honneur les accepter. Dés lors l'amiral Parker força le jwssage du Sund, et le 2 avril 1801, une division de la flotte, sous les ordres de Nelson, s'étant approchée de Copenhague, attaqua la flotte danoise, inférieure de moitié à celle des Anglais, et la battit après un combat de quatre heures. Un armistice fut conclu le 0 avril, et, dans l'intervalle, l'empereur Paul 1" ayant été assassiné, les hostilités cessèrent entre la Russie et l'Angleterre; le Danemark évacua Hambourg et Lubeck, et, par la convention maritime de St-Pétersbourg, du 17 juin 1801, enire la Grande-Bretagne et les puissances «lu Nord, on établit des principes nouveaux a l'égard du commerce neutre, savoir : que le pavillon ne couvre pas la marchandise, et que la visite peut se faire sur des bâtiments allant sous convoi, principes qui excitèrent un vif nu-contentement en Danemark, ou on n'accéda a la convention que le 23 octobre. Par une déclaration du roi de Danemark, du 9 septembre 1806, le duché de tlolsteiu fut incorporé à la monarchie danoise. Le Danemark avait maintenu, depuis le commencement de la révolution française, sa neutralité entre la France et l'Angleterre. Après la paix de Tilsilt (9 juillet 1807), le moment était venu où il devait être forcé de renoncer à une poliil pic avantageuse à l'industrie de ses habitants, dont te commerce avait été immense. Le ministère anglais se méliant du Danemark, et soupçonnant le gouvernement français de vouloir s'emparer de la flotte danoise pour la luire servir contre l'Angleterre, se décida â le prévenir en frappant un coup décisif. Teintant que le prince royal réunissait une force inv Itosnnie dans le Hulstein, une flotte anglaise de vingt-trois vaisseaux de ligne, de quelques autres vaisseaux d'un rang inférieur et de cinq cents vaisseaux de transport chargés de troupes de débarquement, passa le graud Belt qu'on avait jugé jusqu'alors impralicahlc pour de gros vaisseaux, et se présenta le 3 août dans le Sund. La proposition de livrer à l'Angleterre la (lotte danoise pour être conservée jusqu'à la paix ayant été rebuée plusieurs fois avec indignation, le bombardement de Copenhague commença le 2 septembre, et pendant les trois jours qu'il dura, une grande partie de la ville fut détruite. Le 7, la ville capitula, et la flotte danoise (ut emmenée par les Anglais. Cet événement rapprocha le Danemark «le la France, avec laquelle il conclut, le 31 octobre 1807, le traité d'alliance de Fontainebleau, et il l'impliqua, au commencement de 1808, dans une guerre avec la Suède. Vers la fin de 1807, le Danemark avait perdu ses colonies d'Amérique. Ce fut le 13 mars 1808 que le roi Christian VII, qui avait couru, avant le siège de Copenhague, quelque danger de tomber entre les mains des Anglais, mourut à Rendsbourg, dans le Holstein, où on l'avait

emmené, après un règne nominal de quarante-deux ans. 11 avait eu, de son mariage avec Malhilde d'Angleterre, un fils qtii lui succéda sous le nom de Frédéric VI, et une fille, Louise-Auguste, mariée, le 7 mai 1786, à Frédéric Christian, prince héréditaire de Holstein-Sunderliourg. D — /—s

CHRISTIAN, archevêque de Hayence, prélat passionné pour la guerre, fut envoyé deux fois en Italie par l'empereur Frédéric Barberousse, avec un commandement militaire. Dans sa première expédition, il contraignit en 1167 le peuple de la campagne de Rome à jurer obéissance à l'antipape Pascal III, et il remporta sur les Romains une grande victoire près de Tusculum, le 50 mai 1 167. Christian passa de nouveau en Italie en 1171, pour prendre lo commandement des Gibelins toscans. Après avoir discipliné leurs troupes, il entreprit, en 1174, le siège d'Ancone, l'un des plus mémorables du 12* .siècle, par l'union d'une flotte a une armée pour resserrer la ville, par l'emploi de machines de guerre nouvellement inventées, et bien plus encore par la généreuse constance des habitants. Ceux-ci, qui étaient déjà réduits aux dernières extrémités, furent déliviés par l'approche de l'armée qu'avait levée pour eux Guillaume des Adclardi. Christian, obligé de s'éloigner d'Ancone, continua cependant de combattre les Guelfes et les ennemis de Frédéric jusqu'à la trêve de Venise en 1177. S'étant réconcilié a celte occasion avec le pape Alexandre III, il ne se montra pas moins zélé pour l'Église qu'il l'avait été auparavant pour l'Empereur. Il fil au nom du pape la guerre aux nobles de Viterbe. Fait prisonnier dans un combat, Christian fut retenu deux ans à Padoue dans un cachot où il était lié avec des chaînes de fer. Ce ne fut point encore pour lui une raison de renoncer aux armes, et il mourut dans les camps près de Tusculum, en 1183. S— S— I.

CHRISTIAN (Charles), on, comme il est nommé au bas de son portrait, gravé en manière noire par VVitt, C/iaWr*-Cnri*lten Reisen, naquit à Londres vers 1693. C'est le seul graveur en pierres fines dont l'Angleterre puisse se (aire honneur. Son père était Danois, et lui-même un graveur assez estimé. Il était venu s'établir a Londres à la suite du roi Guillaume, auquel il était attaché. C'est dans cette ville qu'il enseigna son art â son fils, qui ne tarda pas à le surpasser. Les ouvrages de ce dernier l'ont mis au rang des premiers gravenrs modernes sur pierres fines. Peu d'artistes ont eu autant de facilité. Il a fait un grand nombre d'ouvrages qui sont fort recherchés : le portrait de Charles XII, roi de Suède, vu de trois quarts, est une de ses meilleures gravures ; elle est comparable, dans plusieurs détails, aux plus belles pierres antiques. On pourrait cependant lui reprocher, ainsi qu'à quelques autres ouvrages de Christian, de manquer d'une certaine finesse dans la touche. Il mourut à Londres, en 1723. Christian a eu plusieurs élèves, parmi lesquels on distingue Scaton, Écossais, qui mettait nn grand fini dans ses gravures ( on a de loi les portraits de Jean Newton, de Pope et d'Inigo Jones); Smart, qui avait une exécution très-facile, puisqu'il gravait

plusieurs têtes en un jour; enfin Claus, mort fou en

ma. a— s.

