‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 5 sur 117 · SG CHA · texte numérisé non relu

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d'Herlian, Paris, 1813, 1819, 182-1, in-18. Outre la jolie édition de Menant et Dcseune, Paris, 1822, in-18, faisant |>artie d'une collection d'auteurs français publiée sous le titre de litbliothèque française, nous citerons celle qui a pour titre : IWsict de Chaulieu, précédées d'une noliee biographique, par Lcinontcy, de l'Académie française, Paris, 1824, in-8", avec portrait : la notice de Lcinontcy a clé insérée dans la Galerie française et dans la Reçue encyclopédique ; enfui les mêmes, avec une notice sur Chaulieu cl Lafare, par Hounlou, Paris, 18*25, 2 vol. in-32. Des lettres de Cliaulieu à mademoiselle Belaunay (madame de Slaal) ont été impriuie;cs dans le recueil des lettres de celle-ci, Paris, 184)1, in-12. On lui a attribué une Réponse de M. le chevalier de Vendôme, grand prieur de France, à cpteli|ucs articles des mémoires des princes du sang, 1717, in-8". Cette réiKUise a également été attribuée à l'abbé Legendre. L'abbé de Cliaulieu ne put parvenir à être de l'Académie française; il eu lit cependant la demande. Le prince de Conué et MM. de Vendôme se réunirent pour solliciter en sa faveur, et ils n'auraient point été refusés; mais Louis XIV, qu'on avait informe de la vie voluptueuse et libertine de l'ablié de Cliaulieu, lit venir de Tourrcil, alors directeur de l' Académie, et lut ordonna de faire en sorte que l'élection projetée n'eût pas lieu. Le jour arrivé, Tourrcil dit à la compagnie que le premier président de Lamoignon désirait être élu : on alla aux surnages, et ils furent pour le magistrat. Cependant le prince de Condé, qui attendait des nouvelles de l'élection, ayant su qu'elle n'avait pas eu lien en faveur de i'abbé de Cliaulieu, et que Lamoignon mit été élu, alla trouver ce magistrat pour se plaindre de ce qu'il l'avait traversé. Lamoignon assura le prince qu'il ignorait ce qui s'était passé, qu'il n'avait fait aucune démarche pour l'obtenir, et refusa en effet de l'accepter, lorsqu'on vint lui apprendre son élection. De Tourreil, fort embarrassé, alla rendre compte au roi de ce qui s'était passé. M. de Hohan, alors coadjuteur, depuis évéque de Strasbourg et cardinal, avait été le matin même prendre congé du roi pour t'en aller à Strasbourg. Louis XIV lui envoya dire de ne pas partir, et de faire sur-le-champ visite iux académiciens pour demander la place vacante ; il rut élu en effet, et l'abbé de Cliaulieu définitivement exclu. M— n et D — r— n.

CHAULMER (Charles) (1), littérateur du 17* tcle, sur lequel on n'a que des renseignements in* oplcts. Barbier Examen critique, p. 188} conjecture avec beaucoup de vraisemblance qu'il était né dans la Normandie. Venu jeune à Paris, il y perfectionna ses études, et vécut dans la société des gens de lettres. L'empressement avec lequel il recherchait la protection des grands bit penser qu'il n'était pai trop bien traité de la fortune. Il mit au jour, en 1038, la Mort de Pompée, tragédie, qui n'a de commun avec l'un des chefs-d'œuvre de Corneille

(I) lt«t mal nommé Chômer dan« les Ubnoiret de l'abbé de Warullw, et plu nui eacore Chômer dans U BMiotkefue it tiit- Jtfn ic frmet.

