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ferme plusieurs formules de médicaments propres à l'auteur etqui ont été assez généralement adoptccs,dcs observations importantes sur l'usage et l'action de différentes préparations, des instructions sur les poids médicinaux, et une nomenclature nouvelle des préparations pharmaceutiques. 13' Consultations médico-légales sur une accusation d'empoisonnement par le sublimé corrosif ou muriale de mercure suroxydé, suivies d'une notice sur les moyens de reconnaître et de constater l'existence de ce poison, Paris, 1811, in-8\ 14° Recueil analomique à l'usage des jeunes gens qui se destinent à l'élude de la chirurgie, de la médecine, de la peinture et de la sculpture. Paris, 1820, in-4". Une édition a paru sous le titre de Planches anatomiques à l'usage des jeunes gens, Paris, 1823, in-49 {Voy, Dltehtue.) 13° Considérations sur les convulsions qui attaquent les femmes enceintes, Paris, 1821, in-8\ 16° Recueil de mémoires, consultation» et rapports sur des objets de médecine légale, Paris, 1824, in-8°. 17° Mémoire médico-légal sur la viabilité de f enfant naissant. 1826, in-8*. Chaussier a inséré en outre des mémoires, dans le Journal de Physique, sur l'air inflammable et le borate de mercure (1777), dans les Actes de la société royale de médecine, sur les moyens propres à déterminer la respiration des enfants naissants (1781); dans ceux de l'académie de Dijon, sur les vaisseaux orophalo-méscnlériqucs (1782), l'acide du ver à soie (1783), la structure et les usages des épiploons, les procédés employés pour faire périr la chrysalide du ver à soie, et la cataracte compliquée 1784), dans le Journal de Médecine, des observations sur quelques abus du service des officiers de santé militaires, aux régiments et dans les hôpitaux ; dans le Magasin encyclopédique, un mémoire sur les moyens de préserver les cadavres des animaux de la putréfaction, en conservant leurs formes essentielles, et même en leur donnant la fraîcheur et l'apparence de la vie ; dans l'annuaire de la société de médecine du département de l'Eure, une notice sur la vaccine, des observations sur des hydatides trouvées dans la poitrine, une note sur la rage, «les observations sur les accusations d'infanticide et sur les moyens qu'on doit employer pour parvenir à la connaissance précise du fait, l'indication d'un remède Spécifique (le sulfure de potasse) contre le croup et la coqueluche ; dans le Bulletin de la société philomatique, un précis d'expériences sur l'amputation des extrémités articulaires des os longs, et des observations sur les effets du gaz carbonenx dans l'économie animale ; dans le Rectieil périodique de la société de médecine, un mémoire sur un nouveau genre de sel (sulfure de soude) utile dans le traitement de quelques maladies, cl des remarques sur une espèce rare de hernie abdominale ; dans le Bulletin de la faculté de médecine, un mémoire sur les fractures et les luxations survenues à des feras encore contenus dans la matrice, une note sur une hernie congéniale du cœur, des observations su/ une perforation de l'estomac et du diaphragme, avec introduction des aliments dans la plèvre gauche, dc3 remarques sur les hernies du poumon et sur
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1 l'oblitération spontanée de plusieurs artères considérables; un rapfiortsur les enterrements précipités et un autre sur le parc aux huîtres du Havre, des observations sur une éruption variolique dans la trachec-artère, sur les communications îles veines utérinesavec l'ombilicale, et sur un cas de péritonite cl d'entérite observées dans un fœtus. On attribue généralement à Chaussier, qui lui-même n'en faisait pus mystère, les dissertations suivantes, toutes plus ou moins remarquables , et dont quelques-unes seront longtemps encore consultées avec fruit : sur les Avantages de la paracentèse pratiquée dès le commencement de l'hydropisie abdominale , Paris , an 11, in 8° (Lassis); la Paracentèse, dans le cas d'ascite primitive, est-elle le moyen sur lequel la médecine puisse le plus compter? Paris, 1804, in-4° (Gnuderan); de la Chlorose, Paris, 1801, in-4* (Ijaltard); sur rAnévrisme, Paris, 1805, în-t° (Déguise); Sentences et Observations d'Uippocrate sur la toux (Chapelain Dnroclier) ; Propositions sur divers objets de médecine, Paris, 1805, in-4° (Jbrland|; c'est dans cette dissertation qu'on trouve le commentaire de Chaussier sur le |>assage de Oise relatif à la taille bilatérale ; sur quelques Cas d'érosion de l'estomac, Paris, 1806, in-4° (Morin) ; sur l'Infanticide, Paris, 1811, in 4° (Lccieux) ; Manière de procéder à l'ouverture des cadavres, Paris, 181 1, in -4° (Renard) ; sur les Erosions et Perforations spontanées de l'estomac, Paris, 1819, in-4° (Latsné); *ur l'Ecchymose , ta Sugillalion, la Contusion, la Meurtrissure, Paris, 1814, in-4* (R ieux); cette thèse et les trois précédentes, qui sont d'une haute importance, ont été réimprimées ensemble, Paris, 1819, in-8°j sur les Hémorroïdes, Paris, 1814, in-4* (Lavedan) ; Considérations médico4rgales sur deux articles du code pénal, Paris, 1819, |in-4° (Huard). Chaussier prit part à la rédaction du Jourral de l'école polytechnique, et se chargea des articles «le pharmacie dans le« t. 3 et 4 de la partie chimique de Y Encyclopédie méthodique. Knfiu il a rédigé, en commun avec M. Adclon,un grand nombre d'articles dans le Diclionuaire des sciences médicales et dans la Biographie universelle (I). J— D— N.
CIIALVKAU (François), peintre, graveur et dessinateur, né a Paris, en 1613, mort dans la même ville, le 3 février 1C76, fut un de ces hommes de merveilleuse imagination, de souplesse, et fécondité de talent qui eussent fait plus de bruit, s'ils eussent mis à demander des éloges tout le soin qu'ils savaient mettre à en mériter. Son habileté ne le cédait qu'à sa modestie. Doué d'une de ces mémoires que Gassendi appelait célestes y et incessamment préoccupé de son art, il trouvait, dans les aspects varies de la nature en apparence les plus indifférents, les motifs les plus heureux pour ses ou-
(I) De concert avec Adelnn, Chao$sier donna nue nonTelle ri'tlion de l'ouvrage de Mnrpgni initiât.- : de Sedieut ei Catuit morkor«m 1 18:01. Il » donne aussi des noirs pour la traduction de la l'yrototogle mftMique de Selle, par Manche. Vite tenir de Cliansner, »ur /« Structure ie futenu, a ete imprimée a la «aile de II traduction, par niïdame Boivin, dn Source» Traité et* kemerrkestts de fntCnu de Rijhy et Duncan, 4811.
