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(de grandeur naturelle), exécutée en argent, et la statue de Ctnctnnafu*, qui furent placées, la première dans le palais des Tuileries, la seconde dans la salle du sénat ; le bas-relief qui décore le plafond de la première salle du musée du Louvre, et qui représente, sous les .figures de trois femmes gra« cieusement enlacées, la Peinture, la Sculpture et V Architecture ; la figure allégorique de ï Amour qui tend un piège aux âmes, et qui les amuse avec des fleure, ainsi que les petits bas-reliefs places sur le socle, et qui sont comme autant d'épisodes de ce joli poème, donnent a Chaudet de nouveanx titres de gloire. La ligure représentant la Sensibilité, sous la forme d'une jeune personne qui touche la sensitive; le Bélisaire, ciselé en bronze par lui-même, et l'un de ses meilleurs ouvrages; Paul et Virginie, qu'il a traduits en marbre, et auxquels il a conservé celle tendresse, celte puissance d'iutérèt dont les a doués l'admirable talent de Bcrnardiu de St-Picrrc; le A'td d'Amour; et, eu dessins, l'élégie pathétique de V Amitié consolatrice à la porte d'une prison; le Triomphe de Psyché, à laquelle les différents peuples de la teiTC viennent rendre les honneurs divins, dessin capital par son étendue et son fini ; un assez grand nombre d'autres dessins, profondément pensés, pour la magnifique édition de Racine donnée par P. Didot (1801-5, in-fol. ) ; le tableau représentant Énèe et Anrhise au milieu de l'incendie de Troie, tableau qui acheta de prouver que Chaudet aurait pu devenir un peintre de distinction, quoique ce qu'il a laissé en ce genre pèche par le coloris; les nombreux sujets de médailles qu'il a composés et dessinés pour l'histoire numismatique de l'empire, dont lu troisième elasse de l'Institut avait été chargée , tous ces ouvrages, enlin, qui ne sont que la partie accessoire de sa réputation, n'attestent pas seulement l'activité et l'étendue du talent de Chaudet, mais bien mieux encore son esprit ingénieux et sa sensibilité. Nous ne ferons qu'indiquer ses deux derniers ouvrages, le fronton du palais du corps législatif, et la statue qui a fiiruré jusqu'en 1811 sur la colonne de la place Vendôme, parce que les conceptions eu ont été généralement blâmées, et qu'il est certain que le premier lui a été imposé, en même temps qu'il est douteux qu'il n'ait pas admis la seconde par complaisance. En effet, on ne peut point reconnaître son esprit judicieux dans le choix d'un costume idéal pour Napoléon placé sur une colonne dont tous les ornements et les costumes sont nationaux et du temps où nous vivons. 11 n'aurait pas imaginé aussi, pour le frontispice d'un temple des lois, un épisode d'une victoire, quand on avait à consacrer un sujet d'histoire législative. Chaudet a exécuté un assez grand nombre de bustes. On ne parlera point ici de ceux de Bonaparte, ils se confondent, pour le mérite, avec la statue du corps législatif, qui en est le type; mais il y en a deux qu'on doit placer parmi les beaux ouvrages; savoir : un buste de feu Sabatier et celui de David Leroi. L'amitié et la reconnaissance l'avaient inspiré pour l'un et l'autre. Ceux du cardinal Mauri et de Lamoignon-Alalcsherbes sont aussi
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très-beaux. Lorsqu'il fut nommé professeur aux écoles de peinture et de sculpture, il se livra avec ardeur aux fondions de renseignement. H avait tant réfléchi sur son art, il l'aimait avec tant de passion, que c'était un bonheur pour lui d'en exposer la saine doctrine, et surtout d'en répandre le sentiment. Nommé membre de la quatrième dur» de l'Institut en 1805, il fil partie de la commission du Dictionnaire de la langue des beaux-arts, et déploya dans les discussions de ce travail toute la sagacité et la justesse de son esprit. Instruit, mais non lettré, il étonnait par la manière analytique avec laquelle il concevait et disposait les articles nombreux qui lui étaient échus. Chaudet est mort le 19 avril *W0, laissant une veuve qui s'est fait un nom parmi les femmes qui se sont adonnées a la peinture. A — s.
