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son caractère, de donner au monde un spectacle extraordinaire, résolut de nouveau de renoncer au tronc, et se montra celte fois inébranlable dans sa résolution. Après l'avoir communiqué au sénat réuni à L psal, le 11 février 105 1, elle lit convoquer, pour le 21 mai suivant, les étals dans la même ville, leur fit connaître son dessein, cl, eu leur présence, elle déposa les marques de la royauté, pour les remettre entre les mains du prince Charles-Gustave. File se réserva le revenu de plusieurs districts de Suède « t d'Allemagne, l'indépendance entière de sa personne, et l'autorité suprême sur tous ceux qui composeraient sa suite ou sa maison ; mais comme on ne tint pas compte des dotations dont était grevé son apanage, il en résulta plus tard des explications très chaudes eqtre le sénat et la reine. Quelques jours après sa renonciation, qui eut lieu le G juin, Christine partit prenant pour devise ces mois : Futa viam invenienl (les destins me traceront la roule) (I). Douze vaisseaux de guerre avaient été équipés et l'attendaient à Calmar pour la transporter eu Allemagne ; mais elle prit la route d'Halmstacdt, el, passant le Sund, traversa le Danemark et l'Allemagne, se rendit a Bruxelles, où elle Ht une entré* solennelle, et où elle s'arrêta quelque temps. Pendant ce séjour, elle abjura le luthéranisme, le 24 décembre iGS4, dans une entrevue secrète avec I archiduc Léopold, le comte Fueu Saldagna, le eomlc Monlécucudi et Pimente). Elle lit ensuite uuc abjuration solennelle, et se reconnut publiquement de la religion catholique à Inspruck, dans la cathédrale de celte ville, le 3 novembre de l'année suivante. L'Europe fut étonnée de voir la fille de Gustave- Adolphe, de ce monarque qui s'était dévouée pour la cause du protestantisme, passer dans le sein de l'Eglise romaine. Peu de [ici -mines crurent à la sincérité de sa conversion, et le plus grand nombre en chercha les causes dans les principes de tolérance uuiverselle que lui avait donnés son précepteur Jean Matthi.e, dans le désir de vivre plus agréablement en Italie, où elle allait se fixer, et dans son goût (tour tout ce qui était extraordinaire. Ce qui est certain, c'est qu'elle s'exprima, dans plusieurs occasions, d'une manière peu respectueuse au sujet du chef de l'Église, et qu'elle porta souvent la légèreté et l'indifférence dans les temples, au pied des autels. Ou rapporte qu'ayant vu dans un livre une citation de l'ouvrage de Campuzano, intitulé : Conversion de ta reine de Suède, elle souligna ce litre et mit eu marge : « Celui qui en a écrit n'en savait rien, et u celle qui en savait quelque chose n'en a rirn « écrit. » D'Inspruek, Christine se rendit à Rome, et lit une entrée brillante dans celle ville en habit d'ama/one et à ci.cval. Le pape Alexandre Vil lui ayant donné la confirmation, elle ajouta à son nom celui \Y Aiettandra. Elle parcourut ensuite la ville, visita les monuments, et donna une grande attention à tout ce qui retraçait les souvenirs de l'histoire.
(I) Parvenu a ao pciii ruisseau qui smail alors de frontière entre te Danemark et U Suéde, elle desrendii de voiture el sauu-ur li rît* opposée en disant : « FoDii je suis libre el hors des i ,m- « n«rrs de ta Suéde, o<i j>»|Wre liirn in- jamais rentrer, i D— *—
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Elle admira beaucoup une slaluc «le la Vérité «In cavalier Rernini : « Pieu soit loué! dit un cardinal «c qui IVcompagnait, (pie Votre Majesté Tasse tant « cas de. la unité, qui n'est pas toujours agréable u aux personnes de son rang. — Je le crois bien, « répliqua-l-ellc, c'est que toutes les vérités ne sont n pas de marbre » Après avoir passé quelque temps 4 l'.omc, Christine Ht un voyage en France ; clic aniva dans ce pays pendant l'été, en 1656, et fut reçue avec tous les honneurs qu'on accorde aux têtes couronnées. S'étant arrêtée quelques jours à Fontainebleau, elle se rendit à Compicgne. où résidait la cour, et de là à Paris. La bizarrerie (!c son costume cl la singularité de ses manières firent une impression peu avantageuse (1); mais on admira généralement son esprit , ses talents et l'étendue de ses connaissances. Ayant voulu voir les hommes de lettres les plus distingués, Ménage lut chargé de les introduire auprès d'elle. En les présentant successivement, il ne manquait pas de dire : « C'est un « homme de mérite. » Ces présentations comm tirant à fatiguer Christine : a II faut convenir, dit- « die, (pic ce monsieur Ménage connaît beaucoup « de gens de mérite. » Pendant son règne, elle s'était déclarée tantôt pour la France, tantôt pour l'Ispagnc; pendant son séjour à Paris, elle était médiatrice entre ces deux puissances; mais Mazarin écarta cette médiation. Elle s'intéressa aussi aux liaisons de Louis XIV avec la nièce du cardinal, et on prétend qu'elle voulut engager le roi à l'épouser. Mazarin prit enfin le parti de l'éloigner d'une manière honnête et d'accélérer son départ. L'année suivante, elle revint; ce second voyage fut surtout remarquable par la catastrophe de Monaldcschi, grand écuyerde Christine. Cet Italien avait joui de toute la conliance de la reine, qui lui avait révélé ses pensées les (dus secrètes. Arrivée à Fontainebleau, clic l'accusa de trahison, et résolut de le faire mourir. Un religieux de l'ordre rie la Trinité, le P. Lcbcl, lut appelé pour le préparer à la mort. Monaldcschi se jeta aux pieds de la reine et fondit en larmes. Le religieux, qui a publié lui-même un récit de l'événement, fit à Christine les plus fortes représentations sur cet acte de vengeance qu'elle voulait exercer arbitrairement dans une terre étrangère et dans le palais d'un grand souverain ; mais elle resta inflexible, et ordonna à Sentinclli, capitaine de ses gardes, de faire exécuter l'arrêt qu'elle avait prononcé. Monaldcschi, soupçonnant le danger qu'il courait, s'était cuirassé : il fallut le frapper de plusieurs coups avant qu'il expirât, et la g.derie des Cerfs, où se passa cette scène révoltante, fut teinte de son sang. Pendant ce temps, Christine, au rapport de plusieurs historiens, était dans une | ièec attetenante, s'entretenant avec beaucoup de calme de choses indifférentes; selon d'autres rapports, clic fut
(i) * A tout prendre, elle me parut on joli parçon, dit mademoin setle de Mnntpensier. Apres le ballet, enniinue tel te princesse, « nous allâmes a la comédie. La, elle nous surprit ; pour louer la « endroits qui lui plaisaient, elle jurail D.eu, se con.hail dan.« sa u clia.se, jetail les jambes d uo côte ei d'autres et hMi des pos- « lires nr„ MefMe*. <» d-i s.
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présente à l'exécution, accabla Monaldescbi de reproches amers, et contempla ensuite son cadavre sanglant avec une satisfaction qu'elle ne chercha point à dissimuler. Que ces détails soient fondés ou non, la mort de Monaldcschi est une tache ineffaçable à la mémoire de Christine, et c'est à regret qu'on voit sur la liste de ses apologistes le nom du fameux Leibnilz. La cour de France fit connaître son mécontentement, et deux mois se passèrent avant que la reine se montrât à Paris. On s'empressa moins à la voir, et on lui prodigua moins d'encens ; elle en reçut cependant d'une femme d'esprit, de madame de la Sitzc, qui avait abandonné le protestantisme à peu prés en même temps qu'elle s'était séparée de son mari, pour évi'cr de le voir, disait Christine, dans ce monde et dans l'autre. Retournée à Rome en 1658, la reine reçut des nouvelles peu satisfaisantes de Suède ; ce pays étant en guerre avec le Danemark et la Pologne, clic ne pouvait recevoir son revenu, et personne ne se montrait disposé à lui faire des avances. Alexandre VII vint à son secours, lui assigna une pension de 12,000 scudi. et lui donna le cardinal Azzoliui |»our intendant de ses linanecs. Charles Gustave étant mort en 1660, la reine entreprit un voyage en Suède, prétextant de vouloir régler ses affaire! d'intérêt ; mais on s'aperçut bientôt qu'elle avait d'autres projets, et qu'elle regrettait ce irdnc dont elle était descendue peu d'années auparavant avec une fastueuse indifférence. Le prince royal était en bas âge, elle fit entendre que, s'il venait à mourir, elle aspirerait à la couronne ; mais nnacrueillit mal celte idée, et on lui fit même signerun acte formel de renonciation. D'autres contrariétés rendirent son séjour à Stockholm peu satisfaisant, et l'engagèrent à partir ; cependant elle retourna une seconde luis en Suéde, l'année 1066; mais ayant appris qu'on ne lui accorderait pas l'exercice public de sa religion, elle repartit avant d'avoir atteint la capitale, cl fit un séjour à Hambourg. Dans le même temps, clic aspira a la couronne de Pologne, que Jean Cvsimir venait d'ahdiqucr; mais les Polonais ne firent aucune attention à sa demande; clic reprit le chemin de l'Italie, et se fixa à Rome pour le reste de ses jours. La culture des lettres et des arts devint l'objet principal de ses soins. Elle fonda une académie, correspondit avec les savants, et rassembla des collections précieuses de manuscrits, de médailles, de tableaux. Cependant, au milieu de ces occupations paisibles, l'inquiétude et le regret ne cessaient de la poursuivre ; elle voulait prendre part aux grands événements, et paraître influer sur les destinées politiques du monde. La dispute élevée au sujet de la franchise des quartiers l'occupa trèslongtemps; elle offrit sa médiation à plusieurs puissances; lorsque ledit de Nantes eut été révoqué, elle écrivit k Terlon, ambassadeur de France en Suède, une lettre où elle désapprouvait les mesures qu'on avait prises contre les protestants. Bayle appela cette lettre un reste de protestantisme. Plusieurs difficultés avec le pontife de Rome, au sujet des franchises de son palais et de la pension de 12,000 scudi, répandirent U tristesse cl le chagrin sur les
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dernières années de sa vie. Ayant appris la mort du prince de Coitdc, qu'elle avait toujours beaucoup admiré, elle écrivit à mademoiselle Scudéri pour l'engager à célébrer la mémoire de ce prince. « La • mort, disait-elle dans cette lettre, ne m'inquiète « pas ; je l'attends sans la délier ni la craindre, o Quelques années après, en 1689, le 19 avril, elle termina sa carrière. Son corps fin déposé dans l'église de St-Pierrc, et le pape lui ht élever un monument chargé d'une longue inscription ; elle-même n'avait demandé que ces mots : Vixit Christina annos LXlll. Le cardinal Azzolini fut son principal héritier; elle ne laissait pas des sommes d'argent considérables, mais une nombreuse bibliothèque et une riche collection de tableaux el d'anliques. La bibliothèque fut achetée par Alexandre VIII, qui fil déposer neuf cents manuscrits au Vatican, el qui douua le reste à sa familh*. Odescalchi, neveu d'Iuuoceul XI, acheta les tableaux et les antiques. En 1722, une partie des tableaux fut acquise par le régent de Fiance, pour la somme de 90,000 scudi. (In peut juger de la richesse de ces deux collcclions par les deux ouvrages destinés à les décrire. Le premier a pour litre : Nummophylaeium reg. Christina, par Havercamp, la Haye, 1712, in-fol. [voy. aussi C.vmeli) ; le second : M useum Odescatcum, Rome, 1747, in-fol., 2 vol. La vie de Christine offre une suite d'inégalités et de contradictions; on y voit d'un côté la fierté, la grandeur d'âme, la franchise, la douceur; de l'autre, l'orgueil, la vanité, la dureté, la vengeance et la dissimulation. La connaissance des hommes et des affaires qu'avait cette princesse, son discernement, sa pénétration et ses lumières ne purent la détourner des projets chimériques, des entreprises téméraires, des illusions de l'alchimie, et des rêves de l'astrologie. H en résulta que si elle se montra grande quelquefois, elle ne fut le plus souvent qu'extraordinaire, et qu'elle excita l'clonnement plutôt que l'admiration. Christine a laissé plusieurs ouvrages de peu d'étendue, mais dans lesquels son caractère se peint comme dans sa conduite; ce sont : 1* Ouvrage de loisir, ou Maximes et Sentences, qui, sans avoir la profondeur el la précision de celles de la Rochefoucauld, présentent des idées et des observations neuves, exprimées d'une manière originale (l| ; 2* les Réflexions sur la vie et Us actions d'Alexandre : c'est un panégyrique de ce roi, qui était le héros de Christine; S* les Mémoires de sa vie, dédiés à Dieu, et dans lesquels elle se juge avec une impartialité remarquable; 4" f En dymione, pastorale en italien, dont la reine donna le plan et quelques strophes, et dont Alex. Guidi fil le reste. Ou a aussi publié îles Lettres de la reine de Suède el de quelques autres personnes (recueillies par P. Colomiès), sans date ni nom de ville, in-12, mais dont l'authenticité n'est pas prouvée. La plupart des ouvrages de Christine ont été recueillis dans l'outrage d'Archenbolz sur cette princesse, 1751, 4 vol.