CHRISTIAN I (Gcii.i.aume-Eiiîcest), historien nllemaml, no en 1731, à Kicl, capitale du Holstein, lut professeur de philosophie, d'éloquence et d'histoire prés de l'iinivcrsité de cette ville, où il mourut le 1" $eptemhrc 1793. Outre un grand nombre d'articles qu'il fournit aux journaux littéraires de Rerlin et de léna les plus estimés, et une traduction allemande des Éléments d'Histoire générale de Millot, commencée par son beau- père, le pasteur Miclck, à laquelle il ajouta des notes, et dont il lit seul les 1. 10 i 12, il a publié, en allemand : I" Histoire de la réunion des diverses croyances en Allemagne et dans les duchés de Slestcig et de Holstein, Hambourg, 1773, in-8". 2* Histoire des duchés de Schlesicig et de Uolstein, tirée de pièces authentiques, ibid. , 1773 - 84, 6 vol. Cet ouvrage capital et trèseslimé, mais qui n-'esl pas Ici miné, est écrit en allemand cl a élé traduit en danois par J.-E. Heilmann Odense, 1778, in-4«. Hegewisch en a donné la continuation. 3" Un grand nombre de dissertations sur divers points de théologie, de philosophie, de droit public et de mathématiques. C M. P.

CURISTIE (Thomas), écrivain écossais, lilsd'un marchand de Monlrosc, naquit dans cette ville, au mois d'octobre 176f,et, dès qu'il eut Uni ses éludes, fut placé dans une maison de banque. Mais celte carrière, dans laquelle au reste il acquit toutes les connaissances financières, n'était point en harmonie avec ses goûts, et toutes ses heures de loisir étaient consacrées a des études littéraires ou scientifiques. Cette irrésistible direction de son esprit le lit aller à Londres en 1787, pour se livrer à la médecine. Là, bientôt il entra, sous les auspices du docteur Simmons. au séminaire de Westminster. Il revint ensuite en Ecosse, suivit pendant deux hivers des cours de médecine a Edimbourg, puis se mit à voyager pour ajouter a la masse de ses connaissances. Doué d'une grande flexibilité d'esprit, Christie, en se lançant dans le domaine de la pathologie et de la clinique, ne se vouait pas exclusivement à ces sciences. Dès son arrivée à Londres, il avait recherché la société des hommes de lettres avec non moins d'amour que celle des savants : philosophie, théologie, poésie, histoire, tout avait successivement captivé son encyclopédique imagination. Une de ses lectures favorites était celle des journaux littéraires étrangers, et peu de personnes en Angleterre étaient plus aptes que lui à traiter un point de critique ou d'histoire littéraire. Quelques discussions de ce genre lui donnèrent l idée d'un écrit périodique consacré a l'analyse et à l'apprécialion des oeuvres d'esprit, et au mois de mai 1788 , il commença la Revue analytique \ Analytical Rcvicw ) , modèle suivi depuis un demi-siècle par tant d'autres publications. La réputation dès lors acquise à Christie lui \alut un brillant accueil en France, où il vint à l'aurore de la révolution. Reçu partout, il eut de fréquents rapports avec les coryphées des doctrines nouvelles, les ÎSccker, les Mirabeau, lesSieyes, et il relourua en Angleterre convaincu de linUillibililé de ces politiques, et de la prochaine régénération du

genre humain (1). Il ne lui vint pas même en tète que peut-être ses intérêts auraient a souffrir de la tempête que déjà les vrais hommes d'État pouvaient prévoir. Christie pendant son séjour en France avait reçu des offres avantageuses d'une forte maison de banque anglaise, et i»" avait point cru devoir refuser ce qu'il regardait comme ne devant être qu'une sinécure commerciale. Il s'aperçut bien vite, lorsqu'il eut remis le pied à Londres, qu'il n'en était point ainsi, et en 1792 il sortit de l'association, mais pour prendre un intérêt dans une fabrique de Finsburg- Square. Quelques arrangements de commerce le forcèrent, en 1796, à s'embarquer pour Surinam: l'insalubrité du climat altéra sa santé délicate, et une mort prématurée l'enleva au mois d'octobre de la même année. Celle perle Tut vivement sentie en Ecosse surtout, où son incontestable talent avait trouvé parmi ses compatriotes de nombreux et fervents admirateurs. Le principal écrit de Christie est son volume de Mélanges de philosophie, de médecine' et de morale, 1789, in-8*. Cet ouvrage, dont le style est pur, la morale persuasive, la pensée toujours ingénieuse et quelquefois profonde, se compose d • plusieurs parties qui n'ont ensemble aucune liaison, mais qui par là même dénotent les diverses études auxquelles se livra successivement l'esprit délicat et souple, mais vacillant et un peu capricieux de Christie. Ce sont : 1 • des Observations sur le caractère et le talent littéraire des premiers écrivains chrétiens, morceau conçu dans le dessein de réfuter les imputations superficielles de Gibbon, de Rousseauet de Voltaire, qui faisaient de ces illustres défenseurs de la foi des ennemis de la philosophie ( lu (tour la première fois à la société des antiquaires d'Ecosse). 2° Des Réflexions sur U caractère de Pampkile de Césarée. 3* ^Considérations sur létal et l'éducation du peuple. 4 e Des Pensées sur l'origine det connaissances humaines et sur Canliquité du monde. 5- Des Remarques sur l'ouvrage de Ueiner. intitulé : Histoire des opinions des anciens relatives à la divinité, 6» Entin Analyse de l'ouvrage d'Btlis sur l'Origine des connaissances sacrées. On voit, en se reportant au millésime de ce volume piquant et varié, que Christie devait n'avoir que vingt-cinq ans lorsqu'il se livrait aux réflexions qu'il y sème. On trouve encore de lui beaucoup de lettres ingénieuses dans le Gentlemans Uagaiine. Sa lettre au docteur Simmons, dans le London médical Journal, contient les matériaux de la thèse qu'il se proposait de subir pour le doctorat. — Guillaume Christie, né près de Montrose en I7S0, et mort en 1794, probablement de la même ramifie que le précédent, remplit avec distinction les fonctions de l'enseignement, et publia plusieurs ouvrages élémentaires tres-esli-

