PUE III
CHRISTOPHORUS ANGELUS, écrivain grec du 17* siècle, fit imprimer en Angleterre, en 1619. en langue grecque, auquel on joignit une version latine, un ouvrage curieux, niais rempli de fables, intitulé : l'État présent de l'Église grecque. Il y est traité principalement de la disriplineet dès cérémonies. On y trouve des détails intéressants sur les fêtes, les jeunes, la confession et la discipline monastique des chrétiens d'Orient. Georse Phelavius, protestant, a publié à Francfort, en 16o>, une nouvelle traduction latine de l'ouvrage de Christophorus, avec des notes, sans y joindre le texte grec. Le même traité a été réimprimé, dans les deux langues, a Leipsick, 4676, in-4*. — Jacquet CiintSTOPiionus, évêque de Bâle, est auteur du Sacerdotale Basileense, Porentrui, 4505, in-4«. V— ve.
CHRISTYN (Jean-Baptiste), jurisconsulte et historien, né à Bruxelles, en 4622, de Pierre Christyn, écuyer, fut d'abord avocat postulant au conseil souverain de Brabant et assesseur du prévôt de l'hôtel et du drossart de ce duché, d'où il passa en 1667 aux fonctions de conseiller et de maître des requêtes ordinaire du grand conseil. En 1671. il entra au conseil privé, et quelque temps après lut appelé en
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Espagne pour siéger au conseil où se traitaient tes affaires des Pays-Bas. Il revint dans ces provinces en 1078, ayant été nommé troisième ambassadeur du roi catholique au congrès de Nimègue. Son polirait gravé par Morin d'après van Dyck, lequel se trouve parmi ceux des autres plénipotentiaires, est d'un beau caractère et semble révéler de hautes capaciiés. Christ y n était en effet un homme d'Etat remarquable. Il eut beaucoup de part au succès des négociations sur lesquelles repose encore une partie du droit public de l'Europe, et depuis ce temps prit pour devise ces mois du 147" psaume : Potuit fines tuos pacem. Le gouvernement espagnol Tut si satisfait de sa conduite a Nimègue, qu'en 1681 il le nomma premier commissaire du roi aux conférences qui se tinrent a Courtray avec les envoyés français, et dont les procès -verbaux se trouvent à la bibliolhèi|ue de Cambray, n» 079 du catalogue de M. A. Lcglay. En 1885, après le départ de don Juan de Layseca y Alvarado pou i l'Espagne, il rut chargé de la surintendance de la justice militaire. En considération de ses longs et importants services, sa terre de Mecrbceck, entre Bruxelles et Louvaiu, rut érigée en baronnie, par lettres patentes données à Madrid le 11 janvier 4887. La même aunée, le 22 avril, il fut créé chancelier de Brabant, dignité qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée le 28 octobre 4690. Il fut enterré dans le chœur de l'église des augustiits de Bruxelles, et le P. Bernard Désirant, docteur en théologie de l'université de Louvain, prononça son oraison funèbre, qui a été imprimée. Christ vu avait épousé Catherine de Prctcre, dont il eut un lils qui se maria a Marguerite-Thérèse d'Espinosa, li I le du gouverneur d'Anvers et so?ur de l'évéque de celte ville. Son rrére Libert- François Christ yn , vicomte de Tervucren, lut conseiller cl enfin vice-cliancelier de Brabant. Il a été l'éditeur des oeuvres juridiques de Ican et de Frédéric Valider Sande, Bruxelles, 1721, in-fol. Jean-Baptiste Christyn, qui fut aussi conseiller de Brabant et qui a écrit en flamand sur la coutume du pays, Anvers, 1082, 2 vol. in-fol., et sur les droits et coutumes de la ville de Bruxelles, un traité dont on a une édition de 1762, 3 vol. in-8% était neveu du chancelier, auquel on a attribué mal à propos ses ouvrages : le chancelier n'a écrit proprement que sur l'héraldique, sujet qu'il possédait a fond. Voici la liste de ses œuvres: 1° Jun$prudauia heroica, rive de jure Belgarum circanobilitatem et insignia... liber prodromus, Bruxelles, 1663, in-4* de 444 p., fig. 2* Jurtiprudcnlia heroica, Bruxelles, 1GS9, 2 vol., in-fol., fig.; l'un de 386 p., l'autre de 174. Ce traité, qui n'est pas commun, surtout hors des Pays-Bas, est plein de détails curieux pour l'histoire. L'auteur y a mis son nom, ce qu'il n'avait [«s fait pour le liber prodromus, où il s'est contente de signer ses initiales au bas de l'épltre dédicaloire. 3* Observaiiones euçenealogica et heroica, Cologne ou plutôt Bruxelles, 1078, in-4», publié sous l'anonyme. 4» Danliea Bruxellensis, tite JUonumenta anliqua, itucriptionet et canotaphia, Amsterdam, c'est-à-dire à Bruxelles, chez Fr. Foppcns, 1077, iu-8% fig. 11 en a paru
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une seconde édition à Malincs, chez Laurent Vander Elst, en 1743, augmentée d une secoude partie par J.-F. Foppens, qui y a joint une notice sur l'auteur et qui a mis à contribution les Monumenta >rputchralia lirabanlice de Sncert <t les inanus, i ils du roi d'armes Josse de Deckberghc. Au reste, les épilaphes contenues dans l'ouvrage de Christyn ont été recueillies en 4729 dans le Théâtre sacré du Brabant, imprimé à la Haye, en 2 vol. in-fol., nuis ti'une manière peu correcte. 3° Le* Tombeaux des hommes illustres qui ont paru au conseil privé du roi catholique aux Pays-Bas, depuis son institution, de l'an ib\l , jusqu'aujourd'hui, Leydc, 1072, et Amsterdam, 1074, in- 12 de 93 p. 0° Seplem Tribus patricia Lovanienses, Lcyde, 1672, in-12,*di(t'oemrndalior et auclior usque ad annum 1 734. 1 .ou vain , 1 734, iu-l2de 192p. chiffrées. Danscetteédition oncile les Antiquités manuscrites de Guillaume Itoon, qui fut grenier de la ville de Louvain; ouvrage rédigé en flamand, et que nous avons lues avec profit. 7° Sentitus populique Antuerpiensis Kobilitas, sire septem tribus patricia Anluerpienses, ibid.,1672, in- 12 de 33 p. C'est une chose assez remarquable que ce nombre sept dans les familles patriciennes de Bruxelles, Louvain et Anvers; cela se retrouve même ailleurs, et l'on se souvient encore des sept familles dit Gévaudan. 8° Tabula chronotogiea ducum Lotharingia, Brabantia, Limburgia gubernatorum ae archistrategorum eorum ducatuum, Malincs, 1669, et Cologne, 1G77, in-4°, 3* édition. 9° Les Délices des Pays-Bas, Bruxelles, 1097, in-12 de 342 p.; c'est la première édition, ou plutôt le germe de cet ouvrage si populaire, corrigé et augmenté daus six réimpressions successives, et dont notre Essai sur la statistique ancienne de la Belgique, 1" partie, p. 23-J5, offre l'histoire littéraire. Barbier met cette première édition sur le compte de l'imprimeur P. de Dolibelecr; mais J. Ermens, suivi par M. Brunei {Manuel du libraire), la donne au chancelier Christyn. En revanche, la troisième édition, qui parut en 1711, en 3 vol. in-8*. lui est attribuée par l'auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes. R— G.
ClinOCLS, ou CROCUS, roi des Vandales, pénétra dans les Gaules, au 3* siècle, avec une puissante armée. 11 ravagea le pays des Médiomatriciens, la Bourgogne, l'Auvergne et une partie du Lyonnais; mais, arrivé près d'Arles, il fut défait en bataille rangée par un général romain du nom de Marius, le même, dit-on, qui rut proclamé empereur par ses soldats après la mort de Victoria, et dont le règne ne dura que quatre jours. Chrocus, tombé au pouvoir du vainqueur, l ui conduit dans toutes les villes qu'il avait ravagées, pour être donné en spectacle au peuple, et enfin ramené à Arles, où il fut mis à mort l'an 200. On attribue à ce barbare la ruine du temple de Mars de l'Auvergne, l'un des plus fameux de toutes les Gaules ; et les légendaires l'accusent du meurtre de plusieurs saints prélats, particulièrement île St. Antidc, évèquc de Besançon, de St. Didier, évéqtie de Langrcs, et de St. Privât, évéque du Gévaudan. [Voy. Grégoire de Tours, Hist., liv. i, ch. 2,
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et les Annales de Baronius.) Sigebcrt place l'irruption de Chrocusen l'année 312. W— s.
