CLA S
pareilles Irions Du r cte, en s'emparant de ce qu'nu« puissance neuire, l'Angleterre, expédiait à un Etat avec lequel il se trouvait en hostilité, il ne (il que se conformer au code barbare que le gouvernement britannique lui-même a proclamé et qu'il ne manque jamais de mettre en pratique. Il alla plus loin, il voulut exiger de Clapperton communication de la lettre que loi il Bathursl écrivait au cheik ; mais, sur ce point, il n'obtint qu'un refus bien prononcé. Celle lutte, que le courageux voyageur fut obligé de soutenir avec des forces épurées, acheva de l'accabler ; la dyssenierie vint se joindre à la maladie qui déjà le minait depuis longtemps, cl donl il avait pris lu germe en traversant les terrains marécageux qui séparent la eoie de Bénin des régions habitées par les Félatahs. I.c 11 mars 1827, il cessa d'écrire sou journal. Quelque temps après, sentant sa (in approdicr, il remercia tendrement Lindcr de ses services affectueux, le nomma son ami et son (ils, et lui recommanda de chercher, immédiatement après sa mort, à regagner les côtes et à |»rter ses papiers en Angleterre. Le 11 avril, il expira dans les bras do ce lidèle serviteur. Bello, averti de la mort de Clapperton, envoya quatre esclaves creuser une fosse à Djangarie, village situé sur une petite émiuence, à cinq milles au sud-est de Sackatou. Le corps y Tut déposé après que Lander eut lu, dans le livre des prières de l'Église anglicane, l'office des Irtj—él. Il distribua ensuite des gralilicaiions aux principaux habitants du village, à la condition de construire audessus «te la tombe une cabane pour la proléger. La sultan lui ayant alors permis de partir, il revint à Badagry, et de là il lit voile pour l'Angleterre, où il arriva le 50 avril 1838, avec un grand coffre contenant les babils, les effets et les jupiers de son maître. Les journaux furent remis à sir John Barrow. secrétaire du conseil de l'amirauté. Nous ne citerons ici que pour mémoire la relation de son premier voyage en Afrique, qui a été publiée par Denliam sous ce titre : Voyages et Découvertes dans le nord et dans les parties centrales de l'Afrique, exécutées pendant les années 1822, 1823 el 1824, par 1$ mnjur Drnhatn, le capitaine Clapperton H feu le docteur Oudney ; suivis d'un appendice avec un allas grand in-4* ; traduits de l'anglais |iar MM. Eyrièset de la Rcnaudière, Paris, 1826, 5 vol. in-8", avec nilaa in-4". Il y a, dans cette relation, une partie écrit» par Clapperton, qui contient dans l'original 158 pages in-4*. A son départ pour sa seconde expédition, il avait remis celle partie manuscrite à M. Barrow, qui la Ht imprimer sans le moindre cliangemcnt. « C'était, dit ce savant en parlant de Clapperton, un « observateur exact ; il savait détenu iner avec pré- « cision la position des lieux, et ce n'est pas un lé- « ger avantage pour les progrès de la géographie, « quoique ce soit un point trop négligé par beaucoup « de voyageurs. En ef>ct, quelque fautifs que puis- « sent être les calculs faits à terre par un seul obser- « valeur, il n'en est pas moins vrai que nous devons « aux efforts de Clapperton d'être lixés sur la posi- « tion de | lusieurs lieux qui jusqu'à présent avaient « été indiqués au liasard sur les cartel d'Afrique, et
853 CLA
