‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 32 sur 117 · CUT · texte numérisé non relu

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traités écrits du lieu de son exil a la veuve Ste. Olympiade par le P. Durant! de flonrecueil, ibid. , 1752, 2 vol. in-8* ; — Panégyriques des martyrs, trad. p::r le mime , avec ua abrégé «le res mêmes martyrs, ibid., 173Î, in 8* ; — St. Jean Chnjsnstome sur Si Jean, Irad. parle même, ibid., 1741, 4 vol. in8#; — Homélies, Discours cl Lettres choisies de St. Jean Chrysoslome , arec drs extraits de ses ouvrages sur divers sujets, trad. par l'abbé Auger, ibid., 1785, 4 vol. in-8"; Lyon, 1828, même format. On trouve plusieurs opuscules de St. Jean Chrysoslome, trad. en français, dans la Billiothèqtu étrangènà^Algnui (Paris, 1823-24,3 vol. in-S"), et dans la Bibliothèque des Dames chrétiennes. Le nom de St. Chry>o>lome est celui de l'éloquence même. Jamais ce grand orateur ne se copie, il est toujours original. I.a vivacité et la richesse de son imagination, la force de sa dialectique, son art de remuer les passions , la beauté de ses métaphores la justesse de ses comparaisons, l'élégance et la pureté tic son style, sa clarté et son élévation, l'ont placé au premier rang parmi les écrivains les plus célèbres de la Grèce, et l'anlii|iiiié chrétienne n'a point d'orateur plus accompli. L'a blé Auger a osé dire «pie «Si Chrysoslome est V Ilomrre « des orateurs. v— «St. Chrysoslome, dit Fënclon, ne a cherche point tic faux ornements , tout tend à la a persuasion. 11 place chaque chose avec dessein. Il a connaît bien l'Ecriture sainte et les mœurs des « hommes. H entre dans les cœurs; il rend les « choses sensibles. Il a des pensées hautes etsoli- « des... Dans son tout c'est un grand orateur. » (Dialog. sur Céloq. ) Il ressemble ù Démoslbéne, à Cict'ron,ct il n'est ni l'un ni l'autre. Il a la force de l'orateur grec, la faiiliié, l'abondance et le nombre de l'orateur romain ; mais quand il semble les imiter, il a sa manière, et son si y le lui appartient. Aux vies de St. Chrysoslome écrites par Pallade et par Monlfaucon,ou peut ajouter celle qu'Erasme a écrite en latin, et qui se trouve dans ses œuvres ; celle tpic Ménard a donnée en français, Paris, 1665, 2 vol. in- 8", tt celle (pic G. llcrmant a publiée, Paris, 1681, in-4»; mais on estime surtout celle qucTillemont a insérée dans le 1 Ie vol. de ses Mémoires. V — ve.

CHRYSOSTOUE. Voyes Dtos.

CHRYSOSTIIËMJS, sculpteur grec, natîrdrArgos, florissait environ 500 ans avant J.-C. H lit, de concert avec F.utelidas, autre sculpteur, son compatriote, les statues tle Dcmarate et de son lils Théopompe, vainqueurs aux jeux olympiques dans les 75e et 76* olympiades. Ce Démaralc avait remporté le premier le prix de la course, qu'il fallait gagner tout armé, suivant un usage qui ne subsista que peu de temps. Chrysostémis et Eutelitlas, en mémoire de ce succès , l'avaient représenté avec des botlines , un casque et un bouclier, et celte statue existait encore à Elis an temps tle Pausanias. L — S — E.

CHTCHEHBATOV (le prince Michel), historien russe, né dans les premières années du 18* siècle, de l'une des plus illustres familles de l'empire russe, lit de bonnes éludes, et manifesta, fort jeune, un goût très-vif |»our les lettres et surtout pour l'histoire. Méditant un grand ouvrage, il rassembla, de

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bonne heure, des matériaux. L'impéralrice Catherine II, sachant ses projets, lui donna toutes sortes d'encouragements, et voulut que toutes les bibliothèques, ions les dépôts publics de son empire lui fussent ouverts. Le prince Chtchcrbatov publia d'abord son Livre des Tzars , et ensuite une volumi- | neusc Histoire des (roubles et des révolutions de Russie, St-Pétcrsbourg, 177". On promit alors une traduction française de cet ouvrage ; mais elle n'a point pam. C'est une compilation indigeste, et dans •laquelle on remarque cependant beaucoup de réticences, commandées par la position de l'auteur. L'évéque et tous le-s autres historiens y ont néanmoins beaucoup puisé. Le prince Chteherbatov a encore publié quelques traductions du français en russe : le Joui '7i al de Pierre le Grand, et un Tableau des possessions de Vladimir-Monomaque, Il était sénateur, chambellan, membre de la commission du commerce et «tu nouveau code des lois, etc. Il mourut le 12 décembre 1790. M— Dj.

CH (Jim (Thomas), écrivain déiste qui a joui pendant quelque temps d'une certaine célébrité, naquit le 29 septembre 1071), à Eust-I Iarnham , petit village voisin de Salisbury , eu Angleterre. Il était (ils d'un marchand de «bêche, et il fut luis à l'âge de quinze ans eu appr. ntis.\age chez un gantier. Il quitta ensuite ce métier pour s'as ocier avec un de ses amis, fabricant de chandelles à Salisbury. On s'était borne à lui apprendre à lire et à écrire; mais, animé du désir de s'instruire, Th. Chubb consacra à la lecture les moments de relâche que lui laissait son état. Etranger toute sa vie aux langues savantes, il acquit dans des livres anglais une connaissance assez étendue des mathématiques, de la géographie et de quelques autres sciences. La théologie était son étude favorite, et il établit à Salisbury une petite société dont il avait la direction, et dont l'objet était la discussion des matières religieuses. C'était alors l'époque de la controverse sur la Trinité, soutenue avec tant de chaleur cuire le docteur Clai ke et Walerland. Chubb écrivit, à relie occasion . une dissertation qu'un de ses amis montra à Whiston, dont les opinions étaient si conformes à celles de Chubb, qu'il désira que cette dissertation fût imprimée, et y fit quelques corrections relatives à des explications du texte de l'Ecriture. Elle le fut en 1713, sous ce titre : la Sttprématie du Père établie, etc. Cet ouvrage étonna de la part d'un homme sans lettres , et eut beaucoup de succès. En 1730, Chubb fit paraître un recueil in-4» de traités sur divers sujets, qui ajouta encore à sa célébrité. Pope écrit, à cette occasion, à son ami Gay : « Avcz- « vous vu M. Chubb, ce phénomène du comte de * VVilt? J'ai lu son livre d'un bout à l'autre avec « admiration pour le talent de l'auteur, quoique sans « en approuver toujours la doctrine. » Ce livre procura a Chubb la connaissance de plusieurs personnes distinguée». Sir Joseph Jekyll, niailrc des rôles, lui offrit un logement dans sa maison , et >c délassait dans sa société des fatigues et du soin des affaires. Cependant une telle situation est rarement agréable, Chubb, né sans orgueil, mais ami île l'indépendance