CHRODEGANG ou GODEGRAND (Saint), évêqne de Metz, naquit d'une famille illustre dans le royaume d'Austrasic, fut élevé dans l'abbaye de St-Trond, devint référendaire et cbancclier de France, et ensuite premier ministre de Charles-Martel, en 737. Il fut placé sur le siège de Metz en 742; mais Pépin ne consentit à son installation qu'à condition qu'il continuerait d'exercer la charge de ministre d'Etat. Chrodegang sut allier les devoirs de sa double dignité. Obligé de vivre à la rour, il se fit remarquer par la simplicité de ses habits et par son immense charité envers les pauvres. Pépin l'employa dans diverses négociations. Il alla chercher à Home et conduisit en France le pape Etienne II, qui. fuyant la persécution des Lombards, venait chercher en deçà des monts un asile offert par le roi des Français : le pontife se retira à St-Denis. En 754, Chrodegang fut député auprès d'Astolphe, roi des Lombards, pour le conjurer de rendre au saint-sic.se les places qu'il lui avait enlevées, et de ne rien entreprendre contre le duché de Rome; mais ce prince inflexible ne voulut rien accorder. La quatorzième année du règne de Pépin, l'évèque de Metz présida un concile, ou assemblée générale de la nation, tenue à Attigny-sur-Aisne. en 765. Chrodegang est surtout célèbre par la règle qu'il donna, l'an 755, au chapitre de sa cathédrale, qu'il convertit en une communauté de clercs réguliers. Le nom de cftanofne ou canonique était attribué, dans les premiers siècles, à tous les clercs, soit parce qu'ils étaient inscrits dans le canon ou catalogue de l'Eglise, soit parce qu'ils vivaient selon les ca.ions ; mais depuis St. Chrodegand, ce nom fut spécialement donné aux clercs qui vivaient en commun, tels que ceux de St. Eusèbe de Verceil et ceux qui composaient le clergé de St. Augustin. La règle de Chrodegang ne contient que trente-quatre articles, avec une préface, où le saint évèquc déplore la négligence des pasteurset du peuple dans l'observation des canons. Cette règle, tirée presque en entier de celle de St. Benoît, et dans laquelle l'auteur cite souvent les usages de l'Eglise romaine, a été publiée par le P. Labbe dans le 7* volume de sa collection des conciles, et par le Cointedan* le t. 5 de ses Annotes ecclésiastiques. Fleury en donne l'abrégé dans son Hittoire ecclésiastique ( édition in-4*. t. 9, liv. 43, p. 57). Chrodegang est regardé comme le restaurateur de la vie commune des clercs, et l'instituteur des chanoines réguliers. Sa règle fut reçue par tous les dtanoines, comme celle de St. Renolt par tous les moines d'Occident. Il fonda trois grands monastères : celui de Gorzc en Lorraine, qui détint depuis une école célèbre ; celui de St-Hilaire, qui donna naissance à la Tille de St-Avold, dans le diocèse de Metz; et celui de Lorsh, ou l.oresheim, près de Worms : il les mit sous la règle de St-Benolt, et leur donuade grands biens par son testament que nous avons encore. St. Chrodegang était éloquent dans sa langue, qui était la tcuionit|iie, et même dans la langue des Romains. Etienne 11 lui avait donné te pallium, et il gouvernait l'église do
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Metz depuis vingt-trois ans, lorsqu'il mourut en 706, Il est nommé, le 6 mars, dans les martyrologes de France, d'Allemagne et des Pays-Bas. G. von Eckart a donné sa vie dans son Historia Franciœ orientalis. ( Foy. aussi Meurissc, Hittoire de$ évéqves de Jtleix; D. Manillon, D. Ceillier, Fleury, et les bollandistes.) V— va.
CHROSCINSKY (Adalbeiit-Stanislas), secrétaire du prince Jacques Sobicski, est regardé comme le meilleur poète polonais du 17'siède. Ses principaux poèmes sont: i'ia Victoire remportée tur les Turcs prêt de Vienne, Varsovie, 1684 ; 2* les Souffrance* de Job, Varsovie, 1705; y Joseph délivré. Cracovie, 1745; 4° Ëttker. Cracovie, 1745. On a aussi de Chrosrinsky : Clypeux Johannit ///, live Chronologia rfr.mu» Sobieteianœ, 1717, très-rare. C— au.
CHRYSANDER (G tii ll acme Ch n isti a n- Jcstf.) , théologien protestant, né le 9 décembre 1718, dans un village de la principauté d'IIalberstadf, fut successivement professeur de philosophie, de mathématiques, de langues orientales et de théologie dans les universités de Hclmslacdt, de Rintcln et de Kîel, et mourut dans cette dernière ville, le 10 décembre 1788. Il était trèvlaborieux, et a fourni beaucoup de morceaux intéressants à un grand nombre de recueils littéraires et d'ouvrages périodiques. 11 était aussi passionné pour la musique, et, jusque dans sa vieillesse, on l'entendait souvent chanter les psaumes en hébreu, eu s'accompagnant de la guitare. La liste complète des dissertations, programmes et opuscules qu'il a mis au jour occupe neuf pages dans le lexique de Meusel. Nous citerons seulement les plus intéressants : 1* Uemorabilia anni 1740 nelro decantata, Halle, 1741, in-fol.; 2° Plutarclti Vitm teleclm paratlelœ, gracit marginalibus nune primum elaboratit instructa, cumprœfnlione grœca, Helmstaedt, 17 17, in-8«, édition donnée aux frais du duc de Brunswick; 5* Abbrevialura! quadam ?n icriptit Judaicii usitatiores, ordine alphabetied. Halle, 1748, in-4» ; 4» Flypomncma de primo scriplo arabico quod in Gcrmania typii excusum est, lit, Bitmilabi Walibni, etc., ibid., 1749, in-4°, sur une version arabe de l'épitre de St. Paul aux Galatcs, imprimée en Allemagne en 1583 ; 5* Grammaire de la langue det Juift d? Allemagne, Leipsick, 1750, in-4% en allemand, ainsi que les deux suivants : 6" Recherches sur l'antiquité et l'utilité des accents dans la langue hébraf que, Brème, 1751, in-8»; 7» Bibliothèque liturgique, Hanovre, 1760, tn-4°, pour servir de supplément et de continuation à la Bibliotheea agendorum du pasteur Konig, et à la Bibliotheca symbolica de Feuerlin. C. M. P.
CHRYSANTE (le Père), sur lequel nous n'avons pas de renseignements, a publié i Venise, 1728, in-fol. avec 2 pl. : Chrytantis Historia et Descriplio terra sanclœ. urbisque Hierusalem. K.
