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laquelle le frère du bey, désigné par ce prince pour recevoir la commission «le bey «Je Constantine, s'engageait à payer à la France une redevance annuelle d'un million de francs. Pareille négociation était facile à arranger pour Oran, et ainsi l'est et l'ouest du royaume d'Alger seraient remis entre les mains de princes allies «le la France. D'un autre « ôtc, une entreprise d'un parent du roi de .Maroc avait eu lieu contre le territoire d'Oran ; le bey demanda à Clauzel des secours «pie celui-ci acconla. Après avoir essayé les voies de conciliation diplomatique, il envoya à Oran une brigade s'ius les ordres du général Paiircmout. Le mauvais temps, le mampie de moyens de transport . et , plus «pie lout, l'ordre formel «le renvoyer eu France la majeure partie des troupes, ne permirent jkis au général Danrémonl de suivre les instructions qu'il avait reçues. Le ministre de la guerre, «pii «l'abord avait approuvé les mesures prises par Clauzel, pensa «pie les difficultés nouvelles élevées entre la France et le Maroc «levaient être levées par voie diplomatique. L'esprit aventureux du général vit là des susceptibilités de bureau «pii faisaient perdre une occasion regrettable de donner une idée «le la puissance de la France aux barbaresques «le l'ouest. Cette affaire devint le signal «l'une mésintelligence croissante entre le commandant supérieur de la régence et l«: ministère. Clauzel se disposai! a se rendre à Paris lorsqu'il reçut la nouvelle «pie le ministre îles affaires étrangères, instruit par le consul général de Tunis de la part officieuse qu'il avait prise aux arrangements conclus avec le bey de Tunis, avait provoqué une décision improbatricc de ces actes. Cette convention, «pie Clauzel persistait à nommer un simple arrangement administratif et militaire, était qualiliéc de traité parle gouvernement. Ouoi qu'il eu soit, Clauzel revint à Paris, et le gouvernement d'Alger fut coulie à Daurémont. La première partie de l'administration de Clauzel avait duré six mois ; le premier , il avait compris tout le parti «pic la France (tonnait tirer «le sa nouvelle complète ; le premier, au milieu de l'incertitude de tous, des difficultés européennes, des sourdes menaces de la Turquie et «le la Sardaigne, et des jalousies secrètes «le l'Angleterre, il avait insisté \mn la conservation et la colonisation de la régence. Mais peut-être avait-il iiarlé trop liU ; peut-être aussi avait-il parlé tr«»p souvent, trop hautement de lui-même. « Il est indis|Knsahlc, « écrivait-il au ministre de la guerre, que je con- « serve pendant «piehpies années la direction supé- « rieure des affaires civiles et militaires. Mon nom « e*st ici un des principaux moyens de succès. » Député de Rhélel (Ardennes), «lepuis I8JH, pendant quatre ans Clauzel combattit avec rigueur à la tribune nationale les adversaires de la colonisation ; pendant quatre ans il poursuivit de ses interpellations les différents ministères, dont aucun n'osa se prononcer d'une manière préciseau sujet de l'Algérie. Enlin, en 187vi, le ministère déclara bautenieut «pie l'intention «lu gouvernement était de garder et de coloniser l'Algérie. Clauzel répondait par ses antécédents à celle altitude nouvelle, et, déjà nommé ma-
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réclial le 30 juillet 1831, il fut élevé, le 8 juillet, eu remplacement du comte Drouet d'Erlon, aux fonctions de gouverneur général des possédions françaises en Afrique. Toutefois l'administration supérieure était loin d'abandonner cette fois Clauzel à ses inspirations naturelles. La plus grande prudence lui était recommandée. Tonte expédition contre les tribus de l'intérieur lui était interdite, j à moins qu'elle ne fut commandée par une nécessite évidente. Enlin les plans décolonisation du maréchal étaient formellement repoussés. La proclamation d'avénement du nouveau gouverneur fut accueillie avec joie dans la régence. La