‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 6 sur 117 · CII.V · texte numérisé non relu

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au chagrin qui le minait, on le fit nommer médecin de l'irmée de Hollande ; il parcourut, à la suite des troupes françaises, cette contrée, la Prusse, la Pologt c, l'Autriche, rillyrie, apprctvml partout la langue de chaque pays, et fouillant avec avidité dans toute les bibliothèques. Le mauvais état de sa santé le détermina à demander sa retraite, et il vint se fixer à Paris. Divers articles dans le Magasin encyclopédique, la Bibliothèque médicale et les Annales de la médecine politique de Kopp avaient donné une haute idée de son savoir, et surtout il s'était fait redouter des écrivains sans talent, qui étalent sans pudeur leurs ridicules prétentions a la gloire, lorsqu'il se chargea de la direction du Dictionnaire des sciences médicales, qu'il abandonna au bout de quelques années, voyant cette entreprise, d'abord si bien conçue, dégénérer en une pure spéculation mercantile. H entreprit alors la Flore médicale, dont il rédigea tout le texte jusqu'à la lettre G. Dans le même temps il donnait des articles aux journaux scientifiques les plus répandus, et en fournissait aussi un gland nombre à la Biographie universellt. Après trois ans d'une longue et cruelle agonie, il succomba, le 10 août 1810, à la phlhisie pulmonaire. Chaumeton ne s'est point distingué dans la pratique de l'art de guérir; il croyait même peu au |>ouvoir de la médecine, parce qu'il n'avait guère vu de malades et qu'il était affecté d'une maladie incurable. Mais il avait une érudition immense, un style pur cl parfois élégant. 11 a rendu un immense service en donnant parmi nous le premier exemple d'une critique sévère Jusqu'alors peu de médecins avaient osé juger avec franchise les productions dont notre littérature médicale s'appauvrit de jour en jour, et chaque mois voyait renouveler le scandale d'elogcs dictés ou rédigée par les auteurs eux mêmes. Depuissa mort, on a souvent cherché à imiter son allure toujours franche et parfois un peu rude; mais c'était son savoir, son impartialité, sa haine de toute dépendance et de toute autorité despotique, sa loyauté cl son désintéressement qu'on devait imiter. Il fut immensément instruit, mais il ne sut jamais flatter; aussi vécut-il pauvre et mourut-il dans un état voisin de l'indigence, au milieu d'une vaste bibliothèque pour l'accroissement de laquelle il se refusait jusqu'au nécessaire. Il a laissé peu d'ouvrages, et quoique tous soient empreints d'un ardent amour de la liberté et de l'indépendance, aucun d'eux ne donne une idée même éloignée de ses connaissances. Les seuls i j > i i aient paru a part sont un Essai médical sur les sympathies, Paris, 18(15, iu-80, et un Essai d entomologie médicale, Strasbourg, 1805, in -8' : c'est la thèse qu'il présenta pour le doctorat. Tous ses autres écrits sont disséminés dans des recueils périodiques ( I ). J - D — W.

(I) It t ton ml ra Jeunet natrertet des teieutet m fiscales : «• B,U,o$rapkie médicale (Ami li s i. I, 3, 3 et 4) ; 1° Notice aar tut de la miderue eu Italie (t. *. «*. 13) t 5« Notice oioeraphiitt* tir Tkomai Daman (i. i" n k' Nonce Hograpkiaut tue Menant (I. »•'), n dan» le t. i" du Journal emptemealaire des ictewet miditaUa, deux nolirea buxrraiihlqMt l une «r Jean- Tbcophile WaJicr, faune w Benjamin Rush. D-R-ft.

CHAUMETTE (Antoine), né à Vcrgesac, clans le Yc'ay, à deux lieues du Pu y, fut, au rapport d'Astruc, dnns son Imité de Marbïs venereis, un des plus célèbres chirurgiens de son temps. Contemporain de Guillaume Iloudclet, il Tut son intime ami, d'après ce qu'en a écrit le savant méderin Joubert, qui a publié la vie de Hondelet. On a de lui le traité suivant : Knehiridion chirurqieum extenwrum morborum remédia, fit m, universalia, lum parliculnria brerissime compleciens. Quibui morbi venerei eurandi melhodus probatissima accedit. Aulore Antonio Chalmctco, Vergesaeo, apud Anieientet ehirurgo dHigenlistimo, Taris, 1360, in-12, plusieurs fuis réimprimé, cl traduit en diverses langues. C'est un précis de chirurgie pratique, divisé en S livres, avec des gravures en bois, représentant les divers instruments chirurgicaux. Z.

CIIAL'MILTTE (Pierre-Gaspard), né à Nevers, le 21 mai in-", était (ils d'un coidonnier qui lui lit faire quelques études; mais, entraîné par son amour pour l'indépendance et la fougue de ses passions, il abandonna de bonne heure la maison piternelle, s'embarqua sur la I-oire, cl lui-même nous apprend qu'il fut mousse et ensuite timonier sur un vaisseau. Ce métier ne lui plut pas longtemiK : il le quitta, et se trouvait à Paris en 1789, où il était clerc copiste cher un procureur. Il lit connaissance avec Camille Desmoulins (coy. ce nom ), cl fut employé d'abord à haranguer la multitude dans les groupes populaires, et admis ensuite dans la société dite des cordeliers, celui des clubs de Paris où l'on professait les opinions les plus violentes et les plus démagogiques. Chaumctle travailla aussi en sousordre au journal intitulé les Rh-olufion$ de Paris, qu'avait entrepris Prudhommc. ( Voy. Loistai.ot. ) Chaumettc resta confondu avec les révolutionnaires subalternes jusqu'au 10 août 1792 : on n'avait pas entendu parler de lui avant cette époque. Les événements de cette journée, auxquels les clubistes cordeliers curent la première part, le mirent en évidence, et il parut alors aux premiers rangs. On lit, dans quelques ilictionnaires biographiques, que Cliau • incite, en qualité de procureur de la commune, avait provoqué les massacres du 2 septembre ; l'assertion n'est pas exacte. Au 2 septembre, la place de procureur de la commune de Paris était occupée par Manuel. ( Voy, ce nom.) Chaumctle n'y fut porté qu'après que ce dernier eul été nommé député â la convention. Les électeurs qui les choisirent l'un et l'autre pour chacune de ces fonctions ne se réunirent qu'après les massacres. Le jour de sa nomination i la place de procureur de la commune, il renonça a son nom patronymique de Pierre-Gaspard, pour prendre celui iïAnaxagoras, saint qui, dit-il, avait été pendu pour son incrédulité. < Voy., à l'article Anax \goras, sur quoi celte assertion était fondée.) Chaumette professa dans ses importâmes fonctions les opinions du club des cordeliers, qu'il citait toujours avec complaisance. Il parlait d'abondance ; son or.anc nel et sonore plaisait a la multitude, qui applaudissait avec fureur à toutes ses exagérations. La violence de ses réquisitoires soumit constamment le

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conseil de la commune, et, par suite, tout le peuple de Paris à son impérieuse volonté. Chaumette fut le persécuteur acharné des illustres prisonniers du Temple. Ce fut lui qui lit passer a Louis X VI une gravure représentant le supplice d'un comte de Flandre, et plus tard, au jeune dauphin, une petite guillotine. Il provoqua l'établissement du tribunal révolutionnaire, lit arrêter par la commune qu'elle le demanderait à la convention, et vint à la tète d'une dépuiation, le 9 mars 1793, présenter son vœu à cet égard : le tribunal (ut décrété le 10. On le vit ensuite appuyer, au nom de cette même commune, la loi du viaximwn et celle des suspects (I) ; proposer de réunir et de mitrailler les réquisitionnaires qui refuseraient de se rendre à leur poste, réclamer et obtenir les honneurs funèbres pour Lazouski (roy. ce nom), et demander la construction d'une guillotine à quatre roues pour marcher a la suite de l'armée révolutionnaire. Personne n'a pcut-eu'c poussé l'extravagance révolutionnaire plus loin que Chaumette. 11 roulait que tous les Parisiens ne priassent que des sabots, et que les jardins des Tuileries et du Luxembourg ne fussent plantés qu'en pommes de terre. « C'est avec des pommes de terre, disait-il, « (pie tous les Franc ais doivent se nourrir. » El cependant il armait souvent au conseil de In commune la tête exaltée par le vin d'Aï qu'il buvait copieusement, et c'est alors qu'il parlait le mieux. Lors de la révolution du 51 mai, Chaumciic et quelques municipaux essayèrent une faction nouvelle, indé|>cndante de celle des jacobins et des cordeliers; l'intention de ce parti naissant n'était |ias seulement de proscrire les républicains, mais d

(t) Voici le projet rédige* par Chanmellé, cl qui sertit en effet d ba>e a la loi des suspects : « S<nt suspects, el il faul arrêter « comme Iris : I" ceux qui, dans 1rs assemblées du peuple, arrêtent « son énergie par des discours arlifiorm. des cris tumultueux, « des murmures; S* ceux qui, plus prudents, parlent «lystericn- « sèment des malheurs de la r< pobl ique, s'apilnyent sur le sort du « peuple, el sont toujours à répandre de mauvaises nouvelles avec c une douleur afTeriec; V renx qui onl changé de conduite el de <r langage suivant les événement», qui, muets snr les crimes des « royaliste*, des fédéralistes, déclament avec emphase comte les « fautes légères des patriotes, et affectent, pour paraître républicains, e celle sévérité, celle austérité étudiées, qui se déniéDirnt des qu'il c s'agit d'un modéré ou d'un aristocrate; *• renx qui plaignrnt Ire « fermiers et marchands avides, contre lesqaels la loi est obligée ■ de prendre ci-s mesures; S* ceux qui, avant toujours les mois de e littrlt, tïp*btiq*e et falrit sur les leurs, fréquentent les ei- « devant nobles, les prétresronlre-révoliilinnnaires, les ari^'orrates,

< les feuillants, les modères, el s'intéressent a lenr sort ; C' renx qui « n'ont pris aucune part active dans tenter qni intéresse la rêvai*- « lion, et qui, pour s'en disculper, font valoir le payement dos

< rmuributinns, leurs dons patriotiques, lenr service dans la garde « nationale, par remplacement ou autrement ; 7° ceux qni ont reca c avec indiferenec la coasiiiuiinn républicaine, el oui fait pari de « fausses craintes sur son établissement et sa darée ; S" ceux qui, « n'ayant rien fail contre la liberté, n'uni rien fait pour elle ; 9* ceux « qni ne frcqneulenl pas leurs sections el qui donnent pour exrnsc

< qu'ils ne savent pas parler, et que leurs affaires les en empêchent ; a <0" ceux qui parlent avec mépris des autorité* consumées, des • signes delà loi, des sociétés populaires el des défenseurs de la lice berte ; f l* ceux qui onl signe'1 des pétilionseonire-fevolutinnnaires, r on fréquente de* sociétés o* clubs anticivtqnes, eic, etc. > La. ernsare impériale s'rtanl opposée à l'insertion de celle pirre dans la première édition de la Biographie tairerstlle, on ne put en faire usage qu'après les événements de tlM.el elle fui mise a l'article Camille DesuoiLiys. Nous lui reudons ici sa véritable place. Cs-f.

