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viage intitulé : de la Doctrine de l'Ecriture concernait! la Trinité. On crut y découvrir une forte teinte «le la doctrine des antilrinilaires, professée par ses amis Newton et le docteur Wlfolon. Celui-ci, sans assurer que ce fussent les opinions du docteur Clarke, nous apprend, dans les mémoires sur ra vie, 1750, in-8*, que, depuis quelques années, il axait cru remarquer que les études du docteur Clarke sur l'Écriture sainte l avaient fort ébranlé au sujet de la doctrine de la Trinité, qu'il ne croyait pas appartenir à la primitive Église. Quoi qu'il en soit, la chambre basse de l'assemblée du clergé porta plainte contre l'ouvrage de Clarke, comme attaquant la doctrine reçue, et tendant à inquiéter les esprits; mais la chambre des évéques, désirant éviter tout ce qui pouvait causer quelque trouble, obtint de Clarke une explication, que beaucoup de personnes ont regardée comme une rétractation, et que Whiston en particulier accuse de n'être pas tout à finit , aussi sincère et aussi conforme au sens des Écritures qu'il l'aurait désiré de son ami ; mais si elle ne sastisflt ni la chambre basse du clergé, qui la trouva insuffisante, ni ses amis, qui la trouvèrent trop positive, elle fut adoptée par les évéques, qui ne demandaient qu'à prévenir des disputes, toujours nuisibles à la religion. Avant la publication de l'ouvrage, le lord Godolphin et quelques autres ministres de la reine Anne avaient voulu engager Clarke à ne point le foire paraître; il s'était refusé a leurs sollicitations, et il ne semble pas qu'il en soit résulté pour lui aucun inconvénient; mais, dans son Explication , il promit de ne plus écrire ni prêcher sur le sujet de la Trinité. En 1715 et 1716, il soutint contre Leibnitz une dispute >nr la philosophie naturelle et la religion, et en |>arti< ulicr sur la liberté et la nécessite. Leur correspondance sur ce sujet a été publiée en 1717. En 1727, on lui offrit la place île directeur des monnaies, vacante par la mort de Newton. Il la refusa, comme trop étrangère à ses fonctions ecclésiastiques; mais celui qui fut nommé à sa place donna, à ce qu'il parait, 1,000 livres sterling [tour faire passer à un de ses fils une place d'écrivain du roi. Clarke mourut le 17 mai 17-20, âgé de 54 ans. Il avait épouse la tille unique du docteur Lokwood, ministre dans le Nerlolkshire ; il en eut sept enfents, dont deux moururent avant lui, et un troisième quelques semaines après. — Clarke, comme presque toutes les grandes intelligences de son temps, a été à la fois théologien et philosophe. Mais il est facile de séparer ces deux cotés de son esprit : la division a été faite j»ar lui-même. Ses traités de métaphysique pure, •lui forment la plus petite, mais la plus importante jaitic de ses œuvres, peuvent être détachés de la partie théologique et étudiés à part pour faire comprendre le rôle de Clarke dans le mouvement intellectuel du 17* siècle. Son principal litre philosophique, c'est la réunion d'arguments ci priori, desquels il conclut l'existence et les attributs de la Divinité. C'est la chimère éternelle des philosophes de tous les âges de prouver l'existence de Dieu, soit en remontant des effets à la couse, du fini a l'infini, soit
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en descendant de la cause a l'effet, et en illuminant des lumières de l'idée nécessaire les objets contingents et finis. Cercle vicieux des deux côtés I Tirer l'infini du fini, créer la conception de l'être nécessaire en entassant les uns sur les autres tous les êtres contingents, c'est là une absurdité palpable, et Ions les arguments à posteriori, excellents pour le vulgaire, et lorsqu'ils ne sont donnés que comme affirmation, se refusent à produire la certitude métaphysique. Clarke l avait compris. C'est de la méthode contraire qu'il voulut obtenir la preuve irréfutable de l'existence de Dieu. La conception de sa propre contingence engendre inévitablement chez l'homme la conception d'un être nécessaire. Cette conception est frappée à son apparition d'un caractère naturel de réalité. Telle est, dans toute sa simplicité, la marche de l'esprit humain ; mais cette idée obscure et confuse qui se présente, non comme une déduction logique, mais comme une manifestation, comme une affirmation de soi, le philosophe voudra l'éclaircir. Ici est le danger. Une idée obscure n'est pas une idée absente, et éclaircir n'est pas créer. C'est cependant ce que va tenter le philosophe. L'idée naturelle de l'être et l'être lui-même constituent à se< yeux une dualité qu'il faut dédoubler : de l'un de ces cotés d'une conception unique, il conclut l'autre, et reconstruit le tout avec la certitude d'avoir créé par la vertu d'un syllogisme ce qu'il n'a fait qu'analyser «l'une façon illégitime. Ainsi Clarke prouve Dieu par une abstraction inséparable de l'existence de Dieu, par la nécessité «le Dieu. Ici, on le voit, VA priori donne pour conclusion l'existence divine, qui elle-même est la hase de tout l'argument. Plus tard, lors«|ue par la réflexion et par la lutte Clarke eut mari sa pensée, l'argument qui jusqu'alors n'avait rien de bien nouveau prit un caractère plus original et plus sérieux. Ce n'est plus de la nécessité, mais des idées de temps et d'espace qu'il contint l'existence divine. L'idée première de cet argument appartient à Newton, et Clarke l'a formulé dans ses Lettrée. Il faut voir, dans les réponses de Leibnitz, comment le puissant dialecticien confond par sa haute raison l«»s sophisines de Clarke et «le Newton. La réalité prétendue de l'espace et du temps est détruite aisément par h.iUnit/ , et les conceptions de temps et d'opaee réduites à n'être plus que <lcs abstractions de l'esprit. Un argument faux, voila donc, en résumé, ce «pii appartient en propre au philosophe anglais. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que si Clarke n'eut ni originalité vraie, ni puissance logitpie, au moins ses tendances furent toujours nobles et élevées, ses intentions honorables. Cartésien par le point de départ, il protesta toujours contre Ira développements dangereux de la doctrine cartésienne. Spinosa, Collins, Hobbes, Dodwell, représentants du spiritualisme exagéré, du matérialisme, du scepticisme, il les combattit tous avec plus de bon sens que de profondeur. Clair, mais diffus, il emprunta à ses adversaires «les armes qu'ils maniaient mieux que lui, et résista selon ses forces i cette tendance dangereuse qui entraînait l'Angleterre philosophique sur la route de l'empirisme.— Les