(I) Cet ouvrage a fié réimprimé de nos jours sous le litre de fc-ueet de Christine, rtiw de Suéde, avec oue notice sur sa vie, fa. U, tUnouard, ln-1 /, avec pwirait el fac-stawle. Ci.-s.
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in-l* ; c'est de cette compilation que Tacombe a tiré son Histoire de Christine, etc. (1T62, in-12), et d'AIcmbert ses Mémoires et Réflexions sur Christine, reine de Suède. Il a paru * Stockholm, dans h s derniers temps, plusieurs mémoires relatifs à la minorité et au règne de la fille de Gustave- Adolphe, qui répandent un nouveau jour sur cette partie de son histoire. C — ac.
CHRISTMAN (Jacob), né à Joanncsbcrg, ville de l'ancien électoral de Mayence, en 1554, cultiva avec succès les langues orientales et les mathématiques. Après avoir commencé ses études dans le collège de cette ville, il vint les achever dans celui de Neitss, où le tirent admettre ses heureuses dispositions, et dans lequel il prit les premières leçons d'hébreu. 11 le quitta pour venir à lleidclberg, fut attaché à trois collèges de cette ville, et lors de la mort de l'électeur Frédéric III, il résolut de se former l'esprit et le jugement, d'accroître ses connaissances par les voyages. Christman se rendit d'abord à Raie, avec le docteur Erasle, et y étudia la médeciue ; de là à Hreslau, ù Vienne, à Prague, à Neusladt, où il publia son Alphabetum arabicum, et enfin retourna & Heidelberg, en 1585. Il fut nommé successivement réjjeut du collège de cette ville, professeur d'hébreu, de logique en 1592, et d'arabe en 1668. L'électeur Frédéric IV, voulant récompenser son mérite, créa extraordinairemciit cette dernière chaire en sa faveur. Cependant l'ardeur avec laquelle il se livrait a ses travaux avançait ses jours, et il succomba à l'attaque d'une jaunisse très-grave, le 16 juin 1615. Christman avait professé l'hébreu pendant sept ans, et expliqué la Logique d'Aristote pendant vingt-deux. Son érudition était très- variée ; outre l'arabe, l'hébreu, le syriaque, le chaldéen, le grec, le latin, le français, l'italien, l'espagnol, il possédait à fond les mathématiques et l'astronomie, surtout dans ses rapports avec la chronologie, et ses connaissances se trouvaient jointes à une moralité pure et douce, à une rare modestie. On a de ce savant : V Alphabetum arabicum, cum isagoge teribendi legendique arabice, Neustadl, près de Spire ( Neapoli Kemelum), 1582, iu-4° de 22 p. Cet essai est le premier qui ait élé publié en Allemagne avec des caractères arabes, et il lixa d'autant plus l'attention, que, non-seulement on n'y connaissait point ces caractères, mais que personne n'avait étudié, et encore moins donné les principes de cette langue. 11 se divise en 3 chapitres ; dans le 1*r, Christman explique l'alphabet; dans lo 2°. il donne les principes de l'écriture ; dans le 3e, ceux de la lecture. Le tout est terminé par un modèle propre à exercer à lire et à écrire. On doit convenir que les caractères sont très-grossièrement dessinés cl gravés. 2* Muhumedis Alfragani arabis chronologica et astronomica Elemmta, « Palal. Bibt. veteribus libris versa, expleta, et scholiis exposila ; additus est commentarius qui ralionem calendarii romani, a>gypt., arab., pers , syriati, et hebr. explical. Francfort, 1590 et 1618, in-8*. Christman lit sa traduction d'après une version hébraïque de Jacob Antolius, et la com|»ara à une version latine du même ouvrage qui existait à la bibliothèque palatine do Bavière, et
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avait été achevée de copier l'an 1447 ; on en ignore l'auteur. Il est bon d observer que la traduction de Christman se divise en 32 chapitres, tandis que le texte arabe, publié par Golius (voy. Alfbiican), ne se compose que de 50; la division seule diffère; les deux textes sont complets. S* K alendarium Palestinorum et univers. Judaor. ad annos AQsupput., aucl. R. Ori fil. Simeonit ex hebr. in tat. vers, cum seholiis, Francfort, 1891, in-4". On trouve dans le même volume : Epistola ehronol. ad J. IApsium de ann. hebr. connexionc , Dispulatio de anno, mente, et die passionis dominiez Dans ces ouvrages, Christman combat plusieurs opinions de Scaliger sur la compuiation des Juifs et des Hébreux, et défend ce qu'il avait avancé dans ses notes sur Alfergan. 4° Traclalio geometrica de quadratura rirait. C'est une réfutation de Joseph Scaliger, qui, dans sa Nova Cyelometria, avait pretcudu trouver la quadrature géométrique du cercle, en mesurant mécaniquement la longueur d'un fil appliqué sur une circonférence circulaire. 5* Obtervaiionum solarium libri iret, Bile, 1601, in-4v 6" Theoria lunai exnovit hypathes. et observai, demonstrata, Heidelbcrg, 1611, in-fol. 7" Nodus gordius ex doclrina sinuum ex/iliratus, accedit appendix observ quee per radium artifieios. habita sunl eu eu Saturn. Jov. et lucid. stell. affix., ibid., 1612, in-4». Ces deux derniers ouvrages prouvent qu'il n'était pas moins bon observateur que savant théoricien. 8° It. Argirii Computut grœcorum desolemni Paschatis eeleb, grâce, cum latin, vers, et sehol. Heidelbcrg, 1611, in-4*. 9* De h'alendario romano, dans le t. 8 du Thésaurus Antiq. Hom. de ♦ Grfevius. 10» Bpistola de litteris arabicis. Cette lettre, adressée à Joseph Scaliger, et datée de Heidelbcrg, le 28 mars 1585, a été publiée dans le Sy linges epislolar. de P. Burmann, Leyde, 1727, t. 2, p. 318. Lorsque la mort surprit Christman, il avait dessein de traduire Aviccnne en latin. J — w.
CHRISTOPHE (Saint), pour qui nos ancêtres avaient une dévotion singulière, et qui se trouve inscrit dans les plus anciens martyrologes, surtout dans celui qu'on attribue à St. Jérôme, est un des saints dont le nom et le culte sont les plus célèbres, les actes les plus différents, et la vie la moins connue Quelques auteurs ecclésiastiques ont même nié son existence, qui cependant est reconnue par Baillet et par les bollandistes. L'opinion la plus commune est que St. Christophe était de Syrie ou de Cilicie, qu'il fut baptisé par St. Babylas, étéque d'Antioclie, et qu'il reçut la palme des martyrs dans l'Asie Mineure, vers le milieu du 5' siècle, sous l'empereur Déce. Suivant le bréviaire mozarabe attribué à St. Isidore, une grande partie des reliques de St. Christophe fut apportée i Tolède. On voit un de ses bras à Compostelle, une de ses mâchoires à Astorga ; plusieurs autres parties de son corps sont honorées à Valence ; on en conservait quelques autres à Si -Denis en France. L'église d'Orient célèbre la fête de ce martyr le 9 mai, et l'église d'Occident le 25 juillet. On avait recours à son intercession dans les temps de |ic*lc. Un grand nombre d'églises de Frauce, d'Espagne et d'Italie sont dédiées sous son
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invocation. Christophe, qu'on écrivait autrefois Chrislophle, signifie Porte-Christ. C'est ainsi qu'Ignace d'Antioche est surnommé Cristophore et Théophore, comme d'autres saints portent, dans les calendriers, les noms de Niciphore, d'Onésiphore, de Télesphore et de Carpophore. St. Christophe est représenté d'une taille gigantesque, portant l'enfant Jésus sur ses épaules, et traversant la mer, qu'il domine des deux tiers de sa stature. Raronius et d'autres écrivains ne voient qu'une allégorie dans ce* images colossales, peintes ou sculptées dans nos églises gothiques. Viila dit dans une de ses hymnes :
Chrislophore, inûxumquod eum u«que in corde gerebas, Piclores Christum dani tibi ferre humeris.
Croyant qu'on ne pouvait être allcinl d'aucun mal le jour où l'on avait vu la ligure de St. Christophe, on disait jadis :
et c'est sans doute afin que ces images fussent remarquées plus facilement, qu'on leur donnait jusqu'à trente-six pieds de hauteur. Celle que, depuis le commencement du I5« siècle, on voyait à l'entrée de l'église Notre-Dame de Paris, et qui |iassait pour la plus énorme qu'il y eut eu Fiance, fut abattue peu d'années après la mort de l'archevêque Christophe de Beaumont. V— vb.
CHRISTOPHE, antipape en 905, naquit à Rome, devint cliapelain de Léon V, et profita de la faiblesse de ce pape et du peu de considération dont il jouissait pour le faire jeter en prison où il le lit assassiner; il parvint ensuite à se faire consacrer 4 sa place, sans aucune élection. Il ne jouit pas longtemps de son usurpation : il fut chassé lui-même par le |»rti du marquis de Spolette, à la tête duquel était celte fameuse Théodora, dont l'origine et les relations de famille ne nous sont que bien imparfaitement connues. Scrgius III, qui descendait de la maison des comtes de Tusculum, le remplaça en 904. On ne sait aucun autre détail sur la vie et sur la (in de cet intrus. D — s.
CHRISTOPHE, empereur d'Orient, était fils de Romain Lécapène et beau-frère de Constantin Porphyrogénète, qui, se livrant à son goût pour l'étude, laissa le soin du gouvernement à Romain, son collègue. Celui-ci associa à l'empire Christophe, son fils aîné, le 50 mai de l'an 920, et quelques années après y associa encore ses deux autres lits, Etienne et Constantin. Cette multiplicité d'empereurs n'empêcha pas leur capitale, assiégée par Siméon, roi des Bulgares, en 923, d'être obligée d'acheter la paix à force de présents. Christophe avait épousé Sophie, fille du rhéteur Nicétas, et lui donna le titre d'Augusta. En faisant la paix avec les Bulgares, en 928, il donna en mariage à leur prince sa fille Marie, et pendant les fêtes qui curent lieu à celte occasion, ces peuples demandèrent que, dans les acclamations. Christophe fut nommé le premier. Ce prince mourut au mois d'août de l'an 951, laissant un fils nommé Michel, qui embrassa lélat ecclésiastique. On a dea
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nuMaillcs de Chrîsl*»hc en or cl on argent; son n..m y est toujours acconipa^ité de ceux de Romain ou de Constantin Porphyrogénète.— Un autreCiiBiSTOPiit;, fils de Constantin Coptonyme et d'Eudocie, fut créé César en 760, ci mis à nwrt avec ses frères. { Yoy. Jiikhb ) T— ».