(<) A son retour en Angtetcire, Christie pullu en 1790 im Esauiue de la murrltt connîtmiim de étante, rl l'année suivante il se ranges au nombre de* advmiires de Boric en faisait paultre des Lettre» $»r la rircUltom 4e Front* H sur I* nourellt caatlilutioH établie par rttse»ttlee UiiUonate. l'u t" \ol. im -8° atatl drji i li- livre ju public, il il aurait été wiiti d'un Sf , si ta constitution d m il s'était fait lap< légiste ii'awit disparu en M lai>*ant a(icè$ elle Que I aiiartlife, D- — z— ?.

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niés. — Jean Christik, mort le 2 foviier 1831 , à limbes, consacra ta lui tune ù In culture des lettres et à la publication du quelques ouvrages, dont un au moins peut être regarde comme classique en son genre. C'est une Diuertaliun sur les vase*, où Cliristic ne montre pas moins de sagacité dans l'appréciation des monuments, dans ses vues sur l'histoire de l'art, que de talent et de goût dans l'exposition des découvertes ou des résultats qu'il développe. L'ouvrage, tiré à un petit nombre d'exemplaires, est Tort rare. On doit encore à Cliristic : 1° Essai Sur l'ancien jeu d'échecs dont l'invention est attribuée à Palamédc; et qu'on prouve avoir été antérieur au siège de 2iw, 1802. Il y prouve même que ce jeu était connu des Cbinois et qu'il fut successivement importe cl amélioré dans l'Inde, eu Perse et eu Europe. 2" Un Essai sur les idolâtries primitives et sur le culte des éléments. 5» La Description du vase de Lami, en possession du duc de Bedford ( imprimée dans la Collection des vases de ce lord ) , cl le Catalogue des vases de ht. Uope. 4" Plusieurs éditions d'auteurs lat'ns et grecs avec des commentaires Uès savants. Val. P.

ClIKISTlN ( Chaules -Gabriel - Frédéric ) , avocat, député à l'assemblée constilunnte, était né le 9 nai 1744, à Sl-Claude, en Franche Comte. Un procès que 1rs main-morlables de la terre de St- Claude intcnlcrcut au cltapilrc de cette ville, pour obtenir leur affranchissement, fut l'origine de sa liaison avec Voltaire. Il sut intéresser au sort de ces malheureux le défenseur éloquent des Calas et des Sirvcn; mais la protection de Voltaire, ses réclamations en leur faveur, les excellents mémoires que publia pour eux Christin, tout lut inutile. Condamnés au parlement de Besançon, l'arrêt rendu contre eux fut conlirmé par le conseil d'Etat. La convocation des états généraux leur rendit l'espoir, et Christin tut député, par le bailliage d'Aval, à cette assemblée. Jl s'y distingua par sa modération, et, après avoir servi ses concitoyens de tout sou pouvoir, il revint modestement au milieu d'eux occuper la place de président du tribunal de district. Les affaires dont il était accablé ne l'avaient point détourné de son goût pour l'étude : 5 volumes in fol. de notes sur l'histoire de sa province et sur d'autres sujets non moins importants furent les fruits de sou application. Celte précieuse collectiou a péri avec son auteur dans l'incendie qui consuma Sl-Claude au mois de juin 1799. 11 avait publié : 1° Dissertation sur V établissement de Cabbaye de St-Cluude, ses chroniques, ses légendes, ses chartes, ses usurpations, et sur les droits des habitants de cette terre, IScufchàlel, 1772, in-8» ; 2? Collection des mémoires présentés au conseil du roi par tes habitants du mont Jura et le chapitre de St-Ctaude, avec l'arrêt rendu par ce tribunal, ibid., 1772, in-8'. Ces deux ouvrages sont ordinairement réunis. Quand ils |«rurent, on les attribua à Voltaire. La Lettre du P. Polycarpe à l'avocat général Séguier, sur te livre des Inconvénients des droits féodaux { voy. Boncerf) , imprimée sous le nom de Voltaire, est aussi tic Chrislin, qui avait fait une étude si particulière de la manière et V1IL

du style de ce grand écrivain , que personne ne reconnut la supercherie. W— s.

