‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 54 sur 117 · M CLA · texte numérisé non relu

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île présents, et lui donna le commandement général de toute rillyric. Gallicn, qui ne l'aimait pas, l'employa cependant, et le chargea conjointement avec Marcien, l'un de ses lieutenants, de la guerre importante contre les Gotlis. Cet empereur étant devenu insupportable par sa tyrannie cl ses dissolutions, Marcien et d'autres chefs conspirèrent contre lui, et le firent tuer par des assassins qu'ils aposlérent. Après que le trouble excité dans l'armée par cet événement eut été apaisé , les soldats proclamèrent empereur Claude, comme étant l'homme le plus digne de la pourpre. Il n'est pas constant qu'il ait eu part à l'assassinat de Gallien. Aussitôt après son élection, Claude écrivit au sénat pour l'en informer. La nouvelle arriva le 2J mars de l'an 268. Le sénat s'assembla sur-le-champ, et ratifia le choix de l'armée par des acclamations qui se répétaient jusqu'à soixante et quatre-vingts fois. Il faut voir cette forme étrange de sénalus-consultes dans quelques écrivains de l'histoire Auguste. Le premier soin du nouvel empereur fut de marcher contre Auréole, qui, révolté contre Gallien et poursuivi par lui, s'était retiré dans Milan. Il refusa fièrement de consentir à aucun accommodement avec le rebelle, le força de combattre, et le défit. ( Voy. Ai hloi.e. ) Claude, après celle expédition, se rendit à Rome, où il parait qu'il resta jusqu'à la fin de l'année. Au commencement de la suivante, il fit de grands préparatifs de guerre. L'empire se trouvait alors dans une crise violente, ïétricus, général romain révolté, occupait la Gaule et l'Espagne; Zénobic, la fameuse reine «lcPalmyre, étendait sa domination jusque sur l'Egypte; les provinces de l'intérieur étaient infestées par les peuples septentrionaux. Ne pouvant faire la guerre à la fois à tous ces ennemis de l'empire, Claude s'attacha d'abord à le délivrer des barbares. C'était surtout «les Gotlis qu'il s'agissait. Sous Gallien, ils avaient été vaincus, mais non pas défaits. Marcien s'était opposé à ce que Claude les poursuivit dans leur fuite. Ils reparurent avec de plus grandes forces. Toutes les peuplades de celle nation, s'étant réunies, formèrent une armée de 520,000 combattants. Leur flotte était de 2,000 voiles. Après s'être portés sur plusieurs points, avoir fuit les sièges de Cassandréc et de Thessaloniquc qu'ils levèrent à l'approche de Claude, ils gagnèrent la Macédoine. L'enqiercur les suivit, mais ne put les atteindre qu'à Naïssus, aujourd'hui Nissa, dans la Servie. Là il leur livra une lulaillc qui tut très-sanglante. Les Romains plièrent en plus d'un endroit; mais un détachement de leur armée, ayant pénétré par des chemins jugés impraticables, prit les ennemis en flanc et à dos. Cette attaque inopinée décida de la victoire. Les Goths lâchèrent pied et prirent la fuite , laissant 50 000 morts sur le champ de bataille. Celle fois, Claude poursuivit les vaincus jusqu'à ce qu'il les eût détruits ou dispersés. Les Goths rallièrent leurs débris, et firent téle aux Romains. Il . . lut que ceux-ci fissent plus d'une fois encore des prodiges de valeur pour abattre leurs ennemis. Les restes se réfugièrent dans les gorges du mont Ifomus, où la famine et les maladies les exterminèrent. Leur flotte éprouva