CHRISTOPHE !•', roi de Danemark, était le quatrième lils de Valdemar II (I). Suivant tes usages de ces temps, Valdemar avait eu l'imprudence, avant sa mort, arrivée en 1241, non-seulement de diviser son royaume entre ses trois lils légitimes, mais encore de faire participer à ce partage knut ou Canut, son (ils naturel, et le lils du comte Nicolas, son autre enfant naturel. Eric eut pour sa part le royaume de Danemark, Abcl, le duché de Schelswig, et les Iles de Laaland et de Falstcr turent attribuées à Christophe. Celui-ci s'était ligué avec Abel et Canut contre le roi : Eric lui enleva son apanage en 1247, et le força à se réfugier auprès de son autre frère Abcl, avec qui il fît une invasion dans le Jutland. Ilaltu et fait prisonnier par Éric, les murmures de la noblesse forcèrent son frère à le relâcher. Éric lui lit ensuite ubtenir la main de la fille du duc de Poméranic. Conlirmé dans ses possessions par Abel (2), il lui succéda en 12.">2. L'absence tic Valdemar, son neveu, détenu à Cologne, la haine que l'on portait à la mémoire d'Abel , lixèrenl le choix des elals sur Christophe, qui. montant sur le trône dans des conjonctures difliciles, et voulant régner en effet et être obéi, essaya de mettre dans sa dépendance les lils . de son frère II se lit déclarer leur tuteur, et garda aussi longtemps qu'il put leduché deSchlcswig.qui, suivant l'usage du royaume, devait former le partage de l'aîné. Ayant aigri, par ces mesures, toutes les puissances voisines, elles se liguèrent pour faire monter Valdemar sur le trône de Danemark. Ce royaume semblait toucher à sa ruine; les puissances coalisées se désunirent : un arrangement fut proposé. Christophe s'engagea i rendre à ses neveux, à leur majorité, le duché de Scblesvrig, et ceux-ci renoncèrent à la couronne de Danemark. Une autre division intestine ne fut guère moins funeste au roi. Jacob Erlandscn, doyen de Lund, fier de la protection d'Innocent IV, ayant été élu archevêque, au lieu de demander au roi sa confirmation, suivant l'usage, prétendit que l'électif du pape suffisait, et ne daigna l>as même consulter le monarque. Il essaya ensuite de réformer la loi ecclésiastique de Scanie, solennellement approuvée dans une assemblée des états tenus par Valdemar I", qui restreignait beaucoup le pouvoir du clergé ; puis il engagea Malhilde, veuve d'Abel, à épouser Birger, régent de Suède, espérant que ce prince prendrait le parti des enfants de sa femme. Il réussit, avec d'autres évèques, à sou-
;i)Wildenur H avait été marie dut fois; li première! Marguerite, princesse de Bohême, dont il n'eut qo'on «rat fil* noinmi1 comme lui Waldenur ei qui anoarulataot *oa pere; la féconde - Urrenjere, toior de Ferraod, comte de Flandre, »ui»jni Hailct, ci princesse portugaise soiranl Baden, et doui il eut doit Ali. Le Irottifaw était CtiriUopbe, «jet da cet article ; le» deux alm s'appeUent Eric cl Abel. l>-i— ».
(i) Il avait aouédé I son frère Erie, qn il avait fait awasjiner la tQavûiiaJO P-l-j.
• flll.
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laver le peuple, qui murmurait du poids des impôts. Christophe ordonna aux habitants de la Scanie de se conformer à l'ancienne loi, et convoqua les états à Nyborg en 4256, pour examiner la conduite de l'archevêque. Celui-ci, de son côté, affecta de prendre le même temps pour assembler un concile à Veile, dans le Jutland. Ce fut dans cette assemblée d'ecclésiastiques factieux que l'on rédigea celle constitution fameuse dans l'histoire du Danemark, confirmée depuis par le pape Alexandre IV, et qui servit constamment de prétexte aux entreprises séditieuses des évéques. Elle portait que si un évèquc, même convaincu de trahison, souffrait une violence quelconque par l'ordre ou le conseil du roi ou du sénat, le royaume serait mis en interdit. Les évéques se rendirent ensuite à l'assemblée des états; l'archevêque y fut mal reçu du roi, qui convoqua une nouvelle assemblée: elle ménagea entre l'archevêque et le roi une réconciliation qui ne dura guère. Le premier ayant abusé de son pouvoir, le roi siégea en personne i la cour de justice de Lund, y cila l'archevêque, et ordonna à ceux qui avaient des griefs contre lui de se présenter. Le prélat comparut pour déclarer qu'il récusait l'autorité du roi et de la loi de Scanie, et ne reconnaissait que celle du pape. Christophe révoqua toutes les immunités accordées à l'église de Lund. L'archevêque excommunia l'officier qui lui apportait la proclamation royale, et lit révolter les paysans «le son diocèse, qui se livrèrent à des excès alTreux. Christophe parvint, dans l'intervalle, à s'accommoder avec Hj. juin ( Haakon ), roi de Norvège, qui avait amené une flotte devant Copenhague, et à conclure une alliance avec Birger, qui chercha inutilement à terminer les différends du roi avec l'archevêque. Celui-ci, comptant sur ses partisans, refusa d'assister à une assemblée que le roi Uni a Odensée ( 1258) pour y faire couronner son fils Éric, et défendit, sous peine d'excommunication, aux autres évéques d'y assister. Quelques-uns y vinrent cependant, mais sans oser se charger de procéder au couronnement. Alors Christophe convoqua les étals ft Copenhague, sans appeler les évèques, et délibéra sur les moyens de punir l'audacieux prélat. On reconnut unanimement que la désobéissance de Pareil véque autorisait le roi à se saisir de lui et des autres eveques rc celles, cette décision tut exécutée (1). Quelques évèques fugitifs mirent le royaume en interdit. Le roi, embarrassé, en appela au pape, et, en attendant sa réponse, enjoignit au clergé do continuer à faire le service divin, et travailla i dissiper la ligue que les évéques formaient contre lui. Le prince de Btigen, de concert avec les évèques, était entré à main armée en Sélandc, avait pris Copenhague, et semblait disposé à mettre sur le trôno Eric, lils d'Abel. Christophe était alors à Bibe en Jutland, où il conférait avec l'évêque de cette villo sur les moyens de foire cesser les troubles qui déchiraient l'Etat cl l'Église. Ce fut lo 20 mai 4259, pendant son séjour dans le Jutland, qu'où empoisonna
(l)Ce fui le propre pere d'Erttndsen qa! lo 0.1 wiiir dais rm
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Christophe, soit dans une hostie consacré*, soit dans un repas que lui dotina Arnfast, abbé de Ny- Kloster, nonmié depuis, et comme récompense de ce crime, évêque d'Aarhuus. Suhm n'est pas toujours d'accord avec lui-même dans le jugement qu'il porte du règne de Christophe. Il montra beaucoup de fermeté, de prudence et de bravoure, au jugement de St - G m mm, cité par Mallet ; mats il accabla son peuple d'inq>ots et dépouilla ses neveux. Copenhague obtint, sous son régne, les privilèges municipaux, non du roi, mais de l'évèquc de Roskilde, du siège duquel elle dépendait alors. De son mariage avec Marguerite de Pouiérauie , Christophe laissa trois enfants : Éric qui lui succéda, et deux filles, Mcchtildc, mariée au margrave All»ert de brandebourg, et une autre qui épousa Jean II, comte de llulstein. E— s et D.— z. — 8.
CHRISTOPHE II , roi de Danemark, fils d'Éric V, surnommé GHvping (!}, et d'Agnès de Brandebourg, et petit-fils du précédent, manifesta, sous le règne de son frère Eric VI, surnommé Mrnred (2), un esprit ambitieux et turbulent . Comblédes bienfaits «l'Éric, qui lui avait donné l'investiture de l'Estho nic, et ensuite le Uailand méridional , il ourdit des trames contre lui, de concert avec le roi de Norvège. Éric ayant révoqué sa donation, Christoplie s'enfuit en Suède. Réconcilié, puis brouillé «le nouveau avec son rrére, il se retira chez le duc de Poméranie, et suscita des ennemis au Danemark. Il se trouvait au milieu de l'armée suédoise ocru|>èe à ravager la Scanie, lorsque la mort de son hère, sans postérité, le rappela en 1519. Il surmonta tous les obstacles qui s'opposaient à son élection, prodigua les promesses et les serments, signa une capitulation qui mettait des bornes étroites à son autorité, et tut proclamé roi avec Eric, son dis ainé. Il chercha ensuite à gagner les chefs de la noblcsse.cn «-puisait en leur faveur ses propres ricliesses et celles de l'Etat; pour remplacer ensuite les trésors prodigués, il voulut manquer à sa promesse de ne pas lever «le nouveaux impôts. Les états lui déclarèrent qu'ils ne s'y soumettraient pas ; il n'osa pas insister, mais il retira par force la plupart des terres et des provinces des mains de ceux a qui elles avaient été engagées, et ne paya aucune des dettes que son frère ou lui-même avaient contractées. Une ligue formidable se forma contre lui ; la Scanie et la Sclande furent ravagées. Christophe arrêta ce torrent, et fon.-a les insurgés a se réfugier dans Bornholm, dont son armée s'empara, et la révolte fut apaisée. I a mort du duc «le Schleswig, at t itré en 1523. bissant un iils en bas Age, nomme Yalotouar, plongea l'État dans des troubles plus affreux encore Christophe, sous prétexte descclurger de la tutelle du jeune duc, envahit ses domaine-*. Gerhard de Uemisbourg, oncle maternel de Valdenutr, non moins avide que Christophe de la dépouille de son neveu, attaqua le roi, et mit son armée en déroute. Cet événement produisit un sou le -
(«i<> suruoni loi avait «te donné a cause de rtubiinde qu'il avait de cligner les jeu*. D-x— s.
(1) A raavdi frrqnem n«fe qnH taisait de ta pan» nie men, qni lignifie, en danois ■»'«. agrément D-i-t.