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détruire oa de dissoudre la convention (ont entière. La faction de Cltauniettc, qu'on a plus particulièrement signalée sons la dénomination de fanion de» Iléberlistes (voy. Hébert) , fut , sans contredit , la plus monstrueuse de toutes celles quldésolèi ent la France dans ces temps mallteurcux : ce fut elle qui essaya de faire de l'athéisme nne institution politique, et de détruire tous les cultes religieux, tous les principes de morale et de sociabilité. Pour y parvenir, Cliaumelte inventa et fil consacrer les fêtes connues sous le nom de fêles de la Ration, pendant lesquelles on profana les choses saintes, et on détruisit une infinité de chefs-d'œuvre des arts qu'on regrette aujourd'hui. Voici comment Chaumetle rendit compte à la convention de la première célébration des fêtes de la Raison, et avec quel rorlége il se présenta à l'assemblée. Un groupe de jeunes musiciens ouvrait la marche et exécutait divers morceaux d'orchestre et de chant ; des enfants orphelins suivaient les musiciens ; après les musiciens paraissait une foule de clubistes, la tète couverte du redoutable bonnet rouge, faisant retentir les airs des cris : «Vive la montagne 1 Vive la république! » Une musique guerrière exécutait les différents bymnes patriotiques. On voyait ensuite une actrice de l'Opéra ( mademoiselle Maillard) dans une espèce de palanquin porté par quatre hommes; clic représentait la déesse de la liaison. Ce palanquin était orné de guirlandes de chêne; la déesse était coiffée du bonnet ronge, un manteau bleu flottait sur ses épaules, et elle s'appuyait sur une pique, f>ès qu'elle l' mu à la barre de l'assemblée, mille cris, mille acclamations se firent entendre ; on agite les bonnets, les chapeaux, on les fait sauter en l'air, et à toutes ces démonstrations succède le silence de l'admiration. C'est dans ce moment que la déesse est introduite dans l'intérieur de l'assemblée et placée us-à-vis le président. Cbaumcttc s'exprima ainsi : o Vous l'avez

* vu, citoyens législateurs, le Fanatisme a lâché prise, « et a abandonné la place qu'il occupait à la Raison, « à la Justice, à la Vérité ; ses yeux louches n'ont pu « soutenir l'éclat de la lumière, il s'est enfui. Nous « nous sommes emparés des temples qu'il nous

■ abandonnait ; nous les avons régénérés. Aujour-

* d'imi tout le peuple de Taris s'est transporté sous « les voûtes gothiques frappées si longtemps de la

■ voix de l'Erreur, et qui, pour la première fois, « ont retenti du cri de la vérité. Là , nous avons t sacrifié a l'Égalité, à la Liberté, à la Nature; là, « nous avons cric : Vive la montagne ! et la nion- « tagne nous a entendus ; car clic \cnait nous joindre

* dans le temple de la Raison (I). Nous n'avons c point offert nos sacrifices à de vaines images, a « des idoles inanimées; non, c'est un chef-d'œuvre « de la nature que nous avons choisi pour la repré- « senter, et cette image sacrée a enflammé tous les « cœurs. » En disant ces mots, Chaumetlc avait les yeux fixés sur la belle actrice, et invitait l'assemblée à la considérer. « Un seul vœu s'est fait entendre,

(I) Avant l'arrivée de Chanmotle. U rnnvenlion avait décrété rt ,vu te rendrait dans le temple de U liaison.

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« aionla t-il; un senl cri s'est élevé de toutes parts : « Plus de pre'ires! plus de dieux que ceux que la € nature nous offre! Nous, ses magistrats, nous « avons recueilli ce vœu; nous vous l'apportons. Du « temple de la Raison, nous venons dans celui de la « Loi pour fêter encore la liberté : nous vous de ma n- « dons que la ci-devant métropole de Paris soit con- « sacrée à la Maison et à la Liberté. » Chabot convertit en motion spéciale la proposition de Chaumetle, et la convention la décréta. Ce qu'il y a de certain, c'est que, ni Robespierre qui dirigeait le club des jacobins, ni Danton qui était à la tête du parti cordelier, no partagèrent ces impiétés. Ce dernier les désapprouva publiquement (voy. Danton), et eut encore assez d'ascendant pour les faire cesser. Quant à Robespierre et & ses agents, ils virent qu'il était temps d'arrêter une faction qui voulait régner sur leurs ruines. Ils firent arrêter Hébert, substitut do Cliaumelte, le Prussien Clootz, qui était le représentant des athées dans la convention, et quelques autres. Cliaumelte, que sa popularité rendait redoutable, ne fut saisi que sept à huit jours après, lorsqu'on l'eut isolé de ceux qui lui servaient d'appui. On le conduisit dans la prison du Luxembourg, où se trouvaient environ 4,0t>0 personnes qu'on y avait enfermées comme suspectes ; prévoyant son sort, U avait perdu toute son énergie, et paraissait accablé. Los détenus, dont un grand nombre avaient à l'accuser de leur arrestation, ne lui épargnèrent point les railleries, sans cependant jamais lui faire outrage, et il ne sut pas leur répondre (1). Chaumelte fut exécuté le 43 avril 4794, vingt jours après Hébert, son substitut. li—v.

CHAUMETTE DES FOSSÉS (Jean-Baptiste- Gabriel-Amédéc), voyageur cl diplomate français, lits de Nicolas-Louis Cliaumelte des Fossés, et de Geneviève Duval, d'une famille étrangère à celle du précédent, naquit à Paris, le 48 juin 4782. Après lui avoir fait commencer ses études au collège de Navarre, ses parents, qui le destinaient à la carrière du drogmanat, le firent entrer, à l'âge de dix-sept ans, à l'école des jeunes de langue, où U cul pour professeurs MM. Marcel et Sylvestre de Sacy. Ses rapides progrés dans l'arabe, le turc et le persan, attirèrent sur lui l'attention du ministère des affaires étrangères, et, le 20 octobre 4802, il fut envoyé à Constantinoplc comme jeune de langue de première classe. Il avait résidé un peu plus d'un an dans cette capitale, lorsqu'à la fin de 480."» (20 décembre), on le chargea du poste de chancelier interprète du consulat de Bucharcst. Le 25 juillet 4807, il devint chancelier du consulat général de France en Dosnie, alors occupé par M. David. H profita de son séjour dans ce pachalik, l'un des plus importants de l'empire ottoman, et des facilités que

(I) c Parmi les divers compliments qui lai furent laits, dit l'ao- « leur du Table** det pthom de Paris, on distingua relit d'un « certain orgmal, qol toi dit, ivec la gravité d'un senatenr romain : « — Sublime agent national, eonfnrnii ment i Ion immortel renui&i- « loire, je suis mtpeti, lu et tiupecl. — Toi?, montrant an de se» ■ camarades : — // et! mtpeei, nous somma ss*pecli, rots fit» « wtptcls, ils wn/ tout swiftcls, >

lui donnait sa position, pour en visiter avec soin les pi incijtales parties et recueillir des renseignements exacts sur l'administration du pays, sur les mœurs et sur les coutumes de ses habitants, ses ressources et ses productions. Il a publié plus tard le résultat de ses observations. Chargé en 1810 (6 septembre) de la ■gérance du consulat de Stcllin, et devenu, le 51 décembre de Tannée suivante, consul titulaire dans la même résidence. Chaumette des Fossés en exerçait encore les fonctions a l'époque des désastres de l'armée française en Russie, et même après l'évacuation de la Pomëranie prussienne. Il fut arrêté dans cette province le 17 mars 1813, et retenu prisonnier jusqu'au 20 mai 18M, qu'il recouvra sa liberté. Il s'empressa d'en profiter pour se rendre à Paris, et, dès son arrivée, il Art placé dans l'intérieur du département des affaire* étrangères en qualité de rédacteur dans h division oommerciale. Nommé, le 15 décembre 1815, consul à Golhcmbourg, il remplit pendant six années *îs fonctions de ce poste, dont les attributions s'étendaient alors non-seulement sur la Suède, mais ausrJ sur toute la Norvège, récemment unie au premier de ces royaumes (1). Pendant son séjour en Suéde-, Cliaumelle des Fossés, dit un de ses biographes, fut nommé membre de l'académie des sciences de Stockholm pour avoir traduit un ouvrage islandais »n suédois, langue qu'il possédait parfaitement (2). Il fut peu après nommé chevalier de Tordre de l'Étoile polaire, puis commandeur de celui de Wasa. Chaumette des Fossés venait d'annoncer au ministre des affaires étrangères (Iff août 1821) qu'il allait entreprendre un nouveau voyage en Norvège, lorsqu'il reçut Tordre de se rendre à Paris pour y fournir des explications sur la direction de son consulat. Mis en disponibilité, sur sa demande (décembre 1822), il résolut d'employer ses loisirs à étudier un pays qu'il connaissait déjà en partie. « Depuis 1817, mandait-il au ministre, le 26 a mai 1825, dans une lettre écrite de Cluistiansaud, « des circonstances favorables m'avaient procuré les a moyens de rassembler les matériaux d'une des- « cription complète de la Norvège, et j'avais em- « ployé quatre étés à visiter les diverses pariies de ce h royaume jusqu'à la hauteur du cercle polaire. Pour « en connaître la totalité, il ne me restait plus qu'à m en parcourir les contrées les plus septentrionales, « en me rendant au cap Nord. C'est un voyage que « j'entreprends aujourd'hui. » De Bergen , Chaumette des Fossés se rendit au cap Nord après avoir visité l'archipel des Lofoten dont il étudia les riches pêcheries, et s'être arrêté quelques jours à Hammerrest, qu'il appelle la ville la plus septentrionale du globe. Suivant ensuite la côte, il arriva à Wardoehuus, situé par 70 degrés 22 minutes 55 secondes,

(4) Par une décision aiiaisiérielle do 10 juillet 1«3. la Norvège tonna oo consulat particulier, avant poorchrMien Christiania. Co- Itiraboorg devint a la même époque une simple ageucc dépendant dinnemem du ministre de Franre a Stockholm.