« <le quelques villes dont les n.ims étaient à peine « connus. » On lui doit encore des notions cur.cuscs sur ces villes et sur les mœurs des liabitants. La relation de l'entreprise dans laquelle il succomba est mi nuire : Jom util of a second expédition info Ihe iuicrior of Africa from Ihe bight of Bénin lo Soccatoo ; lo tchich is added Ihe Journal of Richard iMnder fiom k'ano lo Ihe seacoasl, parlly bya more easlern roule, Londres, 1829, in-4», avec le portrait di! l'auteur, i.ne carte et le cours du kouarra dessiné par Itcllo. Cet ouvrage a été traduit par MM. de la Renaudièrc et Eyriès. sous ce litre : Voyage dans l'inlérieur de l'Afrique, depuii le golfe de Bénin jusqu'à Sackatou. rendant tel années 1823, 1846, 1827, suivi du Voyage de Richard fonder de Kano à la côte maritime, Paris, 1829, 2 vol. iu-8°, avec le portrait de l'auteur, caries, etc. U journal de Clapperton était écrit avec tant de négligence, d'incorrection et de redites, que M. Barrow fut obligé d'y faire de nombreuses suppressions. « Il est évident, dit-il avec « un peu trop de sévérité toutefois, que Clapperton « était un bomme sans étude ; jamais il n'interrompt « la narration du jour par ses réflexions ; il se con-
0 tente de noter les objets comme ils se présentent, « et les observations comme elles ont eu lieu. » Il
• est vrai que ec voyageur expose les faits sans aucun art. Cependant ses récits sont lus avec intérêt, parce qu'ils offrent beaucoup de détails curieux et neufs sur les peuples de l'intérieur de l'Afrique. Il a traverse cette contrée depuis Tri|K>li sur la Méditerranée jusqu'au golfe de Hénin ; par conséquent, nul autre voyageur n'en a vu une aussi grande étendue. Il a fourni des additions nombreuses a la géographie de la région septentrionale de celte partie du monde. Grâce à lui et a Dcnhaiu, elle a changé de face, et enfui l'opinion est lixéc sur un grand nombre de points. La découverte des montagnes qui séparent le bassin du Tcliad de celui du Kouarra est due à Glappcrton; seulement il n'atait pu recueillir que les vagues indications des indigènes sur l'en.Iroil où peut déboucher ce Qeuve. Il était réservé a Landcr de résoudre celte question importante, et qui avait donné lieu a de nombreuses controverses parmi les géographes. Le volume est terminé par la traduction de divers papiers arabes concernant la description du Soudan, jiar un vocabulaire de la langue de
1 Youn iba et de celle des Fcialalts, et par une table météorologique. Cu— a et E — s.
CLARA (Dion). Voyez Didia.
CLA II A D'AISDISE, issue d'une famille illustre qui possédait la seigneurie de la ville dont elle portail le nom, est mise au rang des troubadours du 42* siècle, Nostradamus ni Cresrimbcui ne fout cependant aucune mention de celle femme poêle ; mail Ste-Palaye a recueilli la seule pièce qui soit restée d clic, et Millot en a publié un extrait. Un voit par ce petit ouvrage que Clara fut liée à un mari jaloux ; qu'elle eut un amant; que son é|ioux soupçonna celle intrigue; qu'il obligea l'objet de la tendresse de sa femme à s'éloigner, et qu'elle fut au désespoir <le celle séparation. Les vers dans lesquels elle a exprimé ses regrets, sa douleur et son amour,
CLA
respirent la passion la plus vive, et n'ont pu être inspirés que par un errur profondément touché, et un esprit d'un naturel ingénieux et plein de délicatesse II). V. S— L.
CLAHE (Pierre), chirurgien anglais, mort en 1784, s'est fait connaître par une nouvelle méthode de traiter les maladies vénériennes. Elle consiste à faire des frictions sur la partie interne des joues cl des gencives avec du calomel. Cette méthode a eu beaucoup de vogue à la fin du dernier siècle. Elle a été adaptée à quelques autres médicaments. Gare la lil connaître pour la première fois en 1779, dans un ouvrage qui a eu plusieurs éditions. 11 est encore auteur de quelques autres écrits, qui ont tous été traduits en français avec le litre suivant : Méthode nouvelle cl facile de guérir la maladie vénérienne, suivie : 1» d'un Traité pratique de la gonorrhée; 2° d observations sur les abeis et sur la chirurgie générale et médicale ; 3° d'une lettre à M. Buchan, sur l'inoculation, sur la petite vérole et sur les abcès varioUux, l/Hidrcs cl l'aris, 1785, in-8\ G— T— R.
CLARENCE (duc m). Voyez Gkorge.