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toutes sortes de désastres, et disparut. Claude écrii it lui-même à BocchtU, commandant de l'illyrie, qu'il avait détruit 5-20,000 Goths, et coulé à fond 2,000 navires. Il survécut peu de temps. La conlagion, qui avait achevé la ruine des barbares, se mit dans l'armée romaine : l'empereur en fut atteint. Il mourut à Sirmium, vers le mois de mai 270, dans la 5* année de son règne, âgé de 56 ans. Il parait que. pendant le peu de temps qu'il gouverna, sans être absorbé par les soins de la guerre, il fit de bonnes lois et des actes d'une sage administration. Il était dur au sénat, ou peuple, aux soldats, et il en fut vivement regretté. On lui rendit des honneurs qui lui furent particuliers : le sénat fit placer dans le lieu de ses assemblées un bouclier sur lequel était son buste en or ; le peuple lui érigea une statue en or (c'est-à-dire dorée) de dix pieds de haut dans leCapitolc, en face du temple de Jupiter ; il lui fut élevé dans le Rostruin une colonne surmontée de sa statue en argent du poids de 1,500 livres romaines. Trébcllius Pollio, qui est plutôt son panégyriste que son historien, dit qu'd avait la valeur de Trajan, la piété d'Antonin, la modération d'Auguste. On ne connaît point le nom de la femme de Claude. II eut deux frères, Quintillius qui lui succéda, et Crispus, père de Claudia, laquelle fut mère de l'empereur Constance Chlore (I). Q— R— r.

CLAUDE (Saint) est l'un des plus illustres prélats qui aient gouverné l'Eglise de Besançon ; mais la chronologie des évéques de cette ville est si obscure, qu'on ne peut fixer d'une manière certaine l'ordre dans lequel St. Claude en a occupé le siège. Il fut le 25* évèque de Besançon, suivant Chifflct, et le 29' suivant Dunod. Il descendait d'une des familles les plus anciennes de la haute Bourgogne, et il vivait vers le milieu du 7' siècle. Ayant embrassé la vie religieuse, il se retira dans uue célèbre abbaye du mont Jura, connue sous le nom de Sl-Oyan, son fondateur. Sa piété et sa douceur le firent chérir de ses confrères, qui le choisirent pour succéder à l'abbé Injuriosus. Il maintint la paix et la tranquillité entre ses religieux, leur prescrivit des régies de conduite, et tâcha de leur inspirer le goût des Iwnnes études, alors négligées de toute l'Europe. Nommé évéque de Besançon, ce ne fut qu'à regret qu'il consentit à quitter sa solitude; mais enfin, forcé de se rendre aux vœux du clergé et du peuple, il montra beaucoup de sagesse et de fermeté dans son administration : il fit de nouveaux règlements, rétablit l'ancienne discipline, et lit fleurir partout les lettres et

(4) Jusqu'au règne de Claude. 1rs villes grecques ri 1rs rolouie» avalent comme le privilège de frapper des médaille*; ni .h s ces monuments, peu. commun* sons r.jlln'n, tres-rarcs sons Claude, disiaratsscnl après ce prince. L'Egypte seule commua d'en frapper avec le ljpe des empereurs jusqu'à Constance Cblore ; tuais la f*> In irjit.nl des médailles qni nous restent de ce lempvla se ressoul des vicissitudes auxquelles l'empire romain fut expos*. Claude ne vécut pas assci longtemps |»ur lui rendre son ancienne splendeur. Les incursions des barbares, les dissolutions de Gallieu, les guerres inleslines, avaient daté La dccadcnce des arts. C'est maiimoin» une chose digne de remarque, que lorsqu'ils *e replongeaient ainsi dans la barbarie, ils se soient maintenus alors dans la Gaule avec un certain éclat. Les médailles de Posthume et de l> irions sont d'un stjle qui coutrasie lulinuuem avec NM déplorable des arts h eeiic époque. T— X

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les vertus des premiers temps du christianisme. Au bout de quelques années, il se démit de l'cpiscopat et retourna dans sou abbaye, où il mourut dans un âge fort avancé, vers 697. Son corps, retrouvé dans le 13e siècle, encore intact, fut exposé à la vénération des fidèles. Le concours des pèlerins était si grand, qu'il se Tonna bientôt dans les environs de l'abbaye une petite ville qui en prit le nom de St- Claude. Le pape Benoit XIV sécularisa les moines de celte abbaye en 1742, et y érigea un évéchéqui a été supprimé par le concordat. Le corps de St. Claude a été brûlé en 1794. Nous avons plusieurs vies de ce prélat. Le jésuite Pierre-François Chifilet a fuit imprimer ses Illustrationet San-Ctaudianœ dans le recueil de Bollandus, sous la date du 6 juin. Boguet ( voy, ce nom ) a aussi écrit sa vie, imprimée a Lyon, 1009, in-12. D. François Coquelin en a publié une autre, d'abord en latin, et ensuite en italien, Home, 1652, in-4° et in-8». ( Foy. aussi les Yiet det sainU de Baillct, au mois de juin. ) W— s.

