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Ihériens, et étouffer leur secle lorsqu'elle avait l'espoir de triompher. ( loi/, ce que dit Baylc de cet ouvrage, dans son Dictionnaire, note C de l'article BnAiN. ) 3* Chronicon Saxonia et vicinan-m a/tquol gentium, ab anno 1500 ad amuim 1503, Leipsick, 1593, in-fol.; continuée |>ar un anonyme jusqu'en 16 M, Leipsiek, 1028, in-fol. La l'« édition parut à Wittenberg en 1586, in-fol.. sous le titre suivant : de Chronicis Vandalia et Saxonia Albcrli h'rantiii Continuatio. Chylréc y garda l'anonyme, mais k» succès qu'il obtint l'engagea à se nommer dans l'édition de 1393. 4* Tabula philosophica, sire Scres philosophorum, dans le t. 10 du Thésaurus dateur. Antiquit. de Gronovius. 5* Tabula de vita Ciceronis. Berlin, 1581, in-8°. 6° Oratio de statu ecclesiarunt in Gracia, Asia, Africa, Bohemùt, etc.. Wittenberg, 1575, et Francfort, 1583. in-8J ; traduit en allemand par Henri Arnold, 1581, in-4*. Ou trouve dons ce livre : Epistolœ Constantinopolitana triginta, cum aliis aliquot, grâce latine ; — Cvnfessio fidei a Gennadio palriarcha, Turcorutn imperatort exhibita ; — de Russorum ac Tarlarorum Moribus et rtlerum Borussorxtm Sacrifiais. Le jésuite Possevin publia, en 1583, à Ingolsladt, une critique de cet ouvrage, intitulée: Rclcclio imposlurarum cujusdam Duvidis Chytrai, etc. Chylréc ne donna sa réponse qu'en 1586, in-8*. 7° Oratio deseribent regionem Greicbgaœ ad Ncecarum fluvium sila, Francfort, 1583, in-8". 8" Histoire de Prusse, par G. Schutz, jusqu'en 1525, et continuée par D. Chytréc et George Knoffs, depuis 1525 jusqu'en 1577, Leipsiek et Kislcben, 1399, in-fol. Celte histoire, écrite en allemand, est curieuse cl estimée. 9° L ue chronologie des vies d'Alphonse, de Louis XII, de Charles-Quint, etc., avec leurs apophthegmes et des notes, dans l'ouvrage d'Antoine de Pulermc, intitulé : de Dictis et Factis Alphonsi régis Arngonum libri 4, Wittenberg, 1585, in-4°. 10- Oralionts. Ha* nau, 4611, in-8». 11° Epistola, ibid., 1614, in-Sa. Ces deux derniers ouvrages furent publiés par le liU de l'auteur. 42* Catahgus coneiliorum, imprimé a Strasbourg.cn 1601, in-4», à la suite du Libettus synodicus de Jean lippus. Les autres ouvrages irè»nombreux de David Chylréc sont une rhétorique laline, un livre sur la dialectique, un autre, de Ratione discendi; un catéchisme, des commentaires sur presque tous les livres saints, une règle de \ie, clc. La plupart de ses écrits théologiques, réunis en 2 vol. in-ful. (Hanau, 1604), ont été mis à l'index. Sa vie a été écrite par Llric Cin trée, son Ris, Rostoch, 1601, in-4% et par Olton Frédéric Schùlzer, Hambourg, 1720, 1728, 4 parties in-8°. ( Voy. Melehior Adam, Paul Frcher et Freytag; la Bibliolh. hist. de Hambourg, centurie 7; Etxvat von Gcleltrln Rostockschen Sachen, ann. 1738, etc. ) Y— VE.