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et de la retraite , revint quelques années après retrouver son ancien ami et associé à Salisbury, pour y exprimer plus librement des opinions qui commençaient à tourner vers le déisme, connue il parut par un assez grand nombre de traités de sa composition, imprimés en 1752, 3 Vol. iu-S"; ouvrages très- médiocres, qui n'ont Tait de mal à peronue qu'à leur auteur, dont ils ont beaucoup diminué la réputation. H mourut àSalisbury, le 8 février 17 50, âgé de 08 ans. On vit paraître, en 17 ÏS , 2 vol. in-8* d'nuvrcs posthumes, qui ont fait bc uiroup de bruit en Angleterre. On aperçoit claiiement, CO les lisant, «pic l'auteur avait peu de foi dans la révélation, qu'il était fort incertain sur une vie à venir, et qu'il ne croyait pas que les phénomènes du monde supposassent une providence particulière. Quoi qu'on puisse penser do ses changements d'opinion, assez naturels dans un homme dont les connaissances , accpiises sans ordre et sans principes, n'avaient jamais pu former un ensemble «le doctrine , il avait une raison forte et beaucoup de talent pour exprimer ses idées : tel est du moins le jugement qu'en ont porté les docteurs Clarke, Headly, llarris, etc. On lui a reproché des erreurs qui étaient l'effet de s<m Lnoruncc des langues savantes. Quelques-uns l'ont accusé «le mauvaises ma-urs , mais sans aucune preuve ; on s'est plus généralement accordé à regarder son caractère moral comme irréprochable. S — D.

CIIIDIJIGH (lady Marie), femme philosophe cl poète , naquit en 1080, dans le comte rie Devon , en Angleterre. Sa première éducation fut fort négligée, et elle ne dut qu'à elle seule les connaissances cpi'ellc acquit par la suite dans la littérature et dans la philosophie. Elle est auteur d'un volume de poésies, imprimé pour la troisième fois en 1722. et où l'on remarque un poeme intitulé la Défense des femmes, composé à l'occasion d'un sermon plein d'aigreur prononcé contre elles. On a de Marie Cliudlcigh un volume d'Essais sur divers sujets, en vers et eu prose ( 1710 ) , écrits d'un slj le élégant et naturel. Plusieurs de ses poésies ont été inseiées dans le recueil des Poèmes des femmes les plus distinguées de l'Angleterre et de l'Irlande. Ou y trouve en général une raison sûre et une versification agréable, plutôt qu'une imagination brillante. Marie Chudlcigh avait composé quelques tragédies cl comédies qui sont demeurées manuscrites. Elle mourut en 1710. Kilo avait épousé un baronnet anglais. La manière dont elle parle des hommes dans sa Défense des femmes fait présumer qu'elle ne fut pas heureuse en mariage. X — s.

CI1UMACER0 (Jean), né a Valence d'Aleanlara dans rEslramadurc, (ils d'un juge royal de Castille, et chevalier de St-Jacques, occupa, au commencement du 17' siècle, dans l'université de Salamanquc, trois chaires de droit, dites codicis, volumtnis cl errperorum. Philippe III et Philippe IV l'élevèrcnt à plusieurs magistratures. Envoyé en 1033, amlsissadeur à l'orne avec Dominique Pimente! , évéque de Coi doue, il passa dix ans dans celte résidence. Do retour en 1043, il fut fait président du conseil suprême de Castille, et mourut en 1000. 11 avait public

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tandis qu'il professait à Salamonquc : 1° SeleeUt fit-

ris Dispulaliuues, in-8". 2" Pro Irgilimo jure I'iii- UppilV, Bùpaniarum et Porlugâllia rrgis, in-i°. Ce livre parut pendant les (roubles tic Portugal, et avant la révolution qui plaça la maison de Bragancc sur le trône en iC JO. Chumaccro lit imprimer depuis : 5" Mémorial, etc., in-ful : c'est une relation exacte «le son ambassade à Rome. V— ve.

CIUN, neuvième empereur de la Cliinc. l'un de ses plus sages souverains, celui dont les maximes do gouvernement ont obtenu parmi les lettrés une autorité irréfragable, et dont le nom, béni tic siècle en siècle, est encore aujourd'hui prononcé ivec vénération par tous les Chinois. Quoique né dans un état médiocre | sa réputation de sagesse parvint jusqu'au célèbre empereur Yao, qui voulut le connaître cl le juger par Iui7inéme. Sa modestie, son désintéressement, ses réponses judicieuses, le prévinrent d'abord en sa faveur; mais il voulut s'assurer, par d'autres épreuves, de sa vertu cl de ses talents. Jl l'ctablil dans sa cour, et lui donna en maria. c ses deux propres filles, qui. comme deux témoins lidèles, devaient l'observer de prés et démêler jusqu'aux plus secrets mouvements de son âme. l'eu de temps après, il le chargea de l'inspection générale des ouvrages publics, et du soin île faire observer au peuple ce que les Chinois appellent les cinq devoir* de ta vie civie, emplois dont il s'acquitta, pendant nlusicurs années, avec une supériorité si maïquéc- »,U'* l'envie même n'osa la lui contester. Ces succès déterminèrent Yao, dont les force* s'atlaiblissaient, à nommer Chou son premier ministre, et enfin à l'associer à l'empire. Clmn opposa une inutile résistance; mais il remsa constamment de prendre, du vivant de l'empereur, le titre et les ornements de sa nouvelle dignité. 11 recul les hommages des grands assemblés, cl ce fut alors qu'il les partagea en cinq classes différentes, auxquelles il attribua des signes <|i-.mctil> qui devaient faire reconnaître chacun de CCUX qui les composaient. Il leur distribua des choui, ou tablettes d'ivoire, sur lesquelles étaient empreintes des marques qui devaient se rapporter juste avec celles que l'empereur gardait de son cote. Lorsque ces grands se rendaient à la cour, ils y apportaient celle tablette, qui était la preuve du rang qu'ils tenaient dans l'empire. Ciiun entreprit ensuite la visite générale des provinces, et, pour arrêter l'excès dans les dons et les cadeaux qu'il était d'usage que les gouverneurs et les grands mandarins présentassent aux empereurs, il ordonna qu'ils n'offriraient, a l'avenir, que cinq pierres précieuses, trois picccsdc satin, deux animaux vils et un mort. U ns le cours de cette longue et pénible tournée, il publia divers règlements, tant pour lixcr les cérémonies religieuses et civiles, que pour ramener à leur uniformité primilive les poids et mesures, qui variaient selon les lieux. De retour à la cour, il fit usage des connaissances qu'il r.vait acquises pour réformer les abus et perfectionner toutes les parties de l'administration. Il s'engagea à recommencer tous les cinq ans la visite des provinces, et obligea en même temps les princes tributaires, 1rs gouverneurs, et autres grands ofli-

