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CHÀCCER (Geoffroy), naquit à Londres en 1528, scion quelques-uns, d'un marchand, scion quelques autres, d'une famille noble. H étudia à Cambridge et à Oxford. Ce Tut dans la première de ces universités qu'il se fit connaître comme poste, à l'âge de dix-huit ans, par sa Cour d'amour, le premier poème connu qui ait été écrit en anglais. Apres la conquête des Normands, le français, qui était la langue des vainqueurs, devint en Angleterre l'idiome, sinon universel, du moins dominant; il était surtout la langue des grands et celle des poêles. Cependant quelques essais furent tentés pour élever l'anglais aux mêmes honneurs; mais le talent des poètes qui l'avaient entrepris ne s'était pas trouvé suffisant pour déterminer une révolution, qui, d'ailleurs, n'était probablement pas encore parvenue à son point de maturité. Elle était réservée i Chauccr, comme il est réservé aux esprits supérieurs de recueillir les fruits qu'a mûris en silence la suite des siècles. La Cour d'amour obtint un grand succès. Après avoir voyagé assez longtemps pour perfectionner ses connaissances en tout genre, déjà fort étendues pour l'époque où il vivait, après avoir étudié quelque temps les lois dans le Temple, Chaucer, dégoûté de celte étude, se tourna du coté de la cour; on le lit page d'Edouard III, quoiqu'il ne pût être alors de la première jeunesse, et il fut très en faveur auprès du roi, et surtout de son fils Jean de Gand, le célèbre duc de Lancastre. Confident de l'amour de ce prince pour sa cousine, la duchesse Blanche, il célébra dans ses vers cet amour, leur mariage, les charmes et les vertus de la duchesse, qui n'empêchèrent pas son mari de lui donner bientôt une rivale, lady Catherine Swynford, gouvernante de ses enfants, dont il fit épouser à Chaucer la soeur Philippa. Celte alliance affermit la faveur de Chaucer auprès du duc, qui le recommanda à celle du roi. Il fut revêtu de diverses places honorables, entre autres de celle d'envoyé auprès de la république de Gènes (ce qui lui donna occasion de visiter Pétrarque), et de la place de commissaire auprès du roi de France Charles V, pour traiter d'un renouvellement de trêve, et du mariage de Ricliard, prince de Galles, avec la princesse Marie, fille du roi de France, négociation qui n'eut aucun succès. Il eut aussi des places lucratives, comme celle de contrôleur des douanes dans le port de Londres. Il fut enrichi des bienfaits de la cour, parmi lesquels on remarque le don d'un pot de vin, qui devait lui être délivré chaque jour dans le port de Londres, par l'échanson du roi, sur les produits des douanes. Chanccr suivit le roi Edouard en France, lors de l'expédition infructueuse qui se termina par la levée du siège de Reims. Fortement attaché au duc de Lancastre, il embrassa avec ardeur les opinions de Wiclcf, surtout relativement à la réforme du clergé, et fut même, à ce qu'il parait, intimement lié avec ce fameux hérésiarque ; mais ni les affaires, ni les intrigues de la cour, ni les discussions tbéologiques,
c moins p»nd. On te seul, Chatterton, «'il ne fit mort de son dc- < «poir. fût mon de se» travaux. » A. F-ft.