CHRYSIPPE, philosophe stoïcien, antagoniste d'Épicurc et fils d'Apollonius, naquit à Solès, ville de la Cilirie, appelée depuis Bompéiopolis, vers l'an 280 avant J.-C. Dans sa jeunesse, il s'exerça a la course pour se présenter aux jeux publics; mais ses biens ayant été confisqués, il vint a Athènes,
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où il fui un des disciples de Cléanthe le stoïcien, et non de Zenon, comme quelques-uns Tout prétendu. Il émit doué dune très-grande pénétration; aussi disait-il ordinairement a son maître : « Ensei- « gnez-nioi seulement les dogmes , je trouverai de « Mioi-iuémc les démonstrations.» Il abandonna bientôt Cléantbe , se croyant assez savant , et, s'a t tachant principalement a la dialectique, il poussa si loin la subtilité, qu'on disait ordinairement que, s'il y avait une dialectique parmi les dieux, c'était sans doute celle de Cbrysippe. La recherche de la vérité n'était cependaut pas ce qui I occupait le plus; il attachait beaucoup plus d'importance à enlacer ses adversaires dans des arguments captieux, tels que ceux-ci : « Ce que tu dis passe par ta bouche ; tu dis « le mot charrette, donc une charrette passe par ta « bouche. — Ce qui est à M égare n'est point à Athènes; a il y a des hommes à Mégare, donc il n'y en a « point à Athènes. — Vous avez ce que vous n'avez a pas perdu; vous n'avez pas perdu des cornes, « donc vous avez des cornes. — Celui qui dit le secret «des mystères aux profanes est un impie; l'hiéro- • pliante dit ce secret aux non initiés, donc il est « un impie. » Il paraîtra sans doute singulier qu'a nnc époque où on avait les ouvrages d'Aristolc sur la logique, on ne sût pas lépondre a des arguments aussi futiles; mais ses ouvrages étaient dans l'oubli, et les péripHéticiens eux-mêmes ne s'occupaient alors que de vaines disputes de mots. Clirysippe ne put cependant jamais parvenir à résoudre l'argument nommé Sorties, qu'on présentait ainsi. On dcinamlait si trois crains de blé formaient un monceau. On ne manquait pas de téjiondre négativement. On augmentait ce uombre toujours uu à un, jusqu'à ce qu'on fût forcé de convenir que le monceau était lorraé. On disait alors : un seul grain de plus forme donc un monceau. Cet amour pour la dispute avait entraîné On ysippe «lans beaucoup de contradictions, et, comme il y joignait une excessive vanité, se croyant le premier homme du monde, il s'était lait beaucoup d'eunemis. Il avait écrit un nombre prodigieux d'ouvrages, dont Diogène Laêrce nous a conservé les titres ; ils n'avaient pas dû lui coûter beaucoup de travail , car il ne se gênait pas pour copier ceux des autres. Jl avait inséré la Afïoee d'Euripide tout entière dans un des siens, et Apollodorc, célèbre grammairien, disait qu'il ne lui restait presque rien si on lui était ce qui n'était pas de lui. Ses ouvrages roulaient, pour la plupart, sur la dialeiti ijue. Il en avait cependant écrit sur d'autres matières, où on trouvait les choses les plus singulières. Dans un commentaire sur les anciennes physiologies ou théogonies, il était entré, au sujet d'un tableau qu'on voyait à Samos, dans des détails sur les amours de Jupiter et de Junon, qui était d'usé obscénité révoltante. Il disait, dans ses livres de ta République, qu'il n'y avait point d'inconvénient que les pères et mères eussent commerce avec leurs enfants. Il conseillait, dans un autre ouvrage, de manger les corps des défunts Tout cela, sans doute, n'était que pour faire briller son esprit; car il avait des meurs assez réglées, et, dédaignant les riches-
ses , il ne voulut jamais dédier aucun de ses livres aux souverains de son temps. Il refusa même de se rendre auprès de Ploléméc Philopator, qui voulait l'attirer à sa cour. 11 ne se mêla jamais des affaires publiques, et, lorsqu'on lui en demandait la raison, Il répondait : « Parée que je déplairai aux hommes « si j'agis suivant ma conscience, et aux dieux si « j'agis contre, p II n'eut, jusqu'à la fin de ses jours, d'autre domestique qu'une vieille femme. Il mourut vers l'an 207 avant J.-C, à l'Âge de 73 ans selon Diogène Laérce, et de 81 ans selon Valèrc Maxime et Lucien. On dit qu'ayant été invité à un sacrifice par ses disciples, il but un peu de vin pur, et mourut sur-le-champ. Suivant d'autres, voyant un ane qui mangeait des figues qu'on lui avait servies pour son diner, il se prit à rire d'une telle force, qu'il expira. Il parait qu'un monument lui fut érigé parmi ceux des illustres Athéniens, et que sa statue se voyait dans la Céramique, place prés d'Athènes, où on ensevelissait aux dépens du public ceux qui avaient été tués en combattant pour la patrie. {Voy. le Dict. hist et criliq. de Buffle, l'Histoire de la pkiloiophie de Brucker, VOnomaslicon de Sax, etc.) — Ln ClinrsirPE. médecin grec, mentionné par Vossius ( //.if. med.), fut le chef de la nouvelle secte des empiriques , qui rejetèrent la saignée et les pur gâtions pour établir des remèdes particuliers. On ignore dans quel siècle il a vécu. — Un autre CiiavsiPPE, de Sicile, également médecin, a laisse plusieurs traités de philosophie et de médecine, cités avec éloge dans la Bibtiolheca Sicula. C— a.
ClJKYSIS, prêtresse du célèbre temple de Juoon dans l'Argolide, ayant placé par mégarde une lani|>c allumée devant quelques bandelettes, se laissa gagner par le sommeil. Le feu prit à ces bandelettes, et par suite au temple, qui fut entièrement consumé, l'an 425 avant J. C. Elle n'y périt point, comme le disent quelques auteurs; mais, craignant la colère des Argiens, elle s'enfuit a Philinte 11 y avait plus de cinquante ans qu'elle était prétresse. Les Areiens nommèrent Plusennis a sa place, et ne cherchèrent point à sévir contre Chrysis, dont ils respectèrent même la statue ; car on la voyait encore, au temps de Pausanias, devant les ruines du temple qui avait été bru le . St. Jérôme, dans son premier livre contre Jovinien, remarque que cette prétresse de Juuon était vierge. ( Foy. Thucydide, liv. 4. ) C— ».
CHKYSOCOCCÈS (George) vivait à Conslantinnple, vers le milieu du 14* siècle. C'était un médecin célèbre par ses connaissances dans les langues
un traité de l'astronomie des Perses. Cet ouvrage est en manuscrit dans la bibliothèque royale de Paris (1), qui possède en outre un traite du même auteur sur la manière de trouver les syzygies pour tous les mois de l'année. Boulliau, à la lin de son Astronomie phitolaiaue, a publie la préface et les tables de l'astronomie persane, sur un manuscrit de la bibliothèque du roi. On y lit qu'un certain
(I) Et dan« plusieurs antre* bibliothèques. ( Vep. Attit., ée Cctrrftit,|4«, Mitioa deHwles.)
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ClitonMc, appelé par d'autres George Choniale, était parti de Constantinople pour aller cri Perse augmenter la connaissance qu'il avait déjà de diverses sciences; qu'il n'y avait rencontré de difficulté pour aucune, si ce n'est pour l'astronomie, «lu'tme loi détendait d enseigner aux étrangers. Cette loi avait été faite en conséquence d'une tradition populaire qui taisait croire aux Perses que leur empire serait détruit par les Romains, qui se serviraient contre eux de notions astronomiques puisées dans la Perse même. Cependant, par la protection spéciale du roi, Chioniadc était parvenu i trouver «1rs maîtres et à se faire une collection de traités d'astronomie. Étant depuis venu s'établir à Trébizonile, il y avait composé en grec un ouvrage important, où il avait réuni tout ce qu'il axait appris de ses maîtres et de ses livres. Quoi qu'il en soit de cette anecdote, nous devons à Chrysocoocis des connaissances curieuses sur l'astronomie des Perses; mais, en nous communiquant les tables de leurs astronomes, il n'en a pas lui-même parfaitement compris, ou du moins il n'en a pas assez clairement exposé la construction. Il y a aussi un extrait de son ouvrage dans le 3* volume des Petits géographes de Hudson. La bibliothèque de Madrid a un autre ouvrage manuscrit de Clirysococçès sur la construction de l'horoscope ou de l'astrolabe. La bibliothèque du Vatican possède un beau manuscrit de YOdyssée avec des scolies, copié par Chrysococcès, et daté de 1536. — Un autre Ciirvsococcès, d'une époque plus récente, lut un des maîtres de Bessarioti et de Philclphe. B-ss et D— L— t.
CHRYSOGONO ( Pierrb Nltrizio ) , écrivain italien, est auteur d'un ouvrage sur l'histoire naturelle de la Dalmalie, auquel Sigismond-Jean Rossignoli a joint un abrégé de l'histoire civile «1er ce pays : Pùtro Nutriiio Chrysogono Aotùia per servire alla istoria naturalt délia baltnatia, con t'aggiunto di un compendio delV istoria civile, da Sigismondi Giovanni Rossignoli, Trévise, 1780, in -4'. K.
