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fra/tV, touchant la justification et laleclure des Pères. Amsterdam, 1633, in-12. Cet ouvrage était attribué à Allix; Baylc le croit du sieur Lecènc, mais Rarbicr l'attribue au ministre Claude. Plusieurs autres ouvrages lui ont été faussement attribués, suivant Bay le, entre autres : la Lettre de quelques prolestants pacifiques au sujet de la réunion des religions, 1685, in-12, et l'Histoire dragonale. « M. Claude « était un trop grand auteur, dit Baylc, pour adopter « un pareil litre. » Mais, suivant le môme écrivait), il travaillait, quand la mort le surprit, à l'Histoire des princes d'Orange. Abel Rotolph de Ladeveze, pasteur des reformés à la Haye, a fait imprimer un Abrégé delà vie de M. Claude, Amsterdam, 1687, in-12. V-vb.
CLAUDE (Isaac), fils du précédent, naquit â Ste-Affriquc, le 15 mars 1653. 11 étudia dans les académies calvinistes de France sous les meilleurs mallrcs. Son pére acheva de le former dans les sciences tin'. •logiques, et il fut ordonné ministre de l'Évangile à Sedan, en 1678. Après avoir gouverné l'église de Clcrmont en Beauvoisis, il fut nommé ministre de l'église wallonne à la Haye, et mourut dans cette ville, le 29 juillet 1G95. Il fut l'éditeur de plusieurs ouvrages de son père. On lui attribue le Comte deSoissons, nouvelle galante, Cologne, 1677, 1099, 1706, in-12 ; quelques auteurs prétendent que c'est l'histoire véritable du comte de Soissons, tué à la bataille de Sedan, en 1041. — Jean -Jacques Clalde, fils d'Isaac, né à la Haye, le 16 janvier 1681, n'avait que quinze ans lorsqu'il publia une bonne dissertation latine sur la Salutation des anciens; trois ans après, il en fit paraître une autre, aussi en latin, sur les Nourrices et sur les Pédagogues : ces deux dissertations ont été réunies et imprimées à L'trecht en 1702, in-12. Claude se livrait entièrement aux lettres profanes, lorsque David Martin, minisire à L'trecht, son parent et son tuteur, étant tombé dangereusement malade, lui dit : « Voyez, mon cher enfant, à quoi servent les belles- « lettres à un homme réduit dans l'état où je suis. » Ces paroles firent une vive impression sur le jeune savant. Dès lors la théologie devint sa principale étude. Il fut nommé pasteur de l'église française de " Londres, en 1710, et mourut le 27 février ou le 7 mars 1712, n'étant âgé que de 28 ans. On a de lui un volume de Sermons sur l'Écriture sainte, que son frère fit imprimer, Genève, 1724, in-8". Il est précédé de la vie de l'auteur. Ils sont plus solides que brillants. J.-J. Claude écrivit la l ie de David Martin, ministre : ISiceron l'a insérée dans
ses Mémoires, L 21. v — ve.
CLAUDE D'ABBEVILLE, capucin, dont la nom de famille était Silvére, fut envoyé comme missionnaire au Brésil, où depuis plusieurs années la France travaillait à former un établissement. Il partit de Cancale avec trais de ses confrères, lo 19 mars 1611. La flotte était composée de trois vaisseaux, et commandée par Razilly, lieutenant général du roi aux Indes occidentales. Ils passèrent, le 7 mai, entre Fortavcnlure et la grande Canaric, puis longèrent la côle d'Afrique presque jusqu à
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l'équaleur. Le P. Claude décrit bien l'aspect aride de la rôle aux environs du cap Diane, à laquelle il donne le nom d'Arabie déserte. Arrivée à 4# de latitude australe, l'expédition (it voile a l'ouest, aborda à l'Ile de Feromd de Noronha, dont le P. Claude donne une description assez détaillée, en l'appelant Ftrnand de la Rongne. En trois jours, on atteignit la baie de Moucouru, sur la côte du Brésil, et, le 6 août, on descendit dans File de Maragnan. Après a>oir planté des croix, et organisé ce qui concernait la mission et le nouvel établissement français, qui, dit le P. Claude, n'était que l'objet accessoire, on bâtit un f»rt. Comme on trouvait que le nombre des missionnaires et des colons n'était pas assez considérable, on décida que Hazilly retournerait en France pour amener des renforts. Il donna ordre au P. Claude de l'accompagner. Après une traversée orageuse, ils armèrent au Havre le 17 mars ICI3, amenant avec eux six Brasilicns, dont trois moururent en peu de temps. Le P. Claude mourut en 1632. Il a publié : 1° Histoire de la mission des PP. capucins à l'ile de Maragnan et terre* circonvoisines, où il est traité des singularités admirables et des moturs merveilleuses des Indiens, etc., Paris, 1614, in-12, lig. L'auteur se montre assez bon observateur, mais très-crédule; il attribue au démon toutes les contrariétés que l'expédition a éprouvées. Tout ce qu'il rapporte «lu climat et des productions de l'Ile de Maragnan est exact et judicieux. Le livre est terminé par des lettres écrites depuis le départ de la flotte, par des missionnaires, et par un laïque resté dans le pays. Elles donnent des détails sur l'état de cette colonie jusqu'au milieu de 1613. 2* Histoire chronologique de la bienheureuse Colette, vierge, de l'ordre de Ste-Claire, Paris, 1619, in-12; ibid., 1028, in-8°. E — s.
CL AU D ETA (Gabriel), né le 28 août 1633, à Allcubourg, en Saxe, fit dans cette ville de trèsbonnes bumanités. En 165*2, il alla étudier la médecine a léna. Après avoir suivi pendant trois ans les leçons de l'université, et soutenu une thèse de JIrpatis atque bilis Usu, il se rendit à Lcipsick, où. en 1G56, il soutint une seconde thèse de Mitccllaneis curiosis medicis, et, en 1659, une troisième de Phthisi. Deux fois il interrompit le cours de ses études académiques pour voyager dans les pays célèbres par les produits de leur sol, ou par des établissements scientifiques. Il visita d'abord les mines fumeuses et les sources bienfaisantes de la Misnic, de la Bohème et de la Saxe. Puis il parcourut la Hollande, l'Angleterre et l'Italie, séjournant plusieurs mois dans les universités les plus florissantes, telles que Leyde, Oxford, Padoue. L'atmosphère humide île la Hollande et de l'Angleterre porta une atteinte profonde a sa santé, que le beau ciel d'Italie ne put rétablir, ce qui le força de renoncer au projet qu'il avait formé de venir en France. De retour à Lcip>itk, il y reçut le doctorat, en 1601, après avoir soutenu une thèse sur les Philtres. En 1605, la duchesse de Saxe le choisit pour son médecin, et il fut décoré du même titre par les ducs Frédéric-Guillaume et Ernest Pie. Très-attaché à sa
patrie, il revint coûter le bonheur au sein de sa fa* mille, et ne se laissa point entraîner par les offres du marquis de Brandebourg et de l'électeur de Saxe, qui désiraient l'avoir auprès d'eux. En 1686, il perdit sa (emme, qui l'aidait avec beaucoup d'intelligence dans ses travaux chimiques et anatomiques. 11 mourut le 9 janvier 1691, laissant plusieurs ouvrages, qui sont une preuve de son zèle infatigable, plutôt que d'un jugement éclairé : 1° Disscrtatio de tinelura universali, vulgo lapis philosophorum dicta ; in qua quid hœc sit, quod detur in rerum natura, an chrisliano consultum sit immédiate in hanc inquirere, e qua mattria et quomodo preeparetur, per raliones et variorum experienliam perspicue proponilur, aliaque curiosa et ulilia huic analoga adnectuntur, Allenbomg, 1678, in-4*. 2' Mcthodus balsamandi corpora humana aliaque majora, sine evisceralione et seclione hucusque tolita; ubi non modo de condiluris veterum ÀEgypliorum, Arabum, Ebrœorum, ac in specie corporis Chrisli, ut et modernorum diversa proponuntur, sed eliam modus subjungitur quo cadavera intégra sine exenteratione possint condiri, etc., Allenbourg, 1679, in-4". Clauder indique une manière d'embaumer, qu'il dit supérieure à celle de Dils. La facilité de se procurer des cadavres frais, cl le bel art des injections, ont rendu inutiles la méthode du médecin saxon et celle du charlatan hollandais. 3* ïntentum cinnabarinum, hoc est, Disserlatio de cinnabari naliva Hungarica, longa circulation in maiorem efficaciam fixala et cxaltata, léna, 1084, in-4°. L'auteur blâme à tort le mercure ordinaire. Il se donne une peine aussi longue que su-ierfhie pour le dénaturer et préparer un médicament inerte : voilà ce qu'il appelle sa découverte. Clauder a grossi d'une foule d'observations les Ephémérides mensongères de l'académie des Curieux de la nature, dont il était membre. Les litres de quelques-unes sufliront pour ôter toute envie de connaître les autres : V de Diabolico delirii Ilemcdio; ï» Melancholica imaginarie sibi visa gravida, et postea puerpera; 3« de Coitu diaboli ptr 25 annos frequenti cum muliere, nulla veneficii opéra; 4* de Effigie sudante. La vie, ou plutôt l'éloge de ce médecin, a été écrite par son gendre et neveu, Frédéric- Guillaume Clauder, membre, comme son beau-père, de l'académie des Curieux de la nature, à laquelle il a fourni plusieurs observations, insérées dans ses Ëphémerides : de Lumbrici lati Uisloria ; de Cervo venatorem modo subitaneoet raro occidente; de Nanorum Generatione, etc. — Jean-Chrétien Clauder, fils de Gabriel, fut aussi médecin, et publia quelques opuscules : Physiologiapu'sus, léna, 1689, in-4«. — Chrétien-Ernest Clauder, membre de l'académie des Curieux de la nature, a inséré dans les Ephémérides diverses observations : de Vomitu sanguineo-carnoso rarissimo lelhali ; de lapide vesicœ admiranda magnitudinis exereto, superstile muliere, etc. Il a publié en outre : 1° Gorgonea Metamorphosis, seu mirabilis calculi humani hisloria, etc., Chcnmilz, 1728, in-K II s'agit d'un calcul qui, avant percé l'urètre, était tombé dans le scroluiu. 2° Praxis medi-
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eo-legalis, oder 25 Avsgelesene Catus, etc., Altcnbourg, 1756, in-4». C.