CLALDE ou CLALDILS (Clémens), évéque de Turin, Espagnol d'origine, vivait dans le 9* siècle. Il lut dans sa jeunesse disciple de Félix, évéque d'Crgel, qu'il accompagna en France, en Italie et en Allemagne. 11 expliqua l'Ecriture sainte dans l'école que Charlemagne avait établie à Aix-la-Chapelle, dans son palais, et qui fut gouvernée, après Alcuiu, par un nommé Clément, Irlandais. Claude ayant obtenu accès à la cour de Louis le Débonnaire, empereur et roi de France, (ut admis au nombre des aumôniers et des chapelains de ce prince. Ayaut prêché à la cour, chose très-rare à cette époque, il lit admirer son éloquence et sa connaissance approfondie des Ecritures. Pour lui témoigner sa satisfaction, Louis le Débonnaire le nomma en 817 évéque de Turin ; il mourut en 839. Ou lui doit plusieurs commentaires sur différentes parties de l'Ancien et du Nouveau Testament, restés presque tous manuscrits à l'exception de l'£xpo«i(ton de l'Epître aux Galatei, qui a été imprimée à Paris en 1542, et des préfaces qu'il a placées en tète du livre du Lécilique et de YÈpilre aux Ephétiens que le P. Mabillon a publiées. Le P. Labbe lui attribue une chronique nbiégée cl une lettre adressée à l'empereur Cbarlemagne sur deux éclipses de l'an 810, qui se trouve dans le 10* volume de la collection d'Achéry. Ce prélat trouva daus son diocèse le culte des images porté jusqu'à la superstition ; mais, pour réprimer cet abus, il tomba dans uu autre : il lit effacer, briser ou enlever des églises toutes les images et toutes les croix. Théodomir lui reprocha, dans une lettre, cette conduite, et l'évèque iconoclaste lui répondit par un écrit plein de hauteur et de fierté, qu'il intitula : Apologie contre Théodomir. Il y attaquait principalement le culte de la croix. (Fleury, llitl. ecclcs., Uy. 47, n° 20.) Claude osa adresser ce livre à Louis le Débonnaire, qui le fit examiner par les théologiens de son palais, le désapprouva, et en envoya un extrait à Jonas, évéque d'Orléans, pour qu'il le réfutât. Dungal, moine de St-Denis, attaqua les erreurs de Claude; Jonas en fit aussi paraître une réfutation; niais Claude était mort à cette époque. Il fut con-

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damné dans le concile de Paris. On cioit qu'il avait aussi renouvelé l'arianisme dans ses derniers ouvrages. Vers ce même temps, l'hérésie des iconoclastes prit fin dans l'Orient, environ cent vingt ans après qu'elle eut été introduite par l'empereur Léon Isaurien. Claude fut le seul qui soutint celte erreur dans l'Occident. — L'n autre Claude, que le P. Labbe croit avoir été aussi évéque de Turin, écrivit en 714 une chronique Juxia hebraieam sacrorum codicum veritalem, qui a été publiée pour la première fois en 1637, dans le 2* vol. de la Nova Bibliolheca manuscript. V— VB.

