‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 42 sur 117 · CIX · texte numérisé non relu

CIX

n.Mos do h Ofanaria, de Fr. d' Ambra (roy.ee nom ), on ne connaît de lui que la Vedwa, Florence, 1569, in-8#. Celte pièce, une de celles qui furent jouées devant l .nchiduc d'Autriche, est liés rare et fort recherchée desemitux, parce qu'elle offre des exemples des divers* dialectes de l'Italie. La Vita di Cosmo de' Mcdici, primo gran-duca di Totcana, fut imprimée a Florence en 1611 , in-4*, par les soins d'un fils de Cini. C'est, suivant M. Gamba, l'histoire la plus complète et la plus exacte que l'on ait de ce prince. (J'oy. laSm'e de' Teni.) On Irouvenne pièce de Cini dans les Canti Carnasdaltsclii : quelques autres sont restées inédites dans les cabinets des curieux. \v— S.

CINNA ( Lieras Cornélius) était de la noble ramille des Cornéliens. Sans avoir de grands talents militaires ni beaucoup de courage, mais avec un esprit intrigant et factieux, il joua un rôle considérable dans la guerre entre Sylla et Marîus. Il se déclara pour ce dernier. Sy lla souffrit qu'il fût porté au consulat. A peine fut il en possession de celle dignité ( l'an de Home 665 ), qu'il intrigua pour éloigner Sylla qui lui faisait ombrage. Maître dans Rome, il s'occupa du rappel «le Mariusct de ses partisans. Pour arriver à son but, il fallait du désordre et de l'anarchie : il essaya de remettre en vigueur la loi du tribun Sulpicius, laquelle donnait aux nouveaux ci» toyens rentrée dans les anciennes tribus. Celte tentative fut repoussée avec la plus grande force : les deux partis coururent aux armes; i) y eut un carnage dans Home. Cinna fut chassé de la ville et déclaré, par le sénat, déchu du consulat. Dans cette situation, il débaucha une armée qui était en Campanie, aux ordres d'Appius Claudius, et en prit le commandement. Pour grossir ses forces, il remua dans toutes les villes de l'Italie, et avec tant de succès, qu'il parvint à réunir trente légions. Il menaçait Rome : la circonstance était favorable pour Marins, qui jusque-là s'était tenu en Afrique. Il repassa la mer, et, se trouvant à la tétc d'une petite armée, il fit offrir ses services à Cinna. (Voy. Marics.) Ces deux chefs, réunis à Sertorius et i Carbon , marchèrent contre Home. Quatre armées l'assiégeaient : elle était mal défendue par les forces du consul Octavius, de Métellus et de Crassus. Le sénat, pour sauver la ville, crut devoir capituler avec Cinna : il fallut le reconnaître pour consul, quoiqu'il refusât de jurer qu'il épargnerait la vie de ses concitoyens. Mai ius et lui arrêtèrent dans un conseil, tenu avec les princijKiux de leur parti , qu'il serait fait main basse sur tous leurs ennemis. Le sénat, qui ignorait celte résolution, les fit inviter à entrer dans Rome ; ils n'y furent pas plus tôt qu'ils la livrèrent à toutes les horreurs de la guerre et à toutes les fureurs de la vengeance. Cinna se rt vêtit d'un second consulat; il parvint ainsi jusqu'à un quatrième : ce fut là le terme de ses succès. S) lia, absent depuis trois ans, revenait de l'Asie en vainqueur. II écrivit au sénat une lettre remplie de plaintes et de reproches, et terminait en annonçant qu'il venait venger la république et les siens, et punir les injustices et les entantes de ses ennemis Le sénat entra en négociation avec lui :

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mais Cinna et Carbon son collègue osèrent marcher à sa renconlre. In mécontentement de l'armée de Cinna, aigrie par ses cin|>oriements , donna lieu à une sédition, dans laquelle ce général Tut tué par un centurion, l'an de Home 668, ou 85 avant J.-C. ( Voy. Appien, I. 1 ; Tile-Live, I. 79; Plularqoe, in Pomp., in Jtfar., tu Syll.; Aurel. Victor, de Virit illutl., I. 60. ) Q— R — y.

CINNA (IIelvus ) lut , suivant Plutarque et Appien, tribun du peuple et ami de César. Dans la nuit qui précédu le meurtre de ce grand homme, il crut le voir en songe qui l'invitait à souper, et l'entraînait avec lui, malgré sa résistance. Cinna était retenu dans son lit par la lièvre, lorsque apprenant qu'on allait brûler le corps de César sur la place publique, il sortit pour lui rendre les derniers honneurs. Dès qu'il parut, son nom prononré courut de bouche en bouche , et lut comme le signal de sa mort. Parmi les meurtriers du dictateur était un autre Cinna, nommé L. Cornélius, qui fut préteur l'an de Rome 708 (t). Le peuple prit l'ami de César pour celui qui avait été un de ses assassins; il se jeta sur lui et le mit en pièces dans sa fureur. Helvius Cinna était, suivant Plutarque, un poète, et peut-être le même que C. Helvius Cinna dont parle Quintilien , et qui, dans un poème en vers hexamètres intitulé Smyrna; avait chanté l'amour incestueux de Myrrha. Servius et Priscien citent quelques vers de ce poème , dont quelques auteurs ont fait mal à propos une tragédie. Le P. Briet, dans son livre intitulé : Acute Dicta vtlerum port arum latinorum, et P. Pithou, dans son recueil d'anciennes épigrammes, publié en 1590, attribuent a Helvius Cinna cinq épigrammes, de Achille, de Telepho, in Xercem (bit ), in L. Crastitium. Ce Crassitius, grammairien, avait publié un mauvais commentaire sur le |h éme obscur et difficile de Cinna. Vossius, de Poetis lalinit, rapporte l'épi^amme contre Crassitius, et un autre in Cn. l'ompeium. (Voy. aussi Suétone, de Gramm., et Maitlairc, Opéra et Fragm. tel. poel. lat. ) V— vb.

CINNA (Ckéils Cornéijcs), était arrière-pet itfils de Pompée, et fut comblé de bienfaits par Auguste. Sénéque, et après lui Dion Cassius, rapportent que cet empereur, dans lu 56* année de son règne, ayant découvert un complot que Cinna avait formé contre lui", eut la générosité de lui pardonner, cn se contentant de lui reprocher son ingratitude, et qu'ensuite il le nomma consul. Cet excès de bonté toucha tellement Cinna. qu'il tut depuis un des plus zélés et des plus fidèles partisans de l'empereur. Ce trait de clémence de la part d'Auguste a souvent été mis en doute, et il est sûr (pie Tacite et Suétone n'en font aucune mention De plus, Sénéque met la scène dans les Gaules, et Dion a Home. Quoi qu'il en soit de la vérité de ce récit, il a fourni à Pierre Corneille sa belle tragédie de Cinna, représentée pour la

(I) IVn <tr IMti|rf après 11 nwrl ,1c César, L. Corn. Cinna « défouilla |<ut>li«|Ut'Ntrnl d« ori:rmrM» <lt> *a mapi&i rature, ditanl qu'il le» réjouit, connue les ajaul leçiud'uu l)ran, cuiitie les Un» ; dmu tl fui bien lui obligé de StfKHMtfKW, Mil la tuile, i l'illdigiutwu du peuple, qui <ueiï-»jii la Nu nh iieùe Ce>ar.