CLARENRON (Éoouaro Hyde, comte de), grand chancelier d'Angleterre, naquit à Dinton, dans le Wiltshire, le 16 février 1608. Lorsqu'il eut terminé ses études à Oxford, à l'âge de dix-sept ans, il étudia les lois sous la direction de son oncle Nicolas Hyde, président du tribunal du banc du roi. A vingt' et un ans, il épousa la fille de sir George Aylifl, d'une beauté remarquable, et il eut le malheur de la perdre six mois après. A vingt -quatre ans, il se maria de nouveau avec la fille de sir Thomas Aylesbury, maître des requêtes, et, pendant trentesix ans que la mort respecta celle union, Edouard Hyde vécut avec sa femme dans le plus parfait accord, et en eut plusieurs enfants. Il recherchait dan* sa jeunesse les liommes distinguas par leurs talenls et leurs vertus, et il avouait que jamais il ne se sentait plus orgueilleux et plus content que quan I il pouvait dire de lui : ■ Je suis le pire de tous eux « ici présents. » Il s'était déjà distingué comme ju« ri -consul te par quelques actes importants, lorsque ayant été rendre visite à son père, dans le Wiltshire, celui-ci dit : « Mon fils, les hommes de votre pro- ■ fession ont coutume de travailler à étendre la pré- « rogative royale, et je vous recommande, si vous « parvenez à une place éminente, de ne jamais sa- « crilier les lois et la liberté de votre pairie à la vo- • loolé du prince ou a voire propre intérêt. » Apres avoir répété deux fois ces mêmes paroles, ce vieillard respectable fat frappé d'une attaque d'apoplexie
(I) M. llNior Rivoirc a consacre une noiirf à Clara d'Ando» d-ins 11 Stalultqut du il, parttmcnl d* Card, publiée » Nlii;es en I8»i, s »ol. mi". <> n'est que la reprodur ' kN lilirnfc de «■<*!•-• qui précède; M. ltno.ee l a pnuée daus la première e>lit»n de l> Diliraphit tutu telle, mus ) changer au ai»i cl ua$ citer U tome. Il cm Ekbrai que ecl «main, <jui paraît .Mre un uommt UborM-ai ri ti.sltait. a'nt pas fait lui-même» les lieu quelque» reebrr. ke> ut cette femmc-poeie. Il esl a présumer qu'au peui ■iwtMt lanterne observation a M. Yiguicr, auteur d'une \«f«r».r Aiutur a »f, tariront, miinimce eu l»«, que nous n'avons i* lire, nuis il^ns Quelle MM! «vous. | ar N. Rivoire, qu'il «t parle de CUa. Il— i— s.
CLA
et mourut subitement. Ces conseils d'un père, et l'événement terrible qui les suivit, eurent sur l'esprit d'Edouard Hyde une influence que l'on remarqua dans les premiers discours qu'il prononça au liarlemcnt, où il fut admis de bonne heure. Dana l'un d'eux, il compare les minisircs d'un roi a ces lions qui soutenaient le Uûne de Salomon : « Oui, c ajoute-l-il, ils doivent être sous le donc de l'obéis- « sanec, mais ilsiloiveut s'y leuir dans l'altitude qui a convient à des lions. » Ses talents l'avaient Tait distinguer <lans I long parlement, et son liabileté lui avait attiré la confiance de tous les membres qui le composaient, ta pureté de ses principe* et son attachement pu m les lois de son pavs la lui firent perdre. Dès que la guerre civile fut déclarée, il suivit le parti du roi, ri fut créé, par Charles 1", chancelicr de l'échiquier et membre du conseil privé. Il accnuqiagtia ensuite le prince Cbarles (depuis roi sous le nom de Cliarles 11) à l'Ile Jersey. Le prince étant paiti pour la France, Edouard Hyde, qui désapprouvai! ce voyage, obtint la permission de rester dans l'Ile, où il séjourna deux ans. Ce Tut à celle é|>ot|ue qu'il commença son Uisiuire de la rébellion. Il composa aussi pendant son séjour à Jersey les divers écrits qui furent publiés au nom du roi, en réponse aux manifestes du parlement. Après l'assassinat de Cliarles I", il fut appelé eu France ; ar le nouveau roi, et le joignit à Dunkciquc. En 1648, il fut envoyé à Madrid avec lord Collington, pour tâcher d'obtenir des secours de la cour d'Espagne. Au retour de celle ambassade, il se rendit à Paris , et eberrba à réconcilier la reine mère avec le duc d'York. Il se rendit à la Haye, où était Cbarles 11 ; mais des motif» d'économie le foicérent à se retirer à Anvers, avec toute sa famille La princesse d'Orange, lille de Cbarles 1", voulut l'engager à se fixer auprès d'elle, à Bieda, et pril pour dame d'honneur sa fille aiuée, Aime Hyde, circonstance remarquable, puisqu'ainsi que nous le dirons bientôt , elle plaça sur le tiôue'd'Anglelcrrc