CHYTBÉE ( Natiian.vel), frère du précédent, né en 4543, fut ministre luthérien, professeur de poésie ù l'académie de Rostoch, recteur tic l'académie de Brème, poète latin estimé, cl mourut t n 1598, Agé de 55 ans. Parmi ses ouvrages, nous citerons : 4° Variorum in Eumpa itincrum Iklicia, Ilerborn, 1594, in-8". C'est une description, par Us épitaphes,
les inscriptions cl les monuments, «les principales villes d'Allemagne, de la Suisse, du Danemark, de la Belgique, de la Fiance, etc. Cet ouvrage fui rèimpi imc en 1599 et 1C00, in-S°. 2° lier Ilalicum, Gallicum, Germanicum : ce sont de petits poèmes en vers hexamètres, <pie les frères Rcusner ont in- St rés dans leur Hodoeporica, sive Itineraiia a divertis clarissimis doctissimisque v ris carminé conscripla. Franfort, 1575, in-12; el Baie, 1380. in-8". On y trouve du même Nntbanad Cliytréc : I xcerpta de iis quœ peregrinanlibus in itinere obsnxanda «un/. Dans Vllrr Galticum l'auteur décrit non-seuleineut Paris, mais ciirorc les villes qu'il a vues sur lu roule. 3» lier Danliscanum, carminé, fut imprimé à Uàlc en 1592, in-8». 4" Poemalum omnium libri 17, liosloch, 1579, in-8a. 5° Jo. Casœ Galatcus, seu de Morum honeHate et eUgantia liber, Oxford, 1580, et Hanovre, 1G03, in-8°. C'est une traduction de l'italien en latin, dédiée par Cliytréc à Nie. Casa, chancelier du roi de Danemark ; il y joignit une version latine du Tratlato drgli vffizj commuai du même auteur. ( Yoy. Jean delta Casv.) 6° De Affectibus viovendis, Uerboin, 1580, in-12. 7° Viaticum ilineris extren.i, docltinœ et cunsolalionii plcnissimum, Ileiborn, 1C0I, in-8*. On y trouve un poème protrepticon, contenant un abrégé de la doctrine chrétienne et la confession de foi de l'auteur. 8° Fastorum Ecclesiat christianœ libri 12, Hanau, 1584, in 8°. L'auteur y décrit, en vers, les événements les pins mémorables de l'histoire ancienne et moderne. 9" Cassii Parmensis, pocla inler epiros veteres eximii, Orpheus, cum commentariolo S.Chylrœi, Francfort, 1585, in-8°. Suivant George Fabricius, rc poeme, (pii n'a que dix-neuf vers, fut découvert par Pierre Vcttori ; mais Acliillc Stace, Portugais, passe |>our l'avoir publié le premier. (Foi/. Cvsstts Sevmils) L'édition de Cliytréc est rare et rechercliée. Ce savant donne, sur la vie de Cassius, des renseignements tirés d'Horace, de Valèrc Maxime, de leurs commentateurs, el de plusieurs autres écrivains, mais sans éclaircir un point d'histoire littéraire demeure très obscur. V — ve.
CI1YTRÉE ou CUYTR;EUS (Heiuuh), né à Vjt, en Seanie, vers le milieu du 16' siècle, était recteur a Hamlstacdt. Il exécuta, en 1598, un voyage pédestre en Scanie, sous le rapport ehorograpliique et lopogi-aphique, et il a publié dans les Monument* Scan, de Lagcrbring, t. 1, pl. 3, p. 276-520: Monumenta prœcipua qum in Scania, Haï and i a et Dlekingia itneniunlur. D— z-S.
CIA. Voyez OtWELvFFi.
CIAC0M%, ou CIACCONIUS. Voyez Ciivcon.
