‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 39 sur 117 · CI S · texte numérisé non relu

CI S

vigiam. Venise, 157 », in-8*. « Je ne sais, ditTira- « bosclii, si ce chroniqueur est le même «pic Chrit- « lophe Sordi de Forli , aveugle et improvisateur, a dont on a le premier livre de'Rraii di Francii, « roman en vers qu'il avail improvisé et qui fut pu- « blié à Venise en 1531, in-4*. » ( Voy. la Storra délia Lelteralur. liai., t. 7, p. 935.) VV— s.

CIESFŒGOS (Bernard), botaniste espagnol, né à Tarragonc dans le 16* siècle, fut professeur de l'université d'Alcala. 11 s'occu|>a principalement de la recherche des plantes qui croissent < n Espagne, et, dans ce but, il en parcourut toutes les provinces. Il a laissé en manuscrit uue llistoirr de* plante» en 7 volumes, avec d'excellentes ligures, el enrichie de notes savantes. Cet ouvrage fut déposé à la bibliothèque de l'Fscurial, et n'a jamais élé publié, environ deux cents ans après, sur la Gn du 18 siècle, Asso, compatriote de Cienfuegos, commença à tirer son nom de l'oubli, cl Cavanillcs y réussit ensmle complètement, en publiant une notice historique sur la vie de ce botaniste, dans les Annale» d hittoire naturelle etpagnole, p. 116, et en donnant, en son honneur, le nom de Cienfuegotia à un nouveau genre qu'il a établi dans la famille des malvacees. —Un autre Cie.m i EGos [Ilcrnard de), a traduit en espagnol la Fie du P. (iomalo deSilteyra, imprimée en 1614, cl qui se trouve dans le t. 2 des Clara» Yaiohit de la compania de Jetus du P. ISicreiuberg. D-P— s.

CIENFUEGOS (Alvarez), jé uite espagnol, né en 1657, à Agucrra, dans les Asturies, professa la philosophie à Compostclle, la théologie à Salamanque; s'attacha à I imitante de Caslille, suivit avec lui le parti de l'archiduc Charles contre Philippe V ; se relira en Allemagne; fut employé dans plusieurs négociations importantes à la cour de Portugal, par les enq»ercurs Joseph I" et Charles V I ; obunt le chapeau de cardinal en 4720, fut nommé minisire plénipotentiaire de la cour de Vienne à Bouic, en 1722, évéque de Calanc. ensuite archevêque de Mont-Béal en Sicile, el mourut a Rome le 12 août 173!). Cienfuegos a publié plusieurs ouvrages ; 1" ta Vida del venerabile P. Juan A'tVto, 1093, in-8". 2* La Vida del grande tant» Francisco Burgia, Madrid, 1702, iu-fol. 3e ÀVnigma theologicum, teu Qaattionet de Trinitaie divina. Vienne en Autriche, 1717, 2 vol. in-fol. Quelques docteurs romains ayant trouvé dans cette énigme idéologique plusieurs propositions qui leur parurent insoutenables, Cienfuegos éprouva, pour être élevé au cardinalat, des difficulté» dont l'empereur Charles VI eut peine à triompher. 4* Vita abteondita tub tpeciebut eucharitticit, Rome, 1728, in-fol. Cienfuegos avait dédié sa Vie de St. Françoit Borgia à l'amirante de Castille. L'épUre dédicaloire offre celle singularité remarquable, qu'elle est plus longue que la vie du sainl; ce qui lit dire que Cienfuegos avait dédié à Si. François Borgia la vie de l'amirantc de Caslille. On trouve l'éloge du cardinal Cienfuegos à la u le du t. 10 du recueil intitulé . Rerwn Halicarum Seriptoret. V— VK.

