‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 51 sur 117 · CL.V · texte numérisé non relu

CL.V

lauralion, si ce n'est à partir du 4 mars 1815, au soir. Louis XVIII, qui venait de retirer le |»orlefeuille de la guerre au maréchal Soull, en chargea le duc de Fcltrc, qui, du reste, ne |>ou\aii guère se créer d illusions sur ce qui se passait en cet instant, et qui, par le rapide tableau qu'il fit, le 13, à la chambre des députés, sur l'étal de son département, détruisit celles qui pouvaient exister encore chez les autres. On disait que sou sort était de voir et Bonaparte et les Bourbons subir la première de leurs deux déchéances entre ses mains. Les compilations de Ste-Hélène assurent que Clarke , dans les cent jours, eût voulu reprendre du service près de Bonaparte. On a répété cette calomnie , que dément assez le prompt départ de Clarke pour Garni, où, toujours à coté de Louis XVIII, il exerça |miui* lui les fonctions de ministre de la guerre, et d'où, quelque temps après, il partit pour Londres, chargé d'une mission de ce monarque pour le prince régent. Revenu avec le roi, Clarke conserva le ministère de la guerre. Sa tâclie fut alors difficile. Licencier une armée, en faire une autre, examiner cl discuter les réclamations de tout genre présentées par des milliers de postulants en général portés à tout blâmer; lixer les droits de 12,000 officiers tant du l'émigration que de l'intérieur, prononcer sur le classement de 0,0iH) of.iricrs de l'armée licenciée, régler les soldes de 0,000 officiers réformés, vérifier 16.000 créances de solde arriérée, représentant 46 millions ; organiser la garde royale, reconstituer la gendarmerie; pourvoir à la consommation des armées alliées au milieu de tant d'obstacles que compliquait une intempérie sans exemple : tels furent les travaux dont Clarke cul à s'acquitter dans un espace de deux ans. L'histoire impartiale le disculpera des ineptes accusations lancées sur lui à propos des fonds énormes qui furent alors absorbes i>ar le ministère de la guerre, et de la faiblesse de l'armée française, faiblesse qui faisait contraste avec l'immensité des sommes votées pour ce département ; comme s'il eût été au pouvoir d'un ministre de cliangcr ce que voulait la nature des choses'. Clarke fut moins excusable, peut-être, lorsqu'il institua les cours prévôlalcs. Cependant il Tant avouer qu'à aucune autre époque le pouvoir n'eut plus besoin de déployer quelque fermeté. Mais ce fut ce zèle même que Clarke déployait pour la cause des Bourbons qui bientôt motiva son renvoi. Louis XVIII, qui d'abord l'avait récompensé par le titre de maréchal, mais qui chaque jour cédait du terrain aux ennemis de sa dynastie, lui IH éprouver une disgrâce complète, et le remplaça définitivement par Gouvion-Sl-Cyr, en le nommant au gouvernement de la 15* division (Rouen). On sait qu'après son départ tout changea dans le ministère de la guerre : politiquement et dans l'intérêt de sa dynastie, Louis X VIII eut-il raison ? c'est ce dont on peut douter. ( Yoy. Louis XVIII.) La position de Clarke dans toute cette dernière période de sa vie était pénible. Quelques-uns des favoris de la restauration ne pouvaient s'habituer à voir de bon œil un ministre de l'empire, un coulident de Bonaparte ; ses anciens cama-

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