CIAKEIAK (le Père), religieux arménien du monastère de l'Ile de Si -Lazare près de Venise, était né d'illustres parents dans la ville de Gliiumuskana en 1771. Il vint dès sa première jeunesse dans cette lie iiour y faire ses études. Parmi ses professeurs, il eut le célèbre P. Avedichian; et, après ses cours de philosophie et de théologie, il s'appliqua particulièrement à l'élude dos langues. Il savait l'arménien, le grec, le latin, l'italien, le français cl l'allemand, et il eut part h l'édition en quatorze lan-
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gues des Pi èces S. Nierses, Armeniorum patriarcka*, 1815, in-24, de l'imprimerie du monastère. Il composa plusieurs ouvrages en prose et en versi|ui sont conservés manuscrits dans ce monastère, où il mourut en janvier 1855. Parmi ses ouvrages publiés, nous citerons : |* la Mort d'Abel, en.5 chants, traduction ilu poème de Gcsncr en arménien, Venise, 1825, iu-8"; 2° les Aventures de Tclcmaque, traduites en arménien, 182fi, in-8'. 3* Dictionnaire italien et armnw-turc, de l'imprimerie du monastère à l'Ile de St-La/are, 1804. 4° Dictionnaire armc'nienilalien : la 1" partie fut publiée a l'imprimerie du monastère en 1851, et la seconde était sous presse, lors de la morl de Ciakciak. C'esl un ouvrage précieux, (nricbi de témoignages et de phrases tirées des arméniens les plus classiques. Il a traduit VBnéide de Virgile, en arménien, dont on attend la publication. L'ile de St-I^izarc est depuis longtemps habitée par de s moines arméniens catholiques : nous avons visité, en octobre 18l(i, leur monastère, ou vingt-neuf religieux et un éveque s'occupent de l'éducation d'infants de leur nation qui viennent de Constanlinople et retournent en Orient. Ils ont une vaste bibliothèque, un cabinet de physique et une imprimerie où l'on public les ouvrages des mcilleuis auteurs : Rnssuct, Ruffon, etc. On y propage les sciences en Orient, cl notamment parmi les nationaux. G — G — v.
CIAM RERLANO (Local), peintre et graveur, né à Urbin, en 15«G, avait déjà pris le grade de docteur en droit lorsqu'il quitta l'élude de la jurisprudence pour se livrer à la peinture et ensuite à la gravure. Il a beaucoup travaillé à Rome, tant d'àptès ses dessins que d'après les plus grands maitres de l'école d'Italie, surtout Raphaël. Ciambi rlano maniait le burin avec beaucoup d'intelligence, et dessinait très-bien le nu ; il existe de lui une suite de seize bustes, représentant, en grandeur naturelle, les faces de Jésus-Christ, de la Vierge, des evangélistcs el des apôtres, gravés au burin à grands traits, qui sont d'une savante exécution et d'un bel effet; ils sont de la plus grande rareté, et ne sont mentionnés dans aucun catalogue. Lucas Ciamberlano fut aidé dans ce beau travail par Dominique Falcini et César Rassani. Il n'avait que vingt-deux ans lorsqu'il grava ces bustes précieux, qui paraissent avoir été inconnus à de Bcineekcn lui-même, puisqu'il n'en parle en aucun endroit de ses ouvrages. Ciamberlano est mort à Rome, en 1041. A— s.
CIAM PKI. Il ( Augustin ), peintre, naquit à Florence en 1578, fut élèv e de Sanctli. Attiré à Rome par les travaux que le pape Clément VIII faisait faire au Vatican, il lit preuve d'une grande manière de peindre dans les différents ouvrages dont il fut chargé. Cinmpclli avait un pinceau large el facile ; son style est noble, son dessin correct, et son coloris plein d'harmonie. On compte à Rome plus de quarante ouvrages de sa main dans des édiliecs publics, tant à l'huile qu'à fresque, et tous ces ouvrages sont exécutés avec beaucoup de soin ; les plus beaux se voient au Vatican et à St Jean-de-Latran. Aug. Ciampelli avait formé un livre de dessins, faits avec
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beaucoup de soin, de tous ses ouvrages. Il mourut à | Rome en 1640. A~s.