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n'întenjmpaient le cours de ses travaux poétiques. La Cour d'amour avait été suivie, peu de temps après, du poème de Trotlus et Ci.Jide, d'Arcile et Palimon, de la Maiton de la Renommée, etc., ouvrages dont il ne parait pas que l'invention appartienne à Chauccr, mais dont il donne quelques-uns pour imités, et dont les autres le sont visiblement, soit du Roman de la Rose, soit de Doccacc, soit de quelques autres auteurs moins célèbres. Il parait avoir puisé surtout dans les ouvrages des troubatlours provençaux , qu'il affectionnait particulièrement , et auxquels la fierté anglaise lui reproche d'avoir emprunté un grand nombre de mots pour les transporter dans sa langue, comme il est aisé de le voir par l'abondance des mots français qui se trouvent dans ses écrits. Ces poésies, dont l'invention, quand clic appartiendrait h Chauccr, ne vaudrait pas la peine d'être revendiquée, portent l'empreinte du mauvais goût qui régnait alors dans toute l'Europe. Dans sa Cour d'amour, le poète amoureux reçoit de sa dame la promesse qu'elle le rendra heureux au mois de mai. Le trr de mai, les oiseaux, pour célébrer ce beau jour, chantent un office en l'honneur de l'amour, et cet office n'est autre chose que celui de l'Eglise, dont ils se partagent les différentes prières : le rossignol chante le Domine labia, l'aigle le Venile, etc. Dans 2rotfu< et Créséide, poème dont l'action se passe durant le siège de Troie, Troïlus est désigné comme un jeune chevalier (knight), et, de même précisément que l'A est maintenant la première lettre de l'alphabet, Créséide était, parmi les dames troyennes, la première en beauté. Ses autres ouvrages, tels que la Maison de la Renommée, que Pope a imitée dans son Temple de la Rrtiommée, et les poésies faites en l'honneur du duc et de la ducliessc de Lancastre, sont, pour la plupart, des rêves, des visions allégoriques, mêlés de dissertations morales ou théologiques dans le goût du temps ; ce qui; outre la difficulté de la langue, rend la lecture des ouvrages de Chauccr pénible et ennuyeuse. On y trouve cependant de la vérité dans la peinture des caractères; et uue délicatesse de sentiments, qui, dans ce temps-la, s'alliait assez souvent à la grossièreté des expressions. Les Anglais assurent de plus que, malgré l'irrégularité de la versification, la poésie de Chauccr ne manque pas d'harmonie; et cette irrégularité n'a pas empêché de le regarder comme l'inventeur du vers héroïque anglais. L'avénemcnt de Richard II, en 1377, semblait devoir être favorable à Chauccr, par le crédit que devait prendre sur un roi jeune et peu capable un prince ambitieux tel que le duc de Lancastre ; mais devenu bientôt suspect au roi par ses intrigues, le duc de Lancastre s'était aussi aliéné le peuple par son attachement à la doctrine de Wiclef ; en sono que la situation de ses partisans devenait tous les jours plus précaire. L'attachement personnel de Chaucer à Wiclef l'exposait à la haine des partisans de l'Église romaine. En 1382, les wicle listes ayant voulu, malgré l'opposition du clergé, faire nommer à Londres un maire de leur parti, le choc des deux factions fut tel qu'il en résulta une sédition violente.
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La cour Informa contre les auteurs de la sédition ;
les wïclefistes furent sévèrement recherchés, plusieurs furent mis à mort, et Chauccr, obligé de s'enfuir, passa dans lo Ilaiuaut, où il vécut assez tranquille. La cour d'Angleterre lui permettait de toucher ses revenus, et même les appointements de sa place de contrôleur des douanes, qu'il faisait exercer par substitut ; mais son absence du royaume était probablement la condition de cette indulgence; car, forcé ensuite, par l'infidélité de ses agents, de repasser secrètement en Angleterre, d'où il ne lui arrivait plus aucun secours, il fut bientôt découvert, arrêté, et privé de sa charge. Il n'obtint son pardon et sa liberté qu'au prix de plusieurs révélations nuisibles à son parti, auquel il devint par là exlrèmcmcnt odieux. Dans le même temps, le duc de Lancastre, qui, dans le vain espoir de parvenir à la couronne d'Espagne, avait épousé en secondes noces la fille de Pierre le Cruel, mais qui conservait toujours son ancien attaclicinent pour Catherine Swynford, dont il avait eu plusieurs enfants, fut obligé, par la clameur publique, de s'en séparer. Chaucer, privé encore de cet appui et réduit à une grande détresse, obtint