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cirrs, à venir se | réVnicr une fois à la cour pendant CCI intervalle, et dans un ordre détepminë. Il porta à douze le nombre des neuf provinces qui composaient l'empire. Il s'occiqui ensuite du sort des criminels, et adoucit les supplices; mais il voulut que si un coiqiablc, après avoir déjà subi les peiiies de la justice, se trouvait de nouveau convaincu d'un délit grave, il fût puni de mort. Clmn aimait les sciences et favorisa leurs progrès. On lui attribue la célèbre sphère chinoise qui porte encore aujourd'hui son nom. Celte, machine, qu'il iit exécuter par les matl ématiciens de la cour, représentait toute la circonférence du ciel divisée en degrés, et dont la terre occupait le centre. Le soleil, la lune, les planètes et les étoiles y étaient placées dans l'ordre et aux dislances proportionnelles que ces différents c a ps semblent garder entre eux, et un moyen mécanique communiquait à tous ces globes célestes des mouvements analogues à ceux qu'ils décrivent dans leurs révolutions Clmn redoubla encore de zèle et d'activité, lorsque la mort d' Yao l'eut laissé seul maître de l'empire. Pour contenir dans le devoir tous les ofliciers employés dans le gouvernement, il les soumit à un examen général qui devait avoir lieu tous les trois ans. Au bout des trois premières années, il se contentait de prendre des renseignements exacts sur la conduite de chacun d'eux, et à la lin des trois années suivantes, il les louait ou les réprimandait ; mais ù la ueuvième année, époque du dernier examen, d destituait et punissait |»r des cl aliments sévères ceux que ses précédentes réprimandes n'avaient point corrigés, et il accordait de justes récompenses à ceux dont l'administration, toujours sage, ne s'était point démentie. Chun s'occupa beaucoup île l'éducation, et fonda «les collèges dont il régla la police et les exercices. 11 voulut surtout que, dans les examens que devaient de temps en temps subir les élèves, on fût plus attentif a leur avancement dans la vertu «ju'aux progrès mêmes «ju'ils pourraient faire dans les sciences. 11 établit aussi deux espèces particulières d'hôpitaux, destinés aux vieillards indigents. L'une était pour le |>eu|>lc, l'autre pour ceux qui avaient Occupé des charges et servi l'État. On voyait souvent ce bon empereur se mêler parmi ces vieillards, qu'il interrogeait sur les choses passées, et, lorsqu'il assistait à leurs repas, il ne dédaignait pas de les servir de ses propres mains. On trouve dans le Chou kingla discours qu'il adressa à ses ofliciers a l'occasion d'une promotion ; on y voit, avec etonnement, qu'un empereur de la Chine, qui vivait plus de 2.000 ans avant St. Paul, s'exprime comme lui sur la puissance souveraine. \jh dernier bienfait de Chun envers ses peuples fut de leur laisser le sage et vertueux Yu |>our mai ire, en écartant du trône son propre (ils, qu'il en jugea peu digne. Cet empereur, dont Confueius a recueilli les- maximes, mourut l'an 2208 avant l'ère chrétienne, dans la 1 lu année de son âge cl la 77" «le son régne. G — it.

CHLN-JCHI, premier empereur de la dynastie lartaro manie licou, aujourd'hui régnante à la Chine. Un Chinois rebelle, entraînant dans son parti une foule de mécontents, avait fait soulever en sa faveur

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les trois 1 1 jî; 1rs provinces de Clian-si, i!c Clien-s! cl de l'é-lché-li ; il avait pris Pékin, sciait insoicmmcnl assis sur le trône de ses raallrcs, et avait réduit le dernier empereur des Ming ù s'étrangler avec sa propre ceinture, après avoir massacré sa fille. Des généraux, lidéles à l'État, mais imprudents, apjielèrent les Tartares au secours de l'empire. Ceux-ci vainquirent le rebelle dans deux grandes batailles, et le forcerait de s'éloigner. Introduits ensuile dans Pékin pour y recevoir les sommes d'or, d'argent et les soieries qu'e:i était convenu de leur donner, ces redoutables auxiliaires changèrent de langage et ne dissimulèrent plus leurs vues ambitieuses. Maîtres de la capitale, ils y proclamèrent empereur de laCbinc Chun-Uhi, neveu de leur dernier kan , mort sans avoir laissé d'héritier. Telle fut l'origine de la révolution qui, en 10 H, mit les 'J'ai tares mantebeoux eu possession de la Chine. Cbun-tcbi n'était qu'un enlanl ùgé de sept ans, mais il était soutenu et dirigé par quatre princes, ses oncles, <pii formèrent son conseil de régence, auquel présida le prince Tsé-tebing-ouang. Celui-ci, homme d'un génie vaste, politique profond et délié, et d'une affabilité qui le rendait non moins cher aux Chinois qu'aux Tarlares, eut la principale direction des affaires, et reunit en lui presque toute l'autorité de la régence. Chun-lehi , en possession de la capitale , était encore loin de l'être de tout l'empire. Il fallut conquérir les provinces, et soutenir des guerres longues et cruelles ; mais l'habileté des princes régents, soutenue de la bravoure des Mantebeoux, triompha de toutes les résistances. Dès la huitième année du règne de Chun-tchi, tout l'empire, soumis et pacifié, reconnut ses lois. Dans cette même année, 1651, le jeune prince fut déclaré majeur, et prit les rênes du gouvernement. Ses première pas furent dirigés par une politique sage ; il adopta les uururs et les lois de ses nouveaux sujets, conserva toutes les institutions anciennes, maintint le corps des le; très dans ses droits et ses prérogatives, et ne lit d'autre changement dans les six grands tribunaux que d'en doubler les membres, en y introduisant un nombre de Tartares égal à celui des Chinois qui les composaient. Cet usage s'est maintenu et s'observe encore aujourd 'Irai. Chun-tchi joignit à des qualités estimables des défauts qu'une éducation plus soignée aurait pu corriger. Il était né avec des passions violentes, se laissait facilement emporter à la colère, cl inclinait vers une extrême sévérité, dont il donna un exemple en 1652, année où s'ouvrirent les examens que les lettrés subissent de trois en trois ans. 11 apprit que la corruption s'y était glissée, et (pic l'ignorance, à prix d'argent, y avait obtenu les utiles honneurs du doctorat, grade préalablement indispensable pour parvenir aux premières cliargcs. Il ordonna que les aspirants qui avaient acheté les suffrages seraient soumis à un nouvel examen, pardonna au petit nombre de ceux qui furent trouvés d'une capacité suffisante, et condamna les antres, pour avoir obtenu des grades qu'ils ne méritaient pas, a la peine de l'exil, dans laquelle leurs familles furent enveloppées Pc plus, il Jit punir de mort trente six examinateurs