CIAMPIM ( Jean-Justis] naquit à l'orne d'une fantiti honnête, le 13 août 1683. H perdit ses parents à l'âge «le douze ans. S étant d'abord livré à l'élude du droit, il fut reçu doeleur à Macerata ; mais il abandonna eelle carrière pour les belles-lettres 11 obtint ensuite un emploi dans la chancellerie apostolique, et renonça à un mariage avantageux que lui proposait son frère ainé, pour se consacrer entièrement à l'élude. Clément IX le créa, en 1669, maître des buis des grâces, et préfet de ceux de justice. Ses travaux ne l'empêchèrent point de satisfaire son goût pour L'histoire, les sciences et les belles-lettres, auxquelles il se livra avec un égal succès. Kn 1G7I, il fonda à Rome une académie pour l'histoire ecclésiasiif|uc. Nommé, en 1072, rundesabiéviaieursdu gi i.nd Parc, il en fut, peu de temps après, le secrétaire. Il établit, en 16711, une autre académie pour les sciences naturelles, physiques et mathématiques, sous la protection de la reine de Suède. Plusieurs cardinaux, et d'autres personnages distingués qui vivaient à cette époque, étaient membres de cette société, à laquelle on doit un grand nombre de dissertations importantes, l ue riche bibliothèque, des collections de statues, des médailles et des monuments anciens avaient transformé sa maison en un musée où se rassemblaient tous les soirs la plupart des savants de Home, qui venaient y discuter les points les plus intéressants de l'histoire et «le l'antiquité. Cette réunion formait une troisième académie. Ciampini était doué de beaucoup d'esprit ; il avait un caractère vif et impétueux, quelquefois colère; il soutenait son sentiment avec opiniâtreté, se livrant avec d'autant plus d'ardeur à une entreprise, que le succès en paraissait plus difficile. Son style se ressent un peu de la précipitation avec laquelle il écrivait. On a de lui, en italien et en latin, plusieurs ouvrages dont on fait un grand cas en Italie : 1" Discorso tenulo nell' accudemia fîsico-matcmatica Romana, in occusione délia cometa appât sa in tneso agotto H <•••:.• ed osserrazioni sopra di essa, Rome, 1682, in-i". 2° Sur les nouveaux Télescopes, Home, 1686, in 4", en italien. 3" Conjectura de perprtuo atymorum usa in Ecctesia latina, l\ome, 1688, in-4". 4° Examen libri pontipcalis, tive vitarum romanorum ponlifiruro qnœ sub nomine Anastasii bibliulhecarii circumfn-untur, etc., Rome, 1688, in 4°. 5" l'aragon ad Examen libri pontificalis, sire episiola PU II ad Çarolum Yllregem Framiaeabliœreticisdepravata,elc., Rome, 1688, in -4". 4" Disscrlatiohislorca an roma nus pontifex baculo pastorali utatur, Rome, 161)0, in 4°. T De incombustibili Lino,sive Lapide aminn- Ihis, 1691, in-4% petit ouvrage curieux. 8° Sacro kislorica Diiquxsitio de duobus emblematibus, in qua disceplatur an duo Philippi imperalores fuerint cluisliani, Borne, 1691, in-4«. 9o De Saeris Mlificis a Conslantino magno conslruclis, Rome, 1693, infol , ouvrage rempli de recherches, orné de 3o planches. 10° Invesligatio historica de cruce slationo/i, Rome, 1694, in 4MP Explicatio duorum sarcophagorum sacrum baptitmatis rilutn indicanlium,
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Rome, 1697, in 4*. 12* Vêlera Monumtnta in quibus pra-cipue musiva opéra, sacrarum profanarum' que asilium structura, ac nonnulli anliqni rilus, dissertalionibus, iconibusque illustrantur. Cet ouvrage, accompagné de 134 planches, est le plus im- |K>rinnt qu'ait publié Ciampini ; il était composé de 4 parties : la 1r* parut en 1690, cl la 2<\ eu 1699, in fol.; les deux dernières n'ont jamais vu le jour. On a encore de cet auteur plusieurs dissertations dont on trouve le catalogue à la tête de l'édition de Gianini, qui a recueilli les principaux ouvrages de Ciampini, et lésa fait réimprimer à Rome, 17 17, 3 vol. in loi. Parmi le grand nombre de ses morceaux inédits on en conserve quelques-uns à la bibliothèque du Vatican. Il a aussi travaillé au Giornate de' Letterati qui parut à Rome, chez Tanassi, 1C68 à 1681, et il en Tut le principal rédacteur depuis 1676. Ciampini mourut le 12 juillet 1698, âgé de 6a ans, après avoir cultivé et encouragé lesscien-' ces et les Ici Ires pendant toute sa vie. ( Voxj. les Mémoires du P. Niceron, t. 4.) T— ».