cnn
ventent général contre Christophe; R fut déclaré déchu du trône (152t>'. Ce prince était en Sélande lorsqu'il reçut celte non velle, et celle de rapproche de Gerhard. Son fils Eric, qui commandait un fort dans le Julland, fut pris par les insurgés. Désespérant alors de sa fortune, Christophe recueillit ce qu'il avait de plus précieux, et se réfugia, avec ses deux autres Iils, auprès du duc Henri de Mecklembourg. Aidé de ses secours, il revint en Sélande, et obtint d'abord quelques succès; mais bientôt assiégé avec son allié, il fut rétluit i la «lernière extrémité, tl n'obtint qu'avec peine la permission de se retirer. Il tenta encore une descente dans 111e de Falster; Gerhard l'y vint bloquer, et daigna le laisser |>artir une seconde fois, a condition qu'il se retirerait à llostock. Tandis que ce roi fugitif préparait «le nouvelles mesures pour rent"tiier sur le trône, on songea à y placer Valdcmar, «lue de Schleswig. Gerhard était le véritable souverain, et, sous son gouvernement, Us maux de l'Etat ne firent que s'acrroitre. Christophe sut profiter habilement du mécontente-
niAnî r.iml-vlaA • -*" - I * ■*&■*-» a. «vl. l'art. A I — n|AnkA * la* nn
ment puuitc , oivers tétais \oisins, te cierge et m noblesse de Scanie et de Jntland, plusieurs évéqnes, lui promirent de se déclarer pour lui aussitôt <|u'il se montrerait en Danemark avec une armée. Il «lescendit en Sélande (1328), et bientôt Gerhard fut délaissé par ses partisans. Christophe, qui avait obtenu des succès, se livra à ses violences accoutumées, mit ses soldats en quartier d'hiver dans les couvenu, souleva de nouveau tout le cletgé contre loi , et se brouilla même avec Jean, comte «le Hotstcin. L'évêquede Dorglnm, qu'il avait fait arrêter, ayant corrompu se» gardes, ets'étant réfugié auprès du pape, le pontife excommunia Christophe, et mit le royaume en interdit. Pour frire tête à l'orage. Christophe se réconcilia avec le comte de Holstein, auquel il dut faire d'importantes concessions , et cette réconciliation, en portant le dernier coup au parti de Gerhard, l'engagea, quoique victorieux, à faire sa paix avec le roi. Elle fut signée à Ribe, le 25 février 1350; VaMcmar renonça an titre de roi. et rentra dans son duché de Schleswig; Gerhard obtint la Fiotiie; mais, dé* l'année suivante, les hostilités recommencèrent , au sujet d'un différend survenu entre Gerhard et le comte de Holstein. Christophe prit le parti de ce dernier, et, sans attendre qu'il eut réuni ses forces aux siennes, il alla attaquer le comte Gerliard, qui le délit complètement dans la plaine de Lohade, à qu< h|ue distance de Schicswi!;, le 50 novembre. Le jeune Eric, fils du roi, voulant se sauver par la fuite, tomba de cheval, et fut tellement fracassé par cette ehnle, qu'il mourut peu de temps après dans la ville de Kiel. I.a plus grande partie de la noblesse du Jutland se déclara pour le vainqueur. !.e roi, dénué de ressources, se mit à sa discrétion. Gerhard exigea une augmentation «le la somme qu'il avait réclamée deux ans auparavant, et obligea le comte «le Holstein à lui livrer ta moitié de la Fionie. D'un autre côté, la Scanie, excédée des vexations commises par les agents du comte de Holstein, se donna à Magnut, roi de Suède. Celle nouvelle disgrâce attira sur Christophe le mépris uni-
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versel. Deux gentilshommes, dans l'espoir de plaire I au comte de Uolsttiu, mirent, pendant la nuit , le feu à ta maison où logeait le roi, le saisirent lorsqu'il essaya de se sauver, et le conduisirent dans une forteresse de Laland, qui appartenait au comte. Celui-ci Ht aussitôt remettre en liberté le malheureux monarque, qui mourut un an après, le 15 juillet 1553, à ÏNykoping, dans l'Ile de Falstcr. Christophe avait eu de son mariage avec Euphémie, lille de Bogislat IV, duc de Poméranie, trois fils, Eric, dout on on a vu la destinée ; Olhon, qui entra dans l'ordre teutonique; Valdemar, qui lui succéda; cl trois filles, Marguerite, mariée à Louis, margrave de Urandebourg, fils aîné de l'empereur Louis de Bavière; Edwige et Agnes, qui moururent en bas âge. La dureté, la faus.-elé et la mauvaise foi formaient le fond du caractère de Christophe , auquel on «luit reconnaître en même temps quelques talents : tel est Je jugement que porte sur ce prince l'historien Baricn. E-s et D— z — s.
CH lus ; Ul'lir. UI, dit de Bavière, roi de Danemark, fils de Jean, duc de Daviére, et de Catherine, sœur d'Eric MU, de Poméranie, son predt- (csseur, était, par sa mère, arrière-petit neveu de la célèbre reine Marguerite ( voy. ce nom ), et descendait de Valdemar UI, dit AlUrdag (1). Eric VIII vivait encore, mais avait quitté le Danemark pour se rendre dans l'Ile de Gothland. et il s'obstinait à ne pas quitter cette retraite, malgré les pressantes instances des étals danois , assemblés i Cimier. En les lui renouvelant, en 1459, les états invitèrent eu même temps le prince Christophe a venir recevoir ta couronne, qui lui avait élé déférée dans le cas où Eric persisterait dans sa résolution. Christophe se rendit, en conséquence, à Lubeck, et là les sénateurs et les premiers de la noblesse; lui prêtèrent foi et hommage, après avoir renoncé formellement à l'obéissance qu'ils avaient jurée à Eric. On ue lui donna cependant pas d'abord le litre de roi, et il ne prit que le litre d'administrateur. Après avoir assuré son autorité en Danemark, Christophe envoya des députés aux autres royaumes du Nord pour les disposer en sa faveur. Ou indiqua une dicte générale à Calmar ; mais les Danois, sans attendre le résultat des délibérations de cette assemblée, élurent Christophe pour roi, le 9 avril 1440. Peu après les Suédois (2), et enfin les Norvégiens, qui étaient restes les plus attachés à Eric, suivirent leur exemple. Dans te même temps , Christophe, pour se concilier l'amitié du comte Adolphe de Ilolstcin, duc de Schlcswig, lui donna l'investiture de ce duché pour lui et ses héritiers à perpétuité, et sans en excepter les districts que son prédécesseur avait réservés à la
(I) Valdemar III mil laiasé dm Biles : tt>rgw>riie qui lai «Ktedâ, ci luçeborgue qui, quoique l'aine*1, (al écartée du Irone. Celle dernière eut, rte son mariage avec Henri. Soc de Mrrklrml*'<irp, ta prinresse Mark1 qui creusa Wrtflslsf, du< de Pwrtaiiiti le rai Erie MM. Oit de Potniranie, et Catherine, more de Curbto- P«e III, euieal leurs cnfjws. U-i— s.
(I) Charles CanqlMD, narétlul de Suéde, voyant qae la plurat'ué de* «affrages ue ferait pa< r-our lui, donna son lonwnirnwnl à Telerikw, mai* il se ni aceorder auparavant la rïnbmie iniierr a liire «e*ri,cw. l>-.-».
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| couronne. Eric, cependant, du fond de sa retraite , I fit soulever les paysans du Jutland, qui ne furent réduits qu'avec beaucoup de peine. Christophe, s etant rendu à l'assemblée de Calmar, renouvela aux étals de Suède l'assurance qu'il leur avait déjà envoyée par écrit de maintenir leurs privilèges, fut couronné à Upsal, et, pour se conformer aux usages observés par les anciens rois, employa I hiver à faire le tour des provinces, donnant partout des marques de sa libéralité et de sa bienveillance au peuple, cl surtout au clergé, et rétablissant le bon ordre, troublé par les querelles perpétuelles de la noblesse. Il alla ensuite en Norvège, s'y lit sacrer (14SI), et, après avoir été couronné en Danemark le 1er janvier 1445, il donna tous ses soins ù l'administration de ce royaume. Il réunit à la couronne la ville de Copenhague, qui jusqu'alors avait appartenu aux évéques de Uoskildc, et y fixa sa résidence. Bientôt il mécontenta ses sujets en prodiguant les grâces et les honneurs aux Allemands qu'il avait attirés à sa cour. Les Danois et les Suédois lui adressèrent des représentations sur relie conduite, qui avait, disaient-ils, amené la chute do son prédécesseur. Christophe écouta ces remon- I ranecs avec modération, et congédia ceux des étrangers qui excitaient le plus de jalousie. On prétend qu'étant allé en Suède, en 1446, avec Dorothée de Draudebourg qu'il avait épousée l'année précédcntc.ct une suite très-nombreuse, dans un temps de disette, les paysans, qui furent forcés, dans plusieurs provinces , de mêler de l'écorce de sapin dans leur farine, imputant t n quelque sorte i ce prince la famine dont ils souffraient, lui donnèrent le nom de Barka k'omng, ou rot d'Ecorce. On pouvait lui imputer, avec plus de raison, les domina très qu'Eric, le roi détrôné, causait par ses pirateries aux navigateurs suédois. Il répondait, lorsque l'on s'en plaignait, qu'il était juste que son onrle eût de quoi vivre. Cependant , la prise de plusieurs navires richement cliargés ayant excité de nouvelles clameurs, Christophe fit embarquer des troupes, et passa dans l'Ile de Gothland, où il eut une conférence avec Erie. Après que hs deux princes se furent promis de vivre en bonne intelligence, Christophe repassa la mer. Dans ce court trajet, le vaisseau qu'il montait fut brisé contre un rocher. Une somme de 100,000 florins, qu'il avait levée en Suède, fut perdue, plusieurs personnes de sa suite périrent, et lui-mémo n'échappa qu'avec peine sur une petite nacelle. Christophe méditait contre Lubeck une entreprise considérable, pour laquelle il avait besoin de beaucoup d'argent. On rapporte que, pour s'en procurer, il profila de l'avidité de la noblesse suédoise à rechercha- les gouvernemenls des provinces, et vendit successivement le même emploi à tous ceux qui le demandaient. Après avoir lait venir en Danemark tout l'argent levé en Suède, il rassembla les troupes des trois royaumes, et fit saisir dans le Sund un grand nombre de vaisseaux anglais et hollandais, dont les riches dépouilles lui fournirent les moyens de former un armement considérable. Avant d'employer toutes ces forces contre Lubeck, il tenta
vainement de surprendre celle ville ; alors il convoqua les éials de Suède à Jonkoping, et se mit en chemin pour aller concerter avec eux de nouvelles mesures; mais la mort le surprit à Hclsingborg, le 6 janvier 1448. Ce prince, quoique prodigue etirop adonné à ses plaisirs, avait plusieurs i unes qualités. 11 ne fut regretté de personne, dirait-on en Suède, si ce n'est de l'archevêque Niels, qui pleura lia nouvelle ■le sa mort, et quelques jours après le suivit dans la tombe. L'ancienne chronique suédoise riméc peint ce souverain sous des couleurs très-défavorables. « il « serait difficile, dit son auteur, de décrire tous les « maux qu'il a bits; à l'égard de ses vertus, je n'ai « rien a en dire, car il vaut mieux se taire que de « mentir, » Christophe ne laissa point d'enfants de son mariage avec Dorothée , lille de Jean, margrave de Brandebourg, surnommé r Alchimiste. Par la suite , elle devint l'épouse de Christian 1" , son successeur. Ce prince rendit plusieurs ordonnances qui annoncent son désir de soulager les peuples. 11 donna des règlements à un grand nombre de villes , et publia, pour le Danemark et la Suéde, des lois qui, dans ce dernier royaume , ont été en vigueur jusque vers le milieu du 48* siècle. Ce code, imprimé en suédois, est divisé en 2 parties : les lois provinciales {Landslagen) et ies lois civiles {Stal:lagen\ ; on le cite ordinairement sous le nom de Jus Ckrittophorianum. Il a été traduit en latin par Jean Loccenius , Stockholm, 1672, in-fol. ; la meilleure édition est due à Pierre Abrahamson, Lund, 1673, in-8°. E— s et D— Z-s.
CHRISTOPHE, primicier à Rome au 8* siècle, était un noble romain, ennemi de Constantin, que son frère Toto, duc de Ncpi, avait, à force de violences et de menaces, fait ordonner pape, quoiqu'il ne fût encore que laïque. Supportant impatiemment l'autorité du nouveau pontife , Christophe et son lils Sergius parvinrent, sous un prétexte feint, à sortir de Rome. Ils se rendirent d'abord auprès de Théodich.duc de Spolétc, qui, ne voulant pas agir contre Constantin, sous sa propre responsabilité, les Ht conduire ù Pavie près de Didier, roi des Lombards ou Longobards. Avec l'assentiment de ce prince, une escorte armée, tirée des campagnes du duché de Spolè te, leur fut donnée. Sergius s'avança à la brune avec ses troupes jusqu'au Ponte-Salaro.et, le lendemain matin, aprèsavoir passé Ponte-Molle, il pénétra jusqu'auprès du Janicule, où ses parents s'étaient déjà emparés de la porte San-Pancrazio, qu'ils lui livrèrent. Vivement pressés par les soldats de Toto, les Spolétins prirent la fuite, et tout semblait perdu pour Sergius, lorsque Toto fut tué par derrière. Le pape Constantin tenta de s'échapper, mais il fut arrêté, cl le prêtre Waldipcrt, son ennemi, se rendit avec des soldats au couvent de St-Vito et en tira un certain Philippe qu'il fit pape, et qu'il conduisit au palais de Latrau. Revenu à Rome quelques jours après, Christophe se plaignit amèrement de l'élévation de Philippe, qu'il lit déposer et renvoyer dans son couvent. Réunissant ensuite le haut clergé, les principaux chevaliers, et toute la noblesse, on procéda a une nouvelle élection, et Etienne ( III ) fut proclame
CHP.
pape à l'unanimité des suffrages. Le parti de Christophe fit ensuite crever les yeux à Passivus, frère do Toto, et au prêtre Waldipcrt, et enfermer Constantin dans un cloître après lui avait fait subir des avanies. Mais ayant rompu avec les Lombards pour n'être pas obligé de leur donner ce qu'il leur avait promis en retour de l'appui qu'il en avait reçu, Didier s'avança avec une armée jusqu'aux portes de Rome et demanda qu'on lui livrai Christophe et son lils. Le pape Etienne, hors d'état de résister, ne put leur laisser d'autre alternative que de se rendre aux Lombards, ou de se faire prêtres et de clicrcher un asile dans un cloître. Pie voulant adopter ni l'un ni l'autre de ces partis, et se voyant abandonnes par les troupes, ils cherchèrent leur salut dans la fuite. Mais ils tombèrent entre les mains des Lombards, et les nobles romains leurs ennemis, auxquels ils furent livres, leur crevèrent les yeux. Christophe mourut trois jours après ; Sergius son ûls languit encore quelque temps dans les fera. D — z — s.