CUC2A OU CIEÇA DE LEON ( Pisrrb), né à

CG

Sëville au commencement du 16* siècle, n'était âgé (|iic do treize ans lorsqu'il s'embarqua pour les Indes occidentales. 11 suivit la carrière des armes sous Pizarre, et passa dix-sept ans dans le Pérou. De retour en Espagne, il lit imprimer la première partie de sn Chroniea dtl Peru, Scville, 1555, in fol.; Anvers, 1554, in-8% avec des gravures, et 1560, in-8». Cicza de Léon, dans cet ouvrage estimé, donne une description des provinces et des villes, des mœurs et des coutumes des Indiens, etc. Cette chronique devait èire composée de quatre parties : la première a seule été publiée. L'auteur nous apprend lui-même qu'il la commença dans la province de Popayan. en 1541, et qu'il la termina dans la ville de Lima, en 1550, étant alors âgé de trente-deux ans. La chronique du Pérou a clé traduite en italien par Augustin di Gravant, Rome, 1555, iu-8-, et Venise, 1557, 2 vol. in-S*. V— ve.

CIGALA ( Lanfrakc ), né à Genève, homme noble et savant, fut l'un des troubadours les plus célèbres du I51 siècle. Juge et chevalier, il s'adonna surtout à la première de ces professions II se livra beaucoup aussi à la galanterie et à la poésie, et composa un grand nombre de chansons, dont une jeune dame de Provence, nommée Ikrlamla, de l'ancienne maison de Cybo, tut l'objet principal Avant eu le malheur de la perdre, la dévotion remplaça l'amour dans le errur de notre poète, et il ne chanta plus que des sujets sacrés. C était au temps où les chrétiens venaient de perdre Jérusalem, le saint sépulcre, et où St. Louis voulait une seconde fois reconquérir les lieux sair.U. Cigala conqiosa deux sirventes pour exciter le même zèle parmi tous les souverains, et leur proposa le roi de France pour modèle. Gibelin outré, c'est-à-dire furieux conire le parti des papes, il lut indigné de la défection de lioniface le jeune, marquis de Monllerrat. qui, après avoir traité avec l'empereur Fiédéric II, en 1239, avait reçu de l'argent pour se liguer conire lui avec le pape. Dans sa fureur, il composa un sirvculc conire le marquis, et lui reprocha sou parjure. Unfranc de Cigala fut assassiné près de Monaco, en 1278, dans un voyage qu'il faisait de Provence à Gênes. M i I lot rapporte que ce troubadour a com- ;- >s>> vingt-six pièces; la plupart ne nous sont pas parvenues. Les manuscrils de la bibliothèque royale en contiennent quelques-unes, mais en très petit nombre. H — T.

CIGALE (Jean-Michel), autrement dit Mahomet-Bey, prince du sang ottoman, bâcha, plénipotentiaire souverain de Jérusalem, Chypre, Trébizondc, etc. Tels sont les titres pompeux que se donnait, au 17" siècle, un homme que Rocoles a compris parmi les imposteurs, sans qu'il soit facile aujourd'hui de prendre pat*1' sur cette assertion. Mahomet-Bey parut à Paris en 1670, y lit imprimer son histoire, et la dédia au roi de France. Il prétendait descendre de Scipion, lils du fameux vicomte de Cigale, fait prisonnier par les Turcs en 1601. Ce Scipion prit le turban, épousa une fille du sultan Achmct, et, de cette union, naquit celui qui fait le sujet de cet article. Il fut élevé en prince,