(i) Nous ne tonnaLsons point l'ouvrage dont ce biographe fcit mention ; Il a négligé d'en donner le liire. et on nr le trouve pas Indiqué dans leraulogue de ta bibliothèque de ChaumeHc des Fusses, publ* après u mit,

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visila en passant Archangel, St - Pélersbourg et Stockholm, et s'arrêta à Gothembourg, d'où il écrivait au ministre, lo 2 avril 1825, qu'il serait à ses ordres, à Paris, vers la fin do ce mois. D'après les recherches que nous avons faites, nous pouvons assurer que la relation des voyages dans le Nord de Chaumette des Fossés n'a jamais été publiée. Il était depuis plus de trois ans en inactivité, lorsque, le 31 décembre 1825, il fut mis à la disposition du ministre de la marine pour aller remplir une mission à Lima. Il partit avec le titred'inspecteur général du commerce français au Pérou, qui lui avait été donné ofncieltement le 22 février 1826. Il conserva cette qualité jusqu'au 1 1 avril de Tannée suivante, que le gouvernement le nomma rora.nl général ( I) ; il avait obtenu peu de mois auparavant la décoration de la Légion d'honneur. La passion de Chaumette des Fossés pour les voyages et les recherches archéologiques augmenta à un point extrême dans un pays anciennement célèbre, aujourd'hui si peu connu, et qui offrait tant d'aliments à sa curiosité et à ses investigations. Aussi s'attacha-l-il avec ardeur à l'étudier sous ses différents aspects; il chercha d'abord à se perfectionner dans la langue espagnole, qu'il connaissait déjà, et à apprendre les différents idiomes usités dans le Pérou. 11 se lia avec les missionnaires les plus instruits, qui le mirent à même de recueillir des documents précieux sur ce pays pendant les fréquentes excursions qu'il fit dans l'intérieur. C'est ainsi qu'en parcourant la région connue sous le nom de la Pampa del sacramtnto, et en suivant le cours des rivières Huallaga et Lcayali, il a pu améliorer considérablement la carte de ces lieux, dressée par le P. Manuel Sobrcviella, qui avait exécuté le même voyage en 1790. Ces différents travaux avaient tant de charmes pour Chaumette des Fossés, qu'il s'y livra peut-être trop exclusivement ; aussi sa correspondance avec le ministère devint-elle de plus en plus rare. Il résulta de cet état de choses, qu'au mois de juillet 1829, il reçut Tordre de rentrer en France ; ce ne fut cependant qu'au moi de mai de Tannée suivante qu'il remit son service à M. Barrère, nommé pour le remplacer. Bien qu'il n'exerçât plus, dès lors, aucune fonction politique, Chaumette des Fossés n'en continua pas moins de résider au Pérou, où il s'était fait de nombreux amis, et qu'il ne pouvait se décider à quitter tant qu'il lui resterait des découvertes à faire et des antiquités à cxplorcr.Tel était Taltrait des recherches auxquelles il se livrait, les préoccupations qu'ellcsluidonnaicnt.et.si Ton veut aussi, son désintéressement, que, quoiqu'il soit resté au Pérou pendant plus de onze ans sans appointements depuis son rappel, non-seulement il n'a pas accusé la réception de la dépêche que le ministre lui écrivait à cette occasion, mais qu'il n'a pas même fait la moindre démarche pour obtenir le traitement de disponibilité, qui ne lui aurait certainement pas été refusé. En 1841, Cliaumctte des Fossés, malade

(t) Chaonetie des Fossés n'avait en. comme Inspecieor général dnrommerre, qu'one commission ministérielle i comme consul géaérai, il obtint linstuoiion rorsle.

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depuis plusieurs années, et affaibli par de longs et i

laborieux voyages, prit la résolution de revenir dans sa (tatrie. Il se proposait auparavant de visiter les Etats-Unis, et, à cet effet, après avoir traversé l'isthme de Panama, il s'était embarqué a Chagi es, sur le navire Amrrica , pour se rendre d'abord à New- York, lorsqu'il termina sa carrière en mer, le 4 octobre 1811 , soit par suite d'une lièvre contractée dans ces parages, soit par une autre cause sur laquelle nous n'avons pas des données assez positives pour la signaler d'une manière plus explicite. Lorsque les caisses qu'il avait avec lui a bord curent été ouvertes, on n'y trouva que des effets usés, des bijoux de peu de valeur, et environ quarante onces d'or. 11 est vrai que d'autres caisses, qu'il avait fait expédier pour Bordeaux , et qui sont parvenues, renfermaient, outre plusieurs manuscrits importanlssur l'histoire des colonies espagnoles, une collection de livres imprimés au Pérou , au Chili et au Mexique pendant les trois siècles qui ont suivi la conquête , et un certain nombre de dessins faits au Pérou. Le Catalogue des livret impriméi et manuscrits composant la bibliothèque de M. Chaumette des Fossés, qui a été mise en vente publique, à Paris, dans les premiers jours de novembre 1842, a été imprimé par Paul I\enouard ; il est précédé d'une courte notice sur ce fonctionnaire. M. Roux de Rochelle lui en a consacré également une dans le Bulletin de la société de géographie, dont Cl»aumelte des Fossés était membre depuis 1826. 11 était commandeur des ordres du Pérou et de la Bolivie. On a de lui : 1° Voyage en Bosnie dans les années 1807 et 1808, Berlin, 1812, 1 vol. in-8». Le même ouvrage a été publié sous le même titre et dans le même format, Paris, 1822. 2" Essai sur le commerce de la Norvège, Lima, 1807, brochure in-8" de 88 p. La bibliothèque de des Fossés, à en juger par le catalogue dont nous avons parlé, était très-riche en ouvrages imprimés et manuscrits, espagnols, américains et Scandinaves. 11 relate la copie manuscrite faite par lui-même des Brevet advertencias para bever frio con nieve, por el D. JU. de Porres, Lima, 1020, in-4». D— z— 8.

CHALMONOT (Joseph ), missionnaire, né en Italie, entra de bonne heure dans l'ordre des jésuites, el fut envoyé prêcher l'Evangile aux Indiens de l'Amérique septentrionale. 11 séjourna pendant plus d'un demi-siècle parmi les naturels du Canada, et se trouvait chez les Hurons habitant au nord du lac Érié.dès l'année 1642. L'année suivante il se rendit plus au sud cliez une autre tribu appelée la nation neutre, parce qu'elle n'avait point voulu prendre part à la guerre que se faisaient alors les Hurons et les Iroquois, quoiqu'elle tirât son origine des premiers. En 1655, étant à celte époque le doyen de» missionnaires de la Nouvelle-France, il visita les Onondagas, qui l'avaient appelé auprès d'eux, et parmi ceux qu'il convertit à la foi catholique se trouvaient quelques-uns des principaux personnages de celle nation. La mission fut néanmoins abandonnée bientôt après; mais on la rétablit ensuite vers l'année 4670. Cliaumonot fonda la maison de Lorette, trois lieues au nord de (juébec, et y réunil uu certain

nombre d'Indiens de la tribu tics Unions, qui, par suite de leurs guerres avec d'autres tribus, avaient été invités à s'établir vers l'embouchure du St-I.aurent. Cliaumonot a composé une grammaire de la langue luiroune. On ne trouve d'autres détails sur ce missionnaire \ \ dans Charlevoix, ni dans les Lettres édifiantes, etc. Les auteurs qui parlent de ce missionnaire ne font connaître ni le lieu ui l'époque de sa naissance, ni la date de sa moi t. [)—/.—$.

CHALMONT ( Hugues db), dit le Borgnk, de la maison de Cliaumont en Vcxin, ou, suivant d'autres, de celle de Cliaumont en Champagne, fut connétable de France sous Louis VI et Louis VII. 11 accorda en cette qualité, en 1111, au nom de Louis le Gros, la confirmation des privilèges de l'abbaye de Sl-Bcnk.et signa aussi, en 1128 etlIM, des chartes en laveur des prieures de St-Samson d'Orléans et de St-Martin-dts-Cliamps de Paris. Il fit partie de la première croisade, et mourut en 1158. Fauchet et le P. Anselme disent que Hugues de Cliaumont fut le premier connétable oui eut le commandement des armées, l'oriice de connétable se bornant avant lui au commandement de l'écurie ( I ). T.-P. F.

CHALMONT (Chahles d'Amboise, seieneur de), né en 1475, était fils de Charles, ficre -Ui rarHinal d'Amboise. En 1500, il fut nommé gouverneur de Milan, et, en 1506, d'après les ordres de son oncle, il se joignit, avec un corps de cinq cents lances, *. l'armée du saint-siéjte qui soumit Bologne. A la bataille de Castallaciu, en 1507, Cliaumont commanda l'avaut-garde, et contribua au succès autant par sa valeur que par l'habileté des mouvements qu'il ordonna. Il se distingua ensuite à la bataille d'Agnadel, dans la guerre de 1509, contre les Vénitiens. En 4510, il investit le pape Jules II dans Bologne, et l'aurait enlevé, si le saint-père n'avait nos eu recours à des négociations trompeuses. Cliaumont fut obligé de se retirer. Jules II ordonna le siège de la Mirandole, qui bientôt se rendit. Le pape v entra par la brèche, et se préparait a poursuivre le cours de lies conouétes, auand l'approche des troupes française ralentit son ardeur. Cliaumont, à peine Agé de trente-huit ans, fut attaqué à Corregio d'une maladie mortelle, causée, dit-on, par le chagrin qu'il éprouvait de ce que la Mirandole avait été prise par sa faute. 11 mourut le 14 février 4511, persuadé qu'il était empoisonné. Cliaumont avait du courage et quelques talents militaires; mais son opiniAtreté et sa jalousie contre les hommes oui lui étaient supérieurs lui firent commettre bien des font**. A ses derniers moments, il eut des remords d'avoir

(l) Morérl, dan» M* nnitre* ni*lorifl.oc» «or le* membres de I* maison de Chamnont, ne fait aucune mention de lingue» deChaumont. «jet de rcl article 1 il tiie cependant a ranpu. de son irtvail le T. Anvlmc et le Laboureur. Le fbef de la famille était, suioutlul, Robe» I", dit rÊtoeunt, seigneur de Chaumonl eu Veïinet vidante en partie de Ceibemy en Reantaisls, qui Titait dans te M* alerte, tomba de cheval an reioor d'une couse qu'il ■«ait faite en Normandie, et ne rompit le rou, acrabie par le pou!» de se* arme». 0»moiid I". son NI» aine. Ut la guérie aux Anglais et fut rail prisonnier a la bataille de Biniinville, en 1 1 1!». Sur la On de wa jours, il « flt religicu dan» l'abbaye de Si-Ornwr .le Visio. U —

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feit la pierre au pap«, et en demanda l'absolution. Lorsqu'elle arriva, il venait de mourir. D — c — T.