la permission de traiter de ses pensions, et quitta la cour pour s'occuper uniquement de travaux littéraires. Ce fut dans ce temps de malheur qu'il fit son Testament de l'amour, espèce d'imitation de la Consolation de ltoéce, qu'il avait traduite dans sa jeunesse. Au lieu que la philosophie apparaît à Doecc et vient le consoler dans sa prison, c'est l'amour qui se présente à Chaucer, et, en récompense de ses fidèles services, lui bisse par forme de legs, ainsi qu'a tous ceux qui suivront ses instructions, les plus saircs préceptes de philosophie, de morale et de religion. La fortune de Chaucer changea de nouveau avec celle du duc de Lancastre, revenu en 15X9 de l'expédition d'Kspagnc, où il avait inutilement essayé de recouvrer les royaumes de Castillc et de Léon, qu'il prétendait lui appartenir du chef de sa femme, mais d'où il avait rapporté des sommes considérables qui lui servirent à relever son parti à la cour. Quatre ans après, sa seconde femme étant morte, il épousa Catherine Swynlbrd, et fit légitimer les enfants qu'il avait eus d'elle. Chaucer, allié de si près a la famille royale, vit se renouveler les faveurs de la cour, et fut même encore, à ce qu'il parait, employé à son service. Il ne perdit rien à la mort de son beaufrére, le duc de Lancastre, suivie bientôt après de la révolution qui plaça sur le trône le fils de celuici, Henri de Lancastre. Cependant il parait qu'à cette époque il était entièrement retiré de la cour, et jouissait tranquillement de sa fortune dans le château de Dunnington, où l'on a montré longtemps le clténe sous lequel on prétend qu'il allait méditer, et qui portait le nom de chêne de Chaucer. Ce fut là que, dans ses dernières années, il composa celui de ses ouvrages qui a conservé le plus de réputation, ses Contes de Canlorbéry, écrits en vers, dans la forme du De'eomeron de Doccace, mais dont les sujets, entièrement anglais, offrent une grande variété, de caractères peints avec la vérité propre 4 ce
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poète, et une vivacité qu'on ne lui trouve pas toujours (1). Chaucer a eu le sort de tous les écrivains qui ont montré du génie dans les premiers lein(Ht de la renaissance des lettres, lorsque la langue cl le goût n'étaient pas eucore formés. On l'admira et on le loue beaucoup, mais on le lit peu. Il est lo pre» inier des modernes qui ait fait usage dans la poésie de l'esprit et des fictions chevaleresques. Son conte de Sir Tapa* est dans le goût de Don Quichotte. Il mourut en 1400, âgé de 72 ans. On a de lui trait stances morales, intitulées ; Bom Cmetile de Çhan ■ cer, et qui furent composées, dit-on, dans ses derniers moments. Ses ouvres ont été recueillies, et plusieurs fois réimprimées en anglais, Londres, 1721, in-ful., (ig., édition revue sur les manuscrits de l'auteur, par John Lrry ; ibid., 1722-78, 5 vol. petit in s , avec les notes et le glossaire de Tymhitt, Oxfurd, 1708, 2 vol. grand in-4», avec les mêmes notes et le même glossaire; Londres, 1812, 4 vol. in-4°, lig., avec un discours préliminaire et un essai sur le langage et la versification de Cliaucer. -» Thomas Chai cer, son fils aine, occupa de grandes places. Alix, fille de celui-ci, épousa en troisièmes noces le fameux Guillaume de la Pôle, comte, puis duc de Suffolk; et de ce mariage sortirent ces ducs de Sulfolk, dont lo dernier fut décapité sous Henri VIL S-D.
CHAUCHEMEFA (le Père François), religieux dominicain, docteur en théologie, né à Mois en 1040, fut provincial de son ordre a Paris, et y mourut le G janvier 1715. C'était un des bons prédicateurs de son temps ; il eut plusieurs fois l'honneur de prêcher devant le roi, et ce fut toujours avec succès. On a de lui : 1e des Sermnne tur let mystère» de la religion enréttcmw, Paris, 1700, in-12; 2* Titiiië de piéli tur la avantagée de la mort chrétienne, Paris, 170T, 3 vol. in-12; réimprimé en 1714 et 1721. François Gastaud, avocat au parlement d'Aix, avait fait, en 1009, in-8°, l'oraison funèbre de la fameuse madame Tiquel ( Marie-Angélique Charlier), décapitée en 1600, pour avoir attenté à la vie de son mari ; le P. Chauchemer fit la critique de cette plaisanterie, qu'il trouvait déplacée, et y joignit un discours moral et chrétien sur le même sujet. Gastaud répondit à ces deux pièces, et on les trouve toutes dans le recueil qui en a été fait, en 1609 et 1700, in-8". Ces pièces ne sont remarquables que par la singularité du sujet et par le tour qu'on lui a donné. C. T— Y.