nommé successivement vice-roi de la terre • dnte, gouverneur de Chypre, souverain de Buhtlonc; mais des viaions miraculeuses et le cri de sa conscience le pressaient de changer de religion. Après diverses tentatives infructueuses, il confia une immense quantité île pierreries a un nommé Cliaronsé, qu'il devait rejoindre en Moldavie. Ce dépositaire infidèle, pour se dispenser de la restitution, voulut le faire périr. Cigale s'enfuit à pied, déguisé en berger, arrive a l'armée des Cosaques, où il est reconnu par des soldats qui l'avaient vu en Orient. Bientôt il les quitte pour se rendre en Pologne, où la reine Marie de Gonzague l'accueille avec respect (ce sont ses propres termes), lui persuade île recevoir le baptême, le tient elle-même sur les fonts, le fait confirmer, et lui donne les prénoms de Jean- Michel. Cigale lit ensuite un voyage à Notre-Dame* lit-Lorcttc, puis a Home, revint a Varsovie, prit parti pour l'Empereur contre les Turcs. Ce prince le combla de biens et le nomma garde de son artillerie. Mahomet le quitta pour retourner à Lorette, d'où il se rendit en Sicile, où le vice-roi l'accueillit comme un prince de l'illustre maison des Cigale. De Sicile, noire voyageur revint à Home, où if fit une entrée publique, et fut présenté au pape Clément XI. Cigale voulut ensuite visiter la cour de France. Il y reçut le même accueil : le roi envoya au-devant de lui le duc de Si-Aignan, avec ses plus riches équipages, le logea dans un palais, et, lorsqu'il partit, lui fit présent de deux magnifiques chaînes d'or. A cette brillante histoire, racontée par Cigale luimême, Rocoles substitue les Cuti suivants : • Cet aventurier était né de parents chrétiens, a Taigovisti, ville de la Valachie. Dans sa jeunesse, il entra au service de Mathias, vaïvode de Moldavie, qui l'envoya à Constantinople. De retour dans sa patrie, une aventure scandaleuse qu'il eut avec la femme et la iille d'un prélre grec le fit dénoncer au vaïvode, qui donna l'ordre de l'arrêter. Cigale se sauva i Constantinople, où il resta jusqu'à la mort de Mathias. Il revint alors en Valachie; mais, n'ayant pu réussir à s'y produire, il retourna une troisième fois à Constantinople, où il se fit Turc. Il se mit alors a courir «le pays en pays, débitant ses merveilleuses aventures. An sortir de la France, il finit par échouer en Angleterre, où il fut reconnu par des gens qui l'avaient vu à Vienne dans une condition fort misérable.» ( Voy. le* Impotteun in$igne$dt J.-B. Rocoles, édit. de Bruxelles, 1728, in-8*.) D. L.

CIGALINI (François), médecin et littérateur, qui savait plusieurs langues et se mêlait d'astrologie, naquit a Corne en Italie, où il mourut en 1530. On a de lui deux lettres sur la médecine, imprimées avec les Epùtola de Thadée Duni, à Zurich, en 1592, in-8°, sous ce titre : de oxymellilii U*u ti Yiribut maxime in pleuritide. — Paul &GAUKI, né à Corne en 1528. et parent du précédent, suivit la même carrière, cl fut reçu docteur à Pavie, où il devint ensuite premier professeur. Il se distingua par la variété 'le ses connaissances, et forma d'excellents élèves. Paul Cigalini mourut en 1598. Il est âuteur 1 d'uu ouvrage estimé sur Pline I ancien, intitulé :

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Prctleclionet duœ; una, de vera palria Plinii; altéra, de fide ci aucloritate ejus, Corne, IliOS, in-4". D — P — 8.