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vrages. Elève du peintre Laurent de la Ilirc, qui lui avait enseigné le dessin, il débuta par graver en taille-douce les tableaux de son maître, et il exécuta quelques estampes dans une manière line et agréable. Mais, impatient d'un mode de reproduction si lent au gré de sa vive imagination, il ne se donna pas le temps de se perfectionner dans l'art du burin, et de se corriger d'une certaine sécheresse native ; il quitta la taille-douce pour l'eau-fortc et ne reproduisit plus que ses propres pensées. Il fit des suites de planches religieuses, il décora des thèses, il orna des livres, et c'est surtout dans cette carrière de l'ornement des livres qu'il donna un libre essor à la rare fécondité de son imagination. L'exécution rapide et la multiplicité de ses œuvres nuisirent sans aucun doute à leur perfection; mais on ne peut s'empêcher d'admirer la ressource do cet esprit qui s'adapte à tous les sujets; qui entre si judicieusement dans la pensée d'auteurs divers et les interprète avec tant de bonheur. Aussi poêle que peintre, il ajoute même souvent quelque détail ingénieux et poétique à son auteur : il l'enrichit en le décorant. Lui proposait-on d'entreprendre l'ornement de quelque ouvrage, il prenait une ardoise, et, sur-le-champ, sur la pensée donnée, il exécutait plusieurs compositions qu'il modifiait ou recommençait jusqu'à ce qu'on en fût content, ou (ce qui était plus raie), qu'il le fût lui-même. Sa facilité était telle, que souvent, le soir, il se faisait lire un sujet par ses enfants, et il le composait, comme en se jouant, et le gravait à la pointe avant de se coucher. Ce n'est pas tout : inventeur de la plupart des morceaux qu'il gravait, il fournissait aussi bénévolement, à quantité de peintres qui le consultaient, des sujets, des dessins de tableaux, des détails importants dont ils profilaient sans l'avouer; et plus d'une fois ses croquis ont soutenu l'imagination fatiguée de Lebrun. Son œuvre gravé ne se monte pas à moins de 5,000 pièces, sans y comprendre 1,400 autres sujets exécutés sur ses dessins, par Poilly et autres graveurs du temps. On regarde comme ses pièces les plus remarquables, les ligures des poèmes de la Pucelle et d'Ataric, celles des Métamorphose» de Ucnscrade, et ses planches de la l ie de St. Bruno île Lesueur. C'est peu de temps avant sa mort qu'il exécuta tous les dessins de cette galerie célèbre, qu'il en commença la gravure et les planches qui sont de sa main font regretter que la mort l'ail surpris avant qu'il eût pu mettre lin à cette belle enffcprise. L'ouvrage a été terminé et a paru en 1 volume in-fol., avec des vers latins et français au-dessous de cliaque pièce, les mêmes qui avaient été tracés sur les murs du cloître des chartreux, et que François Jarry, prieur de la chartreuse de Notre-Damc-de-la-Prée-lcz- Troyrs, dans le 10» siècle, avait publiés en et en 1578. Chauvcau a laissé également inachevée une suite de sujets de l'histoire grecque et romaine, qui devait former un ouvrage considérable. Il peignit aussi de petit tableaux dans un style assez gracieux; et quand il mourut, son atelier fourmillait d'esquisses pintes, et ses cartons de croquis et de composi-
tions achevées dont Lebrun acheta un grand nombre. Chauveau était membre de l'académie de peinture, et y était même arrivé au grade de conseiller. En résumé, cet artiste ne saurait être compté au nombre des maîtres. Moins improvisateur, plus mûri, son (aient fût arrivé peut-être à une certaine hauteur de caractère qui lui a manqué ; mais le feu, mais la force de l'expression, mais l'abondance, la finesse, la variété, le tour ingénieux du dessin, ne lui ont pas fait défaut. Malgré ses défauts, et parliculiérerement une sécheresse d'exécution qui va parfois jusqu'à la dureté, c'est un artiste d'un ordre rare, sans être d'un ordre élevé, et qui a occupé une grande place et utile à son époque. F. C.
CHAUVEAU (René), sculpteur et architecte, fils du précédent, naquit à Paris, en 1605. Élève de Cariiéri, ce fut dans l'atelier de ce maître qu'il fut avantageusement connu de Colbert. Un génie fécond, une imagination vaste, et beaucoup de feu dans ses compositions, forment le caractère de son talent. 11 obtint de très-bonne heure un logement aux Gobelius, et à vingt-six ans, il se vit chargé de faire tous les projets et les esquisses relatifs aux divers travaux du gouvernement. Ayant é|K>usé une fille de Cuucci, artiste italien logé comme lui aux Gobelius, et ennuyé d'être obligé de conduire l'atelier de son beau-père, ce qui, joint à ses propres affaires, le surchargeait de travail, il obtint un logement au Louvre. Cuucci, s'apercevant du tort que cet éloignement faisait à ses entreprises, obtint du ministre que son gendre retournât aux Gobelins. Celui-ci, regardant cet ordre comme un affront, accepta la proposition qui lui fut faite d'aller en Suéde, où on lui promettait un sort avantageux. Pendant les sept années qu'il passa dans le Nord, il exécuta différents travaux qui établirent sa réputation. De retour en France, il fut chargé, pour les maisons royales, de l'exécution de divers ouvrages dont il existe encore quelques-uns à Versailles. Louis XIV l'ayant appelé dans son cabinet, en 470!), pour lui expliquer un sujet de bordure à plusieurs compartiments qu'il désirait faire exécuter, Chauveau imagina le Soleil, devise de Louis XIV, sous la ligure d'Apollon, placé au milieu des quatre Saisons et présidant sur elles, le tout enrichi d'attributs et d'ornements du meilleur goût. Celte idée ayant beaucoup plu au roi, ce prince la lit exécuter en bronze, achever par un habile ciseleur et dorer magnifiquement. Chauveau, fort en vogue à la cour, lit reconstruire pour Camboust de Coislin, évêque do Metz, son château de Frescati ; il orna d'une usinière fort riche, pour le cardinal de Hohan, le grand salon de son château de Sava ne ; il fil pour d'autres grands seigneurs quelques travaux dont on peut voir les détails, ainsi que celui de toutes ses autres productions, dans un éloge de cet artiste, fait par Papillon. Son dernier ouvrage est celui qu'il lit au château de Sablé, pour le marquis de Torry. Ce seigneur, fort ignorant et peu amateur, lui ayant demandé à plusieurs reprises ce qu'il voulait gagner par jour, l'habile artiste, choqué de cette question, quitta brusquement le château et s'en revint à pied
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à Paris; la fatigue de ce voyage, joinle à la perte de sa fortune qu il arait convertie en billets «le banque, abrégèrent ses jours. Il mourut à Tans le 5 juillet 1722. P— B.
CHATJVEAU-LAGARDE ( ),
célèbre avocat, naquit à Chartres, «n 1765. Rc«,u avocat au parlement de Paris, il avait déjà débuië d'une manière brillante dans la carrière, lorsque les orages politiques lut fournirent l'occasion de déployer son courage et son talent sur le sanglant théâtre de la révolution. Il y disputa un grand nombre de victimes au farouche Fou(]uier-Tinvillc, et défendit, entre autres accusés illustres, le général Miranda, qu'il eut le bonlieurde faire acquitter; Brissot, Charlotte Corday et Marie-Antoinette. Dans la défense de Charlotte Corday, il se trouva à peu prés réduit au silence par l'héroïsme de la. prévenue, qui se glorifiait de ce qu'on lui imputait à crime. Cependant il remplit sa mission d'humanité autant que le permettaient les circonstances, et sans démentir ni son caractère ni l'opinion qu'il s'était formée comme citoyen sur l'assassinat de Marat. Il se borna à invoquer l'indulgence du tribunal en s'élayant du fanatisme politique et de l'exaltation sous l'empire desquels Charlotte Corday s'était rendue coupable d'homicide, ce qui le Ht interrompre par cette jeune lllk, qui tenait à ce que l'on considérai son action comme méditée et résolue dans le calme et sous 1rs setdcs inspirations du civisme. Elle lui adressa après sa condamnation les paroles suivantes : « Vous m'a- « vez défendue d'une manière délicate et généreuse; « celait la seule qui pût me convenir; je vous en « remercie, et je veux vous donner une preuve de « mon estime. On vient de m'apprendre que mes « biens sont confisqués; je dois quelque chose a la « prison, je vous charge d'acquitter cette dette, a Chauveau-Laganlc ne manqua pas de remplit1 ce pieux devoir (juillet 1793). Quelques mois après le tribunal révolutionnaire le chargea d'of;ice avec Tronçon-Ducoudray de la défense de Marie-Antoinette. Après le jugement de cette princesse, on les arrêta l'un et l'autre pour les interroger sur les secrets qu'elle pouvait leur avoir confiés. Cet interrogatoire n'ayant produit aucun fait à leur charge, ils furent remis en liberté. Plus tard, malgré le crédit de Coffinhal, qui le couvrait de sa protection, il fut de nouveau incarcéré et ne recouvra la liherlé qu'après la chute de Robespierre. En 1797 il défendît deva-t une commission militaire l'abl>é Hrottier, accusé se conspiration royaliste avec Dunaud et la Villelieurnois. En 1806, il fut nommé avocat au conseil d'État; mais, toujours voue a la défense des accusés politiques, il fut, au mois de novembre 1813, l'avocat de M.Joseph Darguincs, lieutenant-colonel espagnol qui, né Français, avait été pris les armes à la main combattant contre la France. Malgré les efforts de ton éloquent défenseur, ce militaire fut condamné à mort. Chauveau-Lagarde, ne regardant passa mission comme accomplie, obtint d'abord de l'impératricerégente Marie- Louise un nirsi* il l'exécution, et secondé par les démarches d'un jeune avocat aujourd'hui eu réputation, M. Claveau, il finit par ob-
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tenir la grâce du condamné. Non-seulement il refusa les honoraires que son client lui avait destinés, mais il lui ouvrit sa bourse. Chauvcau-Lagarde en effet poussait le désintéressement jusqu'à la générosité, comme il portail le zèle pour ses clients jusqu'au dévouement. Aussi, vivant d'ailleurs assez grandement, il n'a pas laissé la fortune «pie sa grande réputation pouvait faire supposer qu'il avait acquise. En 1814, il adhéra à la déchéance de Napoléon, et porta la parole au nom de sou ordre |>our féliciter le roi Louis XVIII sur sa rentrée dan* la capitale. Il fut accueilli comme il devait l'être \ar tous les membres de la famille royale, principalement par madame la duchesse d'Angoulème, qui lui dit: a Depuis longtemps je connais vos sentiments. » Après la seronde restauration, toujours voué à la défense des proscrits, il piaula |K>ur le général fionnaire. {Yoy. ce nom.) Il fil imprimer aussi une notice historique sur la vie de son client. Le gouvernement s'honora en appelant Chauvcau-Lagarde à la cour de cassation. Il est mort à Paris, le SI février 1811. On a de lui : 1" Théorie des était généraux, ou la France régénérée. 1789, brochure in 8" tellement rare que l'auteur dans ses dernières années nous exprima plusieurs fois le regret de n'en avoir pis conservé un exemplaire; 2'A'o/e historique sur les procit de Marie- Antoinette d'Autriche, reine de France, et de madame Êlisabelh, au tribunal révolutionnaire, Paris, 1816, hrochure in-8*; 3° Exposé simple et fidèle de la conduite du général Uunnaire, ex-commandant de la place de Coudé, etc., Paris, 1816, in-8° ; i° Plaidoyer pour les sieurs Disselte, Fabien fils et Volny, condamnés à la marque et aux galères à perpétuité par la cvur royale de la Martinique, Paris, 1826, in-8«; 5* un grand nombre de plaidoyers et de mémoires sur des affaires civiles. D — n — n.