CLAUDIA, vestale romaine qu'on accusa d'avoir violé son vœu de cliastelé, jurcc qu'elle prenait un trop grand soin de sa parure, et qui] selon Tite-Live, fut justifiée par un prodige. Pendant l'invasion d'Annibal en Italie, l'an de Konu: 537 (avant J.-C. 217}, les Romains, sur un avis qu'ils s'imaginèrent trouver dans les livres sibyllins, résolurent de faire venir de Pessinunte à Rome une statue de Cybèle ou la bonne déesse ; mais au moment d'entrer dans le Tibre, le vaisseau qui la portait s'arrêta tout à coup, et demeura complètement immobile, malgré tous les efforts. Les augures eonsultés répondirent qu'une lille ebaste le ferait seule avancer. Alors Claudia se présente, et, après avoir invoque la déesse, attaclie sa ceinture au vaisseau, et le fait remonter sans peine jusqu'à Rome, prouvant ainsi victorieusement son innocence, et la fausseté des accusations dont elle était l'objet. ( Yoy. Tite- Live. L 39, cb. 14; et Ovide, Faites, L 4.) — Il ne faut pas confondre celte vestale avec Claudia, sœur de P. Claudius Pulcher. ( Yoy. ce nom.) Celte femme orgueilleuse osa, |wr une plaisanterie au moins trèsdéplacée, rappeler les désastres que son frère avait attirés sur les Romains l'année précédente (de Rome 503. et avant J.-C. 219}. Un jour qu'elle revenait des jeux publics, et que la foule cmpéeliait son char d'avancer, elle s'écria : « Pourquoi mon frère ne « peul-il revivre et commander encore la flotte ! » Citée devant le peuple |>our ces paroles, elle fut condamnée à une amende. ( Aurel. Victor, cb. 46; Val.-Maximc, L 5, ch. 4.) — Claudia Rufi.na, née dans la Grande-Bretagne, vivait à Home vers la 100* année de l'ère chrétienne, et se rendit célèbre par son esprit et par ses connaissances. On dit même qu'elle composa plusieurs ouvrages. Elle épousa Aulus Rufus Pudcns; et Martial, qui parle de Claudia dans une de ses épigrauunes ( Uv. i 1 , épig. 51), fait mention de ce mariage dans une autre (liv. 4, épig. 13). Malgré quelque différence dans les dates, on a prétendu que Claudia Rufiua était chrétienne, et que c'est d'elle que parle St. Paul dans sa T Epitre à Timolhèc : « Salulant le Eubulus, et Pudcns, et Linus, et Claudia. » ( Voy. à ce sujet les Annales de Baronius, ann. 160; et Jean Pits, de Script. Angl.) Cil— s.
CLAUDIA était fille de Néron et de Poppée. Sa naissance causa une joie immodérée à cet empereur, qui lui donna, ainsi qu'à Poppée, le titre d'Augusta; il ordonna des fêles, des jeux, et l'érection d'un temple à la Fécondité; mais tout resta en projets : Claudia mourut au bout de quatre mois. Néron fut aussi extrême dans son affliction qui! l'avait été dans sa joie : il décerna un temple à sa lille, lui donna un prêtre, et la mit au rang des déesses. Ce récit de Tacite nous explique le sujet d'une médaille où l'on donne à Claudia et à Poppée le titre de Dira. Le type représente de chaque coté un temple de forme différente, au milieu duquel se trouve une statue. Ce sont sans doute les monuments qui leur furent érigés par Néron. Celle médaille est
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gravée dans Pcllcrin, Mélanges, de dicerses médailles, t. 1", p. 199 T — n.
CL AUDI EN (Claudius), en latin Claudianus, poêle latin, auquel on a donné longtemps pour pairie, ou la Gaule, ou l'Italie, ou l'Espagne, naquit à Alexandrie, en Egypte, vers l'an 3»i3, sous Yalentinien V. Il reçut une éducation littéraire distinguée , et, après quelques essais dans sa langue maternelle, qui était le grec, il vint à Rome, en 395, à l'âge d'environ trente ans. Claudien y débuta dans la poésie latine par le panégyrique des deux (ils de Probus, Olybrius et Probinus, qui probablement s'étaient montrés ses protecteurs. Il eut bienlùt dans Slilicon, tuteur et ministre d'Honorius, un Mécène plus généreux , qu'il suivit à Milan, devenue la résidence des empereurs d'Occident, et auquel dès lors il consacra les inspirations de sa musc. Presque tous les ouvrages de Claudien ont effectivement pour objet de célébrer les grandes actions ou les vertus de Stilicon et des personnes de sa famille. Si parfois il s'éloigne de ce texte obligé, c'est pour y revenir indirectement, car l'éloge d'Honorius ramène toujours celui de son tuteur, et les invectives contre Rufus ( 396 ), celles contre Eutrope (399), s'adressent moins à des hommes vicieux et inhabiles qu'aux ennemis du ministre. Tant d'adulations ne demeurèrent pas sans récompense. Non-seulement Claudien parvint a des emplois éminents ; mais, sur la demande du sénat, les deux empereurs, Ilonorius et Arcsdiut, se réunirent pour faire élever sur la place de Trajan une statue en bronze reproduisant les traits du chantre de Stilicon, honneur que jamais Virgile et Horace n'obtinrent de la reconnaissance d'Auguste. Il serait permis de révoquer en doute l'existence de ce monument, si le poète lui-même n'y faisait allusion dans un de ses ouvrages {de Bello Getico , Praf., v. 7, 8, 9). L'inscription qui décorait le piédestal, retrouvée sur une table de marbre par Pomponius Lfftus en 1 493, contient les éloges les plus exagérés, et nous apprend que Claudien avait déjà, été revêtu des cliarges de tribun de la cinquième cohorte, et de notaire ou secrétaire particulier de l'empereur. Vers 398, il se rendit en Egypte pour y épouser une riche héritière qu'on lui avait d'abord refusée : une lettre de la princesse Sérène, femme de Slilicon, aplanit celte fois tous les obstacles, et lut tint lieu, comme il le dit lui-même (Epist. 2, v. 44), des lroiq>eaux, des champs et des palais qu'il n'avait pas. Le mariage se lit à Alexandrie, et Claudien revint ensuite à la cour impériale, où il continua de jouir pendant plus de dix ans de la faveur des maîtres. Ce fut en 408 que Slilicon, accusé d'avoir voulu détrôner Ilonorius, son empereur et son gendre, fut livré au supplice. ( Yoy. Stilicon. ) On ignore si Claudien survécut ou non à cette catastrophe. Dans le silence de l'histoire, il est permis de conjecturer «pie le poète courtisan, enveloppé dans la disgrâce de son patron, perdit ses honneurs et ses biens, qu'il fut exilé, peut-être qu'il s'exila luimême, eu Egypte ou en Orient, et qu'il y mourut dans l'obscurité. Gesner, et quelques autres commentateurs , ont prétendu que Claudien s'était con-
