‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 60 sur 117 · SG · texte numérisé non relu

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statue équestre à Clélie, qui fut la première personne de son sexe honorée de cette distinction. Selon Plutarque, celte statue subsistait encore de son temps; niais Dcnys d'IIalicarnasse, un peu antérieur à lui, assure qu'elle avait été consumée par le leu. Au reste, on doit observer que, quoique Faction de Clélie n'ait en elle rien d'extraordinaire et d'impossible, elle a été regardée comme fabuleuse par plusieurs auteurs : elle appartient en effet à une époque dont les historiens se sont plu à relever par le merveilleux un grand nombre de circonstances. ( Voy. Horalius CocLés et Mucius Scévola.) D-t.

CLEMENCE DE HONGRIE, reine de France, femme de Louis X, surnommé le Hutin, était fille de Charles, 1" de ce nom, dit Martel, roi de Hongrie, et de Clémence de Haosbourg. Elle fut mariée * Louis X le 10 août 1315, et couronnée avec lui à Reims le 24 du même mois. Marguerite de Bourgogne, première Icinme de ce prince vivait encore, mais il avait été forcé de la répudier à cause île son inconduite, et peu de temps après ce second mariage, il la fit étrangler au Château-Gaillard, où elle avait été renfermée avec Blanche, comtesse de la Marche. ( Voy. les art. Marguerite de Boungog.me et Louis X. ) Clémence, citée comme une des plus belles femmes de son temps, ne vécut guère plus d'une année avec Louis X , qui périt le 8 juin 1316. On pense généralement qu'il fut empoisonné. La France resta cinq mois sans roi, parce que la reine était enceinte; un parti composé de bons Fronçais déconcerta les projets de ceux qui voulaient disposer de la couronne, et lit déclarer que si Clémence accouchait d'un (ils, le trône appartiendrait à cet entant. Elle accoucha eu effet d'un iils, qui reçut le nom Jean; mais il ne vécut que quatre à cinq jours. Quelques historiens le mettent au nombre des rois de France ; l'usage de ne pas le compter a prévalu. Clémence, dont la santé avait été altérée par le chagrin que lui causèrent la mort de son mari et la perte de son Iils, ne leur survécut que douze ans, ne se mêlant point des affaires de l'Etal, tout occupée de son salut et du soulagement des pauvres, et souvent obligée d'acheter par des privations personnelles le plaisir qu'elle trouvait à secourir l'indigence. En souvenir de sa patrie , elle avait fondé à Budé un collège pour y faire élever gratis un certain nombre de pauvres orphelins. Celte pieuse reine mourut à Paris, à l'hôtel du Temple, le 13 octobre 13-28, n'ayant jamais eu sujet de regretter d'avoir lixé son séjour en France, lorsqu'aucun intérêt ne l'y arrêtait plus. Elle fut enterrée dans l'église des domimeains de la même ville, et son cœur porté au monastère des religieuses de Nazareth, à Aix en Provence. Les rois Charles le Bel et Philippe de Valois ajoutèrent à ses revenus, dont elle taisait un si noble usage, et les princes curent pour elle les plus grand* égards: ainsi, en perdant lout pouvoir, elle tit augmenter sa considération: c'est le plus bel cloge qu'on puisse foire de son caractère. F — E.

CLEMENCE ISA LUE, illustre dame toulousaine qui ranima daus sa patrie le goût cl l'amour des

lettres, à la fin du 13* siècle. Toulouse avait une in* stitution littéraire dont l'origine est inconnue, mais qui était déjà ancienne en 13*23. On l'appelait collêge du gai savoir, ..u de la gaie teienee. ( Voy. Camo et MoLi.Mhti. ) (Test sur cette institution que fut ensuite fondée celle des Jeux floraux, qui, après avoir langui pendant près d'un siècle, allait périr, lorsque Clémence Isaure la ranima par sa fondation vraiment magnifique. On a dit qu'elle descendait des comtes de Toulouse. Son épitaphe porte seulement que sa famille éta<* illustre, ex clara Itaurorum familia; qu'elle mourut à 30 ans; qu'elle n'avait pa9 été mariée. On y détaille les revenus qu'elle laissa a la ville pour servir exclusivement à la célébration des Jeux floraux , de telle sorte, y est-il dit, que ce qui restera de ces revenus annuels soit employé à un festin, plutôt que d'être détourné à d'autres usages : de rehquo epulenlur. Une messe, un sermon, des aumônes, doivent ouvrir cette féte. Avant la distribution des prix, on doit aller jeter des roses sur le tombeau de Clémence. Ce fut pendant sa vie qu'elle lit cette fondation, conflrmée par son testament. Des fleurs plus riches et qu'on appela nouvellci, encore qu'elles eussent le même nom et la même forme, parce qu'elles provenaient de celle fondation, ranimèrent l'émulation des amis des muses, et rendirent son premier lustre a la fêle du 3 mai. Clémence Isaure s'y montrait parmi les juges du combat ; c'est à elle que madame de Villeneuve s'adressait dans le concours de 1498 : « Heine de poésie, puissante Clé- ' menec, lui dit-elle, si mes vers obtiennent votre « suffrage, j'aurai la fleur qui de vous prend nais- « sanec. » Dans le registre où cette pièce de vers est conservée, on trouve celle qui, dans le même concours, rcm|>orta l'églanlinc. U le a pour titre : Oit par laquelle M. Bertrand de Roaix gagna léglaniine nouvelle qui (*l donnée par dame Clémence, l'an 149S. Un autre registre, qui commence à l'année 1513, en parle comme étant morte depuis peu de temps, « feue dame Clémence de bonne mémoire. » On y voit la preuve d'un grand changement opéré dans le collège de la gaie science. Ce collège prend pour la première fois le nom de Jeux floraux. Il n'y a plus de bacheliers et de docteurs en gaie science, mais des maîtres es Jeux floraux. Les mainteneurs ne reçoivent plus, à titre de bienfait, les fleurs que les capitouls fournissent; ils les réclament comme une dette, en exécution de la fondation de dame Clémence, et les capilouls répondent « qu'ils « feront leur devoir; qu'ils ont vu naguère le testa* « ment de dame Clémence, qu'ils l'exécuteront, s Hicn n'est épargné pour la soknnité de la féle, dont les apprêts sont faits par trois capitouls préposés pour cela, sous le nom de Bailet des Jeux floraux. Les mainteneurs délibèrent de donner des prix extraordinaires qui seront payés aux dépens de la fou* dation, et les capilouls exécutent ces délibérations. Une foule d'auteurs contemporains célébrèrent celte fondation, lleuoit, jurisconsulte du 1 5* siècle , enseigne dans un traite de jurisprudence intitulé : Repetitio capiluli Uaynuliut, qu'on peut faire un kg-» à h -Ville pour la ccleiwaiiou de jeiu annuels,