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qualités et les défauts du philosophe se retrouvent dans l'homme privé. Cbrkc était doux, bienveillant, facile et modeste, mais faible et inconstant. On trouvera sur sa vie, (dus remplie d'idées que de faits, un curieux ouvrage de son ami intime, le docteur William Whislon. En voici le titre : IJUlorical Mémoire of the Life of Dr. S. Clarke, freine a Supplément lu Dr. Sykes's and liithop Hoadley's Accounls, ineluding certain Memoirt of severat of Dr. Clarke'i Frknd$, Londres, 1730. Quant aux biographies écrites par l'évéque Hoadlcy et par le docteur Sykcs, on trouvera plus bas l'indication de la première, et la seconde a été insérée dans le Présent State of the Rcpublick ofLetteri, juillet 1729. Une édition complète des œuvres de Samuel Clarke a été donnée à Londres, 1742, 4 vol. iu-fol. On trouvera, dans le t. 5 des Mémoire* du P. fSiceron, la liste de ses nombreux ouvrages, dont voici les plus importants : 1* trois essais pratiques sur le Baptême, la Confirmation et le Repentir, 1699. 2° De* Paraphrases des quatre Évangiles, 1701. 3° Seize Sermons sur l'exislence et les attributs de Dieu, 1704-170.), 2 vol. in-8*. C'est la le premier ouvrage philosophique de Clarke, et nous ci oyons en devoir donner le titre in extenso : « Discourscs concerning the Ueing and At- « Iributcs of God, the Obligation of natural Religion, « and ihe Tint y and Cerlainty of the Christian Rca velation ; » traduit par llicotier, Amsterdam, 1717, 2 vol. in-8°. 4° Isaaci îfewion Optiees libri très, latine redditi, Londres, 1706, in-4°. Celte traduction élégante valut a son auteur, de la part de iNcwton, un présent de 300 liv. sterl. : 100 pour chacun de ses cinq enfants. Le P. Coslc eu publia, en 1720, une version française, 2 vol. in-12; reimp., 1722, in-4°, fîg. »• The Scripture-Doctrixe of the Triniiy, ou de la Doctrine de l'Écriture concernant la Trinité, Londres, 1712, in-4°. C'est l'ouvrage incriminé par la chambre basse du clergé, et dont Clarke dut publier une rétractation, qu'on trouvera, sous forme de leure, à la date du 2 juillet 1714, dans les Mémoires de Winston. 6* Une magnifique édition latine des Commentaires de César, où il s'est larliculicicmenl appliqué à rétablir la ponctuation, Londres, 1712, in fui., (ig. {voy. Uutini et César) : on Ta réimprimée en 1720, in-8°, a l'usage des étudiants. 7" Soixante-dix sermons, 1721, in-8°. 8» Une lettre à Benjamin Hoadley, sur le Rapport de la rupiditi et de ta force dans Us corps en mouvement, 1728. Clarke publia par ordre du roi, pour l'instruction du duc de Cumberlaud, les douze premiers livres de l'Iliade, avec des notes et une traduction latine presque entièrement nouvelle, Londres, 1729, in- 4*. Une Explication du catéchisme de l'Eglise anglicane, et 10 volumes de sermons, ont été publiés, après sa mort, |tar son frère, le docteur Dciu Clarke, avec une préface de Benjamin Hoadlcy, évéque de Salisbury, qui contient un essai sur la vie et les ouvrages de Clarke. L' Explication du catéchisme a été traduite eu français, Amsterdam, 1737, in-12, et des lettres de Clarke, trad. par de la Hoche, ont été insérées par Desmaiseaiix dans le Recueil de diverses pièces sur la philosophie, MU.
la religion, etc., Amsterdam, 1720, 1740, 2 vol. in-12. Un des (ils de Clarke, appelé comme lui Samuel, publia, en 1732, le 2' volume de la traduction de 17/ifld« et l' Odyssée, 1710-1754, 2 vol. in-4', sur les notes laissées par son père. Cette édition étant d'un prix considérable, on réimprima les deux ouvrages en format in-8», 1738. L'éditeur Charpentier a donné, dans sa bibliothèque, les OEuvres phi' losophiques de Clarke, 4843, in-18 : c'est une réimpression, sans corrections, mais avec quelques retranchements, et l'addition d l'une Lettre sur Fimmatérialité de l'ùme, de la vieille traduction de Ricotier. Celte édition est précédée d'une introduction philosophique par M. Amédée Jacques. S— net A. F— r.
CLARKE ( Gl'ILLAuue), théologien anglais, né en 1696, à Haghmon-Abbey, dans le comté de Shrop, étudia principalement à Cambridge. Etant entré dans les ordres, il fut nommé successivement recteur de Buxtcd en Essex en 1724, prébendicr et résident de la cathédrale de Chichestcr en 4738, chancelier de cette église et vicaire d'Amporl en 1770. 11 mourut l'année suivante. C'était un homme d'esprit cl de savoir, que des études arides n'empêchaient pas de cultiver avec succès la littérature et la poésie légère. Il était humain et très-charitable, et, quoique son revenu ait toujours été assez borne, il avait coutume de donner aux pauvres un sehclling sur chaque guiuée qu'il recevait. Son principal ouvrage, intitulé te Rapport qui se trouve entre les monnaies romaines, saxonnes et anglaises, 1767, in-4', est très-esiimé ; on y trouve une instruction solide et des recherches enrieuses : c'est tout à la fois l'ouvrage d'un savant et d'un homme de goût. Guillaume Clarke avait épousé une tille du docteur Woston. — Edward Ci.arks, leur fils, qui avait accompagné comme chapelain, en 1760 el 1761, le comte de Bristol, ambassadeur à Madrid, a publié des Lettres sur l'Espagne (en anglais), 1763,
1 vol. in-4*, traduit en français par Guill. Imbert, sous ce titre : Etat présent de l'Etpagne et de la nation espagnole ; lettres écrites à Madrid pendant les années 1760 et 1761, Bruxelles et Paris, 1770,
2 vol. in-12. On lui doit aussi quelques opuscules. X — s.
