‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 53 sur 117 · SI CLA · texte numérisé non relu

SI CLA

lior en fait un grand éloge dans son Potyhi$tor ; Leibnilz Ta recueilli dans ses Collectait. Etymol. Clauberg préludait par cette brochure i un grand ouvrage qu'il avait projeté, mais qui est demeuré en projet : de Causis linguœ germanica. On a réuni J. Claubergii et Martini Uundii Disterlationes te- Iccla, quibu$ controversia fidei advtrtut omni$ ge~ «rrij adtenarios explieanlur , et J. Claubergii et Tobim Andréa Exereitaliones tl Epistola varii argumenté M— ON.

CLAUDE (Tiberics Dnusr9), empereur, fils de Drusus et d'Anlonia la jeune, reçut le jour à Lyon, l'an de Rome 744 ; il porta d'abord le surnom de Gcrmanicus , si illustré par son nerc ainé. Son enfance et sa première jeunesse se passèrent dans les maladies et les infirmités : son corns en fut affaibli; ses lacultés morak-s le furent encore davantage. Toute sa vie , il lui resta une timidité cl une faiblesse qui allait jusqu'à l'imbécillité. Sa mère , qui était aussi sévère que vertueuse , le repoussait comme indigne d'elle par sa stupidité. Auguste craignit toujours de l'exposer aux regards du public : aussi il n'arriva au consulat, qu'il n'exerça que pendant deux mois, qu'à l'âge de quarante-six ans. Le sanguinaire Caligula le laissa vivre, parce qu'il n'eu craignait rien. Claude était dans le palais de cet empereur quand celui-ci fut assassiné. La terreur le fil fuir; il alla se cacher derrière des tapisseries : un soldat l'y découvre, l'en retire tremblant, et le salue empereur. D'autres soldats suivent cet exemple , et l'entraînent au camp des prétoriens, où il est proclamé successeur de Caligula. Au premier bruit de la mort de ce prince, le sénat s'était assemblé : il voulait profiter de l'occasion pour rétablir l'ancienne lurme de gouvernement ; mais ses délibérations se prolongeant sans qu'il y eut rien d'arrêté, le peuple se joignit aux soldats chargés de la garde de Home, et tous ensemble demandèrent à grands cris au sénat un empereur. Il fallut céder cl nommer celui-là même que les troupes avaient choisi. Agrippa , roi de Judée, contribua beaucoup, |ar ses conseils et sa fermeté, a cette élection. Claude, a son avènement à l'empire , avait cinquante ans. Son premier acte d'autorité fut de faire mettre ù mort plusieurs de ceux qui avaient eu part au meurtre de Caligula, entre autres, Chéiéa, chef de la conspiralion. Les commencements de son règne furent, comme les commencements de beaucoup d'autres, marqués par la clémence et la justice. 11 abolit la loi de lèscmajesté, diminua le poids des impôts, et rappela tous ceux qui avaient été exilés ou déportés, particulièrement Agrippine cl Julie, ses nièces. 11 rendit aux rois Mithridatc et Antiochus Comagène leurs Etals, dont ils avaient été injustement dépouillés. Il donna le Bosphore à un autre Mithridate, et la Cilicic a Polémon. Il augmenta les Etats d'Aerippa, roi de Judée, et donna le royaume de Chalcis à Hérode, frère de ce prince. Mais , dès la seconde année de son gouvernement, il fut assez faible pour se mettre à la discrétion de ses affranchis Pallas, Narcisse et Calixte, et surtout de Messaline, sa femme, qu'il aimait éperdument. Plusieurs personnages de la famille impériale et deux Julie furent les premières