CHRYSOLOCLE (Noël-André, plus connu smis le nom de Père), né à Gy eu Franclie-Comtc, le 8 décembre 1728, entra jeune encore dans l'ordre des capucins. La vue de quelques cartes de géographie lui donna le goût de cette science. Il l'étudia d'abord seul et sans maître ; mais ses progrès déterminèrent ses supérieurs i l'envoyer à Paris, où il devait trouver plus de facilité pour s'instruire. Il suivit 'l'abord les leçons de Lemonnier, célèbre astronome de l'académie des sciences, et il sut mettre a profil les conseils d'un maître aussi habile. Frappé de l'imperfection des planisphères célestes dont il avait été obligé de se servir, il en composa un uniquement pour son usage. Lemonnier le détermina i le publier, et ce planisphère parut en 1778, approuvé par l'académie et sous son privilège. Ce planisphère, projeté sur l'équaleur, est en deux grandes feuilles, et on y trouve les neul cents étoiles du C*'um aujtrale de la Caille ; mais on prétend que Lemonnier, jaloux de ce dernier, empêcha le P. Chrysologue d'y dessiner la figure des quatorze nouvelles conitellations australes. En 1779, il en lit paraître un
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second, et, en 1780, deux autres de différentes grandeurs et projetés sur divers horizons. Ces planisphères sont acconqiagnés d'instructions sur la manière de s'en servir. Son Hémisphère de la mappemonde projetée sur l'horison de Paris, avec la description et l'usage de ladite mappemonde, Paris, 1774, 2 feuilles grand aigle, est un chef-d'œuvre de correction, et on n'en a point encore publié en France de plus détaillée. Ce bon religieux, obligé par son état à de fréquents voyages, eut l'occasion de parcourir, sur presque tous les points et dans presque tous les sens, les Vosges, le Jura et les principales chaînes des Alpes. Il en profila pour mesurer les hauteurs de ces montagnes. Son projet était de publier une carte de celte partie de l'Europe, si intéressante aux yeux du plnsicien et dn naturaliste ; mais il ne l'a point exécuté. A l'époque de la révolution, il se retira dans sa famille, et peu de temps après, en 1791, il lit paraître une excellente carte de la province de Franche-Comté, d'après sa division en trois départements. En l'an 8, il fit imprimer dans le Journal des Mines la Description d'un baromètre portait,. Ce baromètre est celui dont Toricclli est l'inventeur; mais le P. Chrysologue Tarait («rfectionné d'après ses propres observations. Il rendit compte dans le même journal des différentes mesures qu'il avait prises et des expériences qu'il avait laites à l'aide de cet instrument. Enfin, en 1800, il fil imprimer un ouvrage intitulé : Théorie de la surface actuelle de la terre, ou plutôt Recherches impartiales sur le temps et l'agent de l'arrangement actuel de la surface de la terre, fondées uniquement sur les faits, sans système et sans hypothèse, Paris, 1806, in-8°. Cet ouvrage peut être considéré comme le résultat de toutes les observations qu'il avait faites pendant vingt-cinq ans dans la Suisse, la Franche Comté et les Vosges ; on peut le regarder comme un supplément aux Voyages de Saussure, dont il a partout suivi la méthode et reclilié quelques inexactitudes. Suivant le rapport fait à l'Institut par Cuvier, « ce livre est précieux « pour les géologues, sous le rapport des faits inlé- « ressauts qu'il contient. » Il a été réimprimé, Pans, 1815, in-8°. Le P. Chrysologue est mort h Gy. le 8 septembre 1808. On trouvera son élo^e, par l'auteur de cet article, dans le 5* volume des Mémoires de la société d'agriculture du département de la Haute-Saône YV— s.
CHRYSOLORAS (Marcel, ou Kmmanuel), a des droits éternels a la reconnaissance de tous ceux qui aiment les lettres. Il est à la tête de ces Grecs savants qui portèrent en Italie la langue d'Athènes, et y rouvrirent les sources de l'érudition. Né a Constantinople, vers Pan 1555, dans une famille très-ancienne et trèa distinguée, il fut envoyé, en 1577 , par l'empereur Jean Paléologue auprès des puissances de l'Europe. L'objet de cette mission était d'obtenir contre les Turcs des secours d'hommes et d'argent. Chrysoloras, après une absence de quelques années, revint a Constantinople; mais il. n'y resta pas longtemps. Les magistrats de Florence l'engageaient à accepter dans leur ville l'emploi public de professeur en langue grec-
que ; il y ouvrit son école vers 1395 ou 1594, mais il n'y enseigna que trois ans. De Florence, Chrysoloras passa à Milan, et de Milan, dans l'université naissante de Pavie, où il était appelé par Jean Galéas, duc de Milan. La mort de Galéas arrivéeen 1402. et les troubles dont la Loiubardic devint le théâtre forcèrent Clirysoloras à quitter Pavie. 11 se retira à Venise, d'où, quelques années après, il se rendit à Rome, sur l'invitation de Léonard Arélin, qui avait été son disciple, et était alors secrétaire du pape Grégoire XII. Vers celte époque, Clirysoloras rentra dans la carrière des affaires, cl l'on a la preuve qu'il était, en 1408, à Paris, chargé par Manuel Paléolcgue d'une mission publique. En 1415, il accompagna les cardinaux Chalanco et Zabarella, envoyés par le jiape Martin V auprès de l'empereur Sigismond pour fixer, de concert avec lui, le lieu où s'assemblerait le concile général demandé par ce priuce. La ville de Constance Tut choisie, et Clirysoloras, qui s'y était rendu pour assister au concile, de la part de l'empereur grec, y mourut le 45 avril 1415, a l'âge de •47 ans. Il fut enterré dans l'église des Dominicains, où on lui éleva un beau monument, sur lequel on lisait une inscription en son honneur de Pierre- Paul Vcrgcrio. Poggio, qui avait été son cléve, et jEnéas Sylvius, qui depuis fut pape sous le nom de Pie II, ont fait son épiiaphe, et il existait dans le monastère des Camaldules un volume d'éleges de ce savant. Chrysoloras laissait, pour propager sa doctrine, d'illustres élèves, entre autres Angclo, Léonard Arétin, le Pogge, Guarino, et ce Grégoire Tiphcruas, qui le premier jwrta en Fiance la connaissance du grec. Les ouvrages de Chrysoloras sont peu nombreux. Le plus connu est sa grammaire grecque, publiée sous le litre û'Erolemata (Epo>Tr.u.z6x). 11 y en a plusieurs éditions faites dans le 15' siècle, et dont la rareté est extrême. Parmi celles qui ont paru depuis, on distingue celle de Gourmont, Paris, 1507, in-4° ; de Phil. Junte, Florence, 1514, in-S° ; d'Aide, Venise, 1517, in-8", augmentée des Distiques de Calon, mis en grec, et des Lrotemata de Guarini. Celle dernière édition a été réimprimée, Venise, 1540, in-8°, et ibid., 1549, même format, avec un feuillet de supplément intitulé : de Tribubus Aihenicnsium. Dans le 10e volume de la Byzantine, on trouve deux lettres de Clirysoloras, l'une à l'empereur Jean Paléologue; il y compare Home el Conslanlinople ; l'autre à Jean Clirysoloras, son neveu. Le chevalier des Rosmiui, dans la Vie de Guarino de Vérone, qu'il a donnée a Brescia en 1806, a traduit en grande partie deux autres lettres de Chrysoloras, trouvées parmi les manuscrits de la bibliothèque royale de Napîcs; elles sont adressées à Guarino. La première n'est que de politesse ; dans la seconde, Chrysoloras disserte avec érudition sur les fonds théorique», dont il est plus d'une fois question dans Démosthéne, et sur le mol narthex, dans Plutarque. Divers opuscules de Chrysoloras, et, entre autres, un traité sur la Procession du Sl-Espril, sont encore manuscrits dans quelques bibliothèques. Dans ce dernier ouvrage, Clirysoloras suit alttolumcnl les opinions Uc l'Église romaine.
(Voy. Ccsuer, Biblioth.; Paul Jove, Etog., ch. 23, Ilody, de Gratis illustribus ; Borner de Gracislil. Grac. in Italia instaurai or ibus, el Maillet, Jugem. des savants, t. 2, part. 3 de l'édit. d'Amsterdam, 1725.) U-ss.
CHRYSOLORAS (Jean) était disciple et neveu du précédent, mais non pas son fila, comme l'a écrit Lancelol dans la vie de Philelphc. Gratta erit utrique rejtrenda Chrysolorœ, virii atate nostra claritsimis, avuneulo scilicet et ntpoli, dil Guarini , cite par Ilody. On croit que Jean Chrysoloras accompagna son oncle en Italie cl y professa le grec ; ce fait n'est pas très-bien prouvé ; mais il est certain qu'eu 1415 il habitait Conslanlinople, où Guarini lui adressa une lettre de consolation sur la mort de Manuel. Il fut maître de Philelphc, qui, en 1425, épousa sa fi 1 1 Théodora Chrysolorina. File mourut à Milan, le 3 mai 1441, âgée d'environ 50 ans. Deux saurs de Pheodora, dont l'uuc se nommait Zambia, et leur mère Uanfredina Auria, furent faites esclaves par les Turcs, a l'époque de la prise de Conslanlinople. Philelphc réussit à obtenir leur liberté, cl elles passèrent en Crète, où Manlredina mourut eu 4404. Jean Chrysoloras était mort longtemps auparavant, entre 1425 el 1427. B—ss.
