‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 44 sur 117 · SI 4 CIS · texte numérisé non relu

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ncr en Hongrie, où sa mûre, devenue veuve, le rappela quatre ans après s'élre séparée de lui. Son ourle, qui le rvvil alors, lut ravi du développement de son esprit, cl le renvoya bien vite en Italie, pour qu'il y profitât de loul ce qu'il pouvait encore y apprendre. Jean y resta jusqu'en <458, époque à laquelle il retourna dans son pays. Peu de temps après, le [apePic II le nomma, quoiqu'il n'eût que vingtsix ans, évêque de la ville de Cinq Fglises, dans la basse Hongrie. Il fut ensuite obligé de porter les armes contre les Turcs, en vertu des lois de l'Etal, qui forçaient tous les hommes à prendre les armes dans les dangers de la patrie. Il ne se montra pas très-brave dans les combats ; lui-même avoue, dans une de ses poésies, qu'il croyait ne devoir pas s'exposer au péril, par la raison (pie, si les polies se faisaient tuer, il ne resterait personne pour clianler Ics exploits des héros :

Quod si pugnanlum rapial sors nlla poeiam, Quis voiras mortes, funera vêtira cauel?

Le roi de Hongrie (Matliias) jugea qu'il valait mieux l'envoyer au pape pour obtenir des secours contre les Turcs; et dans celte ambassade, Jean se conduisit beaucoup mieux que sur les champs de bataille. Ce monarque lui céda le privilège de faire exploiter a son profit les mines d'or et d'argent qui se trouvaient d.ins le diocèse de Cinq-Églises, ce qui valut à ce jeune prélat un revenu de 20,000 sequins (•250,000 fr.). Les magnats de Hongrie ayant, en 447 1 , tramé une conspiration pour détrôner Matliias, Jean, soupçonné d'être entré dans ce complot, prit la fuite, et sacomplexion délicate lui rendant insupportables les fatigues de sa vie errante, il mourut vers la fin de 1472, à l'âge de 38 ans. Le bon roi Malbias, s'élant laissé persuader ensuite que Jean était innocent, permit qu'on apportât son corps dans son diocèse, et qu'on lui rendit les honneurs funèbres. Ses amis écrivirent sur sa tombe une épitaplie où, le représentant comme une victime de l'envie, ils disaient que c'était lui qui le premier avait amené les muses dans leur pays. La plupart de ses poé»ies sont très-licencieuses, et il y fait même suspecter sa croyance religieuse en parlant des choses sacrées avec peu de respect. Son nom de baptême lui ayant paru ignoble, et son nom de famille trop antipoétique , il changea le premier en celui de Janui, et le second en celui de Pannonius Il hit lie d'amitié avec les hommes les plus doctes de l'Italie, tels que François Arétin , JEneas Sylvius, Picolamini, etc., qui tous parlent de lui avec éloge dans leurs écrits; cl en 4458, le célèbre peintre André Manlegna voulut faire sou portrait, en le peignant à table avec son ami Galeotlo Marzio, qui lui avait communiqué le goût de la poésie latine. On imprima à Venise, en 4553, un recueil de ses poésies; elles se retrouvent ensuite dans les Dtlicim Poelarum Hungarurum, Francfort, 4619, in-46. Il en a été fait 4 Utrechl, en 4784, une édition plus complète, sur des manuscrits de la bibliothèque impériale de Vienne, sous !c litre de Jatu l'a nui -nu Potmala, 2 vol. in-8» ; c'est d'après cette éditiou que Mercier de Si-Léger en a donne une

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notice i n iv de son ouvrage inédit sur les poètes latins modernes; mais il manque encore au recueil dTtrechl plusieurs morceaux de poésie de Janus Pamiouius, qui se conservent en manuscrit dans la bibliothèque de Brescia. G -a.