CHAI MONT (Jean dk), seigneur de Boisgarnicr, de la maison de Cliaumont eu Vcxin, était fils puîné de Louis de Cliaumont, seigneur d'Athiculcs, et d'Isabelle du Breuil. Né vers 1583, Jean de Cliaumont fut nommé par le roi Henri IV son bibliothécaire ; il obtiut ensuite la charge de conseiller d'Etat ordinaire et mourut le 2 août 1667. 11 a composé quelques ouvrages, dont un seul est eucoie recherché pour la bizarrerie de son titre : c'est la Chaîne de diamants, Paris, 1684, iti-8v L'auteur y réfute ceux qui attaquent ces paroles de la consécration : Ceci est mon corps. — Paul- Philippe DE Cii uuo.nt, (ils du précédent, et de Marie de Bailleul, dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche, embrassa l'état ecclésiastique, et succéda à sou père dans la cliarge de bibliothécaire ou garde des livres du cabinet, à laquelle il joignit celle de lecteur du roi. L'Académie française le reçut eu 1654, quoiqu'il n'eût alors public aucun ouvrage, et il fut ensuite un des quatre commissaires que le président de Novion choisit parmi les académiens pour terminer à l'amiable leur procès avec Furelière. En 1671, Louis XIV nomma Cliaumont à l'évèché d'Aps, qu'il ne conserva que treize ans; car, en 1684, il donna sa démission, et revint à Paris, afin de se livrer a son goût pour l'étude. En 1693, il publia un ouvrage intitulé : Réflexions sur le christianisme enseigné dans l'Église catholique, 2 vol. in-12. Ce traité, « dont le style, selon d'Olivet, ne répond pas « moins à la qualité d'académicien de l'auteur que • le sujet à son caractère d chèque, » est estimé des théologiens, et Nireron le trouve solidement pensé et bien écrit. Chaumout mourut à Paris, le 24 mars 1697, dans un âge avancé. Chapelain, dans sa liste des auteurs vivants en 1662, en parle ainsi : « Ct.au- « mont ue manque pas d'esprit, et a assez le goût h de la langue. Un n'a pourtant rien vu de lui qui a puisse lui faire honneur. S'il ne prêche pas bien, o ii prêche hardiment et facilement, etc. » ( Yoy. aussi les Mémoires tlu P. Niccron. B— g — T.

CHALMONT (le chevalier de), capitaine de vaisseau, fut nommé par Louis XI V, en 1685, ambassadeur auprès du roi de Siam. Il partit de llrcsl le 3 mars, sur un vaisseau de quarante canons, accompagné d'une frégate, menant avec lui une suite nombreuse. Arrivé le 23 septembre au bas de la rivière, il dépêcha aussitôt le chevalier de Furbin et uu missionnaire au roi de Siam. Dés qu'il s'approcha de la capitale, il fut reçu avec les honneurs les plus distingués. Un mandarin, en le complimentant, lui dit, entre autres choses flatteuses, a qu'il savait bien a que Son Excellence avait été employée autrefois à « de grandes affaires, et qu'il y avait plus de mille a ans qu'elle était venue de France à Siam pour « renouveler l'amitié des rois qui gouvernaient alors ■ ces deux royaumes. » Quarante nations indiennes qui résidaient a Siam vinrent, par ordre du roi, lui témoigner leur joie sur son arrivée. M fut magnifiquement logé, fut invité & un grand nombre de fêtes, et suivit le roi dans ses chasses et dans quel-

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que* voyages. Le 10 décembre, il signa, avec les ministres de ce prince, un traité ou étaient stipulés les intérêts du commerce de France et ceux de la religion catholique dans le royaume de Siam, et il partit le 14, emmenant en France deux ambassadeurs siamois. Par un effet de la jalousie des Hollandais, le vaisseau échoua au détroit de Banca, et le gouverneur de Bantam reçut les Français peu civilement. La défiance diminuant à mesure que ceux-ci s'éloignaient des Indes, ils furent très-bien accueillis au cap de Biinnc-Espcraiice, et arrivèrent à Brest le 18 juin 1686. Le chevalier de Cliaumont avait avec lui dans ce voyage le P. Tachard, jésuite, et l'abbé de Choisi, qui tous deux en ont publié la relation. Celle que le chevalier de Cliaumont a écrite et qui a été imprimée à Paris, 1680, in-12, et traduite en hollandais et en allemand, est moins étendue que la première, et beaucoup plus sérieuse que la seconde, mais elle contient «les détails intéressante qui ue se trouvent pas dans les deux autres. E — s.

CHAUNCY (sir IIkmu ) . auteur anglais du 17* siècle, natif du comté de Hcrlford, mort en 1700, après avoir rempli plusieurs places dans l'ordre judiciaire du pays de Galles. Charles II lui avait conféré, en 1681, l'honneur de la chevalerie. On a de lui les Antiquités historiques du comté de Htr(ford% Londres, 1700, in-fol. . en anglais, ouvrage qui, malgré quelques digressions pédantesques, est estimé en Angleterre. X — s.

CHAUNCY (Ciiaui.es), ministre dissident et président du collège de Harvard , naquit dans le comté de Hertford, en Angleterre, vers 1589. Au sortir de l'école de Westminster, il fut admis comme étudiant au collège de la Trinité, déprndant de l'université de Cambridge, et y obtint les degrés de bachelier en théologie. Nommé professeur d'hébreu, il ne put en exercer les fonctions parce que le docteur William , vice-chanrelicr, désirait accorder ce poste à un de ses patents ; Chauncy obtint en dédommagement la chaire de grec. Chauncy quitta quelque temps après l'université pour exercer les fonctions de ministre a Marstow, et devint en 1627 vicaire de Ware. Persuadé que la discipline de l'Eglise anglicane [established Church) et quelquesuns des articles qu'elle adoptait pouvaient faire naine de sérieuses objedions, il manifesta librement son opinion contre ce qu'il appelait les inventions de l'homme dans le culte de Dieu. On l'accusa, en 1629, d'avoir avancé dans un sermon que la prédication de l'Evangile devait être supprimée, et que l'idol&ti ie , l'athéisme , le |>apisme , l'arminianisme et l'hérésie s'étaient glissés dans l'Eglise. Apres avoir été interrogé par la cour de la liante commission ( high commission Court ) , sa cause fut renvoyée au D. William Laud, évèquc de Londres, qui exigea de lui uu acte de soumission eu latin. Il fut traduit de nouveau devant la mêmccour.en 1635, époque à laquelle Laud était archevêque de t miter bury. On l'accusait maintenant de s'être opposé à ce qu'on plaçât une balustrade autour de la table de communion de son église , acte qu'il considérait comme une innovation et un piège tendu &

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la conscience des hommes. II fut déclaré coupable de mépris envers le gouvernement ecclésiastique et de tentative de schisme, et suspendu en conséquence de son ministère jusqu'à ce qu'il eût fait en pleine cour une rétractation solennelle, dans laquelle il reconnaîtrait ses graves offenses cl déclarerait que dans sa conscience il était persuadé que la génuflexion au sacrement était légale et recommandable, et que la balustrade de l'autel avec le banc pour se mettre à genoux étaient des ornements décents et convenables, en promettant de ne jamais s'y opposer, pas plus qu'a tout autre rite ou cérémonie prescrits par l'Église d'Angleterre. Il fut en outre condamné à parer les frais du procès, qui s'élevaient à une somme considérable , et à rester en prison jusqu'à ce qu'il eût satisfait aux ordres de la cour. Il résista quelque temps , mais il céda enlin, et, le 1 1 février, il se soumit à tout ce qu'on exigeait de lui. Il ne tarda cependant pas à se reprocher cet acte de faiblesse, et avant de se rendre à la Nouvelle-Angleterre, il fit une rétractation solennelle qui fut ensuite imprimée à Londres. Dans son testament, il se lamente sur sa complaisance coupable à se soumettre à ces viles inventions humaines, a celte superstition, à ces ravaudages introduits dans le service du Seigneur dont le livre de messe anglais ( English mat» book), le livre des prières communes, l'ordination des prêtres, etc., sont chargés. Il termine par une exhortation a ses descendants de l'imiter eu ne se confermant pas plus que lui-même à des rites et à des cérémonies, ouvrage des hommes et contraires à la volonté de Dieu. Ayant eu a supporter quelques autres vexations , il se détermina a aller chercher dans la Plouvellc-Angletcrre un refuge où il pût jouir librement des droits de conscience ; il s'embarqua donc et arriva a Plymouth peu de jours avant le grand tremblement de terre du I'r juin 1638. Il résida trois ans dans cette ville et obtint ensuite le pastoral de Scititate ; il y remplit pendant douze années les fonctions du ministère. Mais il était si faiblement rétribué qu'il pouvait à peine donner du pain ù sa famille; aussi avait -il pris la détermination de retourner en Angleterre, lorsqu'il eut appris que les affaires ecclésiastiques avaient éprouvé de grands changements. II s'était même déjà rendu à lioston pour s'y embarquer, quand on lui offrit la présidence du collège d'Harvard, qu'il accepta le 2 novembre 1054. On lui imposa toutefois la condition à laquelle il se soumit, de ne pas répandre certaines de ses opinions que l'on considérait comme hétérodoxes, celles, par exemple, qu'il professait, que le baptême des enfants et des adultes devait se faire par immersion, et que la cène ou communion, que les Anglais appellent Lord't supper, le souper du Seigneur, ne doit cire célébrée que le soir. Installé dans ses fondions le 27 novembre, il les conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 19 février 1672; il était alors âgé de 81 ans. Chauncy était fort érudit, il possédait les langues hébraïque, grecque et latine, et n'était pas étranger aux sciences; il s'occupait surtout de théologie, el il dirigea, dit-on, pendant les dernières annéej de sa vie, avec un

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grand zèle et beaucoup de succCs , le collège confié à ses soins. Plusieurs de ses sermons ont été publié*, il en avait laissé beaucoup d'autres en manuscrits, mais la veuve de l'un de ses fils ayant épousé en secondes noces un diacre de Northampion qui exerçait en même temps le métier de pâtissier, celui-ci enveloppait ses pâtés avec les écrits du défunt ministre, et bientôt il n'en resta plus trace. Chauncy avait eu six lils , qui tous furent élevés au collège d'Harvard et devinrent des prédicateurs plus ou moins distingués. D— z— s.