situation était grave, l'endant les administrations successives du général Berthezène, du due de Rovigo et du comte Drouet d'Erlon, les incertitudes de l'administration supérieurc, un essai malheureux d'administration civile, l'importance imprudemment donnée à l'émir Abdel-Kadcr et l'échec récent de la Macta, avaient rendu plus difficile que jamais l'établissement de la domination française. A peine arrivé à Alger, le maréchal commença ses opérations sur Ulidah, Coléah. Médéah et Milianah. Mascara fut pris et détruit le G décembre, et la défaite de la Macta fut vengée. En même temps, fidèle à sa politique habituelle, le maréchal semait la division parmi les Arabes, en établissant au nom de la France des autorités indigènes en rivalité avec celles qui relevaient d'Abd-el-Kadcr. Déjà plusieurs fois il avait été question d'une expédition sur Constanlinc : mais celte idée était complètement abandonnée lorsqu'elle fut ressuscite» par le maréchal. De retdur à Paris, il chercha à faire approuver son projet. Le maréchal Maison, prêt à quitter le ministère, refusait de s'engager et laissait au nouveau cabinet le soin de refuser ou d'accorder sa sanction. On laissa Clauzel re|«rtir pour l'Afrique , sans lui parler du conseil dans lequel on devait discuter le plan des opérations à exécuter. C'était là une sorle de consentement tacite, et le nouveau cabinet trouva l'avenir jusqu'à un certain point engagé. Le premier mouvement de l'administration «lu 0 septembre fut de suspendre les préparatifs de l'expédition par une dépêche télégraphique du 10 septembre. Mais les instances de Clauzel devenaient «le plus en plus pressantes : les renseignements donnés par lui sur les dispositions des tribus, sur les préparatifs militaires, devenaient de plus en plus favorables. Le ministère se résolut enfin à autoriser l'expédition par une dépêche du k27 septembre. Bientôt un incident survint qui retarda l'effet de cette autorisation. L'aide de camp du maréchal gouverneur. M. de Hancé, arriva à Paris pour demander des renforts. Le gouvernement lit répondre que les forces dont on disposait, et qui avaient été destinées à tant d'entreprises difficiles, devaient, à plus forte raison, suflirc â la campagne de Gonstantine. Le ministre prouvait au maréchal, par les citations même de sa correspondance, que l'étal des provinces de Tiltery, d'Alger et d'Oran permettait d'en tirer un nombre de troupes assez considérable pour compléter le corps expéditionnaire jusqu'à la con-
currence de 10,000 hommes. Enfin , le 18 octobre,
le maréchal reçut l'autorisation de lever jusqu'à concurrence de 5,000 volontaires. Placé par les incertitudes du nouveau cabinet dans une situation fausse, muni d'une autorisation, mais non d'un ordre, réduit à 7,000 hommes par les maladies, Clauzel se décida, quoiqu'on tut arrivé à la saison des pluies, à tenter, imprudemment sans doute, avec des ressources insuffisantes, une ex|>édition qui avait été annoncée avec trop d'éclat («urètre remise sans honte, et que d'ailleurs les attaques d'Achmet-Bev rendaieut inév itable. On en sait les tristes résultats; l'insufiisancc des transports, des vivres et des munitions de guerre, et surtout les rigueurs inaccoutumées de la saison, forcèrent la levée du siège et rendirent nécessaire cette belle retraite qu'on peut regarder comme un nouveau titre de gloire pour l'armée française et pour son général, dont l'impassible fermeté avait soutenu l'énergie des soldais. Désormais le gouvernement devait renoncer aux services du maréchal : trop de dissentiments les séparaient pour que la confiance entre eux n'eût pas été gravement altérée. Une ordonnance du 42 février 1837 nomma à la place de Clauzel le lieutenant général Danrémont. Quelle avait été la part du maréchal dans ce grand désastre? Celte question dut être jugée devant le parlement. L'opposition accusait l'ancien ministère. Les partisans de l'ancien ministère accusaient le maréchal. Déjà des plaintes et des