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sur quoi il cite la fondation de dame Clémence, femme illustre et très-riche Toulousaine, Pi oui Mustris mulier ilta fecil domina Clemenda dilissima eitis Tolosana. Benoit devait être à peu près de l'âge de Clémence Isaure, qui vivait en 1198, et qui était déjà morte en 151.1. Sa mort était encore récente, lorsqu'en 1527, Etienne Dulct, fameux par ses talents et sa lin déplorable, fil en vers latins un eldge de Clémence, sous ce litre : de Muliere quadam qui ludos tillerarios lotosa consliluil. En 1530, Jean Boissoné, professeur en droit à Toulouse, célébra en vers français et latins la fondation de Clémence. Depuis 1555 jusqu'en 160!), Clémence Isaure a été successivement célébrée par Jean Voulié, Pierre Trcssabot, Pierre de Sl-Anian, Antoine Syplirien, Pierre Corel, Jean Dodin, par G. Draud, dans sa Billiolheca classica; le président Derthier, dans le recueil de ses poésies latines ; de Thou, dans le journal de sa vie; Pierre Dulour dans son Agonitticon; Alexandre Dodius, poète écossais; Papire Masson, Pierre Goudclin, etc., etc. Ces témoignages d'auteurs, dont les premiers sont contemporains, concourent, avec les monuments de l'hôtel de ville, pour prouver son existence. Ces monuments sont sa statue de marbre blanc, placée dans le grand consistoire où se célébraient les Jeux floraux, et au pied de laquelle son éloge est prononcé tous les ans depuis 1527 ; la table d'airain qui couvre le piédestal de cette statue, où est gravée l'inscription qui détaille les dons de Gérance pour la célébration des Jeux floraux, et qui prescrit d'aller tous les ans jeter des roses sursoit tombeau (1), Parmi ces monuments, sont les registres de l'hôtel de ville et ceux des Jeux floraux, dont l'accord est parlait pour attribuer celle lundation a Clémence Isaure, et ceux de la cour des comptes de Montpellier, où l'on voit un dénombrement des biens de la ville de Toulouse fait en 1510. Les capitouls y comprennent ceux de la fondation de Clémence Isaure, en observant que la ville n'en profile pas, attendu qu'elle est obligée d'en employer les entiers revenus à la célébration des Jeux floraux. Catcl, dans ses Mémoires du Languedoc, qui parurent sept ans après sa mort, convient que l'existence de Clémence Isaure semble suffisamment indiquée, tant par les registres que par les anlrcs monuments; mais, par une méprise qui serait inconcevable s'il avait publié lui-même son ouvrage, il élève un doute sur celte existence, confondant l'institution des Jeux floraux récemment faite par Clémence dans le collège de la gaie science, avec l'antique institution de ce collège, auquel il donne le nom de Jeux floraux qu'il a conserve. Cette équivoque lui fait supposer que Clémence, si elle a existé, appartient au 13' ou au 14* siècle ; et, comme on ne parle d'elle qu'à la fin du 15* ou au commencement du 16' siècle, ces témoignages que mal à propos il ne croit pas contemporains, ne font que l'ébranler au lieu de le convaincre, el cette erreur de fait l'amène à douter que

(I) Celte table, dont Ij deMrnrtian avait rté ordonner pur les révoiniloiiDitrcs, a été ron*enree par le toadear charge d'en faire le* CrtnouUu de la porte de St-Micucl, et qui j wksirnu une matière pareille.

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Clémence Satire ait existé. Cascneuve, qui laissa aussi un écril sur les Jeux floraux , imprimé après sa mort, les confond également avec le collège de la gaie science ; et dès lors, ne pouvant pas en attribuer l'institulion à Clémence Isaure, il ne la nomme même pas. Il fait de cette institution une cour d'amour, que les capiiouls auraient commencé i tenir en 1524. De la Faille, historien de Toulouse, confondant également l'institution des Jeux floraux avec celle du collège de la gaie science, va plus loin que Catel, qui n'eut qu'un doute, plus loin que Caseneuve, qui s'est borné à ne pas prononcer le nom de Clémence. Il dit que la tradition de Clémence Isaure ne remonte qu'à 1510, tandis qu'il cile le registre de 1513, à la lête duquel se trouve le nom de Clémence , et dans lequel on rappelle le registre antérieur qui contient ses ordonnances. L'erreur de Catel, adoptée par Caseneuve et par de la Faille, ne peut, lorsqu'elle est connue, tirer à conséquence contre un fait historique si bien établi. Elle n'a été partagée par aucun lecteur instruit et atlenlif; mais les capitouls de Toulouse y ont trouvé un prétexte d'attaquer souvent ( toujours sans succès ) l'indépendance du corps des Jeux floraux, depuii même qu'ils ont été érigés en académie. Cette érection fut faite eo 1694, par des lettres patentes, qui portent à trentesix le nombre des mainteneurs, y compris le chancelier et le maire de Toulouse, académicien né. En 1723 ce nombre fut porté à quarante. Un édtt de 1775 supprime l'ofiice de chancelier, et d'autres distinctions qui blessaient l'égalité académique : les sceaux ont été confiés au secrétaire perpétuel. La présidence de l'académie appartient à un modérateur, et, A son défaut, à un sous-modérateur qu'on tire au sort tous les trois mois, et dont les noms ne sont ensuite remis dans l'urne que six mois après la fin de leur trimestre. H y a un secrétaire des assemblées, dont les fonctions durent trois ans, et qui est charge de recueillir les ouvrages qu'on lit dans les séances publiques et particulières, et d'en présenter tous les ans l'analyse a l'académie. Il y a deux censeurs pour veiller à l'exécution des règlements et a l'impression du recueil , et un trésorier, qu'on appelle dispensateur . Les officiers municipaux , qui , en 17110, remplaçaient les capitouls, renouvelèrent leurs prétentions de présider l'académie , qui aima mieux s'anéantir que de se prêter à aucune violation de ses droits. Après une dispersion de quinze ans, les mainteneurs qui se trouvaient à Toulouse en 1803 se réunirent spontanément. Cette réunion fut approuvée par le gouvernement. L'académie reprit et continua ses exercices , nomma a une partie des places vacantes, travailla à recouvrer ses registres, ses livres, la salle des assemblées; proposa et distribua, avec la même solennité qu'au|>aravant , les fleurs de Clémence Isaure, une amarante et une églantinc d'or, une violette, un souci et un lis d'argent. Il reste encore, des biens que Clémence Isaure légua à la ville de Toulouse, la place dite de ta Pierre, dont le produit annuel grossit de 9 à 10,000 francs les revenus de la ville. C'est de ces revenus qu'est prise la dotation do l'académie, portée par