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première fois cn 1559. (Voy. Sénèque, de Clemm* lia, I, 1,ch.9. ) Z.

CINNAMUS(Jban), notaire de la cour de Constanliuople, suivit l'empereur Manuel Comnène dans plusieurs expéditions. Ce prince étant mort l'an 1180 de J.-C, il entreprit d'écrire son histoire, qu'il publia en 6 livres, qui vont jusqu'à l'un 1176. L'ouvrage n'est pas terminé, soit que l'auteur n'en ait pas eu le temps, soit qu'on en ait perdu une partie. Cette histoire a été publiée pour la première fois, par Corn. Tollius, grec et latin, Uirecht, 1062, in 4*. La meilleure édition est celle que du Cange a donnée avec ses notes sur cet auteur, ainsi que sur Nlcéphore Bryenne et Anne Comnène, Paris, 1670, in -fol. Elle lait partie de la Byzantine. Cinnamus est un des meilleurs historiens de cette collection ; niais quoiqu'il ait quelque mérite, il n'est nullement comparable à Xénopbon, ni à aucun des anciens historiens grecs. C— n.

CINO de Pistoie, jurisconsulte célèbre et poète italien, naquit à Pistoie, cn 1270, d'une famille ancienne et distinguée. Le nom de cette famille était Sinibutdi ou Sinibaldi , et son nom propre Clitto.nr, d'où le diminutir Guittoneino, et par abréviation, a la manière des Florentins, Cïno. Il commença ses études dans sa |»ti ie , et les finit à l'université de Pologne , où il reçut le baccalauréat. Ce grade, qui précédait le doctorat, suffisait pour remplir des places de judicalurc. Cino cn occupa une à Pistoie en 1307, lorsque les querelles sanglantes entre les Blancs et des Noirs y prirent un degré de violence qui le força d'en sortir. Il se retira d'abord sur des montagnes qui bordent la Lombardie , chez un de ses amis , qui était comme lui du parti des Blancs, et dont la fille, nommée Selvaggia, lui avait inspiré une passion, ou réelle, ou simplement |>oélique II avait toujours joint aux études de son étal la culture des lettres et de la poésie, et c'était la belle Selvaggia qu'il célébrait dans ses vers. Elle mourut vers ce temps-là même; il descendit alors cn Lombardie, en parcourut plusieurs villes, pa>sa en France, et vint a Paris , où il fit quelque séjour. Il était de retour cn Italie avant 1314 , car ce fut celte annéelà même qu'il acheva et publia a Bologne son commentaire sur le code. Il n'avait été que deux ans a l'écrire, ce qui, d'après le volume de cet ouvrage, la difficulté des matières qui y sont traitées, et le profond savoir que l'auteur y déploie , excita une surprise et une admiration générale. Ce fut après le succès éclatant de cette publication qu'il fut reçu docteur en droit, le 9 décembre 1314. Plusieurs universités se disputèrent alors l'avantage de l'avoir |»otir professeur. Il occupa pendant trois ans une chaire à Trévise , et professa plus longtemps & Pérouse, où il eut pour disciple le célèbre Bartholc. On prétend aussi, mais sans preuves, qu'il enseigna dans les universités de Bologne, de Sienne, et même de Paris. 11 est certain qu'en 1334, il était un des professeurs de celle de Florence. C'était toujours du droit civil qu'il donnait des leçons , les auteurs qui ont cru qu'il en avait donné de droit canon l'ont confondu avec Cino Tehaldi, quiétuit comme lui de Pi*

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ton» , et qui remplissait , dans ce temps-là même, à Florence, la r hairc de cette faculté. D'autres se sont aussi trompes en assurant que Cino avait en pour écoliers Pétrarque cl Boeeace: cela n'est vrai ni «le l'un ni de l'autre. Cino était de retour à Pistnic en 1536; il tomba malade, Ht son testament le 23 décembre, cl mourut, soit avant la fin du même mois, soit au commencement de janvier 1357. Son commentaire sur le code effaça tout ce qui l'avait précédé dans ce genre, et a conservé longtemps après la mort de l'auteur une grande réputation ; il fut imprimé dans le 15* siècle, et réimprime plusieurs fois dans le suivant. Les trois principales éditions sont : l Leelura Domini Cyni de Pistorio super Codice, l'avip,1483, in-fol. ; 2* Cyni de Pi$lorio fumosissimi legum explanatoris, etc., super Digrsti veltrit factura, Lyon, 1526; 3 Cyni Pislorimss juritonsuUi prœstanlitsimi in Codicem et aliquot titufas primi l'andetlarum tomi,ideti Digetti velerit doclissima commentaria, etc., multo diligentins et emendatius qwm anlea exeussa m jureconsulto eeleberrimo Domino Nicolao Cisntro, etc., Frandort-sor-le-Mein, 1 >78. Celte édition, donnée par Cistiérus, est la plus estimée. Comme poêle italien , Cino est un des meilleurs de ces premiers temps : c'est, de tous les poètes qui précédèrent Pétrarque, celui dont la manière approche le plus de la sienne, et dont les vers ont le plus d'élégance et de douceur. Ses poésies furent recueill es et publiées, pour la première fois, sous ce titre : Rime di messer Cino da Pittoja jureconsulto t poêla eelebralissimo, novellammte poste in luee da NiceolàPilli, Home, 1559, in-8«, réimprimées, avec une 2* partie, a Venise, 1589, par les soins de Faustiuo Tasso ; mais on sotq^onne que cette 2' partie n'est pas dè la nême main que la I". Séb. f.iampi a donné a Milan, en 1808 : Fifo e Poésie di Cino, in 8" dans lequel o i trouve une canxone de Cino sur la mort du Dante; une seconde édition a paru avec des augmentations, Pise, 1813, in-8'. On trouve aussi plusieurs morceaux de Cino parmi les poésies du Dante qui était son ami, et elles forment une partie considérable de tous les recueils d'anciennes poésies italiennes. (ï — É.