CHAL'DET (Amoins-Dekis), sculpteur, élève de Stouf, naquit à Paris, le 3! mars 1765. M s'amusait dans son enfance à modeler de petites ligures eu terre glaise, et la vue des statues qui décorent nos jardins éveillait son imagination. H s'inscrivit à l'âge de quatorze ans parmi les élèves de l'académie de peinture. L'heureuse révolution que l'in-
(<) Les eoales de Ouater Joliaent la licence, le pMtntinne et
U barbarie du »iede » une ve me d «Uervaitoa et » une ricaeste de pnfMe qui brillent encore s travers U rouille de wn «imi Unpie. Le» ancienne» edilion» de w* d.fffreni* ouvrage», dont Plbdin a donné la lUle d*ns le» Twt+Kel A*t<t*iiu*te Am«, sont aujotrd-bai d'uoe raett «trente, D-a-a.
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ftuence dè Vieil trait opérée n'avait point encore réircuéré Part statuaire; mais en se soumettant au goût de l'école, Chaudet suivit, autant qu'il le put, de meilleurs exemples, en allant chercher dans l'an* tiquite I» modèles qu'il savait déjà Bppréeier. Cependant, lorsqu'il remporta le grand prix, en 1784, sur le sujet de Joseph vendu par eee frères, docile à l'esprit du temps, et peut-être aussi pour ne pas aliéner se* jupes, Il composa son bas-relief dans la manière de l'école. On y voyait des arbres, un pont et de petits garçons avec des chevaux. «J'y aurais «mis de la pluie, disait-il assez plaisamment, si le « programme l'eût ordonné. » Il est vrai qu'alors on représentait en sculpture jusqu'aux substances vaporeuses, les nuages et la fumée. Malgré l'erreur qui appartenait à celle époque, le bas -relief de Chaudet méritait la couronne qui lui fut décernée. Les autres élèves en furent tellement frappes, qu'ils portèrent l'auteur en triomphe. Des ce moment, Chaudet lut passionné pour la sculpture et pour la gloire ; il se rendit à I école de Home, où les arls se montrèrent à lui dans toute la pompe de leurs chefs-d'œuvre. 11 Voulut les connaître dans leurs différentes perfections ; on le vit passer de l'étude des vases grecs ou étrusques a celle îles loges de Raphaël ; foire avec Drouais des croquis qu'on aurait pu attribuer a un habile peintre, puis se fixer sur les blatues et les bas-reliefs antiques, pour se pénétrer, non -seulement du beau idéal de leurs formes, mais de l'esprit ingénieux de leur composition, il revint a Paris en 1780; l'académie de pciiiture lui donna prcsqu'aussitol le tiu*c d'agréé, qui était le premier objet de l'ambition d'un artiste sortant de l'école de Home. Il Ut peu de temps après, pour la décoration du péristyle du Panthéon, un groupe qui est regardé comme un de ses meilleurs ouvrages; ce groupe exprime l'Émulation de la Gloire. 11 ne fut pas d'abord apprécié comme il l'est aujourd'hui : on n'était point encoie revenu à la belle simplicité, et des artistes, habiles d'ailleurs, mais qui tenaient, sans s'en apercevoir, à l'ancienne manière, n'hésitèrent pas A le croire au-dessous d'un autre ouvrage, placé sous le même péristyle, et qui est loin de jouir de la même estime. Chaudet éprouva, vers la lin de aa vie, uue autre injustice a laquelle il se montra peu sensible : on refusa à son Œdipe le prix d'encouragement accordé à la sculpture exposée au salon de 1801. Cet ouvrage est un de ses plus beaux titres de gloire ; car il est difficile de concevoir une composition mieux pensée pour l'art statuaire, et une idée mieux exprimée. La statue de Bonaparte qui fut placée dans la salle du corps législatif, le bas-relief de la cour intérieure du Louvre, l'excellente figure de Cyparitsi, se succédai; m rapidement, et vinrent fixer Itur auteur au rang des (iremiers statuaires modernes et il y serait peut-être au premier rang, sans l'espèce d'inégalité qu'on remarque dans tes ouvrages et qui vient dé sa mauvaise santé habituelle et des fréquents vomissements de sang qui le forçaient souvent d'interrompre son travail, et qui Tout moissonné a la fleur de «on âge. La statue de la Paix