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coupable1:, présumant, disait-il, que ceux qui avaient vendu la justice étaient capables de vendre l'État. Chun-tchi tenait sa cour avec magnificence. Il y reçut des ambassades de la plupart des souverains de l'Asie, et quelques-unes de l'Euro|>c. I.a première ambassade russe parut a Pékin en 1650; nuis elle ne fut pas admise a l'audience du monarque, parce (pie les envoyés du czar ne voulurent point se soumettre au cérémonial de la cour chinoise. Des ambassadeurs hollandais y arrivèrent la même année, cl n'eurent pas plus de succès. Ils voulaient obtenir la liberté du commerce ; mais l'empereur, sous l'honnête prélexte que la longueur du voyage les exposerait à trop de dangers, ne leur permit d'aliorder dans ses ports qu'une fois lous les huit ans. Ce prince aima les sciences et parut prendre un goût particulier pour celles de l'Europe. Le P. Adam Schall, jésuite allemand, lui avait présente, sur l'astronomie européenne, un long travail, dontl'cxamen fut confié à une commission composée des membres les plus habiles du tribunal des mathématiques ; le résultat de cet examen fut qu'elle serait adoptée et substituée t l'astronomie mahomélane, la seule qui fût eu usage à la Chine depuis trois siècles. Schall jouissait de la plus haute considération à la cour de Chun-tchi. Ce jeune prince se plaisait dans ses entretiens, il l'aimait, l'honorai! de toute sa confiance, et ne l'api clait que Ma-fi (respectable père). Il lui avait accordé la précieuse prérogative de pouvoir lui présenter des requêtes et des mémoires sans l'intervention des tribunaux. Knn-sciilcincnt il lui permettait la libre entrée de ses appartements, mais il allait lui-même \isiter le missionnaire jusque dans sa chambre. Il est d'usage à la Chine que, quand les empereurs se sont assis sur quelques sièges, on les couvre aussitôt d'ituo étoffe jaune, couleur impériale, et il n'est plus dès lors permis de s'y asseoir. I n jour que Chun-lrlii, selon sa coutume, s'était rendu chez le P. Adam Schall, comme il s'asscyan indifféremment partout cl sur le premier siège qu'il rencontrait, le Père lui dit en riant : « Mais où Votre Majesté veut-elle do- « rénavanl que je m'asseye ? — Partout où vous vouo die?, repartit l'empereur ; nous n'en sommes pas « là, \ous et moi. » La fin du règne de Chun-tchi ne justifia pas les flatteuses espérances que ses premières aimées avaient fait concevoir. U devint épi rdûment amoureux de la femme d'un des grands de <a cour, qu'il maltraita durement, sous prélexte de quelque négligence dans l'administration de sa charge. L'homme en place, outre de l'affront qu'il venait de recevoir, se retira chez lui, et mourut do douleur au bout de trois jours. L'empereur fit venir sa veuve au palais, lui donna le rang de seconde reine, et en cul un lils, dont la naissance fut célébrée avec beaucoup d'éclat ; mais ce fils ne vécut ipie trois mois, et sa mort fut suivie de près par celle de la mère. Celle perte livra le jeune cmjicrcur au plus affreux désespoir, et il fallut employer la force pour empêcher qu'il n'attentât à sa propre vie. Il miruveln, dans cette circonstance, la barbare routume des Tarlares, d'immoler des officiers et des

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esclaves sur le tombeau de leurs mal lies ; plus de trente personnes lurent obligées de se donner la mort dans la cérémonie des funérailles de celte princesse, dont le corps, mis daus un cercueil enrichi de pules, fut brûlé, selon l'usage tarlarc, avec une quantité prodigieuse de bijoux d'or et d'argent, de soieries et de meubles précieux. Ce faible prince recueillit lui-même les centlres de celte femme trop aimée duos mie urne d'argent. Cet événement parut changer le caractère de Chun-tdii. Tombé dans une noire mélancolie, il se livra tout m lier aux conseils des bonze.», que lui avait recommandés la reine défunte, et ne s'occupa plus que de leurs pratiques .superstitieuses. Attaqué de la |>cLile vérole en 1601, il mourut après quatre jours de maladie, âgé de 2( ans. Comme l'impératrice ne lui avait pas donné d'enfants, il laissa l'empire au second de ses lils, âgé de butt ans, qu'il avait eu d'une des reines. Ce iils fut le célèbre Kang-bi. (Voy. ce nom ) G— n.

CHUUCH ( DUMAMIN ), général américain, qui s'eit distingué dans les guerres contre les indiens de la Nouvelle-Angleterre, naquit a Duxbury, dans le Massacliussct, en ioô'.>. C'est le premier qui ait commencé un élablissement à Saconet ou Sekonit, appelé depuis Liille Compton. En 1676, étant à la poursuite du roi Philip (I), il eut avec les Indiens un engagement, dans lequel cent soixante-treize ennemis furent tués ou faits prisonniers. Ce fut lui qui, au mois d'août de la même année, commandait, av<c le litre de colonel, les soldats qui tuèrent le roi Philip. C lunch lui lit trancha la téle cl mettre son corps en morceaux ; une de ses mains fut donnée en cadeau à l'Indien qui l'avait tué d'un coup de fusil. Le gouvernement de Plyiuouth accorda 30 schclîing par téle d'ennemi pris ou tué. La léte de Philip fut comptée au même prix. Au mois de septembre 1689, les présidents de la colonie de Plymouth et des provinces de Maine et de Massacliussct le chargèrent, comme commandant en chef, d'une expédition contre les Indiens de l'Est. Il s'embarqua et se dirigea sur Casco avec deux cent cinquante hommes, et arriva au moment où quelques ccniaincs de Français et d'Indiens s'étaient avancés dans quatre-vingts canols. Il repoussa d'abord leur attaque, visita ensuite les différentes garnisons à Mark-Point, à Spurwink et ù Bluc- Point, et retourna à Boston à l'approche de l'hiver. Casco tomba au mois de mai suivant au pouvoir de l'ennemi, qui y lit cent prisonniers. Une seconde expédition ayant élé confiée au colonel Chureh, il se dirigea, au mois tic septembre 1690, sur le Maquoit, où il débarqua ; de là, il alla au fort Pegypscot, dans le Rrunswirk, et remonta la rivière au fui t Amcrascogcn, près des grandes chute?, où il lit quelques prisonniers et détruisit beaucoup de grain. Plusieurs de ces prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes et des enfants, furent mis à morl par ses ordres, pour faire un exemple, ainsi qu'il le dit lui-même dans ses Mémoires, où il raconte cet acte airoce comme

(<} Philip SjcUm de Pokinokct fraii connu sou le nom 6>\ roi rhùip.