CHAUPY (CaWAATIN Beuthand de), littérateur et antiquaire , était né vers 1720 à Grenade, près de Toulouse. Ayant embrassé l'état eccléxiastique, il vint à Paris, et s'y lia bientôt avec ceux de ses confrères qui partageaient son goût pour l'étude. Il s'engagea dans les querelles «lu parlement avec le clergé, et prit vivement la défense de son ordre contre la magistrature, dans divers écrits qui furent condamnés. Exposé lui-même à des poursuites, quoi* qu'il eût gardé l'anonyme, il partit pour Home, en 17S6, muni de lettres de recommandation pour plusieurs prélats. La vue des monuments de cette ville tourna ses études vers l'antiquité ; et, sans s'effrayer de 1a grandeur de l'entreprise , il forma le projet de donner la description de l'Italie ancienne. Dans ce but il employa dix ans à rassembler des matériaux; mais avant d'annoncer son grand ouvrage, il en détacha, pour sonder le goût du public, la (>artie qu'il jugeait la plus neuve et la -plus intéressante, et la lit paiaPrc en 1769 sous ce titre : Découverte de la maison de campagne d'Horace. L'accueil que reçut cet essai encouragea l'abbé de Chaupy à continuer d'explorer les ruines de l'Italie; mais ayant obtenu, vers 1776, l'autorisation de rentrer en France , il abandonna tous ses projets littéraires, et se hâta de revenir à Paris , rapportant de son exil des livres rares , des médailles et une collection assez précieuse d'antiquités. Satisfait de sa modeste fortune, il vécut plusieurs années tranquille, partageant son temps entre la culture des lettres et la société de quelques amis. 11 fit, en 1783, un voyage en Champagne pour visiter l'ancienne ville découverte par Grignon sur la petite montagne du Châtelct (rot/. Grignon, et ci-après), et l'encouragea beaucoup à pousser plus loin ses fouilles, lui promettant qu'il serait bien dédommagé de ses peines et de ses dépenses. La résistance des parlements à l'autorité royale ranima la vieille haine que de Chaupy portait a ce corps de magistrature. Lors de la demande de la convocation des états généraux, il prévit que, dans la situation des esprits, cette mesure amènerait des changements dans les principes constitutifs de la monarchie, et que le clergé surtout serait l'objet des attaques des réformateurs. Il reprit donc la plume dans l'intention de signaler le danger et d'indiquer la manière dont les états devaient être composés pour opérer, sans secousses, les réformes qui seraient jugées nécessaires; mais la marche des événements dépassa toutes ses prévisions; et, avant qu'd eût achevé son ouvrage, la révolution avait triomphé de tous les obstacle*

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qu'il prétendait lui opposer. Sa prudence le lit échapper à tous les dangers auxquels sa double qualité de prêtre et d'ami de l'ancien régime l'exposait. A celle époque il demeurait à Sens, et c'est là qu'un jeune littérateur, qui depuis était devenu membre de l'Académie française, eut souvent occasion d'ajiprécier cet esprit original. Il portait dans la société, qu'il n'évitait cependant pas, une habitude de préoccupation et de tacilurnile dont il ne sortait guère que lorsqu'il trouvait moyen de citer son auteur favori ; il en parlait non-seulement en homme qui sait ses vers par cirur, mais en ami de tous les jours : il semblait qu'il frit son contemporain et qu'il eût encore cause avec lui la veille. Il trouvait dans Horace la prophéiic do tous les événements de la révolution qu'il avait désiré prévenir. De Chaupy mourut à Paris, en 1798, Agé de près de s i ans; il avait été trés-lié dans ses dernières anuées avec Mercier de St- Léger, Ucaucousin et autres bibliophiles. Ou a de lui : 1" Obiervations sur le refus qu'a fait le Châletel de reconnailre la chambre royale , en France, 1754, in-4» et in-12. 2' Réflexion» d'un avocat sur 1rs remontrance» du parlement du 27 septembre 1756 au sujet du grand conseil, Londres, (Paris), 1756, in-12. Ces deux écrits furent condamnés par le parlement commo renfermant des principes contraires aux lois fondamentales du royaume. Dans le temps, on attribua le premier à D. la Taste [voy. ce nom), mais il est aujourd'hui prouvé que de Chaupy en est le véritable auteur. 5» Découverte de la maison de campagne d'Uoraee, Home, 1767-09, 5 vol. in 8°, avec une carte de la Sabine. Ce litre trop modeste ne donne pas une idée de l'importance de l'ouvrage, dans lequel l'auteur répand un nouveau jour sur la topographie des provinces voisines de Borne. H place la maison de campagne d'Horace dans la Sabine, sur les bords de la Digenlia. Celle opinion est partagée par Lalande qui, dans son voyage en Italie , parait avoir eu connaissance des recherches de Chaupy. C'est un point d'érudition à l'abri désormais de toulc critique. Les nouveaux commentateurs d'Horace ont profité des travaux de Chaupy pour expliquer différents passages de ce poêle , dont le sens n'avait point encore clé déterminé d'une manière satisfaisante. Un résunié de son livre savant, mais indigeste, se lit à la tète de la traduction qu'ont donnée, en 1821 , des oeuvres d'Horace, Campenon et Després ; ce morceau , qui est dù au premier, a été adopté par les traducteurs qui sont venus depuis , et a été traduit en allemand par M. A.-G. Gebhardt, Leipsick, 4826, m S", avec carte géographique. 4* Philosophie des lettres qui aurait pu tout sauver, ilisosophie troiîairienne qui n'a pu que tout perdre, Paris, 1781»- 1790, in-8». 2 i .ai lies de 30 et 700 p. Ce volume est très-raie; il n'en a été tiré, suivant les bibliographes , qu'un petit nombre d'exemplaires aux Irais de l'auteur, qui ne les mit pas daus lo commerce. On peut croire que celte rareté vient plutôt des circonstances où il fut publié, et de la suppression que Chaupy en dut faire avec le plus grand soin quand il tut reconnu que, sans remplir ses vues, il

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pouvait compromettre sa tranquillité. Voici le jugement qu'il en porte lui-même dans l'avant-propos :

• C'est moins un ouvrage qu'un pot-pourri qu'on « publie. Les moindres défauts qu'on lui trouvera

« sont ceux de plan, d'ordre et de style Le bou-

« levtrsement des choses n'a pu qu'influer sur la « manière d'en parler. Mon écrit a dù être vérita- « blement marqué au coin du génie qui présidait « aux étals, qui, entre tous les caractères, a déployé

« surtout celui d'ennemi de tout ordre La honte

« de tant de défauts m'a souvent fourni la pensée de « renoncer à cet ouvrage ; mais elle no manquait « |tas de se changer en celle de continuer ; et elle « m'était donnée par la réflexion que, si c'était une a grande eau vague, on y pourrait pécher non-seua Icmcnt des poissons , mais quelques perles. » En le publiant, de Chaupy avait pour but d'attaquer la révolution dans sa source. « Celte source , dit-il, » n'est pas douteuse , on ne peut s'empêcher de la « reconnaître dans ce libertinage d'esprit et de co ur, « réduit par Voltaire en un système qu'il eut, on ne « sait s'il faut dire l'audace ou l'impudence de dêa corer du nom de philosophie... ; mais la philoso- « phicest l'amour de la sagesse que son nom exprime, « et le voltairianismc n'est caractérisé que par la « haine de tout bien. Elle est capable de changer la « terre en ciel ; le voltairianisme ne l'est pas moins « de la changer en enfer, en y apportant le défaut

• de tout ordre, et l'interminable horreur qui la ca- « rarlérise... » Il examine ensuite si diverses réformes projetées sont nécessaires, et il se déclare pour la négative. « La Fiance, dit-il (p. 179), a la consli- « tution monarchique la plus parfaite. On en a la a preuve dans la prospérité toujours croissante de la « nation. Elle n'a pas été la plus grande du monde, « sans le moyen de devenir ce qu'elle a été. ». L'abbé de Chaupy annonçait le projet de donner à son ouvrage une suite , dans laquelle il aurait rassemblé les textes et les monuments anciens a l'appui de ses principes ; mais les circonstances ne lui permirent pas de s'en occuper. W — s.

CHAUSSAKD (Pieriie-J eau-Baptiste), littérateur, auquel il n'a manqué peut-être que d'avoir vécu dans d'autres circonstances pour se faire une réputation durable , naquit à Paris , le 29 janvier 17G6. Son père, architecte du roi (1), s'occupa moins de lui inspirer de sages principes que d'exciter son enthousiasme naturel, et fut ainsi la première cause des écarts que l'on peut lui reprocher. Après avoir achevé ses éludes au collège de Bcauvais, sous la direction de Dupuis, l'auteur de YOrigine de tout les cultes, il se lit recevoir avocat, et se partagea dés lors entre le travail du cabinet et la culture des lettres; il avait fait imprimer, en 1787, une Ode sur le dévouement du duc de Brunswick ; et cette pièce lui valut une place dans le Petit Almanach de 1Uvarol. Deux ans après il publia sous le titre de ITu'orie des lois criminelles , un traité qu'il avait sans doute composé pour quelque académie (2) , et

(I) «on tn itwi, S rtfl de W im.

(*) Vers crus Éfwqw, l»«<»tmle Ut CMIonwir-Slinw mil mit

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dans lequel il ne lit que mettre , en style déclamatoire, les excellentes raisons données par Beccaria pour prouver la nécessité d'adoucir les lois pénales. Partisan exalté de la révolution , il en défendit les principes dans plusieurs pamphlets, depuis longtemps oubliés, et devint l'un des rédacteurs de ta Sentinelle, journal qui recevait des subsides du ministre Roland. Longtemps avant qu'il fût de mode de renoncer à son nom patronymique, il changea le sien contre celui de Publicota. Vers la fin de 4792 , il fut envoyé par le ministre Lebrun-Tondu en Belgique, avec le titre de commissaire du pouvoir exécutif. Il applaudit au décret de la convention qui prononça la réunion de ce pays à la France, et répondit à ceux qui prétendaient qu'on eût dû consulter les Belges : « \jt vœu d'un peuple enfant ou imbécile serait nul, « parce qu'il stipulerait contre lui-même. » ( hlémoirti sur la Belgique, p. 84.) Le but de sa mission était surtout d'introduire dans ces provinces les idées révolu) ionnairrs, et il se mit aussitôt à l'œuvre avec ses collègues, qui n'étaient pas tous si désintéressés, ni si sincères que lui : « Nous avons , dit-il , éven- « gélisé partout, sur les places, aux clubs, aux estait minets, au tliédtrc... Nous avons louvoyé surtout « avec le fanatisme. Nous avons voulu élever le bas « clergé contre le liaut clergé , et tuer ainsi le sait cerdoce par le sacerdoce. » ( Ibid., p. 141 . ) Malgré ses prédications, et quoiqu'il eût remplacé dans toutes les villes les anciens magistrats par d'ardents patriotes, il ne laissait pas de rencontrer encore des obstacles à ses volontés. Ainsi, lorsqu'il voulut faire arrêter le pieux et savant Nclis {voy. ce nom), évêque d'Anvers , pour le conduire à la citadelle de Lille, les administrateurs le firent eux-mêmes évader. Chaussard furieux donna l'ordre d'arrêter les administrateurs, ainsi que soixante-sept des habitants les plus notables; mais Dumouricz, instruit à temps d'une mesure qui pouvait compromettre la tranquillité d'Anvers , enjoignit à Chaussard ainsi qu'a ses collègues de partir sur-le-champ pour Bruxelles, les prévenant qu'en cas de refus il ordonnerait au général Marassé de les y contraindre. 11 vint se plaindre de cet ordre, et dit qu'il lui semblait dicté par un vizir. Dumouricz lui répondit *

• Allez, M. Chaussard, je ne suis pas plus vizir que

• vous n'êtes Publicota {Uém. de Dumouriex, liv. 8,

• ch. 4). » Chaussard quitta peu de temps après la Belgique. De retour a Paris, il s'empressa de dénoncer Dumouriez; et depuis il voulut se faire un mérite d'avoir le premier révélé sa Conjuration (2). Ses services furent récompensés par la place , alors très-importante, de secrétaire tic la mairie de Paris; et ensuite par celle de chef des bureaux du comité de salut public, place plus importante encore. Appelé

an ronron» cette question > Vtxtrtme sérfrili its peites iinlvtcra-l-elte le nombre et l'ênormUt 4et crimet ? On peul ronjeetnrer que Chaussard fol an des écrivains qui traitèrent ce sujet.