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que le titrée! une situation indiquée par l'histoire. Il dédia cette pièce a Richelieu, « dont il avait pré- « cédemment ébauché le portrait dans l'Histoire de « France et dans quelques autres ouvrages eu fran- « çais, en latin, en grec, en vers et en prose.» Scion toute apparence, il fut assez mal récompensé de ses éloges, puisqu'il continua de travailler pour les libraires. Chargé de revoir et de polir Y Abrégé de$ Annales ecclésiastiques, par S|>onde (coi/, ce nom), il abandonna cette besogne fastidieuse (unir s'occuper de la traduction française d'un autre Abrégé des mêmes annales, par le P. Aurélc de Perousc. Chaulmer était engagé dans les ordres, puisqu'en offrant cette traduction au cardinal Barberin (1GG4), il lui demanda la cure du Ilamcl, en Normandie, dont la collation lui appartenait comme abbé de St- Evroult. Le cardinal lui répondit qu'il en avait déjà disposé pour un de ses domestiques. L'année suivante (1805), Chaulmcr lit paraître nue édition latine de V Abrégé des Annales ecclésiastiques par le P. Aurèle, avec un supplément. 11 reproduisit, en 1G73, la traduction de cet ouvrage augmentée du supplément et d'un dictionnaire. Eu léte de celte édition, il prend le titre d'histoiiogniphe ; et, dans le privilège |>our l'impression, on lui donne ceux de conseiller du roi et d'Iiistoiiographede France. Elle est dédiée à MM. le Bossu dont il déclare que la piotection lui a élé fort utile, cl il se flatte que cet ouvrage transmettra leur nom à la postérité la plus reculée possible. L'immortalité que Chaulmer croyait pouvoir donner par ses écrits, ses amis la lui promettaient a lui-même. Au devant de la traduction dont on vient de parler, on trouve une foule de vers a sa louange; de grecs par Vaticr, son cousin, professeur d'arabe au collège royal ; de latins, par Billot; de français, par du Pelletier, Fr. Culte* tel, etc. Si l'on eu croit le quatrain suivant de Petit, il était doué d'une fécondité plus grande encore que celle dont Boileau félicitait le bienheureux Scudéry :

Les litres naissent sous ta plume 1 Comme des champignons au bois.

Tu ne fais qu'allonger les doigts Pour nous mettre au monde un volume.

Chaulmer est cité par l'abbé de Marelles dans son Dénombrement des auteurs pour le Nouveau èlonde qu'il lui avait dédié. On peut conjecturer qu'il mourut vers 1(380, dans un age avancé. Les seuls ouvrages que l'on connaisse de lui sont : 1* Abrégé de l'histoire de France, Rouen, 1G30, in-8*; Paris, 1GC5, 2 vol. in-12. 2« La Mort de Pompée, tragédie, Paris, 1638, in-4*. Celte pièce est très-rare. Cornélie, dit Parfaict, y partage, avec les spectateurs, le «léplaisir de voir trancher la tète à Pompée. ( Voy. Y Histoire du Théâtre-Français.) Suivant Barbier, elle offre quelques situations intéressantes. 3* Tableaux de l'Europe, Asie, Afrique et Amérique, avec l'histoire des missions, Paris, 1GC4, 4 vol. in-12. L'auteur avait d'abord publié chaque volume séparément. 4° Le Nouveau Êlonde, ou f Amérique chrétienne, avec le SvppUmnt à f Abrégé des Amale$ «r/<f-

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tiastlques (de Baronius), Ibid., 166S, in-12. 5» lei Epltres familières de Cicéron, traduites en français, ibid., 1664, 2 vol. in-12. Cette édition a été renouvelée en 1669 et 1674. 64 L'Abrégé des Annales ecclésiastiques de Baronius, par le P. Aurèle, trad. en français, ibid.,1604, 6 vol. in-12; 2* édit., ibid., 1673, in-12, 9 t. Le 8* contient le Supplément, et le 9* le Dictionnaire ecclésiastique. 7° Magnus Apparatus poelicus, ibid., 1666, in-4°, dédié à Colbcrt. C'est à peu de cliose prés une reproduction littérale du Gradus ad Pamassum. 8° Nouveau Dictionnaire des langues française et latine, ibid., 1671, in-4°. VV— s.