C1AMPOLI (Jean-Baftiste), poète italien, né à Florence en 1589, lit ses humanités chez les jésuites, et sa philosophie chez les dominicains. Il était pauvre; les succès brillants qu'il eut dans ses études intéressèrent J.-R. Strozzi, noble florentin, ami et protecteur des lettres, qui le reçut dans sa maison, lui promit de le traiter comme son fils , et lui tint parole. Le jeune Ciampoli frappait de surprise et d'admiration tous ceux qui l'entendaient argumenter sur une question pro|K»ée, ou improviser en vers sur les sujets les plus difficiles et les plus imprévus. Le grand Galilée, l'ayant entendu, l'applaudit, mais l'avertit que sa manière de philosopher n'était pas bonne, et lui conseilla de quitter le péripatétisme des écoles pour les nouvelles méibodes dont Galilée lui-même était l'auteur. Ciampoli, docile à ce conseil, obtint du généreux Strozzi les moyens d'aller faire sous ce grand homme un cours d'éludés mathématiques et philosophiques à l'université de Padoue. 11 y lit des connaissances qui servirent plus à sa fortune que les mathématiques; il s'y lia d'amitié avec les deux frères Aldobrandini, qui le conduisirent avec eux à Bologne, et le présentèrent au cardinal Maffeo Barberini, alors gouverneur de cette ville au nom du pape Paul V. Ce cardinal était poète, aimait passionnément la \ pi é-ie, et fut enchanté du talent de Ciampoli. Celuici, pour mettre à profit les bonnes dispositions de ses protecteurs, obtint, peu de lemps après, de Strozzi, la permission de se rendre à Rome, et les fonds nécessaires pour s'y soutenir. Le jeune prélat Virginio Ccsarini, qui était alors dans une haute faveur, l'accueillit, le prit en amitié, le logea même chez lui, et Ciampoli a consacre dans ses poésies les regrets qu'il avait donnés à sa mort prématurée (voy. CesantM), et l'attachement qu'il conservait à sa mémoire. Grégoire XV, successeur de Paul V, nomma Ciampoli secrétaire des brefs : c'était pour lui une grande fortune, et s'il l'avait voulu, le chemin d'une plus grande; mais il se fit une loi de ne jamais profiter de sa place et de sa faveur pour demander aucun
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bénéfice. Il lui en fut jwurunt donne plusieurs, et même un canonical «le la basilique de Sl-Picrrc. Le |K)iitilîrat d'Urbain VIII lui Tut encore plus favorable. C elait ce même cardinal liarbcrini dont il avait obtenu les bonnes grâces dans son voyage de Pologne. Urbain le confirma dans son emploi, et y ajouta une des places de la chambre pontificale. Ciampoli mit à profit les goûts poétiques de ce pain;, composa plusieurs pièces de vers pour lui et |>our sa famille, et surtout loua beaucoup, dans ses entretiens particuliers, ceux qu'Urbain composait lui-môme; mais luira de là c'était des siens qu'il faisait le plus hautement et le plus emphatiquement l'éloge. Il se préférait franchement a Pétrarque, à l'Ariosie, au Tasse, a Virgile, à tous les autres poètes les plus célèbres. Les applaudissements qu'il recevait dans les académies où il récilait ses vers, et ceux qui lui furent sans doute prodigués depuis que sa position à la cour l'eut exposé à avoir lui-même des courtisans, avaient exalté son orgueil poétique a un point qui le rendit bientôt insupportable à la cour et à la ville. Il le devint surtout au pape, qui lui retira la rédaction des brefs, et bientôt après le nomma successivement gouverneur de trois petites villes Moniahe, Ix'orcia cl lési, |K>ur l'éloigner de Home, où il n'eut jamais la permission de retourner. Celle disgrâce constante avait une autre cause que le mécontentement