CHAL VELIN (Guimai.n-Loiis de), né en 1C85, garde des sceaux de France, et secrétaire d'État au dé|>artcmcnt des affaires étrangères. Revêtu de ces deux places importantes en 1727, il devint le second et l'homme de confiance du cardinal de Fleury ; il avait rempli avec éclat la charge d'avocat général au parlement de Paris, connaissait les formes et les lois du royaume, et était très-utile au cardinal qu'il éclairait sur tous ces objets. Né avec un génie actif et pénétrant, il porta la même supériorité de lumières dans la direction des affaires étiangércs. A un esprit fin et délicat, il joignait un abord facile et gracieux, un commerce charmant, une conversation séduisante. Il était lié avec les plus grands seigneurs de la cour ; savait se faire des amis puissants, dont le crédit put le soutenir en cas de disgrâce. Habile à découvrir ses ennemis, il déconcertait leurs projets d'autant plus facilement qu'il connaissait toulcs les intrigues de la cour. Ses vues étaient vastes, ses correspondances très-étendues. Il était secret sans affectation ; sacrifiant une paitie de son sommeil aux affaires, et conséquemment lrèscxpédilif, il embrassait beaucoup d'objets et était cajmhle de suffire à tout ; il aimait les gens de mérite, protégeait les arts, et s'occupait avec ardeur à les faire fleurir ; enfin il était supérieur en tout au
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premier ministre dont il avait tome la confiance. Les courtisans, en cherchant à le perdre, jouèrent au cardinal de Fleury un tour perfide, dont les six dernières années tic sa vie se sont cruellement ressenties. D'abord on répandit sourdement t|iie, par le traité de Vienne, en 4756, il avait sacrilié les intérêts des allies à l'empereur Charles VI ; qu'il aurait dû lui faire acheter la paix à des conditions plus dures, que ce prince, battu de tous côtés, aurait été forcé d'accepter; on alla même jusqu'à attaquer sa probité, en l'accusant d'avoir reçu des sommes immenses pour prix d'un si grand service ; ensuite on persuada au cardinal que l'héritier désigné de sa place et de son autorité se lassait d'attendre, brûlait du désir de posséder son héritage, et était capable de lui donner des dégoûts pour l'obliger à le lui abandonner. Le cardinal qui, peut-être, peu de jours avant d'entrer dans le ministère, ne l'ambitionnait pas, craignit de le perdre dix ans après l'avoir obtenu ; il chercha à s'assurer de la vérité de cette imputation ; on lui en donna quelques preuves- Alors il oublia qu'il avait plus de quatre-vingts ans, qu'un second lui devenait de jour en jour plus nécessaire, que, sans cet appui, il allait être le jouet des intrigues; il crut qu'il se vengeait d'un traitre, et perdit un homme qui lui était plus utile que jamais. Chauvelin fut exilé à Bourges, le 20 février 1757. Il avait laissé un mémoire justificatif de sa conduite, dans lequel il est probable qu'il attaquait l'administration du cardinal ; ses amis, croyant le servir, firent parvenir le mémoire au roi, qui, le regardant comme un libelle contre un homme dont il pleurait la perte, changea le lieu de l'exil de Chanvelin, et l'envoya à Issoire, dans les montagnes d'Auvergne. Il obtint, trois ans après, la permission de venir dans sa terre de Grosbois, et il mourut à Paris, le 1" avril 1762, âgé de 77 ans. D. L. C.
CHAUVELIN ( François-Claude, marquis nE), porta dans sa jeunesse le titre de chevalier de Cauvelin. Capitaine au régiment du roi en 1754, il servit avec distinction en Italie, et parvint au grade de major général dans l'armée du prince deConti, avec laquelle il lit la guerre sur le bas Rhin et en Flandre. Maréchal de camp en 1745, il concourut à la défense de Gênes, où le roi le nomma son ministre plénipotentiaire et commandant îles troupes qu'il envoyait en Corse. Il réussit à pacifier cette ile pour quelques années. Lieutenant général en 17(0, il fut nommé ambassadeur à la cour de Turin en 1755, et il quitta Gènes. Cette république, en considération des services qu'il lui avait rendus, l'agrégea au corps des nobles génois, et le fit inscrire au livre d'or. Grand*croix de l'ordre de St-I.ouis, il obtint en 1760 une des deux charges de maître de la garde-robe du roi. Le marquis de Chauvelin joignait a beaucoup de finesse dans l'esprit le caractère le plus aimable, parlait avec grâce et facilite, et réunissait tous les talents nécessaires à un négociateur. Il s'était même acquis de la réputation à la guerre. En dépit do l'étiquette qui défend de mourir dans le palais des rois, il expira subitement d'un coup de sang, dans les appartements et sous les yeux de Louis XV, en faisant sa
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partie de cartes, au commencement de l'année 17?4*f et fut universellement regretté. On a do lui des vers faciles et agréables, entre autres un impromptu connu sous le nom des Sept Péchés mortels, qu'il lit à l'Isle-Adam, chez le prince de Conti, où il se trouvait seul avec sept femmes (1). Il avait pour frères Jacques- Bernard Chauvelin, intendant des finances et conseiller d'Etat, et l'abbé Chauvelin, dont l'article suit D. L. C.
CHAUVELIN (Henri-Philippe), frère du précédent, fut abbé de Monticr-Ramcy, chanoine de Notre-Dame et conseiller au parlement de Paris. H arquit une grande célébrité par l'audace avec laquelle, le premier, il attaqua le colosse des jésuites. 11 s'était déjà fait connaître, en 1750, dans la grande afTairc .les immunités. Le roi ayant demandé à l'assemblée du clergé une somme de 7 millions et demi, et une déclaration ordonnant de constater la valeur des biens ecclésiastiques dans le royaume, l'assemblée se plaignit vivement qu'on voulait l'assujettir à l'impôt du vingtième, et qu'on attaquait toutes ses immunités ; elle lit imprimer des extraits de ses procès-verbaux depuis 1501, tendant à prouver que les sommes payées par le clergé avaient toujours été demandées, accordées et reçues comme dons gratuits, libres et volontaires. L'abbé Chauvelin publia des Observations contre ces extraits, qui forent imprimées en 1750, in-i",et la même année parurent les famct.scs lettres IS'e répugnait (roy. Baiigetoiv), attribuées par les uns a Silliouelte, et par d'autres à Chauvelin. La France était alors agitée par de» dissensions religieuses. Chauvelin était regardé, dans le parlement de Paris, comme le corypliéc des jansénistes. Le parlement continuait avec une singulière activité ses procédures concernant le refus des sacrements. Le roi lui ayant ordonné, en 1755, de suspendre toutes poursuites, Chauvelin fit prendre, par sa cour, un arrêté portant qu'elle ne pouvait obtempérer sans manquer à son devoir. Des lettres de cachet signifiées par les nurusquetaircs, dans la nu>t du 8 au 9 mai, frappèrent deux présidents et deux conseillers. Chauvelin fut enfermé au BIont-Sl-Michel, et ses trois collègues au château de Ilam, à celui de Pierre-Encise, et aux lies Ste-Marguciïtc. Chauvelin supporta son malheur avec fermeté. Rentré dans le sein du parlement, il ne tarda pas à se venger des jésuites, qu'il devait regarder comme ses ennemis, puisqu'il les haïssait. Le 17 avril 1701, il prononça un discours qui parut imprimé sous le titre de Compte rendu par un de Messieurs sur les constitutions des jésuites : ce fut là la première atla-
(I) On peut encore juger do talent du marquis dé Chauvelin par quelques fragment* d'un poéme terdit, Intitule te Bonheur du sage. qui partirent en IBW, dans unr pzcile littéraire intitulée la Srmmnf. Ce poème est empreint d*one douce ei religieuse philosophie : témoin ces ver sur 1rs biens que te Créateur met à noire portée ;
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que. Le 8 juillet, il fit un second discours, publié sous le titre de Compte rendu par un de Messieurs sur la doctrine des jésuites. Le Compte rendu par le procureur général Orner Joly de Fleury ne vint qu'aprés, et Cliauvelin eut l'initiative dans celte grande affaire. On frappa des médailles, on grava des estampes pour célébrer son triomphe. Son portrait, peiut par Carmontellc et Roslin, fut gravé par Cochin, Latbsse, Moitié et Gravelot. On osa, <lans un médaillon, réunir son profil à celui de Henri IV. On le compara, dans de mauvais vers et de méchantes caricatures, à David, vainqueur du géant Goliath. Cliauvelin était petit, extrêmement contrôlait, et d'une laideur effroyable.. On conuait celte epigramme du poêle Roy :
Quelle en celte grotesque ébauche?
