‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 48 sur 117 · CU · texte numérisé non relu

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poini le mécontentement du peuple ; un hôtel que lord Clarendon fit construire avec prodigalité dans un moment de disette accrut encore l'animadversion publique; enfin une intrigue île cour convertit l'antipathie que le roi avait pour lui en haine déclarée. Une demoiselle Stuart, d'une beauté éblouissante, parente éloignée du roi, eu fut aimée, au point de bannir de sa pensée toutes celles qui avaient été jusqu'alors les objets de ses goûts passagers. Le monarque prit l'étrange résolution de divorcer et d'épouser mademoiselle Stuart. Lord Clarendon, soit qu'il fut frappé des inconvenances d'un tel parti, soit qu'il en redoutât les suites pour ses petits-enfants, qui avaieut «les droits au trône, réussit a faire écltouer le projet du roi, en arrangeant le mariage de mademoiselle Stuart avec le duc de Richmond. Le roi devint furieux contre le grand chancelier, et résolut de le perdre. Rien n'était plus facile. Le parlement croyait lord Clarendon l'auteur des mesures désastreuses qu'il avait combattues dans le conseil. Le grand trésorier SouUiampton et d'autres hommes puissants qui avaient gouverné avec lui n'existaient plus ; ceux qui les avaient remplaces voulaient la ruine de l'État. Le roi ôta les sceaux à lord Clarendon, le dépouilla de lotîtes ses places, et fut remercié de celle injustice par son parlement. On accusa ensuite le chancelier de haute trahison ; il s'enfuit sur le continent, et envoya de Calais à la chambre des lords un mémoire justificatif. Les deux chambres assemblées ordonnèrent que cet écrit serait brûlé par la main du bourreau. D'après un autre bill du parlement, qui fut approuvé par le roi, lord Clarendon fut banni à perpétuité, et déclaré incapable de remplir aucun emploi public. La haine que le [ impie lui portait le poursuivit jusque sur le continent. A Évreux, des matelots anglais l'assaillirent dans sa maison, le blessèrent dangereusement, et rc ne Tut qu'avec peine qu'on l'arraclia des mains de tes assassins. 11 survécut six ans à son exil, et durant rc temps, il résida, soit à Montpellier, soit à Moulins, soit à Rouen, où il mourut, le 9 décembre 1674. Son corps fut transporté en Angleterre, et enterré dans l'abbaye de Westminster. Lord Clarendon fût toute sa vie l'ami et le soutien de son roi contre fes complots des factieux, et le défenseur des li hérités de son pays contre les abus du pouvoir royal. •Cependant il fut la victime de l'ingratitude de son souverain, qu'il avait si bien servi, et des préjugés du peuple, dont il avait obtenu et mérité la confiance. Sans vouloir excuser les coupables promoteurs d'un sort aussi rigoureux, ou peut en trouver les causes dans l'humeur grave et altière du grand chancelier, et dans sou orgueil, qui se produisait trop à découvert. A la vérité, cet orgueil lui était inspiré par la conscience de ses moyens et la pureté de ses intentions; mais dans le commerce de la vie, et surtout dans les cours, un sentiment de ce genre, quelle que soit la noblesse de son origine, ne se montre jamais avec avantage (I). Lord Clarendon,

(I) Nonobstant la r'-gurtit dn jugement reiidu cintre CUrvndon, « dll LinjMrd, il est cet tain qu'il fol U vicliin* des naine» de parti.

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indépendamment de quelques brochures politiques, a écrit les ouvrages suivants : 1» Hiiloire de la rebellion , depuis 1611 jusqu'au rétabliitement de Chàrtt» II, 1702. 3 vol. in-fol., et 1717, 6 vol. in-8*. En 1759, on en publia une continuation en 1 toi. in-fol. , ou en 2 vol. in-8*. contenant aussi une vie de l'auteur, écrite par lui-même, et imprimée sur ses manuscrils. U a paru une traduction française de cet ouvrage, la Haye, 1704, 6 vol. in-8». La continuation ne s'y trouve point, et n'a pas été traduite. Quoique lord Clarendon se déclare dans son histoire l'apologiste du parti royaliste qu'il avait embrassé, il s'est montré impartial dans l'exposition des faits. La venu et la probité de l'auteur impriment a son ouvrage un caractère qui en rend la lecture altacltante. Il peint les hommes avec vérité, et les portraits qu'il trace sont colorés avec vigueur; son style ne manque ni d'énergie ni de dignité, mais il est incorrect, souvent diffus et embarrassé. 2© Contemplation» et Réflexion» sur le» ptaumet. 3* Remarque» sur le livre de M. Cretty, dans la Contrôler** «tir la religion catholique. 4* Tableau abrégé de» erreur» contenue» dan» te IJviathan de M. Nobbe». W — a. CLARET DE FLEURIEU. Voyez Fleurieg et

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