CLARKE | Edouard -Daniel), minéralogiste anglais et voyageur célèbre, de la même famille que les précédents, naquit à Chichestcr, en 1767. Il lit ses premières études au collège de Cambridge, passa sur le continent, dans la compagnie d'un jeune seigneur anglais, avant l'explosion de la révolution française, et, après un premier voyage en France et en Italie, revint prendre ses degrés à l'université de Cambridge en 1790. Il avait formé dès lors, avec son camarade de collège, J.-M. Cripps, le projet d'un voyage dans le Nord pour en explorer les inaaurs, les coutumes, les lois, les monuments. Ce projet fut mis en partie A exécution au commencement de 1799 el pendant les années suivantes. Deux autres savants, Malthus et W. Utter, se joignirent à nos deux voyageurs, et ils parcoururent ensemble le Danemark, la Norvège, la Suède, avec la Laponiect la Finlande, la Russie avec la Crimée, puis laCircassie»
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l'Asie Mineure, la Grèce et ta Turquie. Ils passèrent même par riipyple, alors évacuée par les débris de l'année «pie Bonaparte y avait conduite, et occupée p;ir les Anglais ( 1802). Reutrés en Europe la même année, ils se dirigèrent vers l'Angleterre parla Hongrie, par l'Allemagne et par la France, que la paix d'Amiens ouvrait alors aux enfants de la Grande- Bretagne. Ve rsé dans toutes les connaissances naturelles et physiques essentielles à un voyageur, secondé par la munificence d'un compagnon opulent et ami de la science, trouvant partout un accès fa- < ile, tant à cause de son mérite personnel que par suite des recommandations du gouvernement anglais, Clarke fut à même de recueillir une immense quantité de matériaux. Il forma surtout une magnifique collection de minéraux et de plantes dont plusieurs lui lurent remises en Crimée par Pallas. Il lapporta aussi beaucoup de médailles grecques; quelques-unes , appartenant à l'ancien et presque barbare royaume du Bosphore, donnèrent lieu a des hypothèses hardies, à des dérouvertes piquantes. Plus de cent manuscrits anciens, entre autres un superbe manuscrit de Platon , ligurent aussi avec les fruits de ce voyage scientifique. Mais quelle «pic fût leur importance, ils le cédèrent encore à sa collection de marbres antiques et d'antiquités. Parmi ces derniers monuments il nous suffira de nommer la statue colossale de Cérès Elcusinr, placée aujourd'hui dans lu vestibule de l'université, le sarcophage d'Alexandre, et la fameuse inscription trilingue, connue sous le nom d'inscription île Rosette, et qui a été le point de départ pour la découverte récente des hiéroglyphes. Plantes, minéraux, marbres et manuscrits, presque tout fut donné par les deux voyageurs aux universités d'Oxford et de Cambridge. Un curieux modèle du mont Vésuve, construit sur la montagne même avec des matériaux extraits des flancs du volcan, fut offert par Clarke à lord Berwick , qui avait etc son compagnon de voyage lors de sa première excursion sur le continent. La richesse et la magnificence de ces résultats portèrent très-iiaul la réputation de Clarke, dont on attendit avec impatience la relation, et qui ne tarda pas à se voir récompensé de ses travaux par le rectorat de Harlton (comté de Cambridge), et un autre bénéfice daus le comté d'Essex. Avec ces deux postes lucratifs, il cumulait celui de conservateur en chef de la bibliothèque de l'université de Cambridge. En 18(6, il commença un cours de minéralogie, et lorsque, deux ans après, une chaire fut fondée pour l'enseignement de « ne science, c'est lui qui l'occupa le premier. La clarté, la méthode qu'il apporta dans ses leçons contribuèrent à répandre le goût de la minéralogie, si importante aujourd'hui chez tous les peuples, mais plus encore peut-être en Angleterre que partout ailleurs. 11 proposa des classifications nouvelles, plus en harmonie avec les immenses découvertes dont les sciences physiques s'enrichissaient tous les jours, et pour son propre compte lit faire des pas à la scienre par une suite d'expériences analytiques auxquelles il se livrait à laide d une pile voluûwe plus forte que
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toutes celles d<mt on avait usé avant lui ; il décomposa un grand nombre de corps, entre autres la baryte et la strontiane (1816). Le docteurClarke mourut le 9 avril 1822, avec la réputation d'un îles minéralogistes les plus distingués de la Grande- Bretagne. Il était marié depuis 1805 avec une Mlle de sir \> ill. Beaurnaris Rush. On lui doit les ouvrages suivants : 1° Voyage» en différentes contrées de l'Europe, de l'Âtie et de l'Afrique ( Travels in vanous parts, etc. ), Londres, 1810, 181S, 1814, 1815, 1819, 5 vol. grand in-4», lig. Les 5 volumes parurent ainsi successivement, et obtinrent de suite un grand succès, de telle sorte que les premiers avaient déjà été réimprimés plusieurs fois (soit a I .un dre, soit à Philadelphie ), lorsque les derniers étaient encore à paraître. Ainsi le t. 1" eut une 2* édition en 1812 ; et l'on en donna en 1816 une 4* édition, 2 grands vol. in-8', avec cartes. Il faut joindre aux deux premières éditions du t. I*' le supplément en 2 volumes public en 1812. Les 5 volumes se divisent en 3 parties ; la première relative à la Russie, à la Tartaric, à la Turquie, moins la Grèce, et ne comprenant que le 1ïr volume avec ses suppléments ; la seconde consacrée à la Grèce, à l'Egypte, à la Palestine et embrassant les t. 2, 5 et 4; enfin la troisième qui a pour objet le D.memark et la Scandinavie, et que renferme tout entière le t. 5. Tel qu'il est, ce voyage est un des plus intéressants qui aient été publiés en Angleterre. Si le style de l'auteur n'est pas remarquable par l'élégance et la facilité, en revanche la finesse, le savoir, l'exactitude et l'esprit judicieux qui caractérisent presque tout l'ouvrage en rendent la lecture instructive, en même tem|» qu'amusante. Les descriptions sont originales et vraies ; les tableaux de caractères et de munira abondent ; l'aspect physique du pays, ses ressources, sa civilisation, son industrie, son commerce se trouvent en général bien touchés. Apres Pallas, c'est & Clarke que l'on doit une foule de détails sur des tribus demi-barbares très- peu connues même des Moscovites, leurs dominateurs. Abordc-t-il la botanique, la minéralogie, on voit de reste qu'il est sur son terrain, et il ne perd point ces avantages lorsque de ces sciences il passe à la zoologie, toutefois on regrette qu'à ses notions scientiliques si vastes, Clarke n'ait pas joint au moins quelque connaissance d ■* langues et des littératures du Nord, et en général une étude approfondie de l'histoire et de la civilisation modernes. Trop souvent son érudition classique vient hors de propos , et, une fois que l'on sort de la Grèce et de Rome sans entrer clans les sciences naturelles et physiques, il trahit une ignorance inattendue. Il n'a, par exemple, pas une teinture dei antiquités et de la littérature leutoniques, dont l'influence a été si puissante dans tout le Nord ; et les citations que de temps a autre il hasarde sur ce sujet prouvent péremptoirement contre lui. C'est dans son volume de la Scandinavie que se révèlent surtout ces défauts. Si Clarke n'eût été compléli ment étranger à la langue et à l'histoire littcrairp du Danemark , il n'eût pas dit que les Danois testent ca arriére des autres nations de l'Europe pour les scien-
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ces; il n'eût pas dit que la bibliothèque de Copenliague se composait de 100 000 volumes et de 2 ou 3,000 manuscrits tandis que, des 1799, ce nombre avait été porté au double, et que dans les années subséquentes il a été considérablement augmenté par des acquisitions et par des legs ; il n'eut pas dit que Mcursius et Poulanus furent les premiers historiens du Danemark, lorsque ce royaume en compte tant qui les ont précédés, et surtout lorsque l'ouvrage de l'outanus n'est guère qu'une traduction littérale de la chronique des rois de Danemark par Iluilfeld. 2" Catalogué site Notifia manuscriptorum qui a E. D. Clarke comparait in bibliotheca Bodleiana adservuntur, etc., Oxford, 1812, 2 vol. in-4*. L'auleur y a inséré des scolies inédites sur l'Iaion et sur les poésies de St. Grégoire de Naziaoze. 5 Description de marbres gréa transportés du l'ont-Euxin, de l'Archipel et de la Méditerranée, et placés dans le vestibule de la bibliothèque de l'université à Cambridge , 1809, ii>-8s. A" témoignages de différents auteurs sur la statue colossale de Cèris,
cie arec le récit de son déplacement d'Eleusis,
1803, in-8°. 5° Le Tombeau d'Alexandre (dissertation sur le sarcophage transporté d'Alexandrie au musée Britannique), 1805, in-4". 6» Lettres aux directeurs' du musée Britannique, 1807, in-4*. 7* Distribution méthodique du règne minéral , 4807, in-fol. 8° Le Réceur, K vol. in-12, rare même en Angleterre ( c'est un opuscule périodique composé pendant un séjour à Brighlon). 9" Lettre au docteur il. Marsh sur son pamphlet relatif à la société biblique britannique et étrangère, 181 1 , in-8\ Val. P.