CINQ ARBRES, ou CINQUARBRKS ( Jean), en latin, Qi: iNnt1 AnBORF.cs , né à Aurillac, dans l'Auvergne, au commencement du 16* siècle, étudia les langues orientales à Paris, sous François Valable, fut professeur d'hébreu et de syriaque au collège de France en 1554, et mourut doyen des professeur royaux en 1587. Il publia en 15(6 sa Grammaire hébraïque, à laquelle il joignit un petit Imité de Kntù Hebraorum. Elle fut réimprimée en 1549, 155G, 1382 ; a Venise, en 1588, et en 1609 et 1621, in-!0, sous ce titre : Lingues hebraicœ Institutions absolutissimm. L'édition de 1609, in-4«, est due a P. Vignot, qui y ajouta des notes, l'explication latine des mou hébreux, l'alphabet rabbinique, le traité de la Syntaxe et de fa Poésie des Hébreux, de Géncbrard, et l'analyse grammaticale du psaume 53 du cardinal Bcllarmin. Cette édition est en Outre remarquable par la beauté des caractères, qui avaient été gravés cl fondus par G. Lebé. Cinq-Arbres

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traduisit aussi en latin, avec des notes, Te Targum ( ou paraphrase chaldaiqtie ) de Jonathan , fils d'Dziel, sur Jérémic. Cette version parut en 15 19 et en 1556, in-4°, avec le Targum du même Jonathan sur le prophète Osée, qu'il avait donné en 1551 , et il y ajouta les paraphrases sur Joël, Amos, Rnlb, etc., sous le tilrc suivant : Targum in Osean, Joelem , Amosum, Ruth el TItrenos. 11 avait l'ait réimprimer en 1551, in-8% l'Évangile de St. Matthieu, en hébreu, avec la version et les notes de Séb. Munster. Il a aussi traduit en latin plusieurs ouvrages d'Awcenne. V — vu et J— îï.

ClNQ-MAItS (Henm Coi m eu de Ruzé, marquis de), second lils d'Antoine Coiffier, marquis d'F.ftiai. maréchal de France et surintendant des linances, et de Marie de Fourci, naquit en 1620. Ce favori de Louis XIII fut grand écuyer de France dés l'âge de dix-neuf ans. C'était un des plus beaux hommes et un des esprits les plus agréables de la cour. Il dut au cardinal de Richelieu la grande faveur à laquelle il parvint et la terrible catastrophe qui la suivit. Ce ministre n'avait élevé Cimf-Mars aux honneurs que pour s'en faire un instrument qui lui soumit de plus en plus le faible successeur de Henri IV, anssi ennemi des plaisirs et de la galanterie que ce roi y avait été porté. Les goûts et le caractère de Cinq-Mars étaient bien différents; tout dans sa conduite et dans ses moeurs rappelait le règne précédent, et il disait en parlant de Louis XII 1 : « Je « suis bien malhrureux de vivre avec un homme «qui m'ennuie depuis le matin jusqu'au soir;» mais il supportait cette contrainte dans l'espoir de s'emparer de l'esprit de son maître et de gagmr toute sa confiance. Alors il se plia entièrement aux goûts et à l'humeur de Louis, avec lequel auparavant il ne craignait point de se brouiller par de fréquentes disputes. Richelieu s'aperçut qu'au lieu d'un instrument, il s'était donné un rival, et ces deux hommes conçurent l'un pour l'autre une haine invincible. Cinq-Mars conseilla plusieurs fois au roi de faire assassiner son ministre, et il est certain que le roi entra un moment dans ce projet, dont le cardinal ne tarda pas i être informé. Il en Ht parler au roi parle marquis de Morlemart. « Le roi, dit le P. Griffet, afi< fecta d'en paraître étonné. » Il écrivit une lettre au chancelier Séguier pour se justifier, non d'avoir écouté les propositions de Cinq-Mars , mais d'avoir jamais donné le moindre assentiment à une pareille action. Celte lettre est très-remarquable : c'est la première, la seule peut-être qu'un roi puissant ait écrite pour justifier sa conduite envers un de ses sujets. Cinq- Mars entra dans les intérêts de Gaston, depuis longtemps ennemi déclaré du premier ministre, cl contribua au traité que ce prince lit, par l'intermédiaire de Fontrailles, avec les Espagnols. Richelieu, informé de cette alliance, en donne avis au roi. Ce prince hésite, ne sait que croire, ouvre enfin les yeux, dit Millot, et Cinq-Mars est arrêté : il était alors avec la cour à Narbonnc. On renferma dans la citadelle de Montpellier, où il subit un premier interrogatoire. Il Tut ensuite conduit, escorté de six cents cavaliers, au cltâicait de Pierre- Encise près

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de Lyon , où il arriva le 4 septembre 1642, et l'instruction du procès commença dés le lendemain. Le chancelier Séguier, son ennemi personnel, s'était rcmlu à Lyon dés le 3 août pour faire le procès de ce favori, <|ue le roi, dans une le lire adressée au parlement de Paris, peignait sous les plus noires ■ couleurs. Le cardinal, qui se trouvait à Montpellier, remonta le Rhône jusqu'à Valence, dans un bateau, traînant à sa suite, dans un nuire bateau, le (ils du célèbre historien deThou, entouré de gardes. Ce fut i Valence qu'on imagina , |>our transporter le cardinal dont la situation était désespérée , de Taire avec des planches une cliambrc portative, assez grande pour contenir un lit, une chaise cl une table. Cette espèce de chambre était couverte d'un damas cramoisi, sur lequel on incitait une toile cirée quand il pleuvait. Il arriva ainsi à Lyon , le 3 septembre, porté par ses gardes, pour y diriger la procédure , et pour redoubler, par sa présence et par ses avis, 1 activité du tribunal, ou plutôt de la commission. 11 en repartit le 12 au matin, tellement certain de la condamnation, que, dès la veille , il avait ordonné les préparatifs de l'exécution. Les preuves eussent été insuffisantes, si le faible Gaston n'eût tout révélé pour obtenir sa grâce. Le roi disait de ce prince : « Ne me parlez pas de la lidélilé de « mon frère: on sait assez qu'il n'en a point et qu'il « n'en a jamais eu pour moi.» Lamarécliale d'Efiiat écrivit au cardinal pour le prier de sauver la vie à son lils ; elle en reçut une réponse très-dure , mais dans laquelle le ministre dissimulait ses ressentiments personnels, cl cherchait à justifier la rigueur de sa conduite par les intérêts de l'État ; prétexte banal qui a servi, en tant d'occasions, à masquer l'exercice de vengeances particulières. Cinq-Mars, qu'on appelait M. te Grand, fut condamné à mort avec de T hou , et exécute sur la place des Terreaux, le 12 septembre 16S2. Son corps fut porté dans l'église des feuillants, et enterré devant le grand autel. Il n'était i'ige que de 22 ans. Cinq-Mars avait cle condamné à subir, avant son supplice , la question ordinaire et extraordinaire. Il témoigna sa surprise qu'un homme de sou rang, qui n'axait rien dissimulé, fût soumis à celle cruelle formalité. Le P. Malavalelte, son confesseur, le rassura, et lui dit qu'il avait obtenu qu'on le présenterait seulement à la question, mais qu'il n'y serait point appliqué; cependant il eut une grande frayeur lorsqu'il entra dans la chambre et qu'on l'eut attaché au banc. Il monta sur l'échafaud et reçut le coup de la moi t avec un grand courage. Le bourreau s'était cassé la jambe quelques jours auparavant, et ce fut un homme de la lie du peuple qui fit son office ce jourla; il reçut cent écus p .m- cette exécution. On lit dans beaucoup de mémoires, et même dans quelques historiens, que le jour de l'exécution le roi regarda plusieurs fois a sa montre pour voir l'heure, et qu'il disait : • M. le Grand tait actuellement une • vilaine grimace. » Il n'y a nulle vraisemblance que ce mol atroce soit échappé a Louis Mil, qui était alors à St-Germain-cn-Layc, et qui ne pouvait savoir dans cet éloigncmcnt le jour et bien moins encore l'heure

du supplice de son favori. — La sœur du marquis de Cinq- Mars, Marie d'Effiat, fut la fondatrice du monastère de la Croix, au fauliourg St-Anloinc, a Paris, et elle y mourut le 15 août 1692, à l'âge de 78 ans. ( Voy. F. -A. deTiiou. )