CHAUDON ( Louis M aïeul , plus connu sous le nom de Dom), l'un des plus lalioricux biographes du 18e siècle, était né le 20 mai 1737, à Valcnssoles, diocèse de Riez. Après avoir achevé ses éludes aux collèges de Marseille et d'Avignon, il embrassa la règle de St-Bcnoit, dans la' congrégation de Cluny. Le goût des lettres avait en partie décidé sa vocation ; et, comme la plupart des jeunes gens, il cultiva d'abord la poésie ; mais il y renonça bientôt pour se livrer entièrement à l'étude de l'histoire et de la chronologie. N'ayant jws tardé à s'apercevoir que le Dictionnaire de Ladvocat {roy. ce nom) laissait beaucoup à désirer, il entreprit de le compléter pour son usage. Celui de Barrai (toy. ce nom) n'ayant point rempli son attente, D. Chaudon fit paraître en 1766 le Nouveau Dictionnaire historique, dont le succès surpassa toutes ses espérances. Contrefait presque immédiatement dans les pays étrangers et même en France, imité ou traduit dans plusieurs langues, tout concourut à prouver et l'utilité de l'ouvrage, et sa supériorité sur ceux qui avaient paru jusqu'alors dans le même genre. Quoique occupé sans cesse à revoir son dictionnaire, à le retoucher, et à l'améliorer, D. Chaudon sut encore trouver le loisir de composer plusieurs écrits estimables. En 1767 il publia le Dictionnaire anliphilosophiquc, dans lequel, tout en rendant justice aux talents prodigieux de Voltaire comme écrivain, il repousse avec force ses attaques contre la religion. Il reçut à l'occasion de cet ouvrage des brefs trcs-honorablcs du pape Clément XII I, et plus tard du pape Pie VI ; mais il n'aurait point échappé aux sarcasmes de Voltaire s'il n'eût prudemment gardé l'anonyme. Deux ans «près (1761)), D. Chaudon publia sous le masque de des Sablons l'examen des jugements porlés |wr Voltaire sur quelques grands écrivains. Renonçant à la polémique, il conçut l'idée de la Bibliothèque d'un homme de goût; mais, obligé d'ajourner l'exécution de cet utile ouvrage, il remit à son frère (roy. l'art, suivant) les matériaux qu'il avait déjà rassemblés, et se contenta de le diriger dans ses recherches. La congrégation de Cluny ayant été supprimée en 1787, D. Chaudon put alors rentrer dans le monde. Il habitait depuis quelque temps la petite ville de Mczin dans le Condomois, et se* amis l'engagèrent à s'y fixer. Étranger aux débats de la politique, il eut le
bonheur d'échapper ni"- persécutions delà révolution ; mais elle lui enleva les trois q arts de sa petite fortune Ce fut donc une nécessité pour lui, dans un âge avancé, de chercher des ressources dans la vente de son Dictionnaire, dont sept éditions étaient entièrement épuisées. Il en publia une huitième à Lyon en 1804, dans laquelle le supplément de Delandine [voy. ce nom) fut refondu, et qui contien d'ailleurs diverses améliorations. Le libraire Bruysct exigea que les deux noms fussent imprimés sur le frontispice; mais Chaudon n'y consentit qu'avec beaucoup de répugnance. 