CHAULNES (HoNonÉ d'Albert, duc de), vint â la cour sous le nom de Cadenet. Son frére, Luynes, favori de Louis XIII, lui ménagea les bonnes grâces de ce prince, qui le lit, en 4615, lieutenant au gouvernement d'Amboise, dont Luynes était gouverneur. Il fut, en 1617, mestre de camp du régiment de Normandie après le bannissement du comte de la Penne, lils du marécbal d'Ancre. Lieutenant général au gouvernement de Picardie, chevalier des ordres du roi et maréchal de France en 1619, il épousa la riche héritière de la maison d'Ailly, à condition que lui et sa postérité prendraient le nom, les armes et le cri de la maison d'Ailly. Créé duc de Chaulnes et pair de France en 1G21," il prit le nom de maréchal duc de Chaulnes. Il servit aux sièges de St-Jean d'Angély et de Mentauban, et obtint le gouvernement des ville et citadelle d'Amiens a la mort du connétable de Luynes. 11 commanda avec le maréchal de la Force l'armée de Picardie en 1C25, maintint cette province dans l'obéissance du roi, et en fut fait gouverneur en 1635. Il commanda la même armée en 1655, entra en Artois, où il priâ et lit raser différents châteaux, força le bourg de Grévillicrs prés de Ba|>aumc, qui abondait en vivres, et fit brûler ce qu'il ne put emporter, pour en priver l'ennemi. L'armée espagnole, forte de 14,000 hommes, s'étant avancée, le maréchal de Chaulnes, trop faible pour la combattre, distribua ses troupes dans les places frontières, d'où elles harcelaient les ennemis ; mais ayant été renforcé par 1 ,500 chevaux du ban et de l'arrière-ban du Boulonais, il marcha a l'ennemi qui se retira. A l.i formation des régiments de cavalerie, en 165G, il en eut un de son nom. Par représailles des ravages que les Espagnols avaient faits en Picardie pendant la dernière campagne, le maréchal de Chaulnes, malgré la rigueur de la saison, rassembla, en janvier 1636, 1,200 hommes de ses garnisons, pénétra dans l'Artois, y brûla plusieurs bourgs et villages, et délit quatre cents Irlandais qui servaient les ennemis. En 1640, il fit, avec le maréchal de Chatillon, le siège d'Arras, qui se rendit le 10 août. Le maréchal de Chaulnes ne servit plus après cette campagne ; il se démit du gouvernement de Picardie en 1643, et on lui donna ceiui d'Auvergne, qu'il garda jusqu'à sa mort, arrivée le 30 octobre 1649. — Charles D'AtBEnT D'Ailly, son troisième (ils, né en 1625, duc de Chaulnes après son frére aîné, lieuienam général des armées eu 1053, chevalier des or-

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dres du roi en 1661, fut lieutenant de la compagnie des chevau-légcrs de la garde du roi en 1664. ambassadeur à Home pour l'élection du pape Clément IX en 1667, gouverneur de Bretagne en 1670. Il retourna à P.otne la même année pour l'élection du pape Clément X. 11 fut envoyé ministre plénipotentiaire du roi à Cologne en 1673. Il commandait en Bretagne, lorsqu'il fut nommé, pour la troisième fois, ai; bassadeur à Home en 1 689, à l'occasion de l'élection d'Alexandre VIII. Il se démit, en 1695, du gouvernement de Bretagne en faveur du comte de Toulouse, et obtint celui de Guicnne, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 4 septembre 1698. D. L. C.