CHRYSOLORAS ( Démétmus ), né probablement à J hessalunique , s'occupa beaucoup do philosophie et de théologie. Les bibliothèques contiennent plusieurs de ses ouvrages encore manuscrits; cent lettres à l'empereur Manuel Paléologue; un dialogue contre Démelrius Cydouius; un éloge de St. Démétrius, etc. Caiùsiusa inséré dans le 6* volume de ses Antiqua Lectiones, sous le nom de Dctnétrius de Thcssalonique, quelques moi centu qui probablement apparlicnueul à Déinélrius Chrysoloras. ( Voy. la Uiblioth. des auteurs ecclés. du 15» siècle d'Ellies Dupin. ) B — ss.
CHRYSOSTOME (Saint Jean), l'un des Pères de l'Eglise, naquit à Antioche, vers l'an 314. Son père, nommé Second ou Sccondus, était général de cavalerie, et commandait en Syrie les troupes de l'empire. Ce n'était plus le temps où, comme le dit Fénelou, a chez <i les Grecs, tout dépendait du peuple, et le peuple u dépendait de la parole ; » mais l'éloquence frayait encore la route aux premières dignités ;Chrysostonic l'éludia sous Libauius, le plus fameux des oratcuis de son temps. L'élève ne tarda pas à égaler le maître, et même à le surpasser. Libanius lisait un jour devant une assemblée nombreuse une déclamation composée par Chrysostome à la louange des empereurs; on applaudissait, il s'arrête, et s'ecrie : « Hni- « rcux le panégyriste, d'avoir de tels cm|>crcui> à a louer ! Heureux aussi les empereurs, d'avoir trouve a un tel panégyriste I » Les amis de Libanius lui ayant demande, dans sa dernière maladie, lequel île ses disciples il voudrait avoir pour successeur : *> Je a nommerais Jean, si les chrétiens ne nous l'eussent « enlevé. » Après avoir étudié la philosophie sous Andragathius, Chrysostome se consacra à l'étude de l'Ecriture sainte. Distingué par ses talents cl par sa naissance, il eût pu s'élever aux premières dignités de l'empire; mais déjà mort aux vanités du monde, il
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avait résolu Je se consacrer à Dieu dans les solitudes de la Syrie. Cependant il fréquenta le barreau à l'âge de vingt ans, cl il y plaida plusieurs causes avec un succès extraordinaire. Bientôt , revêtu d'un habit de pénitent, couvert d'une misérable luni.jue, il détruisit eu lui l'empire des passions par des jeûnes fréquents et par de longues veilles, prenant sur un plancher le court sommeil qu'il accordait à la nature. St. Mélèce, évoque d'A mioche, voulut l'attacher à sou église, il le retint trois ans dans sou |>alais, prit soin de l'instruire lui-même, et l'ordonna lecteur. Une étroite amitié unissait déjà Chrysostome avec St. Basile, avec Théodore, qui fut depuis évoque «le ftlopsucsle, et avre Maxime, qui devint évolue de Séleucic. Un moment infidèle a sa vocation , Théodore était rentre dans le monde. Ce fut pour le ramener & la vie solitaire que Chrysostomc lui adressa doux exhortations, dans lesquelles on douve , dit Sozoméne, « une éloquence Surnaturelle » Les évoques de la province, ayant résolu d'élever Chrysoslouic et Basile a l'épiseopal, s'assembleront pour procéder a cette élection; mais Chrysostomc prit la Tuile et se Oclia. Basile fut fait évéque de Haphanéc , prés d'Antiochc ; il dut sa nomination à un pieux stratagème de son ami, et se plaignit amèrement de sa conduite. Chrysostomc écrivit son apologie : c'esi son admirable Traité du sacerdoce. Il n'avait alors que vingt-six ans. En 574, il se relira parmi les anachorètes qui habitaient sur les montagnes voisines d'Antiochc. Il a décrit ainsi le genre de vie qu'il menait avec eux : lis se lèvent au premier chaut du roq , ou à minuit; après la récitation, en commun, des psaumes et des hymnes, chacun s'occupe dans sa cellule a lire l'Écriture sainte , ou à < opier des livres. Ils vont ensuite à l'église, et, après l'office, ils retournent en silence dans leur habitation. Jamais ils ne causent ensemble. Leur nourriture no consiste qu'en un peu de pain et de sel ; quelquesuns y ajoutent de l'huile, et les infirmes des horhes cl des légumes. Suivant la coutume des Orientaux, ils donnent, après le repas, quelques moments au sommeil, et reprennent ensuite leurs exercices accoutumés. Ils bêchent la terre, coupent le bois, foin des paniers et des ciliecs, lavent les pieds des voyageurs. Ils n'ont pour lit qu'une natte oléoduc sur la terre; pour vêtements, que des peaux grossières un des tissus faits de poil de chèvre et de chameau. l!s n'ont point de chaussure, ne possèdent rien en propre, ne prononcent jamais les mots de (ton et de m ion, source de tant de troubles parmi les hommes. Il règne dans leurs cellules une paix inaltérable, une joie pure et tranquille presque inconnue dans le monde, ou qu'on ne peut y conserver. St. Chrysostomc avait passé quatre ans sur las montagnes de Syrie, lorsqu'il quitta los anachorètes de ees déserts, pour chercher une solitude plus profonde. 11 se retira dans une caverne ignorée, où il vécut deux ans sans se coucher. Ses veilles, ses mortilieations , et l'humidité de sa demeure, l'ayant tait tomber dangereusement malade, il fut oblige de revenir à Antiochc, l'an 581 , pour réiablir sa santé. La même année, il fui ordonné diacre par St. Alclécc. St. Flavicn,
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qui SUCvéda ù ce dernier sur le siège d'Antiochc, éleva Chrysostomc au sacerdoce en 380. Il le lit son vicaire, cl le chargea d'annoncer au peuple la |Kiro!c de Dieu. Jusque-là celle fonction avait élu réservée aux seuls évéques. Chrysostomc était alors âgé de quarante- trois ans. Il nous appnnd que la ville d'Antiochc comptait à cette époque 100,000 chrétiens parmi ses habitants. Son éloquence attirail les juifs, les païens, les hérétiques; il fut, pendant douze ans, la main, l'ail et la bouche de son évéque. Dans la deuxième année de son ministère apostolique, une violente sédition éclata dans Antiochc. La populace brisa, dans sa fureur, la statue do Théodosc Tr, celle de l'impératrice Flaccille et celle de leurs enfants. Les magistrats sévirent contre les coupables; les prisons étaient remplies; des commissaires arrivèrent de Conslanlinoplc. On parlait de confiscation des biens, de brûler vifs les séditieux , «le raser la ville. L i consternation était générale. Flavicn, sans être retenu par son grand âge, ni par la ''rtgueur de la saison, se rendit à Conslantinoplc pour y implorer la miséricorde de l'empereur, el lui adressa ce discours célèbre dont la rédaction est attribuée à Chrysostomc, et qui |>eutèlre comparé a tout ce que l'antiquité nous a laissé de plus parlait dans le genre oratoire. Théodose, attendri jusqu'aux larmes, renvoya le patriarche porter ù son peuple un pardon général. Pendant l'absence de Flavicn, Chrysostomc avait soutenu dans Antiochc le courage abattu par le désespoir. «Jean, dit Suzomène, était l'ornement do celle église cl do tout l'Orient , lorsqu'on 597, l'empereur Arcadius voulut, après la mort de Nectaire, l'élever sur le siège de Conslanlinoplc. Si les habitants d'Antiochc | eussent connu les desseins de l'empereur, ils en auraient rendu l'exécution difficile. Chrysostome fut donc attiré hoi-s de la ville par le comte d'Orient, sous prétexte de visiter avec ce seigneur les tombeaux des martyrs. Alors, il se vit saisi et remis entre les mains d'un officier qui le conduisit h Constant inople, où il fut sacré, le 26 février 598, par Théophile, pati iarche d'Alexandrie. Il commença son épisoopat par régler sa maison; il retrancha les grandes dépenses que ses prédécesseurs avaient jugées nécessaires au soutien de leur dignité ; il fonda et entretint plusieurs hôpitaux ; il réforma les mtrurs du clergé, et convertit un grand nombre de païens tt d'hérétiques. Parmi les veuves qui se consacrèrent à Dieu sous sa direction, quatre surtout étaient distinguées par leur naissance : Olympiade, Salvine, Pioculo et Pantadic : celte dernière, qui fut laite diaconesse de l'église de Conslanlinoplc, était veuve de Tiinase, premier ministre de l'empereur. Olympiade se chargea du soin de pourvoir à la nourriture du patriarche. Il mangeait seul ordinairement; sa table était d'ailleurs si pauvre et si frugale, cpic peu de personnes eussent voulu la partager; mais il avait, dans une maison voisine de la sienne, mie table décemment servie pour les étrangers. Tous les revenus de Chrysostome appartenaient aux )>auvrcs. Ses aumônes étaient si abondantes, qu'elles lui méritèrent, dit Palladc, le surnom de Jean ï Aumônier.