CISN EU (Nicolas}, savant luthérien, né en 4529, 4 Morbach, petite ville du Palatinat, fit ses études à Heidrlbcrg, se rendit ensuite à Strasbourg, où il étudia la théologie sous le célèbre Martin Ducer, son parent, et de 14 4 Wittemberg, pour y entendre. Mélanchtlion, dont la réputation s'étendait déjà dans toute l'Europe. L'offre d'une chaire de professeur extraordinaire de morale, avec des ap|K>intcments considérables, le rappela à Heidelberg en 4552; mais la |»este qui désola cette ville l'année suivante le détermina 4 passer en France, où il étudia le droit à Bourges, Angers et Poitiers. Il visita ensuite l'Italie, et prit le bonnet de docteur 4 Pise. L'électeur palatin, Frédéric III, le rappela une seconde fois a Heidellterg, pour succéder 4 Baudouin dans la chaire de droit civil. Nommé recteur de l'université en 4503, il quitta cette place pour celle de conseiller à Ij chambra impériale de Spire, qu'il conserva quatorze ans. A son retour, l'électeur lui donna le titre do son lieutenant civil et de professeur extraordinaire de droit ; mais il ne jouit pas longtemps de ces nouvelles dignités : nneattaque de paralysie, après l'avoir tourmenté deux années, termina ses jours, leO mars 4583, comme il achevait sa 54* année. Les études sérieuses auxquelles Cisncr s'adonna particulièrement ne l'empêchèrent pas de cultiv er les lettres, et on a de lui de bons vers latins, entre autres un poème sur la naissance de Jésus- Christ, estimé des connaisseurs ; mais ses travaux historiques sont plus généralement connus et apprécié*. On lui doit de li ■nues éditions d >s Annalt$ de Bavière d'Avenlinus \roy. ce nom), de I Hitioire de Saxe de Krantz, et du Recueil det hittoricm allemands de Schard. Il en promenait une nouvelle de ce recueil, dans un meilleur ordre et avec des additions considérables; mais ses occupations et sa mort prématurée ne lui permirent pas de dégager sa parole. Les opuscules historiques de Cisner, les discours qu'il avait prononcés dans plusieurs occasions, et ses poésies, ont été publiés par Juste Rentier, son parent, avec un élogede l'auteur, en I vol. in-8», Francfort, 1611, sous ce titra: Nie. Cisneri juriteon$ult., polyliist., orator. et poel. eeleberr., Opuscula historica et polilico-philohgica, ditlribula inlibroii. On trouvera le détail des pièces qui y sont renfermées dans le t. 22 des Mémoire» de Niceron. W — s.

CISNEKOS (Diego), a publié en espagnol un ouvrage sur la ville de Mexico intitulé : St'rio natural, leyet y propriedade$ de la ciuda de Mexico , Mexico 4618, in-4*. D — z — s.

CITADFLLA (Alfonse). dit Alfonto Lombard! , on Alfonso Ferrarctc, \tm d'une famille patricienne de Lucqucs encore existan'e, naquit vers la fin dit 45' siècle. Dès son jeune âge, il se signala par les portmiti en médaillon qu'il modelait habilement en cireou en stuc blanc. \ n ;iri ei'e de lui les portraits du prince P-uia cl d' Alfonse, duc de Ferrare, de

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Clément VII, «le Charles-Quint, du ranimai Ilippolyle de Médicis, du Bembo, de 1'Ariosle et d'autres personnages. Ayaul contribué aux décorations de Ste-Pétrone, à Bologne, pour le couronnement de Charles- Quint, Citadella fut tellement en vogue que la plupart tics courtisans voulurent «voir leurs portraits de sa main Dans la même ville, il exécuta en marbre le tomlieau du chef des partisans, Bamazzollo; et il sculpta |»our l'église de Slc-Pétronc la résurrection du Christ, et pour l'église de l'hôpital de Bologne la mort de la Sic. Vierge, ouvrages liésadmirés des artistes; enfin il fil pour le palais de la même ville une belle statue d'Hercule. Du reste, il aima mieux modeler des portraits, soit qu'ils lui ra|>portasscut davantage, soit que son gonl s'accommodât mieux de cette occupation facile. Vasari raconte que, désirant faire le portrait de Charles-Quint, il obtint du Titien, clergé de peindre IT.mpctcur, qu'il l'accompagnât comme un de ses élèves ; puis, à J'insu du Titien, il modela le portrait de Charles- Quint eu petit ; mais à la tin de ta séance, quand il voulut mettre son travail dans la manche de son habit. l'Empereur, ayant remarqué son intention, désira voir ce qu'il avait fait; il en fut si content qu'il chargea Alfonse d'exécuter ce modèle en marbre, et qu'il força le Titien de partager avec le sculpteur les 4 .000 écus qu'il lui destinait. Le portrait de Charles- Quint fut beaucoup loué, et l'Empereur fit ajouter 300écus aux StîO déjà accordés. Le cardinal Hippolytc de Médicis mena l'artiste avec lui à Rome. Alfonse y exécuta plusieurs portraits, entre autres ceux de Julien de Médicis, père du cardinal, et du pape Clément VII. Le cardinal le chargea aussi de faire le tombeau du pape Léon X ; mais, après la mort de ce prélat, le travail fut confié à Randinclli. Ayant perdu son prolecteur, Alfonse retourna à Bologne, inconsolable de n'avoir pu exécuter un tombeau par lequel il espérait s'immortaliser. Il mourut a Bologne, en 1536, a l'âge de 49 ans. Citadella aimait les plaisirs et la parure ; son costume était toujours très-recherché. 11 parait avoir eu des liaisons d'amitié ou de parenté avec les Lombardi de Florence; aussi institua-l-il pour son héritier S ■■mond Lombardi. Cette circonstance explique comment Vasari et d'autres biographes ont pu donner à Alfonse Citadella le nom de Lombardi, qui n'était nullement le sien. Quelques ouvrages de ce sculpteur ont été reproduits en gravure par Cicognara. Agnolo parait avoir servi de modèle an style de cet artiste. Frcdiani a récemment donné sa biographie, en prouvant par des pièces des archives de Carrare et de Bologne la véritable origine d'Alfonse. | Yoy. l'outrage intitulé Iniorno ad Atfomo Citadella, etimio tcullore Lucehese, fin qui sconotciuto, dtl secoto 16, ragionamento ttorico di C. Frediani , Lucques, 1K34.) D — G.

