CI. A
le docteur Motisson succombait également, en c* sayant, mais trop lard, du retourner stir la côte du Bénin. Clapperton et son domestique, Richard Lander, furent aussi, attaques de la maladie qui avait emporté leurs compagnons ; mais ils purent néanmoins continuer leur voyage. Ils atteignirent, le S5 janvier 1826, Katounga, et furent très-bien aerueillis par le roi d'Yotirriha, dont celte ville est la capitale, et qui les combla de marques d'amitié jusqu'à leur départ, le 7 mars. Clapperton, se dirigeant alors vers l'ouest, puis vers le nord, passa successivement riiez plusieurs chefs nègres dont il fut trés-content, et arriva ainsi à Boussa, sur le Dialiba, rivière que les naturels nommeut le Kouarra. Cette ville de Boum est voisine du lieu où périt Mungo Part. I Yoy. ce nom.) Ayant traversé le Kouarra, et ensuite les pays «le Gouai i et de Zegzeg, qui étaient agités par des dissensions intestines et aussi par une guerre avec les Félatahs, sujets du sultan Bello, Clapperlon éprouva quelques retards et eut besoin de distribuer à propos quelques présents pour lever les obstacles qui l'arrêtaient. Apres avoir franchi les monts de Naroa, il revit, le 20 juillet, la ville de Kano, où il reçut une lettre du sultan Bello, qui le complimentait sur son retour et l'invitait A venir le joindre. Divers empêchements, et particulièrement les pluies, dont c'était alors la saison, entravèrent sa marche, et il ne put rejoindre Bello que le 15 octobre, à son camp, prés de Kounia. Quand ils furent arrivés à Sackatou, il reconnut un grand cliangemcnt dans les manières du sultan à son égard. Ce prince avait reçu du cheik du Bornou une lettre qui l'engageait à mettre Clapperton à mort : a ci la raison, était-il « dit dans la dépêche, c'est que, si l'on encourageait ■ les Anglais, ils reviendraient dans le Soudan l'un « après l'autre ; et lorsqu'ils se trouveraient assez « loris, ils s'empareraient du pays, comme ils avaient « déjà (ail au Bengale. » Bello avait repoussé avec horreur cette proposition. Toutefois il refusa obstinément à Clapperion la permission de continuer son voyage vers le Bornou, et lui fit dire qu'il ne pourrait effectuer son retour en Europe que par l'une de ces trois voies : ou par l'Yourriba ; ou par Tombouctou, d'où il irait chez les Félatahs de l'ouest, dont le pays était peu éloigné des établissements anglais ; ou enlin par Aghadé, Touat et Mourzouk. Tant de contrariétés exercèrent une influence factieuse sur la santé de Clapperton, déjà altérée par les fatigues tt par les effets du climat africain. Elle éprouva une nouvelle atteinte lorsqu'il vit saisir par le sultan le bagage qu'il avait laissé à Kano sous la garde de ion domestique malade. Bello ne pouvait voir sans jalousie et sans inquiétude que le voyageur anglais tût été chargé d'offrir des présents, et entre autres des munitions de guerre, au cheik du Bornou, qui tiait en hostilité ouverte avec lui en ce moment. Il le souvenait, d'ailleurs, que, dans le voyage précédent, Clapperton avait donné à ce cheik quelques leçons de l'on militaire, et il craignait sans doute que le bagage déposé à Kano ne contint des ressources et des appareils de guerre, destinés a mettre son ennemi trop facilement en inclure d'utiliser de