CHRISTINE DK FISAN naquit 4 Venise, vers 1565. Son père, 'l'humas de Pisan, conseiller de la république et homme fort instruit, fut appelé en Fiance, en qualité d'astrologue, par Charles V, qui lui donna une place dans son conseil, et lui facilita les moyens de faire venir sa famille à Pari-». Christine avait cinq ans lorsqu'elle arriva au château du Louvre avec sa mère ( 136s). \jc roi les reçut fort gracieusement. Christine fut élevée à la cour. Son pére, qui lui voyait d'heureuses dispositions, voulut qu'elle les cultivât. Elle tut recherchée par un trrand nombre de personnes de distinction , et un jeune homme de Picardie, nommé Etienne du Castel, qui avait de la naissance, de la probité et du savoir, obtint la préférence. Il épousa Christine, qui avait à peine quinze ans, et, bientôt après, il fut pourvu do la charge de notaire et de secrétaire du roi. La félicité des époux ne fut pas longue. Charles V étant mon, Tliomas de l'i&an déchut de son crédit; on lui retrancha une grande partie de ses gages, et le resle fut mal payé. La vieillesse, les infirmités, et surtout le chagrin, le mirent au tombeau. Cluistinc, sa fille, assure qu'il mourut à l'heure qu'il avait prédite ; elle lui donne les plus grands éloges. Après la mort de Thomas, Etienne du Castel, son gendre, se trouva le chef de sa famille. 11 la soutenait encore par sa bonne conduite et par le crédit que sa charge lui donnait, lorsqu'il lut emporté lui-même par une maladie contagieuse, à l'âge de 54 ans. Christine, qui n'en avait alors que vingt-cinq, demeura veuve, chargée détruis enfants. Elle passa les premières années de son veuvage à la poursuite de divers procès, et, après avoir couru de tribunal en tribunal sans obtenir justice, fatiguée d'une vie si contraire à ses goûts, elle ne clterclta plus de consolation que dans la lecture des livres que son pére c sou mari lui avaient laissés, et se mit elle-même à en composer. Ses premiers écrits furent ce qu'elle appelle de petits dictiez, c'est-* dire de petites pièces de poésie, des ballades, des lais, des virelais et des rondeaux. Us lui firent beaucoup de réputation, et le comte de Salisbury, favori de llichard, roi d'Angleterre, étant venu en France à l'occasion du mariage de son maître, lit connaissance avec Christine, la prit en afleclion, et emmena en Angleterre son lils aine, pour le faire élever avec le sien. A quelque lemps de là, Richard fut détronc par Henri de Lancasire, et le comte de Salisbury fut décapité. Henri, qui venait d'usurper la couronne, ayant lu les diverses poésies que Christine avait envoyées au comte, en fut si content, qu'il cheieha tous les moyens d'attirer à sa cour cette illustre veuve. Le duc de Milan lui lit aussi des offres très avantageuses; mais elle aima mieux rester en France, où les princes n'avaient pas moins d'estime pour elle. Philippe, due de Bourgogne, prit a ses gages son fils ainé, nouvellement revenu d'Angleterre, et le même prince lui donna l'ordre d'écrire la vie de Charles V, dont elle avait déjà composé le premier livre lorsque Philippe mourut. Ni la protection dea grands, ni la réputation qu'elle s'était acquise dé»

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lors par la publication tic plus de quinze volumes, lie Pavaient enrichie. Elle avait à sa cliarge une mère âgée, un lils sans emploi et de pauvres parentes. En 1411, le roi lui lit donner 200 livres de gratification. Il parait qu'au milieu de ses adversités, elle reçut quelque consolation de son lils et de sa Mie; elle représente le premier comme un jeune homme d'un esprit très -pénétrant; sa tille était retirée dans le couvent des dames de Poissy. On ignore en quel temps mourut Christine de l'isan, dont le portrait se voit en tête du manuscrit, n° 7,335, de la bibliothèque royale : c'était une fort jolie femme. La douceur de son âme se peint dans ses expressions, et donne à ses ouvrages un degré d'intérêt dont le stj le de son siècle semble peu susceptible. Ils sont in très grand nombre; une partie est m vers, et l'autre en prose ; la première contient : 1° cent lialladcs, en lais, virelais, rondeaux, Jeux à vendre, eu Vente d'amours, cl autres ballades ( manuscrit, n* 7,517 ) ; 2" Êpitre au dieu d'Amour, ibid. ; 3" le Desbat des deux amants, ibid. j 4° le Livre des trois Jugements, ibid. ; 5' le Livre du Jugement dt Poissy. ibid. ; 6* le Chemin de longue estude , ibid., traduit en prose par Jehan Chaperon, et imprimé à Paris en 154'J, in-16; T les Dits moraux, ou Us Enseignements que Christine donne à son fils; 8" le Roman d'Olhéa, ou l'Epistre d'Olhéa à Hector (manuscrit n° 7,223 et 7,641) : l'abbé Sallier l'a fait connaître dans le t. 15 du recueil de l'académie des inscriptions; 9* le Livre de mutacion de fortune (manuscrit n°7,<>87). Les ouvrages en prose sont : 10» Histoire du rot CharlesleSage (mariusc. n" 9,668) : l'abbé Lcbcur l'a publiée, avec des notes, dans le 3e volume «le ses Dissertations sur l'histoire de Paris; H' la rùion de Christine de PUan (manuscrit no 7,394) ; 12» la Ciié des dames, auquel se trouve joint le Livre des trois Vertus (manuscrit n*> 7,395 et 7,399), imprimés sous le litre des Cent Histoires de Troye, Paris, Philippe Pigoucbct , in-4° , sans date ; puis en 1497, in-fol. ; ibid., Ph. Lenoir, 1522, in-J», avec Epitlrc d'Olhéa; 43" Epistre* sur le roman de la Rose (manuscrit n° 7,217) ; 14 " le Livre des Faicls d'armes et de chtcalerie, manuscrit n* 7,067; 15" Instruction des princesses, dames de court, et aullres ; 16» Lettres à la reine Isabelle, en 1 ,405 ; 17* Us Proverbes moraulx et le Livre de Prudence. La vie de Christine de Pisan a été écrite par Boivin le jeune, Mémoires de l'académie des inscriptions, t. 2; par l'abbé Lebeuf, à la tête de Y Histoire de CharUs V, etc. Lue partie des productions de cette dame a été imprimée dans les t. 2 et 3 de la Collection des meilleurs ouvrages composés par des dames. H— t.