CITARIfJS, grammairien, né à Syracuse dans le 4* siècle, professa la tangue grecque à l'école de Bordeaux, alors très- célèbre. Ausone, dans sa Commémorai™ Profets. Burdig. (n* 11), le compare A Zénodoteetà Aristarque, comme critique, et le met, comme poète, au-dessus de Simonide. On ne peut

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savoir jusqu'à quel point cejugement est fondé, puisque aucun des ouvrages que Cilarius arait écrits ne nous est parvenu. Vinet, Scaliger, P. Burmann et Wernsdorf s'accordent pour lui attribuer une épigramme intitulée de Tribut Pastoribut, retrouvée en Sicile sur une pierre antique, malgré la différence du nom de l'auteur, Cythérius, né, comme l'ami d' Ausone, à Syracuse. Cette épigramme, où l'antithèse est beaucoup trop prodiguée, se trouve à la suite de plusieurs éditions d'Ausonc. Elle fait partie de V Appendice, dans la traduction de ce poète donnée par M. E.-F. Corpct, 2* série de la bibliothèque lai.franç. de Pancko ;cke. (foij. Auso.nr ) Cn— s.

CHOIS (Fiunçois), en latin Citosiis, né b Poitiers, en 1372, étudia la médecine à Montpellier cn 151*3, et y recul le doctorat en 1506. Après avoir exercé |>cndant quelques années sa profession à Poitiers, il se rendit h Paris, et le cardinal de Nichelieu le choisit pour son médecin. (Voy. Buiskobert.) La réputation qu'il s'acquit dans la capitale ne put l'y fixer, et il retourna dans sa patrie, où il mourut en 1652, i!eyen de la faculté de médecine. Il s'est fait connaître avantageusement par diverses productions utiles ou curieuses : 1° Abstinent Confoleutanea ; cui obiter adnexa etl apologia pro Jouberto, Poitiers, 1602, in-12; Berne, 1601, in-4*, traduit en français sous ce titre : Ilittoire merveilleuse de l'abttinence triennale d'une fille, etc., Paris, 1602, in-12. 2" Abttinentia pUfllœ Confolentanea, ab Itraelit Harveti confutatione vindieata ; cui pramitta ctt ejutdem puellm AtxSîw*;, Genève, 1(502, in-8'; trad. cn anglais, Londres, 1603, in-8*: l'observation qui fait le sujet de ces deux opuscules est regardée comme très-suspeele par llaller et par d'autres habiles médecins. 3* De Nnio et populari apud Pietonet dolore colico bilioto Diatriba, Poitiers, 1616, in-12 : cet excellent ouvrage, publié depuis deux siècles, est encore aujourd'hui consulté. L'auteur donne une description exacte et une méthode cura live judicieuse de la (olique du Poitou. On peut cependant lui reprocher quelques erreurs chronologiques et l'emploi immodéré de la saignée. 4° Advit sur la nature de la peste, et sur les moyens de t'en préserver et guérir, Paris. 1623, in-8": cet opuscule ne tient pas ce que le litre promet ; il pèche tout à la fois par la théorie et la pratique. 5* Opuseula medica, Paris, 1659, in-4": ce recueil contient les quatre opuscules déjà cités, mal à propos surchargés d'un cinquième, intitulé : de Tempettivo phlebotomiat ac purgationit Utu, advenus hamophobos. C.

CITOLINt (.\LEXA.\nnE), mnémonicien, était né vers 1520, à Scrravalle, dans le Trévisan, de parenta aisés. Les talents qu'il annonça de bonne heure pour la poésie lui méritèrent l'amitié de plusieurs littérateurs distingués, entre autres de Claude Tolomei, qui lui donne dans ses lettres des témoignages de la plus tendre affection. Il se vit bientôt recherché des princes et des grands ; aussi le retrouve-l-on successivement dans différentes villes d'Italie, telles que Gènes, Plaisance, etc. Ayant fini par se marier, il s'établit dans un domaine, non moins agréable que pioductif, qu'il possédait prés de Venise, et par-

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