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!>■ budget, suivant le vœu du conseil municipal. L'académie des Jeux floraux fait imprimer tous les ans nn recueil divisé en 2 parties. Dans la 1" sont les ouvrages couronnes ou seulement distingués dans le concours ; la 2e renferme deux discours, l'un sous le nom de semonce, qui ouvre l'année académique ; l'autre qui ouvre la séance publique du 3 mai , et dans lequel on insère avec plus ou moins d'étendue l'elogc île Clémence battre. Les éloges des académiciens morts s'y trouvent aussi, avec les discours de réception et les autres ouvrages de poésie, d'éloquence ou de critique littéraire, lus dans les séances publiques ou particulières, par les mainteneurs ou par les maîtres. La fèlc annuelle des fleurs , à laquelle se rattachent des souvenirs si doux et si touchants, est célébrée avec ta même pompe qu'avant les jours désastreux de la révolution. M. Poitevin-Peitavi, secrétaire perpétuel îles Jeux floraux, a publie : Mémoires pour servir à l'histoire des Jeux floraux, Toulouse, 1814 , 2 vol. in-8°. T— L.

CLÉMENCE ( Josepu-Gullaime), né au Havre, le 9 octobre 1717, fut cure de Sl-Cande, à Rouen , et ensuite grand vicaire <le Poitiers. I.e cardinal de la Poche loucauld lui donna un canonicat, et peu après Louis X V le nomma prieur commandataire de Si - Martin «le Machecottlt Celait un homme instruit; il possédait le grec, le syriaque et l'hébreu ; mais c'est un écrivain très-médiocre, et à l'exception d'un seul, ses ouvrais sont aujourd'hui presque entièrement oublies. L'abbé Clémence mourut le 6 août 1792. On a «le lui : |« Défense des livres de l'Ancien Testament contre l'écrit intitulé la Philosophie de l'histoire, de Voltaire, I7C8, in-8"; réimprimée eu 177G; 2° les Caractères du Messie vérifiés en Jésus rie Nazareth, 1770, 2 vol. 5* l'Authenticité des livres, tant du Nouveau que de l'Ancien Jestament démontrée, et leur véridicilé défendue, ou réfutation de ta Uible enfin expliquée par les aumôniers du roi de Prusse, Paris, 1782. in 8° (I ). On sait que ces prétendus aumôniers du roi de Prusse ne sont autres que Voltaire. A 11— r

CLÉMENCE T (dou ClUrusj, né en 1703, à* Painblanc, au diocèse d'Aulun, lit ses humanité!, au collège des oraloriens de IJcaunc , sa philosophie chez les dominicains de Dijon, et entra dans la congrégation de St-Maur, le 7 juillet 17-23. Il prononça ses vœux dans l'abbaye de la Sic-Trinité de Vendôme. Aussitôt après sa profession, il fut envové à l'abbaye de St-Calais, où il apprit le grec sans le secours d'aucun Mat Ire; de la il prtssa à Puut-le-Voi, y prolessa la rhétorique, puis enfla il vint à l'aris, dans le monastère des Dlancs-ManUuux, où il fut d'abord employé, de concert avec D. Durand, à continuer la collection des décrélales des papes. 11 mit deux volumes en état île paraître, et s'y oi-cupa ensuite d'autres travaux jusqu'à sa mort, arrivée le 6 avril 1778. Ce savant bénédictin a composé : !• l'Art

(IJ Cet ouvras!* a (d rfimpriirr dr'pnKson* rp liirr : Rt'fiitti.'iim it la UitlttufiH tJtflipiee rfe Voltaire, tain- dans do newurl ordre H JUfcniriiuY d nue ton* de prinvi-s roture Ici jila<|iirs d'aulrr* au', leurs .«;.,«, ne, ryr labl* >l..rq.kl, feurjr, l$i<j, irHi. tu-*. I

de vérifier les dates des faits historiques, des chartes,

des chroniques, et anciens monuments depuis la naissance de J.-C, par le moyen d'une table chronologique, où l'on trouve les années de J.C. et de l'ère d Espagne, les indiclions, le cycle pascal, les pâques de chaque antiée, les cycles solaires et lunaires, etc., avec un calendrier perpétuel, l'histoire abrégée des conciles, des papes, des empereurs, des rois, elc, de» ducs de Bourgogne, de Normcndie, etc., par des religieux bénédictins de la congrégation de St-Maur, Paris, 1750, in-4». La transcription du titre de cet ouvrage nous dispense d'entrer dans aucun détail sur sou contenu et sur l'érudition immense qu'il a dû exiger. [Voy. dom Clément.) D. CléinencetVen a cependant point conçu l'idée; elle appartient tout entière à D. Maur Dantinc. (Voy. ce nom.) En travaillant a la nouvelle édition du Glossaire de du Cange, Dantinc avait formé le plan d'une méthode propre à aplanir les difficultés qui se remontrent dans h s dales des anciens monuments. Vers l'an 1743, il dressa, pour son usage, une table chronologique, à laquelle st trouvait joint un calendrier perpétuel. Peu à pou. il étendit ce premier travail, en y ajoutant lia tables chronologiques et historiques des conciles, des papes, des empereurs, des rois; eni n il en voulut lormer un corps complet de chronologie depuis J.-C. jusqu'à nos jours, line savante dissertation sur les dates des chartes et des chroniques devait être mise en tète de l'ouvrage. La mort le surprit lorsqu'il n'avait encore pu faire imprimer que la table chronologique, le calendrier perpétuel, le catalogue des sainLs et ia liste dt\s conciles. D. Clémrucel lut charge de terminer ce beau travail, et le succès qu'obtint l'ouvrage justifia les espérances fondées sur son mérite. Néanmoins on vit paraître dans le Journal de Trévoux deux lettres anonymes, dans lesquelles l'auteur était KCCUSé d'avoir forgé et falsilié un passage d'Eusèbe. D. Clémence! répondit a celte accusation par une lettre imprimée. Le journaliste de Trévoux avait fait, dans son premier volume de décembre 1750, une réparation aux auteurs de l'Art de vérifier les dates, si hardiment calomniés, Clémencet consacra une seconde lettre à prouver l'insuffisance de la réparation. 2" Lettres d'Eusèbe Philatcllie à M. Fr. Marinas, sur son prétendu Abrège de l'Histoire ecclésiastique de AI. Fleury, Liège ( Paris», 17.i3, 1753, 1759, édition très-augn. entée, in- 12. Celte production, écrite avec pureté et remplie de choses bien discutées, peut servir de suite à \' Abrégé de l' Histoire ecclésiastique de l'abU; Racine. 3' Histoire générale de Port-Royal, depuis la ré/orme de l'abbaye jusqu'à son entière destruction, Amsterdam ( Paris), 175.;, 1737, 10 vol. in-12. Cette histoire renferme des pièces justificatives importantes; clic est écrite avec autant d'impartialité (pie l'homme ;.cut en mettre lorsqu'il discute des opinions religieuses. 4' Histoire générale des écrivains de Port-Royal, contenant la vie, le catalogue des ouvrages composés par les solitaires qui ont habité ce célèbre désert, etc., avec des éloges historiques des auteurs, la chronologie de leurs ouvrages, des remarques sur les principaux, le dénombrement des diffi-