11 prit, en <8I0, par l'entremise de Bruysct, de nouveaux arrangements avec Prudhomme (roy. ce nom) pour la réimpression de cet ouvrage; et il lui envoya son exemplaire rliargé de notes et de currections; mais il n'eut d'ailleurs aucune part à cette édition, que Ginguené, l'un de nos collaborateurs , a caractérisée par ces mots : « C'est le recueil le plus complet de quiproquos bi- « bliographiques que l'on connaisse.» Chaudon reçut dans les dernières années de sa vie un témoignage flatteur de l'estime que lui portaient les habitants de Mczin : ils firent exécuter son portrait par un habile peintre, et l'inaugurèrent solennellement dans la salle des séances de la mairie. Quoique malade, Chaudon s'occupait alors d'un ouvrage sur les locutions vicieuses, qui devait être le complément des Gaseonismes corrigés de Dcsgrouais ; et il en a publié des fragments dans le Bulletin polymatique du musée de Bordeaux. Cet homme estimable mourut le 28 mai 1817, à 80 ans. Il était membre de l'académie des Arcadiens cl de plusieurs sociétés littéraires. Outre une Ode sur la calomnie, 1750, et une aux Échevins de Marseille, 1757, in-4°, qui prouvent que Chaudon n'était pas poète, on a de lui : 1* Lettre à M. le marquis de"', sur un prédicateur du 15* siècle, 1755, in-4D. 2* Le Chronatogiste manuel, Avignon, 1766, in -12; Paris, 1770. On a retranché de la 2* édition l'épltre dédicatoirc à Trublet. 5° Nouveau Dictionnaire historique portatif, par une société de gens de lettres, Avignon , 1766 ; 4 vol. in-8*. 'L'abbé Saas, qui n'en connaissait sans doute pas l'auteur, le reproduisit en 1769, avec des corrections, à Rouen, sous la rubrique d'Amsterdam. D. Chaudon donna depuis sept éditions de son ouvrage, qu'il porta jusqu'à 8 volumes par des additions successives. L'édition de Lyon, Bruyset, 1804, a 13 vol. in-8* ; et celle de Paris, Prudhomme, 21 , en y comprenant un vol. de supplément. Le dictionnaire de Chaudon a servi de base à celui de Fcller ( roy. ce nom ) , à celui de Goigoux, et au dictionnaire italien de Bassano. 4* Dictionnaire antiphilosophique, 1767, 1769,2 voL in-8°; réimprimé sous le Hircdi" Anti-Dictionnaire philosophique, etc., Paris, 1775; 4e édition, 4780, 2 vol. in-8°. 5° Les Grands Hommes vengés, ou Examen des jugements portés par Voltaire et autres philosophes, Lyon, 176'J, 2 vol. in -8°. 6* L'Homme du monde éclairé, Paris, 1779, in-12. T Leçons d'histoire et de chronologie, Caen, 4781, 2 vol. in-12; ouvrage bien fait. 8» Nouveau Manuel épittolaire, 4783, et 1786, 2 vol. in-12; compilation surpassée par celle de PliUippon de la Madclaine. 9* Eléments de l'histoire
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ecclésiastique, Caen, 1785, in-8°; nouvelle édition, 1787, 2 vol. in-l'2. C'est un extrait de l'ouvrage de Fleury, continue jusqu'au pontilicat de Pie VI. Chaudon est l'éditeur du Dictionnaire historique d < auteurs ecclésiastiques, Lyon (Avignon), 1707, vol. in 8°; il en a composé la préface et retouché es principaux articles. On lui doit l'éloge du P. Main {voy. ce nom); enlin il a revu les mémoires our servir à l'histoire de Voltaire, Amsterdam, 1783, 2 vol. in-12. M. Cliaudruc de Crézanncs a publié une Notice sur D. Chaudon, dans les Annales encyclopédiques, 1817, t. 5, p. 260. W — s.