CLALDE, habile peintre sur verre, naquit, vraisemblablement dans une de nos provinces méridionales, vers l'an 1463 ou 1470. Jules II ayant ordonné au Bramante, sou architecte, d'orner quelques fenêtres du Vatican de vitraux de verre peint au feu, où seraient représentés des sujets historiques, le Bramante, qui avait vu chez l'ambassadeur de France à Rome une peinture de ce genre d'une beauté merveilleuse, suivant l'expressiou de Vasari, appela auprès de lui Claude, qui demeurait alors à Marseille, et qui lui fut désigné comme jouissant en Franco d'une grande réputation. Claude emmena à Borne le frère Guillaume, de l'ordre des dominicains, né à Marseille en 1473, et qui excellait dans le même art. Les deux maîtres français exécutèrent d'abord ensemble daus le Vatican plusieurs vitraux, qui furent brisés par les impériaux en 1527, et ensuite deux autres dans l'église de Santa-Maria del Popolo, où ils peignirent six sujets puisés dans l'histoire de la Vierge. Ces deux derniers subsistent encore, et lo coloris, qui faisait dire que ces peintures paraissaient divines et descendues du ciel, a conservé toule sa vivacité. Claude mourut peu de temps après avoir terminé cet ouvrage. Guillaume lui survécut, et s'illustra par de nouveaux travaux. (Voy. GUILLAUME.) Il ne faut pas croire, avec un de nos écrivains modernes, que ces artistes eussent appris leur art en Italie : Vasari dit formellement que Guillaume en avait reçu les principes en France. L'art de peindre au feu sur le verre parait avoir clé inventé par les Français ; du moins est-ce en France, et au 9' siècle, qu'on en peut remarquer les premiers essais. L'élonncment du Bramante, à la vue du beau panneau de vitres que lui montra l'ambassadeur de France, l'appel de Claude et de Guillaume â Rome, et la vive admiration que leurs ouvrages inspirèrent aux Domains et aux Florentins, contribueraient à prouver, s'il en était besoin, que cet art vraiment français était encore peu familier aux Italiens du vivant de Raphaël. Ec-Do.

CLALDE DE FRANCE, femme de François I»

filh' de Louis XII et d'Anne de Bretagne, naquit» Romorantin, le 13 octobre 1499. Anne de Bretagne voulait la donner en mariage à Charles d'Autriche ; Louis XII avait même consenti à celte alliance ; mais soit qu'il n'eût pas le projet qu'elle s'accomplit, soit qu'il cédât aux représentations des grands de l'Etat qui voyaient avec peine le riche héritage d'Anne de Bretagne passer dans une maison étrangère et rivale, et préparer de longues guerres à la France, Claude

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fiit fiancée, en 1506, à François de Valois, héritier présomptif de la couronne, Louis XII n'ayant pas de fils. Celte princesse ne comptait encore que sept ans, ce qui, sans doute, décida sa mère A ne point s'opposer à cette cérémonie ; car elle n'aimait pas François de Valois, et persistait A lui préférer Charles d'Autriche. Le mariage ne s'accomplit qu'après la mort d'Anne de Bretagne, et fut célébré à St-Germain-en-Laye, le 14 mai 1514 (1 ). Claude apportait en dot, à son époux, le duclié de Bretagne, les comtés de Blois, de Coucy, de Montfort, d'Etampes, d'Ast, et des droits sur le duché de Milan. Sa taille était médiocre; elle boitait un peu, défaut qu'elle tenait de sa mère, et sa figure ne ressemblait à celle de son père que par un grand air de douceur ; mais elle possédait des vertus si éminentes, que les historiens contemporains ont parlé d'elle comme d'une sainte, tandis que le peuple, la jugeant par les qualités qui sont A son usage, l'appelait la bonne reine. Sa douceur, sa patience et la justesse de son esprit justifièrent la prédiction de Louis XII qui, voulant rassurer Anne de Bretagne contre l'inconstance de François de Valois, lui disait: « La « vertu de notre fille touchera le comte ; il ne pourra « s'empêcher de lui rendre justice. » En effet, il eut toujours pour elle les plus grands égards; il la consultait sur les affaires les plus importantes, et n'eut point de maîtresse déclarée tant qu'elle vécut. En dix années de mariage, elle donna le jour A sept enfants, trois princes et quatre princesses, et mourut au château de Blois, le 20 juillet 1521 Agée de Il ans. Elle fut enterrée A l'abbaye de Sl-Dcnis, où elle avait été couronnée en 1517. Sa devise était une lune en plein avec ces mots : Candida candidit. L'usage des devises a fini sous Louis XIV7; on peut le regretter : lorsqu'il ne peignait pas le caractère, il donnait une idée des prétentions. F— E.

CLAUDE LORRAIN. Yoyex Lorhain.