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verti au christianisme, mai» t ien dans ses ouvrages ne \ient à l'appui de celle opinion : il n'a pour tous ses héros que des louanges mythologiques et profanes, et les poésies pieuses qui portent son nom ne lui appartiennent pas ; elles sont, comme on le suppose avec assez de \ raisemblance, de Claudien Mameii, auteur de quelques hymnes qui figurent encore dans la liturgie de l'Eglise romaine. (V«y. Mamert.) Il est étonnant sans doute qu'un courtisan aussi zélé que Claudien soit resté lidèle au culte de l'ancienne Borne dans une cour oU l'on professait le plus grand zèle |>our la religion chrétienne ; mais !c témoignage et les regrets de St. Augustin ( de Civitale Dei, 1. 5, ch. 26), et d'Orose (I. 7, ch. 35), sont positifs et in éeusahles. Les sentiments sont partages sur le mérite littéraire de Claudien. (Quelques savants du moyen nge le mettent au-dessus d'Ovide et de Lucain, tandis que Vida lui refuse presque toutes les qualités qui constituent le poète. Parmi les modernes, Hollin le regarde comme le premier des portes héroïques latins qui ont paru depuis Auguste ; et Laliarpe lui reproche sans ménagements l'enflure de son style et le manque de naturel de ses vers, deu\ vices qui tenaient essentiellement à l'éducation de Claudien, car, à cette époque de décadence, l'élude des grands modèle* avait été abandonnée, et tout l'art poétique ne consistait plus qu'eu une puérile observation des règles les phis minutieuses de la prosodie. Nous citerons, comme plus équitable, le jugement de Thomas : « Une imagination, dit -il, « qui a quelquefois l'éclat de celle d'Homère, des « expressions de génie, de la force quand il peint, de « la précision quand il est sans images, assez d'éten- « due dans fies tableaux , et surtout la plus grande a ri, -liesse dans ses couleurs, voila ses beautés. Peu a d goût, souvent une fausse grandeur, une ma jesté ci de sons trop monotone, et qui, à force d'être imc posante, fatigue bientôt et assourdit l'oreille , et a surtout aucune de ces beautés douces qui repo- « sent l'âme, voilà ses défauts. » ( Estai sur les éloges, c. 25. ) 11 parait que Claudien réunissait à son remarquable talent pour la poésie des connaissances étendues en jurisprudence et en histoire naturelle. Il nous reste de lui : I" des éloges ou panégyriques en vers, sons ces litres : Consulalus Olybrii et Probini; Tertius et quarlus Consulalus lionorii; Consulatus Maltii Theodori; de Laudibus Slilichonis; Sextus Consulalus Honorii; Panegyris Serenœ dicla. Dans toutes ces pièces, on trouve les mêmes flatteries intéressées, le même enthousiasme de commande jK)ur des personnages dont nous connaissons la médiocrité ou les vices. Il faut cependant lenircomple au poêle de l'art avec lequel il a mi traiter des sujets si ingrats, et si peu honorables aux yeux île la postérité. 2° De Raptu Proseqtinœ; de Rello Gelieo , poèmes épiques, et le commencement de deux autres : de Rello GUdoniro et la Gigantomachia , ou Guerre des géants. V Enlèvement de Proserpine, le plus connu «le ces ouvrages, manque en général d'intérêt et de mouvement, mais le poète a su racheter ces défauts par l'élévation soutenue du style, par k luxe des comparaisons et la richesse des images.
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On a voulu y trouver des allusions, soit aux mystères d'KIcusis, soit au secret de la pierre philosophale. Selon nous, Claudien n'a songé qu'à revêtir de sa brillante poésie une fable gracieuse, mais à laquelle, par cela même, les formes gigantesques de l'épopée ne convenaient nullement. 3° In Rufinum, in Eutropium, satires, ou plutôt invectives énergiques conlre les deux principaux ennemis de Stilicon, et qui, malgré des détails obscènes, des images forcées, n'en sont pis moins les chefs-d'eruvre de notre poète. «Ce serait un objet d'étude à la fois curieux ei ink téressant, dit M. Hémiin du Guérie (I), «pie d'éta- < blir un parallèle entre la diatribe que Claudien a c« composée contre Eutropc, après la chute de ce « ministre, et la touchante homélie de St. Jean « Clirysostomc sur le même sujet ; de comparer le « talent de l'orateur sacré avec celui du |x>êle pro- « fane, la charité désintéressée du prélre . avec le « courroux salarié du courtisan. Tandis «pie Clau- <« dien, ou plutôt Stilicon, triomphe de l'éclatante dis- « grâce de son ennemi, et lui prodigue les plussan- «« glantes invectives, la dérision la plus amére , Je «pieux évêquo de Coustantinople, oubliant l'éditré- « cent par lequel F.ulrope venait d'enlever aux au- « tels le privilège d'ouvrir aux proscrits un asile in- « violable, lui offre un refuge dans ce temple même « qu'il avait dépouillé de ses franchises. Parla seule « autorité de sa parole, il arrête le bras des soldats « prêts à frapper ce malheureux, et leur fait verser « des larmes sur le sort de celui «pie tout à l'heure « ils voulaient massacrer. Combien celte religion « sainte , qui prescrit à son ministre de pardonner «« au persécuteur de l'Kglise, apparaît siqiérieure a « Palourde superstition du paganisme, qui divini- » sait la vengeance en « levant des aulels aux Fu- « ries. » ( Voy. l'art. Chuvsostome. ) Le début «le la satire eontre Ru fin est justement célèbre. Cest de l'injure poussée jusqu'au sublime, t" Des épithalames mr le Mariage d'Jlonorius arec Marie, lille de Stilicon, el de PaUadius avec Celérina. Le premier est suivi d'un jjoéme qui en fait partie, et auquel les copistes ont donné le litre de Feseennina (vers rescennins). ïi° Cinq épitres en vers, assez faibles. La meilleure est adressée à un certain Adrien, dont le poète invoque la clémence dans les termes les plus humbles. On pense que cet Adrien est le même que celui dont il est question dans la 2U* épigramme [de Theodoroet Âdriano), el qui aurait essayé «le se venger après la disgrâce de Claudien. 6" Sous le titre d'Edyllia, sept petits poèmes didactiques ou descriptifs : Phwnix; Ilyslrix; Torpédo; Nilus; Magnes; AfHinus; de Piis Eralribus. Les cinq premières de ces pièces sont eu vers hexamètres, les deux autres en vers élcgia«iues. La plus remarquable est le Phénix, dont l'authenticité est contestée par quelques critiques. 7° Des épigramme! et poésies légères, parmi Usuelles on distingue avec raison le Vieillard de Vérone (de Senc Veronensi), et dont plusieurs ne sont pas de Claudien.