Est-ce un nomme, est-ce un sapajou ? etc.
Le 29 avril 1767, Chauvelin prononça au parlement un discours (qui fut imprimé in-4"), au sujet de la pragmatique sanction du roi d'Espagne coucernant les jésuites, cl, le 9 mai suivant, un arrêt bannit les jéMiiics du royaume. Ce fut à cette époque que l'abbé Cliauvelin, arrivé au terme de ses vœux, cessa de prendre une |»art active aux travaux du parlement, et fut nommé conseiller d honneur. Dés lors il tomba dans une espèce d'oubli. 11 était plein de feu, infatigable au travail. 11 avait de la sagacité des lumières, de l'éloquence, un caractère ferme et audacieux, mais un tempérament faible et travaillé par des infirmités continuelles. Attaqué d'une hydropisie de poitrine, il mourut en donnant une audience à ses médecins, et tandis qu'il plaisantait sur leur art, le 14 janvier 1770, à l'âge de !U ans. Quelques bibliographes lui attribuent un ouvrage anonyme et singulier, intitulé : Tradition des faits qui manifestent le système d'indépendance que les écéques ont opposé, dans les différents siècles, aux principes invariables delà justice souveraine du roisur tousses sujets indistinctement, et la nécessité de laisser agir les juges séculiers contre leurs entreprises, pour maintenir l'observation des lois et la tranquillité publique (I75S), in-12 (1). V— VE.
CHALi VELIN (Fraa'Çois-Deknaro de), marquis avant la révolution, comte sous Bouaparte, et Cbau-
(I) Mjlgré ce Utre an pou prolixe, celte brochure, selon letémoipinède Crinim, était presque aussi amusante qu'an roman. On était alors au milieu de» démêles entre le parlement et le cierge ; aussi obtint-elle an iresgrami sucrés, parte que les prétentions des evêques et des autres en lesiaMiques y étaient enlisées atec nue érudition piquante, qu'où n'est pas au oui unie a trouver daus ces sortes deuils. L'aulcur avait gardé l'anonyme; mais ou ne tarda pas a soulever le voile dout il s'était rouvert, et l'on acquit la certitude que cet ouvrage, qui faisait tant de bruit, élait sorti de la plume de l'aube de Cliauvelin. Cette brochure, tomme louies celles que lircut naiire ces tristes querelles, restaient enfouies dans la poussière des bibliothèques cl n'étaient plus réciterdires que par quelques curieux, lorsqu'on 1825, sous la restauration, les doctrines ultramonuines, piofessees bauteuient par une parue du clergé; français, cl la 'anteuse déclaration de 1683 rcpoussée comme uac ber.sie, réveillèrent les defenseors des priorités de l'Élise gallicane, et ils s'eninresM-rciit de réimprimer la brochure de Cliauvelin, «m uoien a iatnJitlèe» *tt/ori«*e*, l'aris, IMS, t vol. m 8", xi et 2 15 p. Il est juste d'ajouter louU lois que «l «ru reufenue plusieurs assertiuu» hasarda*. D— r.— ».
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velin tout court, du moins à ce qu'il dit en pleine cliambrc des députés lorsqu'il eut pris rang dans l'opitosition, (ils du marquis François-Claude de Chauvelin, était d'une de ces nobles familles qui parvenaient à tout sous l'ancien régime. A la finesse et aux charges lucratives de son pére, Chauvelin devait réunir, parfois du moins, les boutades anlimonacales et l'esprit chicanier de son oncle. Né le 29 novembre 17fitf, il n'avait que sept ans lors de la mort de son père. Son éducation fut celle des jeunes seigneurs de ce temps, c'est-à-dire qu'elle fut plutôt brillante que solide, et ce qui n'était pas rare à celle éj)oquc, où toutes les classes de la société semblaient frappées de vertige, plutôt libérale que religieuse. L'arrivée de Voliaire à Paris, en 1778, fit sur le très-jeune marquis de Chauvelin une impression de beaucoup au-dessus tle son âge, et qui ne s'effaça jamais ; au nom de ce patriarche d'une philosophie niveleusc, il accola celui de sou oncle le chanoine, dont le souvenir lui sembla dès lors un beau titre de famille. Du resle, il n'eut aucune envie d'entrer dans l'Église pour faire la satire de l'Église. Son père avait été lieutenant général; il fut admis à l'école militaire de Paris, et en la quittant reçut un brevet de capitaine de hussards. Son pére avait été, dans les dernières années de Louis XV, un des deux maîtres de la garde-robe; Louis XVI lui conféra la même charge près de lui. Son père enfin avait rempli des fonctions diplomatiques près des gouvernements d'Italie; la carrière diplomatique s'ouvrit aussi pour le jeune marquis. H est vrai que s'il faut en croire Bertrand-Molleville, témoin sans doute bien instruit, mais peu favorable à Chauvelin, l'éclatante mission par laquelle celui-ci débutait, et par laquelle il devait finir en tant que diplomate, ne fut qu'une disgrâce, et même une de ces disgrâces que personne ne peut plaindre. Lié par la communauté des doctrines aux grands meneurs du mouvement révolutionnaire, le maître de la garde-robe, au dire du ministre, aurait usé de l'influence de sa place pour espionner la famille royale et rendre compte à ses amis |Ki!iliques de ce qui se (lassait dans l'intérieur du palais. Un instant Louis XVI le vils éloigner de lui, lorsque, en 1791, il suivit, comme aide de camp avec le litre d'adjudant général, le marquis de Rochambeau envoyé sur la frontière du Nord pour suppléer aux vides laissés dans les cadres par l'émigration. Quelque temps après son retour, en février 1792, le roi, pour écarter de sa personne un témoin dangereux, le nomma plénipotentiaire à Londres. Comme on ne pouvait se dissimuler que l'éducation du nouvel .ambassadeur était encore à faire, il eut un mentor dans la personne de Talleyrand, qui fut au fond l'âme des négociations. Cet arrangement, du resle, eut aussi pour cause le décret qui défendait a tout membre d'une législature d'accepter pendant quatre ans des fonctions à la nomination du pouvoir exécutif. Ne pouvant, en faveur de l'évèque législateur, sauter par-dessus la loi, on prit le parti de la tourner. De là l'envoi du couple diplomatique à Londres. Talleyrand avait précédé; Cliauvelin le suivit bientôt î
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et quelque temps se passa sans qu'on sût bien quel était le véritable ambassadeur. Grâce ou mm à son acolyte, pour un novice Chauvelin ne s'en tira pas mal. 11 mit de l'aplomb, de la suite, de l'astuce dans ses relations avec le Foreign-Office. Bien au Tait de ce que voulaient les révolutionnaires, il multiplia les pratiques secrètes parmi les mécontents dont les capitales sont toujours pleines, et s'efforça de répandre les principes démagogiques parmi les classes moyennes et la populace : ses manœuvres ne furent pas sans succès d'abord. Toutefois il eut deux torts : l'un fut de partager et de confirmer l'illusion de rassemblée législative sur la facilité de bouleverser l'Angleterre ; l'autre était de croire que le gouvernement anglais serait la dupe d'artifices qui devaient inspirer à ses ministres plus d'antipalliie que de crainte. En apparence cependant rien de plus amical que son langage : il arrivait charge d'une lettre de Louis X VI pour George III, communication inusitée en diplomatie, et qu'on affectait de donner comme une preuve irréfragable de Irancbise. Lord Grcnvillc n'accueillit les ouvertures du porteur qu'avec défiance et réserve ;Talleyrand n'obtint de même qu'un demisuccés. Jusqu'au 10 août pourtant, les deux diplomates français purent espérer d'atteindre leur but; ils retardèrent l'accession de la Grande-Bretagne à la première coalition, et la guerre mt déclarée à la Prusse et à'J'Autriche, sans que l'Angleterre jetât aussi le gant. Mais la déchéance de Louis XVI, le 10 août 1792, mit lin à ces faux-semblants Lord Gowen quitta Paris. Chauvelin prit en vain le titre de plénipotentiaire de France : le ministère ne voulut lui reconnaître que celui de plénipotentiaire du roi de Fiance, et lui déclara qu'il ne le tolérait plus que comme simple particulier. Un jour c'était un alicn-bill dirigé surtout