CINTRA ( PjBnftf de), navigateur portugais, gentilhomme ordinaire du roi, fut envoyé en 1462, avec deux caravelles, pour continuer les découvertes le long de la cote de la Guinée. Après être arrivé aux îles situées à l'embouchure du llio-Grande, terme des voyages précédents, il ne put tirer aucun renseignement des habitants , dont les interprètes ne connaissaient pas la langue. Il prolongea la cote jusqu'au cap Mcsurade par les 7* de latitude >". , reconnaissant les bouches des fleuves et les caps auxquels il donna des noms. Au delà de Mcsurade, les Portugais nommèrent une forci immense d'arbres verts, le bois de Ste- Marie. Quelques canots des naturels s'approchèrent des vaisseaux; trois nègres vinrent à Lord d'une caravelle; on en laissa aller deux, et l'on en retint un, conformément aux ordres du roi de Portugal, qui espérait que parmi les nègres très-nombreux dans son royaume, il s'en trouverait quelqu'un qui comprendrait le langage de ceux que l'on amènerait. Ln effet, Cintra l'ayant amené en Portugal, une femme esclave vint à bout de le comprendre par un idiome qui n'était pas le leur, mais que tous deux avaient appris; on le traita fort bien, et l'année suivante on le renvoya d.tns son pays. Cintra avait été accompagné dans son expédition par un Portugais qui avait servi de secrétaire a Cada-Mosto, et qui, à son retour, le présenta à son ancien maître ; tous deux lui racontèrent les détails de leurs découvertes, et Cada-Mosto en écrivit l'histoire qu'il a publiée. On la trouve dans le t. 1*r du recueil de llamusio, dans le t. 1er du recueil de Temporal, intitulé : Hùloriale DesciipHon de l'Afrique, plut cinq navigations au pays des Noirs, Lyon, 1556, 2 vol. in-fol. ; enfin dans le ATotui Orbit de Grynaeus, où Cintra est appelé Zinzia. Sa relation est

(0 La Utile catastrophe do Cinq-Mars ci de François-Auguste Ai Thon a été ra.oniee par plusieurs écrivain». Nnus rilcrons: les UtmetrtS du comte de la Cuatre ( Lcyde. 4662, in-4i); ceux Ae Huiiiré.M>r ( ibid.. 1663, S toi. iu-13 ) ; ceux de Viilorio Siri ( 4676- 79, in-t» ) ; \ Histoire Je l'Europe tout te rient <le Louis Mil, par LtfftStM ( AuMerdau, 1737, 7 Toi. in-4"); Mémoire» et Intitulions fiur stnir a jntiifler mesure Fraut»is-Augu*te de Thon, par Pierre Divin, dans le 45« «cl. de l'Histoire vnirersetle da président de Thon (175», 46 vul. in-i°); Yllistoire rtrilaMe ie tout ce qui t'ett [ut ei passé dans ta ville de Lton « n la mort de messieurs de Cinq-Mars et de Thtm ( sans nom de ville, d'imprimeur ni d'auteur !, in V de 78 p.. insérée dans les Histoires trafiques ie notre Kn-ps pet F. de Musse! ( Lyon, 47*i, in-** ) sou» le litre de Particularité* remarquées en la mort ie SHtssires, etc. et reproduite dans les Vouteltes Archive» iu Mine ( t. S. p. 246- 43). M. CapeGgue, dans (un outrage sur llnhtHeu, Slaiatin, la Fronde et le siècle de Louis XIV ( Pans, 4S36, 8 vol. in-t»), rapporte en détail, et d'après quatre relations qui cm- tout a la bibliothèque royale, l'inlerrogaiulre et les dernieis mome-rm des deut ci-li bres amis. Les pièces du procès ont eie imprimées dans \c Journal de Hichcticu (Amsterdam, 4 (.6 1. 9 parties in-42 ), rt dans le t. * des Soureaux Mémoires «"histoire, etc., île l'alibi d'Arligny ( Pans, 1749-56. 7 vol. lu-49). Enfin M. Alfred de Vigny a publié ( Paris, 48if, 2 toi in-tT ) : Cinq-Mars, 0u une Cerjurtltou tous Louis Mil. roman historique, lotit s, uit remarquable, ei qm compte dej» plusieurs édttioa». Cn— s.

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succincte, mais exaeie; il n'a pas assez d'expression pour louer la belle végétation de la côte qu'il a suivie. 11 donna le nom de Sierra Leona à une montagne, parce que le choc des nuages qui en couvraient la cime produisait un bruit semblable a celui du tonnerre. Cintra retourna en Afrique en 1482, sur une flulle commandée par Diego d'Azauibuja, qui poussa sa course iusqu'à la Mina, où l'on baiil un Tort. — Goniolii i>£ Cintra, autre navigateur portugais, lit, en 144,1, un voyage à la côte d' A n ique avec Nuûo Tristan, cl courut de grands dangers dans une incursion qui eut lieu à l'endroit nommé Puerto del Cavallero. Renvoyé à la côte d'Afrique en 1445, un Uore qu'il avait reçu à bord l'engagea à se diriger sur Arguin, et s'enfuit pendant la nuit avec un de ses compatriotes. Cintra s'embarqua aussitôt dans un canot avec douze hommes, pour punir le More de sa perfidie. Ayant néglige d'observer l'heure de la marée, il échoua ; attaqué au point du jour par deux cents Mores, il fut tué avec sept de ses compagnons; les cinq autres rejoignirent Irw vaisseau à la nage. On donna le nom d'Angra de Gonialès de Cintra à la baie où les premiers Portugais furent tués. Cette baie, désignée sous le même nom sur la carte d'Alriquc tic d'Anville, est à quatorze lieues au sud du Rio do Ouro. E— s.

CIOFANO (Hercule), orateur et poète, né à Sulmone , au commencement du 16e siècle, fut le disciple de Muret, el profila des leçons de cet habile inallre. On a la preuve de son savoir dans ses commentaires sur les Métamorphoses d'Ovide, son compatriote, où le désir de se montrer crudit ne nuit point à l'élégance et à la pureté du style. Ils furent imprimés à Venise, par Aide le jeune, en 1573, in-8". Le succès qu'eurent ces commentaires engagea I auteur à continuer ce travail sur les autres ouvrages d'Ovide. Toutes ses notes sur cet ingénieux poêle ont été imprimées avec la vie d'Ovide el la description de Sulmone, à Anvers, Planlin, 1585, in-8"; on les a réimprimées dans l'édition d'Ovide, avec les observations d'autres savants, Francfort, 1001, in-fol., et enfin dans la belle édition donnée |«r Ilurmntm en 1727, 4 vol. in-4°. On a encore de Ciofano, Adcerbia liealia, bulinouc, 1584, in-4s, et «juelques autres opuscules. Muret parle de lui avec éloge dans plusieurs de ses Icllrcs. Scaliger, Scioppius, Mauuce, s'accordent également a louer son talent, son érudition et sa modestie, ainsi que miu désir continuel d'obliger. ( Voy. aussi Bail lui. Jugem. dessalants, l. 2, part. 2, de l edit, de 1725.) W— s.