CHAUDON (le Père Esprit - Joseph ) , frère cadet du précédent, était né vers 1738 à Valenssoles. Après avoir professé les humanités dans divers collèges de l'Oratoire, il rentra dans le monde et se livra tout entier à la culture des lettres. Sur l'invitation de son frère, il se chargea de rédiger la fiibliothcque d'un homme de goût; mais D. Chaudon revit l'ouvrage, y ajouta, dit Barbier, plusieurs chapitres qu'il est facile de reconnaître au style plus serre et plus concis que celui des autres, et concourut aux frais de l'impression. ( Voy. le Dictionnaire des ouvrages anonymes, n° 1711.) La première édition, Avignon, 1772, 2 vol. in-12, fut reproduite en 1773, sous la rubrique d'Amsterdam. Quelques années après, l'abbé de la Porte s'empara de cet ouvrasc, y fil de nombreuses additions et le publia ( 1777 ) sous le titre de Nouvelle Dibliolh'eque d'un homme de goût, 4 vol. in-12. Dcscssarts eu donna depuis une édition in-8", augmentée d'un volume de supplément ( roy. Dksessarts ) ; et plus tard il s'associa Barbier pour refondre cet ouvrage. L'édition qu'ils en publièrent sur un plan plus étendu, Paris, 1806, 5 vol. in -S , n'a point été terminée. 11 me reste, dit Barbier (ibid.), à traiter la partie des sciences naturelles, morales et politiques. Esprit Chaudon était mort en 1800. Il est l'auteur des ouvrages suivants, tous anonymes, et que la plupart des bibliographes attribuent à son frère : !• les Imposteurs démasqués et les Usurpateurs punis, Paris, 1770, in-12. 2" Dictionnaire interprète manuel des noms latins de la géographie ancienne et moderne, ibid., 1778, in-8°; ouvrage utile. Ce n'est guère qu'un extrait de la Géographie de Bauilrand. ( Voy. ce nom. ) 5° Les Flèches d'Apollon, ou Nouveau recueil d'épigrammes, Londres { Paris) , 1787, 2 vol. in-18. — Le P. Maieul, capucin, était aussi frère de D. Chaudon; il devint membre de l'académie des Arcadiens, et publia la Fie du bienheureux Laurent de Brindes, Avignon, 1784, et Paris, 1787, in-12. ( Voy. LAUKINT. J W— s.
CHAUDRON-ROLSSEAU (George), né à Bourbonnc-lcs-Dains, et procureur syndic du district dont celle ville était le cltef-lieu , fut député par le département de la Haute - Marne à rassemblée législative et ensuite à la convention, où il fut l'un des membres les plus exaltés du parti de la montagne. Après avoir voté la mort du roi en ces termes : « Convaincu que son existence ne pourrait « cesser d'être funeste à la république, je vote pour « la mort, » il s'opposa à l'appel au peuple et se
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prononça contre le sursis. Envoyé plusieurs fols en mission, il s'y conduisit toujours en révolutionnaire furieux. A Bordeaux, il se montra le digne émtde de Tallicn et d'isr-bcau. Dans le département de l'Aude, il força les femmes et les enfants, sous peine de mort, à assister au brùlcmcnt des images, des reliquct, des ornements d'église et autres objets, servant au culte. Musici rs fois il rendit compte de ses opérations à la convention, cl lui lit part de son projet de raser les forêts et les châteaux qui servaient, disait-il, de repaire aux brigands royalistes. A son retour à la convention, il en fut élu secrétaire. Lorsqu 'après le 9 thermidor an 2 , les débris de la Gironde attaquèrent la révolution du 31 mai, cl demandèrent le rapport des décrets de proscription qui en avaicut été la suite, Chaudron chercha à justifier les actes de cette journée, en déclarant qu'il avait saisi, dans sa mission à Bordeaux, une correspondance des députés proscrits qui démontrait de leur part le projet de mettre le fils de Louis XVI sur le trône ; mais il n'apporta aucune preuve à l'appui de celle assertion. Le parti de la montagne ayant clé abattu dans les journées des 2 mais et 21 avril 1795, Chaudron fut arrêté et mis en prison, le 9 août 1795, comme prévenu de tyrannie pendant ses diverses missions. L'amnistie du \ brumaire lui rendit la libel lé, et le directoire l'employa peu après comme commissaire. Nommé inspecteur des forêts à Bourbonnc-Ics-Hains après le 18 brumaire, il occupa cette place jusqu'en 1810; forcé alors de quitter la France par suite de la loi contre les régicides, il mourut quelques années après. Z.