conire les Fiançais; un autre jour lord Grcnville refusait une conférence. L'ouverture de l'Escaut, l'imminence d'une invasion en Hollande, achevèrent de rendre la rupture inévitable; enlin le ton menaçant de quelques notes remises par Chauvelin, et dans lesquelles il annonçait que la convention, si l'Angleterre n'était fidèle à la neutralité, ferait un appel au peuple anglais contre ses gouvernants, était peu propre à calmer les passions. La mort de Louis XVI accéléra la catastrophe: Chauvelin à cette nouvelle reçut du roi d'Angleterre l'ordre de quitter Londres sous vingt-quatre heures, et la Grande-Bretagne sous huit jours. Maret, qui se trouvait aussi en Angleterre comme ambassadeur, resta jusqu'en février ; mais on le força de partir lorsque la guerre eut été déclarée par George III, le 11 du même mois. La manière dont le citoyen Chauvelin avait rempli sa mission en Angleterre lui valut un témoignage de satisfaction de la part du ministre des affaires étrangères. Il partit pour Florence avec le même titre, et des instructions analogues. Mais cette fois il ne put faire de la propagande : lord Hervey notifia au grand-duc de Toscane, ou le grand-duc de Toscane se fit notifier par lord Hervey, qu'il allait bombarder Livourne, si Chauvelin n'était parti sous vingt quatre heures ; Chauvelin partit. La France, qu'il revit
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alors, était moins sure encore pour lui que I;» péninsule. Quelques gages qu'il eût donnés de son attaebemeut à la révolution, il devint bienlôtsuspect : il avait été marquis; Dumouriez avait été son protecteur. A ces causes il fut mis en piison dés qu'il reparut en Fiance, dans le mois d'août 1793, el il subit une détention de onze mois, à laquelle le 9 thermidor vint mettre un terme. Les quatre années de la pcHtarchie directoriale le virent, loin du tumulte et des péripéties de la scène politique, vaquer en paix à quelques études littéraires et aux soins de l'économie rurale. Il était devenu, par son mariage avec mademoiselle «le Boullogne, propriétaire de l'antique abbaye de Clteaux, et n'ayant d'ailleurs jamais été porté sur les listes de l'émigration, il se trouvait plus riche en biens-fonds que jamais il ne l'avait élt Malgré cela, l'agronomie n'eut pas longtemps des charmes pour lui. Ses amis ont fait sein blant de croire que le sénat le nomma spontané ment membre du tribunal : la nomination n'est pa» douteuse, mais la spontanéité l'est fort. Il parai* qu'il eut d'abord quelques velléités d'opposition à 1» toute -puissante volonté du consul, soit qu'il regar dit ses empiétements comme des usurpations cl la monarchie comme un abus, soit qu'il ne crût point à la durée du gouvernement consulaire. Il eut raison, car le gouvernement impérial ne tarda pas 4 le remplacer. Chauvelin, qui venait de se déclarer contre l'institution de la Légion d'honneur, qu'il avait cru flétrir en la qualifiant d'ordre de chevalerie, ne tarda point a se raviser. H contrôla peu sévèrement le budget de l'an 11, vanta les triomphes des armées françaises, et félicita le premier consul d'avoir noyé dans des torrents de gloire et d'espérance les derniers levains des passions. Puis, quand, après sa sortie du tribunat en 1804, les électeurs de Bcaune le nommèrent leur candidat au corps législatif, il alla grossir la cour du nouvel empereur. Bonaparte, qui recevait volontiers aux Tuileries les anciens habitués de Versailles, sourit à M. de Chauvelin, et le sourire fut suivi d'une préfecture, celle de la Lys, dont l'administration offrait beaucoup de difficultés, ne fût-ce que comme conquête encore assez récente, ou comme côte sans cesse ouverte aux invasions de l'Angleterre. Il y resta huit ans, pendant lesquels il lit preuve de fermeté, de justice et de lumières. D'utiles el beaux établissements signalèrent son administration. Chargé d'avoir l'œil sur le général Sariazin, ils eurent des altercations qui se terminèrent par la désertion de cet officier. C'est surtout lors de la tentative des Anglais sur la Zélande qu'il eut lieu de déployer une activité toujours précieuse dans les temps de crise. Bonaparte, bon juge en cette matière, le récompensa, le 5 octobre 1810, par les litres de conseiller d'Etat et de comte de l'empire, depuis longtemps objet des vœux et des sollicitations de Chauvelin. Depuis six ans il portait le ruban de cet ordre, dont la création avait trouvé en lui un contradicteur : c'est ainsi que plus d'une fois Bonaparte se plut à faire faire pénitence à ses ennemis. Deux années durant, le comte Chauvelin coopéra très-activement aux travaux du conseil
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d'État. Parmi ses œuvres de ce temps «• tout lire le décret qu'il proposa, en qualité de rapi>orteur (1B décembre 1811), sur l'organisation des ponts cl chaussées, décret qui régit encore ta matière. De nouvelles instances lui firent obtenir, eu 1812. l'intendance générale de la Catalogne avec la mission d'y former deux départements. Ce poste, en pays de conquête, était une riche mine offerte à l'ambition et à l'activité. La rapide succession des événements empêcha sans doute le nouvel administrateur de pousser loin les opérations Inanciéres, soil pour le compte du maître, soil |*>ur le sien. Les deux invasions, la réaction royaliste de 1815, lurent pour Cliauvclin un temps d'eclipse totale. Cependant Louis XVIII, après lavoir très f.oiilcmenl reçu, le maintint sur la liste, des conseiller» d'Etat honoraires. Durant cea jours de dcsap|K>intcnient ei de calme forcé, il se demanda sans doute tous quelle bannière il irait se ranger. Royalistes, impériaux, républicains, tous avaient eu de lui de» gages. Son choix fut bientôt fait : il se dé< lara pour ces derniers sous le titre de royaliste constitutionnel, et se mit sur les rangs [tour la députalion. Nomme en 18ltt par le département de la Cdtc-d'Or, il ne quitta pour ainsi dire plus la chambre depuis ce temps jusqu'en 1829. En effet, après avoir siégé de 1810 à 1K22, il n'echoua qu'aux fan euses élections de 1824, dont le résultat fut la cltambro des trois ceuts ; et, dés que M. de Villêleeut si maladroitement dissous celte législature, son nom sortit de l'urne en novembre 1Nï7. Ici commence pour l'ex-préfct de l'empire, pour l'ex-ambassadcur de la république, une carrière dans laquelle il eut des succès, que la vogue exagéra sans doute, mais qu'elle eut quelque raison d'exagérer. Dans ces mémorables sessions, qu'illustrèrent les Foy, les benjamin Constant, Chauvelin parut sans trop de désavantage à côté de ces vigoureux athlètes. Ce n'est pas qu'il leur ressem- Dlc, il s'en faut de beaucoup; c'est au contraire qu'il ne leur ressemble pas. A côté d'orateurs qui brillent l'un par le génie et le coloris du poète, l'autre par un art de tisser le sophisme qu'on a rarement surpassé, Chauvelin se distingue par l'originalité : il esl lui. C'est l'homme de cour, mais lïtotumo de cour joignant aux manières de I OEil-de- Bauf quelque chose du penser de Voltaire, quelque chose du parler de Beaumarchais. Ses adversaires se sonl fortélendus sur sa veibosité : le mol n'est pas exact ; il eût fallu dire loquacité, garrulilé : être verbeux, c'est prolixemenl s'appesantir sur ce qui demandepeu de paroles, et se noyer dans son sujet ; les aborder, les effleurer, les degusler lous les uns après les autres, est chose bien difléi ente, et telle est, ce nous semble, l'habitude de Chauvelin (I). H sautille, il pétille, eût dit de lui ce Beaumarchais avec lequel nous lui trouvons quelque ressemblance. El t en disons ne s'applique pas
(I) Son éloquence, on pletot M ûwade a I» tribune rcmsiMait «ans ces traits Incisif* qui portent coup. C'est ainsi que. dans I* aeanee du 10 mars «842, en parlant de la ebanibre de «M*, il dit que cette chambre ne (ut qu'une cuonu»iuB impériale ira.sforu.ee eo commission rojaje.