CHAULNES ( Miciiel-Ferdinam' d'Albert d'Ailly, duc de ), pair de France, lieutenant général des armées et gouverneur de Picardie, était de la même famille, et naquit le 51 décembre 1714. 11 fut aussi distingué par ses vertus que par son gotU pour les sciences, surtout pour la physique et l'histoire naturelle. Il employait la plus grande partie de son revenu A faire construire des instruments, à former des collections. Sou cabinet renfermait une prodigieuse quantité d'objets rares et curieux recueillis en Egypte, en Grèce, à la Chine, des vases étrusques de toutes les formes, des bronzes antiques et de magnifiques échantillons d'histoire naturelle. Lorsque les physiciens abandonnèrent les machines électriques a globe de verre, de soufre ou de résine, l>uur adopter les plateaux de gb.ee, de Chaulnes lit construire la plus grande machine et la batterie la plus formidable qu'on eût encore vue ; c'est avec cette machine que l'on produisit, pour la première fuis en France, tous les effets que produit la foudre. Il fut reçu en 1743 membre honoraire de l'académie des sciences. Deux ans après, il publia un mémoire contenant des expériences relatives à un article qui fait le commencement du 4e livre de l'Optique de Newton, et qui lui lirent découvrir les singularités de la diffraction des rayons lumineux réfléchis par un miroir concave et interceptés par un carton percé au milieu. Le due t'e Chaulnes était du caractère le plus aimable; Louis XV, qui savait l'apprécier, ne l'appelait que Yhonnéle homme. Ce prince avait cherche à adoucir par des bienfaits l'amertume des malheurs domestiques qui conduisirent le duc au tombeau le 25 septembre 1769. H a composé la Nouvelle Méthode pour diviser les instruments de mathématiques , dans la Description des arts et métiers, publiée par l'académie des sciences, 1768, in- fol. de 41p. avec 15 planches; on y joint sa Description d'un microscope et de différents micromètres destinés à mesurer des parties circulaires ou droites avec la plus grande précision, Paris, 1768, in-fol. de 18 p. avec 6 planches. Par cette méthode, le duc de Chaulnes était parvenu à obtenir, d'un quart de cerrle d'onze pouces de rayon, presque la même précision que donnait le quart de cercle de six pieds qui était a l'observatoire. Il avait déjà donné les principes de ce beau travail dans un mémoire publié en 1755. On a aussi de lui quelques pièces dans le Journal de Physique, et six mémoires

dans le recueil de l'académie des sciences ; son éloge est dans le volume de 1769. Son dernier ouvrage est tin mémoire, où brille partait le génie de l'invention, sur une nouvelle machine parallactique, plus solide et plus commode que celles dont on s'était servi jusqu'alors. C. G.

CHAILIVES (Mabie-Joseph-Louis d'Albeut d'Aillt, duc de), lils du précédent, né en 1741, porta jusqu'à la mort de son père le litre de duc de Pecquigny. Retiré du service à l'Age de vingt-quatre ans, avec le simple grade de colonel, il se livra à l'étinle des sciences naturelles, et lut membre de la société royale de Londres. En 1775, il prouva que l'air méphitique des cuves de brasserie était de l'a* cide carbonique. Il donna le moyen de préparer facilement de l'eau acidulée, par le moyen de moussoirs avec lesquels on agitait de l'eau au-dessus des cuves où la bière était en fermentation. 11 indiqua les moyens d'extraire et de purilier les sels de l'urine. En 17" S, il trouva l'art de faire cristalliser les alcalis, en les saturant d'acide carbonique au-dessus d'une cuve de bière. Quelque temps après, lescbimistes ayant reconnu que l'asphyxie par le charbon était due à la formation de l'acide carbonique, de Chaulnes proposa un moyen de secourir les asphyxiés, en leur administrant, fous différentes formes, l'alcali volatil (ammoniac gazeux). Après avoir fait des expériences avec succès sur plusieurs animaux, il voulut continuer sa découverte en s'asphyxiant lui-même. Il donna plusieurs leçons a son valet de chambre, et, lorsqu'il le crut assez exercé, il s'enferma dans un cabinet vitré, s assit sur un matelas, et s'environna de brasiers de charbons allumés « Quand vous me verrez tomber, dit-il, vous « me retirerez du cabinet, et vous me donnerez des o secours, comme je vous ai enseigné à le faire. » Le valet de chambre, attentif, obéit |Minctuellemcnt, et rappela son maître à la vie Le courage du duc de Chaulnes prouve une belle âme ; mais son caractère singulier et le peu d'ordre qu'il mit dans ses affaires ci 1 1 1 -e. m! ses nobles qualités, et rendirent son goût pour les arts et pour les sciences inutile à sa patrie. 11 est mort dans une sorte d'obscurité, au commencement de la révolution. Dans le cours de ses voyages, il avait visité l'Egypte en 1703, et avait rapporté de ce pays des dessins exacts de plusieurs monuments inédits ou mal décrits Jusqu'alors, mais dont il n'a publié qu'un Mémoire sur la vêrUable entrée du monument égyptien qui te trouve à quatre licuei du Caire, prie de Sakara, Paris, 1783, in-4°, fig. Ce monument, connu sous le nom de l'un* det oiseaux, servait de sépulcre aux animaux sacrés. L'auteur raconte les démarches infructueuses qu'il lit pour en faire mouler en plâtre les superbes hiéroglyphes, et donne d'autres détails curieux. Ou lui doit aussi un Mémoire et Expériences sur Voir fixe qui se dégage de la bière en fermentation, inséré dans le t. 0 du recueil des savants étrangers de l'académie des sciences, 1780. C. G.