accusations contradictoires avaient surjji de tous côtés. Inc pétition adressée à la chambre des députés par les habitants de Tlemcen 'avait dénoncé le maréchal comme ayant fait lever des contributions illégales. La commission nommée par la chambre s'étonna qu'on eût choisi pour gouverneur général des possessions françaises en Afrique un homme qui s'était hautement déclaré partisan d'un système contraire à celui du gouvernement. Elle blâma le maréchal gouverneur d'avoir dénaturé la situation véritable des choses, en présentant chacune des expéditions comme la dernière tentative à faire pour détruire la puissance d'Abd-el- Kader, et pensa qu'il y avait eu, dans l'affaire de la contribution de Tlemcen, des irrégularités et des violences. Clauzel se défendit avec une fermeté et une modération remarquables. S'il avait élé envoyé en Afrique, t'avait élé non-seulement pour réparer l'échec de la Macla,mais encore pour abattre complètement la puissance d'Abd-el-Kadcr. De là les difficultés de sa mission et la nécessité des expéditions successives dnns lesquelles il s'était vu engagé. L'extrême modicité des ressources financières mises à sa disposition l'avaient forcé à frapper Tlemcen d'une contribution de tîiO,000 fr. Mais cette contribution, les Coulouglis eux-mêmes l'avaient en quelque sorte provoquée et offerte. Si les autorités de Tlemcen, l>eylick de la France, avaient employé dan« cette occasion des procédés révoltants, ta I Sait-il s'en prendre à l'administration française, quand ces faits avaient été commis par des A ratas, selon l'usage et les lois du beylick, et réprimés aussitôt que connus? Quant à l'expédition de Constantinc, on disait l'avoir permise mais nou or-
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donnée ; c'était là une équivoque misérable inventée pour échapper à la responsabilité. La cause de l'échec éprouvé n'était ni dans la faiblesse numérique des troupes, ni dans le choix malheureux de la saison , mais dans le mauvais état et l'insuflisance du matériel. Déjà, dans une brochure publiée quelque temps auparavant, Clauzel avait avec quelque amertume repoussé les accusations dont il était l'objet. Ces accusations, il faut bien le dire , n'avaient pas seulement porté contre les intentions et la capacité militaire du gouverneur général, mais aussi contre sa probité. Celles-là devaient lui être plus sensibles que les autres. On l'avait représenté comme un proconsul chargé des dépouilles des vaincus, tandis qu'il était obligé de vendre une portion de son patrimoine pour acquitter d'anciennes dettes nécessitées par un premier exil, et des dettes nouvelles contractéees dans l'exercice de son gouvernement d'Afrique. Clauzel opposait à ces calomnies les sou- Tenirs de sa vie passée, la vieille probité dont il avait fait preuve à Turin, à Sl-Domingue. Peut-être eut-il pu mépriser des accusations inspirées par les passions politiques et qui atteignent tout homme placé comme lui à la tétc d'une administration nécessairement indépendante, et chargé d'une haute responsabilité. L'épreuve législative qu'avait drt subir le maréclial se termina par le renvoi de la pétition au président du conseil, et le vole des crédits relatifs à l'Afrique. Des ce moment, la carrière politique du maréchal Clauzel était accomplie. Il vécut dans le silence et dans le repos bien mérité par une glorieuse vie jusqu'à ce que la mort vint l'enlever à la France, le 21 avril 1812. 11 mourut, après une longue maladie, dans son château de Secourieu, commune de Cinte^abelle, arrondissement de Muret, prés de Toulouse. On a de Clauzel : 1° Une brochure in-8° avec carte, sous le litre d'Exposé justificatif, 4813, dans laquelle il explique sa conduite dans les deux restaurations. 2° Une brochure in-8\ Paris, 1831, sous ce titre : Observations du général Clauzel sur quelques actes de son commandement à Alger. 5* Enfin, une brochure iu-8», Paris, 1837, sous ce litre, Explications du maréchal Clauxel. D— R— R.