CIGNA ( Jbaîc-François), savant anatomislc, professeur de médecine à l'université de Turin, était lils de Philippe et d'Andrictlc Bcccaria, unir du célèbre physicien de ce nom. ( Voy. J.-B. Heccv- MA. ) Il naquit à Mondovi, le 2 juHIct 1754, et fil ses éludes sous le professeur Vjgo et le médecin Bona. En 4750, il obtint une bourse au collège royal des Provinces à Turin, et il y suivit le cours de physique du P. Beccaria, son oncle, avec le célèbre Engrange. Depuis celte époque, les deux jeunes étudiants se lièrent d'une amitié indissoluble. Cigna fut reçu docteur en i~.1t ; il fut retenu au collège royal comme répétiteur, et eu I7.Y7, il Tut admis à l'examen d'agrégé de l'université. Une de ses premières ihèses tut sur l'usage de l'éleelricité dans la médecine (I), et de l'irritabilité hallériennc, imprimées à Turin en 1757. La ré[iulation du jeune Cigna se refondit en Europe par sa réponse à la critique des doctrines du grand Daller. En (770, il fut nommé professeur d'analomic à l'université de Turin, et y publia son traité en latin, qui est trés-eslimé. Ses liaisons avec Lagrange, Salu/zo et Allioni, furent l'origine d'une société littéraire a laquelle se réunirent ensuite Gcrdil, Gaber, Rieheri, Caréna. Leurs réunions eurent lieu dans le même collège, cl Cigna en fut le secrétaire. C'est île celte socielé qu'est venue l'académie royale actuelle des sciences de Turin. Quatre volumes de mémoires furent publiés par les soins du secrétaire, qui en rédigea la préface en latin (-2). Cigna a encore public : I* sur l'Analogie du magnélitmc arec l'électricité;'? des Expériences sur la couleur du sang; 3* Expérience sur les mouvements électriques; 4* du Froid gui provient de l'éoaporation des liquûles; 5* de la Cause de l'extinction de la flamme et de la mort des animaux privés d'atr.lhéorie qui précéda celle detavoisier.l ne maladie grave obligea Cigna, en 1781, d'interrompre ses recherches physico-médicales ; cl l'on ne trouve plus de sa composition dans le recueil île l'académie royale des sciences, que trois dissertations, savoir : V sur de Nouvelles Expériences électriques; ¥ sur l'Electricité; 5° sur la Respiration, i ù il démontre la coexistence des deux fluides électriques. Celle démonstration fut louée par Priestley; et Cigna fut aussi le premier à signaler les idées qui ont conduit Cravvford cl l.avoisier aux nouvelles théories sur la respiration. Ce savant médecin mourut à Turin en 1790. On trouve dans les Actes publiés à Vérone un mémoire de lui, sur la Castration des poules et la Fécondation de l'œuf, et dans le Journal de Physique de Rozier, une Lettre sur un phénomène produit par l'éboulement G— g— r.

CIGNANI (Chaiu-»), peinlre, né a Bologne en 1628, fut élève de l'Alloue; mais il agrandit le style

(0 LfsexpMMrn des modernes rbyskiewMr NtotMcMial* IMlc lirniicnl a crllr* «lu ptofrssrur CigM.

(2) Ces quatre v.tliiurs Mut Irés-ra-vs, ,t jU tmtucM 1* bise de* tntmktt de lacaleuiie royale des Kientes de Tori.i, dont ,.|n«dc 3«*glot*.t«-«« ontdeja pan.

de ce maître, cl passe même pour l'avoir surpassé dans quelques points. Charles entreprenait facilement de nouveaux travaux ; mais il en était rarement assez routent pour les regarder comme terminés Sa Fuite en Egypte, que possédaient les comtes liighini, fut l'ouvrage desixm»is. Il sut composer comme les Carrarhc, et distribuer ses ligures de manière que ses tableaux paraissent plus grands qu'ils ne le sont en effet. Ses plus belles fresque* sont à Si-Michel in Bosco, dans des ovales soutenu* par des anges, et dans la salle du palais public, ou il représenta François ltr, roi de France, guérissant les écrouclles. Cignani peignit à Parme, dans le jardin du palais ducal, diverses allusions à la puissance de l'amour. Les peintures d'Augustin Carrache [voy. ce nom), <pii sont dans ce palais, ne font rien perdre à celles île Cignani. Celui ci ne surpassa pas Augustin, mais il l'égala en quelques partiel assez difliciles. Les tableaux de Charles sont rares. Le musée n'en possède qu'un. On y cherche en vain .sa correction habituelle, mais on y remarque des idées charmantes, qui rappellent l'Alloue. Celte production présente Adam el Ëve dans le paradis terrestre. On voit un lion qui lèche un agneau. Les teintes des chairs sont très-variées el bien senties. Ce n'est cependant pas dans un semblable ouvrage qu'il faut chercher à se faire une idée juste des talents de Charles, il est nécessaire de connaître son Assomption de la Vierge, à Forli. Dans celle fresque, Cignani copia, il est vrai, le beau St-Jliiehel que le Guide a laissé à la coupole de Havenne, et quelques autres idées du même maître; mais partout ailleurs il est, par le dessin, l'émule du Corrége; il n'emploie pas les raccourcis autant que les Lombards, et dans ses contours, dans ses draperies, il a un lini qui lui est propre. Sa pâte est lortc, son coloris est vif, comme celui de l'école de Parme, et il y a mêlé une suavité exquise qu'il avait reçue du Guide. Charles était tl'un caractère doux, modeste et obligeant. Clément XI le nomma chevalier de l'Eperon d'or, et lui donna les titres de comte du palais et de prince de l'académie de Bologne. Ses ouvrages ont été gravés par différents auteurs, tels que l.iolard et Crespi, son clé\c. Il mourut à Forli, le 6 septembre 47IU. Ses principaux élèves, après Crespi, furent Marc-Antoine Franceschini, Louis Quaini, le co ule Félix Cignani, sou lils, et le comte Paul Cignani, son neveu. Ces deux derniers, qui avaient aidé Charles dans son Assomption de Forli, ne continuèrent pas de travailler après sa mort, parce qu'ils devinrent riches, el n'accrurent plus leur réputation. A — D.