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rente» édition», 4 vol. in-i°. Cet ouvrage est resté manuscrit, et nese trouve point à la bibliothèque royale parmi les manuscrits provenant de la congrégation de St Maur. 5* Conférence» de la mère Angélique de St- Jean (Arnauld) , ubbesse de Port-Royal, sur tes constitutions du monastèrede Port Royal, fjlreclit (Paris), 1760, 3 vol. in-12. 0" La Vérité et V Innocence victorieuses de l'erreur et île la calomnie, lettres à un ami »ur la Rêaliti du prnel de Bourg-Fontaine (par le P. Saurâg?), Cologne (Paris), 173N, 2 vol. in-12. 7e Tains Effort» des bénits pires pour renouveler la fable de Bourg- Fontaine et les calomnies publiées dans la Réalité du projet de Bourg- Fontaine démontrée dans l'exécution, petite brochure de 84 p. in-12. 8" Authenticité des pièces du procès criminel de religion et d'État qui s'instruit contre les jésuites depuis deux cents ans, démontrée, etc., 1760, in-12. 0" Deux Lettres du doge de la république des apistes au général des tolipses, pour lui demander des secours dans une guerre qui intéresse te» deux nations, in-12 «le 60 p. 10' ÎMlresde Philippe Gramme, imprimeur à Liège, à l'auteur de la Uttre sur le nouvel Abrégé de l'histoire ecclésiastique var l'abbé Racine, Liège, IT39, in-12 de 5.» p. Cet auteur, qui était Dentale, publh presque immédiatement une Réponse à la Lettre de Ph. Gramme, (730, jji-12. 1 1° D. Clémcncct a donné en 1731) le 10' vol., et en 1739 le 1 T de l'Histoire littéraire de ta France. Il avait encore COU) posé pour le 12' volume une Histoire des vies et des écrits de St. Bernard cl de Pierre le Vénérable ; ces deux morceaux ont été imprimés séparément, Paris, 1773, in-i". 12' S. Gregorii ivtgo fiazianzeni Opéra omnia, in-tul., 1778, t. 1". I). Clémcncct travailla quatorze ans à celle édition, restée incomplète, dont le propcclus avait clé publié dés 1708 parD. Louvart, qui mourut sans lavoir préparée entièrement. Nclre savant béflédietiu collalionna le texte de St. Grégoire sur quarante manuscrits. II est a regretter qu'il n'ait point été collalionné sur un beau manuscrit qui se trouvait dans la bibliothèque de la ville de Dàle. On doit encore à D. Clémence! L'épi ire déchcaioire et la préface générale de la version italique de la Bible donnée par 1). Sabbalhier (1715, 3 vol. in-fol.V, l'avertissement placé en tète des Verges d'IIéliodore ; une Apologie de St. Bernard au sujet des rroisades, rédigée en forme de lettres, et insérée dans les Ijttt es sur l'ouvrage intitulé Querelles littéraires (coy. P. Hahre!.); l'édition des OEtiirri posthumes de l'ablni Racine (1739). Selon Baihauuiont il est aussi l'auteur d'un opuscule publié en 1767 sous le titre de Cas de conscience sur la Commission établie pour réformer les corps réguliers, in-12 de 72 p. Dans la 1" édition de la Biographie universelle, on attribuait à tort à D. Cléiuemel les Lettres d'un magistrat à Morcnas, qui sont du président Roland ; et la Justification sommaire de l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Racine, qui est île Roiulet. I— N.

CLEMEKG1IS (de). Voyez Cl\me>ges.

CLÉMENT D'ALEX AI* UB1E (Trtos Flavics C.LEJUt:\s ) , saint et docteur de l'Église, vécut vers la lin du 2* siècle, et dans les premières années du

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3*. Il naquit (I) dans le sein du paganisme, mais â une époque où ce culte ne se soutenait plus «pie par sa longue prescription. Clément fit ses premières ét;i«lcs à Athènes ; il les continua en Italie et dans l'Asie Mineure, et vint les achever dans la capitale de l'ÉsypIe, école célèbre, où, de toutes les parties de l'empire, on venait étudier l'éUxpience et la philosophie platonicienne; mais ces sciences avaient bien dégénéré depuis les siècles de Periclès et d'Auguste. Les écoles d'Alexandrie, comme cel!«* «le Home et d'Athènes, étaient abandonnées aux déclamateurs et aux sophistes; les uns occupés à vendre des éloges aux flatteurs; les autres enfoncés dans de vaines disputes de mots. Clément ne tarda pas à se «légoûler de la subtilité des uns, et de la bassesse des autres. Une élo<pience nouvelle commençait a s'élever avec une nouvelle religion. Des hommes qui semblaient au-«lessus des faiblesses humaines, et Indifférents aux grandeurs du monde; qui, sans cesse menacés ou du mépris ou de l'échafaud, trouvaient «lans leurs persécutions mêmes la source d'une énergie toujours croissante , et «lans leurs opinions, des lumières supérieures a celles qui avaient éclairé Platon , Démosthènc et Cicéron , fixaient alors l'attention des sophistes, qui les redoutaient; des empereurs , BU prés dcsipiels on les calomniait sans cesse; et des sages, qui cherchaient de bonne foi la vérité. L'histoire, en nous affligeant du récit des crimes qui lurent alors, comme dans tous les temps, ceux de la tyrannie, du fanatisme et de l'ambition, nous offre le contraste «le tant d'horreurs, dans le portrait lidélc cl avoué dc9 héros de l'Évangile. « L'histoire, dit à ce sujet Laharpe, nous prém seule en eux les plus touchants modèles des plus ■ pures vertus, nous les fait voir réunissant la di- «« gnilé du caractère à celle du sacerdoce, une « douceur inaltérable à une fermeté intrépide , « adressant aux empereurs le langage de la vérité, « aux coupables celui de la conscience , à tous n les malheureux celui «les consolations fraterncl- « les. Les lettres les réclament à leur lour, et <t s'applaudissent d'avoir été |K>ur quelque chose « dans le bien qu'ils ont fait à l'humanité, et d'é- « tre encore aujourd'hui, aux yeux du monde, «i une partie de leur gloire. Elles aiment à se cou- « vrir «le l'éclat qu'ils ont répandu sur leur siècle, o et se croient toujours en droit «le dire qu'avant u d'être des confesseurs et des martyrs, ils ont été u de grands hommes ; et qu'avant d'être des saints, « ils ont élé «les orateurs » Clément, dont l'esprit naturellement juste et le ctrur dro'.t cherchaient également la lumière et la vérité, ne put entendre parler de tels bmnmcs sans chercher à les connaître, cl ne put les connaître sans les admirer. Les leçons «le St. Pantène, catéchiste d'Alexandrie , achevèrent de lui dessiller les yeux sur l'extravagance «lu culte de ses ancêtres, et sur la supériorité des dogmes du christianisme. Il se lit baj»-