CHAULNES (Amse-Josèpme Bo.nmeu, duchesse ira), lille de Joseph Bonnicr, baron de la Mossou, en Languedoc, et trésorier des états de cette pro-

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vince, mariée, en 1754, a Michel-Ferdinand d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, a donné un exemple frappant de l'abus qu'une femme, douée de l'esprit le plus brillant et de la conception la plus vive, peu' faire de ces heureuses qualités. C'était non-sculemen» un charme de l'entendre, mais même un spectacle de ta voir parler, tant elle mettait de feu, d'expression, de finesse et d'énergie dans la simple conversation, quand elle était animée par quelque objet intéressant. Le duc de Chaulnes, membre honoraire o> l'académie des sciences, et digne de ce titre par ses connaissances et son amour |>our les arts, rassemblait souvent chez lui les savants les plus distingues, entre autres Mairan, Clairaut, le Honnie?, etc. La duchesse leur dit un jour : « Je vous écoute avec « plaisir ; mais votre société me plairait bien da- « vantage, si vous vouliez m'initicr dans les scien- « ces que vous professez. — Rien de plus facile, a madame ; donnez-nous seulement une heure par a jour, et vous serez bientôt en étal de les enlen- « dro. » En effet, elle fit en six mois des progrès si rapides et si étonnants, qu'ils convinrent unanimement qu'ils n'avaient plus rien a lui apprendre. Cette même femme, qui avait apporté en dot une grande fortune, pouvait, au sein de l'opulence, se procurer toutes les jouissances de l'esprit et du goût ; mais entraînée par une imagination ardente et déréglée, on la voyait tantôt, dans le silence du cloître, se livrer aux pratiques les plus austères de la religion, et tantôt, rentrée dans le monde, suivre sans mesure et sans frein son pendant naturel pour les plaisirs. Enlin, après aroir, par de folles dépenses, causé la chute et la ruine totale de sa maison, em|H)isonné l'existence du plus vertueux des maris par les écarts scan.ialeux et multiplies de sa conduite, elle finit, à soixante-cinq ans. par contracter un second mariage, dont le but et la disproportion en tous genres la couvrirent de honte et de ridicule. La duchesse de Chaulnes est morte vers 1787. Cette branche cadette de la maison de Luynes est entièrement éteinte. D. L. C.

CHALMEIX ( Abraham — JosEPn de), né h Chameau, prés d'Orléans, dans le commencement du 18* siècle, fut, si l'on en croit Voltaire, successivement marchand de vinaigre, maître d'école, janséniste et convulsionnaire. Lorsqu'on eut fait paraître les premiers volumes de Y Encyclopédie, il attaqua cet ouvrage, et publia, pour le combattre, un livre intitulé : Préjugés légitimes contre l'Encyclopédie, Paris, 1758 , 8 vol. in-12; l'£xain*n du livre de l'Esprit forme les deux derniers volumes. On ne peut nier que cette critique ne contienne des observations justes, mais le style de Chaumeix, les détails minutieux dans lesquels il entre, et ses innombrables bévues, ont fait tomber dans l'oubli un livre qui serait utile, s'il eût été bien fait. L'esprit de parti ne put même lui donner cette vogue passagère qu'obtenaient alors les ouvrages dirigés contre ce que l'on nommait la philosophie moderne. Cependant les encyclopédistes virent daus Chaumcix un ennemi qu'il fallait rendre ridicule pour l'empéclter I Ue devenir redoutable ; il parut d'abord contre lui un