CLAVE (Étienne de), médecin français, qui a vécu à Paris vers le milieu du 17» siècle, a publié plusieurs ouvrages sur la chimie, mais telle qu'on la cultivait alors, c'est-à-dire consistant plutôt en raisonnements obscurs qu'en opérations et observations des phénomènes de la nature : aussi toutes ses productions sont-elles tombées dans l'oubli. Cependant, à travers le falras dont elles sont remplies, on y trouve quelquefois des idées neuves et saines. Il attribue la génération des minéraux à un feu central : il attaque vigoureusement la philosophie d'Aristote, qui dominait alors ; il se déclare aussi contre les alchimistes, quoiqo'à l'obscurité de son style on soit tenté de le confondre avec eux. Malgré cela, il ne jouit point pendant sa vie d'une grande considération, comme on peut en juger par ce jmssagc du Sorbériana : ■ Jean-Baptiste Morin a écrit un fort « sot livre contre un plus grand sot... de Clave, chi-
« miste qui avait proposé des thèses contre toute la o philosophie d'Aristote, » Il n'est resté aucune particularité sur la vie de cet écrivain, ce qui a fait penser que c'était un nom imaginaire ; d'autres ont cru que c'était le même que Gaslou Ledoux {voy. Dulco), qui a écrit à peu prés dans le même genre ; mais de Clave a attaqué vivement les opinions de ce Ledoux, et le litre de docteur en médecine, qu'il prend dans une épllre dédicaloire adressée au chancelier Séguicr, est une preuve non équivoque de son existence. Les principaux ouvrages de de Clave sont : 1° Paradoxe, ou Traité philosuiMque des pierres et pierreries contre l'opinion vulgaire... Ensemble la génération de tous les mixtes, «avoir est animaux, végétaux et minéraux, Paris. 1635, in-8°. Dans la préface, il annonce une longue suite de traites prêts à paraître ; un, entre autres, contre la philosophie hermétique. 2° Nouvelle Lumière philosophique des vrais principes et éléments de nature et qualités d'iceux contre l'opinion commune. Le privilège de cet ouvrage est de 1636, et ce qu'il y a de singulier, c'est qu'il est au nom de Legras, chapelain du duc d'Orléans, et qu'il le cède à Etienne de Clave, et celui-ci au libraire «le Varennc; il ne parut qu'en 1641, in-8\ 3° Le Cours de chimie d'Estienne de Clave, docteur en médecine, qui est le second livre des principes de nature, 1646. L'éditeur annonçait d'autres ouvrages de de Clave, mais qui n'ont pas paru. Il est présumable qua cet auteur était mort à cette éjMXjue. D — P—s.
CLAVENA (INicolas), né à Delluno. dans l'État de Venise, vers la lin du 16* siècle, exerça la pharmacie dans sa ville natale. S étant livre à la recherche des plautes, il parcourut les Alpes et les montagnes de l'Italie ; il trouva sur le mont Cerva une plante qu'il crut être une absinthe, et qui lui parut avoir de grandes propriétés. Il en ht une confection, pour le débit de laquelle il obtint uu privilège, et il coni|>osa un petit traité à ce sujet sous ce litre : Historia de absynthio umbellifero, dont il donna la ligure, Ceneda, 1609, in-4»; il fut réimprimé à Venise en 1610 et 1611, in-4°; l'auleur ajouta à ces dernières éditions un traité sur une autre piaule : Historia scorzoneras ilalicœ. Dans cet ouvrage, il prétendait que cette absinthe n'avait encore été découverte par |>ersonne. Sprechi attaqua celte prétention dans un livre auquel il donna le titre Û'Antabsynthium ; il y démontre, mais très-durement, qu'elle avait déjà été décrite et ligurée p.u Léc lu.se. Celle plante n'est pas du genre des absinthes ; elle fait partie de celui des achillées ou millefeuilles ; ou la nomme aujourd'hui Achillca Claveoas, pour rapjieler les travaux que cet auteur a faits à son sujet, et qui ont toujours un certain mérite. — Jacques- Antoine &.AVEHÀ, ecclésiastique, prolonotaire apostolique, chanoine et doyen du chapitre de la cathédrale de Trévisc, a vécu vers le milieu du 17* siècle. Il a composé sur les vertus des plantes un gros volume in-fol. qui parut à Trévise en 1648, et que, par une espèce de jeu de mots, il a intitulé : Claviê Clavena, aperiens naturœ thesauros, etc. Le fond de cet ouvrage est puise dans l'Histoire des plantes, dites de Lyon, commencée par Dalcchamp, et ne con-
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sistc que dans la citation des plantes et de leurs vertus, rangées suivant l'ordre alphabétique des maladies auxquelles on croit qu'elles sont utiles. Séguier, dans sa Bibliothèque botanique, a confondu cet auteur avec Nicolas Clavena. D — P— s.
CLAYKR ( Piebhe ), missionnaire catalan, prit l'habit de jésuite à Tarrngone, en 1602, fut envoyé en 1610 aux Indes occidentales pour y prêcher la foi, et, arrivé à Carlhagène, se voua au service des nègres avec une telle ardeur, qu'on l'eût pris pour l'esclave des esclaves, occupé nuit et jour a les consoler, à les soulager dans leurs maux spirituels cl corporels. Il exerça avec un zelc également louable la charité chrétienne envers les pauvres et les prisonniers jusqu'à sa mort, arrivée le 8 septembre 4654. l u décret de Benoit XIV. du 4 septembre 4747, déclare que ce serviteur de Dieu a possédé « les vertus théologales et cardinales dans un degré " « héroïque. » Sa vie a d'abord été donnée en espagnol et en italien, et depuis en français par le P. Fleurira, Paris, 1751. in-12. C. H. P.