ClONACCI ( François) , prélrc et littérateur florentin du 17 siècle, n'est connu que |>or une édition qu'il a donnée des Poésie sacre de Laurent de Médicis, surnommé le Magnifique; de Lucrèce Toruabuoni, sa mère, et de deux aulres Médicis, a Florence, 1680, iu-4". Les poésies de Laurent forment la plus grande partie du volume; c'est une représentation, ou espèce de drame pieux de St. Jean et de St. Paul, suivie de prières, oroaioni, et d'hymnes ou cantiques, laude; le tout est précédé d'observations savantes et curieuses de l'éditeur, sur ces di là- rentes espèces de pocsics sacrées, sur les drames appelés

représentations, sur les oraisons et sur les îaude ou cantiques. G— É.

Cl ONE. Vouez Oiicvgna.

CIP1ERHE, ou S1P1ERRE i Philibert oe M ausillv, seigneur nt), gouverneur de Charles IX, distingué par sa bravoure, ses lumières et sa probité, naquit d'une famille noble dans le Maçonnais; obtint uuc compagnie de cinquante hommes d'armes, et dut aux Guise son élévation. En 1551, il fut fait prisonnier, avec Dandelot, sous. les murs de Parme. Il faisait alors partie d'une troupe de volontaires français qui étaient venus chercher en Italie la gloire au milieu des dangers. I n 1560, il était lieutenant général de la ville d'Orléans, lorsque François 11 fit son entrée dans celte ville, à la tète de 1,200 lances et de 7 à 8,000 hommes de vieille infanterie. Cipierrc avait ordonné, sous peine de la vie, à tous les habitants, de déposer leurs armes à l'hôtel de ville. Il leur ordonna de les reprendre pour la cérémonie de l'entrée du monarque, et de les déposer de nouveau quand elle fut terminée. Deux ans après, la guerre civile éiait déclarée; Dandelot, frère de Coligni, commandait dans Orléans, et Cipierrc assiégeait celle ville avec le duc de Guise. Il dirigea si heureusement une attaque sur le fuuboug du Portcreau, que la ville eût été emportée si l'armée royale n'avait manqué d'artillerie : « Mon bon homme, écrivit le « soir même le duc de Guise à Gonnor, je me mange « les doigts, quand je pense que si j'eusse eu six « canons de plus, celle ville était a nous. » Cipierrc avait élé nommé, à ta recommandation des Guise, gouverneur de Charles IX, lorsque ce prince n'était encore que duc d'Orléans. En 15G0, il assista aux états d'Orléans, debout derrière le liônc de son disciple et de son maître. Sa vigilance et son austérité avaient dû déplaire dans une cour livrée aux intrigues et à la corruption. Les calvinistes voyaient avec dépit qu'il élevât le monarque dans un respect soutenu pour la religion catholique; ils osèrent s'en plaindre à rassemblée de Poutoisc, et désigner l'amiral de Coligni pour surintendant de l'éducation du jeune roi. La reine mère, qui penchait alors vers Coligni, n'osa cependant le nommer, et choisit Charles de Bourbon, prince de la Rochc-sur-Yon, et frère du duc île Monipcnsier. Fn rétablissant surintendant de l'éducation de son fils, elle pensait rue Cipierrc donnerait sa démission; mais il ne se trouva' |K>inl humilié de se voir subordonné à un prince du' sang. Ce dernier, sans avoir encore abandonné l'ancienne religion, servait la nouvelle, et ne négligeait rien pour favoriser ses progrès. Ceux qui la professaient ne furent plus écartés de la familiarité du jeune roi. On lui laissa lire, ainsi qu'à ses frères, ainsi qu'à sa sœur, les livres de la réforme, et l'on joua devant Charles IX des farces indécentes, qui avaient pour but de tourner en dérision les cérémonies de l'Église romaine Cependant, en 1562, le parti catholique reprit le dessus à la cour, et Cipierrc recouvra la confiance de son élève et l'estime de Catherine. Il obtint le gouvernement de l'Orléanais et du Dcrri : il était depuis deux ans conseiller d'État. Fn I voyant au conseil de Catherine Cipierrc et Lhopilal, et

SIO CIP

dans l'éducation tic (parles IX, Amyot et Cipierre, on s'étonne de trouver, à celte époque de l'histoire, un prince si faible et si dissimule, un gouvernement si versatile et si malheureux : « Ce fut, dit Brantôme, « le maréchal de Heu, Florentin, qui pervertit ce « prince, et lui Ut oublier la bonne nourriture que « lui avait donnée le brave Cipierre. • Se sentant atteint d'une maladie mortelle, Cipierre donna à Charles IX et a Catherine de sages avis pour la réconciliation des Guise avec les Coligni. Il partit ensuite pour les eaux de Spa ; mais il mourut en route, à Liège, sur la (in de septembre 1566 : «C'était, « dit l'histurien «le Thou, un homme de bien el un « grand capitaine, qui n'avait rien de plus à cœur « que la gloire de son élève et la tranquillité de c l'État. » V— v e.

CIPIERRE (I) (I\eké ns Savoie, communément appelé), fils de Claude de Savoie, comte de Tende, gouverneur el grand sénéchal de Provenre, prit parti pour les calvinistes dans les guerres civiles qui éclatèrent sous le refîne de Charles IX. En 4567, il s'empara de Sisteron, tt leva des troupes en Provence par ordre du prince de Condé. En même temps, de semblables levées s'exécutaient dans le Dauphiné, le Languedoc, la Guiennc, l'Auvergne et le Bourbonnais. Cipierre, réuni a Crussol d'Ac ier, à Mouvans, au luron de Bar, à CcrestC el à plusieurs autres chefs, s'empara, lono-nieuunt avec eux, des citadelles de [S limes et de Montpellier. Il retourna ensuite vers Sisteron pour observer Siînianc de Gordesel Maugiron. Cipierre elail un esprit modéré dans un temps d'effervescence et d'exaltation. 11 devint suspect à tous les partis, et même son frère aîné, le comte de Sotmnemc, se déclara son ennemi. Cipierre revenait de Nice, où il était allé voir le duc de Savoie, son parent; il avait une suite de trente-cinq personnes; arrivé près tic Fréjus, il est averti qu'une troupe est embusquée pour l'attendre dans un bois qu'il va traverser. Il se détourne, et se baie de gagner Fréjus par un autre chemin ; niais les trois cents hommes dont l'embuscade était composée ci qui l'avaient poursuivi entrent dans la ville avec lui. Guépard de Villeneuve, seigneur des Arcs, qui commande celle troupe, fait à l'instant sonner les cloches, soulève le peuple, et marche à la maison où Cipierre s'est rcnlrrmé. Les consuls, daignant pour sa vie, ne négligent rien pour arrêter le désordre. Us obtiennent enlin que la populaee se retire, a condition que Cipierre el les gens de sa suite rendront les armes. Celte condition remplie, la populace s'éloigne. Des Ares enfonce alors les portes de la maison, et fait massacrer tous ceui qui s'y trouvent ; mais, ne voyant pas parmi les morts le jeune Cipierre , que les magistrats avaient fait évader, il feint d'être inquiet pour sa vie, et demande avec instance qu'on le remette entre ses mains, seul moyen, disait-il, de le sauver des fureurs populaires. Les consuls, trompés et trem-