CLARKE (GEonGE-RoGin), général américain, Imbitail les frontières occidentales de la Virginie, Jorsqu'cn 1778 eut lieu le massacre de Wyoming. Il prit à celte époque le commandement d'un corps de i loupes chargées d'agir contre les Indiens qui menaçaient la frontière. Il descendit le Monongahela avec deux ou trois cents hommes, afin de s'emparer du port anglais de Kaskaskias sur le Mississipi, où les Indiens avaient coutume de se rendre pour y recevoir la récompense des cruautés qu'ils avaient commises contre les Américains. Sa marche fut si secrète qu'il s'empara du fort et de la ville sans qu'un seul homme pût s'échapper pour repamlre l'alarme. Tendant son expédition, sa provision s'élant épuisée, ses hommes ne subsistèrent pendant deux jours que de racines trouvées dans les bois. Il lit ensuite monter à cheval une partie de ses soldats, réduisit deux ou trois villes, et envoya prisonnier eu Virginie" le principal agent de l'ennemi. Au moment où le comté d' Illinois fut organisé, et où on leva de nouvelles troupes pour protéger In partie occidentale, Clarke, à cette époque colonel, fut informe qu'Hamilton, gouverneur de Détroit, se proposait de l'attaquer au printemps de 1779, et de dévaster les établissements du Kenlucky. Il résolut de prévenir ce mouvement et de surprendre le commandant anglais. Ayant laissé une garnison à Kaskaskias, il se mit en marche avec cent cinquante hommes déterminés. Pendant cinq jours il eut à supporter de grandes fatigues en traversant les terrains inondés du YVa-
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bash. Arrivé cnlin en vue de Vinccnnes, il commença l'attaque le soir, et le lendemain Clarke était en possession du fort et avait fait prisonniers Hamilton et ht garnison. Après avoir surpris un convoi venant de Détroit, il construisit le fort Jefferson sur la rive occidentale du Mississipi, au-dessous de l'Ohio [Belon the Ohio), et se proposait d'attaquer Détroit ; mais cette expédition ne s'effectua pas. Lorsqu'Arnold envahit la Virginie en 1780, Clarke, alors a Richemond, se joignit au baron de Stcuhcn pour marcher contre ce traître. Détaclié avec deux cent quarante hommes, il dressa une embuscade à l'ennemi et lui tua ou blessa une trentaine d'hommes. - En 1781 il fut promu au rang degci;énd, et chargé du commandement du port de Kaskaskias. L'année suivante il commanda aux chutes de l'Ohio. A la paix, Clarke, que Jean liandolph appelle VAnnibal américain, s'établit dans Kenlucky et mourut à Locust-Grore près Louisville, le 15 février 1808, ou, suivant d'autres, en 1817. Cest à la prisede Vincennes que les Américains doivent d'avoir obtenu à la paix de Paris que les lacs leur serviraient de frontière septentrionale. On trouve dans les Notes d'un ancien officier, qu'au traité du fort de Washington, où les troupes américaines ne s'élevaient pas à plus de soixante-dix hommes, tous les Indiens reunis en conseil étaient disposés a la paix, à l'exception de trois cents Shawaiianccs, dont le chef, après un discours plein de violence, posa sur la table sa ceinture de couleur noire et blanche, pour indiquer qu'ils étaient préparés aussi bien pour la paix que pour la guerre. De bruyants applaudissements des Shawahances prouvaient qu'ils |iarlagcaient l'opinion de leur chef, lorsque Clarke, qui était assis à la même table, fit tomber avec le plus grand sang-froid la ceinture avec sa canue, et se lexant, tandis que les sauvages témoignaient une vive indignation, il la foula aux pieds, et avec un ton d'autorité leur ordonna de quitter la salle. Le lendemain ils demandèrent la paix. D— z— s.
CLARKE (Adam), ministre méthodiste, naquit en 17G0, à peu de distance de l.ondonderry en Irlande, où son père était a la fois laboureur et maître d'école. Quelques ecclésiastiques de la secte fondée par Wesley, trouvant dans cet enfant obscur le germe de talents qui pourraient un jour propager leur doctrine, s'appliquèrent à le développer. Le fondateur du méthodisme étant venu visiter l'école nouvelle du Kingswood, l'examina lui-même, et le trouva digne, dès sa dix-neuvième année, d'être admis |«rmi les prédicateurs ambulants. Bientôt un canton lui fut assigné. Il prêcha, et la foule se pressa autour de lui. Ses sentiments étaient élevés, sa parole et son geste très-animés. Il eut plus d'une fois occasion de montrer autant de courage que d'éloquence ; et Ton cite une ville où la populace, après l'avoir maltraité, lui mit un licou et voulut l'expulser au son du tambour; mais Adam fit tête & l'orage ; et alors les meneurs, admirant son intrépidité, le protégèrent eux-mêmes. Après avoir répandu le métlwdismc en diverses provinces, il vint à Londres, et y vécut plusieurs années du produit de travaux littéraires et
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bibliographiques, ilool 1«' mérite le fit entrer dans la société des antiquaires, et dans l'académie royale d'Irlande. Vers 1806, il fut nommé bibliothécaire honoraire de l'institution de Surrcy, et, en 4807, un •les sous-commissaires des archives publiques. Ayant fait, à ce dernier titre, des recherches fructueuses, il rédigea plusieurs rapports sur l'utilité et les moyens de donner un complément et une continuation des Fardera de Rymrr {voy. rc nom) ; et les commissaires décidèrent qu'il serait fait une nouvelle édition de ect important ouvrage. Le docteur Clarke y travailla avec un de ses fds et M. Holbmke; mais il n'en put voir au plus que deux volumes imprimés. Un autre ouvrage l'occupait depuis longtemps; c'était un commentaire sur la Bible. 11 vécut assez pour en voir la publication et le succès; et il en préparait une 2* édition, quand U mort le frappa. Vers 1815, sa santé lui rendant nécessaire un air plus pur, il était venu habiter, à Millbrook en Lancashire, une maison agréable, que des amis généreux avaient achetée pour lui. Ce fut là qu'en 1818 il reçut deux prêtres boudliisles venus de Ceylan avec le désir d'être instruits dans la religion chrétienne. Au bout de vingt mois, Clarke, convaincu de leur sincère conversion, leur administra le baptême ; mais, retournés à Ceylan, ces hommes y reprirent leurs fonctions de grands prêtres. D'après le conseil de Clarke, la conférence établit une mission dans les Ues Shetland ; et aujourd'hui la société compte dans son sein plus de 1,400 de ces uisulaires. Kn 1825, il fixa sa résidence clans la paroisse de Ruslip, i dix milles de Londres. Il venait de visiter sa province natale, on il l'attachait à répandre l'instruction et même le bien-être matériel, lorsque le choléra- niorbus l'enleva, le 20 août 1832. 11 est mort pauvre, et a laissé six enfants. Ln de ses pioches, M. B. Clarke, a publié sa Vie religieute el littéraire, Londres, 1833, 3 vol. in-8». Le livre sur lequel repose sa réputation, et qu'il avait composé sans aucun aide, sans même un copiste, est le commentaire intitulé : UtSainUi Ecritures, etc., avec les leçons marginales, un recueil de textes parallèles, de longs sommaires à chaque chapitre, un commentaire et des notes critiques, 1810-1826, 8 vol. in-4*. Ses autres écrits sont: 1° / ! rlalion sur l'usage et l'abus du tabac, 1707. 2* Dictionnaire bibliographique, contenant un tableau chronologique des livres les plus curieux dans toutes les branches de la littérature, depuis l'enfance de l'imprimerie jusqu'au commencement du 19* siècle, suivi d'un Essai sur la bibliographie, et d'un tableau des meilleures traductions anglaises de chaque classique grec et latin, 1802,0 vol. in-12 et in-8". 3* Mélanges bibliographiques, ou Supplément au Dictionnaire bibliographique, jusqu'en 1806, 2 toi. in-12 et in-8°. 4° Abrège du Directoire chrétien de Baxter, 1801, 2 vol. in-8». 5» Histoire des anciens Israélites et leurs mœurs, etc., d'après Claude Fleury, avec une vie de l'auteur, 1805, in-12. 6° Succession de la littérature sacrée, en un arrangement chronologique des auteurs cl de leurs ouvrages, depuis l'Invention des caractères alphabétiques jusqu'à l'an 315 de N.-S., 18'i7, iu-12 et in 8% 1" vol. [Un lits
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du docteur Clarke a donné une 2* édition de ce volume continué jusqu'à l'an 1300.) 7e Histoire sacrée et profane du monde parallèle f ar Shuckford, comprenant les observations de l'évêque Clay Ion sur l'ouvrage, avec des cartes géographiques, 1808. 4 vol. in-8". 8° Récit de la dernière maladie et de la mort de Richard Porson. 9* Réflexions deStmm, 4 vol. in 12. 10° Observations de Harmer, avec sa vie. 11* Claris biblica, ou Abrégé de la science biblique, 1820, in-8*. 12° Mémoires de la famille Wesley, in-8°. 13* Trois volumes de sermons. L.