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la chose la plus simple et la plus innocente. Chureh fui encore chargé de irais autres expéditions, en 1G92, 1696 cl 1701, dans lesquelles, si l'on s'en rapporte à ses compairiolcset à lui-même, car il a eu soin de raconter de ses exploits, il causa de grands dommages aux Français et aux Indiens, brûla plusieurs forts, incendia des moissons et mit à mort un grand nombre d'ennemis. Apres la conclusion de la guerre COU Ire Philip. Chureh établit sa résidence à Brislol, puis à Fall-Hivcr, qui porte aujourd'hui le nom de 'J roy, et dans les derniers temps à Saconei, où il mourut d'une chulc de cheval, le 17 janvier 1718, ù l'âge de 77 ans, laissant cinq lils. L'un d'eux, nomme Thomas, a compilé, d'après les noies et sous la direction de sou père, l'histoire de Philip, qui fut publiée en 1716. 11 en a paru, en 1772, une seconde édition, avec des notes par S.-G. Drake. D— z— s.

CIIUHCUIL ( ), écrivain anglais, a publié : A Collection of Voyage and Travels, etc. ( Collection de voyages imprimés pour la première fois d'après des manuscrits originaux, etc. ), Londres, 1732,8 vol. Cctic collection est très- précieuse, en ce qu'on ne pourrait pas la suppléer tu recourant aux voyages originaux, puisqu'elle a été en grande partie rédigée sur des relations manuscrites qu'il ne serait plus possible de se procurer. I'— z — s.

CHUHCUILL (sir Winston), historien anglais, d'une ancienne et bonne famille du comté de Dorset, naquit en 1620, et étudia à l'université d'Oxford, que les troubles de la guerre civile l'obligèrent de quitter fort jeune encore. Son attachement à la cause de Charles l" lui coûta une grande partie de sa fortune. Ses biens lui furent cependant presque tous rendus à la restauration. Il fut élu, en 1661, membre du parlement pour le canton de Wcymoulh. Charles II le créa chevalier en 1665, et la société royale, nouvellement fondée, le choisit pour un de ses membres au mois de décembre 16G4. Il devint, la même année, l'un des commissaires de la cour des réclamations en Irlande, et lut nommé ensuite l'un des contrôleurs du lapis vert. Celle place lui fut, dit-on, ôléc pour avoir osé avancer, dans un ouvrage publié par lui en 1665 sous le titre de : DU-i ltrilannici, que le roi pouvait lever do l'argent sans l'aveu du parlement; mais il a luimême fait disparaiirc ce passage dans une nouvelle édition de son livre. 11 jouit d'une grande faveur ù la cour de Charles II et de Jacques 11. Voici le tilru enlicr de son ouvrage : Divi Britannici, ou Remarques sur les vies de tous les rois de celle ile, depuis l'an du monde 28ùo jusqu'à l'an de grâce I6G0, Londres, 1675, in-fol. Dans la dédicace adressée ù Charles 11, Churchill avoue lui-même que son ouvrage n'est que Y Oraison funèbre du dernier gourer' nemenl, ou plutôt, comme le litre l'indique, V Apothéose des rois morts. Cet ouvrage est peu estimé, si ce n'est pour les planches qui représentent les armes des rois d'Angleterre ; mais sir Winston Churchill n'a aucune réputation comme historien; ce qui lui fait le plus d'honneur, c'est d'avoir donné la naissance au duc de Mailborou^h. Sa f î Ile Arabelle fut maîtresse du duc d'Yoïk (Jacques 11), dont elle eut

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quatre enfants, entre autres Jacqucs-Fitz- James, due de Bcrwick. Il mourut le 26 mars 1688. X— s.

CHURCHILL. Voije: Maiilbouocgii.

CHURCHILL (Charles), poète satirique anglais, né au mois de février 1731, à Westminster, étudia dans l'école de celte ville, où il se distingua beaucoup plus par la vivacité de son esprit que par son application et ses progrès ; car, à l'âge de dixneuf ans, ayant été présenté par son père à l'université d'Oxford, on refusa de l'y recevoir comme trop peu avancé dans les langues classiques : ce fut probablement l'origine de la haine contre cette université qu'il a exprimée ensuite dans plusieurs de ses ouvrages. Ce lut pendant qu'il étudiait à l'école de Westminster qu'il contracta un mariage clandestin. En 1751 il se retira à Sunderland, s'appliqua a la théologie, prit les ordres, et obtint ensuite une cure de peu de valeur. Pour augmenter ses ressources pécuniaires, il ouvrit un magasin de cidre ; mais, dépourvu d'ordre et d'économie, il se vil bienlot accablé de dettes et forcé de faire banqueroute. Revenu à Londres, il remplaça son père, qui venait de mourir, dans la cure de la paroisse de St-Jcan, et se mit à donner des leçons de grammaire à de jeunes demoiselles, ce qui ne l'enricbit pas beaucoup ; en sorte qu'il se vit bientôt poursuivi par de nouveaux créanciers, et ne dut qu'à la générosité d'un ami la conservation de sa liberté. Il était déjà lié avec Thornton, Colinan et Lloyd, qui formaient alors une sorte de triumvirat littéraire, et lui-même se lit bientôt connaître par son poème de la Ilnsciade (I ), dont la première édition, publiée sous le voile de l'anonyme, en 1761, eut un succès assez brillant. C'était une satire des acteurs qui occupaient à cette époque la scène anglaise. Excepté Carrick et quelques actrices, tous les comédiens y étaient impitoyablement déchirés ; ils se plaignirent, et n'en furent que plus maltraités dans 1rs éditions subséquentes. Ce poème ayant été l'objet de quelques attaques de la part des journaux, l'auteur écrivit son apologie, où les journalistes, les acteurs, et Garrick lui même, sont également actablés d'épigramnies plus ou moins piquantes. Ses ennemis s'attachèrent alors à rechercher sa conduite et ses mœurs, qui n'étaient rien moins qu'exemplaires pour un ecclésiastique. Accablé de brocards, il essaya de se justifier dans une < pitre adressée à Robert Lloyd, et intitulée la À'uii, où il prétend que, quelles que soient les folies d'un homme, c'en est une autre que de prétendre les cacher. Cette épitre fut suivie du premier chant d'un poème intitulé le Revenant (the Chost) ; mais un ouvrage qui lit beaucoup plus de sensation, c'est la Prophétie de famine, pastorale écossaise, ouvrage de parti s'il en fut, écrit avec chaicur, et rempli de personnalités tt d'invectives con-

(l) Apparoir coopéré a la rédaction de h Bibtioïkcqvt ( the Lil»Mr> >, espèce de revu» dont le docifur Kippisélalt l'éditeur. Churchill ermildeuï pm-uies intitules 1 un, le barde, qu'aucun libraire ne \uutut imprimer, cl l'autre, te Cmc'enc, satire d.ngeo entre te doyen et te ( -tupitre de \Ve>ioiiiiMcr, <|ue m-s atn.s |c *nent » supprimer. Ce ne fut que pvMuieurcuieni qu'il m t.jnitrc