(I) ntckeiche* historiquet snr CttutJiea, I. Ir,,p. ixiv el x\» du Claudien de la BiMothtqitc Mnte(r<ntf<ù*t de Paackoucke. ,
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On lui attribue encore un poème en l'honneur d'Hercule, inséré dans quelques éditions de ses œuvres, et qui, selon Wernsdorf {Poet. Lat. min., t. V, p. 27a), est d'Olympius Némésien. Ces différents ouvrages ont été réunis et imprimés pour la première fois, Venise, 1470, in-fol. Cependant Fabricius (Uibliulh. loi., édit. dEinesti, t. 3, liv. 3. ch. 15) révoque en doute l'existence de celle édition, qui, ditil, n'aurait été vue que par Th. Dampster. En conséquence, la plupart des bibliographes considèrent comme édition princeps celle de Barnab. Celsanus, Vicence, 1482, in-fol. La première complète est celle de Thad. I gholetti, Farine. 1Î93, in-4° ; réimpr., Venise, 1493 et 1300, même format. Parmi les meilleures éditions publiées depuis, on distingue : celle de Florence, 1519, et celle des Aide. Venise. 1523, in-8°, toutes deux très-rares; celle revue par Th. Pulmann, Anvers, Planliu, 2 tomes en 1 vol. petit in-12; celle de Barthius, Francfort, 1050, in-4«, avec un commentaire fort étendu ; celle de Heinsius, dite eum nalit variorum, Amsterdam, Elzcvir.1665, in-80; celle ad usum Delphini, Paris. 1077. in-4°, avec les notes et l'interprétation latine de Guillaume Pyrrhon; celle de Gesner, Leipsick, 1759, 2 vol. in-8*, médiocrement exécutée, mais reconunandaltle par ses commentaires et son index ; celle de P. Bur- .mann, Amsterdam , 1760, in- i" ; celle de Deux- Ponts, 1781, in-S", qui a été réimpr., Paris, 1829, même format; enfin celle donnée par M. Artaud, aujourd'hui inspecteur des études, dans la collection des classiques de N.-E. Leraairc, Paris, 1824, 5 vol. in-8". La première traduction complète des œuvres •le Claudicn est celle de M. l'abbe Souquet de Latour, aujourd'hui ( 1814) curé de St-Thomas-d'Aquin, publiée sans le nom de l'auteur, Paris, an 6 |1798), 2 vol. in-8°, texte en regard. Elle a reparu depuis, revue et corrigée par M. de Latour lui-même, dans la collection d'auteurs latins dirigée par M. ÎS isard, ihid., 1837, 1 vol. grand in-8", contenant aussi Lucain et Silius Italiens. Seulement, dans cette édition, l'Enlèvement de Proserpine & été traduit par M. Géruzez. Une autre version complète de Claudien, par MM. Héguin du Guérie et Alph.Trognon, fait partie de la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, Paris, 1830, 2 vol. in-8". Sous le titre à'OEuvres diverses de Claudien, M. A. -M. Duteil a donné une traduction en vers français, avec le texte en regard, des poèmes et opuscules suivants : Eloge de Stilicon; Guerre des Gètes ; le Phénix; Amphinome et Anapus (c'est la pièce intitulée dans le texte de Piis Fratribus) ; l'Aimant; le Vieillard de Vérone, Paris, 1832. in-81 de 332 pages. On cite, en italien, la traduction de Nie. Ueregani, Venise, 1716, in-8» ; en allemand, celle de C.-Fr. Kretschmann , Zittau, 1797, in-8' ; en anglais, celle d'A. Hawkins, Londres, 1817, in-8". Les ouvrages suivants ont été aussi traduits et publiés séparément : l'Enlèvement de Proserpine, en vers burlesques, par d'Assoucy, Paris, 1664, in-12 ; en prose française, avec un discours préliminaire et des remarques, par de Mérian, Berlin, 1777, in-8" ; en vers français, par Michaud l'aîné, à la suite de la if édition du Printemps d'un Proscrit, Paris, 1827,
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1 vol. in-lft ; en italien, avec des commentaires, par Nie. Bifli, Milan. 1681, in-fol. ; in versi seinlli, par L. Sanuto. sans nom de lieu, 1555, in-8", et par Marc-Antonio Cirruzi, Sienne, 1714, in-8"; in otlava rima, par Gio.-Dom. Bivilacqua, Païenne, 1586, in-i" ; en vers anglais, par John Hughes, 1714,
I vol. in-8", et 1723, 1 vol. in-12. contenant aussi l' Histoire de Sextus et Eriehthn, trad. de/n Pharsale de Lueain (liv. 6). — La Chute de Ru fin, en vers fiançais, par Ronsiu, Bouillon, 1780, in-8"; par le marquis de Sy, avec des notes et une dédicace & Louis XV III. Londres, 1811. in«#. — Le Phénix, en vers français, par un anonyme, Paris, 1798, in-12 ; par P.-J.-B. lie nne-Ba ron , dans la Guirlande d Mnémosyne, ibid., 1822. in-18 ; en vers italiens, par T.-.L Scandianese, Venise, 1556. in-4". et par Ign. Bracci, Macerata, 1622. in-8 . — L'Epithalamed'Honorius et de Marie, en vers français, par le marquis de Sy, Paris. 1816, in-8». — L'Aimant, suivi de la Caverne de l'Eternité, fragment tiré du liv 2 des Louanges de Slilicon, en vers fi ançais, par M A. -M. Duteil, Paris, 1817. in-8» de 16 pages. (On peut consulter, au sujet de Claudien et de ses orh raijcs : Th. Mazza, Vila de Claudiano, Vicence. 1668; Bayle. Uiclionn. hisl. et critiq., au mot Hufin; Baillet. Jugements des Savants, t. 3 ; Mérian, Discours sur Claudien, dans le recueil de l'académie de Berlin, ann. 1777, et à la tête de sa traduction française de l'Enlèvement de Proserpine, citée plus haut ; Schœll. Ilist. abrégée de la Littéral, rom., t. 3; Gibbon. Dccad. de l'Empire romain, t. 5 de l'édit. franç. de 1822.1 Cii—S.
CLALDIKN MAMEKT. Voyez Mamfkt.
CL AL Dl NI (JLLts-CÉsin), ou CHIODINI, selon Tiraboschi, exerça longtemps la médecine à Bologne, sa patrie, fut un des professeurs les plus distingués de l'université, et mourut le 2 février 1618.
II s'est acquis beaucoup de réputation pu* le nombre et l'importance de ses ouvrages. Voici les principaux : 1» Responsionum et Consultalionum medicinalium tourna unicus, in duas srclioncs parlitus, Venise, 1606, in-fol. ; Francfort, 1607, in-8« ; Turin, 1628, in-f. 2° De Crisibus et diebus CrMcii Tractatus, in quo quum de cœtcris omnibus quw ad horum pertinent cognitionem,tum de causis prœcipue ai extraie et ordine disterilur, Bologne H! 12, in-fol.; Baie, 1629, in-8". .V De Ingressu ad infirmât libri duo : in quibus medici omni e.r lempore medieinam facluri munus, sive per se euret, sive eum aliis de curundo consultet, accuratissime, tnnqiiam in tabula, delineatum continetur : cumappendiee de remediis gcnerosioribus et quœstipne philosophica de sede prineipum facullatum : adjectus coronidis loco tractatus de catarrho: quœ omnia, quum ab ipso auctore, dum viveret, copiosissime aucta et studiosissime recognita fuerint, nunc secundo opéra el studio Francisci Claudini, auctoris filii, philosophi (t medici, édita sunt, Turin, 1627, in- 4". Les divers traités qui eonqwsent cet ouvrage avaient été publiés isolément par l'auteur à différentes époques. Tous renferment des préceptes utiles ; mais on estime surtout celui dans lequel est tracée la marche que doit suivre le médecin
dans ses visites cl dans ses consultations. 4° Empirica rationalis, libris sex abtoluta, et in duo volumina divisa, in quorum primo universi corporis humani affeclus pênes totum el parles, inallero rero pencs specicm, individuum. alales, causas manifestas recondilasque, sire praclieis omnibus w»/i°, sire novi et perigrini, ralionabiliter et ubsolulissime curantur, etc. Bologne, 1633, 2 vol. in-fol. Le manuscrit de cet ouvrage, mis en ordre par François, fils de l'auteur, cl enrichi de tables par Jean-Cliarles Mattesiani, a été publié par J.-C. Claudiui le jeune. On voit à regret que l'auteur, très-prolixe dans rémunération des remèdes, n'a, pour ainsi dire, qu'effleuré l'histoire bien plus utile et plus intéressante des maladies. C.
CLAUDIUS (Appids). Voyez Xvpus.
CLAUDIUS (Appils), consul, l'an de Rome 488, fut surnomme Caudex à cause d'une esjiéce de navire en radeau dont il fut probablement l'inventeur, et qu'il employa pour faire passer à son année le détroit de Messine, et descendre en Sicile au secours des Mamcrtins. H battit le roi Hiéron, leur ennemi, attaqua ensuite les Carthaginois dans un camp inaccessible, parvint à les en faire sortir par une retraite simulée, et les délit complètement. Il retourna à Home, où il fut reçu avec des applaudissements universels, et triompha avec d'autant plus de gloire, qu'il était le premier général romain qui eut été vainqueur au delà de la mer. Q— H — v.