C LAVER ET (Jean), avocat à Orléans, su patrie, au 17' siècle, vint à Paris, y renonça au barreau pour se livrer au théâtre, et mourut en 1G0U. Ou a de lui : 1" l'Etpril fort, comédie en ."> acles et en vers, 1tî37, in-8" (cl non l'Esprit follet, qui est de Ilauteroehe). 2" LEcuyer, ou les Faux i\oblcs mit au billon, comédie du temps, dédiée aux vrais nobles de Fiance, IGGo. in-12. On obligea à cette époque beaucoup de gens à montrer leurs parchemins. Bussy-Rabutin a fait une chanson sur le même sujet. 5" Le Ravissement de Proserpine, tragédie en o acles, l«3i). in-4°. 4° Quelques autres pièces qui n'ont |»o'ml été imprimées: le Pèlerin amoureux, la Place /loyale, le Roman du Marais, lu Visite différée et les Eaux de Forges, li* Enfin une traduction française de Yalére-Maxime , Taris, 4G.'i!), 2 vol. iu-12. Lors de son arrivée ù Paris, Claveret s'était lié avec Pierre Corneille ; il en devint bientôt jaloux, et fut son ennemi. C'est l'action la plus remarquable et la plus connue de sa vie. A. B— r.
CLA VERGER (Jean), avocat au parlement de Paris, lit paraître, en 1624, un recueil de jioésics françaises, contenant l'Euthymie, ou du Repos d'esprit; la Thémis, ou des loyers et peines, avec des .sonnets et des quatrains moraux. Ce recueil, assez médiocre, fut réimprimé la même année avec des additions. L'auteur avoue qu'après avoir cultivé pendant quelque temps la poésie, pour laquelle il ne sentait qu'un assez faible penchant, il y avait renonce pour se livrer à des études plus sérieuses, la jurisprudence et l'histoire. 11 se lit estimer de la reine Marguerite, qui lui donna le titre de son conseiller, mailre des requêtes. Son zèle jiour le service du roi lui avait attiré des ennemis, et sa maison fut pillée pendant les troubles. Il se plaint surtout de la perle de sa bibliothèque et de ses manuscrits, |wuini lesquels se trouvaient une Vie d'Arislomène, général des Mrtténicn*. et. une de Saludin. \V— s.
CLAVir.!\ I Étie.n.ne), savant helléniste, né a Lyon, le 20 décembre 1702, se livra de bonne heure à l'étude des langues anciennes et se lit remarquer
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au collège par ses succès. Il vint ensuite à Paris étudier la jurisprudence, et, en 1788, il acquit une charge de conseiller au Chàtelel. I-a révolution le dépouilla de son emploi ; mais le gouvernement directorial l'en dédommagea en le nommant juge au tribunal criminel du département île la Seine, dés sa création : il y siégea d'une manière très- honorable jusqu'à la réorganisation des tribunaux, en 181 1. C'est lui qui, lors du procès de Morcau, loin de condescendre aux sollicitations de Murât, qui, pour obtenir la condamnation à mort du rival de Bonaparte, ajoutait rpie le premier consul n'aspirait qu'a lut faire grâce, repoussa tontes ces insinuations par un mol devenu célèbre : « lit qui nous fera gi àce à nous ? » Bonaparte ne lui pardonna jamais ce refus et celle réponse, et l'antipathie de l'ex-consciller du Chàtelet pour le potentat du jour devint de plus en plus marquée. Ce n'était point «le l'opposition : Bonaparte ne la souffrait pis, et Clavier n'était pas assez haut placé pour en laire ; mais c'était une indépendance un peu brusque, un peu fastueuse, quoique tres-pacilique et naïve. Ou assure qu'il finit pir rompre en visière avec un grand iwrsonuuge qui lui demandait de ces |K.'t'Us services que trop souvent la justice rend tout en rendant des arrêts. La réorganisation de 1811 ('évinça des tribunaux : il s'en consola en se livrant à ses éludes favorites, parmi lesquelles la science du droit n'occupait que. le troisième rang. Depuis 1809, il remplissait a l'Institut le fauteuil de Du puis dans la classe d'histoire et de littérature ancienne ; et celte fois l'opinion, qui quelquefois contrôle et casse les arrêts des sociétés savantes, avait été d'accord avec le choix îles doctes membres. Effectivement, Clavier avait fait ses preuves, et comme helléniste et comme historien, par