CHRISTINE de France, duchesse régente de Savoie, fille de Henri IV et de Marie de Médicis, naquit le 10 février 1606, et épousa, le 11 février 1619, Victor- Amédée 1". L'idée de son mariage avait été conçue par le roi de France un an avant sa mort. Au milieu des événements prêts à éclore du côté de l'Allemagne, ce prince, désirant s'attacher le duc de Savoie, crut devoir lui envoyer, en 1609, Claude de Bullion, conseiller au parlement de Grenoble, pour négocier & la fois une alliance entre la France et le

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duc de Savoie, et le mariage du prince de Piémont avec sa fille. Ce mariage n'ayant point été conclu du vivant de Henri IV, lui différé plusieurs lois par différentes causes politiques, et eut lieu enfin le 10 ou 1 1 février 1 61 9. Avant la mort de Viclor-Amédéc, arrivée le 7 octobre 1637, ce prince déclara Christine régente, et tutrice de son lils aîné et successeur, François-Hyacinthe, ainsi que de ses autres enfants. Hemcry, ambassadeur de France , qui était initié dans les secrets du cardinal de Richelieu, voulut engager le maréchal de Créerai à se saisir de Verceil, et de la personne de Madame royale ( c'est ainsi qu'on nommait la régente ), ainsi que de ses deux lils, comme gage de la fidélité de la Savoie à l'alliance de la France. Cette proposition, à laquelle Créqui se refusait, ayant excité une discussion animée qui fut entendue, Christine se tint sur ses gardes ; elle doubla la garnison de Verceil, et tes Français, qui se présentèrent aux portes en grand nombre le lendemain sous différents prétextes, ne furent pas admis dans la ville. Christine crut devoir alors négocier avec ses deux beaux-rréres, le cardinal Maurice de Savoie et le prince Thomas de Carignan (1 ) , qui depuis plusieurs années avaient embrassé ouvertement le parti de la maison d'Autriche. Elle promit la restitution de leur apanage séquestré par le dernier duc leur frère, en imposant toutefois la condition qu'ils ne rentreraient pas en Piémont, pour ne pas se brouiller avec Richelieu qui avait déclaré que leur retour serait considéré par lui comme un acte d'hostilité. Cette proposition ayant été rejetée, Christine se trouva fort embarrassée ; mais considérant que ses beaux-frères finiraient par taire passer le pays sous le joug espagnol, elle pensa qu'il y avait moins de danger à s'appuyer sur la France. La duchesse eût mieux aimé rester neutre ; mais le roi Louis XI II lui ayant fait déclarer par son ambassadeur Hemery qu'il exigeait une alliance offensive et défensive, après avoir résisté quelque temps, elle consentit à signer, le 3 juin 1636, un nouveau traité d'alliance par lequel les deux parties s'engageaient à faire une guerre ouverte à l'Espagne jusqu'en 1640. Cette puissance cependant ne s'cmlormait pas , ses troupes pénétrèrent dans le Piémont sous les ordres du marquis de Leganez. Ce général s'empara de la place importante de Verceil, le 3 juillet 1638, et poursuivait ses succès, lorsque le jeune duc François-Hyacinthe mourut le 4 octobre suivant, à la suite d'une chute, et âgé seulement de 6 ans. Cet événement ne changea rien a la situation des affaires : le prince Charles-Emmanuel II. second fils de Victor-Amedce, qui n'avait que quatre ans et quelques mois , fut reconnu sans difficulté duc de Savoie, et sa mère conserva sa tutelle, malgré les vives réclamations de ses deux be?ux- frères, et le décret de l'Empereur (G novembre 1638 ), qui la leur accordait, à l'instigation des Espagnols. Christine venait de faire enfermer dans le fort deMontmélian (8 janvier 1639) le jésuite Monod, son confesseur, dont les intrigues

(i) Le célèbre prince Eugène cun pciii-fils du priice «Je "

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avaient déplu au cardinal de Richelieu (eoy. Mo,sor>), U>i-M|uelc prince Thomas commença les hostilités eu pénttranl dans le Piémont à la léte d'une armée espagnole. Il «'empara de plusieurs places, et lit des progrès tellement rapides que la régente se vit obligée d'envoyer son fils et ses trois filles au château de Chambéi y, et de s'enfermer elle-même dans Turin avec le cardinal de la Valette , déterminée à y attendre un sié^e. La duchesse, dans sa détresse, pressée par Richelieu de recevoir les Français dans les prim ipales places, supplia les princes de déposer les armes et de s'entendre avec elle, plutôt que de livrer leur pays à l'éiranjcer ; mais ces avances furent repoussées. Le 24 juillet 1639, le prince Thomas surprit Turin , et la récente eut à peine le temps de s'enfuir dans la citadelle avec ses pierreries et ses papiers. Elle passa ensuite à Suzc , et eut peu après une entrevue à Grenoble avec son frère Cl Richelieu , dans laquelle elle refusa, avec la plus grande fermeté, de laisser occuper toutes les forteresses savoisiennes par les Fiançais. Après des succès divers et beaucoup d'intrigues compliquées, les princes, mécontents des Espagnols, se déterminèrent a entrer en négociation avec leur belle-sœur et la cour de Fiance, et un traité fut enfin conclu entre eux le 16 juin 1642. La duchesse demeura régente , mais la licutenance générale du comté de Nice fut donnée au cardinal Maurice, qui, renonçant aux ordres sacrés, épousa la princesse Marie, sa nièce, et la lieutenance générale dTvrée et de Drille fut donnée au prince Thomas. Malgré ces arrangements, une extrême jalousie n'en continua pas moins de régner entre la régeule et ses deux bcaux-fi ères ; elle fut augmentée par les avances que Richelieu et Mazari ii firent aux princes pour les attirer à la France. I n traité conclu entre la duchesse et la régente de France, le 3 avril 1645, au nom de leurs fils encore mineurs , confirma tous les traités précédents, et rendit à la Savoie la possession de toutes les places du Piémont restées jusqu'à ce moment entre les mains des Français. Trois ans après Christine, profitant de l'absence du prince Thomas, conduisit son fils Charles-Emmanuel à Ivrée, où elle fit déclarer sa majorité le 20 juin 1648. Ce prince étant très-peu formé pour son âge, sa mère conserva toute l'auto rite, que son fils ne lui disputa jamais, et gouverna jusqu'à sa mort, arrivée à Turin le 27 décembre 1603. Cette princesse, qui s'exprimait avec beaucoup de facilité en français, en espagnol et en italien, avait eu besoin de son talent et de son énergie pour surmonter les graves difficultés qu'elle avait rencontrées depuis la mort de Yirtor-Amédée ; elle les vainquit en digne fille d'Henri IV. D— z— s.