poétique du pontife : Ciampoli était resté attaché par l'admiration et la reconnaissance à Galilée. Quand la cour de Home eut commence ses persécutions contre cet homme illustre, rattachement pour lui devint un crime, et c'est ce crime qui parut impardonnable à Urbain VIII, plutôt que l'orgueil impertinent de Ciampoli. L'exil abaissa les fumées de cet orgueil ; moins occupé du bruit des applaudissements qu'il ne pouvait plus entendre, notre poêle ne chercha des lors dans te travail et dans l'étude que ce que l'on est toujours sûr d'y trouver, des consolations. 11 mourut à lési le 8 septembre 1G43. Il légua ses manuscrits au roi de Pologne, Ladislas IV, qui lui avait témoigné un intérêt constant dans sa disgrâce. Il avait écrit en latin, sous le titre de Zoroaster, un dialogue, où se trouve l'idée d'un plus grand ouvrage qu'il avait commencé sur la Politique chrétienne; et une défense d'Innocent II, relative aux droits qu'il prétendait avoir été accordés par ce pape à Roger Guiscard, et auv autres princes normands, sur la monarchie des deux Siciles. Ces deux ouvrages furent imprimés ù Rome en 1007, sous le litre de Prose di G. Ciampoli, in-8°. H avait aussi entrepris, mais non achevé, une histoire du régne de Ladislas. Ses poésies ne furent recueillies et imprimées que cinq ans après sa mort, sous te litre : Rime dimonsignor Giovanni Ciampoli, Home, 1(il8, in-40. M les sont divisées en poetic sacre, funebri et morali; elles ont été réimprimées plusieurs fois. On y remarque de l'élévation et de l'abondance, mais de l'exagération, de l'enflure, et une affectation blâmable de ne rien dire naturellement. On retrouve les mêmes défauts dans les morceaux eu prose qui sont à la lin tic ses poésies, et . ses lettres : c'étaient les défauts de son
sièeh', et c'étaient aussi ceux de son caractère. S'il eût vécu dans un autre temps, a fort bien dit, dans sa vie, le savant biographe Fabmni, cl s'il n'avait pas eu une assez haute opinion de lui-même pour se croire seul digne d'être imité et admiré , enfin, si, se livrant trop à sa fougue, il n'eût pas sans ccsmï coniluit les Muses parmi les rochers et les précipices, il serait juste de le compter parmi les premiers poêles lyriques. G— É.
C1ASLAS. Voyes Seislas.
CIASSI (Jean-Mamk), en latin Cl assis, savant italien, né à T révise, en 1634, mort à la fleur do son àgc, vers 1079, a composé un ouvrage sur la nature des plantes et leur auatomic, dont la seconde édition a élé publiée à Venise, 1077, in-12, sous ce titre : Mcditationet de natttra plantarttm. 11 remonte jusqu'à l'examen de la petite planlc renfermée daits la graine, et il reconnaît très-bien que ce n'est pas la pulpe qui l'entoure qui lui donne naissance, mais les deux cotylédons ; qu'elle a déjà reçu un type qu'elle doit conserver en germant ; en sonc que, malgré l'obscurité de son style, on voit qu'il avait entrevu quelques phénomènes importants de la germination, qui n'ont été bien connus que dans ces dernier! temps. 11 y parle aussi de la circulation de la sève et de la sensibilité des végétaux. Ciassi s'est aussi occupé do mathématiques, et a fait un traite de Aîquilibrio prœ$erlim fluidorum et de levitalc ignii, qui se trouve à la suite de l'ouvrage précédent. Le professeur abbé Ficola! a cru voir, dans ce trailé, la solution de la fameuse question des forces vives, que Lcibnitz n'a donnée que neuf mois après, quoiqu'on lui en attribue généralement la découverte. (Foi/. Léon Allacci,.4j>M Urbanœ, et Baillet, Jugement! des savants, t. 4, part. 2 de l'édition d'Amsterdam, 4725.) Ç. et D— P — s.