CIGOLI. Voyez Civoi.i.

CILANO ( G EOHG E-C 11 H ÊTIEN MaTEBNI'S DE),

né à Prcshourg en Hongrie le m décembre 1G9G, étudia, avec autant de zèle que de succès, les diverses branches de la philosophie, el princqolemcnt la médecine. Peu de temps après avoir obtenu le doctorat, il fut nommé médecin-physicien d'Allona, puis professeur de médecine, de physique et d'antiquités grecques et romaines, au gymnase de la même ville; rnhn, conseiller royal de justice de Danemark.

11 mourut le 9 juillet 1773 plupart de ses écrits con sisleiu en dissertations et programmes sur différents points de philosophie, de médecine cl d'archéologie, tous imprimes à Altona, dans le format in-4» : 1° de Prœstantia phitosophia naturalit, 1739; 2'rfe Corruptelis arlem medicam hodie drpraranlibut, 1710; 5* de l no, mentit anatomia», 4740; 4° de Vi centripeta corporum sublunarium, 1744; 5° de Anniversaria Humanorum Februatione, 1719; 0* de Cautit grandinum noclurnii horit decidentium, 1755; T de Giganlibut nova Disquititio hittorica et critica (sous le nom d'Antoine Sangatelli, et avec une préface de l'éditeur Godcl'roi Scliuclz), 1750 ; 8° de Ilittoria vilœ magitlra, 1757; 9* de Saiurnatium Origine et eclebrandi Ritu apud Romanos, 173»; 10" de Molu humorum progrestico, veteribus non ignoto, 17(12. Cilano avait composé un ouvrage beaucoup plus étendu, qui fut recueilli, mis en ordre et publié par George-Chrétien Adler. sous ce titre: Ausfuhrlkhe Abhandtung, etc., c'cst-à-diic, Traite détaillé des Antiquités romaines, Altona et Hambourg, 1775 et 1770, 4 partie* in-8». C.

C1L1CILS (ChbistiamsJ. Voyez Rantzau ( Henri)

CILLICON, dont le véritable nom était Acuecs, né à Milct, livra par trahison aux Priéniens une lie (lui faisait partie de la ville de Milet. Quelqu'un s'en élant aperçu, lui demanda ce qu'il faisait : a Tout a |tour le mieux, » répondit-il, ce qui passa en proverbe. Il alla ensuite demeurer à Samos, cl étant un jour allé acheter de la viande citez un certain 'J'héagénes, son compatriote, également réfugié a Samos, celui-ci, qui le reconnut, lui dit de marquer l'endroit où il voulait qu'on coupât la viande; Cillicon y ayant porté la main, Theauènc la coupa, en disant : * Cette main ne trahira plus d'autre ville. » On raconte la même histoire d'un nommé Colliphan. (Foy. Erasme, tn Adagiis.) C— a.