CHRISTOPHE (Josepd), peintre, né à L'trccht en 1498, fut placé dès son enfance dans l'atelier d'Antoine Moro, recueillit avidement les leçons de son maître, et devint lui-même, en peu de temps, un peintre habile. Il peignait l'histoire et le portrait avec un égal succès. Pierre Pérugin et Jean Bellino étaient les deux peintres dont il s'étudiait de préférence à imiter la manière ; mais son pinceau était plus gracieux et son coloris avait plus d'harmonie. Peu de peintres contemporains ont aussi bien observé les régies de. la perspective. Jean III, roi de Portugal, l'attira à sa cour, et lui confia le soin de (aire plusieurs tableaux pour les églises de Lisbonne et pour les maisons royales. Il en fut tellement satisfait, qu'il le lit chevalier de Christ et le combla do bienfaits. Christophe mourut à Lisbonne en 1957. — Joseph Christophe, né à Verdun en 1667, et mort à Paris le 2!) mars 1748, a peint l'histoire avec succès ; il était de l'académie de peinture. Son tableau représentant la Multiplication det point était, avant la révolution, un des plus beaux ornements de la métropole de Paris. A — s.
CHRISTOPHE (Henri), noir créole, roi d'Haïti sous le nom d'Henri I", né de parents esclaves, le 6 octobre 1767, passa lui-même sa jeunesse dans l'esclavage. L'almanach royal d'Haïti, publié par ses ordics, garde sur le lieu de sa naissance un silence d'autant plus regrettable que les historiens sont en déwn""ffd sur ce point, les uns le faisant naître dans l'Ile suédoise de St-llartheleray , d'autres dans la colonie anglaise de St-Christophe, d'où il aurait tiré son nom, d'autres enfin dans l'Ile française de la Grenade. C'est la que jeune encore il aurait servi au banquet donné au comte d'Eslaing , lorsque cet amiral enleva cette colonie aux Anglais. Un officier de marine, frappé de l'intelligence empreinte sur la physionomie de ce noir, l'attacha à sa personne, l'cnmena au siège de Savannah, et de là au Cap, seconde ville de la partie française de St-Domiugue , où il lui donna la liberté. Christophe fit alors, dit-on, le commerce des bêles de somme qu'il allait chercher dans la partie espagnole. Ce qui est certain, c'est
ciin
qu'il fût employé comme domestique à l'hôtel de la Couronne, la plus belle hôtellerie du Cap. Aussi, lorsque plus tard il affecta l'orgueil d'un monarque, ses détracteurs écrivaient-ils, dans les journaux- du PorllU-ptiblicain , que ses mains royales étaient moins habiles à manier le sceptre qu'autrefois les casseroles? Ces sarcasmes, reproduits sous mille formes dans divers écrits n'ont d'autre mérite que de confirmer i un Tait, d'ailleurs de notoriété publique à Haïti. Quand éclata la révolte des esclaves (22 août 1791) , il ne parait pas que Christophe se soit joint tout d'àbord aux insurgés : la condition des noirs était moins dure dans les villesque sur les habitations, et la sienne en particulier devait être assez douce à l'hôtel de la Couronne, dont il avait obtenn la direction. Quoi qu'il en soit, on le trouve bientôt chef <lc bande, parmi les hommes de sa ooulcur. Ce rôle lui était assigné d'avance par son activité, son intelligence et son audace. Le pillage des habita lions, dans lequel il se fit toujours large part, lui procura une iurtlM qui ne contribua pas moins à son élévation que ses qualités personnelles. 11 se lit bientôt remarquer de Toussaint Louverture , généralissime des noirs dés le mois d'avril 1797. Devenu chef de brigade, Christophe concourut puissamment à l'expulsion des Anglais en 1798, et prit part à la rapide expédition qui amena la soumission momentanée de la partie espagnole (27 janvier 1801). Cinq mois après, au moment où Toussaint Louverture s'occupait de réaliser pour St-Domingue une constitution séparée de celle de la métropole et qui lui conférait une véritable dictature, un officier huncais. le chef de brigade Vincent, tenta de le dissuader de ce projet eu lui faisant sentir que le premier des noir/ ne serait plus traité que comme mi rebelle. Mais il fut rudement cconduit, quoique d'ordinaire Toussaint'l'écoulat favorablement, à raison de la sympathie qu'il n'avait cessé de manifester pour la cause des noirs. Vincent eut recours à Christophe, le plus accrédité des généraux de Toussaint. Il lui donna lecture de vives représentations qu'il adressait à Louverture, auquel il s'efforçait de démontrer qu'en se faisant gouverneur A vie. il attirait sur St-Dominguc la colère cic la métropole. Christophe lui ditavec émotion : « Coin-
• mandant, vous êtes le seul Européen qui nous soyez
• réellement affectionné, vousnousavez toujoursdit la « vérité. Donnez-moi votre dépêche, je m'en charge. » 11 la remit en ellct à Toussaint, et osa même dire a ce chef tout-puissant « que la constitution coloniale
• était un crime médité par les plus cruels ennemis ■ des noirs : r il entendait désigner les Anglais, qui |>oussaicnt sans cesse Toussaint Louverture à prendre le titre de roi, ce que celui-ci ne voulut jamais faire. 11 n'était donné qu'au génie soupçonneux de ce chef de prévoir le retour de l'esclavage, et de penser dés lors, en organisant le peuple noir, à lui assurer les moyens de défendre la liberté si jamais elle était menacée. La constitution du V juillet fti proclamée, et Toussaint exerça un pouvoir sans limites sous le litre de gouverneur général à vie. « l e rher
• de brigade Christophe était alors si modeste (dit « Pamphile Lacroix ) que ses amis durent le solli -iter
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« de demander dans cette occasion le grade de gé- « nérat. » Cette n xlestic de la part d'un homme qui plus tard poussa la vanité jusqu'aux dernières limites paraîtra plutôt de l'orgueil blessé, si l'on considère que quelques jours à peiue s'étaient écoules depuis la démarche infructueuse que nous venons de raconter. Il obtint le grade qu'il sollicitait, avec le gouvernement du Cap. bientôt il reprit toute sa faveur et fut chargé d'arrêter Moïse, neveu de Toussaint, chef delà division militaire du nord, son supérieur, qui s'était insurgé. Christophe s'acquitta avec un rare bonheur de cette tache difficile. Pour éviter l'effusion du sang, il se rendit au camp de Moïse avec une faible suite, feignit «le vouloir conférer avec lui, et l'arrêta au milieu de son armée, qui, sur l'exhibition d'un ordre signé du nom révéré de Louverture, n'opposa aucune résistance. Celui-ci récompensa Christophe en lui donnant le commandement de Moïse, qu'il fit passer devant une commission militaire et fusiller. Cependant Moïse laissait des partisans, qui s'insurgèrent au Cap dans la soirée du 21 octobre 1801, et commencèrent à massacrer les habitants connus |>our leur attachement à Toussaint. Christophe, prévenu ù temps, dissipa les révoltés avec tant de promptitude et d'énergie que le lendemain un grand nombre d'habitants ignoraient les événement* de la nuit. Il étouffa avec la même célérité quelques sonlcvtjinenls qui se manifestèrent les jours suivants dans plusieurs quartiers des enviions du Cap. Christophe commandait encore la province du Nord, lorsque la flotte qui portait la grande année c.\|»édilionnairc placée par Bonaparte EOUS le commandement de son beau-frère, le capitaine général l.eclcrc, se rallia au cap Samana (30 janvier 1802). Suivant Pamphile Lacroix, Christophe aurait été assez porté à se soumettre , et l'arrivée secrète de Toussaint Louvci turc aurait seule changé ces disjwsilions. Cette version a été démentie par ChrisUiphe lui-même dans un manifeste au peuple haïtien du 18 septembre 1814. « Le gouverneur général (Tous- « saint), dit ce document, croyait si peu avoir un a ennemi à combattre, qu'il n'avait ordonné à aucun « de ses généraux de résister en cas d'attaque, et n quand la Hotte française arriva il était occupé a « faire une tournée dans la partie orientale de l'Ile. « Si quelques chefs opposèrent de la résistance, ce « fut seulement parce que la manière hostile et mc- « naçante avec laquelle on les somma de se rendre « les força de consulter leur devoir, leur honneur « et les circonstances où ils trouvaient. » Celte explication est d'ailleurs d'accord avec les faits. Dès l'abord Christophe répondait à M. Lebrun, envoyé du général Lcclerc, qui demandait à remettre ses dépêches a Toussaint en personne : « Donnez-moi vos « papiers, vous ne pouvez voir le gouverneur. » Après les avoir examinés, il refusa de rendre le Cap sans avoir reçu les ordres de Louverture. Christophe était dans une cruelle incertitude. La municipalité le suppliait de rendre la ville, lui rappelant une proclamation récente de Toussaint qui ordonnait d'obeir à la mère patrie « avec l'amour d'un Gis pour son père. » Il répondait v que t ien ne lui prouvait qu'une es-
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a cadre sur laquelle on voyait flotter des bâtiments « étrangers (la moitié de la flotte était, on le sait, « composée de vaisseaux espagnol») fût envoyée par « la métropole. » Il autorisa toutefois la municipalité a faire connaître à Leclerc que, s'il voulait suspendre son débarquement pendaut quarante-huit heures, il prendrait les ordres de Louverlure. Celle pacilique pruftosilion fut rejelée. Des lors Christophe n'hésita plus : car à ce relus inexplicable venaient se joindre des bruits sinistres sur une réaction violente à la Guadeloupe , nU l'esclavage, aboli depuis huit ans, était rétabli, malgré les glorieux faits d'armes de cri te colonie contre les Anglais. Christophe connaissait en outre un rapport du conseiller d'Étal 'J lu bandeau annonçant « que l'esclavage serait maintenu à « la Martinique etàCaycnnc, et qu'à la Guadeloupe « et a St-Domingne un gouvernement juste et fort « soumettrait tout à la volonté de la France. » Il ré|K)iidit donc à une lettre par Inquelle Leclerc lui annonçait des témoignages éclatants de la reconnaissance de la métropole, en déclarant que « si le ca- « pilaine général persistait à brusquer l'entrée, la « terre brûlerait avant que l'escadre mouillât dans « la rade. » Cette menace ne lut que trop hdêlciuenl exécutée, et elle a laisse des souvenirs ineffaçables. Il ne resta pas une seule maison de la belle ville du Gap. Christophe la quitta le dérider, emmenant comme otage la population blanche qui s'y trouvait. Jl ne resta pas oisit dans la guerre acharnée qui suivit ces événements. Il se signala principalement dans le combat qui eut lieu sur la roule du Dondon a la grande Rivière. Il avait su se maintenir dans le nord contre la division Hardy, lorsque l'arrivée des escadres du Havre et de Flessingue le mit dans une position désespérée. Il fallut négocier. Rappelant l'humanité avec laquelle il avait train- la population blanche du Cap, il demandait qu'on rcvoquài sa mise hors la loi et qu'on lui garantit la stricte exécution des promesses faites aux insurgés dans les proclamations. I.a ré|Hinse du général Lu 1ère n'etanl pas assez explicite, il résista encore quelque temps. Cependant il écrivait sans cesse qu'il ne demandait qu'à se soumettre, ainsi que Toussaint lui-même, si on leur montrait un code où se trouvât consacrée la liberté des noin. Leclerc répondait, le 24 avril I8H2 : « Je vous déclare à la face de la colonie, a la face de ■ l'Être suprême, que tous les noirs seront libres. • Le général Hardy avait donné à Christophe les mêmes assurances, mais lui sans doute ignorait les instructions secrètes dont Leclerc était porteur, ou qu'il avait reçues de son gouvernement depuis le départ de l'expédition. « 1-a parole d'un général fiançais, « répondit Christophe ( 25 janvier 1802 ) , est à « mes yeux aussi digne de lui qu'elle est inviolable « et sacrée ».Le20 mai suivant, une loi était solennellement promulguée en France, qui établissait l'esclavage, conformément aux règlements antérieurs à 178», dans les colonies orientales et occidentales. A la suite d'une entrevue que le général Leclerc lui avait assigm-e à son camp de la grande Rivière, Christophe lut admis dans l'armée française avec son Bnde. Sa soumission enlraina celle de Dcsalines et