CHALTFEPIE (Jacques-George de), ministre calviniste, et prédicateur français, né à Lcuwardcn, en Frise, le 9 novembre 1702, • embrassa de bonne « heure , dil Mercier de St-Léger, l'étal ecclésiasii- « que , et exerça successivement le ministère dans « les églises protestantes de Flessinguc, de Dclft, « et, depuis 1743, de celle d'Amsterdam, » où il mourut, le 5 juillet 1780. Cbauffepié regarda toujours la prédication comme une des parties les plus essentielles de son ministère, et s'y livra avec xéle jusqu'au tombeau. Dix-huit mois avant sa mort, malgré son grand âge et la faiblesse de sa voix, il prononça un sermon dont l'auditoire ne perdit pas un mot. On a de lui : 1° Sermons drslinés à prouver In vérité de la religion chrétienne par l'état du peupie juif, Amsterdam, 1750, in-8°. 2» Tableau des vertus chrétiennes, Amsterdam, 1700, in-8°, traduit de l'anglais de liasker, ecclésiastique du comté de "Worcesler. 3» Histoire du monde, sacrée et profane, par Samuel Shuckford, traduite de l'anglais, l.eyde, 1738 et 1752, 5 vol. in-12. Chauffepié n'a traduit que le 2» volume; le 1" lavait été par J.-P. Bernard; le 3e le fut par Toussaint. 4° Vie de Pope (à la tète des OEuvres diverses de cet auteur, traduites de l'anglais par différents auteurs , recueillies par Élie de Joncourt, et imprimées à Amsterdam, 1754, 7 vol. in-12; 1767, 8 vol. in-12). 5« Histoire universelle depuis le commencement du monde, traduite de l'anglais, 1770-1792, 46 vol. in-4\ Cet ouvrage, composé en Angleterre par une société de gens de
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lotlrcs, fut traduit en français par deux sociétés de gens de lettres. L'une de ces traductions est in-8» ; celle i laquelle contribua Chauffcpié est i n-4" ; il a traduit les t. 15 à 24. 6° Nouvtau Dictionnaire historiqve et critique, pour servir de supplément ou de continuation au Dictionnaire historique et critique de if. Pierre Dayle , Amsterdam , 1750-56 , 4 vol. in-fol. Le projet de faire un supplément au dictionnaire de Bayle avait été formé a la mort de ce philosophe, mais ne fut pas exécuté. Quelques gens de lettres anglais ayant donné une traduction anglaise de l'ouvrage de Bayle en 10 vol. [vny. Bayle), avec des additions considérables, on proposa i Chauffepié de traduire en français les additions fuites en Angleterre. Ces additions consistaient, soit en complément des articles de Bayle , soit en articles nouveaux. Il consacra plusieurs années i ce travail, et fit lui-même de nouvelles additions et des articles nouveaux. Sur près de quatorze cents articles qu'on trouve dans son dictionnaire, plus de six cents, presque tous anglais, sont traduits sans additions de la part de Cliauffepié ; deux cent quatre-vingts environ ■ont retouchés par lui ; cinq cents articles environ sont entièrement de lui. ChaufTepié n'a ni le piquant ni le cynisme de Bayle. Il respecte le caractère de ministre dont il était revêtu. Il redresse quelquefois les auteurs anglais, et fait partout preuve d'une grande érudition. Son dictionnaire est loin d'être un livre agréable, mais il est très-utile, et il serait à désirer qu'un homme laborieux et instruit s'occupât aujourd'hui à faire un supplément au dictionnaire de ChaufTepié. Ce n'est que dans un ouvrage de cette étendue qu'on peut se permettre des notes explicatives du texte , ou des dissertations sur quelques points curieux d'histoire ou de littérature. 7* Sermon* sur divas textes, Amsterdam, 4787, 3 vol. in-8*. ils furent publiés par Samuel Chauffcpié, neveu de Jacques-George, et qui, dans l'éloge qu'il a fait de son oncle, parle de quelques autres ouvrages peu importants (t). A. B — t.