CLAUDIUS PULCHER (Plblius) eut cette lici te et ce despotisme qui étaient héréditaires dans la maison Claudia, et |>orta même ces défauts jusqu'à l'insolence. Étant consul, l'an de Rome 303, dans la première guerre punique, il commandait une Hotte de plus de deux cents vaisseaux, et avait en tète Asdrubal, «nuirai carthaginois. Quoique les auspices ne lui lussent pas favorables, il se disposa a attaquer l'ennemi, et, par un mépris irréligieux, sur ce qu'on lui dit que les poulets sacrés ne mangeaient pas : « Qu'on les jette à la nier, répondit-il, alin qu'ils « boivent s'ils ne veulent |>as manger. » Dans l'idée que lès Carthaginois ne s'attendraient pas ù une agression sur mer par les Romains, le consul espéra, en les attaquant, les prendre au dépourvu. Asdrubal fut en effet étonné, mais non pas déconcerté. Il se prépara au combat, et eut bientôt l avantage de l'offensive. L'action, une fois engagée, ne tarda pas à devenir générale. C'était auprès de Drepano. La Hotte carthaginoise était inférieure en nombre ; mais ses vaisseaux étaient meilleurs et ses équipages plus exercés. L'endroit où se donnait le combat lui était aussi favorable qu'il était desavantageux pour la flotte des Romains, d'ailleurs effrayée du sacrilège que venait de commettre son gênerai. Claudine, voyant la déroute de sa flotte, usa de stratagème |K)ur se sauver : il prit avec lui trente de. ses vaisseaux, les lit orner des signes de la victoire, et arriva ainsi eu sûreté a Lilybée. Les Romains eurent 8,000 hommes tués cl 20,000 prisonniers. Quatrevingt-treize de leurs vaisseaux furent pris : un plus grand nombre péril dans l'action. Les Carthaginois ne perdirent pas un vaisseau. Le sénat rappela Claudius
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de la Sicile, et lui ordonna de nommer, en sa qualité de consul, un dictateur. Son insolence en celle occasion alla jusqu'à la folie. Il nomma M. Claudius Glicias son scril>e, ou son appariteur. L'indignation fut générale ; on força le consul d'abdiquer, cl de comparaître pour subir le jugement du |>cuple. Suivant Cieéron, il fut condamne ; suivant d'autres, il échappa à la condamnation par un heureux hasard. Une pluie qui tomba tout à coup obligea l'assemblée à se séparer. Glicias fut forcé d'abdiquer. On ne trouve plus rien dans la suite de l'histoire touchant ce Claudius Pulchcr. ( Voy. Polvbe, 1. «, et Valère Maxime, I. t, ch. 4. ) Q— R— v.
CLAUDIUS PLLCHER ( Appils), frère deClaudius, consul en u90, fut le collègue de Cieéron comme augure, el son prédécesseur dans le gouvernement de Cilicie. Cette demièrè circonstance établit entre eux des rapports désagréables. Claudius, qui auparavant était ami de Cieéron, prit de l'ombrage «les premiers édits (pie publia son successeur, et fut blessé de sa manière d'administrer, qui était une salirc de ses déportcmenls dans la province. Il se plaignit, annonça des mécontentements : cela donna lieu à beaucoup de lettres que Cieéron lui écrivit pour s'expliquer. Ces lettres forment un des livres des lettres dites familières. Cieéron, qui cherchait à regagner sou amitié, fut mis dans un grand embarras par Dolabella, son gendre, qui accusa Claudius d'exaetions et de malversations dans son administration de Cilicie. Cieéron, qui était tout à fait étranger à cette accusation, lit a Claudius des offres de service. Pompée et Ilorlcnsius s'employèrent à sa défense. Lui, plus diligent que son accusateur, se présenta aux juges, el fut acquitté. Peu de temps après, il fut élu censeur, et en exerça les fonctions avec une rigidité qui contrastait singulièrement avec ses mii'urs relâchées. Il était orateur, versé dans les antiquités, dans le droit augurai et public. Il s'était fort occupe de divination, de nécromancie, el fort infatué de la science des augures. Il périt daus la guerre civile. Q — R — r.
CLAUDIUS MARIUS VICTOR. Voyez Victor.
CLAUSBERG (Chmstlieb), mathématicien juif, né le 27 décembre HW'J, fut instruit de la religion chrétienne, et baptisé dans le Clausdial par Gaspard Calvoer. lise retira d'abord à Dautzick, où il donna des leçons d'hébreu rabbinique, et y joignit bientôt des leçons de calcul qui eurent le [dus grand succès. En 4730, il se rendit à Hambourg et à Lubeck, où il donna des leçons d'arithmétique appliquée au commerce. Il les continuait en 1733 a Leipsiek, où il faisait imprimer quelques ouvrages, lorsqu'il fut appelé à Copenhague |R>ur l'éducation du prince royal. Il y obtint les charges de réviseur (ou contrôleur] de la caisse particulière du roi et de conseiller d'Etat. Il conserva ces emplois pendant tout le règne de Christian VI, et mourut le 0 juin 1751, regardé comme le meilleur calculateur de son temps. Il a publié en allemand : 1* la Lumière et le liroit du commerce. Dantzkk, 1724-172U, 3 parties iu fol. L'exactitude des calcula de cet ouvrage, rempli de tableaux, fut allumée mal à propos par quelques
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arithméticiens, et occasionna une querelle de plume qui dura quelques années. 2* Manuel d'arbitrages du change d'Hambourg, Hambourg, 1730, i 11-42, oblong. 3 ' Réfutation de la fausse explication donnée relativement au problème de LuLcck, îLiii , 1731, iu-8\ 4° Dialogues sur le projet du renouvellement des monnaies à Hambourg , suis lieu d'impression, 1733, in-4°. 5* Règles universelles du change de Ltiptkk, ouvrage posthume, Leiiisick, 17SI , in-8°. 0° Arithmétique démonstrative, iliid., 1732, in-8° ; celte première édition fut revue et ornée d'une préface par C-A. Hausen, professeur do mathématiques, t ne 2' édition ayant paru en 1749, in-8", sans lu participation de l'autour, il en prépara une 3' qui ne fut publiée qu'en 1702. La li* édition, Leipsick, 17U5, est en 4 vol. iu-8". Cet ouvrage, qui est classique en Allemagne, et qui mériterait d'être traduit eu français, donne pour toutes sortes d'opérations une multitude de méthodes abrégées et si expéditives, que, quand on eu a une fois bien saisi l'usage, on n'a souvent à écrire que le résultat de l'opération, et qu'on peut regarder ces méthodes comme un excellent cours pour apprendre à calculer de tète avec rapidité. Clausbcrg emploie rarement le calcul décimal, faisant aussi rapidement les opérations île fractions, jusqu'à la dernière rigueur, avec ses méthodes abrégées; il en fait la preuve par la règle de onze, aussi expédilive et aussi commode que celle de neuf, mais qui n'offre i>as, comme celte dernière, l'inconvénient de ne pas indiquer une erreur provenue de lrans[>osition de chiffres. La 4* partie de cet important ouvrage renferme plusieurs méthodes, aussi élégantes qu'ingénieuses, pour divers calculs, telles qu'un procédé pour trouver le dernier ternie d'un intérêt composé sans tables de logarithmes, ni formation de puissances, et sans calculer les termes intermédiaires, et la solution, par la seule voie de l'arithmétique, de plusieurs problèmes indéterminés ou autres, qui sont d'une très-grande difficulté, même en se servant de l'algèbre. C. M. P.