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Il regardait son diocèse comme un vaste hôpital, rempli de .sourds et d'aveugles, cl pour les guérir, il ne craignait ni les fatigues, ni les dangers, ni la mort même. Enflammé d'un saint zèle pour la propagation derÉvangilc, il envoya un évéque missionnaire chez les Goths un autre au milieu des Scythes nomades , d'autres encore dans la Perse et dans la Palestine. Opcndanl l'empereur Areadius se laissait gouverner pur ses favoris. L'eunuque Eutrope avait succède à lUil'm dans la place de premier ministre ; mais son orgueil et son ambition le perdirent. Le peuple se souleva contre lui, et l'année demandait sa mort. Il vint chercher un asile auprès des autels dont il avait violé les privilèges. L'élise fut aussitôt investie par des soldats armes et furieux. Il fallut toute l'éloquence de Chrysostomc pour obtenir qu'on laissât Eutrope jouir des immunités du sanctuaire. Le malheureux tenait l'autel embrassé. Pàlc de rage et de crainte, tout son corps éprouvait une agitation violente. Son imagination troublée n'offrait h ses yeux que des épecs nues, des chaînes et des bourreaux. Chrysostomc, saisissant celte occasion, prononça un discours éloquent sur la vanité des choses humaines, sur le faux éclat et le néant des grandeurs de la terre. Il parlait avec tant d 'éloquence et d'onclion, que le peuple fut ému, la sédition calmée et la paix rétablie. Eutrope était relégué dans file de Chypre, lorsque Gainas, qui commandait les Goths attachés au service de l'empire, obtint du trop faible Areadius que cet ancien favori fût condamné à mort. Bientôt l'insolence de Gainas ne connut plus de bornes. Il leva l'étendard de la révolte, et vint assiéger son maître dans sa capitale. St. Chrysostome alla trouver Gainas ; ce favori icbelle ne put résister à l'éloquence du saint archevêque, et il consentit à s'éloigner avec ses troupes. Cette même année (389) , Chrysoslome tint a Constanlinople un concile où furent déposés, comme simoniaques, Anlouin, archevêque d'Ephèse, et quelques autres évéques d'Asie, .^évérien, évéque de Gabala en Syrie, Ota, dans la chaire évangélique, attaquer Chrysoslome, cl voulut soulever le peuple contre lui ; mais il fut chassé comme un calomniateur. Chrysoslome avait deux ennemis plus dangereux dans l'impératrice Eudoxic et dans Théophile, patriarche d'Alexandric. Ce dernier , que Sozomène , Socratc et plusieurs autres historiens ecclésiastiques représentent comme un homme impérieux et jaloux, vain et dissimulé, avait chassé des déserts de IN i trie quatre abbés, accusés d'origénisme. Chrysostome les reçut dans son église, les admit à la communion, et Théophile ne respira plus que la vengeanre. Eudoxie, dc|<uis la mort d'Eutropc , gouvernail despotiquement l'empereur et lYmpirc . Cette princesse était, suivant Kozime, d'une avarice insatiable; elle avait rempli la ville tic délateurs qui, après la mort des riches, saisissaient leurs biens au préjudice des héritiers. Chrysostomc gémissait sur les injustices et MIT les rapines de la cour. Eudoxic résolut de le faire déposer. Elle mandate patriarche d'Alexandrie, qui arriva à Constanlinople l'an 403. Théophile, réuni à plusieurs évéques d'Égyple qui lui étaient dévoué* ,
lint le fameux conciliabule du Chênr, ainsi appelé paire qu'il eut lieu dans l'église d'un quartier de la ville de Calcédoine, auquel un grand chêne avait donné son nom. Chrysosionte fut accusé d'avoir dépose un diacre qui avait frappé son valet; d'avoir ordonné des prêtres dans sa chapelle domestique; d'avoir communié d. s personnes qui n'étaient |>oini h jeun ; d'avoir vendu des meuble* appartenant à l'église, et d'en avoir dissipé le produit; d'avoir déposé des évéques qui n'etaienl point d ms le ressort d<« sa province. Toul était faux ou frivole dans cesacrnsaiions. Chrysostomc cité refusa de comparaître, parce qu'on avait enfreint à son égard les règles portées par les canons. Il avait, de son côlé, assemblé quarante évéques à Constanlinople ; mais la haine de ses ennemis remporta. Sa déposition fut résolue, et Arcadins approuva la sentence qui la prononçait. On avait dit à ce prince que Chrysoslome, dans ses sermons, comparait l'impératrice à Jézabcl : c'était encore une calomnie. I n ordre d'exil fut signé, et le saint archevêque lit à son peuple les adieux les plus touchants : a Une violente tempête, « dit-il, m'environnede tonte. parts; mais, placé sur « un roc inébranlable, je ne crains rien. La fureur « des vagues ne peut submerger le vaisseau de Jé- « sus Christ. La mort n'a rien qui m'épouvante : « elle est un gain pour moi. I te douterai s-jc l'exil? « toute la terre est au Seigneur. Serais-jo .sensible i « la fierté des biens? nu je suis entre dans le « monde, et nu j'en sortirai. Je méprise les mc- « naecs et les caresses. Jésus-Christ est avec moi : « qui pourrais-jc craindre ? » Cependant, trois jours s'étaient écoulés depuis la condamnation de Chrysostome , et il n'était point encore parti pour son exil. Le peuple le retenait sous sa garde, et menaçait d'une sédition. Enfin Chrysostome peut se dérober a ses surveillants, et va secrètement trouver l'officier chargé de le conduire en llilhynic. Il part. L'évéque Sévôrien monte aussitôt en chaire, et veut prouver que Chrysostome a été justement déposé; mais il est interrompu par les clameurs des chrétiens qui redemandent leur pasteur. La nuit suivante, un tremblement de terre s'etant fait ressentir h Constanlinople, Eudoxie, effrayée, va trouver Areadius : « Nous n'avons plus d'em- « pire, dit-elle, si Jean n'est rappelé. » L'empereur révoque l'ordre qu'il a signé. Eudoxic écrit dans la nuit même à Chrysoslome pour l'inviter à revenir. La lettre contenait des témoignages d'estime et d'affection. Le peuple, portant un grand nombre de flambeaux, alla au-devant de son archevêque, le conduisit en triomphe dans la ville, et, des qu'il eut reparu, ses ennemis prirent la Tuile. On lit dans Sozomène que le rétablissement de Chryso-tome fut ratifié dans une assemblée de soixante évéques. Le calme se rétablit, mais il ne fut pas de longue durée. Une sti-tue d'argent avait été élevée sur une colonne, en l'honn. ur de l'impératrice, devant l'église de Ste-Sophie. Tan lis que le peuple célébrait l'inauguration de la statue par des jmx publics et des superstitions extravagantes qui troublaient le service divin, Chrysostomc attaqua ces abus, niais
cuit