des publications de quelque importance, l'eu de temps après, ii lui nommé professeur d'histoire au collège de France ; en rendant justice à lout ce qu'il déployait d'érudition et de recherches consciencieuses dans celte nouvelle carrière, beaucoup d'auditeurs reculèrent devant l'aridité de sa méthode et la pesanteur de ses formes. Le retour des Bourbons valut à Clavier, comme à presque tous les académiciens, le ruban de la Légion d'honneur [50 septembre 1814), et, le 28 octobre suivant, le titre de censeur royal. Il n'est pas besoin de dire (pie, lors de la réorganisation de l'Institut, en 1816, il conserva son fauteuil à la troisième classe redevenue académie des inscriptions cl belles-lettres. Il avait prêté serment à Bonaparte pendant les cent jours ; serment obligé, qui, comme on le sait, promet non pas le dévouement, mais l'obéissance passive, et que depuis 1781» nous sommes habitues a voir remplacé à peu près périodiquement par le serment contraire : « Où allez-vous? disait ù Clavier, un jour du mois de mai 1815, un de ses amis qu'il rencontrait sur le pont des Arts, se rendant au |>alais des Quatre-Naiions. — Hem ! hem 1 répondait l'helléniste avec une bonhomie de la Fontaine, je vais lui prêter serinent d'être lidèle tant qu'il sera là. » L'n gouvernement sage n'eu demande jamais davantage, et il pourrait en demander encore moins sans perte comme sans risque. Clavier ne survécut que peu de
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temps à la seconde restauration ; une fin presque prématurée, car il ne comptait cpie 54 ans, l'enleva, le 18 novembre 1817, à des travaux uYjù poussés bien loin et dont on doit regretter l'interruption. Clavier était un excellent homme, simple, bon, cordial, moins apre dans ses relations sociales qu'on ne l'imaginerait en songeant soit a l'indépendance qu'il apporta dans les fonctions judiciaires, soit au caractère de son pendre Courier, avec lequel il n'avait guère de commun que l'amour du grec et l'animosité contre Bonaparte ; mais quant à cette causticité parfois brutale de Paul-Louis, il se la serait reprochée rumine un crime, et quant à l'esprit, il ne se le permettait jamais. Nous ne jurerions pas môme qu'il ait bien vu que Paul-Louis avait de l'esprit, pas plus qu'en 1804, en prononçant sa fameuse exclamation a Murât, il ne se douta qu'il disait un mot sublime. Ce n'est pas lui qu'on eût vu. l'Institut eôl-il dix fois fermé ses portes à ses sollicitations, stigmatiser ses rivaux et ses adversaires, et l'Académie et les académiciens, et tous les savants à succès, comme s'en avisa dans ses boutades l'ex-canonnier à cheval. Le seul mauvais service que Clavier rendit à ses confrères, ce fut de faire promettre a cet incorrigible gendre, lorsqu'il lui demandait lu main de sa 011e, qu'il lâcherait d'être de l'Institut. (Voy. ColuiEit. I On a de Clavier *. 1° une édition des oeuvres complètes de Pluiarque, traduction d'Amyot, 1801- 1809, 25 vol. in-8'. L'éditeur, en n'altérant que légèrement le texte, et surtout la langue amyotesque, a substitue dans la traduction, aussi souvent qu'il le f.-Ilait, toutes les corrections que rendaient nécessaires tantôt le nombre beaucoup trop grand de couliv-sens commis par Amyot, tantôt les changements introduits par la critique moderne dans le texte grec du philosophe île Cliéronée. Il a joint aux écrits anciennement traduits la version de divers traités publiés récemment et de fragments que personne avant lui n'avait donnés en français. Aux notes de Ihotier et de Vauvilliers, il en a joint d'autres qui justifient les sens nouveaux auxquels il se décide, et résolvent des difficultés insurmontables pour les savants du 16' siècle. V liibliolhcquc d'Apollodore, texte, traduction française et notes, 1805, 2 vol. in-8". La correction du texte grec de cette édition remarquable n'est point à l'abri de tout reproche; fort de sa connaissance de la liautc antiquité, Clavier a cru pouvoir trancher du maître avec