(I) Celle famille ciblait encore en Prorrneean IS* siècle. <fam U personne de Bruno de Cipierre, cbe-aller de Si-Louis, capiu.ne d une de* »»Jer« du roi. et qui avait deax ils officier» de urine an

CIP

blants, font paraître Cipierre, et aussitôt il expire percé de coups. On crut dans le temps que Somme* rive, son frère, ne fut point étranger à cel horrible assassinat, et qu'il avait été secrètement ordonné par la cour. Ce qui fortifia celte dernière conjecture, c'est que dan» le même temps un des gens de Cipierre, envoyé en mission à Paris, fut assassiné an» près du Louvre, sans autre motit présuniable que celui de s'emparer des lettres et des ordres secrets qu'il pouvait avoir pour son maître. De Tbou racoute que les protestants, calculant les meurtres qui furent commis en 1567 el en trois mois, portaient à plus de 10,000 le nombre de leurs frères qui, dans ce court espace de temps, étaient tombés en France sous le fer des assassins ; et cet historien, qui ne paraît pas toujours impartial, se contente d'ajouter : « Je crois qu'ils exagéraient. » V—vb.

CIPBIAM (Jean-Baptiste ), peintre et graveur à i'eau-uiie , que les Anglais réclament comme ap« partenant à leur école, parce que c'est en Angleterre qu'il a exécuté la plus grande partie de ses ouvrages, naquit, suivant les uns-, a Pistoie, vers 1727, ou à Florence, en 1726, suivant quelques biographes italiens. Il munira de bonne heure de grandes dispositions pour les deux arts qui ont fait sa réputation, et lui d'abord placé sous la direction d'un peintre anglais appelé IgameHugford ou llecklord. Cipriani lllivit ensuite les leçons ttcGabhiani, et, en copiant le* ouvrages de ce maître . il devint un excellent dessinateur. Condisciple du célèbre graveur François Bcrtalozzi, le désir de l'égaler esciia son émulation , et il ht bientôt des progrès remarquables dans l'art de la gravure. Il s'y perfectionna pendant le séjour qu'il lit à Borne, où il s'était rendu en 1730. L'Italie possède peu de ses peintures. Lanzi en cite deux, exécutées pour l'abbaye de St • Michel in Pelago , dans les environs de Pistoie , l'une de S. i uro.et l'autre de Grégoire VII. Suivant Muzzarelli, en quittant Rome, Cipriani revint dans sa ville natale; et le premier ouvrage qu'il y fit fut il lftdone deW Organo , que lui coulièrenl les carmélites de l'église de S. Mana-MaddaUna de" Paizi. Il travailla ensuite pour la noble famille des Biiiuccini , par la protection desquels il fut chargé de faire la table du maître autel de l'église des Pères des écoles pies. Cédant aux pressantes instances de plusieurs Anglais de distinction, il se rendit à Londres, au mois d'août 1755, avec M. Wilton et sir William Chambers qui retournaient dans leur patrie. Sa réputation l'ayant précédé , plusieurs seigneurs anglais, parmi lesquels nous citerons lord Fdncy et le duc de Richmond, lui accordèrent leur patronage. Lorsqu'cn 1758 ce dernier ouvrit sa galerie, pour en faire une espèce d'école des beaux-arts, ce furent Wilton et Cipriani qui furent chargés d'y surveiller les travaux des élèves, le premier, en leur donnant des leçons de sculpture, et le second, de peinture; mais ce projet ne tarda pas à être abandonné. A la création de l'académie royale, Cipriani en fui l'un des fondateurs, et ce fut lui qui fil le dessin pour le diplôme donné aux académiciens et aux associés au moment de leur admission. Cet ou-

cm m

vrage, exécuté avec autant de goût que d'élégance, lui valut, «Je la part du président el ilu coit&eil, une coupe d'argent qu'on lui offrit cotiiuie un témoignage d'estime pour le talent qu'il avait déployé. Le dessin original de ce diplôme lui acheté, en 4806, SI gui nées par M. G. Baker, à la vente dea tableaux, dessins, etc., du marquis de Lansdownc. Parmi les travaux auxquels il se livra pendant son séjour en Angleterre, nous citerons la restauration de» peintures de Rubens au plafond de la cluqK'lle de Wlùlc-Hall, qu'il termina en 1778, celle des tableaux du Vertio a Windsor, avec l aide de M. Richards, et, dans le palais de Buckingliam, un platond dont il peignit les compartiments dans l'ancien style. On doit aussi indiquer une chambre décorée par lui de sujets poétiques dans la maison de feu sir William Young à Slandlynch, dans le comté de Wilt. Quelques-uus des rares tableaux qu'il a laissés se trouvent dans la résidence de M. Coke, à Holkltam, et au plafoud de la bibliothèque de l'académie royale. On connaît de lui plusieurs gravures à l'eau-lorte de sa collection • Raccolta di cento pen- «<cri) des œuvres d'Antoine-Domiuique Gabbiani. Cipriani est surtout distingué par ses dessins, qui réunissent, dit Fuscli, la icrlilité de l'invention aux grâces de la composition et a l'élégance séduisante des formes. On doit citer parmi ses dessins ceux qu'il a faits pour le Roland furieux de l'Arioste; ils ont été gravés par Uartolozzi et par ses meilleurs élèves, et accompagnent l'édition de ce poème publ ce à Birmingham, avec les caractères de Uaskerville (1773, 4 vol. in-8°). On trouve dans ces petites compositions toute la grâce et l'esprit de son talent ; celle du Zo' chant représente, suivant M . Auguis, des cygnes qui sauvent du Lelhé les noms des grands poètes ; au bec d'un de ces oiseaux, l'artiste a mis son nom dans un médaillon si petit, qu'il faut un microscope pour distinguer les lettres. L'écrivain que nous venons de citer assure que Cipriani a gravé avec le même succès plusieurs pièces, tant de sa composiuou que d'après différents maîtres, entre autres une huante de croix, d'après van Dyck , qui est extrêmement rare. Les dessins de Cipnaui que Uartolozzi et ses amis ont reproduits par la gravure ont été recherchés avec avidité dans toute l'Europe. Cipriani s'adonnait aussi à la poésie, et on rapporte un de ses sonnets à la suite de son éloge inséré dans le GiorncUe délie belle arti, pour l'année 1786. Cet artiste est mort à Londres, le 14 décembre 1785, et a été enterré au cimetière de Cbclsea; il a laissé deux lila sur lesquels nous manquons tout à lait de renseignements. D — i — s.