deux des pcliles-lilles d'Edouard Hyde. En 1607, Cbarles II, qui, au défaut d'argent, qu'il ne pouvait donner a ses sujets testés fidèles, était prodigue de titres, le nomma grand chancelier d'Angleterre. Plus que tout autre, après la mort de Croinnell, Edouard Hyde contrihua *u succès des négociations qui placèrent Charles H sur le troue. Il obtint dès lors la confiance entière de ce monarque, qui le combla de faveurs. Sou titre de grand chancelier fut confirmé; on y ajouta, en 1660, celui de chancelier de l'université d'Oxford; l'année suivante, il fut créé pair tt baron de Hyde daus le Wiltshirc, et, en avril 166l,on lui conféra les litres de vicomte de Cornbury dans Oxfurdshire, et de comte de Clarendon dans le Wiltshirc. Une si haute prospérité, tant d'honneurs, de richesses et de mérite, devaient exciter l'envie ; un événement singulier contribua à éveiller toutes ses fureurs. Le duc d'York, frère du roi, se trouvait à la cour de sa saur, à Broda, lorsque celle princesse y attira Anne Hyde, de la manière dont nous l'avons raconté, Belle et spirituelle, lu fille du chancelier tapira au i!uc tu plus foite
passion. Ce fut en vain qu'il ténia de la séduit ? : il ne put rien obtenir d'elle qu'ui l'épousant, ta cérémonie eut lieu le 4 novembre Itiol), a I insu du roi et du grand chancelier. Cette union resta ignorée pisqu'au rétablissement do Charles II ; mais, peu de temps après le retour de toute la famille royale :'» Londres, Anne Hyde devint enceinte, et exigea que son mariage lui rendu publie. Des que lord Clarendon eu fut instruit, soit qu'il fût aveuglé par la colère, soit par tout autre motif, il se comporta d'uno manière indigne de sou caractère. Le langago qu'il tint dans cette circonstance csl celui d'un vizir qui tremble du ftaralire, devant son maître, le complice d'une accusation qui lui déplaît, et qui ne craint pas, pour écarter les soupçons, d'appeler sur son nom le déshonneur, et d'étouffer tous les sentiments de la nature. La conduite de sa lille, au contraire, et celle du roi méritent les plus grands éloges. Ce fut en vain que le duc d'York menaça Anne Hyde des plus durs traitements si elie rendait son mariage publie : « Je suis enceinte, dit-elle avec lierté ; qu'il soit « connu de tout le monde que je suis votre épouse a légitime, et traitez-moi ensuite comme il vous « plaira. » Le roi lit examiner les preuves du mariage par une assemblée d'évéque*. Ils prononcèrent que cette uuion avait clé contractée selon la doctrine de l'Evangile, avec toutes les formes exigées parles lois d'Angleterre, et qu'ils n'y trouvaient aucune cause de nullité. Alors Charles II, non-seulement reconnut Amie Hyde comme duchesse d'York, mais il engagea son frère a lui rendre tout son amour, et il déclara que cet événement n'altérait en rien ses sentiments pour son chancelier (I). Depuis cette époque, tuus les intrigants et les ambitieux se réunirent pour abattre cette grande puissance de lord Clarendon. Lord bristol , qui avait été son ami, se déshonora , en proposant contre lui un acte d'accusation tellement absurde, que le parlement refusa de lad mettre; mais des intrigues furent cm. ployées pour ruiner la réputation du grand chancelier dans l'opinion publique. D'un autre côté, il perdait île jour en jour son influence dans le ministère. Cbarles II n'était plus ce monarque dépossédé qui avait besoin dans l'adversité d'un ami fidèle pour l'aider à monter les marches du trône, et, lorsqu'il y fut assis, d'un habile ministre pour l'y affermir. Après quelques années de possession tranquille, il ne lui fallait que des flatteurs qui l'aidassent à jouir de tous les plaisirs attachés à la souveraineté, el qui trouvassent les moyens de subvenir ù ses prodigalités. 11 prit en aversion le sévère et vertueux Clarendon, que le duc de Buckingbam tournait perpétuellement en ridicule, et qui, ayant le premier rang dans le ministère, était rcspousahle, aux yeux du peuple, de toutes les fautes commises par une administration prodigue, extravagante et corrompue. Le peu de succès de la guerre de Hollande et la vente de Dunkerque avaient porte au plus haut
fi) Pe ce nmlige «lu duc d York ItCC Anuc lljile, sont tèit inn liilre, Aime ot Jhrtc, qui oui snccrtsivemcni moule soi >.
ItOiiCii'Aiiikinic.