CILLY (Daube de), appelée la Mettalinede l'Allemagne, était fille de Ilermann, comte de Cilly ou Cillei, sur les confins de la Hongrie, et naquit en 1577. Elle épousa, en 1408, Sigismond, margrave de Brandebourg, qui, par la mort de Marie, sa première femme, arrivée en 1592, se trouvait roi do Hongrie, et qui fut élu empereur en 1410, et roi de Dohéme en 1419. Elle n'eu eut qu'une fit le, nommée Elisabeth, qui épousa, en 1421, Albert d'Autriche, depuis empereur sous le nom d'Albert H. Si gismond désirait laisser à son gendre ses couronnes de Hongrie et de Bohême ; mais Barbe, quoique Agée de soixante ans, voulait épouser le jeune Lladislas, roi de Pologne, et lui porter en dot ces deux royaumes. Elle llalta les Inusités, et gagna leurs chefs, leur peignant Albert comme l'ennemi déclaré de leur cause : elle se vantait d'avoir assez de crédit sur l'esprit des Uongrois pour qu'ils lui déférassent la couronne ; mais Ail», m, appelé au trône par le t: statuent de Sigismond, qui mourut à Znaïm le 9 décembre 1437, la lit garder à vue, et s'étant fait couronner à Albc-Royule, ne lui rendit la liberté qu'à condition qu'elle lui livrerait quelques places fortes qu'elle tenait en Hongrie. Il lui assigna un

douaire convenable, et clic se relira à Gralz, en Bohême (appelé depuis Konigingralz), où clic mourut le 11 juillet 1151. avec la réputation de la plus méchante princesse de son siècle. Ixs Bohémiens lui firent néanmoins de magnifiques funérailles à Prague, et la mirent dans le tombeau de leurs rois. Àtacas Sylvius (Pie II) et Bonlini font le plus hideux tableau de ses débauches et de sou caractère : la protection qu'elle accordait aux hussites a peut-être porté ces liistoriens à charger le portrait. Z.

CILLY on CILLEI (le comte de), grand seigneur de Slyrie, frère de la précédente, prend un rang important dans l'histoire après la mort de l'empereur Albert II, arrivée le 17 octobre 1439. Ce prince ne laissant que deu» filles de son mariage avec Elisabeth, lillc de l'empereur Sigismond et de Barbe ou Barbara de Cilly, et son épouse étant grosse, la succession aux différentes couronnes qu'il avait portées occasjomiu de grandi débats. En Hongrie, les seigneurs, craignant une longue minorité, obligèrent Elisabeth à offrir la couronne et sa mainâUladislas, roi de Pologne, en stipulant «pie si l'cnfaut qu'elle portait était un fils, les Hongrois aideraient à lui assurer la possession de l'Autriche et celle de la Bohême. Les ambassadeurs chargés de présenter cette offre à Uladislas étaient à peine au delà des frontières de Hongrie, que la reine enfanta un fils qui fol nommé Ladislas, et à qui sa naissance, aprèj la mort de son père, a fait donner le surnom de Posthume. (Foy.ce nom.) Elisabeth n'ayant consenti qu'avec répugnance à épouser le prince polonais, et désirant procurer à l'enfant à qui elle venait de donner le jour la couronne de Hongrie, s'empressa d'envoyer aux ambassadeurs un contre-ordre qui cependant arriva trop tard : L ladislas avait déjà accepte la projiosilion, et était prêt à se mettre en marche à la tête d'une armée considérable. Cet événement divisa la Hongrie en deux partis. Le premier, qui avait pour chef le célèbre Jean Huniadc Corvin (voy. ce nom) prit les intéréls du prince polonais; à la tête de l'autre parti étaient le comte de Cilly, frère de l'impératrice douairière Barbara, et Jean de Giskra, seigneur bohémien. L'archevêque de Gran, plusieurs évèqucs et une foule de nobles, qui se rappelaient les talents d'Albert, ou qui furent touchés de la jeunesse de l'orphelin et de la position d'Elisabeth, se déclarèrent aussi en leur faveur. La reine conduisit, en conséquence, le jeune prince à Albc- Royale, où, âgé seulement de quatre mois, et placé sur les genoux de sa mère, il fut couronné par l'archevêque de Gran. Irrités de la précipitation avec laquelle on avait offert la couronne à Uladislas, les partisans d'Élisabcth emprisonnèrent quelquesuns des ambassadeurs, et, secondés par les Croates, les Dalmatcs et un corps d'Autrichiens, ils se préparèrent â défendre les droits de leur monarque eufant. Ils ne purent toutefois arrêter les succès d'flumade, et la veuve d'Albert fut obligée de se retirer â Vienne et de confier son fils aux soins de Frédéric, duc de Styrie. Uladislas entra triomphant en Hongrie et s'y fit couronner. Après des succès balances,