ClRCIGNANO (Nicolas), dit Pomerancio, parce qu'il naquit k Pomérancia en Toscane, en 1516, était déjà assez bon peintre lorsqu'il vint a Rome. Lrs nouvelles études qu'il lit dans celte capitale le placèrent en peu de temps au rang des meilleurs artistes. Sa manière de composer était grande et hardie, son dessin pur et correct. Il fut jugé digne de travailler aux loges et aux salles du Vatican. Il savait travailler la fresque d'une manière grande, et il entendait surtout parfaitement l'art de peindre de

vastes compositions d'appareil. On voit de lui r'e très* grand» ouvrages dans Si-Laurent in Damaso, tels que le martyre de ce saint. Cirrignano mourut à Home en 1588, âgé de 72 ans, laissant un fils surnommé comme lui »'/ Pomerancio (Antoine), qui fut son eléve et qu'il associa à ses principaux ouvrages. On trouve dans les tableaux d'Antoine la même franchise dans le dessin, une manière de peindre grande et décidée. Ces deux peintres ont fait en commun presque toutes les grandes compositions que nous avons citées. Antoine lit pour des thèses plusieurs dessins qui furent gravés de son temps ; un y retrouve le talent de composition qui recommande ses peintures. Antoine Circignano mourut à Rome, en loi 9, âgé de 60 ans. A-8.

CIRLY (Jean de), né à Dijon, entra fort jeune dans l'ordre de Citeaux, dont il fut nommé abbé général en 1476, el mourut le 27 décembre 1503. On a de lui : 1° Collectio pricilegiorvm ordinii CiUercientii, Dijon, 1491, in-4°, réimprimée par Planlin d'Anvers, en 1630 ; 2* Capilulum générale Cisterciense, ibid., 1490; 3° Compendium sanclorum ordinit Cittercitruit, ibid., sans date, in-4*. Jean de Cirey a aussi composé, avec un autre religieux de Citeaux, un ouvrage intitulé : Dialogus inler priortm el subpriorem 4» prospéra et adverse statu ordinit, et qui est une réponse à une publication de Mathias i illard, abbé de Clairvaux. Il a laissé en manuscrit un Chraniam brève nrunt in Durgundiae ducatu geslarum, a 1473 ad 4480; CAronicon Culereieme, qui ne va que jusqu'au 14* siècle, et un catalogue des manuscrits que possédait Tordra de Citeaux. D. L.

UHi 1.1.0 ( Debsarpim ) , d'Aquila, dans l'Abruzze, fut secrétaire de la chambre royale à Naples; il passa ensuite à Rome, y devint protonotaire et secrétaire apostolique, archiprêtre de la S. -Cota de Lorctte, chanoine de Me Marie-Majeure, cl enlin, sous Paul IV, commandeur du fameux hôpital du Sl-Esprit in Saxia. Il mourut à 75 ans, le 13 juillet 1575, selon son épitaphe, rapportée par le Toppi, dans sa Biblioteca bapulclana. R n'était donc pas secrétaire de la chambre royale de Naples en 1487, comme le marque même Toppi, quoiqu'il cite avec beaucoup de soin la pièce tirée des grandes archives de ccue chambre qui le prouve. Ce sont là de ces dinicullés qui pourraient arrêter longtemps, si l'on avait le moindre intérêt à les résoudre ; mais tout ce qu'il importe de savoir de ce Cirillo, c'est qu'il a laissé un ouvrage historique intitulé : gli Annali délia eitlà deli Aquila, con l'hittoria dtl tuo tempo, Rome, 1570, in-4», où Ton trouve sur cette petite ville, qui a été sujette à beaucoup de révolutions, quelques détails intéressants. ( Yoy. l'article Salvateur Massomo. G—è-

CIRILLO (Nicolas), médecin et physicien» né près de Naples, en 1671, fut nommé professeur de physique à l'université de cette ville en 4705, et l'année suivante, second professeur de médecine tique. En 1718, Cirillo fut associé à la société royale de Londres, dont Newton était alors président. II mourut à Naples en 4734, âgé de 63 ans. R fut

chargé d'observer et d'écrire les Ephémérides météorologiques de Nnptes, et publia successivement : 4» une Dissertation sur l'usage de l'eau froide dans les fievres, insérée dans le 56' vol. des Transaction* philosophiques; 2° Mémoire sur les tremblements de terre, à l'occasion de relui que Ton avait ressenti a Naples en 1751 ( Transaction* philosophiques, vol. 38'); S* deux dissertations, dont l'une sur le vif-argent, et l'autre sur le fer. D— P— s.

CI1VILI.0 (Dominique), de la même famille que le précédent, né en 1734, à Grugno, dans la terre de Labour, au royaume de Naples, montra dés sa tendre jeunesse une passion ardente pour l'élude, et surtout pour la médecine, dont il cultiva toutes les brandies avec un é;.-al succès. Le professeur de botanique Pedillo étant mon, un concours fui ouvert pour lui désigner un successeur; Cirillo, trèsjeune encore, se présenta, et obtint la chaire Quelques années après, il accompagna lady W alpole en France et en Angleterre, et profila de son sej >ur à Paris pour visiter les hommes célèbres et les établissements utiles de cette capitale. Il s'attacha par les liens d'une estime réeiproque à Nollet, a Buffon, à d'AIcmbert, et pins particulièrement à Diderot. L'Angleterre lui fournit les moyens de se livrer à son goût pour l'histoire naturelle ei les arts. Il suivit a Londres les leçons de Guillaume Hunier, et la société royale le reçut parmi ses membres. De retour dans sa patrie, Cirillo fut nommé professeur de médecine pratique, puis de médecine théorique. Il exerçait sa profession avec un désintéressement et une noblesse malheureusement trop rares. Quoique médecin de la cour, et sans cesse appelé dans les palais des riches, il volait avec autant et peut-être plus de zèle à la chaumière du pauvre, qu'il aidait de ses conseils et de sa bourse. Lorsqu'il fut nommé, en 1779, pensionnaire de l'académie des sciences et belles-lettres de Naples, il obtint d'être transféré parmi les membres honoraires : cependant personne ne fut plus assidu aux séances de l'académie ; personne ne prit une part plus active à ses travaux. Les révolutions (wlitiqucs vinrent troubler le repos que goûtait ce \énérable philanthrope. Les armées françaises étant entrées dans Naples le 23 janvier 1799, y établirent une constitution républicaine, cl Cirillo fut proclamé représentant du peuple. Il refusa d'abord cette nouvelle dignité ; mais lorsque la tempête révolutionnaire fut un .peu calmée, et le nouveau gouvernement fixé sur des loses en apparence plus solides, Cirillo crut devoir répondre à la confiance générale. Nommé membre de la commission législative, il m fut, dès le second mois, élu président. Le plus bel éloge qu'on puisse faire de sa conduite, c'est que, lancé tout à coup dans une carrière, aussi épineuse, il s'occupa constamment à taire le bien et à empêcher le mal. Quoique forcé d'abandonner l'exercice de la médecine pour se livrer aux fonctions de législateur, il ne voulut point en accepter les émoluments. Six mois ne s'étaient pas encore écoulés, et la république parthéno|>éennc n'existait déjà plus. Le roi Ferdinand rentra à Naples le 13 juillet 1799, et son retour fut signalé par