CHALFOURRIER ( Jean ), peintre français, né en 1072, et mort à Paris, le 29 novembre 1757. Quoiqu'il ne soit aujourd'hui connu que d'un petit nombre d'amateurs , ses tableaux représentant la Cascade de St-Cloud, une Mer calme au clair de la lune, et un Coup de vent qui surprend une barque de pécheur, sont encore recherchés. Sylvestre a gravé quelques compositions de Chaufourrier; on les trouve dans son œuvre. Ce maître avait fait une étude particulière de la perspective ; on en remarque d'heureux ellels dans ses ouvrages ; il était professeur de celte science lorsqu'il mourut. A— s.
CHAULIAC (Gtï de), ainsi nommé du lieu de sa naissance, village du Gévaudan, sur les frontières
M A celle liste des ouvrages de J.-C. de Cbaoffcpu5, os doit »mu\tr Lettres $ur iSitert tnjel» importa»! t île reltgia* . 1ÏSS, >'• '-• On lui attribue des Vies êt» fit» illulret pkilotophet de fi tii , tue, irai, do |rcc de Uiogrne Uérce, Amsterdam, 1758, S vul. iu-12; nuis il n'es! pas certain que celle traduction solide lui. Barbier, après la lut avoir aiiribuce dans tua Uie'temuirt i(i entra S($ tmonymet, dil, a la labié da même ouvrage, que celte
lutlur linn Ml r.lnl/,1 rfo V^l.n^.i.1... ■ ■ • »
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d'Auvergne, étudia la médecine i Montpellier, où il suivit principalement les leçons de Raymond de Molières, puis il se rendit à Bologne, attiré par l'éclat dont brillait l'université de cette ville. II s'atta^ cha surtout au professeur Hcrtruccio, qu'il appelle souvent son maître. Si l'on en croit le savant Astruc, Chauliac reçut à Montpellier les honneurs du doctorat. Après avoir exercé longtemps la médecine à Lyon, il se rendit a Avignon , où il fut surcessivcment médecin des trois papes Clément VI , Innocent VI et Urbain V. C'est dans cette ville qu'il composa, en 1565, sa chirurgie, sous le litre de Inventarium, site Collectorium partis chirurgicalis medicinœ. Cet ouvrage a été imprimé un grand nombre de fois. Haller pense que la première édition est celle qui parut en 1498, à Bcrgame, in-fol., avec ce tilre : Chirurgim Traclatus septem, cum antidotario. Mcrcklein et les copistes de ce bibliographe souvent inexact en indiquent une plus ancienne , Venise , 1490 , in-fol. Parmi les éditions suivantes , nous ne citerons que celle de Venise, 1490 et 1548, in-fol., et celles de Lyon, 1518, in-4», et 1572, in-8". Laurent Jouhert traduisit cet ouvrage en français , sous le titre de Grande Chirurgie, avec des annotations par son lils, Isaac Joubert, et un vocabulaire explicatif des termes employés par l'auteur, Lyon, 1592, in-8'; ibid., 1659. Plusieurs médecins célèbres ont consacre leurs veilles a expliquer et & commenter cette chirurgie. Symphorien Champicr y fit des additions et des corrections; Jean Faucon , Jean Tagault , François Ranchin , Simon Mingclousaulx et plusieurs autres l'ont tour à tour enrichie ou surchargée de remarques, de questions, de commentaires. Louis Verduc en a publié un abrégé, souvent réimprimé, in-12, 1693, 1716, 1751, etc. La chirurgie de Chauliac, dit Astruc. éudt un excellent ouvrage pour le siècle où il vivait. Il y débrouilla avec beaucoup d'ordre les matières obscures et difficiles que la barbarie des siècles précédents avait couvertes d'épaisses ténèbres. On peut assurer qu'il a plus contribué que personne à faire de la chirurgie un art régulier et méllwdiquc. Une des époques les plus brillantes de la faculté de Montpellier, ajoute Lorry, est celle où elle a produit le fameux Gui de Chauliac , homme qui doit tenir