(<) Duuonnrt, mitant Chanssard, Ini répondit :«Je ne *sls « point un tiiir... Je suis le premier de tous les agents du pouvoir « cxècntir, et, si cela est nécessaire, je prendrai la direction de tonte « la Belgique. »

(S) loi. le M<*iie*r eu » mars 17W.

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comme témoin dans le procès de Miranda (roy. ce nom), Chaussard lit une déposition favorable au général, et contribua beaucoup à le faire acquitter. Après le 9 thermidor, il fut nommé secrétaire de la mairie, puis bientôt après secrétaire général de l'instruction publique. Ce fut sans doute pour plairo à son protecteur, Larévelliére - l'E|«ux {voy. ce nom), qu'il figura parmi les orateurs théophilanthropes , dont le ridicule fit bientôt une prompts justice. Forcé par sa position de mettre sa plume aux gages des libraires, il publia , de 1798 à 1803, un assez grand nombre d'ouvrages qui se ressentent trop de la précipitation avec laquelle ils ont été composés, mais auxquels il eut la prudence de ne pas mettre son nom. Ses amis parvinrent à le faire nommer, en 1803, professeur au lycée de Bouen, d'où il passa , l'année suivante , à celui d'Orléans. Des lissais sur Horace, insérés dans les journaux, et précédés d'un avertissement où il annonçait le projet de traduire le poète latin vers par vers , et de l'éclaircir « par un commentaire rapide , et de goût « plutôt que d'érudition, » fixèrent sur lui l'attention du conseil de l'université. En 1805 il obtint la place de professeur de littérature a l'académie do Nîmes; et deux ans après il fut autorisé par Fontanes à rester à Paris, comme chargé de travaux classiques, en conservant son traitement et son titre, La restauration le priva de ces avantages. Ecarté du corps enseignant sans pension de retraite , il dut chercher de nouveau des ressources dans la culture des lettres. Ses amis lui restèrent fidèles dans le malheur; et c'est la preuve qu'il avait mérité d'en avoir. Chaussard mourut & Paris, le 30 septembre 1823, dans sa 58* année. Avec des connaissances variées , un talent flexible et une grantlc facilité d'écrire, il est probable qu'il se serait fait un nom dans les lettres , s'il n'avait pas été lancé dans la politique au début de sa carrière, et si plus tard, lorsque l'expérience l'eut corrigé, il n'avait pas été forcé de travailler pour vivre. Chaussard était membre de l'institut de Hollande, de (académie de Rouen, etc. Il a publié beaucoup de discours et de pamphlets de circonstance, parmi lesquels nous citerons sa Lettre d'un homme libre à l'esclave Uayval, Paris, 4791, in-8»; et son Eipril de Mirabeau, ou ilanurt de l'homme d'Etat, Paris, 1797, 2 vol. in-8* ; 2* édition, Paris, 48f>4. La première édition est anonyme. Cadet Gussicourt (voy. ce nom) a ic> vendiqué la propriété de la notice qui est en tête de la 2* édition , beaucoup plus ample que la précédente. Dans le genre I y rique où Lebrun fut son mailrc et son modèle, on cite de Chaussard plusieurs morceaux très-remarquables. Son ode intitulée l'Industrie et les Arlt obtint un succès mérité ; clic a éld réimprimée trois fois in-4° et in-8". Parmi ses autres ouvrages assez nombreux, on se contentera do citer : 4° Théorie des lois criminelles, ou Discour» sur cette question : Si l'extrême sévérité des lois diminue te nombre et iémrmité des crimes, suivie d'un tableau comparatif et analytique des lois de» différent» peuples, présentée à rassemblée nationale, Paris et Auxcrrc, 4789, iu-89. 2° De l' Alterna»

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gne et de ta maùon d'Autriche , ibia., Paris , 1792, in 8*. Chaussard, que les journaux du temps donnent comme un digne continuateur de Tacite, commence son ouvrage où l'auteur Ce la Germanie finit Je sien. Ce n*est qu'une philippiqne , en mauvais style, contre la maison d'Autriche et la constitution de l'empire germanique que Chaussard trouve bizarre. Son livre eut un succès auquel il ne s'attendait guère; il fut réimprimé par ordre du gouvernement en 4799, in 12, et 180 i, in-8», sous re litre : de la Maiton d'Autriche et de la coalition, ou Intérêts de r Allemagne et de l'Europe 3» Mémoires historiques et politiques sur la révolution de la Belgique et du pays de Liège, Paris, 1793, in-8". Cet ouvrage ne manque pasd'intérêt, et il pcul encore être utilement consulté, parce que l'auteur y a inséré sa correspondance pendant sa mission en Hclgiquc. Mais on pourra se faire une idée du style alors a la mode, par celte phrase de l'avertissement : o Riche d'une « conscience imperméable à toute espèce de séduc- « lion, j'ai eu l'ambition de laisser un monument à « l'histoire. » 4* De l'Education des peuples, ibid., 1793, in-8°. Le principe de Chaussard, c'est que, ne pouvant élever le pauvre jusqu'au riche, il faut lairc descendre le riche jusqu'au pauvre; il voudrait dune que les lois tendissent à diviser sans cfWt, sans déchirement , sans violence . les fortunes colossales, cl à faire ainsi couler au sein de l'indigence quelques ruisseaux du fleuve des richesses. Telle serait, dit-il. la loi sur l'adoplion, pourvu qu'elle n'eut lieu qu'enirc le riche et le pauvre; celle qui, supprimant les dots , rappellerait le mariage a sa sainteté, et le rendrait riche d'estime, d'amour et de fidélité; telle, une autre loi qui forcerait chaque citoyen à rendre compte u ment de ses moyens d'existence ; une autre qui condamnerait l'homme riche sans enfants à verser, dans le trésor national , les fonds nécessaires à l'éducation d'un riloyen , etc. î>° Essai philosophique sur la dignité des arts, ibid., 1798, in-8°. 6* Coup d'œil sur l'intérieur de la république française, ou Esquisse des principes d'une philosophie morale, ibid., 1799, in-8°. 7e Le Nouveau Diable boiteux, ou Tableau philosophique et moral de l'aris, mis en lumiirc cl enrichi de notes par le docteur Didaculus de Istuvain, ibid., 1799, 2 vol. in-8"; réimprimé en 1803,4 vol. in- 12. C'est le même cadre que celui de Lcsage, auquel Chaussard fait hommage de son livre (1). On y trouve, comme dans tous les écrits de l'auteur, des déclamations et du néologisme ; mais il y a quelques ta- Hcaux amusants et des observations utiles, S" Fêtes et Courtisanes de la Grèce, Paris, 1801,4 vol. in 8° ou in-12; reproduits avec des corrections et additions en 1803 et en 1820. Dans cet ouvrage, annoncé comme un supplément au Voyage tfAnacharsis, se montrent à nu le cynisme et l'irréligion. Au moment où il se dispose i braver toutes les bienséances, l'auteur reconnaît que c'est aux leçons de Du-

(i) < J'ai, da-il dans cette dédicace a Lesage, bravé toutes les * règles ou |>lniiH toute» les entraves de l'art... Je ne ne suis or- ■ ni, h- ni du plan, ni du style de I ouvrage, persuade qu'il serait laeil- « leur si iliaque |>aEe tu\\ le résultat de la «ciisailoa du inoiueDt. >

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puis qu'il doit, « sinon des talents , au moins une « raison ferme, indépendante et affranchie de pré- « jugés {Introd., p. SI). » Suivant lui, le principal défaut de son ouvrage est de n'être ni entièrement frivole, ni purement érudil; il se moque d'ailleurs de l'érudition et de ses lecteurs en déclarant qu'il a moins fait un livre , qu'indiqué la matière d un bon livre. 9° Htliogabale, ou Esquisse morale de la dissolution romaine sous les empereurs, Paris, 1803. in-8*. Ouvrage du même genre que le précédent. 10* Uistoire des expéditions d'Alexandre par Arrien , trad. en fiançais , Paris , 4802 , 3 vol. in-8°, avec un allas (Yoy. AnniEN.) Ilo Bibliothèque pastorale, ou Cour* de littérature champêtre-, contenant les chefs-d'œuvre des meilleurs poêles pastoraux, anciens et modernes, depuis Moïse, Paris, 1803, 4 vol. in-12. 12° Jcanne d'Arc , recueil historique et complet, Orléans, 1806, 2 vol. in-8*. C'est un extrait du savant mémoire de l'Averdy ( voy. ce nom), inséré dans le 3' vol. des Notices et Extraits de la Bibliothèque du roi. [Voy. Jeanme d'Arc). 13" Heur et Malheur, ou trois mois de la vie d'un fou cl d'un sagr% Paris, 1800, 2 vol in-12. 14* Les Antcnors modernes, ou Voyage de Christine cl de Casimir en France, sous Louis XIV, d'après les mémoires secrets des deux ex-souverains, continués par Huet, rve'que d'Avranchrs, Paris, 1807,

3 vol. in-8', production frivole écrite sans aucun agrément et qui ne mérite aucune attention. Chaussant promenait deux ouvrages du même genre, mais traités d'une manière plus dramatique, le Siècle de François I" et celui de Ilenri l V. On doit peut regretter qu'il n'ait pas exécuté son projet. 15° Le Pausanias français, étal des arts en France à l'ouverture du 19e siècle, ibid , 1807 , in-8*. Ce titre pompeux cache une analyse critique des tableaux envoyés a l'exposition. Quoi qu'en aient dit les amis de l'auteur, cette idée n'était pas nouvelle; et il y a loin , sous tous les rapports, du Pausanias français aux Salons de Diderot. 16» Epitre sur quelques genres dont Boileau n'a pas fait mention dans son Art poétique, Paris, 18H, in-4#. L'auteur retravailla depuis cet ouvrage, et il en lit un poème en quatre chants . sous le titre de Poétique secondaire, ou Essai didactique sur les genres, etc., 1817, in-12. On trouve dans ce poème des princi|K?s littéraires assez sages, une grande admiration pour Boileau, mais aussi des vers faibles et quelques-uns ridicules. Chaussard travaillait depuis vingt ans à la traduction des odes d'Horace; il avait entrepris celle d'un choix des poésies lyriques de Schiller; il a laissé des fragments étendus d'un grand ouvrage sur la poésie latine et française. La France littéraire de M. Quérard offre une liste complète des ouvrages de Chaussard. Par son testament , il chargea Lemercier de publier un choix de ses œuvres en

4 on 3 volumes, dont il affectait le produit au soulagement de quelques jeunes élèves du collège de France. Ce dernier vnu de Chaussard n'a point reçu d'exécution. Il était depuis 1811 membre de la société philoiechniquc. \V s.