CLAUSEL DE COI SSEUGUES ( Miciiel- Auaxt ), membre du conseil royal d'instruction publique, né le 7 octobre 1763, à Coussergues, diocèse de Hodez, se destina a l'état ecclésiastique et fut envoyé de bonne heure à Paris auprès de son oncle, l'abbé de Dcsplas, qui le plaça au séminaire des Trente-Trois , puis à la communauté dite de Laon. Ordonné prêtre en 4787, il exerça pendant quelque temps le ministère sur la paroisse St • Sulpice ; mais les troubles de la capitale en 1781) l'engagèrent à se retirer dans sa province, où il passa le temps le plus funeste. Pendant la terreur, il fut mis en prison, connue prêtre insermenté et comme frère d'émigré. Après le concordat de 1802, il devint grand vicaire d'Amiens, mais il résida presque constamment à Beauvais, et il était chargé de l'administration spirituelle du département de l'Oise, qui alors faisait partie du diocèse d'Amiens. L'abbé Clausel occupa ce poste pendant vingt ans. sauf dans le court intervalle des cent jours, où il se relira eu Itelgique. En 1822, l'évêque d'Hernmpolis , sou ami, ayant été fait grand maître de l'université, l'appela au conseil
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royal d'instruction publique, en le chargeant spécialement des facultés de théologie, des aumôniers des collèges, etc. Jusque-là, l'abbé Clausel avait peu écrit. On tait seulement qu'en 1802 il avait coopéré à une édition îles Vies des Saints faite à peu prés sur le même plan que celle de Mésenguy, mais dans un autre esprit. L'affaire d'un curé de Chartres déplacé par sou ëvêque vint fournir un aliment à l'activité de son esprit. Il épousa chaudement la cause «le ce curé qu'il croyait être victime d'un acte arbitraire. Six petits écrits qu'il publia coup sur coup eu 1821 sur cette controverse avaient pour objet d'établir l'inamovibilité des cures. Ces écrits jiortenl le litre de Réflexions et iMtres sur raffaire du curé de Chartres (Chasles ) ; mais le frère de l'abbé Clausel ayant été à celte même époque nommé à l'evêché de Chartres, la discussion devenait de plus en plus délicate; et l'abbé Clausel se retira de la lice. En 1826, il se trouva engagé dans une autre controverse plus vive et plus grave avec l'abbé de la Mennais et les rédacteurs du Mémorial catholique. L'abbé de la Mennais venait de publier son livre de la Religion considérée dans ses rapports avec tordre politique et civile. L'abbé Clausel attaqua vivement cet ouvrage dans Irois écrits intitules : Quelques Nouvelles et Dernières Observations. I.e Mémorial lui répondit, cl de là résulta une querelle fort animée où l'on n'épargna |K>int à l'abbe Clausel les |iersonnalilés les plus choquantes : dans cette discussion, il soutenait l'honneur de l'Eglise de France contre des exagérations manifestes. L'ardeur de son caractère le jeta peu après dans une autre controverse. Il publia en 1828 des Observations sur le nouveau Catéchisme de lieauvais. Sa censure parut beaucoup trop sévère, et ses amis regrettèrent qu'il eût mis au jour cet écrit , qui d'ailleurs ne porte point son nom. Une discussion d'une autre nature , qu'il eut au conseil d'instruction publique avec le ministre qui le présidait alors, força l'abbe Clausel de demander uu congé. Il alla passer quelque temps à Rome, et, s'y trouvant à la mort de Léon XII , il fut choisi pour conclaviste par le cardinal de Clcrmont -Tonnerre. De retour eu France après une absence d'environ une année, il reprit ses fonctions au conseil royal d'in->lruction publique. La révolution de 1830 ne l'y laissa pas longtemps. Prévenu qu'on voulait lui demander sa démission, il la donna et obtint une pension de retraite. C'est alors qu'il alla se lixcr à Versailles auprès de révoque , qui était sou ami. Sa santé s'y affaiblit peu à peu. Sa famille le pressa de revenir à Paris, où il mourut à la suite d'une longue maladie, le 22 janvier 1833. Peu d'hommes ont eu plus d'agrément dans l'esprit. Sa conservation brillante et pleine de saillies avait un alliait toul particulier; mais ses saillies étaient tempérées par la droiture de son jugement et par ses excellentes qualités. P— C— T.
CLAUSEWITZ (CilAKU» oe), général prussien, naquit le I" juin 1780, à Hurg, où son père vivait comme oflicier pensionné. Dès l'âge de douze ans, il entra au service avec le grade de porte-drapeau dans le régiment d'infanterie du prince Fcr-
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dinand, et fit les eampacnes du Khin en 1793 et 1791. Son éducation ayant été fort négligée, il profila des années de repos qui suivirent la paix de Paie pour se livrer à l'élude et préparer son admission ii l'école militaire de Herlin , où il fut reçu en 4801. Il y lit des progrès rapides, grâce aux soins particuliers que le général Scharnhorts prit de son éducation. En 1806, il accompagna le prince Auguste de Prime en qualité d'aide de camp, et fut fait prisonnier avec lui à Prenzlow. En 1 S 1 2 , il passa à l'élat-major général, .spécialement attaché au général Scharnhorst. Il avait été chargé, en outre, tle l'éducation militaire du prince royal de PriMM et de celle du prince Frédéric des Pays-Bas. A l'ouverture de la campagne contre les U usses, en INI2, Clausevvilz donna sa démission, prit du service dans l'armée russe, et lit la campagne comme quartier-maitre supérieur jusqu'à Kaluga. Alors il passa sous les ordres de Wittgcnslein, dont l'armée se maintenait sur la Dwina, et fut l'un des officiers chargés de traiter avec le général prussien York. Attaché, eu 1813, au quartier général de Itlûclicr, en qualité d'officier d'état- major russe, il prolita de la sus[iension d'armes pour écrire son Aperçu de la campagne de 18l3(Glalz et Lcipsick, 1811), qui eut un grand succès et que l'on attribua longtemps à son ami Gneisenau, par les conseils duquel il l'avait entrepris, Lors de la formation de la légion russe* germanique, il en fut nommé chef d'état -major, et suivit avec elle le général Walmonden ilans le Mcckleinl>ourg. Il eut occasion de se distinguer au combat qui fut livré sur la Goerdc. En 1813, il rentra au service de Prusse, et fut nommé chef de l'étal-major du troisième corps, qui, le jour de la iMlaille de Waterloo, combattit à \\ avres contre le gênerai Grourliy. Après la paix il fut attaché en la même qualité au commandement général des provinces du fUiin, où sa conduite sage et modérée le lit estimer. Il y resta jusqu'en ISIS, époque à laquelle il fut nommé général-major, directeur de l'école militaire tle Berlin. C'est vers ce temps qu'il s'occupa d'un grand ouvrage sur la haute stratégie, dont la publication ne devait avoir lieu qu'après sa mort. Au printemps de 1830, il fui envoyé à lireslau, comme inspecteur d'artillerie; mais il n'y resta que |ieu de temps, et passa sous les ordres de Gneisenau à Poscn, comme chef d'elat-major du quatrième corps placé eu observation sur les frontières du royaume de Pologne, où venait d'éclater une révolution. De retour a ftrcslau, il Tut atteint du choiera, et suivit de près dans la tombe son frère d'armes, Gneisenau, dont la perte avait été pour lui un coup dont sensible. Clausevvitz mourut le I6 novembre 1 83 1 , sans avoir pu mettre fa dernière main à l'ouvrage important qu'il avait commencé. Après sa mort, on a trouvé un manuscrit renfermant I histoire critique des campagnes depuis I SI 2 jusqu'à ISI3. La première partie de cet ouvrage fut publiée a Herlin eu 1833. M — u j.
CLAISIEK (Jean-Louis), médecin, né à Aheim, en Bavière, fut reçu, en I73S, bachelier à la faculté de Taris, et continua d'exercer la médecine dans celte ville, où il mourut vers le milieu du I8r siècle.
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Il est auteur d'un opuscule intitulé : Principe» généraux oV la théorie et de la pratique de la pharmacie, où l'on voit 1rs affinités des corps et une explication de la nature et de l'action du feu, Paris, 1747, in-i°. La théorie chimique, qui fait la base de ce travail, est fondée sur une hypothèse invraisemblable, et complètement abandonnée de nos jours. Clausier a traduit plusieurs ouvrages de l'allemand et de l'anglais : 1° Introduction à la chimie, accompagnée de dru.f traités, l'un sur le sel des métaux, et l'autre sur le souphre anodyn du vitriol, par G. Rothe ; arre une analyse raisonnée de l'antimoine , et un traité sur 1rs teintures anlimonialrs, par Mcudrr, traduit de iallemtmd (avec quelques notes et corrections), Paris, 1711, in-12 ; T Pharmacopée universelle raisonnée, où l'on trouve la critique des principales préparations qui sont dans les boutiques des apothicaires, la manière de découvrir celles qui sont sophistiquées, et les règles qu'il faut suivre pour composer des formules destinées à être gardées ou mises en usage sur-le-champ, pur Quincy, médecin de Londres ; traduite de l'anglais sur la onzième édition, augmentée de beaucoup et corrigée, Paris, 1749, in- 1". Cette Pharmacopée, en tète tle laquelle le traducteur a placé ses Principes généraux, ri qu'il a enrichie d'une préface et de très lion nés tables latines el françaises des maladies et dt s remèdes, est, sans contredit, ce que Clausier a publié do plus utile. Z.
CLAl'STHK (A.ndkk DE). Voyez Declaustre.