CLARKE (HK.Nnt JACQLEs Gt iM.ACUE), duc de Feltre, naquit le 17 octobre 1765, à l.andrecies, d'une de ces familles irlandaises que lessuiles delà catastrophe des Stuarts fixèrent en France Son père, officier subalterne, le laissa de bonne heure orphelin (I). Il n'en fut pas moins bien élevé par son oncle, le colonel Shee, alors secrétaire des commandements du duc d'Orléans, plus lard préfet à Strasbourg, et depuis pair de France. Le 17 septembre 1781. il entra comme cadet gentilhomme à l'école militaire de Paris, et sortit, le M novembre 1782, sous- lieutenant au régiment de Benvick ; devint, le 5 septembre 1784, cornette de hussards, avec le rang de capitaine dans le régiment colonel général de celte arme, et fut, le 11 juillet I790,commissionné capitaine de dragons. La même année, il donna sa démission pour passer en Angleterre comnte gentilhomme d'ambassade. C'est à la protection du duc d'Orléans qu'il devait et ce poste et son avancement assez rapide dans l'armée. Le régiment de colonel général hussards appartenait à ce prince, de la maison duquel Clarke avait un instant fait partie comme secrétaire. A son retour en France, il redemanda du service, fut nommé capitaine de première classe, et, le 5 février 1792, parvint au grade de lieutenant-colonel de cavalerie. C'est en cette qualité qu'il prit part aux premières campagnes de la révolution, qu'il assista à la prise de Spire, et qu'après la déroute de Bingen 117 mars), il défendit le jassage de la Nahe. L'affaire d'Horcheim , près Landau (17 mai), lui valut le grade de général de brigade provisoire, qui lui fut conféré sur le champ de bataille. Il fut ainsi chargé du commandement de trois régiments de dragons à l'avant-garde de l'armée du Rhin ; et quelque temps après il exerçait à cette armée les fonctions de clief d'élat-major général, lorsque (12 octobre 1793) les commissaires delà convention, en vertu d'un décret de celte assemblée, le destituèrent comme noble, la veille de la prise des lignes de Weissembourg par les Autrichie ns. Il fut même porté sur la liste des suspects. On sécpiestra
(i; Clarke n'éiait que son nom maternel, remontant a Fraacls Clarke, venu en iOGOen Angleterre atec Guillaume le CutiqoéraaL Du eoie paternel, son nom < iait Wnadclmnh, el ses ancêtres <te*centUient cl one des plus tllusircs familles de* Angio-S.i\ons, On t présenté le père de Clarté comme un gardc-nugaMH des subsistances militaires qui avait amasse dans sa place de quoi acheter »■ brevet de quart» r-nulire dan* le régiment Je Hilton. M. Taturic, dans se* Ob$trr«lie«$ »ur fOraiten («nchre du line de Fttlre,p*r St. Je Bfeupeii St-Autttire, (ail justice de celle assertion ainsi que di' beaucoup d'uulrr». — Ct-llr |>rclt-ii,]tu.' oc jimiu ImiwW n i i an rrste qiMinc diainhc sans importance tomme uns \ériU\
ses biens en Alsace, etc. : il ne recouvra son grade qu'après la chute rie Kobespierre Protège: alors par (la mot, qui était encore au comité de salut public, il Tut rois à la tête d'un bureau de topographie militaire, où il se montra ce qu'il fut toujours, militaire instruit et travailleur infatigable. Il y partagea, en sous-ordre, la gloire d'avoir, selon l'expression un peu dithyrambique du temps, organiii la victoire dam les années de la république (I). L'avènement du directoire, en maintenant Carnot a la tête des affaires de la guerre, y maintint aussi Clarke, dont l'importance s'accrut prodigieusement en même temps mie colle de son protecteur. Confirmé général de brigade, le 17 mars 1795, il dc\iut général de division le 17 décembre. Il ne tailla pas à se croire né pour les plus hautes destinées, afficha des prétentions diplomatiques, et quand les succès de Bonaparte en Italie eurent alarmé le directoire, il brigua la difficile mission d'aller a Vienne préparer la paix entre le cabinet impétial et la France. A celle lâche, dont peut-être il se fût tiré, mais dont alors le résultat ne pouvait être que désavantageux pour la France, il en joignait une autre au dessus de ses forces : c'était d'observer ce qui se |«ssait à l'armée d'Italie, et prinrqialeincnt le général en chef, et de mettre, de quelque manière et a quelque prix que ce fut, obstacle à son goût effréné pour la domination. En effet, si le directoire voulait la paix, c'était en partie pour diminuer l'ascendant des généraux ; s'il n'en confiait pas la négociation à Bonaparte, c'est qu'il s'effrayait de le voir réunir trop de pouvoirs. Simple plénipotentiaire, Clarke eut pu se rendre a Vienne directement en traversant l'Allemagne. Confident politique du directoire, et surtout de Carnot, qui semble en outre l'avoir charge de rallier Bonaparte à la minorité du directoire, c'està-dire à lui Carnot contre Barras, il devait faire et fit rouie par l'Italie. Des instructions irès-minulieiiscs lui traçaient son itinéraire par le Piémont, Milan, Modène, Bologne, Venise. Du reste, aussi on lui recommandait plus spécialement encore qu'à d'autres agents diplomatiques d'observer à Vienne les grands (icrsonnages qui jouaient des rôles importants. « Votre voyage, lui disait le ministre Delacroix (6no- « vembre 1796), serait suffisamment utile, quand il a n'aboutirait qu'à nous faire connaître les passions «qui les animent, et les moyens de les faire tourner « au profit de la république et de l'humanité. * Que l'on ne croie donc pas que la mission de Clarke à Vienne n'était qu'une comédie et n'avait pour but que de masquer ce qu'on tramait contre Bonaparte. Le directoire souhaitait réellement la paix, et provisoirement demandait un armistice : c'est à Bona-
(<) Voici de qorlle manière 11 est peint dans une déperne de lord MiiInH'sbury. de notembre 1796 : « Cet ofhder partag'- sourdement c avec Carnot la gloire des succès et mente des retraites des armées « françaises, et joue eu France, a quelque degré de réputation « prés, le rôle que joue, on plutôt qu'a jooé dans les Pays-Bas et « en Allemagne le fameux colonel Mack. Sans cesse II conçoit des « batailles, des marches, des mouvements de t«ote espèce : c'est, en i un mol, on guerrier de cabinet. Il est encore jeune, plein d'ar- « denr et aimant les projrts. On prétend qu'il est tri-s-aiiaché aa « projet de descendre, mjïi en An^t terre. soit en |i lande. •