m cil

iilisabelh mmirul à Raab, le 24 décembre 1422. non sans soupçon de poison, et le roi de Pologne hiimême fut lut; deux ans après en combattant contre les Turcs à la balailtc de Varna. Mécontents de l'empereur Frédéric, niujuel on avait confié la tutelle de Ladi>!as et qui retenait ce jeune prince à NcitRladt, sans lui pcrimttre de visiter sa capitale, I s principaux seigneurs de Hongrie, de Bohême et d'Autriche se réunirent pour l'arracher de -es n.ains. Frédéric, assiégé dans ïx»u.-iadi, fut obligé de ré 1er, cl Ladiolax lui remis, en 1432, à son oncle maternel, le comte de Cilly, jusqu'à ce que les députes des trois nations eussent été convoqués pour régler la forme de leurs gouvernements respectifs. I.c jeune souverain alla à Vienne avec son oncle, cl y fut reçu nu milieu des acclamations de ses sujets. Peu de temps après il fut déridé par les députes, en présence des princes et des prélats de l'Empire, que le roi demeurerait pendant sa minorité sous la garde de ce seigneur, qui aurait le gouvernement de l'Aitl riche ; relui de la Hongrie fut confié à Jean Huniade, et celui de la Bohème ù George Pod'ubrack. Au commencement de l'année, Cdly conduisit son pupille à Prcsbourg pour y recevoir l'hommage des Hongrois. I.a cour de Ladislas devint bientôt une arèii" où Ton se disputa le pouvoir. Le comte de Cilly, profilant de son influence sur l'esprit de son neveu, |»aniiit d'abord à éloigner Eyliinger Cl les seigneurs autrichiens, pour mettre à sa place ses créatures. Mais un parti puissant se forma bientôt contre lui, on le représenta au jeune monarque comme plein d'arrogance et d'avarice, et comme ezciiant au plus haut degré le mécontentement de la nation, et on parvint ainsi, en le menaçant de la révocation du don qui lui avait été fait, de lui arracher la promesse de renvoyer le comte. Instruit de l'ordre qui avait clé donné à ce sujet, Cilly ne peut y croire; il ne se dispose à obéir que lorsque le roi, d'une voix faible et embarrassée, l'eut confirmé en sa présence. Eu sortant de Vienne il est ex|»osé aux menaces et aux insultes de la popuLiec, et sa vie même cAI clé en danger si AU ert de Brandebourg ne l'eût accompagné jusqu'à la porte de la ville. La même année cependant (1 4M), Ladislas, ayant reconnu que le gouvernement de Eyt/ingcr élait odieux au peuple, saisit cette occasion d'éloigner un sujet qu'il détestait lui-même, et il rappela le comte de Cdly. Pans cette conjoncture, les Hongrois ayant prié Ludislasdc les honorer de sa présence cl de prendieen main lui-même les rênes du gouvernement, Cilly l'en dissuade en lui peignant Huniade comme toutpuissant cl trop dangereux. Il cherche ensuite à surprendre ce dernier, cl va même le trouver pour le déterminer à se rendre à Vienne avec un sauf-conduit- Mais convaincu des mauvaises intentions de son adversaire , Huniade lui reproche sa perfidie, menace de le tuer sur-le champ s'il ose jamais reparaître en sa présence, et, plein d'indignation, il retourne en Hongrie. Une rérontiiuiion, qui ne fut cependant qu'apparente, eut lieu entre eux peu do lemps après par la médiation de quelques seigneurs hongrois. La même année ;i4o5) Mahom- l II ayant