CLAUDE (Jean), né en 1619, àlaSauvetat, dans l'A génois, était fils de François Claude, ministre protestant, mort à Bergerac, âgé de 74 ans. 11 étudia la philosophie et la théologie A Montauban, lut reçu ministre en 1645, à l'Age de vingt-six ans, et, après avoir gouverné les églises de laTeyne et deSte-Affi ique, il fut pasteur pendant huit ans A Mmes, où il ouvrit une école de théologie, et lorma les proposants à l'art de la prédication. Il s'était niariéà Castres, en 1648, avec la fille d'un avocat. Ayant été accusé de s'opposer A un projet de réunion des calvinistes A l'Eglise catholique, le ministère lui fut interdit par un arrêt du conseil dans tout le Languedoc, lise rendit A Paris pour faire lever cette défense, ne put y réussir, et partit pour Montauban, où il prêcha le lendemain de son arrivée: il y remplissait les fonctions de pasteur depuis quatre ans, lorsqu'il se vit Irappé d'une nouvelle interdiction. Il revint A Paris, et il était prêt A se rendre aux vieux du consistoire de Bordeaux, lorsqu'il fut attaché à celui de Charcnton, en I066. Depuis cette époque jusqu'à celle de la révocation de l edit de Nantes, en 1685, sesconlrover-

(<) Le 11 mai, SBlranl C. Pdgnut. D— X— î.

ses avec Bossuet, Nicole, Arnauld, et son intelligence dans les affaires, le firent regarder comme le chef et l'âme de son parti en France. Jamais ministre ne parut plus propre A diriger un consistoire et à présider un synode. Il prêchait avec une grande facilité; il avait une éloquence mAle, un raisonnement solide, quelqueiuis subtil; son style était simple et fleuri; sa voix n'avait rien d'agréable ; ce qui, lorsqu'il fut question de l'attacher au consistoire de Charenton, lit dire A Morus: «Il aura toutes les voix « pour lui, hormis la sienne. » En 1678, mademoiselle de Duras, sœur des maréchaux de Duras et de Lorges, voulut, avant d'abjurer la religion de Calvin, faire disputer en sa présence le fameux ministre de Cliarenton et l'illustre évoque de Meaux. (Voy. Bosscet.) Bossuet et Claude composèrent chacun leur relation, et l'un et l'autre s'attribuèrent la victoire ; mais, écrivait Bossuet, a partout où « M. Claude dira qu'il n'a pas avoué ce que je lui « fais avouer dans le récit de la conférence, jem'en- « gage, dans une seconde conférence, A tirer encore « de lui le même aveu ; et partout où il dira qu'il n'est « pas demeuré sans réponse, je le forcerai, sans au- « très arguments que ceux qu'il a déjà ouïs , A des « réponses si visiblement absurdes, que tout homme « de bon sens avouera qu'il valait encore mieux se « taire que de s'en être servi.» Claude n'accepta point cette espèce de défi. L'université de Groninguc lui avait offert la chaire de professeur de théologie, et il l'avait refusée, lorsque, le 22 octobre (1685), jour où fut enregistré l'édit de révocation de celui de Nantes, il reçut ordre de sortir du royaume , et de partir dans vingt-quatre heures; mais il fut distingué des autres ministres : un valet de pied de Louis XIV eut ordre de le conduire jusqu'aux frontières. A son passage A Cambray, il fut visité par le recteur des jésuites, qui lui fit accepter des rafraîchissements, et eut pour lui les égards dus aux talents et au malheur. Claude se retira en Hollande, auprès de son fils, qui était pasteur A In Haye; il fut honorablement accueilli par le prince d'Orange, qui lui donna une pension considérable, dont il ne jouit pas longtemps. Il mourut le 13 janvier 1687, dans la 68* annéedeson âge. « Sa mort, dit Baylc, affligea tout le parti, o Plusieurs ont dit que, s'il eût vécu plus longtemps, « on n'aurait pas vu éclater tant de querelles scan- « daleuses qui ont réjoui les catholiques; mais plu- « sieurs autres croient et disent que rien n'eût été « capable d'arrêter le branle que celte roue avait « déjà pris avant que M . Claude mourût. Je ne saurais a dire laquelle de ces deux opinions est la plus jus- « te. » Faydit prétend, dans ses Remarqua sur Virgile, que Claude reconnut, avant de mourir, la vérité de la religioncatholique, mais qu'il craignit la honte d'une rétractation. Le même écrivain rapporte qu'après la mort de Claude, on lui érigea, en Hollande, une statue, au bas de laquelle les réfugiés de France firent mettre ces vers de Y Enéide :

Quo sospite nunqnim

Rei equiJem Trojac victas aut régna falebor.