(I) Les uns le font naître i AlWno*, danires 4 Atruodrit, d>H .! aintl r.\u *jii >uii»»u, |>our |ç d^insurr de Cltou-ul te Koniiiu {Oemem /{«mm*), qui fiwfr parmi les p»]«s. D-t-s.

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User, et bientôt après, il fut choisi par l'église d'Alexandrie pour remplacer St. Panténe, que I evêque Démétrius venait d'envoyer en mission dans les Indes vers l'année 191. Son zèle et ses talents le rendirent célèbre, et donnèrent à son école une vogue prodigieuse. Sa méthode consistait à instruire d'abord ses élèves de ce i|u'il y avait de plus judicieux dans la philosophie païenne, et principalement dans celle de Platon, dont il avait été autreloi* le partisan le plus zélé, et pour laquelle il conserva toujours un secret attachement. Il insistait ensuite d'une manière particulière sur certains points de morale communs aux deux religions , tels que les principes de la loi naturelle, la haine du crime, l'amour de la vertu, l'existence d'un Être suprême, l'immortalité de l'âme, etc. ; puis il arrivait par degrés à la doctrine évangélique, dont il développait , avec ses talents ordinaires, et les avantages sur toutes les doctrines philosophiques, et l'influence immédiate sur le bonheur des hommes. La persécution excitée par l'empereur Sévère l'atteignit Tan 202. Jugeant à propos de céder à l'orage, et d'épargner un crime de plus aux bourreaux des chrétiens, il abandonna son école et Alexandrie pour se réfugier en Cappadocc ; de là il vint à Jérusalem, où la crainte des persécuteurs ne l'empêcha pas de prêcher la foi avec un éclat qui pouvait lui devenir funeste. De Jérusalem il se rendit a Aulioche, la ville la plus considérable et la plus peuplée de l'Orient, où le christianisme naissant avait lait beaucoup de prosélytes, mais où les sophistes avaient aussi beaucoup de partisans. Clément en parcourut toutes les églises, eut de longues et fréquentes conférences avec les principaux néophytes, éclairant les uns par l'étendue de ses lumières, fortifiant les autres par l'intrépidité de son courage, les édifiant tous par la modestie de sa conduite. Enfin, la persécution cessant, il revint à Alexandrie, où il reprit ses fonctions de catéchiste , qu'il exerça jusqu'à sa mort, arrivée en 217, sous le régne de Caracalla. Eusèbe, Photius, St. Jean Chrysostome et autres ont donné de grands éloges à sou savoir et à sa vertu, et ces éloges nous paraissent justifiés par ce qui nous reste de *es ouvrages tous écrits en grec, qui sont: t° Hypoiyposes , ou Instructions; on pense généralement que St. Clément composa cet ouvrage, dont il ne nous reste que des fragments, peu de temps après sa conversion, et dans un temps où, peu instruit encore des dogmes de la religion chrétienne, il crut possible de les concilier cl de les arranger avec les principes de la philosophie platonicienne. Celte erreur, qui lui a été souvent reprochée, était excusable, et devait être facilement pai ilunnée, à cause du zèle et de la bonne foi du jeune catéchumène. 2° Son Proteptricon ad gtntes, ou Exhortations aux gentils, a pour objet de faire ressortir l'absurdité de leur culte par une comparaison établie et suivie avec le culte des chrétiens. St. Clément parle, dans cet ouvrage , des dieux du paganisme , comme en a parlé un des écrivains les plus éloquents de nos jours, qui n'a pas craint de les appeler « des « dieux abominables, qu'on eût punis ici-bas comme « des scélérats, cl qui n'offraient pour tableau du

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a bonheur suprême que des forfaits à commettre et

« des passions à contenter. » V Exhortation aux gentils, quoiqu'ayant cessé d'avoir de l'intérêt pour nous dans son objet, se fait néanmoins lire encore avec plai>ir, tant par l'élégance du style que par le grand nombre de faits curieux qu'elle renferme, dont l'auteur devait la connaissance à ses voyages, et qu'il fait merveilleusement servir à l'appui de ses raisonnements. (Foy. L. Col si. v) 3« Les Slromatci, ou Tapisseries. C'est un recueil en 8 livres, sans méthode et sans suite, de |>ensées chrétiennes et des maximes philosophiques, que l'auteur parait avoir écrites au jour le jour, et destinées à lui servir de répertoire cl comme de supplément à sa mémoire. Il y traite pêle-mêle divers sujets de morale, de méiaphysique et de théologie. On ne peut lire cet ouvrage de suite ; mais on y trouve, comme dans tous les écrits du même auteur, des observations judicieuses et des faits importants pour l'histoire. Dans le 6* livre, par exemple, il trace le portrait du véritable chrétien, auquel il donne le nom de gnostique, qui signifie savant ou illuminé. II dislingue dans le 7e livre les honnêtes gnoitiques des hérétiques connus sous ce nom, et qui troublaient alors l'Église par leur abominable doctrine sur la communauté des femmes et l'égalité des hommes. Il explique très-bien la nature et l'étendue de chaque vertu théologale. Il apprend à ne pas confondre les superstitions avec la religion, le zèle avec le fanatisme, la résignation avec l'indifférence, l'humilité chrétienne avec la bassesse des sentiments, etc. On retrouve dans les Hypotyposet le secret penchant de St. Clément pour le platonisme ; mais ceux-là même qui lui font ce reproche avouent qu'il n'y a \w un endroit répréhcnsihle qui ne puisse cire interprété favorablement. 4e Quis dites salutem eonsequi possit, ou Quel riche sera sauvé? C'est une explication des paroles que Jésus-Christ adressa a un jeune riche qui lui demandait ce qu'il (allait faire pour arriver à la perfection : « Allez, lui dit le Sauveur, ■ vendez vos biens, distribuez-cn le prix aux pau- « vres, et vous acquerrez un trésor dans le ciel. » Si Clément pense que ces paroles ne doivent pas être prises à la lettre, qu'il n'est pas nécessaire, pour être sauvé, de renoncer aux biens de la terre, mais qu'il est indispensable d'en (aire un bon usage; subsidiairement il y parle de l'amour de Dieu comme principe de vie, et de l'amour du prochain comme ré<;le de nos actions. Cet opuscule a été imprimé, Paris, 1672; Oxford, 1683, avec quelques autres fragments en grec et en latin ; Utrecht, avec un commentaire de C. Scgaar, 1816, in-8°. Le Pédagogue est un excellent traité de morale divisé en 3 livres. L auteur s'attache à prouver, dans le 1" liv re, que le législateur des chrétiens est aussi leur père et leur modelé; que tous les hommes, ayant besoin d'instruction pour connaître la vertu, et de vertu pour être hcui eux, ne peuvent puiser à une meilleure source qu'à celle des leçons de leur divin mai- Ire. Dans le ï* livre, il irace des règles de tempérance, tant sous le rapport de l'hygiène que sous celui de la morale. Suivant sa doctrine, la nourriture