CLA

vir imes de cette femme impudique et cruelle. Le danser auquel les grands se trouvaient exposés par l'imbécillité de l'empereur donna lieu à une révolte, dont Vinitien elScribonien {voy. Sciuboniek) furent les chefs. La mort de ce dernier, tué par ses soldats, mit fin à ce soulèvement. L'événement militaire le plus remarquable du règne de Claude fut une descente en Bretagne. Les Bomains n'y avaient point paru depuis Jules-César. L'empereur, déterminé à faire la conquête de cette Ile , ordonna à Plaulius, qui commandait dans la l»sse Germanie, d'y passer avec toutes ses troupes. Ce général, s'étant avancé jusqu'à la Tamise sans rencontrer beaucoup d'obstacles, écrivit à Claude qu'il y aurait du danger à aller plus loin. Sur celle lettre, le prince se mit aussitôt en marche à la tète de plusieurs légions, et alla joindre Plaulius. 11 passa la Tamise, battit les Bretons, et se rendit maître de plusieurs places. Après avoir désarmé les vaincus , il laissa son lieutenant continuer la guerre , et se rembarqua pour retourner à Rome. Le sénat lui décerna un triomphe dont la magnificence fut extraordinaire , el on lui donna le nom de liritannicui. que son fils prit en même temps. (Voy. Biutaknicus.) On vit le palais de l'empereur surmonté d'une couronne navale , comme marque de victoires gagnées dans une expédition par mer. Cette gloire ne pouvait racheter la honte dont l'impératrice le couvrit par son dernier excès. Le fait serait incroyable, s'il n'était attesté par tous les historiens. Messaline (voy. ce nom ), passionnément éprise de Silius, le plus bel homme qu'il y eût à Rome , avec lequel elle vivait publiquement dans un commerce criminel, compta assez sur la stupidité de son mari pour oser épouser son amant , avec les solennités ordinaires, en présence du sénat , des chevaliers , du peuple et des soldats. Claude était à Ostic. Narcisse le lit informer de ce qui se passait. 11 fut si effrayé, qu'il s'écria o qu'il allait cesser d'être a empereur. » L'affranchi, qui menait tout, entraîna le malheureux Claude au camp des prétoriens, où il fit un discours qui lui avait été dicté par Narcisse. Tous les soldats s écrièrent qu'il fallait punir les coupables. L'ordre en fut donné. Aussitôt Silius et plusieurs autres amants de Messaline furent mis a mort. Ces exécutions apaisèrent la colère et les frayeurs de Claude ; il revint dans son palais, où il se livra une parlic de la nuit suivante à la débauche avec ses affranchis , et donna ordre ensuite qu'on dit à la misérable , c'est ainsi qu'il ap{>elait Messaline , de paraître le lendemain devant lui pour se justifier. Narcisse , impatient de la faire périr, notilia au tribun et aux centurions chargés du message de l'empereur, que l'ordre était de la mettre à mort , et il les fit accompagner d'un affranchi qui lui était dévoué, pour en assurer l'exécution. Messaline ayant essayé vainement de se frapper d'un poignard , le tribun, sans dire un seul mot, la tua d'un coup d'épée qui lui traversa le corps. Claude se trouvait à table quand on lui annonça que sa femme n'était plus, il ne s'informa pas de quelle manière clic avait péri ; mais il demanda à boire, et resta à table sans manifester alors, ni les jours suivants, aucun senti-

CLA

ment de joie ni de tristesse, quoiqu'il vit ses enfants pleurer. Suétone dit même que, quelques jours après, soupant avec ses omis , il demanda pourquoi Mcssalinc ne se trouvait pas à table. Claude, sentant qu'il avait été malheureux dans toutes les unions qu'il avait contractées, annonça au sénat qu'il resterait veuf, et il alla jusqu'à consentir qu'on lui otât la vie, s'il manquait à ce voeu; mais bientôt il changea de résolution. Plusieurs femmes de distinction briguèrent le rang d'impératrice. Agrippine , nièce de Claude, l'emporta sur ses rivales. 11 n'y avait pas encore d'exemple d'un oncle qui eût épousé sa nièce. L'empereur voulut que son union fat autorisée par décret du sénat. Cédant bientôt aux importuuitésde 1 a nouvelle impératrice , il donna Octavie , sa fille, fiancée à Silanus, en mariage à Domilius (Néron), fils d'Agrippine, et adopta même cet enfant, qui devait être si fatal à flrilannicus , son propre iils. Comme ce malheureux empereur n'était pas a pendant sans esprit ni sans âme, il sentit enfin la faute qu'il avait faite en épousant Agrippine et en adoptant Néron ; il en vint jusqu'à s'attendrir sur Critannicus , et dit, en l'embrassant , « qu'il souhaitait o de le voir bientôt en dgc de prendre la robe vi- « rile, pour que les Romains pussent un jour être « gouvernés par un véritable César. » Mais retombant dans ses frayeurs, ou dans son apathie, il se laissait indignement maîtriser par Agrippine et par ses affranchis. Il porta , à l'égard de ces derniers, l'aveuglement jusqu'à égaler leur pouvoir au sien dans l'administration des affaires. Les regrets que Claude avait exprimés , ce qu'il avait dit une fois, qu'il était de sa destinée de souffrir les désordres de ses femmes et de les punir à la fin, tout cela donna des alarmes à Agrippine ; elle résolut de prévenir les desseins de l'empereur, qui tomba malade à celle époque. Elle n'était plus embarrassée que du genre de poison qu'elle emploierait ; clic craignait un effet ou trop prompt ou trop lent. Locuste, fameuse empoisonneuse, fut l'agent qu'elle employa. Cette femme prépara le poison, qu'un eunuque, officier de la bouche, servit à l'empereur dans un ragoût de champignons. L'effet ne répondant point à l'attente d'Agrippine, cette princesse eut recours à un certain Xénophon, médecin qu'elle avait gagné, lequel, sous prétexte de lacililcr les vomissements de l'empereur, lui mit dans la gorge une plume imprégnée d'un venin qui le tua sur-le-champ. Tel est le récit de Tacite. D'autres historiens racontent le fait avec des circonstances différentes. Ce qui est constant, c'est que Claude mourut à Rome , empoisonne par Agrippine, le 15 octobre de l'an 808 ( 54 de J.-C. ), dans sa 64* année, après un règne de près de quatorze ans. Nous n'avons pas parlé des guerres qui eurent lieu , soit en Germanie , soit en Bretagne, parce qu'elles ne produisirent pas de grands événements; mais nous allons consigner ici encore quelques faits personnels à Claude. Comme il restait peu d'anciennes familles romaines, et qu'il y avait des vides à remplir dans le sénat , cet empereur avait fait rendre un décret pour y admettre des Gaulois de distinction. Tacite lui met dar:s la bouche, à ce