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de Toussaint Louverlure. On a accusé Cliristopltc d'avoir sollicité du général Leclerc la déportation de Toussaint, et l'on a voulu rejeter sur lui tout l'odieux de la trahison dont celui-ci fut la victime (juin 1802). Mais sa lettre du 22 avril précédent, écrite alors qu'il négociait sa soumission, et dans laquelle il refusait avec indignation de mériter son pardon en livrant Toussaint, enlève toute croyance à cette imputation, lorsque éclata la révolte excitée par la mesure du désarmement général, Christophe se trouva dans une position diflicile. Il n'avait pas, plus que personne, oublié ces paroles adressées aux noirs par Santhonax, commissaire de la convention : « Voulez-vous con- « server la Illici te? servez-vous de vos armes, le jour « où des cliefs blancs vous les demanderont ! » Mai» il était particulièrement surveillé. A toutes les sollicitations de Leclerc, il répondait par la promesse de marcher contre les révoltés, mais il demeurait simple spectateur des événements. Enlin, le 10 septembre 1802, les généraux Clervaux et Pétion, hommes de couleur, ayant attaqué le Cap à une heure du malin. Christophe, resté neutre pendant le combat, partit, après faction, de son camp de St-Michcl, et se joignit à eux. Dans cette nouvelle guerre, il se montra, comme toujours, intrépide, scii! et Itabilc à mettre à profil les événements. A peine a-t-il appris la maladie du général Leclerc, atteint de la fièvre jaune, ce mal terrible qui dévora les trois quarts de celte armée française, l'élite des bandes de l'Italie et de l'Egypte, qu'il emporte les avant-postes du Cap et assiège la ville. Après la mort de Leclerc (2 novembre t802 ). il ne se montra pas moins énergique contre Rochambcau son successeur. Ses efforts, joints 0 ceux des autres chef» noirs, ayant forcé les Français d'évacuer la colonie ( 28 novembre 1803 ). le commandement suprême fut dévolu à Dessali nés, qui prit le litre d'empereur, sous le nom de .1 arques |", et régna trois ans. Rien que Christophe fut l'un des principaux chef" sous ce barbare gouvernement, l'histoire ne lui attribue aucune put dans les cruautés dont se souilla le féroce Dessalines II ne fut pas étranger a la conspiration qui renversa re monstre (17 octobre 1806), quoique Pétion el les autres chefs de couleur y aient eu la principal • part. Le 21 octobre ceux-ci publièrent une procl im ai ion dans laquelle ils appelaient Christoplie à succéder provisoirement à Dessalincs, avec le titre de chef el généralissime de l'Etal dilafti. C'était l'ancien nom de l'Ile, qu'on avait substitué a celui de StDomingue qui rappelait la servitude. Une assemblée constituante se réunit au Port-au-Prince pour régler la forme du gouvernement. La nouvelle constitution fut proclamée le 27 décembre 1806, et Christophe (ut élu président de la république haïtienne. Il était alors au Cap. Il trouve trop limités les pouvoirs que la nation lut fait l'honneur de lui conférer : son ambition ne sait dé|à plus se contenter d uue magistrature dont la durée est lixée a un an, et qui le soumet, après ce délai, h la réélection du peuple. Il marche sur le Port-au-Prince à la tète d'un corps nombreux. L assemblée constituante confie le soin de sa défense à Pétion, qui réunit à lu
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li3tc toutes les troiipCS dont il peut disposer. I,n rencontre eut lieu dans les champs de Ciberî, le V janvier 1807. Christophe vaincu se retire dans le nord, dont les habitants sont habitués depuis lonjçtenqis à reconnaître son autorité. Mais déjà les partisans de la constitution républicaine y sont en armes et ont établi leur quartier général au môle St-Nirolas. L'insurrection de Gontan dans le sud obligea Pétion de diviser ses forces. Christophe eut le temps de se reconnaître. Le 17 février 1807, il assembla au Cap un conseil composé de générant et de citoyens influents qui lui étaient dévoués. Le conseil rédigea, sous le titre pompeux d'acte constitutionnel de l'Etat d'Haïti, une formule de gouvernement, et proclama Christophe président et généralissime à vie. Un mois après (9 mars t807 ), Pétion était solennellement proclamé président de la république haïtit-nne. Le territoire qui formait autrefois la partie fi am.aise de St Duminguc était ainsi divisé en deux Etats, avec chacun sa constitution. Celle de l'Etat du nord était habilement conçue, eu ce qu'elle contenait la déclaration de ne troubler jamais les colonies des autres nations et de ne tenter aucune conquête hors de l'ile. Le parti de Pétion venait de donner à l'Angleterre de grandes inquiétudes pour sa colonie de la Jamaïque. La protection anglaise fut dés lors acquise à Girislophe. Quelques avantages commerciaux lui fori nt concédés, et plusieurs ofliciers anglais passèrent à son service. C'est avec ces auxiliaires qu'il anéantit le parti de la constitution républicaine dans le nord, enleva de vive force la position de Jeanltabcl, et, après trente-deux jours d'un siéue sanglant, emporta d'assaut le mole St-Nirolas, dernier boulevard de ses adversaires (octobre 1810 ). Les divisions qui avaient éelaté dans le Sud avaient empêché Pétion de porter secours à ses partisans du nord. Le général Nigaud, revenant de France, avait débarqué aux Cayes (7 avril 1810) et avait constitué une rivalité dangereuse qui avait divisé la partie républicaine «1 deux camps. Christophe, croyant le moment favorable, marcha sur le Port-au-Prince. Mais Pétion et Kigaud, oubliant leur rivalité, se rénnirent par un pacte tëdératif signé à Miragsane. Christophe, qui s'était avancé jusqu'à St-Marc, se relira à cette nouvelle. I.e titre de président ne lui suffisait plus, il résolut de prendre celui de roi : à l'imitation du premier consul Bonaparte, il feignit de céder au vn*u du conseil d'Etat, auquel il laissa l'initiative de la constitution du 28 mars 1 Ht 1 , qui l'appelle, lui et sa famille, au mine d'Haïti. Plus de deux mois se passèrent dans les préparatifs de la cérémonie du couronnement, qui eut lieu le 2 juin. Une église de 250 pieds de long a* ait été élevée comme par enchantement dans la place du champ de Mars, prés de la ville du Cap. C'est là qu'il fut sacré avec de l'huile de cacao par un ancien capucin, Corneille Orell, dont il fit son aumônier, et qu'il créa plus lard duc de l'Anse et archevêque. Les fêtes durèrent huit jours entiers. Par un êdit antérieur, du 5 avril, le roi Henri 1er avait fondé une noblesse héréditaire, avec des titres et des dotations. C'est ainsi qu'on vit ligurcr à la cour de Christophe, U prince du taie Trou,
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le due de la Marmelade, le comte de Limonade, let barons de la Seringue et du Boucan, let chevalière de Coco, Jacko, etc. Ces titres, qui prêtaient à rire aux Européens, n'étaient cependant guère plus ridicules que ceux de prince d Orange et de duc de Bouillon. Un second édit, du 7, créait un archevêché et pluévêehés, sous la réserve de l'institution du qui la refusa toujours; un troisième, du f2, it le grand costume de la noblesse, distinct pour les différents ordres nobles. Un aulre, en date du 20, portait création de l'ordre royal et militaire de St Henri, imitation de l'ancien ordre de Si-Louis, et lui affectai» une dotation de S0;:,000 livres de rente, hntin, on dernier étltt, du mois de mai, relatif a la forinatior de la maison du roi, de la reine et du prince ro\al. contient rémunération des grands ofliciers, chambellans, pages, maîtres des cérémonies, hérauts d'armes, etc. Dans son enivrement, dit un pamphlet publié «votre lui au Port-au-Prince, Christophe prit les litns suivants : « Henri, par la grice « de Dieu et la loi constitutionnelle de l'État, roi « «l'Haïti, souverain des Iles de la Tortue, Gonave « et autres villes adjacentes, destructeur de la ty- « manie, régénérateur et bienfaiteur de la nation ■ haïtienne, créateur de ses institutions morales, « puhlhpicset guerrières, premier monarque cou- « ronne du nouveau monde, défenseur de la foi, « londateur de l'ordre royal «h* St-llenri, grand et « magnanime potentat. » On ne trouve dans les actes qui nous restent de lui et qui ont été publiés par Mackensic et par les lils de \\ ilberforce, que trois et cottera ajoutés à son titre, tel qu'il est forum le dans Pacte du 28 mars 1811, c'est-à-dire, Henri, par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle, roi d'Haïti. Christophe lit frapper à Londres une médaille d'argent à son effigie, d'une tort belle exécution. Mlle porte le millésime de 1811. Au revers est un phénix renaissant de ses cendres avec cette légende : Dieu, ma cause H mon épée. Ce nionar«|ue n'avait au plus «pie 210,000 sujets, sortis nus des fers de l'esclavage, et qui n'avaient pu, an milieu des cruelles épreuves par lesquelles ils avaient passé, acquérir assez de richesses pour supporter la dépease de l'établissement royal le plus modeste, sans y joindre, le fardeau d'une noblesse féodale; l'entretien d'une armée de 24,00 ) hommes aurait seul sufli pour «levorer toutes h-s ressources d'un pays dévasté. II fit à la vérité (oui ce qu'il put pour le tirer de ses ruines, mais ses moyens lurent lyrannhpics. Monopolisant tout à son profit dans l'Etat, il devint, à l'aide de cette prospérité factice, l'oppri sseur de ce peuple malheureux dont il se vantait d'être le régénérateur et le père. II substitua l'esclavage de la glèbe à l'ancien esclavage colonial. Le cultivateur, attaché au sol, ne pouvait aller d un lieu à un autre sans une permission du chef de son quartier. Le bâton remplaçait k- fouet du commandeur. Christophe était un tyran dans toute l'acception du mot, et tous ses actes tendaient à des exactions. N'osant se lier à ceux qu'il opprimait, il avait, comme tous les des|»otes, une garde étrangère. Des nègres jeunes et vigoureux, recrutés a grands frais sur les côtes voisines, la composaient