parte que ne convenaient ni la paix en général, ni une paix faite par d'aulres (pic par lui; c'est lui qui fit tout manquer. Voici comment. Le directoire, dans ses ouvertures de paix, comptait surtout sur les compensations qu'il pouvait offrir à l'Autriche en ècltangc de la Belgique et du Luxembourg ; ce système de compensation admettait une infinité de combinaisons que son envoyé pouvait varier à son gré, en examinant l'effet produit par chacune d'elles sur les minisires autrichiens. Quant à l'armisiicc qu'on étendrait à toutes les armées, il devait avoir pour base le «"«fit ouo, de sorte que Mantoue, alors assiégée par llonaparle, serait ravitaillée jour par jour selon la force de la garnison et le nombre des habitants. Bonaparte déclara ces condilions absurdes, fit voir tout ce que la suspension d'armes enlèverait à la France de chances probables cl d'avantages réels, appuya sur l'importance de la prise de Mantoue et : sur l'impossibilité de s'en emparer, après les délais,' proposés, car le ttalu quo combiné au ravitaillement quotidien était illusoire, etc., etc. Mais les ordres du directoire étaient positifs; et déjà le cabinet do Vienne, accueillant les ouvertures de la France, envoyait le luron Vincent à Viccnce pour conférer avec Clarke. Quelques jours encore pourtant, ce dernier résista de toutes ses forces à l'énergique volonté de Bonaparte. Finalement ce général, sûr d'être appuyé |ku- Barras contre un aflidé de Carnot, dit nettement à Clarke : a Si vous êtes venu ici pour « Taire ma volonté, je vous verrai avec plaisir ; si ç'est « le contraire, vous pouvez retourner d'où vous êtes « venu. » Puis il lui fit sentir que son protecteur n'était rien moins tpie solide à son poste, et qu'il ferait bien de se préparer un autre appui. Déjà quelques insinuations de ce genre avaient eu lieu. Bonaparte, des que Clarke avait mis le pied à Milan, avait lâché sur lui Bourriennc; cl bientôt, soit admiration pour les vues supérieures du général, soit persuasion que mieux valait laisser la toute-puissance en ses mains que de compromettre la cause de la France en l'évinçant, il fut décidé tacitement que Bonaparte, dans tout ce que Clarke écrirait à Paris, ne recevrait que des éloges. Effectivement, le premier rapport de Clarke au ministre Delacroix (7 décembre 17C6) disculpe Bonaparte de loute part aux déprédations de l'armée d'Italie, le présente comme ne faisant de l'administration que parce qu'il n'existe pas un bon administrateur, le proclame incapable de pactiser avec aucun parti ou de s'abandonner à des rêves d'ambition, et finit par cette phrase, dont les huit premières pages qui précèdent ne sont que le long considérant : « Il faut que le général en chef continue « à commander toutes les opérations diplomatiques « en Italie. » Bonaparte, s'il eut dicté la dépêche, n'eût pas mieux dit. Ainsi pâlissait l'homme de bureau devant l'homme de génie : bientôt il fut éclipsé totalement. Bonaparte, tout en éloignant les conférences de Vicence jusqu'au 3 janvier 1797, c'est-a-dire jusqu'à ce qu'elles dussent ne rien produire, s'assura, par ses lettres confidentielles et par la corruption, le patronage de Barras , qui lit prévaloir près de la majorité du directoire des idées toutes différentes de
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Carnot, et modifier par une dépêche les instructions de Clarfcc. Riais déjà, lorsque cette dépêche vint au camp français, les conférences de Viccnce étaient rompues depuis deux jours, et Vincent déclarait que, si la France avait des communications diplomatiques à faire, elle devait les adresser au ministre autrichien à Turin (Gherardini). Bonaparte eut soin que. cette clause fût effectuée ; et Clarke, tantôt à Turin, tantôt en tambardic, d'ailleurs complètement d'accord a\ec ce général, n'eut plus qu'à suivre avec la cour piémontaise de faciles négociations, qui se terminèrent par le traité d'alliance du 5 avril 1797(4) (roy. Cii \ ules-Kmm anuel), et qu'à faire sur la conduite des généraux et des niunitionnaires, des plaintes dont Bonaparte était le premier à lui fournir les éléments, et dont souvent le résultat était de mettre en place des hommes qui convenaient à ce maître de la haute Italie. Ces plaintes, qui quelquefois furent inexactes, ne tirent point aimer Clarke, tandis que Bonaparte expulsait ainsi beaucoup de voleurs sans s'attirer de haine. Aureste, il faut avouer a la gloire de Clarke que sa haine pour les fripons était sincère, et que sous ce point de vue il fut le dig'ieami de Carnot. Clarke se trouvait encore à Turin lors de la discussion des préliminaires de Léoben : Bonaparte, qui n'avait aucune autorité pour Conclure rien qui ressemblât à la paix, affecta de souhaiter la présence de ce plénipotentiaire, cl l'envoya chercher, sans doute en s'y prenant de manière qu'il ne put arriver à temps. Dix jours en effet (7-17 avril) se passèrent sans que Clarke parût; et Bonaparte seul signa les articles. Immédiatement après ( C mai ), le directoire investit Bonaparte et Clarke tout ensemble de pleins pouvoirs pour négocier et signer le traité définitif. Deux négociateurs, Gallo et Mcerfeldt, avaient été désignés par l'Autriche. Mais, dés le commencement , Bonaparte et Gallo s'emparèrent de tout; Mcerfehlt et Clarke ne furent que des rouages inutiles. Clarke cependant fut quelque temps chargé seul de la négociation à L'iUne ; mais ce fut lorsque les tergiversations de l'Autriche, qui voulait recommencer la guerre, tirent languir les conférences, lesquelles, selon l'expression de Bonaparte, « n'étaient plus que des plaisanteries; » et à cette époipie même il n'agissait que par les ordres de Bonaparte. Au milieu de ers incertitudes et de ces lenteurs eut lieu la révolution du 18 fructidor (4 septcmhre 17W). Clarke fut destitué comme créature de Carnot; et (lonaparte, seul plénipotentiaire de la république, dut seul avoir l'honneur de signer le traite de Canqw-Formio, bien autrement glorieux pour la France que la paix dont Clarke devait être le
(I) Suivant Ko<h et SiIncII, le cabinet anlrichten, qui. après la WupgfM bnHanlr tAMnmfm, «qvrraii wnver Maritime ci rernuqarrir la Lumbai dit- , se munira \n-a d spoî* à négocie! en 1790, sju» la pjruri|£i>uu de von aliii-o la Craudc-UrciaKoe. Kllc rifusa an gênerai Cl.ule un na»s«-ji(iti |«iur se tendit a Vienne; cl ce goihtjI retint a Paris aptes quelques ponr|.ir>r* avec les généraux autrichiens d'Italie. Ce fut aussi ee général, disent les. niâmes tiishaTiHW, qui ébaucha avec Ici ministres du rui de Sardaigne, don U iiiiui-Daïuian de Priocca, uu iraiic d'alliance defensiu- et ofiennu- euirc la république française et re souverain, traite «jm nttl quelque diseiisMon, fui Ngur a Turin, le • avril 17*7. !>—/,.