CHAUSSE (Michel-Angb de la), en latin

Cacsccs, né à Paris, vers la Pin du 47* siècle, a publié plusieurs ouvrages qui l'ont placé au premier rang parmi les savants livres à cette époque à l'étude de l'antiquité. Son goût pour cette science lui fit quitter sa patrie pour se rendre à Rome, où il se fixa. Il a donné successivement : !• Jtomanum Muséum, sive Thésaurus eruditœ antiquifa/u, ïn quo gemma , idota , insignia saeerdotalia, etc., CLxx tabulis œneis incisa referuntur ac ditucidantur, Home, 10'JO, in-fol. On en fit une 2e édition. Home, J707, in fol. ; et une dernière , Rouie, 1747, 2 vol. in-fol. : c'est la meilleure; clic contient 218 planches. Cet ouvrage fut traduit en français sous ce titre : le Cabinet romain, ou Recueil d'antiquités avec les explications, etc., Amsterdam, 1706, in-fol. Il est divisé en 6 parties, et contient les gravures et les explications de plusieurs monuments d'antiquité qui se trouvaient dans le cabinet de l'auteur et dans ceux de ses amis, ainsi que des statues et idoles de plusieurs divinités du paganisme, etc. ; mais, parmi ces pièces, il en est dont l'authenticité parait suspecte. Gnevius a inséré dans son Thésaurus Aniiquitatum Romanarum la plus grande partie de ce qui est contenu dans ce premier ouvrage de notre auteur. 2° Le Gemme anticke figurate ed intagliate in rame da Pielro Santi Rartoli, con le annolaxioni di Michel Agnolo de la Chausse, Rome, 1700, in-4°. 3° Aureus Constanlini A ug Nummus de urbe, devicto ab exercitu gallicano Maxentio liberala, explicatus, Rome, 1705, in-4*. 4° Due Lettere in cui si parla délia colonna, nuovamente ritrovata in Roma net campa Mario ed eretta gia per l'apoteosi di Anlonino Pio, Naples, 1704 et 1705, in-8°, publiées par N. Oulifon. 5» Pitture antiche délie grotte di Roma edel sepolcro de' A'asoni, Rome, 1706, in-fol. Cet ouvrage, publié en italien et commencé par Métro Santi Dartoli et P. Bellori, fut terminé, augmenté et publié en latin par François, fils de Piélro Santi Bartoli, qui acheva les gravures, et par de la Chausse, qui en perfectionna le texte, sous ce titre: Piclurm antiquœ cryptarum Romanarum et sepulchri Nasonum a Petro Bcllorioet M. A. Cauteo, Rome, 1738, 1 vol. in-fol. T— ».

CHAUSSÉE (PlEnnK-CHODE-NlVELLE de la),

de l'Académie française, naquit a Paris, en16!)2. Neveu d'un fermier général, il pouvait prétendre à la fortune : il donna la préférence aux lettres. Son premier ouvrage fut une critique des fables de la Motte, avec qui il était lié, mais qui permettait à ses amis de censurer, même publiquement, ses écrits. Elle est intitulée : lettres de madame la marquise de L'** sur les Fables de la Motte, avec la réponse de M. D"', servant d'apologie, Paris, 4719, in-12. Lorsque la Motte eut avancé son fameux paradoxe sur l'inutilité de la versification dans la tragédie et dans l'ode, la Chaussée se joignit a la Faye pour le

combattre, et il publia : Epitrt de ClioàM. B

(de Bercy), au sujet des nouvelles opinions répandues depuis peu contre la poésie, Paris, 1731, in-12 de 33 pages, qui eut dans le temps beaucoup de succès, et qui jouit encore de l'estime des connaisseurs. Il y a

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contre l'ingénieux novateur plusieurs traits d'une franchise qui pourrait passer pour de la dureté. l\ avait plus de quarante ans lorsqu'il commença i travailler pour le théâtre, ou il donna la Fausse Antipathie, qui obtint assez de succès, et déjà annonçait le genre auquel l'auteur devait se livrer. Une circonstance singulière contribua à le lui faire adopter. Mademoiselle Quinault, l'actrice, femme de beaucoup d'esprit, croyant apercevoir, dans une parade de société qu'on jouait alors, le germe d'une pièce fort attendrissante, engagea Voltaire a s'en emparer. Sur le refus de ce poète illustre, elle proposa le sujet à la Chaussée, qui l'accepta, et eu fil le Préjugé à la mode. Ainsi le drame larmoyant est né de la parade bouffonne. Le Préjugé à la mode fut pour l'auteur un triomphe que le temps a confirmé. Le ridicule d'un mari qui craint de se montrer amoureux de sa femme n'est heureusement plus dans nos mœurs; mais la situation singulière cl touchante à la fois de deux époux qu'un odieux préjugé sépare, et la catastrophe fortunée qui les réunit, sont des beautés de tous les temps , cl dont l'effet est toujours sûr ; elles rachètent ce que l'ouvrage peut avoir de défectueux du côté de t'intrigue, qui manque quelquefois de force et de vraisemblance, des caractères, qui ne sont pas tous habilement dessinés, et du dialogue, où la plaisanterie ne se mêle pas toujours avec goût au sérieux et au pathétique. Moins de fautes peut-être, mais aussi moins de beautés, ont placé l'École des Amis au rang des pièces froidement estimables. La Chaussée crut que sentaient de faire couler les larmes pouvait s'élever jusqu'aux infortunes tragiques, et il fit Maximien, sujet déjà traité par Th. Corneille. L'auteur dramatique s'y fait reconnaître à l'art avec lequel les situalions sont combinées, mais l'écrivain laisse trop a désirer du côté de la vigueur et du coloris. La pièce cul vingt-deux représentations, et n'est pas restée au théâtre. L'auteur, craignant apparemment que quatre succès consécutifs n'eussent lassé sa fortune, ou plutôt irrité l'envit, donna Mélanide pour l'ouvrage d'un jeune homme inconnu ; elle réussit au delà de son espoir. L'École des Maris et la Gouvernante, qui suivirent, eurent un peu moins de succès dans la nouveauté; mais elles ont acquis par la suite une supériorité marquée au théâtre, où elles reparaissent souvent, et c'est peut-être entre ces deux pièces qu'il faut choisir |tour trouver le chefd'œuvre de la Chaussée. Le sujet de (a Gouvernante est une aventure qui venait d'arriver récemment à de la Faluérc, conseiller au parlement de Bictagne, qui ayant, sans le vouloir, fait rendre un arrêt injuste, dans une cause dont il était rapporteur, répara d'une partie de sa fortune le tort fait à la personne condamnée. Les autres ouvrages de la Chaussée sont : Paméla, sujet traité depuis par Vollair* dans Aanïne; l Ecole de la jeunesse, l'ilommede fortune, le Rival de lui-même, le Vieillard amoureux, f Amour castillan, ta Rancune officieuse, les Tyrinthiens, la Princesse de Sidon, Amour pour amour, etc. Toutes ces pièces sont totalement oubliées aujourd'hui, i l'exception de la dernfcrc, qu'on a re-

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prise plusieurs fois avec succès; elle est tirée, ninsi que l'opéra de Zimire et Azor, c!u eonle de la Belle et la Dêie. La Chaussée, qu'où accusait de ne savoir traiter que des sujets tristes et lamentables, voulut apparemment repousser ce reproche, lorsqu'il fit le Rapatriage, parade en vers, il l'une gaieté Tort graveleuse, et plusieurs contes, dont les sujets sont assez libres. 11 coopéra aussi à ces recueils de facéties connus sous les titres de Recueils de cet Messieurs, etc. (Voy. Catlus.) On prétond que, pour se venger des épigrammes que Piton ne cessait de lancer contre lui , il contribua fortement à l'empêcher d'entrer à l'Académie. Cet acte de ressentiment lui fit donner, dans quelques sociétés, le sobriquet de la Rancune. Il s'op|iosa également à l'admission de Bougainville, et il dit en mourant : « Il serai plai- « saut que ma place lui lût donnée. » C'est en effet ce qui arriva, et Bougainville se vengea de son prédécesseur en le louant avec cxagéialion (I). La Chaussée mourut le 14 mai 1754, ù.v de 02 ans, d'une fluxion de poitrine, qu'il avait gagnée en travaillant à son jardin. Ses œuvres ont été imprimées, Paris, 1741, S vol. in- 12; ibid., 1702, 5 vol. petit iu-12, édition revue par Sablier, qui l'a augmentée d'un supplément qui renferme le Rapatriage et les contes en vers (2). Voltaire a dit île lui qu'il était un des premiers après ceux qui ont du génie, a Le style de « la Chaussée, dit Laharpe, est en général assez « pur, mais pas assez soutenu; il est facile, mais de

(I) La Chaussée est, ta qnelque sorte, te père du drame moderne ; c'est lin qui donna te signal de cette révolution qui laid a dégager noire thi lire du joug de l'iniiianon grecque. Il enireprit de cojlondre rieui genres ;u«<jue-ij tenus bien severemen- distincts le genre tragique et le genre rumique Ce fut cette hardiesse (car tout progrès en iiticratute en est une) qui lui valut lani de détracteurs, et lui attira tant d'rpisr.imines. On appelait par dérision ses pièces des comtdiet Itrmot/amei ; on criail an sranilale, au rnnenesçiie, comme de nos jour» on a cru- an romantique. On l'accusa de voololr pervertir te goiit du siècle. « Avei-vous eniendu les homélies du <t r.vcrrud perr la Chaussée? » disait l'Iran. C'est encore l'irou qui ttl contre lui celle epigraïunie :

CtBUMHl.rni iur I il • ! : . n

t/une «t l'autre Tbelie i L'aM eet ifcuuMe, et I -utif . «m,

nuit •'•>! l* plm H* i L ui» • te tira <t. VéMw,

L'.ulre •« IroUe «l pjitrte.

■•lut • I* Mie »ui pieu, nui , Ut ...... . L ÇA.».*..

Ce qui dat dédommager amplement la Chaussée des qnnliLets de l'irou, c'est le suffrage de V ultaire, c'est le lemn gnage d esiiine que lu. dDUH l'auteur dM/irre, en «fjUM tou' expies a t'aris lui dédier celle liage.lle. eilul céder toutes le» mil dont il pouvait di-poser pour le liiiieuilaca.U'iiiinue. r*rtn*P fui. ce qui lui armai Lien raretneut, dn tuéinc avis que Voltaire sur le mente de ce nouveau genre. Il formula uièiue son opinion sur le draine avec plus de (o/ce et de cnnviciion qu'aucun de ses emiieniporaius. « lion on, disait-il, « présure a l'art des limites quand la nature n'en a pa>? Les Infor- « lunes des rois et des tu m* aurainil-elles seules le priulcpe ex- « rluMl de nous émouvoir ? Le genre taniiojjnl, puisqu'on l'appelle • ainsi, ne paialt |tlu> tulurel, plus coiilurnie a nos mœurs que la « tug. die, cic, a O'tij. le bUlivnauire de ta cem enation, art. Cuus>(e {t»). !> ■*.