Isaac, fils de Claude, et Bayle, ont réfuté ce qu'on

CL A

avait avance* de la conférence secrète demandée par i Claude à l'archevêque de Paris, pour faire si m ibjuration. Bossuct observe, dans son Bitloire des Variations, que, selon les principes de Claude, toutes les choses nécessaires au salut sont dans l'Eglise romaine, qu'il ne conteste point la visibilité de l'Eglise, qu'il n'adopte point toutes les opinions théologiques des calvinistes. « M. Claude, dit-il, était le plus a subtil de tous les hommes à éluder les décisions de « son Eglise lorsqu'elles l'incommodaient. » Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : I* Réponse aux deux traités inlituléi : la Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique touchant Veucharistie, Charcnton, 1665, in-S»; Saumur, 1667, in-12. En répondant nu traité de Nicole, Claude accuse les jansénistes de souiller le froid et le chaud. S* Réponse au livre du P. Nouet ( jésuite ) sur l'eucharistie, Amsterdam, 1668, in-8*. 5" Réponse au livre de M. Ârnauld, intitulé: la Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique, Quévilly, 1670, in-4« ; 1671, 2 vol. in-8». 4* Défense de la réformation contre le litre intitulé : Préjugés légitimes contre les calvinistes, Quévilly, 1673, in-4'; la Haye, 1680-1085, 2 vol. in-18. Claude répond dans cet ouvrage, qui fut réfuté par Nicole et par le P. d'Antccourt, à l'objection des conlroversistes romains sur la fameuse dispute que Luther rapporte avoir eue avec le diable au sujet de la messe ; il prétend que ce que dit Luther n'est qu'une ligure de rhétorique. 5* Réponse au livre de M. de Aleaux, intitulé : Conférence avec M. Claude, ministre de Charenton, la Haye, 4683, in-12. La relation de Dossuet avait para Tannée précédente. Les deux relations circulaient en manuscrit depuis 1678. 6° Les Plaintes des protestants cruellement opprimés dans le royaume de France, Cologne, 1686, in-12; nouvelle édition donnée par Basnage, avecune préface plus longue que le texte, Cologne, 1713, in-8°. Ces plaintes sont adressées à tous les Etats et princes de l'Euro|>e, et au pape lui-même. 7" Œuvres posthumes, Amsterdam, 1088-1690, 5 vol. in-8». On y trouve un bon Traité de ta composition d'un sermon. Le .V volume comprend les lettres de Claude. On peut consulter ISiceron pour ses autres ouvrages, qui consistent en sermons, en traités de théologie ou de controverses ( 1 ); mais Niceron ne cite point : 1* la Réponse à un Traité de l'eucharistie, attribué à M. le cardinal le Camus, Amsterdam, 1687, in-8*. 2° Lettre écrite en Suisse, Dordrecht, 1690. Claude y attaqua St. Augustin, qui « changea, dit-il, du blanc au noir, dans • les contestations qu'il eut avec Us donatistes, et « soutint hautement qu'il fallait persécuter les héré- « tiques. » Baylc observe à ce sujet que si Claude avait vécu encore trois ou quatre ans , « il eût été « censuré d'avoir censuré St. Augustin. »3°Sermow sur divers textes de V Ecriture sainte, Genève, 1724, in-8°. 4" Réponse à l'office du saint sacrement, Charenton, 1663, in-8°. 5e L'Oueertwre de l'Eptlre de St. Paul aux Romains, et une lettre en forme de

(4) Le seul des ouvrages de CUude qui ait été réimprimé de nos Jours est la Parabole de* noce* txylituét en dua urmotu itr te rhapitre M de St. Matlhiea. etc.. prononcée i Charcuu.ii en 1075, suivie de deux auixts sermons, Mouiiufcu, 1WI, in*". Cu- s.

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