CHU

tre les Ecossais. L'uutair fut élevé par ses partisans au-dessus de Pope, et le succès d'un ouvrage qui no méritait pas tant d'honneur ne lit qu'ajouter le scandale à la malignité qui le lui avait obtenu ; nuis Churchill ne s'effrayait point du scandale. Oubliaut tout à fait la décence et ce qu'il de^ait à son état, il se montrait dans le monde dans un costume d'une élégance reclwrchce. A ce ridicule, il joignait des bizarreries d'un autre genre. Il eut la fantaisie d'habiller le plus jeune de ses (ils d'une étoffe grossière, en usage parmi les eifauls des montagnards écossais, et le menait partout sous ce vêtement, dans le dessein de ridiculiser les Ecossais, qu'il détestait. Il se sépara bientôt de sa femme, et se livra plus que jamais à des habitudes d'intempérance et de déhauche. 11 était tort lié avec Hogarth ; mais ce peintre ayant publié une caricature du fameux Jean \\ i!kes, intime ami de Churchill, celui-ci composa, pour venger son ami, V Épitre à W. Hogarth, où le cantetére moi al de l'artiste était indignement attaqué. Le sensible Hogarth s'en affecta au point qu'on prétend qu'il en mourut de chagrin En 1763, parut le 4* chant du poème du Revenant, ouvrage médiocre, au jugement même de Lloyd, admirateur enthous aste de Churchill, mais dans lequel se trouve un passage célèbre, le portrait de Pomposo, où l'on reconnut aisément le docteur Johnson, qui se contenta de traiter Churchill de sot. Churchill publia ensuite la Conférence, le Duelliste, et le poème intitulé l'Auteur, l'une do ses plus agréables productions, qui fut louée mêni'j par les journalistes que ce poète avait précédemment offensés. Après avoir donné plusieurs autres ouvrages du même genre, il vint, en 1764, visiter en France son ami Wilkes, alors proscrit. Ils se rencontrèrent à Boulogne, où Churchill fut attaqué d'une lièvre miliaire qui l'empot ia au bout de quelques jours, âgé de 34 ans. Rohcrl Lloyd était à table lorsqu'il apprit la nouvelle de cette mort. Il en fut comme frappé, lomba malade, et se mit au lit en disant : «Je suivrai mon pauvre Charles. » Il mourut, en effet, peu de temps après. Churchill est regardé par les Anglais comme un homme de génie ; mais, poêle inégal, souvent obligé d'écrire pour vivre, il se laissait aller a sa facilité naturelle, soignait peu ses ouvrages, et ne songeait guère à la postérilé. Sis derniers poèmes surtout sentent trop la précipitation du travail, et tous sont souillés de l'esprit de parti. Des allusions fréquentes aux discussions politiques qui occupaient alors 1rs esprits les rendent aujourd'hui insipides ou obscurs, et plusieurs endroits auraient besoin de commentaires Les œuvres de Churchill ont été publiées, Londres, 4774, 3 vol. in-8°. On a donné depuis une bonne édition de ses crimes poétiques (Poetical Work*), avec un commentaire, des noies et une vie de l'auteur, Londres, 1804, 2 vol. in-8*. Outre ceux de ses poèmes que nous avons cités, on a de lui : Golham. poème politique ; le Candidat, satire; l'Adieu, le Tempt, l'Indépendance, etc. On a imprimé sous son nom des serinons très-médiocres. S— 1>.

CI1LRCLICI1Z, voyageur, a publié en latin U relation de son voyage dans la Slyrie, la Carinlliie,

CHU

et Carniole, sons ce titre : Chu relie hs Xarralio hiver is inSlyriam, Cariulhiamel Carniolam, Léopold, IWiO, in-8°. D — z— S.

CIUIRRIGUERA (r.oN Joskimi), sculpteur et architecte espagnol .naquit a Salamanque, vers le milieu du 18* siècle. En 1690, le roi Charles III le nomma ingénieur adjoint pour les travaux du palais, mais sans appointements; il n'en obtint qu'en 1696, à la mort de D. Joseph Caudi. Il fut chargé depuis de grands travaux, parmi lesquels nous citerons la maison de don Juan deGoycnccbe,i Madrid, occupée en ce moment par l'académie royale de San Fernando; la statue de St. Augustin, placée dans le couvent de St- Philippe à Madrid, et plusieurs autres dans la Vieille* Caslîllc, qui ne sont pas aussi médiocres que quelques écrivains l'ont prétendu. Cet artiste, mort en 1T2λ, est suri oui connu par le nom qu'il a donrïéw certains ornements d'architecture employés de son temps, et qu'on a appelés churriguerescos , parce qu'on l'en supposait l'inventeur. Ccan -Bermudes! prétend néanmoins, dans son Dirrtonarto hislorieo, etc. , que don Pédro de Nibera les avait appliques avant lui dans des ouvrages publics tt plus importants que les siens. Le môme écrivain affirme en outre que ces ornements bâtards et de mauvais goût ont une origine infiniment plus ancienne. D<n GeronimoetdonNicolasChurrigucra, fils du précédent, chargés de la construction de la coupole de l'église de Si-Thomas, à Madrid, fuient témoins de la ruine de cet édifice : ce sont eux qui ont contribué le plus à corrompre le goût des arts dans la Vieillc-Castille. D-z-s.

CHURTON (Ralph), écrivain anglais, naquit le 8 décembre 1754, prés de Bicklcy (Chcster). Orphelin de père et de mère à l'âge de dix-huit ans, il dut sou éducation ultérieure aux soins généreux du docteur Townson, qui le fit entrer à Brazen-Nose, en 1772, et lui offrit plus tard la carrière des bénéfices ecclésiastiques. Churton fut successivement lecteur de Bampton en 1785, prédicateur à \\ hitchall en 1788, archidiacre de St-David en 1865. C'est dans cette position qu'il mourut, le 23 mars 1831. Ses fonctions lui laissaient beaucoup de loisirs, qu'il consacra à la littérature; il composa entre autres ouvrages : 1" Leçon de liampton, 1785. in-8°. Ce sont huit sermons prononces «levant l'université d'Oxford et relatifs à la destruction de Jérusalem. 2" Notict fur la vie du docteur 7. Townson, archidiacre de Richem nd, etc. (A Mémoire of, etc.), à la tète du Discours sur i histoire cvangêlique de la sépulture àl'asctnsion du Christ, parLovcday, Oxford, 1783. Cet hommage de reconnaissance et d'amitié n'est pas, comme tant d'autres, un froid et stérile panégyrique ; c'est un véritable modèle de biographie, recommandante par l'exactitude, l'impartialité, une juste appréciation du caractère et des talents de Townson, enfin par un style d'une élégance et d'une simplicité classiques. Ce morceau a élé reproduit trois fois en tout ou en partie : 1° en tète des œuvres de Townson, par Churton lui-même; 2° en tète de l'édition des discours pratiqurs du même, par l'évéquc de Limérick ; 3e en tète de celle qu'en ont