une place distinguée entre les bienfaiteurs de l'humanité, et qui mérite encore de conserver son autorité dans un siècle aussi éclairé que le nôtre. Il doit porter éternellement le litre de restaurateur de la chirurgie. Il n'y a pas encore cent ans que les livres de Gui de Chauliac étaient les livres classiques des chirurgiens , leurs guides lidèlcs , et , par anaiogie avec le nom de l'auteur, ils l'appelaient leurjui'don. En effet, sa pratique industrieuse éclaircit les procédés obscurs des anciens, en ajoute de nouveaux, et les confirme par des observations et par des principes certains. Ses écrits chirurgicaux ne sont pas surchargés par cette théorie frivole et mensongère dont tant d'écrits postérieurs ont été gâtés. Ils tendent droit au but, et le grand art des précautions y est exposé avec une circonspection également I éloignée de la timidité et de l'imprudence, t'nc autre
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obligation que nous avons à Gui de Chauliac, ainsi qu'à Raymond Clialin de Vinario, c'est de nous avoir fait connaître avec une exactitude scrupuleuse celte horrible peste qui , dans le 14* siècle, a dépeuplé le monde entier d'un quart de ses habitants , et dont ces deux médecins faillirent à être les victimes. ( Foy. Cn a lin.) Les étrangers rendent à Chauliac la même justice que les Français. Comparé à Hippocrate par l'illustre professeur italien Fallopc, il est regardé comme le premier législateur de la chirurgie par l'Espagnol Jean Calvo , par le Hollandais van Hoornc, par l'Anglais Freind, et par tous les Allemands qui ont tracé l'histoire de l'art de guérir. Nous nous bornerons à citer le témoignage de l'immortel Haller : Chauliac répandit une vive lumière sur la chirurgie; il avait lu presoue tous les écrite publiés jusqu'à lui sur cette branche Importante de la médecine ; il expose avec soin les opinions diverses des auteurs , et apprécie chacune d'elles ; en sorle que son ouvrage peut être regardé comme une excellente esquisse historique de la chirurgie jusqu'à cette époque ; mais ce qui augmente inliniment le mérite de Oauliac, et la confiance que doivent inspirer ses préceptes, c'est qu'il a pratiqué lui-même la plupart des grandes opérations qu'il décrit. Coniilioque manuque : telle est la devise qu'aurait pu prendre ce chirurgien célèbre. La date précise de sa mort n'est pas mieux connue que celle de sa naissance. C
CHAULIEU { Guillaume Ajjfuve db), naquit à Fontcnai, dans le Vcxin normand, en 1(139. Son pore, maître des comptes à Rouen, et conseiller d'Etat à brevet, avait élé employé dans des négociations importantes par la reine mère et le cardinal H azarin. Le jeune Chaulicu se distingua de bonne heure par les agréments de son esprit , et mérita l'estime et l'amitié des ducs de Vendôme , qui le lirait nommer abbé d'Aumalc, prieur de St-George en Pile d'Oleron, de Poitiers, deChcnel etSlEtienne. Chaulieu, qui, par ses bénélices, avait 30,000 livres de rente, ne s'occupa plus que de ses plaisirs, et n'employa son talent qu'à les chanter. Il avait fixé son séjour au Temple, où se rassemblaient tous ceux qui , comme lui , réunissaient le goût des plaisirs à celui des lettres. Dans cette société d'épicuriens, où se trouvait souvent le grand prieur de Vendôme, on respectait peu la décence et l'austère morale ; mais on y faisait, au milieu do la bonne chère, des vers faciles , et presque toujours avoués par le dieu du goût. Chaulicu, élevé de Chapelle et de Uachauînont , s'y distinguait parmi tous les autres par le charme de son