des supplices. Cirillo, qui, en vertu d'une capitulation, s'était embarqué pour Toulon, fut poursuivi, arraché du vaisseau qui le portait, et renfermé dans un cachot. Lord Nelson et Guillaume Hamiltoii employèrent tout leur crédit pour le sauver, et se nattaient d'avoir réussi ; car il ne s'agissait que de manifester des signes de repentir, et d implorer la clémence du souverain. Cirillo préféra la mort à cet acte de soumission, qu'il regarda comme une réiractation humiliante. Fort du témoignage d'une conscience irréprorhablc, il termina sur l'éciiaraud une existence consacrée tout entière au bonheur, au soulagement et a l'instruction de ses semblables. Si l'on réfléchit que ce médecin avail une pratique tresétenduc, et remplissait divers emplois qui absorbaient une grande partie de son temps, on sera étonné du nombre, de l'importance et de la variété de ses ouvrages : 1° Ad botanicas instiluliones Introductio, Naples, 1771, in-4* (2* édition). 2« F«:idamenta botantea , sive philosophia botanicts Fxplieatio. Cet ouvrage, dont la 3* édition a été publiée à Naples en 1787, 2 vol. in-8°, lig , est un excellent commentaire de la philosophie botanique de Linné. L'auteur y déploie de vastes connaissances sur In physiologie végétale. Le 2' volume contient des observations précieuses sur les Tcrfii3 des plantes. 3° De Essentialibus nonnullarum plantarum t'haracteribut, Naples, 1784, in-8». 4° Xosologia- methodica Rudimenla, Naples, 1780, ht-8\ 5° Qstcrvazioni pratiche interno alla lue venerta, Naples, 1783, in 88 ; Venise, 178«, in-8". Cet ouvrage a été traduit en français par le docteur Anbcr, sous un titre aussi fastueux que celui de I original est modeste : Traité complet et Observations pratiques sur les maladies vénériennes, ou Nourelle Méthode de guérir radicalement la syphilis ta plus invétérée, Paris, 1805, in-8*. J.-G. Dehne l'avait déjà traduit en allemand en 1790, Leipsick, in 8*. 0° Riflessioni intorno alla qualità dette acque adoperale per la confia de'cuoj, Naples, 1780, in 8° (V édition). 7» U Virlù mot a li delï asino , discorso accademico dcl signor dotlor N. JV., Nice, 1780, in-8*, esquisse philosophique tracée avec beaucoup d'esprit et une grande pnrclé «le slylc. 8° La Prigione e l'Ospedale, discorsi accademici del dollar D. C, Nice, 1787, in-8'- Frappé du spectacle hideux dont il venait d'être témoin, Cirillo exhale son indignation; il forme des vrrux, et propose des moyens pour améliorer le sort des malheureux renfermés dans les prisons cl dans les hôpitaux. 9" Plantarunt ratiorum regni Neapolilani Fascieulus primus, cum tabubs teneis, Naples, 1788, in-fol. ; Fascieulus secundus, 1793. Chaque fascicule de celte flore est orné de 12 planches superbes. On y trouve plusieurs espèces de plantes rares, et quelques-unes entièrement nouvelles : scabiosa erenata; tamium bifidum; eoneolvulus stoloniferus; etc. 10* Enlomologia Neapolitanœ Spécimen primum, Naples. 1787, in-fol. Les 12 planches magnifiques dont ce bel ouvrage est orné ont été dessinées par l'auteur, et gravées par Clener. L'immor'el Linné déclare, dans son Systema naturm, qu'il est nrde\able ù Ci-

en

rillo de la connaissance de plusieurs insectes, tels «pic le griltus nasulut turritus, la phalœna rorella, etc. Il* Sltloéo di amministrart la polvere antifebbrile del doitor James, Naples, 1704, in-8". Cet opuscule renferme uu système ingénieux sur les lièvres. On trouve dans les Transactions philosophiques ; i 00) deux mémoires de Cirillo, l'un sur la Manne dt Calabre, l'autre sur la Tarentule : ce dernier a été traduit en allemand par Bûschiug. Le chevalier Banks a, dans sa bibliodièquc, un manuscrit de Cirillo, intitulé : Institutiones bolanicm juxta melhodum Tourne fortianam, in-fol. de 119 p. Son dernier ouvrage est un traité sur le Cyperus papyrus, imprimé à Parme. A cette notice bibliographique, on |X>urrail ajouter des discours académiques en latin et en italien, nui se distinguent par une élégance soutenue, par des vues tines, par des idées souvent neuves et toujours lumineuses. C.

ClHNl (Antoine-François) naquit à Olmeta de Nebbio, dans l'urrouiiisscmenl de Bastia, eu Corse, vers Tannée 1510. On le trouve en 1583 sur la liste du conseil des douze nobles de celte Ile. Nous avons de lui un ouvrage intitulé : Commentarii divisi in 9 libri, nei primi dei quali sono descrilti alcuni falti délie guerre di religione accadate in Francia sollo il regno di Carlo IX ; la celebrazionc del Concilia di Trento ; il soccorso inviato da Filippo II, per liberare la forieiza d'Orano ; e Vimpresa dell' isola del Pignone. E nei seguenli sono con molla ditigensa narrait le eose suecedile nell' isola di Malla quando nel 1505 fu asstdiala dall' armata di Solimano, Home, 1567. Cirai avait eu part à tous ces faits d'armes. Son ouvrage n'est [tas dépourvu de mérite, sous le rapport du style et pour l'exactitude des faits. Ses contemporains ont parlé de lui dans les termes les plus honorables, et le fameux Porcacchi rapporte qu'il savait manier Cépée aussi bien que la plume. C'est probablement à son mérite qu'il fut redevable de la faveur du gouvernement génois, et de la dignité à laquelle il fut élevé par le suffrage de ses compatriotes. G— s.

CIROFERRI. Voyez Ferbi.

CIRON (Innocent), chancelier de l'église et de l'université de Toulouse, où il était professeur en droit, publia, en 1645, Opéra in jus eanonicum, in-fol., réimprimé par les soins de Ricgger, Vienne, 1701, in-4*. (Voy. aussi Bru.nqiell.) 11 mourut vers l'an 1650. — Gabriel pb Ciron fut aussi chancelier de l'église et de l'université de Toulouse, et se signala par son savoir. Député à l'assemblée du clergé, en 1656, il y proposa de faire imprimer aux dépensdu clergé les Instructions deSt. Charles Borromée, ce qui fut exécuté pour arrêter les désordres que causait la morale relâchée contre laquelle cette assemblée s'éleva avec tant de force. Il concourut avec madame de Mondoville à l'institution de la congrégation des Filles de l'enfance. Ce fut entre ses bras que mourut à Pézénas le prince Armand de Bourbon Conti (février 1606). Pendaut la peste qui ravagea Toulouse en 1669, Gabriel de Ciron exposa sa vie avec intrépidité pour procurer aux malades les secours spirituels et temporels. Le P. Dumas,

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