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cl remplissaient les cadres de deux régimeuts d'élite sous les noms de Royals-Dahomets et de RoyaU- Domlons. Il les cliargea de la police de la culture avec une solde privilégiée. Barbare civilisateur, pour détourner son peuple du vol et lui apprendre le respect «Kl à la propriété, il Taisait jeter sur les grands chemins des montres et des bijoux. Des Dahomcs en embuscade étaient cliargés de mettre a mort ceux qui les ramassaient et ne les rapportaient pas surle-cliamp au chef de la police. Mais, disons-le à son éloge, il n'accorda aucune place, aucune faveur, aucune dignité à tout homme qui n'avait pas contracté de mariage régulier. Il fonda une instruction publique, dirigée par un grand conseil de l'instruction publique. Un collège royal fut établi au Cap, et des écoles primaires à la Lamastre dans tous les bourgs. Les muitres qui les dirigeaient étaient tous des Auglais. C'était |K>ur lui une résolution arrêtée de remplacer la langue française par l'idiome britannique. Cette tentative révélait toute sa haine contre l'ancienne métropole, contre laquelle il préparait sans cesse des moyens de défense. Son armée de 24,000 hommes ne pouvait toutefois exister que sur le |«picr, car elle aurait enlevé à ses foyers le dixième de sa |K)pulation. Il n'y en avait habituellement que 5 à (1,000 sous les armes, recevant pour solde un esca- Iin ( 55 centimes) par jour, et relevés par trimestre. Les soldats de la réserve, répartis sur ses grandes places à vivres, ne recevaient que la subsistance, mais ils se dédommageaient par leurs exactions sur les cultivateurs soumis à leur surveillance. Christophe cependant mettait tous ses soins à former et à exercer cette armée sur laquelle il comptait pour maintenir son indépendance, et aussi pour conquérir le reste de file. La mort du général Rigaud n'avait pas mis fin aux dissensions qui déchiraient le midi. Le président Pétion avait trouvé un nouvel antagoniste dans Rcrgella, ancien aide de camp de son rival. La défection de la frégate Atnéthiste et de trois bricks formant à peu prés toute la marine du roi Henri, et qui passèrent dans le parti de Pétion, raviva la haine de Christophe, qui l'attribua non à son despotisme, mais aux intrigues de ses ennemis. Il déboucha a l'improvistcdans les plaines de l'ouest, a la téte de 22 000 hommes. Pétion était occupé à combattre Dorgella. En son absence, le général Boycr, son secrétaire et son ami, sortit da Port-au- Prince. Une seconde rencontre eut lieu dans les champs de Ci bat. Christophe vengea son ancienne défaite. Boycr, vaincu, opéra néanmoins sa retraite en Iwn ordre, et se renferma dans la capitale de la république, dont Christophe entreprit le siège. Pétion cl llorgclla se réunirent à cette nouvelle, et dirigèrent leurs armes contre l'ennemi commun. Après deux mois d'efforts inutiles, Christophe se retira avec des troupes épuisées, vivement Itarcelé par Boyer. Toutefois ce dernier n'avait pas assez de forces pour envahir la province du nord. Les deux partis posèrent les armes. Par une sorte de convention tacite, ils laissèrent entre eux dix lieues de terrain inhabités. Grâce à la prodigieuse végétation de ces climats, les riches plaines du Boucassin se couvrirent
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en peu de temps de forêts épaisses. Quelque tenu» après les dd x partis convinrent de ne pas s'attaquer, et même de s'unir contre l'ennemi du dehors. La Fiance, en effet, devait tôt ou tard revendiquer son ancienne colonie. Après la chute de Napoléon, Louis XVIII s'occupa de St-Dominguc. On voulut épuiser tous les moyens avant d'avoir recours à la force. L'cxpéricucc n'avait que trop appris les difficultés et les dangers d'un débarquement. On nomma des commissaires. Malouet, ministre de la marine, qui avait exercé dans les colonies des fonctions administratives pendant la période de l'esclavage, était imbu de tous les préjugés coloniaux ; s'obslinant à ne voir dans les Haïtiens que des esclaves révoltés, il fit choix d'hommes sans notabilité, Dauxion-Lavaysse, Dravernais et Franco-Médina. Leur mission était secrète et ne pouvait inspirer <pie de justes défiances à des lu mimes envers lesquels on avait déjà usé de déloyauté lors de l'expédition du général Leclcrc. Ces commissaires avaient pour mandat d'acheter les chefs île St-Bominguc, et de se faire livrer par eux la colonie qu'on appelait autrefois la reine des Antilles. Le gouvernement français ne mit pas même à leur disposition un bâtiment de l'Élit : ils prirent la voie de l'Angleterre. Christophe, averti de leur départ dès le mois de juin 1814, avait publié, le 18 septembre, un manifeste attribué à la plume de Prévost, duc de Limonade, son ministre des finances, dont le style prouverait qu'il j avait des hommes capables à la cour du roi d'Haïti. Cependant les documents officiels publics par Mackensic sont écrits d'un style si différent et dénotent une connaissance si imparfaite de la langue française, qu'il est difficile d'admettre que la manifeste émane des mêmes hommes. Quoi qu'il en soit, Christophe, après avoir mis dans cetio pièce la justice de sa cause hors de contestation, et annoncé sa ferme volonté de maintenir son indépendance, lit saisir à son arrivée le malheureux Franco-Médina. Il prit connaissance de ses papier», et le fit condamner à mort comme espion. Une Icttra du commissaire Bauxion-Lavaysse , en date du 40 juin, et portant cette suscriptinn : au général Christophe, parvint au Cap au milieu du procès, et ne fit qu'irriter l'orgueil du roi Henri. Elle accéléra lo supplice du malheureux médecin. H fut exposé publiquement dans la grande église du Cap, tenduu en noir, « afin que chacun eût la faculté de l'interroger. » (Proclamation de Christophe du 44 octobre.) Il fut ensuite livré au bourreau, sans que Christophe crût violer les principes du droit des gens : son gouvernement publia les pièces qui avaient motivé cet acte de barbarie. Les autres commissaires ne réussirent pas mieux auprès de Pétion. Le gouvernement de Louis XVIII désavoua tout ce qu'ils avaient fait par une notice insérée dans le Moniteur du 19 janvier 1815. Toutefois on allait agir a força ouverte. Béjà l'on préparait une flotte et des troupes de débarquement, quand le retour de Na|K>léon arrêta toute mesure hostile. Ce ne fut qu'après la seconde restauration que les anciens colons obtinrent qu'on s'occupât de nouveau de St-Bomingtic. Une
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seconde mission, qui avait pour chef apparent le viroiutc de Fontanges, niais dont l'àine était le conseiller d'État Esiuangait, partit à bord de la frégate la Flore. Le 17 octobre 4816, ils parurent devant le fui t Picolet, et tirent quelques signaux ; mais redoutant le sort de Médina, ils n'osèrent pas débarquer. Après avoir louvoyé quelque temps sans que Christophe eût daigné communiquer avec eux, ils tirent voile pour le Port-au-Prince. 1U rencontrèrent en nier un bâtiment américain auquel ils remirent une lettre portant encore pour suscription : Au général Chrùlophe. Elle fut refusée, et le bâtiliicut reçut l'ordre de soi tir immédiatement du port. Les commissaires firent alors parvenir leur dépêche sous le couvert du commandant des Goualves. Elle portail la date du 12 octobre 1816. Christophe n'y répondit que par une note adressée au peuple haïtien, et les commissaires repartirent pour la France le lu novembre sans avoir rien obtenu. A la inort de Pciion (29 mars 1818), Christophe crut le moment favorable pour réaliser son rêve favori, la conquête cl soumission de la republique. Il marcha avec 15,00) hommes sur le Port-au-l'rince. Il promettait par ses proclamations à tous protection et st'ireté, aux autorités civiles et militaires des honneurs des titres et des bien*. Les républicains du Port-au-Prince répondirent à ces offres par les préparatifs d'une défense v igourcuse. Christophe rentra dans ses limites. Quelque temps après, un incendie dévora le fort la Ferriére ou fort Henri, situé à deux lieues au sud de Sans-Souci, sur un pic élevé. Christophe avait employé des sommes immenses à la construction de cette citadelle, garnie de trois cents cauous de fort calibre croisant leurs feus en tous sens, toujours abondamment approvisionnée, et qu'il considérait comme imprenable. Aigri par cette catastrophe, il enjoignit à tous ses sujets mâles de porter un crêpe au bras, et aux femmes d'aller quinze jours de suite à la messe pieds nus et vêtues de blanc. Tous les l»ommes turent mis en réquisition pour porter des pierres et de la cliaux au fort qu'il voulait rebâtir pmmplement. Christophe ajourna dès lors tout projet de conquête, pour se livrer à son goût pour le luxe et la magnificence. Il avait sept châteaux et neuf palais. Celui de Sans-Souci était vraiment une demeure royale. Sa construction avait été confiée à un architecte habile. Tout s'y trouvait réuni : chapelle, salle de spectacle, bureaux, grands et petits appartements, casernes, immenses écuries, terrasses, jardins, jets d'eau, fontaines, etc. Il en reste encore des ruines imposantes. Le château des Délices de la reine n'était guère moins magnifique. Malgré son origine servile, Christophe avait des manières distinguées, et sa tenue était digne de son rang. 11 s'attachait à copier l'étiquette des cours européennes. Il parlait l'anglais et le français avec une égale facilité, bien que Mackensie doute qu'il sût écrire. Excellent administrateur, il comptait des admirateurs surtout en Angleterre. L'illustre Wilberforce fut en corrcsi>ondance avec lui à partir de 1810. On prétend que, dans un banquet donné par la société africaine et asiatique de Londres, et
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auquel beaucoup de noirs et d hommes de couleur avaient été conviés, YVilberforcc, président de celte société, porta le toast suivant : a A Christophe ! l'hon- « neur de l'espèce humaine, l'homme le plus libé- « ral, le plus éclairé, le plus bienfaisant, chrétien « sincère et pieux, l'un des plus augustes souve- « rains de l'univers, élevé sur le trône par l'amour et « la reconnaissance de ceux dont il fait le bonheur. » Rien de moins vraisemblable qu'un éloge aussi exagéré; jamais la société africaine et la société asiatique ne se réunirent en commun ; Wilberforcc fut seulement vice-président de la première. Dans la vie du célèbre philanthrope, ainsi que itons si correspondance publiée par ses enfants (1858-40, 7 vol. in-12), on voit, il est vrai, qu'il fut séduit par le nom d'ami que Christophe donnait à l'illustre défenseur de la cause des noirs, et plus encore par l'appel que le roi d'Haïti fit i ses sentiments religieux. Ce ne fut pas sans hésitation et sans craindre do compromettre sa position parlementaire, que Wilberforce entreprit cette correspondance. Mais Christophe annonçait sa volonté bien arrêtée do remplacer par la foi protestante le catholicisme, dont le chef et le clergé avaient épousé la cause des anciens maîtres, et même refusé l'institution canonique à ses évêques et l'ordination à ses prêtres. Wilberforcc crut reconnaître dans Christophe un grand désir d'améliorer l'état moral et religieux de son peuple. 11 consentit à envoyer des précepteurs pour les enfants du roi, et des maîtres pour la fondation d'un collège royal. Enfin il affilia Christophe a la société africaine et à la société biblique. Mais Wilberforcc, en le remerciant de ce qu'il faisait pour la civilisation, ne descendit jamais jusqu'à l'adulation. Lui-même reproche à Christoplic d'avoir accablé son peuple d'exactions pour se faire un trésor et une armée, d'avoir outre passé les limites de la répression, d'avoir fait preuve d'une extrême avarice, et en même temps d'une prodigalité excessive envers ses créatures, auxquelles il donnait des gratifications exorbitantes (1,000 liv. sterl. ou 23,000 fr. a un seul pour un léger service). Toutefois, après la mort de Christophe, il défendit sa mémoire contre les calomnies et le ridicule dont il était alors de mode de le rendre l'objet. La conduite de Wilberforce en cette occasion n'en est pas moins digne de tous les éloges. Il écrivit au chef du gouvernement haïtien (le président Boycr), pour le prier de ne pas faire mettre à mort le baron de Vastey, secrétaire de Christoplte, et auteur de deux écrits sur Haïti. En même temps il exprima, en véritable ami du peuple haïtien, le désir que les améliorations tentées par Christophe pour la réhabilitation du mariage et des mœurs et pour l'éducation ne fussent pas abandonnées. Du reste, le jugement de Wilherforce sur Christophe se trouve nettement formulé dans la recommandation (m il fit à ses enfants de publier après sa mort sa correspondance avec le roi noir, « pour prouver que Christophe n'était pas un « barbare, quoiqu'il fût peu lettre, et que son tort a « été de vouloir taire le bien trop vite et par la a contrainte. * Ce jugement est peut-être plus près