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petit ouvrage qu'on attribue à Morellct, et qui est un modèle delà plaisanterie la plus ingénieuse; il e&t intitulé : Mémoire pour Abraham Chaumrix. contre les prétendus philosophes Diderot et d'Alemberl, Amsterdam, 1759, in-12. Lcclerc de Molinet pul lia ses Préjugés légitimes contre ceux du sieur Cha umeix, 17511, in-12. Voltaire ensuite a ridiculisé ce mal-» heureux dans plusieurs de ses ouvrages, et notamment dans le Pauvre Diable et quelques autres de ses contes, il l'accusa même d'avoir dénoncé les philosophes au parlement de Paris; il est cependant a présumer que Voltaire fut trompé par ceux qui lui parlèrent de cette dénonciation, dont il n'existe aucune preuve, et qu'on ne doit pas adopter sur le simple récit des ennemis de CUaumeix. On a encore de lui : 1* Sentiment d'un inconnu sur V Oracle des nouveaux philosophes, pour servir d'éclaircissement et d'trrala à cet ouvrage, Paris, 4760. in-12. 2* Les Philosophes aux abois, 1760, in -8*. 3* Konuau Plan d'études, ou Essai sur la manière de remplir les places dans les collèges que les jésuites occupaient, Cologne | Paris), 1762, 2 vol. in-12. C'est une misérable compilation également dépourvue d'idées cl de style. 4° La Petite Encyclopédie, ou Dictionnaire des philosophes, ouvrage posthume d'un de ces messieurs, Anvers, i<72, 1781, in-8°. Ces deux derniers ouvrages sont anonymes. Il travaillait au Censeur hebdomadaire, et a fourni diverses pièces aux journaux. En lin, bafoué en France par les philosophes, Chaumeix se retira à Moscou, où il se livra à l'enseignement, et où l'on croit qu'il est mort sur la lin du dernier siècle. Au reste, il devint tolérant en Russie, et une querelle s'étant élevée eutre deux corporations religieuses au sujet d'un enterrement, il lit un mémoire où Catherine II, qui nous apprend ces faits dans une de ses lettres à Voltaire, trouva des opinions raisonnables et sages. B— c— T.

CHALMfcTON (Fbançois-Pikrre), médecin, né le 20 septembre 1775, à Chouié, petit bourg sur la Loire, était (ils d'un chirurgien qui ne lui laissa qu'un modique héritage. Apres avoir fait de trèsbonnes études, il vint suivre les cours de médecine à Paris. Lorsque la loi l'appela sous les drapeaux, il fut nommé chirurgien des hôpitaux militaires; mais, doué d'une sensibilité trop vive, et incapable de supporter le spectacle de la douleur, il préféra bientôt la pharmacie, qui d'ailleurs le ramenait a s&> goûts lavoris, les sciences physiques, les langues et la bibliographie. Il fut admis au nombre des pharmaciens de l'hôpital d'instruction du Val-de- Cracc. Un voyage qu'il fit peu de temps après en Italie acheva de développer son goût pour l'histoire littéraire de la médecine. De retour en France, il s'occupait a mettre en onlrc les notes innombrables qu'il avait recueillies, lorsqu'un incendie lui ravit ce précieux trésor et presque toute sa bibliothèque. Des études forcées, la mort d'une épouse chérie, celle d'une excellente mére, ci la perte du fruit de ses immenses recherches, développèrent en lui le germe d'une misanthropie à laquelle le disposaient une sensibilité profonde et une excessive irascibilité, traits principaui de son caractère. Pour l'arracher

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