esprit, par la gaieté de son caractère; il monta, par son genre de vie et par quelques-unes de ses productions, le surnom d'Anacréon du Temple. Comme Anacréon , il ressentit l'ivresse de l'amour et des vers jusque dans son extrême vieillesse. Madame de Staal, que Chaulicu avait aimée dans les dernières années de sa vie, conserva toujours de cette Lai son le souvenir le plus tendre. * Il me fit connal- « Ire, dit-elle dans ses mémoires, qu'il n'y a rien de c plus heureux que d'être aimé de quelqu'un qui ne « compte plus sur soi, et ne prétend rien de vous. »
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Chaulieu a tracé son portrait dans «ne épltrc au marquis de Lafarc ; il s'est représenté comme glorieux, sujet à l'impatience et à la colère, tour à tour actif et jMuesseux, avide de projets, et épris des douceurs du repos, etc. Chaulieu mourut à Paris, dans sa maison du Temple, le £7 juin 1720, âgé de 81 ans. Son fui]. s fut traus|K>rlé à Fontenai, et inhumé près de ces arbrts qui l'avaient vu naître, à l'ombre «lesquels il avait autrefois chanté le bonheur d'une vie indépendante et solitaire. Voltaire a caractérisé ainsi le géuie et les vers de Chaulicu dam le Tempte du Goût :
J*» vis arriver en ce lieu
Le hrillanl abbé de Chaulieu,
Qui chantait en sortant de tablcj
Il osait caresser le dieu
D'un air familier, mais aimable;
Sa vive imagination
Prodiguait dans sa douce Ivresse
Des beautés sans correction ,
Qui choquaient un peu la justesse,
Et respiraient la passion.
Dans le même ouvrage de Voltaire, le dieu du goût avertit Chaulicu de ne pas se croire le premier des lions poètes, mais le premier des poêles négligés. Il reste peu de chose à dire après ce jugement du dieu du goût. Laharpe, en parlant de Chaulieu, remarque avec raison qu'où voit dans ses vers les négligences d'un esprit paresseux, mais en même temps le bon goût d'un esprit délicat, qui ne tombe jamais dans celte affectation, premier attribut d'un siècle de décadence ; il a même des morceaux d'une poésie riche et brillante ; mais ce qui domine surtout dans ses écrits, c'est la morale épicurienne et le goût de la volupté, a Son Ode t ur l'incomtance, dit a encore Laharpe, est la chanson du plaisir et de c la gaieté. » Quel charme surtout dans les stances tur la Hetraite, sur la Goutte, sur la Solitude de Fotitcnai, qui respirent un sentiment si vrai, une mélancolie si touchante I II s'en faut de beaucoup que toutes les pièces de Chaulieu méritent d'être conservées ; mais ce qui fera vivre éternellement les meilleurs morceaux de ce poète, c'est l'heureux naturel dont les exemples et les modèles deviennent tous les jours plus rares dans notre littérature, depuis surtout qu'on met au-dessus de toutes choses le mérite de la difficulté vaincue, et qu'une versification savante et péniblement travaillée a pris la place de la véritable poésie. La première édition des poésies de Chaulicu, réunies à celles de Lafare, est celle d'Amsterdam (Lyon), 1724, in-8"; nouvelle édition considérablement augmentée (par Camusat), la Haye, 1731, in-8°. Dclaunay, ami de Chaulieu, en donna une beaucoup plus complète en 1733, Amsterdam (Paris), 2 vol. in-80. Lefèvre deSl-Marc a publié séparément celles de Chaulieu, avec de nouvelles corrections et augmentations, Paris, 1750, 2 vol. petit in- 12. On recherche aussi l'édition de Paris, 1774, 2 vol. in-8», publiée par Fouquet sur les manuscrits de l'auteur. M. Fauriel a donné une notice sur Chaulieu et Lafare, à la tète de l'édition stéréotype de ces deux auteurs, de l'imprimerie