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la plus simple est aussi la plus saine ; mais nous (louions que celle qu'il recommande ici comme la plus simple soit jamais introduite même parmi les anachorètes de notre temps, ou recommandée par nos médecins. Un seul repas, dit-il, ou deux tout au plus, suffisaient par jour, savoir : un déjeuner de pain sec et un verre d'eau, et un souper très-frugal. Jl pense, contre les encratiques, que l'usage modéré du vin est permis; mais il l'interdit à tous les jeunes gens au-dessous de trente ans. Il s'élève, dans le même livre, contre le luxe de la table, des habits, des ameublements. Il défend, comme l'a fait depuis l'école de Salerne, de dormir plus de six heures par nuit, et jamais le jour. Le 3* livre est principalement consacré à relever les avantages de la modestie dans les (emmes. Nous terminerons cette analyse, eu disant que c'est dans cet ouvrage, qui longtemps après a servi de modèle à celui de l'abbé Fleury, qu'on peut prendre une juste idée des imrar* et de la vie de» vremieri chrétien». Le style de St. Clément, dans le Pédagogue et dans V Instruction aux genlili, est toujours fleuri, souvent éloquent, quelquefois sublime ; c'est la justice que lui rerident Eusèbc et Pholius; mais on trouve de l'obscurité, de la négligence, et même de la dureté dans celui des Stromatet et des Uypotypotet. St. Jérôme appelle St. Clément le plus savant des écrivains ecclésiastiques; Tltéodoret prétend que nul ne l'a surpassé en lumières eten éloquence. St. Alexandre de Jérusalem donne de grands éloges a la sainteté de sa vie. D'après tant et de si respectables témoignages, on a raison d'être surpris que le nom de ce saint docteur ne soit pas inscrit dans le martyrologe romain ; on l'est bien davantage encore d'apprendre que le savant Benoît X 1 V a publié, en IÏ49, une dissertation tendant à prouver qu'il n'y a pas de raison suffisante de l'y établir; mais ni l'autorité de Benoit XIV, ni celle du martyrologe romain n'ont jamais empêché les églises île France de célébrer sa fête le 4 décembre, suivant le martyrologe et l'autorité d'Usuard. La première édition des ouvres de St. Clément d'Alexandrie est celle de P. Vicforius, Florence, 1550. in- loi., grec et latin. Daniel Heinsius en adonné une à Uyile, 1616, infol., grec et latin, reimprimée a Paris, 1629, in-lul. ; mais la plus estimée est celle de Jean Potier, depuis archevêque de Cantorbéry, Oxford, 1715, 2 vol. infol. On fait moins de ras de la réimpression qu'on en a donnée à Venise, 1757, 2 vol. in-fol., quoiqu'elle ait des augmentations. Il y a aussi une édition de Wurtzbourg, 1780, S vol. in-89, et une de Lcipsick, 1831-31, 4 vol. in-12. Nicolas Fontaine a publié, en 1696, la traduction française d'une partie de ces oeuvres, avec les opuscules de plusieurs autres Pères grecs, 1 vol. in-8*. Il aurait pu faire un meilleur choix, et respecter davantage le sens de l'auteur. G— s.

CLEMENT I,r (Saint), surnommé le Romain, Rotnanut, parce qu'on croit qu'il était né à Home, élu pape en l'an 67, succéda a St. Lin, d'autres disent à St. Anaclet, et placent son élection en l'un 91. Dans cette dernière hypothèse, il aurait été témoin de la pejn&uUan de Pouiiiien, qui commença en l'an 93

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et ne finit qu'en 96. St. Clément mit été ordonné par Si. Pierre. St. Paul parle de lui dans son Epttrt aux Philippien». On croit aujourd'hui que c'est à lui qu'est duc la première mission des évoques dans la Gaule ( Voy. l'Art de vérifier le» date*. ) Il mourut en l'an 100, après avoir gouverné l'Église pendant prés de dix ans. On le compte au nombre des martyrs ; mais on ne dit pas quel supplice il souffrit. On ne sait pas si à sa mort il occupait encore le siège pontifical, ou s'il ne l'avait pas cédé auparavant. On lui a attribué plusieurs écrits ; le seul qui soit avéré aujourd'hui est une EpUre aux Corinthien», publiée pour la première fois à Oxford en 1633, en grec et en latin, par Palricius Junius, sur nn manuscrit où elle se trouve à la suite du Nouveau Testament (1) : le D. Fell l'a publiée depuis également à Oxford en grec et en latin, 1677, et elle l'a été à Londres en 1687, in-8*, par Paul Colomesius; mais la meilleure édition est celle qu'on doit à Wolton,cn gr. et en lat., avec des notes, Cambridge, 1718, in-8». On la trouve aussi dans les Epittola SS. Patrum apoitolirorum, publiées par Frey, Baie, 1742, in-8», grec el latin. Il y en a eu plusieurs tradiiclions en anglais ; la première, de Guillaume Burton, a paru en 1617 ; Wake fit paraître en 1737 la 4' édition de sa propre traduction avec les é|>llrcs des autres apoires. lleuaparuàAberdecn en 1768, in-12, une autre par un auteur anonyme ; elle est très- rare et parfaitement imprimée. Cette Epiire est un des plus beaux monuments de l'antiquité. Elle fut lue pendant longtemps en public dans l'église de Corinthe, à qui St. Clément l'avait adressée à la suite d'un mouvement violent qui avait éclaté dans cette ville contre les prêtres, dont plusieurs avaient élé injustement déposés par les laïques. On a encore attribué à St. Clément deux lettres ad Virgine», qui évidemment ne sont pas de lui. Les Récognition», les Constitution» apostolique», etc., qui étaient citées sous son nom dès le second siècle, étaient déjà reconnues comme apocryphes du temps de St. Jérôme. On les trouve dans le t. 1" de la collection Patrum avi apostolici de J.-B. Cotelier. Frommann, théologien protestant, a publié : Obiervationet ad inlerpretationem Sovi 'Jtstamenli e Clémente Romano, Cobourg, 1 768, in-8°. La Vie de St. Clément, par Philippe Kondinini, a été publiée à Rome en 1706. Il tut pour successeur St. Evariste. D— s