donnée Cochranc et Duncan. 3" Courte Apologie de l'église anglicane, etc. (adressée aux habitants de Midlelon Cheney, comté de Norlhampton), Oxford, 1793. Cet écrit polémique donna naissance a une lettre de François Eyrc de Warwick. Churton se crut obligé de ne point laisser passer triomphalement les observations de ce laïque, et publia sa Réponse à la lettre de , etc., Oxford, 1796, et deux

ans plus tard, lorsque son antagoniste eut nus au jour sa Réplique à la réponse, etc., il crut fermer la discussion par son Post scriptum à la Réponse faite à Fr. Eyrc, Oxford, 1798, qui fut suivi pourtant d'un autre Postscrij'tumàla Réponse, etc., Oxford, 1801. 4° Lettre à iévéquc deWorcester, à l'occasion de ses critiques sur l'archevêque Seckeret l'évéquc Lotclh dans sa Vie de Warburlon, Oxford, 1796. 5" Vie de Guill. Smith, évéque de Lincoln, d du chevalier Richard Sutton, fondateur du collège de Brazen-Nose à Oxford, Oxford, 1806, in-S". Churton donna lui-même un supplément à cet ouvrage en 1803. 6° Vie d'Alex. Hou-etl, doyen de Si-Paul, etc., Oxford, 1809, in-8". Cette biographie présente , quoique à un degré moins élevé, tontes les qualités de la notice sur Townson. 7» Divers Sermons publiés séparément. Le Gentleman' 's Magazine de 1851 a consacré uu article à la mémoire de Churton. qui était aussi un de ses eollal>orateurs. Ses sermons sont au nombre de huit, ainsi que ceux que nous avons indiqués sous le n° 1". Enfin on doit encore à Churlon la notice biographique sur Chandler, qui se trouve en tète de lu nouvelle édition îles Voyages en Asie Mineure et en Grèce de ce savant (Oxford, 1825, 2 vol. in-8») ; l'archidiacre de St-David avait été l'ami du célébra voyageur. Nous avons mentionné plus haut l'édition des ouvres complètes de Townson ; cette publication, qui est de 1810, 2 vol. in-8°, se recommande, non-seulement par uuc vie de l'archidiacre de Richemond, mais encore par une introduction aux sermons sur l'Évangile, et par un sermon sur les citations tirées de l'Ancien Testament. De plus, Churton avait donné beaucoup d'articles à NichoU pour ses Anecdotes littéraires, et à Chalmers pour son Histoire de l'université d'Oxford. Val. P.

CHY DE M US (Samuel), physicien et mécanicien, né en Finlande, l'année 1727, fit ses études à T psal sous Linné, Vallérius et hlingcnsticrn. II publia, pendant son séjour dans celte ville, deux dissertations intéressantes, l'une sur la diminution des eaux dans le golfe de Bothnie, l'autre sur l'utilité des canaux de navigation en Suède. Ayant été placé à l'université d'Alto comme adjoint de la faculté de philosophie, il établit à ses frais un laboratoire de chimie, et répandit le goût de cette science parmi les jeunes gens. Son zèle pour la prospérité de la Finlande lui lit entreprendre les voyages les plus pénibles, qui avaient principalement pour but le nivellement des terrains, les sondes des lacs et des rivières, et la construction des canaux. En descendant un torrent rapide, il se pencha pour considérer les dimensions des eaux, et, la barque ayant éprouvé en même temps une secousse, il tomba

dans le torrent, qui l'entraîna, et son corps ne fut retrouvé que huit jour» après. Cet accident, arrivé te i I juillet 1757, enleva, dans la force de l'âge, un homme qui eût pu rendre encore les services les [dus importants à sa patrie. C— au.

CHYH SCHAH.Cct usurpateur, d'origine afghane, je nommait Féhyd lorsqu'il habitait le pays appelé Roh (montagne), situé sur les contins de la Perse et de l'Inde. La tribu dont il était originaire se nommait Soui, et passait pour la plus noble de toutes les tribus afghanes. Féryd, qui nYtail pas trés-aimé de sou père, quitta de bonne heure son pays natal, cl passa dans l'Inde, où il mena une vie aventureuse, se faisant remarquer, chez les princes au scrlice desquels il entrait, par sa valeur, par son intelligence, et surtout par son ambition. Étant à la citasse avec le souverain du Oéhar , il attaqua seul un énorme tigre, et lui abattit la léle d'un coup de sabre. Le prince, saisi d'admiration pour un si grand acte de courage, lui donna aussitôt le surnom de ChyrKan (seigneur brave comme un lion). Ce souverain mourut peu de temps après, et, sans égard pour les droits de l'hospitalité, ni pour la mémoire de son protecteur, Chyr Kan s'empara de la province, et en chassa l'héritier, trop jeune pour soutenir ses droits. Ces succès lui procurèrent les moyens d'en obtenir d'autres, et il crut pouvoir essayer l'exécution du grand projet qu'il méditait depuis longtemps. Du Uéhar, il passa dans le Bengale, et yen empara après avoir défait et tué le gouverneur de cette province. Le Grand Mogol Humayoun, (ils et successeur de Babour, conquérant de l'Inde et fondateur de la dynastie inogole, crut devoir s'op- |»oscr aux progrés rapides et inquiétants de Chyr- Kan ; il conduisit donc 100 000 cavaliers contre celui-ci, qui en avait à peine 50,000. Malgré la grande infériorité du nombre, il n'hésita point à attaquer l'armée impériale : l'action eut lieu auprès du Gange le 10 de moharrem 947 de l'hégire [19 mai 1540). le monarque indien fut eompléteracnt battu et obligé de fuir à Agrab, suivi d'un petit nombre des siens. La plus grande partie de ses trouas fut passée au lil de l'épée, ou se noya dans le Gange. Harcelé par le vainqueur, trahi par ses parents et ses grands •jfficiers, llumayoun fut contraint de se réfugier à ja cour de Perse. Cliyr-Kan prit le titre de s bah, fit frapper monnaie à son coin, et réciter dans les mosquées le khothbah (ou prône) en son nom ; enfin il s'arrogea tous les litres et les droits de la royauté, dont il avait, en effet, le pouvoir. Sou règne, qui ne dura que 5 ans, ftil toujours agité. Il mourut d'une explosion de poudre, en faisant le siège d'une citadelle, le 12 de rabyi premier 952 (24 août 1545). Chyr Schah laissa de gramls monuments de sa magnificence, tels que des caravansérais et des puits pour les voyageurs ; de superbes mosquées bien dotées ; des routes plantées en arbres fruitiers ; enfin il établit des postes aux chevaux, jusqu'alors inconnues dans l'Inde. Son tombeau, situé à Sasscram, [très de Djyoïqtoui', est encore entier, et offre un des plus beaux monuments de l'Inde. L — s. CHYBKOL'H ( Asad-Eddth ), nommé, dans nos

historiens des croisades, Syracon, était frère d'Aloub ctoncledeSaladin.(Foy. Aîocb et Saladin.) Forcé de fuir de Tckryt, où il avait tué un homme, il se rendit auprès du célèbre Sanguin, qui le reçut avec distinction et lui assigna de trés-Uaux liefs. Chyrkouh resta toujours à la cour de Sanguin et à celle de Noradin, son (ils (voy. SangdiX et Noradiji), qui lui donna Emessc et Rababah, et peu après fcleva au rang de général de ses armées, faveur que Cliyrkouh devait à son courage. Ce prince, voulant s'emparer de l'Égypic, où il était appelé par Chawer, confia le commandement de l'armée destinée pour cette province à Cbyrkouh. ( Foy. Ciiawbr. ) Saladiu débuta dans la carrière militaire sous cet habile général, à qui il succéda dans la dignité de vizir du calife Adhed. J— ».