CHRISTINE, reine de Suède, née le 8 décembre 1626, eut pour père Gustave Adolphe (voy. ce nom), et pour mère, Marie-Éléonore, princesse de Drandebourjr, distinguée par sa beauté, par son esprit ci par son goût pour les arts (1). Gustave, voyant en

(I) Celle princesse avait un caractère biiarrc auquel elle ne donna pas un libre cours pendant la tic de Gustave-Adolphe, qu'elle aimait ». A la mon du roi, sa

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Christine le seul appui de son Irùne, donna les plus grands soins à l'éducation de cette princesse. Il voulut qu elle fui él véc d'une manière forte et mâle, et qu'on l'instruisit dans toutes les sciences qui pouvaient orner son esprit et donner de l'énergie à son caractère. L'ayant conduite à la forteresse de Calmar, lorsqu'elle n'avait encore que deux ans, et le commandant de la place craignant de faire tirer le canon en présence «le l'enfant : « Tirez, dit G usai lave; elle est lillc d'un soldat; il faut qu'elle s'ac- « coutume à ce bruit. » Peu après il partit pour l'Allemagne, et recommanda sa fille dans les termes les plus touchants au chancelier Oxcnsticrn. Gustave ayant terminé sa carrière à Lutzcn, en 1632, les états du royaume s'assemblèrent |iour prendre les mesures qu'exigeaient les circonstances. Christine, qui n'avait que six ans, fut proclamée reine de Suède, et on lui donna pour tuteurs les cinq dignitaires de la couronne, qui furent en même temps chargés de l'administration. C'étaient dis hommes connus par leurs lumières, leur expérience, leur patriotisme; le chancelier Oxcnstiern s'était fait surtout remarquer depuis longtemps par l'énergie et la maturité de ses conseils. Ce fut lui qui obtint la direction des affaires pu Allemagne, et (|ui, de conrert avec les généraux, soutint la gloire et l'influence de la Suède. L'éducation de Christine fut continuée d'après le plan tracé par Gustave-Adolphe (I). Douce d'une imagination vive, dune mémoire très-lieureuse, et d'une intelligence peu commune, elle fit les progrès les plus rapides; elle apprit les langue* anciennes, l'histoire , la géographie, la politique, et dédaigna les amusements de son âge pour ne se livrer qu'à l'étude. En même temps elle manifestait déjà cette singularité de conduite et de caractère dont toute sa vie porta l'empreinte, et qui fut peutêtre le résultat de son éducation autant que de ses dispositions naturelles. Elle n'aimait point à paraître dans le costume de son sexe ; elle se plaisait à faire de longues courses à pied ou à cheval, et i partager les fatigues et môme les dangers de la

encore son penchant rour les singularité*. Lorsjne l'inhumation fui terminée, elle voulut Yisùer son époux dans son sarcophage, et, dans la retraite qu'elle choisit, elle Ht tendre entièrement son appartenant de noir et condamner les fenêtres, de sorte que la chambre qn'elle habitait n'était e.tairée qoe par des bougies. Tain qno Gustave-Adolphe vécut, Marie- Eleonore témoigna peu d'affection pour sa fille. Le roi avait confle la princesse a sa sœur Catherine, épouse du comte palatin Jean-Casimir et morte en 1639, non sang exciter les murmnres de celui-ci, qui n'aimait ras sa bellc-srrur. Mais ces rapports changèrent a la mort de Gustave-Adolphe. Maric- Elconorc reporta alors toute son affection sur l'enfant dont les traits rappelau-nt ceux de son pire. La petite princesse s'ennuyaii cependant d'être enfermée dans la chambre noire de sa mère, qui éuil toujours en larmes. Trois ans se passèrent ainsi; mais lorsque le chancelier Oxeusliern revint eu Suéde, en 1636, Christine fut Miette des bras de sa mère et remise a la princesse Catherine. S'etant évadée de Suéde, en teto, Marie-Eléonore résida d'abord en Danemark, puis elle se rendit, trois ans après, dans le Brandebourg. Elle rentra en Suéde a la majorité de sa fille , et y véent plusieurs année» ; mais Christine la traita avec froideur. Elle mourut peu de temps après que relie dernière se fut faite catholique. 0— i— s.