CLAUZI'I. (Jean-Baptiste), conventionnel, naquit dans le Poussillon, vers le milieu du siècle dernier, et adopta les principes de la révolution avec beaucoup d'enthousiasme. Il avait d'abord été nommé maire île Vélanot. En septembre 1791, il lut porté à la législature par le département de l'Ariége, et prit place au côté gauche de l'assemblée, où il montra constamment nue modération qui ne devait pas tartlcr à se dénlentir. Envoyé à la Convention nationale en 1793 par le même département, Clauzel, dont le caractère était timide et irrésolu, se laissa .subjuguer par l'ascendant des hommes exaltés qui L'entouraient, et c'est ce qui explique, sans pourtant les justifier, la violence et la versatilité de ses opinions cl de sa conduite. On le vit en effet voler, connue la plupart de ses collègues, la mort du roi sans appel et sans sursis, provoquer l'arrestation des Girondins, vaincus au 31 mai 1703, demander avec instance la confiscation des biens de madame du llarry, et le renvoi de tous les nobles qui exerçaient encore quelque fonction publique; puis, après le 9 thermidor, se ranger au comité de sûreté générale parmi le» [dus ardents réactionnaires. Ce fut sur sa proposition que les Parère , les Collot d'Heibois, les Dillaut de Varennes, furent décrétés d'accusation. .Mais là ne devaient pas s'arrêter les tergiversât iur.s politiques de Clauztl. Il sembla |*u de temps après abandonner ses nouveaux amis, et revenir au pai ti jacobin, que l'on nommait alors laquelle de Bobespierrc, en s'élevant contre la suppression des comités révolutionnaires, proposée par Tallieu, et en demandant la révocation du décret qui suspendait la vente des biens des condamnés. Dans l'uue
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des séances suivante*, il réelama l'institution des fêtes décadaires à la place des fêles religieuses, «afin, «disait-il, de détruire le fanatisme, plus dangereux «encore que la royauté. » F.n 17!):i, il vota au comité le maintien des taxes révolutionnaires imposées parSt-Just, ajoutant a qu'en révolution il ne fallait «jamais regarder en arriére;» soutint le projet de grande police inventé par Sic) es, et se prononça pour le maintien de la constitution de 17!)3, et celui de la loi des suspects. Clauzel montra du courage lors de l'insurrection des 2 et 3 prairial an 3. Il se présenta aux révoltés qui envahissaient la convention, et, se découvrant la poitrine, il leur dit « que ceux qui voulaient marcher sur les cadavres «des représentants du peuple ne travailleraient pas «avec plus de zele au salut de la république que « ceux qu'ils voulaient immoler. » Puis, le danger passé, il fit décréter la formation d'une commission militaire pour juger les factieux. Son exaltation républicaine se soutint au conseil des anciens. Il s'opposa de tout son pouvoir à l'admission de Job Aymé, soupçonné de royalisme, et, pour le même motif, Vota L'exclusion de Ferrand- Vaillant. Nommé secrétaire le 21 janvier 17%, il défendit la loi du y floréal, concernant le partage, avec la république, des biens qui appartenaient aux païen I s d'émigrés, el traita de contre-révolutionnaire Lafond-Ladcbat , qui avait exposé les effets désastreux de la dépréciation du papier-monnaie. Enfin, dans la séance du -21 août, Crcuzé-Latouche ayant Tait contre les prêtres une de ces sorties grossièrement violentes dont la tribune n'avait cessé de retentir depuis le commencement de la révolution, Clauzel demanda l'impression du discours, et dit à ceux qui s'y opposaient : « Vous avez « beau faire, la république vous avalera. » Dansla journée du 18 fructidor an S (A septembre 1797 ); il protesta de son inviolable fidélité au directoire, ce qui ne l'empêcha pas, deux ans plus tard, d'accueillir avec transport la révolution du 18 brumaire au 8 ('J novembre 1799). Bonaparte le rappela au corps législatif, où Clauzel ne cessa de donner au nouveau - pouvoir des gages de son dévouement et de son zélé, jusqu'à sa mort, arrivée en 1804. Cu— s.
CLAUZEL (Bektkand, comte), neveu du précédent, lieutenant général et gouverneur de Bordeaux sous l'empire, maréchal de Frauce et gouverneur des possessions françaises dans le nord de l'Afrique sous le gouvernement de Juillet, grand'eroix de la Légion d'honneur, naquit à Mirepoi.x; département de l'Ariége, le 12 décembre 1773. Il entra au service eu 1791, comme volontaire dans un des bataillons de son département. iSonimé sous-lieulenautpar le roi, il fut envoyé dans le 43e régiment de ligue et fit par faveur la première campagne dans ce corps, à l'armée du général la Fayette. A l'époque de la déchéance de Louis XVI, il improuva cette mesure et dut s'éloigner quelque temps du corps dans lequel il servait. Mais bientôt il y reparut, et ne le quitta définitivement que devant Longwy, après la retraite des Prussiens. lncoi|M)ré en 1702 dans la légion des Pyrénées, en qualité de capitaine de chasseurs à cheval, il fit, à lavant-garde de ce corps,
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la campagne de 1703, aux Pyrénées-Orientales. Le zèle et l'intelligence qu'il développa dans le service périlleux des avant-postes lut valurent le grade d'adjudant général. Ici commence cette série si remarquable d'actions d'éclat qui ont fait de Clauzel un des capitaines les plus habiles et les plus redoutables que la Frauce ait eu a opposer aux efforts de l'Europe pendant près de vingt-cinq ans. La campagne des Pyrénées-Orientales serait à elle seule un titre de gloire suffisant pour de vieux généraux. Perpignan était bloqué par l'ennemi: Clauzel rapprend à Toulouse; il part, traverse à cheval, pendant la nuit, la ligne dis postes espagnols, pénètre dans la ville et y rejoint son régiment. Les Espagnols attaquaient en ce moment le |>oste du Vernet, pour rejeter les troupes françaises dans la place. A la léte de la légion sortie du camp de l'Union, Clauzel dirige contre l'ennemi plusieurs charges de cavalerie et parvient à enfoncer la gauche des Espagnols qui se retirent en désordre dans le camp de Peyreslorles. Il fallait enlever ce camp, et Clauzel reçoit l'ordre de couv rir avec sa cavalerie la marche de l'infanterie a travers la plaine irai sépare le Vernet de Peyreslorles. L'ennemi trompé par celle manœuvre, et croyant a une attaque, veut la prévenir et est mis en déroute. Le succès de cette journée, dû en grande parti à l'habileté du jeune adjudant général, le lit nommer chef d'elat major de la division du général Pérignon, qui forma Pavant-garde de l'armée jusqu'au moment où l'on cuira en Espagne. Dans cette campagne de 1793, Clauzel se trouva a cinq batailles et à plus de suixante engagements partiels. L'aimée suivante, chargé de différentes missions auprès des chefs de l'année espagnole, il fut, après les victoires entre la Jonquiére et Figuières, auxquelles il contribua pour sa part, designé pour porter les sommations aux garnisons de Figuières et de Roses. La première de ces deux places se rendit : la seconde résista el ne hit démantelée que grâce à Clauzel, qui lit placer lui-même une batterie de brèche à 80 toises de la place, dans nu emplacement qu'il avait reconnu pendant l'accomplissement de sa mission. La campagne terminée, Clauzel parut à la barre de la convention |K>ur lui présenter prvs de soi vante drapeaux pris sur les Espagnol*. On lui offrit alors le grade de gênerai do brigade, mais il refusa, préférant rejoindre le géuelal en chef dont il était devenu l'ami. Après la paix de Bàle, il accom|Migna en qualité d'aide de camp le général Pérignon dans son ambassade d'Espagne. Le crédit dont il jouissait auprès de sou chef donna l'idée aux nombreux émigrés français de Madrid, et â une foule de républicains qui s'y rendirent, de le pousser à déterminer le général Pérignon à une démarche compromettante: il s'agissait de le faiie entrer à Madrid, précédé du drapeau national de la France. Clauzel eut la prudence de cacher le drapeau tricolore dans la voiture de l'ambassadeur, et, par cette sage conduite, il sut aplanir les dinicultes de la négociation. Les intrigues multipliées des émigrés furent également déjouées par l'habile fermeté de Clauzel, après la conclusion du traité d'alliance avec la cour d'Espaguc. Il rentra en