pénéi ré on Hongrie avec 200,000 hommes, toutes les forces du royaume se retirèrent d'abord devant une armée si puissante. Taudis que le jeune mi et Cilly, fuyant le danger, se réfugiaient à Vienne, Huniade se met ù la léte des Hongrois, parvient, après un combat furieux, à repousser les Turcs et à délivrer Belgrade qu'ils assiégeaient ; mais il meurt quelques jours après d'une lièvre causée par les fatigues du corps cl de l'esprit (14 août). Cilly ne tenta pas même de déguiser sa joie d'être délivré d'un rival si redoutable, et il voua aux deux fils de ce héros la haiue qu'il avait conçue |mhii* le pére. Leur cause devint celle d'un grand nombre de seigneurs hongrois que le roi irrita de plus en plus en nommant Cilly gouverneur du royaume. Cependant il prodigua les témoignages de considération à Ladislas Corvin, fils ainé du libérateur de Belgrade, et lui déclara qu'il se proposait d'aller visiter cette place qu'avait rendue célèbre la victoire de son père. Corvin court aussitôt tout disjioser pour la réception du monarque ; mais soupçonnant Cilly de méditer une trahison, il ne laisse entrer que le roi et sa cour, et refuse l'escorte. Cet événement enllamma encore davantage la jalousie des deux antagonistes, et il parait que l'un et l'autre se pro|Hiséreut de se porter aux plus grands excès. S'étaut rencontrés par hasard, ils s'adressèrent les reproches les plus sanglants ; Cilly ayant arraché le sabre de l'un des spectateurs, poussa la fureur jusqu'à frapper son ennemi à la tète. Ladislas Corvin (ira l'epcc ; ses gens volèrent à son secours, et il se livra un combat dans lequel le comle fut blessé mortellement. Cet événement se passa au commencement du mois de mars 1457. Le roi, bien que vivement affecté de la perte d'un parent qu'il aimait , dissimula sa douleur et son indignation. Mais après avoir fait transporter le corps du comte au château de Cilly, pour y être inhumé, il fit jeter en prison les deux fils d Huniade, avec tous ceux qui avaient trempé dans le meurtre, et décapiter Ladislas Corvin. D — z— s.

CIL0N(LLCIUSFAl)IUSSCPTIMILS),n|)|)Clé(:i!ILO dans Idace et dans la Chronique d' Alexandrie, fut consul en 204, puis préfet de Borne, et devint un des favoris de l'cmpcreurScvére. Il wmva la vie à Maei in, depuis empereur, qui était sur le point de périr av ec Plaulicn, tiont il élait alors l'iulendant. Le crédit de Cilon païut se maintenir sous Cararalla, qui l'appelait même quelquefois son bienfaiteur et son père; mais il eut ensuite la maladresse d'exciter Us soupçons de cet empereur, en essayant de le réconcilier avec Gela, et bientôt des satellites envahirent sa maison, la pillèrent, et le traînèrent lui-même dans les mes pour l'égorger. A celle vue, le peuple et les soldats se soulevèrent : Caracalla, pour apaiser la sédition, feignit de prendre la défense de son favori, et ordonna le supplice de ceux qui l'avaient maltraité, probablement, disent les historiens, pour les punir d'avoir mal exécuté ses ordres. On ignore ce que devint Ciion. Peut être fut-il enveloppé plus tard dans une de ces conspirations qu'inventait le tyran pour exercer plus sûrement ses vengeances. ( ïatj. Dion, I. 77.) — Thucydide et Pluiarqnc parlent d'un autre Ou»,

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