CLliMENT II, élu pape au concile de Sutri, et sacré le jour de Noël 1016, succéda à Grégoire VI. Il était Saxon de naissance, évéque de Bamberg, et s'appelait SuiDGEn (2). Les circonstances ou il fut

(t)'La seule rupte maonseriie do cette (pitre qot existe dans le monde, au uni qu'on peut le savoir, écriir sur vélin et reliée aux la Bible d'Alciandiic, se trouve au musée Bnianuique. On dii qu'elle a rie renie dans le 4e siècle par une dame de qnaliié nomnii e Tlii rla. Lorsque C) tille, patriarche d'Alexandrie, fui transfère au patriarcal de ConsiantinojiJe, dans le 47e siècle, il apporta avec lui d Egypte une collection considérable de manuscrits, parmi lesquels se trouvait celle copie de la Biliie cl île \ fcpiirc de Si. CUnirni, qu'il euvoj.i peni-rruscuent cumme un présent précieux au roi Charles I" par Tliouias Roc, a cette époque ambassadeur de ce souverain auprès île la l'orle. D— x— s.

(i) Il besiia longirrups avant de pouvoir se décider a accepter la dignité papale, « ci H a «ait pu w t, du lia iwturka.i ut U poa-

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nomme sont rapportées à l'article de Benoît IX, son successeur. ( Voy. Uemoit IX.) Il dut son élévation à Henri le Noir qui avait convoqué le concile «le Sutri: il le couronna empereur, et la reine Asnès, .mpératrice, le jour même de son sacre. Clément II tint à Rome un concile, où l'un lit quelques dispositions peur extirper la simonie qui régnait impunément dans tout l'Occident (1) ; ensuite 1 accompagna dans laPouille l'empereur, qui le força d'excommunier les habitants de tténévent qui n'avaient [tas voulu le recevoir. De là, il suivit encore l'Empereur en Allemagne, et comme il retournait à Rome, d mourut dans le voisinage de Pe&aro, le 9 octobre 1047, probablement empoisonné, disent des historiens. Clément Il fut enterré à Lamberg, ou l'on a conservé sou tombera. D— s.

CLEMENT III, élu pape à Pise le 19 décembre 1187, succéda à Grégoire VIII. Il s'appelait Pai lim. était Romain de naissance et cardinal évéque de l'alestrinc. Le nouveau pa|>e dut s'occuper d'abord de faire sa paix avec les Romains formés alors en république. Le sujet de la discorde était les villes de Tivoli et de Tusrulum, qui, pour se soustraire à la puissance et à la jalousie des Romains, s'étaient mises sous la protection du pape. Les Humains lirent promettre au pape de les leur remettre aussitôt qu'il en serait niaitte absolu, ce qui s'exécuta, comme on peut le voir à l'article de Celestin III, son successeur. Avant de quitter Pise, Clément III exhorta les peuples à la croisade. Jérusalem venait de tomber au pouvoir de Saladin. Les désastres des chrétiens avaient cause la mort d'Urbain III. Grégoire VIII. dans un pontificat de deux mois, n'avait songé qu'à ébranler de nouveau l'Occident pour détendre la terre sainte. Clément termina l'ouvrage que son prédécesseur avait commencé. 11 réconcilia les republiques de Pise et de Gènes, qui conclurent, sous ses auspices, un traité de paix en 1188, et lit partout prêcher la paix entre les Latins et la guerre aux musulmans. Ce fut la croisade qui eut lieu sous Philippe-Auguste et Richard. Clément mourut le 28 mare 1191, après avoir occupé le saint-siége pendant Sans et 2 mois, et désigné pour son successeur le cardinal Hyacinthe, qui prit le nom de Céle lin III. " U— s.

CLÉMENT 111, auiipapc. Voyez Cuuert, archevêque de Havenne.

CLEMENT IV (Glido Filcodi, ou Gli Fol«> QU01S, Foulques, ou Foi qlet), né à Sl-Gilles en Provence, de parents nobles, au commencement du 13r siècle, fut successivement militaire, jurisconsulte, secrétaire de Louis IX. marié, père de famille, veuf, prêtre, chanoine, archidiacre, évéque, cardinal et pape. Il dut son avancement à la protection et à l'amitié de St. Louis qu'il avait servi avec beaucoup de

* tion des souverains |>onlifc», au milieu des talions romaine», ne- « t ail pas clinse lacilv. » D— i-i.

(•) Jusqu'alors le parti dominant de la noMeri «V.i< forer le peuple ri le rlerce. soit par de l'arpent, %,ni |k.r des menaces, a riire en a reconnaître le pape qui lui fnii>in^it l'onr int'lie lin i

cet hwfews, Henri airtla, «le murer*, ntc CIikcim H, que lf$ rkv-

liorts di-s pa|«*<, ainsi que relh's de* éreyjes de s-es. Eu*, devraicul di «wiiai» tire MUCtiouiits» |>ar l'Enir*reur. U— t— s.