(*.) Il paraîtrait que l'éducation de la reine, dans ses pi

,., r .... ., .. i — •- "-m. «la piiwmrs

années, n'avait pas été des meilleures, a en juger par les propos expressions de Christine, qui ne la présente pas sous nn jour favorable. D-i-s.

ciin

chasse (1). On avait brauroup de p ine, dans Ira occasions solennelles, à lui faire observer les usages et les convenances que prescrivait l'étiquette de la cour. Se livrant quelquefois à la plus grande familiarité avec ceui qui l'entouraient, elle déployait dans d'autres occasions une fierté dédaigneuse, ou une dignité imposante, En 4636, Oxenslicrn, qui avait passé plusieurs années en Allemagne, retourna en Suéde, et prit sa place dans le conseil de régence. Christine le reçut comme un père, lui donna toute sa confiance, et se forma, par les fréquents entretiens qu'elle eut avec lui, à l'art de régner. Bientôt elle montra, en assistant au conseil, une maturité de raison qui étonna ses tuteurs. Les étaU assemblés eu 1642 l'engagèrent à prendre les rênes du gouvernement ; mais elle refusa, alléguant son âge et son peu d'expérience. Ce ne fut que deux ans après qu'elle se chargea de l'administration (2). Une grande faeiliié pour le travail et une fermeté inébranlable signalèrent ses premiers pas dans celte carrière. Elle termina d'abord la guerre avec le Danemark, commencée en 1644, et, par le traité qu'elle lit conclure à Bromsebro, le 13 août 1613, elle obtint la cession de plusieurs provinces. (Voy. Cniusmx IV.) Mlle entreprit ensuit** de pacifier l'Allemagne, et de bâter le résultat délinitif des négociations commencées pour cet objet. Oxcnstiern n'était pas d'accord avec elle ; il désirait la continuation de ta guerre, pour assurer à la Suède victorieuse de plus grands avantages, et la gloire de dicter seule les conditions de la paix. La reine voulait jouir du repos et de la tranquillité; elle désirait de faire fleurir les arts paisibles, et de se livrer a son goût pour les lettres. 1-e lils du chancelier fut envoyé aOsnabruck ; niais Oui isline le lit acconqiagner |«ar Adler Salvius, courtisan aussi adroit que politique habile, et sur le dévouement duquel elle pouvait compter (3). Les grands intérêts de l'Europe lurent discutés par des plénipotentiaires de la plupart des puissances, et la paix de VVcstplialie fut signée en 1648. I :t Suède obtint la Poméranie cilérieure, appelée plus tard suédoise, avec une partie «le l'ultérieure, nommément la ville de Stettin et celles de Garlz, Damm, Golnau, situées sur les deux rives de l'Oder, vers son embouchure, avec l'Ile de YVolin, etc., l'expectative de toute la l'oméranie, l'Ile de llûgen, VVismar avec les bailliages mecklcml>ourgeois de Pocl et de Ncukloster, l'archevêché de llreincn, sous le titre de duché, cl l'évéché de Vcr- , den, sous le titre de princi|«mté, avec triple voix à la diète pour Brème, Verden et la Poméranie (4).

(I) « Elle ne se peigne qn'nne fou par semaine, dit le P. Mac ner<cbild, coutesseur de Piincnlcl, dans une Icilre datée de « Stockholm, 10 décembre ISVS, el je I ai vue avec nne rln-inUe « la. lue d'encre. • ( M. hum nu de PalmskobJ. ) D— l— s.

(.') Elle entra en majoriie le 0 décembre 1*14, jour anui«rr.-4ire fr si dn-builihne année. Il-i— s.

I») Soupçonnant Oxeiitiiern flls de s'enlendre avec seti pew |«nr traîner les négociation* en longurar, Christine donna a S..lm»s de» ordre* secrets qai facilitèrent la coin Iumou. 11— t— s.

(ii Dans les nt.il lieu renie» (uerres deCliarlrs Ml, la Saule |«td.l une grande |>arite drs pa\. n«e le traite de Vv\-ii| lia'ic lut avait t i.i.f.<. Par la iciii de Slo. kb.dui «le lin. clie reda an r-i d'An-

Christine était appelée, par ses talents et par les circonstances politiques , à jouer le premier rôle dans le Nord, et, pendant quelque temps, elle se montra sensible a cette gloire Elle soutint dans plusieurs occasions la dignité de sa couronne et l'honneur de son pays. La France, l'Espagne, la Hollande, l'Angleterre, recherchèrent son alliance, et lui donnèrent «les marques flatteuses de leur considération. Elle signa plusieurs édils avantageux au commerce et perfectionna les institutions savantes el littéraires créées sous les règnes précédents. La nation lui était attachée, et se plaisait à voir à la téle du gouvernement la fille de Gustave, entourée des capitaines et des hommes d'Etat que ce grand prince avait formés. Un vœu général se manifestait, c'était que la reine voulût choisir un époux, cl assurer ainsi la succession au tronc; mais ce lien était contraire au goût de Christine [tour l'indépendance; elle refusa de le conlracter, et répondit un jour à ceux qui l'en entretenaient : « Il peut nallre de moi un Néron aussi a bien qu'un Auguste. » Entre les princes qui aspiraient à sa main, Charles-Gustave, son cousin germain, se distinguait par un caractère noble, des connaissances étendues et une grande prudence. Mil- rejeta la demande qu'il lui lit de l'épouser; mais en 1640 elle engagea les étals à le désigner pour son successeur, l'eu après, en 4650, elle se fit couronner avec beaucoup de pompe, et sous le tiire de roi. Vers le même temps, le système d'administration et de conduite qu'elle avait suivi changea ' d'une manière frappante. Négligeant les conseils ries anciens ministres, elle écouta ceux de plusieurs favoris ambitieux, parmi lesquels elle distinguait sut lotit le comte Magnus Gabriel de la Gardie (I) Les intrigues et les menées des petiles passions succédèrent aux travaux importants, aux vues nobles et utiles. Le trésor de l'Etat fut en proie aux profusions du luxe et de l'ostentation ; les titres, les distinctions, échurent en partage a des hommes corrompus ou dénués de talent, et la jalousie fit naître non-seulement des plaintes et des murmures, mais des partis et des raclions. Environnée d'embarras et de difficultés, entraînée dans un labyrinthe dont le (il lui échappait, la reine annonça qu'elle allait abdiquer le gouvernement (2). Les anciens ministres,