CLA tas

sujet, un discours qui n'est pas sans éloquence. Il agrandit la circonférence de Rome, ce qu'il n'était permis de taire qu'à ceux qui avaient agrandi l'empire. Suivant Tacite , Sylla et Auguste étaient les seuls qui eussent reculé les limites de la capitale. Claude, pour assurer l'importation des subsistances dans Rome , fit construire un port considérable A l'embouchure du Tibre, avec un phare : entreprise difficile, où, s'il faut en croire Suétone, Jules-César avait échoué. Caligula avait laissé un aqueduc imparfait : Claude le fit achever par des travaux incroyables, ce qui, suivant les expressions de Pline l'ancien , rendit celte construction le monument le plus étonnant qu'il y eût en ce genre. Pline semble mettre encore au-dessus l'ouvrage qui fut fait par l'ordre de cet empereur, pour ouvrir une montagne et y creuser un canal, afin de faire écouler dans la rivière de Lyris les eaux du lac Fucin, et de le mettre à sec. Ce fut sur ce même lac que Claude donna en spectacle aux Romains 19,000 criminels combattant en gladiateurs sur cent galères. Ce prince ne manquait pas d'instruction : sa première jeunesse avait été cultivée par l'étude. 11 composa des mémoires de sa vie, et écrivit l'histoire du temps d'Auguste. Versé dans la langue grecque , il la parlait facilement. L'alphabet latin re(,ul de lui trots lettres, qui cessèrent d'être employées quand il no fut plus. Tacite dit positivement que Claude niellait de l'élégance dans ses productions quand il les travaillait. Cet empereur, malgré l'extrême faiblesse de son caractère, aurait pu, dans une condition privée, être un homme estimable. Il avait le sentiment de la justice et de la générosité , et il en donna des preuves dans le cours de son règne. Il est impossible cependant de ue pas le mettre au rang des mauvais princes, pour le mal qu'il lit, et pour toutes les cruautés qu'il laissa exercer par ses femmes et ses affranchis. Il peut y avoir de l'exagération dans Suétone , qui dit que Claude sévit contre trente-cinq sénateurs, et contre plus de trois cents chevaliers romains. Trèsprobablement il y a de la passion dans la satire que le philosophe Sénéque fait de cet empereur, qui l'avait tenu en exil pendant huit années. Claude, marié successivement à six femmes, ne laissa pour héritier que Néron. Il fut mis après sa mort au rang des dieux ; et comme c'était un usage invariable pour les empereurs, il dit assez plaisamment, lorsqu'il sentit approcher sa fin : « Je sens que je deviens a dieu. » On a des médailles grecques et romaines de cet empereur : il en fit frapper plusieurs en l'honneur de ses ancêtres, de Drusus, d'Antoine do Gcrmanicus , son frère , etc. Sa vie a été écrite par Suétone. (Toy. aussi Tacite, Annal., I. 11, 12, et Aurélius Victor.) Q-R— V.

CLAUDE (Marcts Acrelks Flavius), surnommé le Gothique, naquit en Illyrie ou en Dalmatic, de parents inconnus. 11 était d'une grande taille et d'une force athlétique. Sous Dèee, il servit en qualité de tribun des soldats. Cet empereur, qui connaissait son mérite, le chargea de garder le passage des Thcrmopyles, et de défendre le Péloponèse ' contre les barbares. Valérien lit plus : il le combla

Page 1