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de ta vérité que la censure outrée de ceux qui l'ap pelaient le moderne Phalaris. Dans une brochure publiée au Port-au-Prince, le 4 juillet 4818, trois mois après sa dernière invasion, Colombel, secrétaire particulier du président Hoyer, a reproché à Christophe : 1° d'avoir fait entasser quatre ou cinq cents personnes de tout âge et de tout sexe dans un puits de l'habitation Ogé, pour les faire périr lors du siège de Jaraul ; 2* d'avoir poignardé de sa propre main une femme enceinte qui lui demandait justice de l'attentat d'un soldat ; 3" d'avoir voulu tuer son lils, le prince Victor, encore au berceau, parce qu'il troublait son sommeil ; 4« d'avoir fait massacrer au port de la Paix des soldats qui s'étaient rendus à discrétion ; 5* d'avoir violé la capitulation du Môle, en faisant mettre a mort le général T. Boufflet, le colonel J. Gournault, presque tous les offic iers et les deux tiers des soldats de la garnison ; 6° d'avoir fait massacrer une population sans défense dans sa retraite du Port-au-Prince; V d'avoir fait brûler vifs ses prisonniers du Cibert ; 8* d'avoir fait décapiter en mi présence deux cents prisonniers du Sanlo; 0* d'avoir toit mettre à mort des femmes du Cap, qui avaient témoigné de la joie de sa défaite au Port-au-Prince; 10* enfin d'avoir, dans la forteresse la Ferrière, des cachots, des étouffbirs, des instruments de torture. Sans ajouter une toi entière à ces accusations accumulées par la passion et la haine du parti contraire, on doit se rappeler qu'à St-Domingue comme au moyen âge on était féroce envers les vaincus, et que le gouvernement de Christophe était absolu. Parmi les documents publiés par Maekensie, on trouve un ordre de mettre un individu aux terrepouces, et relui de mettre aux travaux publies un débiteur qui ne payait point ses dettes. On est en droit d'en conclure que l'autorité de Christophe n'était rien moins que paternelle. Aussi tous les hommes qui se sentaient quelque rapacité et quelque fierté passèrent-ils successivement élans le parti de la république. Les défections eurent quelquefois lieu en masse; nous avons mentionné celle de sa flotte. Un autre jour le général Ma^ni, ancien commandant de la garde d'honneur île Toussaint Louverlure, l'abandonna avec un corps de 5,000 hommes Ceux mêmes qui restaient auprès de lui et qu'il comblait de faveurs, se sentant dans une entière dépendance, s'indignaient de n'être que ses premiers esclaves. Tel était l'état des esprits quand, au mois de juillet 1820, Christophe fut atteint d'une attaque de paralysie. A cette nouvelle, une révolte générale devint imminente. Cependant elle n'éclata qu'à la lin de septembre. La garnison de St-Marc, place frontière, en donna le signal. Un régiment, mécontent des mauvais traitements que le gouvernement de cette ville avait infligés à son colonel, d'après les ordres du roi, égorgea ce malheureux, nommé Glaude, et envoya sa tête au président Boyer, en sollicitant de prompts secours. Les insurgés l'informaient en même temps que la population du royaume De demandait qu'à passer sous l'autorité de la république. Aussitôt que la nouvelle de ces événements parvint k Sans-Souci, ou Christophe était encore
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malade, il fit partir contre les révoltés un corps de 6,000 hommes. Le général Romain, qui les commandait, était lui-même au nombre des mécontents et s'avança avec lenteur. Pendant ce temps, ta ville du Cap se lève tout entière pour le parti de l'insurrection. Un courrier que Christophe envoyait au général Richard, qu'il croyait encore fidèle, est sur le point d'être mis à mort ; il est renvoyé pour apprendre à son maître que son autorité n'est plus reconnue. Christophe se fait aussitôt hisser sur son cheval, mais ses souffrances le forcent d'en descendre. Il avait fait rassembler 1,500 hommes de sa garde, seules troupes qui lui restassent. Il se Tait porter dans leurs rangs, les excite, leur promet douze dollars (60 fr.) par homme et le pillage du Cap, s'ils triomphent des insurgés. Il met à leur tête Joachim-Noêl, son général le plus dévoué. Le parti royal, grossi de quelques détaehements recrutés en chemin, rencontre les révoltés au haut du Cap (8 octobre 1820). Aussitôt Joachim voit ses troupes se débander et passer à l'ennemi ; il cherche son salut dans la fuite. A la nouvelle de cette défection, qui ruine sa dernière espérance, Christophe dit froidement : « Puisque le peuple d'Haïti n'a plus « de confiance en moi, je sais ce qui me reste à « faire. » Il se retire dans sa chambre et se tire deux < onps de pistolet, l'un à la tête et l'autre au cœur (8 octobre 1820). Telle fut la fin de cet lwmme, certainement doué de grandes facultés, mais qui, après avoir combattu la moitié de sa vie pour la liberté, consacra l'autre à élever ce fragile édifice de la tyrannie sous les ruines duquel il fut écrasé. Ses tentatives de civilisation et de réforme ne servirent qu'à accélérer sa chute. A peine eut-il jeté quelques lumières parmi ce peuple sur lequel il faisait peser une si rude oppression, que son joug devint insupportable. La servitude et la civilisation ne sauraient subsister côte à côte. De ses deux fils, l'alné, Ferdinand, fut confié aux autorités françaises, lors de la soumission de Christophe au général Leclerc. Embarqué comme otage, il mourut en France dans un hôpital. Le second, Jacques-Victor-Henri, âgé de seize ans, fut massacré par les insurgés lors de la prise du fort la Ferrière, quelques jours après la mort de son père. Un bruit populaire a accrédité la croyance que les vainqueurs avaient trouvé dans cette forteresse la somme de 240 millions de francs, formant le trésor de Christophe. Mais il n'en a rien figuré dans les comptes de la république d'Haïti. Cette opinion exagérée de la prospérité de Christophe n'a pas peu contribué à la conclusion de l'emprunt de 50 millions qui fut conclu en 1825, époque de la reconnaissance de l'indépendance de la partie française de St-Domingue. Tout porte à croire, au contraire, que les revenus du royaume furent annuellement absorbés par les dépenses de cour, l'entretien de l'armée et les constructions considérables que Christophe éleva au fort Henri, à Sans-Souci et dans la ville du Cap (1). Le défaut d'entretien et les
(i) Mttkrnsk", «h.suI gcnii.il d'AnjVtcrrf en Halii, en '8iJ, iiM son ouvrage publié en <f30 { lom. 2. w 303 ), donoe le la-
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tremblements de terre ont déirait tous ces édifices doi il ne reste que des ruines. Le royaume d'Haîii périt avec son fondateur, et le président Boyer réunit les deux États sous les étendards de la république. La veuve de Christophe, naguère la reine Marie-Louise, quitta cette terre où le nom qu'elle portait était en exécration, mais au cependant on lui avait assuré une pension modique. Elle passa en Angleterre, où Wilberfurce s'empressa de lui restituer tout ce qui n avait pas été employé d'une somme de 6,000 liv. sterling (150,000 fr.) que Christophe lui avait envoyée pour lui acheter des livres et lui recruter des maîtres. La postérité a fait justice des doutes que le parti colonial avait essayé de jeter sur le désintéressement de Wilber force. La veuve du roi noir, après avoir visité l'Allemagne et l'Italie, se fixa à Pisc en Toscane avec ses deux Tilles. Au mois de novembre 1830, l'une d'elles est morte dans cette ville, où sa mue ci sa sœur résident encore aujourd'hui. A. 1 — B — T.
CHRISTOPHE ! A ntoine-Noei.- Matthieu), néà Lyon, «i 4768, lit ses études au collège de St-lrénée de cette ville, et venait d'entrer dans les ordres en 1791, lorsque le refus de serment aux décrets de l'assemblée nationale l'obligea de quitter la France. Il se réfugia d'abord en Savoie, puis en Suisse, ec ne rentra qu'en 1797. 11 se rendit alors à Paris et y publia sous le voile de l'anonyme une brochure où il invitait les ecclésiastiques à se soumettre au gouvernement. Il se mit ensuite à traduire, à composer des romans et même des ouvrages plus mondains, puisqu'il présenta aux comédiens français, sous le titre de Blanche et M ont-Cas tin, une pièce de théâtre qui ne fut pas jouée, mais dont il crut reconnaître «ne imitation ou une copie dans la tragédie d'Arnatilt, qui fut représentée quelque temps après sous le même titre. Llinstopne rcciania aans les journaux contre cette représentation avec beaucoup d'amertume, ce qui n'eut aucun résultat. Il était professeur de belles- lettres en 4815, à Tournai, lorsque cette place lui fut ôtée par suite de la séparation de la Belgique. 11 est roortà Weris-les- Bains, Ie51 juillet 4824. Outre un roman intitulé Antoinette et Yalmont, Paris,
1801, 2vol.'m-18, on a de lui: !• les Deux Emilie, 1800, 2 vol. in-12 ; Arnndel et Henriette, 1800, in-12; le Château de Sl Hilaire, 4801, 2 vol. in-12. Ces trois romans sont traduits de l'anglais de Henriette Lée. 2« Leitret Athéniennes, traduites de l'anglais,
1802, 4 vol. in-12. Villeterque ( voy. ce nom ) en
1 Éussi donné une traduction. 5° Dictionnaire pour tervtr à rittlelligence des auteurs élastiques, 1805,
2 vol. in-8°, traduction libre du dictionnaire anglais de Lemprièrc, qui est un bon abrégé de celui de Sabbatier. {Voy. ce nom.) Z.
CHR1ST0PHERS0N i Jean), évèque anglais du 164 siècle, natif du comté de Lancastre, fut élevé à
tleao de* exportations da Cap-Frantais pendant le goavcrDcmcnt de Ctoristof ne :
Qaintaox.
De «807 a «80» U moyenne a élé ea «ère rnfBné de 6J5.7W
De <S<0 «4811 (deux ans) 8I0.S72
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l'université de Cambridge. Il fut un t'rs premiers boursiers du collège de la Trinité, après sa fondation par Henri VIII en 1546, et peu après il en devint principal. En 1554 il devint doyen de Norwich. Proscrit sous le règne d'Edouard VI, Cliristopherson revînt en Angleterre a I avènement de la reine Marie, fut nommé en 1557 évèque de Chichesier, et mourut peu de temps avant cette princesse, en 1558. Ce prélat entendait très-bien les langues, surtout la grecque, et possédait une bibliothèque composée de livres curieux qu'il légua au collège de la Trinité. On a de lui la traduction en latin de Philo Judaut, imprimée à Anvers, 1555, in- 4°, et des Histoires ecclésiastiques d'Eusèbe, de Socrate, Sozomène, Evagre et Théodore!, imprimées a l.ouvain, 1570, 8 vol., et à Cologne, même année, 4 vol. in-îol. Ces traductions, quoique supérieures à celles de Rufîn et de Musculus, dont on se servait alors, sont encore bien imparfaites, et ont entraîné dans beaucoup d'erreurs Baronius et plusieurs autres écrivains. Le style de Clirislopherson, incorrect, diffus, jette de l'obscurité sur les endroits les moins difficiles du texte, et en voulant suppléer aux mots qui lui paraissent manquer, il change ou dénature le véritable sens . On lui reproche encore d'avoir séparé selon son caprice ce que l'auteur avait réuni, et réuni ce qu'il avait séparé, en sorte que ses divisions n'ont plus de rapport avec celles de l'original. Clirislopherson n'était cependant pas sans mérite ; il possédait plusieurs langues, particulièrement la langue grecque, et passait pour un des meilleurs théologiens de son temps. Il avait aussi composé, en 1546, une tragédie de Jephtha, en latin et en grec, dédiée à Henri VIII. {foy. Pits, Deserip. angt.; V Histoire de l'Église par Dndd ; et Baillet, Jugements des savants, t. 2, part. 2 de l'édition de 4725.) X— s.
CHIUSTOPHORCS le Bavarois. FoiyezCnniSTO-