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au style : le style est riiommc. Le style sautille, et l'homme aussi. « Ce doit être un bouillant jeune homme, • disait une demoiselle en lisant les faits et gestes de Chauvelin à la chambre. Elle oubliait que tout eligible devait alors juslilier d'au moins quarante printemps. Mais au fond , a la chronologie prés, elle avait raison. Le pied léger de Chauvelin était passé en proverbe. Maintes gens, en entendant les tirades antiliberales qui devaient soulever son indignation, disaient à mi voix : « Allons, saute marquis I » El il trépignait ! il levait les épaules! il jelaii d'un revers de ses mains une de ses mèches grises de l'est à l'ouest, ou réciproquement! on voyait qu'il souffrait de son immobilité, de son silence ! puis il se remettait à écouter, le cou tendu, la main dans le gousset, le coude en avant, le menton diagonal, les cheveux comme hérissés et dépassant les lenq>cs, puis il s'élançait à la tribune, l'escaladait , dépistait en quelque sorte ses adversaires de la parole. Parfois il barrait le passage au ministre récalcitrant qui s'avanrail vers la tribune à la sourdine, ou, s'il voulait parler hors de tour, il le dominait de sa voix. Au reste, il semblait se piquer de justice dans cette espère de magistrature dont il s' investi v.m ; nul ne haïssait plus les interrupteurs qui n'interrompent que par des cris, et ne distit plus fréquemment : Ecautet ! lahsti parler! pour Ics-cnncmis comme pour les ami». Son elocution était facile, sa phrase assez légère; beaucoup de c larté dans les idées : l'ironie, le sarcasme étaient ses arme* favorites; rarement il descendait à la persoLualité (I) :
(1) Le hurrul in Dtbtti, qui faisait alcrs i« dépotes de Topposition libérale une guerre au*si Juste qn* SabUaHI», » toujours au apprécier Coaureliu. ei le traitait a»« une sorte d ogards. Ainsi, en ISIS, dans une sorte de résumé de la dtsrnssio» du budget, après a»oir établi que les membre» du cote gau.tic y araù-ut fait plus de bruit qae de bc-ognc, « •**♦*■' "<•" JU* rojauMe» IhcmneBr de* économie*, le rrilartrnr ajoutait :« Ouanl S c H. le marquis de Ctiautelin, d»ns Celle discussion, il n'a pas ap- < partent! au eoie «anche ; il a appuyé toutes tes < con.untcs et luuirs a les réductions, sans acce|ilton de parti et sau< rumplaisanee |iour « les monstre* ; il a sole presque toujours seul de sua eoie. » Veut-on nn exemple de l aménité de sa discussion ! Non» le prendrons dans le rwit de la séance du :tt mars Is.l. A propos du budget, il se plaignit de l'extrême m.lulgeureque montrai! la chambie pour les oiierations des ministre*; H demanda au baron Uuts (rog. ea nom) la permission de n'être pas entièrement de son arts, en fat» uni observer que ce députe se soutenait d'a*oir ele. ministre, et qu'il pouvait bien avoir euvte de l'cire encore, a Cette espérance « penl et doit exeoser dans M. le baron l.nnis une indulgence qui c n'est et uedoil pas «ire partagée par lous les antres meiilires de € celle tbauibre. Je pourrais utei ici une expression, uoiale sans a doute, mais qui rendrait partaiiement ma pensée, et je dirais : t Vous êtes orfetie, monsieur Jo se. et ne voulex pas gâterie rac- « tier. ■ Ce laugage ne plaisait |<as toujours a ceux qui votaient au-o l'honorable membre. A ce |iropr»s, on lisait dans le Times, sous la date du 10 juin 1819 : « M. deCbaurelin a reçu d'amers reproches a de plusieurs de ses amis, qui commencent a se «aligner de relia a manie d inOaMre exrluslve.de ceUe politique etnehee, de celte « confraternité dans certaines opinions qu'il affecte quelquefois1 « atee les membres les plus «iolen s du cote droit. Ils ont mène été « iusua'â lut deniinJersi ce n'était pas un moyen indirect de (aire « rttïut ht place de malin de la aarit-roU el son titre de w«r- « «ara auquel lia renooré depuis ptusieai s années. » Cette suppoaition, au reste, était toute granité ; car. dans l'exécution, Chiu- Tdm s'associa toujours es première ligue aux mesures les plus <iee unes du cote gauche, souscriptions libérales, agression contre * pr.»«reur gênerai Betlan. appui déclare de Mauuel m*me f" ses (dus grands écarts de tribune, «M » eu, »-»-».
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il etcellait à poser les questions, comme à y ramener ceux qui n'en écartaient. Il devait cea avantages ù l'habitude des affaires, à la connaissance du monde et des hommes, aux notions variées qu'il avait acquises dan* tant de sphères différentes. 11 improvisait souvent et n'improvisait pas de mémoire comme tant d'autres. Bien que moralement infatigable parleur, il finit par se fatiguer au physique; et, vers la fin de 1 \ i r>, son médecin lui conseilla sérieusement, s'il tenait à ses poumons, de s'abstenir de la tribune : effectivement, au bout de la session, il alla se reposer dans son abbaye de Clteaux, et l'on composa à cette occasion les vers suivants :
Enfin calmant sa pétulance, Et bâillonné par son docteur, D'un pleil léger chez lui s'élance, Au vieil asile du silence, Le plus bavard des orateurs.
Parmi les nombreux épisodes de sa vie parlementaire, deux ont eu quelque retentissement. Le premier est la petite ovation que lui décernèrent les libéraux dijonnais, lorsqu'il passa par leur ville pour se rendre à son abbaye, en septembre 1819. Le second est de l'année suivante. Le SO mai 4820, à l'instant où l'on venait de constater, dans une question assez importante et longuement débattue, cent vinjrt-sept bou'es blanches contre cent vingt-sept boules noires, Chauvelin, malade, parut appuyé sur ses amis, et, par son vote, donna la victoire â son parti (4). La jeunesse libérale le porta en triomphe au sortir de la salle : ces bruyants témoignages semblant devoir se renouveler les jours suivants, des militaires, déguisés et armés de bâtons, se montrèrent aux portes du palais, menacèrent les groupes libéraux, et, lorsqu'ils virent sortir les députés qu'ils regardaient comme des conspirateurs de l'opinion, jetèrent contre eux quelques cris sinistres qui pouvaient faire appréhender du danger. Les députés, objets d'insultes, se plaignirent i la chambre et dans les journaux. Le gouvernement alors donna l'ordre d'une instruction judiciaire qui n'eut aucun résultat, si ce n'est que les bâtons disparurent. Découragé par 1 aspect des événements, ou possédé du désir de se consacrer a la vie industrielle, Chauvelin envova en 4829 sa démission i la cliambre des députés/et fit marcher de front chex lui quatre espèces de fabrication sur nne échelle assez vaste; mais il n'eut le temps ni de voir le succès couronner ses plans, ni le malheur le désenchanter de ses illusions. Il mourut à Paris du clwléra, en avril 4832. Son nom s'est éteint avec lui. Val. P.