flelerre, romme électeur de Hanovre, les duchés de Brème e» de Vente»; en I7i0, elle abandonna au roi de Prus-e la ville de Slrl- * i ii a».c la parité de la Poméranie située sur l'Oder et en'rc l'Oder et la Pi eue Elle r« da en ISOJ la ville de Wi*mar an duc de MeeklenboorR-Selmerin cou Ire nne somme de t .200.000 eens de banque. Enllu elle abandonna au Danemark, par la |iaix de Kicl, eu ISI '. ce qui lui restait de la Poméranie avec l'Ile de llugen, cou Ire la .Wvége- Pendant le congre* de Vienne, le r<u de Danemark ayant renoncé a s»-s dtoils sur la Ppmi rauie. la Suéde céda ee pays a U Prusse rnnlre le payement d une soinnr d arpent. D— l-s.

(I) Une des première* causes des conte* talions qui s'etetéreal Cnirt le minisire Osrnsiicru e! la jeune reine tut la volonté que manifesta celle-ci d'appeler au «éiui de la Kardke, le noble le plus titillant et le pins beau de sa mur. Apres avotr comble de ses bienfails ce favori, elle le nomma, en «7*0, i l'ambassade brillante et di~.peml.eusc de r tance. Apres sa disgrâce, ver*, la lin de 17. 5. .* v.m j.r. sqne loules lesafiaiies du convenu r.iem pa-ts-r de neuve** entre les manu du vieux chancelier on «Luis relies de son fii* Erik. D-i-4.

(*t feue d, lerminaiion ont Kffl le 33 octobre ««51. Déjà ««

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attachés I la mémoire de Custavc- Adolphe, et qui espéraient que les années amèneraient une révolution favorable, tirent les plus fortes représentations, et Oxenstiern, surtout, à la lète d'un comité des états, s'exprima avec tant d'énergie, que la reine se désista de sa résolution. Klle reprit le gouvernement avec plus de fermeté, et dissipa pour quelque U-mps les nuages qui s'étaient élevés autour de son tronc. Li s sciences, les lellres, h s arts, fixèrent surtout son attention; souvent elle s'arrachait au sommeil |»our se livrer à l'étude; elle acheta des tableaux, des médailles, des manuscrits, des livres rares et précieux ; elle correspondit arec plusieurs savants (roy. Scijdëiii), et eu appela d'au lies à sa cour. Descaries, Grotius, Saumaisc, Bochard, Muet, Chevreau, Naudé, Vossius, Conrim?, Meibom, |tartirent à Stockholm, cl la reine s'entretint avec eux de philosophie, d'histoire, d'antiquités, de littérature grecque et latine, tous ces objets lui étant également familiers. Entre les amusements littéraires qu'elle joignit aux études sérieuses et aux conversations savantes, on peut citer la danse grecque qu'elle fit exécuter par Meibom et Naudé, qui furent trèsembarrassés de leur rôle, et dont te premier entra en fureur contre le médecin Uuurdclot, qui le tournait en ridicule. Ce médecin s'était mêlé aux savants que nous avons nommés, ci, s'il avait moins d'érudition, il avait d'autant plus de souplesse et d'intrigue. 11 étudiait très-soigneusemeut les goûts de la reine, lui contait les anecdotes du jour, lui chantait des couplets français en s'accouipagnant de la guitare, et ne dédaignait pas de diriger quelquefois la cuisine. Pour dominer sans rivaux, il dégoûtait la reine de l'étude, lui inspirait des soupçons contre les personnages les plus importants, et semait la discorde parmi les ministres. Des plaintes, accompagnées de menaces, sciant élevées eonlre lui, il fut obligé de quitter la Suède. Christine l'oublia hienlôt. Ayant reçu une lettre de lui, elle la jeta, en disant : « Fi ! cela sent la rhubarbe. » Plusieurs agent! diplomatiques obtinrent aussi la confiance de l i reine ; tels furent surtout Chanul , ambassadeur de France; Whitelocke, envoyé par Cromwcll, que Christine reconnut après quelques hésitation*, et Pimeniel, venu d'Esjwtgne, avec qui clic •'entretenait souvent de matières théoriques, ce qui a donné lieu de croire que ce tut cet Espagnol qui lui suggéra le projet de changer de religion. La société habituelle de ces étrangers avait pu donner à la reine du dégoûl pour son pays, qui présentait encore peu d'attrait» sous le rapport des lettres, des ans et de l'élégance des manière*. De nouveaux embarras s'étaient manifestés dans l'administration, et la conspiration de Messénius (roy. ce nom) avait menacé non-seulement les favoris de la reine, mais la reine elle-même. Christine, entraînée par ces motifs, auxquels pouvait se joindre l'ambition, si bien dans

ta demande «presse de Christine, les états et le sénat mirai oYrbré, le 10 mars ir.is, nnr, roiiwinrus \*r les i*fnii» «te Sa N,j. slé. it* ruo Nlwienl | «nr UcrJ'i.-r du Iroue de SiKtU- t.- conile priai» Chattes CusUv.', d..n>Ii- u* ui U reine iu<iur..ii <.m> pusler.iè. D-i-s.

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