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cd ne blâmant que rinspcdcar des jeux, qui était manichéen. On lit croire à Eudoxie qu'elle avait été outragée. On lit, dans Son ate et dans Soxomme, que Chysostonic prêcha contre l'impératrice un sermon qui commençait par ces mots ; « Ht radiale est ■ encore furieuse. » Mais le P. Montfaucon a réfuté celte calomnie, publiée par les ennemis du saint, et a promé la supposition de ce discours. Les prélats qui étaient dévoués à Eudoxic furent rappelés à Constantinople , et Chrysoslome fut encore condamné, quoiqu'il eut quarante évéques pour lui. An adius envoya, le samedi saint, une troupe de soldats pour chasser le pasteur de son siège ; l'église lut profanée et ensanglantée. Chrysostome s'était adressé au pape Innocent 1er, qui annula les procédures fuites contre lui. Honorius, empereur d'Occident, se déclara aussi pour le saint archevêque; mais Arcadius , excité par Théophile, Sévérieii et leurs complices, refusa la convocation du concile que le pape cl Honorius demandaient, et Chrysoslome ici, ut un ordre exprès de partir pour le lieu de son exil. Il était alors dans son église : «Venez, dita il à cc.ix qui étaient autour de lui, prions et pre- « nous congé de l'auge de cette église, a II dit adieu aux évéques qui lui étaient attachés ; il entra dans le baptistère pour consoler StC. Olympiade et les diaconesses qui fondaient en larmes, et sortit secrètement |K)ur empêcher le peuple de se révolta. Il fut conduit k Nicée en liithynic où il arriva le 20 juin 404. l'eu de temps après son départ, l'église de Ste-Sophie et le palais ou s'assemblait le sénat furent la proie des flammes. Les statues des Muses et d'autres ihefs-d'cruvrc périrent dans cet incendie que Palladc aitrihuc à la vengeance divine, mais qui fut regardé par Arcailius et par les magistrats cuiiime le a ime des amis de Chrysoslome. Plusieurs d'entre eux furent arrêtés et interrogés au milieu des tortures. Tigrius, piètre, fut enxoyc en exil; Eulrope, lecteur de Sic-Sophie, mourut en prison des tourments qu'il avait soufferts. Eudoxic était morte le G octobre, quelques mois après le départ de Chrysostome. Les Isauriens et les Huns ravageaient les terres de l'empire ; Arcadius écrivit à St. Nil pour lui demander le secours de ses prières: « Comment, répondit le saint, pourt iez-vous espérer a de voir Constantinople délivrée des coups de l'ange « exterminateur, après le bannissement de Jean, « celte colonne «le l'Église, ce llambeau de la vérité, « celle trompette de Jésus-Christ? Nous avez exilé « Jean, la plus brillante lumière du momie... Mais a du moins ne persévérez pas dans votre crime. » L'empereur Honorius demandait aussi le rappel de Chrysoslome dans les termes les plus pressants ; niais, trompe par la calomnie, Ar.adius ne changea point de résolution, et Arsace fut placé sur le siège de Constantinojile. Chrysostome ne rcsla pas longtemps à Mcée. Eudoxic, avant sa mort, avait désigné pour dernier terme de l'exil du saint la pc;itc ville de Cucusc en Arménie, dans les déserts du mont Taurus. Dès le mois de juillet 403, Chrysostome se mit en route, et, après soixante-dix jours d'une marche pénible sous un ciel brillant, dévore
par la lièvre que produisirent les fatigues du voyage, la brutalité des gardes et la privation presque continuelle du sommeil, il arriva à Cucusc, où l'évéquc et le peuple le reçurent avec respe l. Plusieurs de ses amis vinrent de Constantinople et d'Antioehc pour le consolei dans celte terre étrangère. Son zèle n'y resta point oisif. Il envoya des missionnaires dans la Perse et dans la Phenicie. 11 écrivit à Olympiade t.'ix-sepl lettres qui sont de véritables traités de morale. 11 y parle souvent des dangereux effets de la tristesse de Pâme : «C'est, dit-il, le plus fuunesic des maux de l'homme; c'est un fourreau a domestique qui le tourmente, une tempête a qui l'environne de ténèbres, une guerre in- « tesline qui le déchire, une maladie qui le mine a et le consume. » Ce fut encore à Olympiade que Chrysostome adressa le traité intitulé : Personne ne peut nuireà celui qui ne se nuit pas à lui-même. Les incursions des Isauriens, qui ravageaient l'Arménie, obligèrent Chrysostome à chercher un asilo dans le château d'Arabissc, sur le mont Taurus. Il retourna à Cucuse quand les barbares se furent retires. 11 était honoré de lout le monde chrétien. Le pape refusait de communiquer avec Théophile et les autres ennemis du saint. L'empereur, irrité, ordonna qu'il fût transféré sur les bords du Pont- Luxm, prés de la Colchidc, à Pityonte, ville située aux derniers confins de l'empire. Deux officiera , chargés de le conduire, le faisaient marcher tête nue, et il était chauve, sous un soleil ardent ou par de fortes pluies. Ses forces étaient épuisées lorsqu'il fut arrivé à Coinanc dans le Pont. On voulut le faire marcher encore; mais sa faiblesse devint si grande qu'on fut obligé de le ramener à Comanc , où il fut dépose dans l'oratoire de St. Basilique, martyr. Alors il quitta ses habits pour en prendre de blancs. Il reçut la communion, fit sa prièie, qu'il termina, selon sa coutume, par ces paroles : « Dieu soitgli. « rilié de tout; » et, ayant fmmé sur lui le signe dî la croix, il expira, le 1 4 septembre 407, dans la 10* année de son épiscopat , et la 03* de son âge. Il y eut a ses funérailles un concours prodigieux de vierges, de religieux et de personnes de toulétat qui étaient venus de fort loin. Son corps fut enterré auprès de celui de St. Basilique. Le 27 janvier 438, il fut transféré solennellement à Constantinople. L'empereur Théodose le Jeune et sa sceur Pulchérie assistèrent à la cérémonie de cette translation. Ses reliques furent déposées dans l'église des Apôtres, destinée a la sépulture des empereurs. Dans la suite, elles furent transférées à Home, et déposées sous l'autel qui porte le nom de St-Chrysostomc dans IVglisc du Va* tican. Les Grecs célèbrent sa fêle le 13 novembre, et les Latins le 27 janvier. Le nom tic Chrysostome, c'est-à-dire Douche d'or, futdûiinéù Jean peu de temps après sa mort, puisqu'on le trouve dans les ouvrages de Cassiodore , de St. Ephrem et de Théodoret. La pape Céleslin, St. Augustin, St. Isidore de Pclusc , et plusieurs autres Pères regardent St. Jean Chrysostome connue le plus illustre docteur de l'Eglise. Ils rappellent le Sa<jc iulerptèle des secrets de l'Eternel. Ils diicnt que sa gloire brille partout, que la
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lumière de sa science éclaire touie la lerre. Us le comparent au soleil, dont l'univers ressent les heureuses influences. Ces éloges peuvent paraître mêlés d'un peu d'emphase ; mais l'enthousiasme est permis lorsqu'on veut peindre un génie aussi admirable que celui de St. Jean Chrysostomc. Erasme donna à llâlc, chez Froben, une édition de différentes ver- Mous latines, par lui revues, corrigées et complétées, dis œuvres de Glirysostome, 4558, 5 vol. in-fol. Le P. Fronton du Duc publia une autre version latine à Paris, en 1613, 6 vol. in-lol. Celte dernière est fidèle, estimée, et le P. Alontfaucon l'a adoptée dans l'excellente édition qu'il a donnée désœuvrés de St. Chrysosiome, en grec et en lalin, avec des notes, Paris, 1718*38, 13 vol. in-fol., plus recherchée, et que les précédentes, et que celle qui fut publiée plus tard à Venise, 1755, même format. Le savant bénédictin n'a traduit que les ouvrages qui ne l'avaient point été par Fronton. Ceux qui peuveut se passer du secours d'une traduction préfèrent l'édition don» née a Eton, en 1612, parle chevalier Henri Saville, D vol. in-fol. Elle est plus belle et plus exacte, mais non aussi complète que l'édition des bénédictins. Celle dernière contient les ouvrages suivants : deux Exhortations à Théodore, pour le ramener a la vie monastique qu'il a\ail quittée en 309; deux livres de la Componction, adressés, l'un a Démétrius, l'autre à Stéléchius , deux fervents scalaires ; trois livrtsde la Providence, écrits vers l'an 380; trois livres contre Us ennemis elc la vie monastique, composes vers l'an 573, lorsque l'empereur Valcns eut ordonné par une lui que les moines seraient enrôlés dans les armées romaines comme les autres sujets de l'empire; Comparaison d'un roi et d'un moine : Chrysostomc établit que la cellule du cénobite est préférable au palais du monarque ; un livre , écrit en 307, contre ceux qui avaient des femmes sousintrodvites, c'est-à-dire contre les tiens qui vivaient avec les diaconesses , tous prétexte qu'elles avaient soin de leur ménage; un livre intitulé : Que les femma régulières ne doivent point habiter arec les hommes ; le traité de la Virginité : Chrysostomc pense que la virginité est autant au-dessus du mariage, que lange est au-dessus de l'homme; deux livres à une jeune veuve sur les avantages spirituels qu'on trouve dans laviduilé; six livres du Siiccrd»cc, écrits en forme de dialogue; St. Chrysostomc et St. l'asile sont Us interlocuteurs : ce traité a toujours été regardé comme le chef-d'œuvre du saint; un Dhcours prononce le jour de son ordination , en oSG; rinq Homélies de la nature incompréhensible de Dieu, contre les Ânoméens , qui soutenaient que les hommes connaissent Dieu aussi parfaitement qu'il se connaît lui -même; sept autres Homélies contre les mêmes hérétiques ; le Panégyrique de Phxlogone, évèque d'Anlioehc; un traité contre les Juifs et les Gentils : la vérité de la religion chrétienne y est fondée sur l'arcomplissement des prophéties et sur la propagation merveilleuse de l'Evangile; huit Discours contre les Juif* : ils ont pour but tic prouver que Jésus-Christ a aW>\\ les cérémonies légales; un Discours sur l'Anathèmc : Ci.iy-