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préparateur, en novembre et décembre 1796: mais il se montra généreux envers celui que naguère on avait voulu lui donner pour contrôleur et pour rival. Il prit sa défense contre les criailleriez parisiennes, le garda en Italie, et l'employa de diverses manières: pouvait-il moins pour l'astre dont il avait si complètement fait son satellite? Le retour de Bonaitarle en France, et plus encore son départ pour l'Egypte, remirent Clarke dans l'ombre, et le forcèrent à vivre deux ans dans la retraite. Peut-être eût-il dû suivre son nouveau prolecteur sur les bords du Ml : il n'eut point ce bon esprit, ou ce dévouement. Bonaparte, revenu de sa lointaine expédition, et maitic enfin du gouvernement par le 18 brumaire (9 novembre 1791»), sembla le bouder quelque temtis. Clarke ne négligea rien pour reconquérir les Ljimes grâces du consul, qui finit par lui confier, en septembre 1800, le soin d'entamer les négociations do Lunévillc, et bientôt après le commantlemcnt extraordinaire de celle ville el du département de la Meurthe. Ces deux postes étaient assez insignifiants : les victoires d'Allemagne et d'Italie simplifiaient beaucoup les discussions, que, du reste, Bonaparte dirigeait de Paris. Lorsqu'elles furent plus avancées, il envoya son frère Joseph conclure et signer. Clarke eut ensuite à préparer le départ des officiers russes prisonniers a Lille ; et la grâce qu'il mil à cette tache lui valut de l'empereur Paul 1" le don d'une épée magnifique. Ces honneurs, mêlés de quelques déboires, donnaient à Clarke tantôt des bourfecs d orgueil, tantôt des accès de mauvaise humeur ; parfois il semblait se croire l'égal du premier consul ; il le disait. Ln soir, à l'Opéra, il s'empara de la loge de Bonaparte, se plaça sur le devant, et quand le maître vint, soit vanité, soit maladresse, il ne se dérangea point. Ces loris, joints à son caractère pointilleux et a son amour des parchemins, lui firent donner le titre de ministre île Fiance à Florence, prés du jeune duc de Parme, qui venait d'élre nomme roi d'Etruric. • C'était, disent les compilations de « Sle-llélène, un poste tout charmant ; mais c'était « une disgrâce. » Clarke écrivit lettres sur lettres pour demander la fin de celte es|»éec d'exil. Bonaparte, croyant enfin sa pénitence assez longue, le laissa revenir, le ht courir partout, à Lille, au cump de Houlogne, en Belgique, le nomma conseiller d'Ktal, créa pour lui deux places de secrétaire de cabinet, l'une pour la marine, l'autre pour la guerre, et lui coni|>osa ainsi en traitements divers une soixantaine de mille francs (18 '4). L'année suivante, Clarke fit, à la suilc de Napoléon, la campagne d'Allemagne, fut présent à la prise d'Uni et à quelques affaires moins importantes; et quaud Vienne tomba au pouvoir des Français, il fui nommé gouverneur de celte ville, puis de toute la haule cl basse Autriche, de la Carinihie, de la Slyrie, du Frioul, de Triesle, etc. Sa modération dans cette place élevée lui mérita la reconnaissance des vaincus ; il faut avouer aussi que les ordres de Bonaparte ne disaient point de ruiner l'Autriche. Décoré à la même époque du titre de grand officier de la légion d'honneur, il fut chargé de tracer la ligne de démarcation du Brisgau, enlra
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le royaume de Wurtemberg et le grand-duché de Bade. Deux mois s'écoulèrent pour lui rn conférences diplomatiques. Les unes, du 9 au 20 juillet 1806, eurent lieu avec le plénipotentiaire russe d'Oubril, et se terminèrent par l'inconcevable traité qui cédait à la France les bouches du Cattaro, maintenait Gustave IV en possession de la Poniéranie, et laissait apercevoir dans un avenir prochain l'adjonction de la Sicile au royaume de Mural, le tout sans prendre l'avis de la Grande-Bretagne, qui, fidèle alliée de (a Russie depuis longtemps, refusait de conclure la paix sans elle. Ce traité ne fut point ratilié par Alexan ire. Les aulres conférences se [tassèrent d'abord entre lurd Yarmoulh et Clarkc ; puis Fox adjoignit Laiulerdale à lord Yarmouth, tandis qu'à Clarkc vint s'adjoindre Champagny, qui même fut seul chargé de faire les négociations, à partir du 25 septembre. Ces colloques, qui n'eurent aucun résultat, ne peuvent être détaillés ici. Tout lier d'avoir amené d'Oubril à signer des clauses qu'à peine il eût osé espérer, Claïke déploya beaucoup de jactance et de morgue avec Yarmouth. Dès la première entrevue, il disait que la convention récemment conclue avec la Russie, sans l'assentiment de la Grande-Bretagne, était pour la France l'équivalent d'une victoire, et que désormais son maître avait le druit de s'attendre à des propositions plus avantageuses que celles qui naguère axaient été faites; il qualifiait les bases d'après lesquelles on avait voulu traiter, et en particulier l'u/i pouidetis, lie conversations values, de romans politiques ; il disait que Napoléon n'avait jamais adopté cet «fi po*sidetïi pour base, sans quoi la Moravie, la Si y rie, la Carniole seraient restées entre ses mains, comme si ces particularités de la guerre d'Autriche avaient offert le moin' Ire rapport avec les négociations actuelles entre Lombes et Paris. In semblable langage ne pouvait réussir auprès des deux amis de Fox, qui, quoique désireux de la |«ix, était résolu à ne point se départir des bases d'abord mises eu avant par le ministre Talleyrnn I. Jx refus luit par la Russie de ratifier le traité conclu par d'Oubril, et ensuite la mort de Fox, achevèrent de mettre au néant toutes tes velléités de paix dont Lauderdale et Champugny pourtant s'entretinrent encore jusqu'au 6 octobre. A cette époque, Clarkc était parti pour l'Allemagne, et suivait Bonaparte à la campagne de Prusse. Nommé, après les deux batailles du 14, gouverneur d'Erfurlh, alors encombrée de prisonniers prusMcns, il voulut aussi avoir son petit fait d'armes; car plus d'un jaloux dans les antichambres et les bivouacs de Napoléon lui reprochait de n'avoir jamais été militaire que dans les bureaux. 11 lit poser les armes arx grenadiers saxons de Hundt, et prit sur eux leur diaprnti, plus quelque* pièces de canon attelées et approvisionnées. Le 27, Bonaparte l'appela au gouvernement de Berlin, en lui disant : a Je veux qu'en une même année, vous * ayez eu sous vos ordres les capitales des deux mo- ■ narchics autrichienne et prussienne, » Alors l'administration de Clarkc fut dure, humiliante, ruineuse, quelquefois sanguinaire. Sans doute il n'outrepassait point les volontés, les ordres précis du