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France à la suiie «lu général Pérignon, rappelé par les événements du 18 fiuctiilor <in 5 ( 4 septembre 1797). Il fut successivement employé, sous les ordres du général Grouohy, dans les années d'Angleterre. d'Allemagne et d'Italie, où il commandait une brigade en 17!W. A cotte époque venait d'éclater la seconde coalition contre la France. Le général eu chef Joubert, pour punir la Sardaigncde la part qu'elle y avait prise, résolut de s'cnqiarer des places fortes du Piémont. Bientôt le général Groucliy OOCUpa Turin, et Clauzel lui fut expédié de Milan, porteur des instructions du général en chef. Le 15 frimaire, le jeune adjudant général fut choisi pour obtenir du roi son abdication, et la délégation au général en chef de l'armée d'Italie du gouvernement «lu Piémont et de la Savoie. Clauzel s'acquitta de cette mission difiieile, de manière à faire oublier au roi ce que ces ordres avaient de rigoureux. Luc sédition dans laquelle la vie du monarque et de son frère était menacée, fut dissipée par sa sage fermeté. Le roi et sa famille exprimèrent à Clauzel la plus vive reconnaissance et lui offrirent des récompenses qu'il refusa toutes, à l'exception du célèbre tableau de Gérard Dow, la Femme hydropique, dont il lit immédiatement hommage au musée national. Après les changements opérés en Piémont, les gouverneurs des républiques Cisalpine et de Gènes envoyèrent à Turin des agents pour porter ses habitants à se réunir à l'une ou l'autre des républiques Clauzel déjoua ces menées: le Piémont préférait se réunir à la France, et le gouverneur de Turin, alors général de brigade, porta à Paris les procès-verbaux qui constataient ce vœu du pays. Pendant ce temps, Schérer se faisait Iratlre sur l'Adige, le Mincio et l'Adda : son armée battait en retraite sur Alexandrie et Turin, lorsque Clauzel fut envoyé sur le bas Po, sous le* ordres du général Montrichard. Commis à la garde de Bologne et du fort d'L rbin, il sut, avec quelques compagnies d'infanterie et trois cents chevaux, conserver ces deux places, malgré les efforts des généraux autrichiens Klenau et Hohcnzollern et du baron d'Aspres. Bologne, nécessaire pour donner un débouche h l'armée de Macdonald, resta entre ses mains sans que la faiblesse numérique de ses troupes pût le contraindre à s'enfermer sans cesse dans la ville. Jusqu'à l'arrivée de l'armée de Maples, il dirigea des murs de Bologne plusieurs expéditions heureuses dans la Borna, ne. A la malheureuse bataille de la Trebbia, la brigade de Clauzel, placée en téle de la colonne de la division Montrichard, chargea, sans tirer un coup de fusil, la première ligne autrichienne, qu'elle obligea a abandonner dix pièces de canon ; mais ce fait d'armes avait coûté à Clauzel plus de la moitié de son monde, et sa brigade, qui n'était pas soutenue, fut rejetée par des réserves autrichiennes sur la rive droite de la Trebbia. Le jeune général sut conserver en bon ordre le restant de sa troupe, et couvrit la retraite de l'armée par la grande route depuis Borgo et Sandonino jusqu'à Rubierta, dont il défendit le iiont pendant une journée entière, avec nn acharnement tel, que les Autrichiens renoncèrent ù s'en emparer. A la bataille de Novi, à la tète
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de 3,0. 0 hommes, dont 2,000 conscrits formant la réserve de l'infanterie de l'aile gauche, Clauzel lit des prodiges de valeur, l'n vain les Autrichiens cherchèrent ii le déloger de la position qu'il occupait; mais ils réussirent à le déborder et à occuper la route de Pasturana à Gavi, seul débouché qui restât a l'armée pour effectuer sa retraite. Réduit à moins de 1,000 combattants, il parvint à rétablir la communication avec Gavi, où Morcau se relira, après la perle de la bataille. Placé entre Pinnl et Albenga, Clauzel prit le commandement d'une division qui occupait la rivière du Ponant, dans la république de Gènes. C'est avec moins de 3.000 hommes, affaiblis par la misère et les maladies , qu'il commença, sous les ordres du général Suchet, la campagne de l'an 8. Les deux divisions qui conqwsaient le corps d'armée de Snchet ne s'élevaient |>as à plus de 5,000 hommes, dont 3,000 sous les ordres de Clauzel, et elles devaient lutter avec les 30,000 hommes du général autrichien Finit/ Dans l'espace de deux mois et demi, la division de Clauzel fil à l'ennemi plus de prisonniers qu'elle ne comptait de soldats. Ce fut encore sous les ordres de Suchet qu'il fil, l'année suivante, la campagne d'Italie. Après la paix, Clauzel suivit, en 1802, le général Leclerc dans l'expédition de St-Domingue. Au mois de décembre de celte même année, promu au grade de général de division, il se conduisit dans cette expédition malheureuse avec autant de bravoure (pie de talent. A la tète d'uncorps affaibli par la lièvre jaune, à peine échappé lui-même aux dangers de cette terrible maladie, il se trouva au milieu d'un camp de nègres, avec une seule garde de trente Polonais, lors de la défection de Christophe, de Pétion et de Clairvaux. Attaqué, vers le haut du Cap, par 30.000 nègres ou hommes de couleur, Clauzel n'avait a leur opposer qu'une réserve de six cents hommes, quelques compagnies d'employés de l'armée et des gardes nationales du Cap. Avec de si faibles moyens, il résista assez pour décourager les nègres de leur entreprise, et les intelligences qu'il s'était ménagées dans le camp ennemi achevèrent de désunir les conjurés et leurs troupes, qui se retirèrent du Cap. Le 2 novembre, Leclerc était mort, emporté par la maladie moins encore que par la douleur de tant de désastres causés en partie par ses fautes. Fn attendant l'arrivée du général Bochambeau, Clauzel avait pris le commandement de l'armée. \a position était grave : il s'éleva a la hauteui des circonstances. Il enleva le fort Dauphin et le fort de la Paix aux hommes de couleur, et sut les contenir dans des plaines du Cap, même après la mort du général en chef et la déroule de l'armée. Resté seul, avec moins de 2,000 hommes, après l'arrivée de Rochambcau qui se dirigea vers l'Ouest, Clauzel sut rétablir la conliance dans le Cap, former une ligne de défense qui pût permettre de s'étendre dada un rayon de plusieurs lieues, détacher du parti de Dessalincs tous les noirs des quartiers voisins du Cap, et rejeter Christophe dans la partie espagnole de l'Ile. Fn s'assurant le concours et en l'attirant la conliance des noirs, Clauzel atteignit ce double but : rétablir le commerce et fonder la sécurité dans tout
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le Nord de l'Ile. Par suite de démêlés a\cc le général en chef Roehambeau et le nouveau préfet colonial Magnitol, Clauzel dut repartir pour la France, et ce départ, objet de regrets nombreux et signal de défections importantes parmi les noirs, eut lieu par ordre supérieur sur une misérable goélette, à peine capable de supporter la mer, et qui périt trente-neuf jours après dans le canal de Baliama. A son retour de St-Domingue, il Tut nommé, en 1804, commandant* de la Légion d'honneur et se rendit l'année suivante à l'armée du Nord, sous le roi Louis, avec le grade de général de division. 11 passa en 1806 en Italie sous les ordres du prince vice-roi. En 1807, il fut envoyé par l'empereur à Raguse, dont il administra cl commanda le pays jusqu'en 1809. Cattero et Raguse durent à son administration divers établissements d'utilité publique qui y subsistent encore, l ue grande partie, des succès de l'armée de Dalmatie furent dus à ses conseils. Après la bataille île Wagram, Clauzel prit le commandement du M" corps, en l'absence du duc de Raguse; l'empereur le détacha avec ce même corps pour occuper les provinces lllyrieunes, cédées par le traité de Prcsbourg. Il fut ensuite envoyé en Espagne, sous les ordres de Junot, duc d'Abranlès. L'Espagne devait devenir le principal théâtre de sa gloire militaire. Après avoir fait le blocus d'Astorga et le siège de Rodrigo, en face de l'avant-garde anglaise, il lit la canqwgne de Portugal sous les ordres de Masséna, et, après la rentrée de l'année en Espagne, il commanda presque toujours des corps d'armée sous le due de Baguse. Blessé grièvement à la bataille de Salamanque, il ne quitta pas le champ de bataille que l'armée ne se fût réunie à Alba de Tonnés. H ramena l'armée de Portugal derrière le Duero, la réorganisa et lui fit reprendre l'offensive vingt jours après la bataille de Salamanque. Lord Wellington dut se hâter d'accourir pour empêcher Clauzel île couper ses communications avec le Portugal et a\cc l'armée d'Espagne de Galice. Alors on vit 20,000 Français manœuvrer en plat pays, devant une armée de plus du double et mettre quinze jours à faire 20 lieues, toujours entourés par l'ennemi. Dans cette mémorable retraite, Wellington n'osa pas attaquer sou habile et vigilant adversaire. L'armée de Portugal, que Clauzel commandait depuis lors, de concert avec le général Soudain, opéra sa jonction avec celle du nord de l'Espagne, reprit l'offensive et força Wellington à lever le siège de Burgos. En trois jours l'armée anglaise fut rabattue sur Valladolid. A son retour de Moscou, l'empereur récompensa les services de Clauzel par le grade de général en chef de l'armée du nord de l'Espagne. An-ivé trop tard pour prendre |>art à la bataille de Vittoria, Clauzel couvrit pendant quatre jours la retraite de l'armée française sur Pampelune, avec son petit corps qu'il sut conduire jusqu'au delà de l'Elire malgré les efforts de Mina, de Longs et de Wellington, qui se flattait, mais en vain, de le faire prisonnier. Remplacé par le maréchal Soult, il aida son successeur à retarder, de Bayonne à Toulouse, la marche de l'armée anglaise. ,Lors de la notification faite par lord Wellington de | l'abdication de
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