zèle dans un grand nombre de commissions importantes. On a dit qu'il voulut dissmuler ce monarque de sa seconde croisade; mais celle assertion parait démentie p. m- la lettre que Clément lui écrivit en 1 260, à l'occasion de l'i construction de la ville et «lu port d'Aigues- Morles, de ce port qui devait, dit-il, favoriser les embarcations pour la terre sainte. Alarmé des progrès de Ilonducdar, sultan «l'Egypte, cm menaçait Si-Jeand'Acre, il engageait le roi de Fiance à une seconde expédition, mais il n'approuva pas d'abord le projet «pie ce prince forma d'y aller en personne. Son attachement pour la Fmnce et sa reconnaissance pour son ancien mailrc uc l'cmpèchcrcnt pas de se montrer, contre ce prince même, un inflexible défenseur des droits du saint-siége ; mais ces démêlés, qui furent terminés par la Praguiatupic Sanction, ne lui firent pas oublier les bontés «lu roi, et il ne cessa jamais de témoigner une haute estime pour les vertus de ce prince. l'oul«|ues reçut du pape le chapeau de cardinal en «201, fut nommé évéque de Sabine, puis envoyé comme légat en Angleterre (1). Laos cette circonstance, il se montra digne d'exercer l'autorité pontilicale. Chargé de détendre lesdroils «le Henri IH contre Leicester, lesévéqueset les barons, il lança l'excommunication et l'interdit contre ceux «jui avaient méprisé sa médiation, et contre les villes maritimes <|ui s'étaient opposées à son «lebartpiement; mais, pour cette fois, les foudres de l'Eglise lurent impuissantes, et la guêtre civile et l'anarchie continuèrent à déchirer l'Angleterre. Foulques n'en reçut pas moins le prix «le sa conduite énerg'upie : il fut choisi pendant son absence pour succéder A Urbain IV. L'élection se lit à Pérouse, le 5 lévrier 1265. On assure qu'il refusa longtemps la tiare, et qu'il se jeta même aux pieds des cardinaux pour les engager à rouvrir le conclave. Il se hâta de se remlrc en Italie, à travers mille dangers, aussitôt qu'il eut appris son exaltation ; Mainfioi ou Manlrcd, ennemi déclaré de la cour de Rome, faisait garder tous les passages, dans l'intention de se saisir de sa personne, et il ne lui échappa qu'en se déguisant eu mendiant. Ce fut pendant sou ponlilical «pie Vimmiséricordieux Clarles «l'Anjou, comme l'appelle Mézerai, ayant vaincu et fait prisonnier le jeune et malheureux Conra«lin, le lit penr sur l'échafaud. Clément IV avait raidie la donation du royaume de ISaples , faite par son prédécesseur au frère de St. Louis. Celle circonstance a «lonné lieu d'accuser le pape d'avoir conseillé le supplice de l'infortuné compétiteur de ce prince. Quelques écrivains allemands racontent que le vainqueur ayant consulte le saint père sur le sort de son captif. Clément lui envoya une médaille sur la«|Utl!c on lisait d'un cote : a La mort de Comadiu est le sa- « lut «le Charles, » et de l'autre coté : « La vie «le « Coniadm est la perte de Chai les. » Celte anecdote,

(t) Selon d'iutrrs historiens, rotitq«e<, averti d'une rnnsplralioo

fon;ie sa »'e, se muie.i.a d'appeler quatre priais mutai» a roiupmttredcwnl » Boulogne (I* oriobre IMk*. Il- .tVuenl sut rei.agnaiirr. et ils n'en montrèrent | .t% muni*. lorsque le ranimai letut ii'» tliargea d'une sentence d'rxcMMMMlealioo conlre les rnu-~ nus du rui, sculeoce quil puUij lui tueuieà Hodui, quelques mr%

•fKa. u-i-s.

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dédaignée avec raison par presque tous les historiens français, a cependant été citée par Velly, et a lais&c dans son esprit quelque doute sur la part que le pape pouvait avoir eue à l'événement auquel elle se rap- |»orte; mais le trait qu'on impute au pontife est entièrement inampatitile avec la douceur de mœurs qui le caractérisait. Charles n'avait d'ailleurs besoin d'aucun encouragement pour se montrer inexorable et féroce, et l'on doit tenir pour certain que Clément IV n'approuva point cette atroce vengeance (I). Quelques papes se sont livrés, avec si peu de ménagement, à l'ambition de leurs familles, que la conduite tout opposée de Clément IVa Tait l'admiration de la postérité. Il ne permit pasque ses parents vinssent auprès de lui ; il leur défendit toute recommandation. Il voulut que sa nièce fût mariée à un simple chevalier, et il ne promit que la plus modique somme pour sa dot. Il ne se montra pas plus favorablement disposé pour rétablissement de ses propres lilles; aussi embrassèrent-elles la vie religieuse dans l'abbaye de St- Sauveur de Nîmes. I.c 1'. Marlène a recueilli quelques ouvrages et les lettres de ce pape dans son Thtsaurut noc. Anecdot., t. 2. La plus curieuse est celle qu'il écrivit à son neveu, Pierre Gros, pour oter à ses proches tout espoir de profiler de SOU exaltation. Clément, qui avait résidé à Vilerbe pendant les dernières années de sa vie, y mourut le 29 novembre 1268. On voit encore son tombeau dans cette ville. Le trône ponlilic.il demeura vacant jusqu'en 1271, que Grégoire V fut élu. V. S — t..

CLEMENT V, élu pape à Pérouse, le 3 juin (305, succéda à Benoit XL 11 se nommait Bertrand de Got, et naquit à Villandreau, dans le diocèse de bordeaux. Son père était chevalier, et de la première noblesse du |»ys. Bertrand de Got, ayant éle fait évèque de Comniingcs en 1695. fut transféré à l'archevêché de Bordeaux en 1209. Ce fut là qu'il apprit la nouvelle de sa nomination, que l'on attribue à l'intrigue la plus déliée. On assure que les cardinaux assemblés à Pérouse se divisèrent en deux factions, celle des Colonna et celle des Orsini ; que les Colonna, persécutés par Bonitace Mil, ayant intérêt de faire une nomination agréable à la France, avaient proposé aux Orsini de faire eux-mêmes le choix de trois sujets, parmi lesquels le parti contraire en indiquerait tin ; que la laction des Orsini donna dans ce pièce, et que Bertrand de Got étant un des trois nommés par elle, et celui sur lequel elle croyait pouvoir Compter davantage, il fut aussitôt choisi par la faction adverse; qu'en conséquence Philippe eut tout le loisir de gagner Bertrand de Got pour les desseins qu'il méditait, dans une conférence secrète qu'il eut avec lui dans une abbaye, auprès de St-Jean-d'Angély, où il lui promit la tiare, moyennant l'exécution de six conditions, sur la nature desquelles les historiens varient. Ces anecdotes ont pour garant unique le témoignage de Villani, auteur ullramontain, fort

(|| On prrtaJ ro<'me qn«, piMidani son ifjfW i nome, Ckariet d'Aojuu sVua Urllcirictit rcmlu ii ilurge an |U|ir. il son auinv >V- UU îM'rmis uni d'excès ci <l insolent*, que Ckwcut songea de uou-

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