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sostome s'y propose de réunir les Melécicns et les Pauliniens, qui étaient divisés par le schisme; un Discours fur les élrcnnes : le saint s'élève avec foire contre les désordres qui se commettaient le premier jour de janvier; sept Discours sur Lazare : ils contiennent de "figea instructions sur divers points delà morale chrétienne. Tous ces écrits de St. Jean Chrysosiome forment le 1" volume de la collection de ses œuvres. Le t. 2 est composé de vingt et une Homélies sur les statues, ou sur la sédition a" Antioche; elles furent prèehécs l'an 3S7 ; des deux C<iléchcses , ou Instructions aux catéchumènes; d'un grand nombre d'autres Homélies sur l'Evangile et sur la morale ; de sept Panégyriques de St. Paul ; Jes Panégyriques des Machabécs , des SS. 3Ielèee, Lucien, Babylas, Juvenlin, ttaximin, Pélagie, Ignace, Eustathe, Itomuin, Bernice, Drosdoce cl Domaine; d'une Homélie sur les martyrs d'Egypte , et d'une Homélie sur un tremblement de terre arrivé à Antioche. Le t. 3 peut être divisé en 2 parties, dont la I" contient trente-quatre Homélies sur divers textes de l'Ecriture et sur les vertus chrétiennes; cl la 2* les Isttrcsdc St. Chrysostomc. Le t. 4 renferme soixantesept Homélies et huit Discours sur la Genèse ; les Homélies sur Anne , mère de Samuel, sur Saûl et sur David. l e t. 3 contient cinquante-huit Homélies sur les Psaumes : c'est un des plus beaux ouvrages de Chrysostomc. Le t. 6 se compose des I/omélics sur Isair , Jérémie, Daniel, St. Jean; sur t'obtcurité des prophètes, sur Melchtxdcch, contre les spectacles ; de la Sym pse de l'Ancien Testament, etc. Le t. 7 est rempli par le Comtoenlairc sur St. Matthieu, distribué en quatre-vingt-dix homélies. I.a version latine de ces homélies par George de Trcbizonde fut imprimée à Maycncc, par Jean Fust, en 14(38, in-fol. Alaitlaire, le P. Lclong et Debure citent celte édition, si rare, que Wunltwein, dans sa Bibliotheca Mogunt. , doule de son existence. On recherche encore comme très-rare l'édition donnée à Strasbourg par Mentel, en i-'.70, in fol. St. Thomas d'Aquin, qui n'avait de cet ouvrage qu'une ancienne version diffuse, cl souvent peu exacte, disait qu'il ne voudrait pas la donner pour la ville de Paris. Quatre-vingt-huit Homélies sur l'Evangile de St. Jean remplissent le t. 8; la version latine de Fr. Ai clin fut imprimée à Rome, en H'.O, in-fol.: elle est très-rare. Le t. 0 contient les Homélies sur Ut Aclesdes Apôtres; et trente-deux Homélies suri' Epi- Ire aux Romains. Quarante-quatre Homélies sur la première Epitre aux Corinthiens} trente sur la sceoude, et le Com~nnlaire sur l'EpUre aux Gâtâtes, qui n'est pi t divisé en homélies, forment le l. 10. On trouve dans let.1 1 vingt-quatre Homélies sur l'Epitte aux Ephésiens; seize sur f Epitre aux Philippient, douze sur V Epitre aux Colottient; seize sur Ut deux Epitret aux Thessaloniciens; vingt-huit sur let deux Epilret à Timolhée ; et neuf sur les Épitres à Titus et à Phi lé mon. Le t. 12 con'ient les trente-quatre Ho» élies sur i'Épilre aux Hébreux, et onze autres Homélies publiées, pour la première fois, par Monlfaucon. Dans le t. 13 et dernier, le savant éditeur tcn.l temp'e de son travail. Il donne r iu>uitc la \io
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de St. Chrysoslome, écrite par Pallade, et celle qu'il a composée lui-même. Il termine enlin cette grande collection par l'analyse de tout rc qu'il y a de pli» remarquable dans les écrits du saint docteur. Plusieurs de ces ouvrages ont été publics séparément, en grec, en latin et même en arabe. Nous ne citerons que les éditions les meilleures et les plus rares: 1* Juan. Chrysostomi Sermones viginli quinque . et Epislola de t'ompuuctione, lat. (sans indication de ville ni date), in-fol., goih. 2° Ilumiliœ super Psalmo quinquagesimo, Cologne, 1466, petit in-4°. Volume extrêmement rare, qui a le mérite délie la plus anrienne édition avec date sortie des presses d'Liric Zel. 3* Humilias super Miserere mti, Veut, Cologne, le même ( vers 1467), in-4". 4° Homilite in Malthœum,tal.,Gcorg.Trapc:unlinointcrprcte,Naxcncc, J. Fust., 1408, fa-fol. 5° Sermones in juslum clbcatum Job. de Palicnlia , lat., Cologne, 1468, in-8°, goth. d* Omiliœ 86 super Evangelio Johunis (e givrai in lat. transi. perFr.Arctinum), Home, 1470, in-fol. Première édition très-rare. 7° Sermones quinque el vigenti, in lat. traducti, imprim. à Homo, dans le monastère de St-Kusi.be, vers 1470, petit in fui. W Liturgia, stu divina Missa, gr., Venise, 1528, in-4«. 9° Inlerprelalio in l'auli Ep}slolas,gr.t
Vérone, 1520, in-fol. 10° Homilia dua , nunc primum editœ, gr. et lat., interprète Cheko, Londres, 1543, in-49. Selon Herbert ( Typogr. anliq., t. 3, piaf.), c'est le premier livre grec imprimé en Angleterre ; mais celle opinion a trouvé des contradicteurs. 1 1" llomitiœ vigi»ti quatuor, arabico sermove versât, Alep, 1700, in fol , rare. 12° Joan. Chrysnsiomi novœ Eclogœ, gr., Moscou, 1808, in-81. 15" /A; saceidolio lib. sex, Paris 1827, in-52. On trouve des extraits de St. Jean Chrysostome dans le Choix de Discours des Pères de l'Eglise, grec-latin., avec analyses et notes françaises, donné par M. J. Ccnouille, Paris, 183S, in-P2. Les principales traductions françaises de ses ouvrages sont : Traité de la Providence, Irad. par God. Hcrmant, Paris, 1858, in 12;— Homélies sur les Epitret de St. Paul, irad. par INic. Fontaine, ibid., 1075-90, 7 vol. in-b" j — Abi égè sur le Nouveau Testament, tiad. par" le même, ibid., 1670, 2 vol. in 8°; — Abrégé de la doctrine de St. Jean Chrysoslome sur l'Ancien Testament, par le même, ibid., 1688 et 1751, in 12 : c'est la même édition avec des litres différents; — Homélies au peuple d'Anlioche, trad. par Maucroiv, ibid., 1689, in-8« ; — Sermons choisis , irad. par l'abbé de Dellegardc, Pari», I6!)0, 2 vol. in-12; — Opuscules de St. Jean Chrysoslome, trad. parle mène, IG0l,in-8°;
— Homélies sur l'Evangile de St. Matthieu, trad. par Marsilly (Nie. Fontaine, et selon d'autres, Prévost, chanoine de Melun), ibid., 1695, 3 vol. in-8°;
— Apologie de la vie religieuse et uonastique , où il est traité de l'éducation des enfants, trad. par A. le Duc, Deauvais, 1698, in-12; — Homélies ou Sermons sur les Actes des Apôtres, trad. par l'abbé de Dellegarde, Paris, 1703, in-8« ; — Homélies ou Sermons sur la Genèse, Irad. par le même, ibid., 1705, in-80; — Lettres de Si. Jean Chrysuslumc , n ul. en français avec des notes , des sommaires , et deux