son auteur, et s'écarter de la réserve habituelle des philologues, tantôt en effaçant des leçons jugées les meilleures depuis longtemps, tantôt en introduisant dans le texte des variantes jadis négligées, et assez souvent en usant de conjectures. En revanche, ou ne peut disconvenir que sa traduction, dont le style n'est pas un modèle d'élégance, ne se recommande par beaucoup de fidélité. Les notes, faites à l'imitation de celles de Méziriac sur Ovide, réunissent plusieurs des qualités qui font un bon commentaire. Sans doute Clavier ne voit de haut ni la mythologie ni l'histoire; il ne les distingue même pas nettement : toutefois, pour qui voudra ne prendre les faits donnés par Apollodore que connue des matériaux que
plus tard rassembleront le mythologue et l'historien, en en fixant le caractère, la place et la portée, ses remarques contiennent une infinité de choses utiles : presque toutes jettent de la lumière sur des points historique! ou mythologiques obscurs, précisent des faits, indiquent ou rectifient tantôt des dates, tantôt des coïncidences, distinguent des personnages de même nom. etc. ; aussi, quoiqu'elles envahissent deux fois l'espace qu'occu|>e le texte, nul lecteur attentif ne se plaimlra-t-il de leur prolixité. Il s'y trouve, entre autres, une notice curieuse tirée du vieux scoliaste grec, qui n'avait pas encore été traduite en français. 5" Histoire des premiers temps de la Grèce jusqu'à l'expulsion des Pisistralidcs, 1809, 2 vol. in-8'; 2cédil., 1822, 5 vol. in-8", avec des tables généalogiques des familles héroïques. Cet ouvrage, qu'il annonçait dés 1800. dans les premières pages de sa préface d'Apollodore, et pour la rédaction duquel il entreprit son travail sur Apollodore et son travail plus considérable encore sur Pausanias, a reçu des éloges outre mesure. On ne peut, en effet, contester à l'auteur le mérite des recherches opiniâtres : il a remonté aux vraies sources, les vieilles traditions, les vieux |>oêuics cycliques, les vieux monuments. Apollodore et Pausanias étaient de riches mines sous ce double rapport ; Clavier en a de son mieux extrait de précieux minerais ; mais Clavier n'était pis l'homme qu'il ertt fallu pour les dégager de la gangue, encore moins pour les analyser, bleu moins encore pour les mettre en place. Assez lucide, assez méthodique, il n'avait ni ce jugement infaillible qui voit à travers l'écorec des fait», ni ce vaste coup d'u-il qui, saisissant en même temps des myriades d'éléments, les combine et les groupe de vingt manières différentes, puis n'a plus de regards que pour la conibinaisou véritable. Clavier, d'ailleurs, est evhémériste ; presque tout le inonde alors Tétait en France : il ignore les systèmes nouveaux que déjà l'Allemagne avait lancés dans le monde sur la mythologie, l'allégorisme et ses formes diverses, l'autoclithouat des Grecs et vingt autres questions subsidiaires ; bien plus, il ne sait pas bien ce que c'est qu'une race, ce que c'est qu'une école, ce que c'est que la conquête, ce que c'est que les institutions, les corporations, les ébauches de codes. Il ne peut donc se refuser à des idées dont il ne soupçonne j«is l'attitude actuelle, ni peindre des faits qu'il assimile trop aux faits modernes, ni même saisir le caractère des époques. Aiusi, pour ne citer qu'un exemple. Clavier n'a juis vu que de l'invasion des héraclides, au 7r siècle avant 1ère chrétienne, la Grèce, tout d'un coup devenue dorienne, subit un moyen âge et rétrogade dans la civilisation. L'histoire des premiers temps de la Grèce est donc encore à faire. V Pausanias, Description de la G rixe, I814-I8$t, G vol. iu-8". Cet ouvrage, en partie posthume, est le véritable litre de Clavier à la gloire. Le lexte, soigneusement collalionné sur les manuscrits de la bibliothèque royale, n'a [«s été si lestement établi que celui d'Apollodore. La traduction, revue par Dauuou et Coray, n'a i>oint. comme celle de Gédoyn, élé faite sur l'infidèle version laliwe d'Ama-