CHADVELOT (Stlvestrb), né à Beaune, en 1747, mort vers 1840, fit ses études avec distinction chez les oratoriens de sa ville natale. Ses
(4) n l'était bit conduire a ta rtiimbre, ce jnor-la, en ebaise a porteurs, ei Diea ait que de plaisanteries celle icrie île véhicule lui attira I c M. le marquis de Camélia va en Iriompbe dans nne i porteurs comme le marquis de Mascsrille, cl peu s'en eu 1 ^r,™eat de ses épaules inviolables, l'Iionorable membre 1 rhaiiailon de itienreax modèle qn'il se-
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parents le destinaient au barreau; mais son gnflt et la tendance de son esprit le portaient vers l'étude des sciences exactes. Après avoir passé quelques années à l'école de llézières, où il eut Monge pour professeur, il rut nommé capitaine dans l'armé du génie. Après l'arrestation du roi à Varennes. Chauvetot émigra, et lit en 4792 la campagne des princes, à la suite de laquelle il demanda un congé pour se retirer à Brunswick. Là, il lit connaissance avec plusieurs savants, entre autres Ko?stner, l'historien des mathématiques l'astronome de Lach, le na turaliste Zimmermann. et le géomètre Gauss. Il cultiva constamment l'amitié de ces hommes célèbres • et, après être rentré en France en 4805, il entretint avec eux une correspondance suivie. Chauvelot a publié plusieurs ouvrages estimés : 4* Introduction A l'électricité, avec des explicationi à nombre de phénomènes de chimie, de physique et d'économie animale, Madrid ( Bayonne ), 4788, broch. in-8\ que les rapides progrès de la science ont lait vieillir en peu de temps. 2» U Livre det Vérités, contenant Us causes directes de la révolution française, avec une analyse raisonnée des missionnaires fionçaU ( les révolutionnaires ) , Brunsvork, 4795, in-8". 5» Le«r« à Kant sur l'épouvantable abus que I on pourrait faire de ses opinions, Brunswick, 1797, in-8°. 4° Nouvelle Introduction à la géométrie, ou théorie exacte et lumineuse de l'étendue, Brunswick, 4802, in-8°. Cet ouvrage est une démonstration métaphysique des notions élémentaires de la philosophie ; il se distingue par beaucoup de précision et de clarté. Z— o.
CHAUVEISCI (Louis DELooz,comtedeCHiM, sire db) Ce seigneur, d'une famille ancienne et puissante des Pays Bas, qui a pris part aux événements les plus remarquables de leur histoire, et a eu elle-même plusieurs historiens, tels que Mnntelius, acquit de la célébrité à la fin du 42* siècle par le tournoi qu'il donna à Chauvencile-Château, village sur la rive gauche du Chiers, entre Stenay et Montmédi , à deux lieues de la première de ces villes et à une petite lieue de la seconde. Ce tournoi, qui réunit une brillante noblesse, aurait cependant été oublié, s'il n'avait inspiré un trouvère contemporain qui l'a chanté en vers. Jacques Bretex date lui-même son «ruvre du 8 aoiU de l'année 4285. Le P. Menestrier, si versé dans tout ce qui tenait à la science héraldique, connaissait ce poème dont il cite des fragments, p. 255 de l'Usage des armoiries, et p. 372 de l'Origine des armoiries. Feu Delmotte, bibliothécaire de la ville de Mons, l'ayant retrouvé dans le dépôt qui lui était confié, le prépara pour l'impression; son fils a fait paraître ce travail tel qu'il était, quoiqu'il eût besoin d'une révision attentive et sévère, attendu les progrés qu'a faits depuis quelque temps la connaissance de la littérature française du moyen âge. Les 7bumot* de Chauvenci •ont sortis, en 1836, des presses de A. Prignct, à Valenciennes, grand in-8* de 465 et 28 p., fig. — Louis de Lonz, sire de Chauvenci, devait èire fils de Gérard, le fondateur de l'abbaye d'Herkenrode. On lo fait mourir en 1248,
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qui prouverait que Bretex se mit a écrire dam une vieillesse très-avancée et plus qu'octogénaire, chose surprenante, si l'on fait attention à la chaleur de son style et aux détails d'imagination qu'il a quelquefois répandus sur son récit. R— <j.
CHAUVIEA (Claijde-Fra.nçois-Xavier). conventionnel, né en 1748, à Lure, petite ville de Franche-Comté, y pratiquait la médecine en 1792. lorsqu'il fut nommé député du département de la Haute- Saône à la convention nationale. Il y siégea parmi les modérés. Dans le procès de Louis XVI. il vota pour la détention de ce prince, son bannissement à la paix, et se prononça d'ailleurs contre l'appel au peuple et contre le sursis. Après la chute de Robespierre, il fut envoyé dans les départements de la Corréze et de la Dordogne. avec des pouvoirs dont il ne se servit que pour faire disjiarallre les traces encore récentes de la terreur. A la fin de la session, il entra au conseil des cinq-cents. En quittant les fonctions législatives, Chauvier fut nommé maire de sa ville natale, puis membre du conseil général de son département. 11 mourut à Lure, le 36 février 1814, laissant la réputation d'un honnête liomiue et d'un médecin instruit. 11 avait de la littérature et des connaissances assez étendues dans l'histoire naturelle et les sciences physiques. W— s.
CHAUVIN (Piehrb), médecin, quiexerçailson art à Lyon, à la fin du 16* siècle et au commencement du 17*. fut agrégé au collège de sa ville natale, et nommé médecin du roi. On lui doit : 1* une édition estimée des œuvres de Michel Ettmuller : Uichaelis Ellmulleri.phil. et med , doct.,operum omnium medico-physicorum edilio novissima, etc., Lyon, 1<>!H), 2 vol. in fol. (Foi/. Ettmuller ) 2» Uttre adretsée à madame de Sènozan sur la baguette divinatoire de Jacques Aimar-Vcrnai, Lyon, 1G93, in-12. K.
CHAUVIN (Etienne), hïs d'un marchand de Nîmes, où il naquit en 1640, fut ministre de la religion reformée. A la révocation de l'édit de Nantes, il chercha un asile en Hollande, et desservit pendant quelques années l'église française de Bolterdam. Il devint ensuite pasteur de celle de Berlin, professeur de philosophie et inspecteur perpétuel du collège royal français de celle ville, « auquel il com- « munii|ua, dit l'historien de cet établissement, le a relief personnel que lui donnaient son liabilelé et « sa réputation. » La société royale des sciences de Prusse l'admit dans son sein, et devait cet hommage à la profondeur et à l'étendue de son savoir. Il s'adonna particulièrement à l'élude de la nature et de la physique expérimentale. L'histoire de la philosophie fut aussi un des principaux objets de ses travaux, et il professa cette science à la place de Bayle, pendant une longue maladie de cet homme célèbre. Chauvin a fait imprimer : I* de Cognitione Def, in- 12. 2* Lexicon rationale, tire Thésaurus philosophieus , Bolterdam, 1G92. in-fol. Ce dictionnaire, bien plus complet que le Lexicon Phitotophorum de Rodolphe Gocletiius, lui est encore préférable par la forme et par l'exécution. L'édition de Leuwarden, 1713, in-fol., H{?., est plus belle et plus estimée. &• Dt Nalurali Rttigivne, 1093. 4» Eclairas-
temenlt sur un livre de la religion naturelle, 1605. 5* Nouveau Journal des Savants, commencé à Rotterdam, en 1694, et continué & Berlin jusqu'en 1698. Cet écrit, dans le genre de l'histoire des ouvrages des savants, par Basnage de Beauval, n'eut pas le même succès; on y trouve plus d'érudition que do goût. 6» Dt Nova rirca vapores Hypothtsi, insérée dans les Misctllanta Berolinensia. Cliauvin mourut à Berlin, au mois de septembre 1725. V. S — L.