CHYUYN, femme célèbre parmi les portes persans, moins encore par sa beauté que par la passion qu'elle inspira au roi Khosrou-Pcrwyz, et par la préférence qu'elle accorda au sculpteur Fcrhad. Si l'on en croit Ferdoucy, le roi de Perse trouva dans ce simple artiste un rival heureux. La jalousie du monarque et les malheurs des deux amants ont exercé l'imagination et le talenl de Ferdoucy, de Ni/amy, de Djamy, cl de plusieurs autres poètes persans L'historien Myrkhond donne une version un peu moins favorable a la poésie, mais beaucoup plus vraisemblable. H nous apprend que Chyryn était esclave d'un seigneur persan, chez qui Pervvyz, avant de monter sur le tTônc de Perse, allait fréquemment. Il devint éperdument amoureux de la jeune esclave, cl lui donna même son anneau. Ce gage d'amour fut pour elle un arrêt de mort. Son maître ordonna qu'on la précipitât dans l'Luphrate. Les larmes et la beauté de la malheureuse Chyryn attendrirent l'homme chargé d'exécuter cet ordre barbare ; il se contenta, pour ne pas manquer entièrement à son devoir, de la pousser légèrement sur le bord du fleuve; Chyryn se sauva facilement, et alla se réfugier auprès d'un pieux solitaire, dans la cellule de qui elle resta plusieurs années, même après l'avènement de Khosrou au trône. Voyant un jour des soldats qui passaient auprès du monastère qu'elle habitait, Chyryn chargea l'un d'eux d'annoncer au roi qu'elle était vivante, et de lui remettre l'anneau qu'elle avait précieusement conservé. Pervvyz récompensa magniliquement le porteur de cette heureuse nouvelle, et envoya une nombreuse escorte pour amener sa belle Chyryn. Il la reçut avec des transports de joie diflicilcs à exprimer, et ils vécurent dans la [dus tendre union jusqu'au moment où Kbosrou-Perwy devint la victime du plus alrocc des complots. Cbyrouvéh, son fils, devint éperdument amoureux de Chyryn, et croyait le remplacer dans le cirur décolle veuve inconsolable, comme il lui avail succédé sur le tronc. Fatiguée des sollicitations les plus viles el les plus odieuses, elle demanda et obtint la permission de visiter encore une fois le monument où reposaient les restes de Pervvyz. Au moment où l'on ouvrait la porte de ce lieu funèbre, elle prit un poison subtil qui la fit mourir presqu'à fin* stant même. Chyryn vivait au commencement du

CllY

fi* siècle de l'ère chrétienne. Quelques écrivains croient reconnaître en elle l'Irène, tille de l'cmnerenr crée Maurice, ^xs Persans, accoutumés, comme tous les autres Orientaux, a substituer aux noms étrangers des noms analogues à leur propre langue, auront métamorphosé Irène en Chyryn, mot persan qui signilie doux, gracieux, et d'où les anciens Grecs auront Lieu pu tirer eux-mêmes le nom de leurs $yrène$. l.—s.

CHYT11ÉB, ou CHYTR^XS (David), dont le véritable nom, suivant Crénius, était KoCHDAFF, fils «i'un ministre luthérien, naquit en 1330, selon les uns, à IngelHng en Souabe, selon les autres, à Bral.< nhein, village du duché de Wurtemberg. Quelques auteurs prétendent qu'il fut, dès sa première jeunesse, domestique de Mélanchtlion, qui l'aimait comme un (ils. Il est du moins certain qu'il fut son disciple, et qu'il étudia sous lui la théologie à Wiltenberg ; il avait déjà appris le grec Ci le lati.i sous Joachim Camerarm , à Tubingen. II voyagea en Italie. De retour en Allemagne, et n'ayant encore que vingt ans, il fut nommé professeur d'Écriture sainte dans l'académie de Dostoch. Il était versé dans l'étude de la théologie, de l'histoire et de la chronologie. Juste-). ipse et plusieurs autres savants le regardent comme un des plus grands hommes de l'Allemagne. Les rois de Danemark et de Suède, l'électeur de Brandebourg, les états de Slralsund, d'Augsbourg et de Strasbourg lui offrirent des appointements plus considérables que ceux qu'il avait à Rostoch; mais il ne put se résoudre à quitter son académie, et refusa même l'augmentation de traitement que le duc de Mcrklcmbourg, son souverain, voulut lui donner. Sa grande réputation de science et de vertu le fit employer dans plusieurs affaires importantes. L'empereur Maximilicn II, Éric XIV, roi de Suède, Christian III et Frédéric 11, rois de Danemark, l'appelèrent dans leurs États pour y établir des écoles et des églises, et le comblèrent de présents. Il contribua Iwaucoup à l'établissement de l'université d'IIelmstadt, et mourut le 25 juin 1600, Agé de plus de 70 ans. Il publia un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : 1" de Leetione historiarum recte instiluenda, Strasbourg, 1565, in-8-; Hclmstadt, 4585, in-4«; et dans le t. 2 du Penusarlis hitlorica. Bile, 1579, 2 vol. in-8°. On y trouve l'ancien calendrier romain, des réflexions sur l'utilité de l'histoire, la liste de plusieurs historiens, avec des remarques, la chronologie d'Hérodote et de Thucydide ; et dans l'édition d'IIehnstad, qui est la meilleure, la continuation tic cette chronologie jsqu'à l'an 1385. Il y a aussi une édition tic Strasbourg, 1003, in-8". 2" Uisloria Augustanœ confessions, Francfort, 1578, in-4*. traduite en français par Luc le Cop; Anvers, 1882, 1500, in-4". Cette histoire de la confession d'Augsbourg est remarquable en ce que David Chylréc ne rapporte pas moins les fautes des princes et des théologiens luthériens que celles de Charles-Quint et des autres princes catholiques. Il croit qu'avec plus de précaution et de désintéressement ces derniers auraient pu empêcher la liberté de conscience des lu-

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