ClIlHUR (Collet), fameux acteur cl auteur dramatique anglais, naquit à Londres, le 6 novembre 4071. Son père était un sculpteur natif du Holstcin, qui vint s'établir à Londres peu de temps avant la restauration. On a de lui te bas-relief du piédestal de la grande colonne de Londres, appelée le Monument, et deux figures de fous, placées à l'entréu de l'hôpital de Bethléem. Colley était le nom de sa mère, Anglaise d'une bonne famille du comté de Rulland. Cibbcr porta les armes sous le duc de Devonshirc, dans la révolution qui plaça le prince d'Orange sur le trône, et ensuite, contre le gré de ses parents, il entra, comme acteur, au théâtre de Drury-Lane. Ses succès ne parurent pas répondre d'abord à la force du penchant qui l'avait entraîné, et il fut plus de neuf mois avant d'atteindre ù un traitement de dix schellings par semaine. Cependant sa position s'améliora par degrés. Enfin son talent pour l'emploi des rôles appelés grimes se déploya d'une manière brillante dans le rôle de Fond lewi fe, du Vieux Garçon (The old Balchelor), comédie de Congrèvc, où il sut saisir tellement la manière cl même la figure d'un acteur nommé Doggct, extrêmement chéri du public, niais qui venait de se retirer du théâtre, que Cibbcr fut reçu dans ce rôle avec des transports de joie in- 1 exprimables. Eu 1093, parut sa première comédie :
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înre't Lan Shifl |lc Dernier Expédient de l'Amour); ce titre a été rendu par un traducteur français par la Dernière Chemise de l'Amour. Et, en effet, skift \eut dire aussi chemise de femme. La pièce de Cibber obtint un grand succès, et lor«l Dorset déclara qu'il n'avait pas encore vu si bien débuter. Il y joua le rôle de sir Novclly, caricature d'homme à la mode comme il s'en trouve dan» la plupart de ses pièces, et qui lut aussi un genre de rôles dans lequel il se distingua particulièrement. Probablement l'insolence naturelle et la vanité qui faisaient une partie distinciivc de son caractère, et dont il eut plus d'une fuis lieu de se repentir, lui fuient du moins d'un grand secours pour représenter des personnages dont ces deux qualités font le principal mérite, lien put aussi prendre le modèle parmi les gens du monde avec lesquels il cherchait à vivre, « se fati- « guant pour y parvenir, dit un de ses biographes, à « amuser des gens qui avaient beaucoup moins ■t'es- « prit que lut, mais plus d'argent. » En 1697, il donna sa comédie de Woman's Wil (l'Esprit d'une Femme), qui eut peu de succès. En 1699, il essaya une tragédie île Xercis, qui n'eut qu'une représentation. Il revint au genre comique, et donna plusieurs pièces, soit de son invention, soit imitées d'autres auteurs et même de ses compatriotes. Ainsi $a comédie de tore make$ a ma* (l'Amour fait un homme) est composée de deux pièces de bVaumont et Fletcher ; Ski trou/rf and $he wovld not (Elle voudrait et ne voudrait pas), autre comédie de Cibbcr, est imitée d'une pièce espagnole. Elles eurent toutes deux un grand succès; mais Ike Carelest huiband (le Mari insouciant), jouée en 1704, est celte qui a établi la réputation dramatique de Cibber; elle obtint un él»ge de Pope même, son ennemi déclaré. Elle est écrite avec élégance, et présente un tableau de m rurs vrai ; ce n'est pas cependant une bonne pièce ; de même que la plupart des comédies de Cibber, elle n'offre ni invention dans l'intrigue, ni originalité dans les caractères; mais une peinture des ridicules à la mode qu'on aime à voir jouer sur la scène, comme toute attaque contre le pouvoir et lu faveur. On trouve dans toutes de la vivacité cl do l'esprit dans le dialogue, et plus de naturel qu'on n'en voit dans la plupart des autres comédies anglaises; de perpétuelles conversations sans action, une peinture assez fine des petits mouvements du ctFur, sans l'affectation de Marivaux à les disséquer et à les expliquer; enfin, une inconcevable licence dans les détails, sans aucune iuteution immorale, et presque toujours un caractère de femme très-intéressant. Ce qu'il y a de remarquable, et ce qui tient aux mœurs anglaises, c'est que ce caractère d'honnêteté est presque toujours donné à une femme mariée, tandis que les jeunes lillessonl toutes roquettes et impertinentes. Sa comédie du Non Juror (le Non Jurcur), jouée en 1717, est une imitation du Tartufe, dont il a pris le fond et les principales scènes, mais accommodée aux mœurs anglaises, et dirigée contre les jacobiles, qui causaient alors d'assez vives inquiétudes aux partisans de la maisou de Hanovre. Le dot leur WolIT, le tartufe de la