CHAIX (mademoiselle de la) serait, malgré son esprit et ses malheurs, entièrement oubliée aujourd'hui si Diderot n'etlt consacré quelques pages à retracer sa touchante histoire. Née vers 1720, à liai if, d'une famille honorable, elle reçut une éducation plus soignée que ne l'était alors celle des femmes. A beaucoup d'esprit et de dispositions |»our les sciences joignant une sensibilité très-vive, elle connut le médecin Gardeil ( roy . ce nom ), l'aima, s'en cmt aimée, et linit par quitter ses parents pour vivre avec l'homme de son choix. Gardeil ne possédait rien, mais ses talents lui promettaient un avenir. En attendant une clientèle qui ne pouvait manquer, il travaillait i Une Histoire générale de la guerre, avec d'Héronville et Montucla. Mademoiselle de fa Chaux jouissait de quelque fortune ; elle fa mit a la disposition de son amant , qui en usa comme de la sienne propre. Epuise de fatigue, il tomba malade; pour alléger son travail , mademoiselle de fa Chaux apprit l'hébreu et se perfectionna dans te grec dont elle avait déjà quelque teinture. Le désir d'ajouter a ses connaissances lui lit apprendre l'italien et l'anglais. Elle se délassait de l'étude en gravant de la musique; et, lorsqu'elle craignait que l'ennui ne gagnât son amant, elle chantait. La famille de mademoiselle de fa Cliaux, dont l'honneur était blessé par cet attachement public , recourut à l'autorité pour fa faire renfermer dans un couvent. Voulant se soustraire aux recherches de la police, elle vécut plusieurs années cachée dans les qiianiers les plus recules, ne voyant ses amis que la nuit. Tant de sacrifices devais i ■ « être payés par la plus noire ingratitude. Un jour Gardeil se lassa de la femme qui lut avait donné des preuves de l'amour le plus vrai et le plus tendre ; il lui déclara froidement qu'il ne pouvait et ne devait plus 1a voir. Ce fut pour elle la cause d'une mafadie où elle souhaita mille fois de mourir; mais sa jeunesse et les soins du médecin le Camus la sauvèrent. Diderot prit le plus vif intérêt à ses souffrances. « Pendant sa convalescence, « dit-il , nous arrangeâmes l'emploi de son t< inps. « Elle avait de l'esprit, de l'imagination, du goût et « des connaissances plus qu'il n'en fallait pour être a admise a l'académie des inscriptions. » Les matières les plus abstraites lui étaient devenues familières en entendant parler métaphysique à d'Alembert , à l'abbé de Condiliac, et à Diderot, qui lui adressa son Addition à la lettre sur te* sourds-muets. D'après les conseils de ses amis, elle traduisit de l'anzlais les Essais sur l'entendement humain, par Hume. Mademoiselle de 1a Chaux , en y travaillant, reprit un peu de courage et de gaieté. Sa traduction de Hume ne lui avait pas produit grand argent : les Hollandais
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impriment tant qu'on veut, pourvu qu'il» ne payent rien (t). Diderot lui proposa de composer un ouvrage d'agrément auquel il y aurait moins d'honneur et plus de profit. Au bout de quatre ou cinq mois, elle lui apporta Us Troit Favorites, petit roman plein de grâces, mais dans lequel il s'était, à son insu, glissé plusieurs traits applicables à madame de Pompadour. Il était impossible de les supprimer sans gâter l'ouvrage, et de le faire paraître tel qu'il était sans s'exposer i la vengeance de la marquise. Diderot lui donna le singulier conseil d'envoyer l'ouvrage à madame de Pompadour, avec une lettre qui la mit au fait de cet envoi. Deux ou trois mois s'écoulèrent sans que mademoiselle de la Chaux entendit parler de rien. Au bout de ce temps, un chevalier de St- Louis se présenta chez elle avec une lettre de la marquise, qui la pressait de venir à Versailles recevoir des marques de sa reconnaissance, l e chevalier, en sortant, laissa sur la cheminée un rouleau de cinquante louis. Mademoiselle de la Chaux avait austant de timidité que de mérite; et tomes les intances de ses amis ne purent la décider a se rendre au désir de madame de Pompadour. Le même émissaire revint avec une nouvelle lettre pleine de reproches obligeants, et en parlant il lui laissa une gralilication au moins égale i la première. Mais mademoiselle de la Chaux n'alla poin» à Versailles. Peu de temps après, elle retomba malade ; tous ses amis, même Diderot, la quittèrent l'un après l'autre; il n'y eut que le médecin le Camus , qui lui avait offert de l'épouser, qui ne l'abandonna point. Cette infortunée mourut vers 1758, âgée de moins» de 40 ans. Les détails que l'on vient de lire sont extraits en partie de l'opuscule de Diderot: Ceci n'est pas un conte t édition de Briére, t.7,p.339. Naigeon en atteste la vérité. W— s.
CHAVAGNAC (Gaspard, comte de), d'une ancienne famille d'Auvergne , naquit à Bresle, prés de Drioude, en 1621. Après avoir serti en France pendant quarante-cinq ans, il passa en Espagne, et ensuite à la cour de Vienne, où il servit longtemps en qualité de lieutenant général. L'Empereur le nomma son ambassadeur à Varsovie, pour faire élire roi de Pologne le duc de Lorraine. Il revint en France à la paix de Nimégue, et mourut fort âgé, sans laisser de postérité. Ses Mémoires, publiés après sa mort (Besançon, 1699, 2 vol. in-1-2), contiennent ce qui s'est passé de plus considérable depuis 1612 jusqu'en 1695, ou plus exactement jusqu'en 1679; car, au ddi de cette époque, on n'y trouve que deux courtes notices qui paraissent ajoutées par les éditeurs. La naïveté du récit de l'auteur inspire la confiance ; mais l'esprit de dénigrement avec lequel il poursuit tous les généraux sous lesquels il a servi le rend quelquefois suspect. A l'en croire, rien u'a réussi que par sou conseil ou son intervention , et, si une
(I) Sairant Diderot teUt induction fit imprimée presque m ■eme tenu* qae «a LeUr* nr ta lourJt-mutu, par conséquent de CM a «î« ; il «Joule qu'elle fui bien accueillie du public ; el etpendant on ne connaît pas d'antre traduction de» Etttit de Hume que celle de Merian, Amsterdam, 1758. (»'»». VEztmen crtiquete Uarliier, p. iOO.'
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entreprise a manqué, c'est parce qu'on n'a pas voulu suivre son avis. La 5* édition, Paris, 1700, est corrigée , et la 4* (Amsterdam , 1701 , 2 vol. in-8*) est augmentée de notes critiques par Courtilz de Sandres. (Foy. ce nom.; — Son grand-|>ére, Christophe deChavagnac, commandait dans Issoire pour Henri IV, alors ru de Navarre, et se distingua par sa belle défense, lorsque cette ville fut prise par le duc de Guise , en 1577 : il était pelit-lils de Maurice de Chavagnac, gouverneur du Limousin sons Charles VIII, et qui fut tué en défendant Naples contre Gonsalvc de Cordoue, en 1499. C. M. P.
CHA V ANE (François-Xavier), doyen de la faculté de droit de l'université de Nancy , naquit en 1707. Dés l'âge de vingt trois ans, il fut doclcuraRrégé à l'université de Pont-à- Mousson. F.n 1746, il devint professeur en titre. Lorsque cet établissement eut été transféré a Nancy (1768), Chavane continua d'occuper une chaire que personne ne méritait mieux que lui. Il lit paraître un ouvrage élémentaire qui , par la clarté des définitions et l'heureux arrangement des matières, devint le manuel de tous les étudiants en droit. Il est intitulé : Manuduclio in elementa juris romani , juxla ordinem institutionum Jusltniani disposita , Nancy, 1773, 2 vol. in-12. I. auteur rapproche quelquefois des dispositions du droit romain celles de la coutume de Lorraine et des ordonnances des ducs qui paraissent s'y rapporter, ou en dériver. La modestie et les vertus de Chavane donnaient encore plus de relief à son savoir. Il mourut à Nancy, universellement regretté, au mois de mars 1774. L— m — x.
CHA VAN NES (Alexandre-Cùsar de), ministre évangélique, né en 1723, mort en juillet 1800, a publié : 1° Conseil sur les éludes nécessaires à ceux qui aspirent au saint ministère, ou Introduction à l'élude de la théologie, Lausanne, 1771, in-8'; 2* Essai sur l'éducation intellectuelle avec le projet d'une science nouvelle, Lausanne, 1787, in-8*; 5° Anthropologie, ou Science générale de l'homme pour servir à l'étude de la philosophie des langues, Lausanne , 1799, in-8*. Z— o.
CH.WES (Nitifo de), capitaine espagnol, fut détaché , en 1557 , par le gouverneur du Paraguay, avec une. flottille et deux cent vingt soldats , pour aller s'établir sur le territoire des Indiens Xarayes. Chaves remonta le Parana, y laissa sa flottille, et pénétra dans le pays que l'on nomme aujourd'hui province de Chiquilos et de Matogrosso , où il acquit des renseignements sur les mines d'or. Les Indiens Paysuris, Xaramasis et Samaracosis le reçurent amicalement * mais les Trahasicoris lui livrèrent plusieurs combats. Il les battit , et, ayant résolu de se former un gouvernement ndépendantdu Paraguay, il partit pour Lima , et obtint du vice-roi du Pérou l'autorisation qu'il demandait. Revêtu du litre de lieutenant du vice-roi il retourna avec «les troupes dans le pays qu'il avait découvert, y fonda, en 1500, la ville de Santa-Cmz de la Sierra, s'y établit avec sa famille, et gouverna la nouvelle colonie jusqu'à sa mort. — Jérôme de Chaves , né à Séville , publia une chronographie, ou Repertorio de lot tiempos.