(â Us tturret cheUie, de la Cloute ont clé pnUi es, Pari», P. et F. Didot, ISIS, 8 toi. in Ut: U.M., Ilerhan, 1815, 1 vol. In 1», tdllious stéréotypés; et sons le Ulre de CAe/W<niifr irantltquet, Paris. Ladrange, 18», 1 voL i»-ts. faisant nanie d'un llefauin 4* IhtUrt-Frtncaù édite par le nint ..braire. U-i.

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« temps ch temps il devient faible ; il y a beaucoup « de vers bien tournés, mais beaucoup de lâches et c de négligés. F.n un mot, il n'est pas k beaucoup « près aussi poêle qu'il est permis de l'être dans la a comédie, et, dans ses bonnes pièces même, la ver- « sifit-ation n'est pas aussi bien travaillée que la fa- « ble; mais, toi* considéré, il sera mis au rang des « écrivains qui ont fait honneur à la scène française, « et, si le genre nouveau qu'il y apporta était subor- « donné aux deux autres, il eut avsez de goût pour a le restreindre dans de justes limites, et assez de « talent pour n'y être point surpnssé. » A — g— r.

CH AUSSIEK (Fiurtçois), médecin célèbre, né en 1746 a Dijon, ne doit point être confondu avec deux autres médecins du même nom et de la même famille» qui habitèrent cette ville presque en même temps que lui, Dent* C haussier, doyen du collège de médecine, dont on trouve quelque* mémoires et observations dans les volumes de l'académie dijonnaisc, et llernard Chaussier, qui, ayant embrassé par la suite l'état ecclésiastique, devint curé à Francheville. — François Chaussier fit ses études médicales à Osançon où il prit le titre de docteur en 1780. Depuis quelques aimées on avait établi à Dijon une école de dessin et de peinture, et l'académie faisait chaque année des cours publics de botanique, de chimie, de matière médicale et même d'auatomic. Les états de Bourgogne avaient aussi nommé uu professeur d'accouchement en faveur des sages-femmes, mais on avait oublié de comprendre l'anatomic dans cet enseignement public. Chaussier, qui avait fait une étude spéciale de la science de l'organisation, s'occupa de remplir cette lacune. Il lit d'abord chaque année, et à ses frais, îles cours publics d'analomie et de physiologie qui furent suivis avec le plus grand empressement. P«-u après, les états de la province, convaincus de l'avantage et de lulililé de ses cours, le nommèrent professeur public d'anatoiuic, place A laquelle ils ai tachèrent des appointements honorables. Dès lors la réputation do Chaussier s'agrandit, et successivement il fut nommé associé-pensionnaire de l'académie, secrétaire perpétuel de cette compagnie savante, et l'un des professeurs de chimie et de matière médicale. Entièrement occupé de la pratique et de renseignement de la médecine, il jouissait de la plus grande considération, lorsque en 1794 il fut appelé, par le gouvernement, pour s'occuper avec Fourcroy des moyens de rétablir l'enseignement de l'art de guérir, et de présenter un plan qui put s'adapter aux circonstances. L expérience avait fait sentir combien il importait, pour les progrès de l'art, de reunir dans un seul et même enseignement les branches de la médecine qui jusqu'alors avaient été séparées sous des titres différents; et comme à cette époque on comprenait, sous le nom commun d'oflicitrs de santé, les médecins, les chirurgiens et même les apothicaires, il fut convenu que rétablissement qu'on se proposait de former porterait le nom d'école de santé. D'après ces bases, Chaussier rédigea le rapport et le projet de décret qui devaient être présentés a la convention nationale; et, après en avoir

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discuté lous les artide» avec les membres de la corn- i

mission d'instruction publique, il retourna à Dijon pour y reprendre ses occupations habituelles. l'appelé bientôt à Paris, par le comité d'instruction publique, pour remplir une place à la nouvelle école qui venait d'être créée, il employa dans son cours d anatomie une nouvelle nomenclature à laquelle il avait cru depuis quelques années devoir recourir, et qui, d'abord fort admirée, est tombée dans l'oubli depuis qu'on apprécie l'importance de l'anatomic comparée, qui ne saurait s'accommoder de noms empruntés à une seule espèce. En 1801, Cliaussier fut nommé médecin de l'hospice de la Maternité, et professeur de chimie à l'école polytechnique. En 18l5on lui enleva cette derniéreplace qu'il remplissait avec distinction, pour la donner à un autre. Lorsque en 1823 une ordonnança royale lit subir à l'école et a la faculté de l'aris une nouvelle organisation, Cliaussier fut du nombre de ceux qu'atteignit la proscription. Il eut la faiblesse de se montrer trop sensible à cette destitution, et dés le lendemain une attaque d'apoplexie le rrappa, au milieu même de ses fonctions, à l'hospice dont il était le médecin (I). Depuis lors sa santé alla toujours en s'affaiblissant par degrés, et il succomba le 9 juin 1828. Ses cours à la faculté et ses écrits, malheureusement peu nombreux, ou, pour mieux dire, trop mal coordonnés, l'ont placé au premier rang de ceux qui cultivaient en France la physiologie et la médecine légale. On lui doit en grande partie l'heureuse impulsion qui a ramené les esprits vers l'étude des fonctions de la vie, et c'est en marchant dans la voie qu'il a tracée que la plupart de nos écrivains SUT cette brandie des sciences physiques sont arrivés à la réputation dont ils jouissent. Cliaussier n'était pas moins habile praticien que savant professeur; capable de vues aussi étendues que profondes, il joignait au talent de bien saisir les indications celui de choisir avec une rare perspicacité les moyens de les remplir, du moins dans l'esprit du vitalisme organique, dont il est le fondateur dans nos écoles. Ses '

M) S« ennemis l'auraient chassé de h Maternité, on II était chéri et vencre, »m l'appui qu'il trouva dans les administrateurs de cet eiablis-vcraeiii .. Il reçut lion une consolation digne de lui : les BiruiUns de lïoMilut, qui montrèrent eu te temps une noble indépendance ei qui veiigereni plus d'une injustice, appelrrent Cbanssier a remplir le fauteuil vacant par II mort de Hallé. Octogénaire, Il se Il encore remarquer dan* ee corps savant par son assiduité et par w« ielc, routine le témoignent les nombreux examens d'ouvrages diml il fnl rlurgé. Ce fut après avoir donne dans relie académie une preuve signalée de l'activité et de la lucidité de son intelligence dans an rapport sur on cas de médecine légale, qoll mourut a limprovisie a la suite d'une inflammation du tour et des gros vaisseaux qui y aboochenl. « Nous signalerons Cliaussier comme un mmvle a. t suivre sous un rapport hygiénique, a dit le docteur Charbonnier, « dans le Dictiematre de U t«ntti$dlim ; il conserva, selon no», « de lt vigueur iniellertueile an point de icair le |*S sve* le temps

■ dans b carrière de l'eiude, parce qu'il entretint l'excitation ceré-

■ tmle dont il avait contracte l'habitude. Fonlrnrlle, Voltaire, m l'abbé Moretlel, et an grand nombre de littérateur* ont donne uu « semblable exemple. On prévient par ce soin l'affaiblissement raf pide qu'on observe tros-cooniuinment cnex tes hommes qui renou- « cent aux occupations auxqnclles ils étaient habitue» depuis kmgc temps; on les voit tomber dans nue nullité murale qui est di-lioie C par nie expression vilgaire {ga*arke), dont Napoléon ne dcdait gna pas, dil-oo, de àc servir in parlant d'un personnage au- I « gu>ie. a D-a— «.

t ouvrages sont : 1» Description de l'aêroitat de l'acadèmic de Dijon, par MM de Mnrvrau, Chaut' sierel Bertrand, Dijon, 178», in-8\ T Méthode de traiitr let morsures des animaux enragés et de la vipère; suirie d'un Précis sur la pustule malitjne, Dijon et Paris, 1785, in- 12. [Voy. Vxav.x.) 5* Consultation médico-légale sur une accusation d'infanticide, Dijon, 1785, in-4". 4° Observation sur la manière de transporter les mûriers blancs, et instruction sur la manière de semer les graines de mûrier, Dijon, 1780, in-8°. 5* Exposition sommaire des muscles suivant la classification et la nomenclature méthodiques adoptées au cours d'anatomie de Dijon, Dijon, 1789, in-8°; Paris, 1797, in-4". 6" Mémoire sur quelques abus dans la constitution des corps et collèges de chirurgie,et particulièrement sur l'abus des droits, prérogatives et privilégrs attachés à la place de premier chirurgien du roi, Dijon, 1789, iu-8". 7° Observations chirurgico-légales sur un point important de la jurisprudence criminelle, Dijon et Paris, 1790, in-8°. 8° Instruction sur l'usage des remèdes que le département de la Côted'or envoie dans les campagnes, Dijon, 1792, In 8*. 9° Tables synoptiques, Paris. 1799-1 8 141 820, format allant., 25 feuilles. Ces r<i6f>iont été pour la plutiarl réimprimées jusqu'à trois et quatre fois. Elles ont pour objet la zoonomie en général, les solides organiques, les humeurs ou fluides animaux, la force vitale, le squelette, les muscles, les artères, les veines, les lymphatiques, les nerfs, le nerf irisplanchnique, les viscères, les fonctions en général, la digestion, les phénomènes cadavériques, l'ouverture îles cadavres, les mesures relatives à l'étude et k la pratique des accouchements, laséméiotiquc général de la santé, celle de ta maladie, les méthodes noso logiques, les blessures, les névralgies, les hernies, U lilhotomie et la lithotrilie. L'admirable méthode et la darlé qui régnent dans ces Tables font regretter que Cliaussier ail persisté à ne pas publier ses traités ^ de physiologie et de médecine légale, si souvent annoncés. Réunies ensemble, dits forment le plus important de ses ouvrages et celui qui a été le plus utile. 10° Discours prononcés aux séances publiques de la Maternité, Paris, 1805, 180G, 1807, 1808 1 SI 3, in-8*. Ces discours sont remplis d'observations intéressantes sur quelques difformités du fertus, sur les fractures auxquelles il est exposé dans le sein de la mère, sur les convulsions et autres accidents nerveux qui compliquent la grossesse, sur l'impossibilité de l'empoisonnement par le verre pilé, sur l'asphyxie îles nouveau-nés, sur les suites de l'accouchement, sur la vaccine, sur la docimasie pulmonaire, etc. M0 Exposition sommaire de la structure H des différentes jtarties de l'encéphale ou cerveau, Paris, 1807, in-80. avec 0 pl. Cette excellente monographie avait été imprimée en 1800, mais elle ne parut que sept ans après. L'auteur y a déployé les connaissances anatomiques les plus exactes et une érudition aussi saine qu'étendue. 12" Recueil des programmes des opérations chimiques et pharma- I ceutiques qui ont été exécutées aux jurys médicaux de 1809 à 1810, il cahier» in-40. Ce recueil icn-

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