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maître ; mais il eût été noble de les adoucir. Les caisses publiques vidées, les contrihutions de guerro exigées avec rigueur n'étaient que les moindres des reniions exercées sur le peuple de Berlin : on créait des offenses; on jugeait par commissions militaires. Le supplice du bourgmestre de Ciritz se j>erd clans le nombre des exécutions iniques dont lu Prusse fut le théâtre, et dont on ne parle pas ; on parle de celui-ci, parce que !c roi Frédéric-Guillaume, se trouvant, en 1815, avec Clarkc à la table de Louis XVIII, lui reprocha durement ce meurtre inutile d'un père de famille, a Sire, c'est une mal- « heureuse erreur, répondit le général. — Une cr- « reur, monsieur ? dites un crime ! » En revanche, il faut dire que Clarkc, dans la haute place dont l'avait gratifié la confiance de Bonaparte, et qu'il garda un an, fit preuve d'une inflexible probité, et que probablement beaucoup de ceux qui se sont plu à devenir les échos des plaintes lancées par les vaincus contre l'inexorable agent du vainqueur, l'auraient comblé d'éloges s'il eût laissé voler pour d'autres que pour l'empereur. On lit dans le recueil de pièces officielles de Schœll que Vandamme, un jour, voulut déménager à son profil les meubles du palais de Potsdam, où il était logé, mais que l'intervention de Clarke le lit renoncer à cette fantaisie. Après h paix, Clarkc fut nommé ministre de la guerre en remplacement de Berthier. Il s'y montra, comme à l'ordinaire, méthodique, probe, laborieux, instruit dans toutes les parties de l'art militaire. Son administration, qi.i se prolongea sans interruption jusqu'à la première déchéance de Napoléon, n'offre de remarquable que deux épisodes, la descente dans Walcheren en 1809, et la conspiration de Malet en 1812. Le premier de ces événements prenait bien Clarke au dépourvu. Secondé par Fuuché, par Rcrnadotte, il réunit en moins de cinq semaines une armée de 100,000 hommes vers les bouches de l'Escaut. Des grands personnages qui concoururent alors a Chasser les Anglais en l'absence de Bonaparte, Clarkc fut presque le seul auquel le maître n'en voulu! point. Fonda- ivait brisé les portes du célèbre trésor des Tuileries; Bernadoile, peu goûté de l'empereur, avait adressé à ses soldats une proclamation tant soit peu irrévérencieuse pour l'orgueil du grand capitaine ; tous deux, lors de affaires de Wagram et de l'Ile de Lobau, avaient conçu des arriére pensées. Il n'en était point ainsi de Clai ke. I ne autre absence de Napoléon devint pour lui l'occasion de faire étalage de dévouement ; ce fut pendant la campagne de Russie, lorsque l'échaiiffourée de Malet mit trois ou quatre heures Paris aux mains de quelques audacieux sans prévoyance. On a beaucoup vanté le sangfroid que Clarkc montra dans cette crise. Le fait est qu'il eut plus de bonheur que MM. Pasquier et Savary, qui, dans le premier moment de la surprise, se laissèrent paisiblement conduire en prison. [Yoy. Malet et Lahome.) Mais si l'on fût venu lui mettre la main sur le collet ou tirer sur lui à bout portant comme sur le commandant Hullin, est-il certain qu'il se fût, par sa présence d'esprit, tiré de ce mauvais pas? In hasard, et rien de plus, écarta de sa
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této l'accidcut ; k détachement que Malet avait dirige sur le ministère de la guerre lui devint nécessaire pour une autre expédition ; il envoya contreordre, et tout fut Rni, c'est-à-dire tout fut manqué avant que le détacliement pot reprendre sa première destination. Le eomplot déjoué, Clarke, suivant les Mémoirtt de Savary, lit grand bruit, conçut des soupçons sur nombre de personues innocentes, ordonna des arrestations à tort et à travers, envoya la garde à cheval a St-Cloud, comme pour empêcher que l'on enlevât le roi de Rome, eto. ; puis expédia nu agent à Bonaparte pour faire valoir la vigilance et la perspicacité qu'il avait déployées. Dans ce tableau, les < oulcurs sont un peu chargées ; mais le fond est vrai. Du reste, Clarke n'accomplissait qu'un devoir, en prenant plus de précautions qu'il ne fallait ; et l'ostentation de clairvoyance, de dévouement a été de mode sous tous les régimes. Le zèle de Claiic se ralentit sur la fin de 1813 rten 1814, quoique son langage restât le même. Il avait été sans doute un des premiers à juger sainement la position de l'empereur. Dans le fameuv conseil du mois de mars, que lui-même avait provoqué, il opina trèsfortement, et avant que les communications de Joseph eussent comme forcé la détermination de l'assemblée, pour le départ de Marie-Louise. Les proies fastueuses dont il accompagnait cet avis ne pouvaient tromper personne, tant elles étaient froides, décourageantes; il avait commencé par un tableau de l'état de la capitale et des enfilons. Ses ennemis depuis l'ont accusé, non pas d'avoir exagéré les dangers, mais d'avoir dissimulé les ressources; pour tout juge impartial, il est évident que Clarke, à l'idée que Taris était alors impossible à défendre, à moins de sacrifier Paris, rn joignait une autre, c'est que Paris ne devait |»uinl être sacrifié. Il est évident que Bonaparte pensait le contraire, quoiqu'il ne l'ait jamais atoué, et ses adhérents partagent au fond cette opinion. Sans doute il eût été possible de (rainer encore longtemps la guerre, d'organiser une insurrection parisienne pour empêcher Marie-Louise de partir, etc. On en donna le conseil à Clarke, qui ne tomha point dans ce piége, dont 1 Vf fut, fort bien prévu par les conseillers, eût été de le brouiller avec ISapolcon, tout en prolongeant les chances de vie polilii|uc de l'empire. Une fois l'impératrice hors de la capitale, Clarke, prévoyant une capitulation prochaine, ne fit guère d'autres préparatifs de défense que ceux qui étaient indispensables pour arrêter les alliés deux ou trois jours. Il n'ouvrit point les arsenaux a la population parisienne, ne lit point transporter l'artillerie des Invalides et de l'école militaire sur les hauteurs de Paris ; enfin il ne liérissa pas Montmartre de troupes de li-;ne qu'il n'avait pas. La postérité décidera si ce fut un tort. Quoi qu'il en toit, le 8 avril suivant, Clarke envoya son adhésion au gouvernement provisoire. Le 4 juin, il fut nommé par Louis XVIII pair de Fiance. Bonaparte lui avait donné, en 1808, le titre de comte de llunebuurg; puis, comme s'il l'eût élevé en grade, celui de duc de Fcllre, en 1809 (après l'affaire de WahiiCTCO), Il n'exerça aucune foncliou peudant la première rcs-