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religieux tlu comiat Vcnnissin, de ces pailîcularilés sur le compte de Ganganelli, et Louis XV fit donner ordre au cardinal de Bernis de favoriser cette nomination. Ganganelli ne manqua point aux promesses qu'il avait faites. Il s'occupa, dés les premiers moments «le son exaltation, de satisfaire les puissances sur ce qui leur portait le plus d'ombrage. Il condamna à l'oubli la bulle In coma Domini, qui avait excité les plaintes du roi d'Espagne, en ne la faisant pointlire. suivant la coutume, le jeudi sain t. Il renon«;a à ses prétentions sur le duché de Farme. Il se rapprocha de la cour «le Lisbonne , qui menaçait «le nommer un patriarche , et ces démarches lui valurent la restitution «lu comtat d'Avignon et du duché de Bénévent. Clément XIV conduisait par luimême toutes ces négociations dans le plus grand secret, et ne voulait être pénétré sur aucune ahairc. Il en usa de même pour le grand dessein dont il était occupé, et qui «levait produire l'acte le plus célèbre de son |>ontifieat, la destruction des jésuites. Il voulut cependant éviter tout reproche de précipitation et toute apparence d'animosité, en pesant, disait-il, cette résolution «ni poids du sanctuaire. On le vit occupé des recherches les plus exactes dans les écrits et dans les archives qui pouvaient lui procurer des lumières et des documents sur cette fameuse société. I>e violentes réclamations s'élevèrent, moins encore de la part des parties intéressées que «le la part de leurs amis ; mais les sarcasmes qui se multipliaient tous les jours, des prédictions sinistres répandues , dès l'année 1770, par une paysanne de Valentano, nommée Bemardina Renzi, des menaces contenues dans des écrits publics et dans des lettres anonymes, ne purent ébranler Ganganelli : il avançait lentement vers son but ; ce qu'il avait entrepris «lés 1770 ne fut entièrement terminé que le 21 ou 23 juillet 1775, parle bref d'extinction daté «le ce jour. La sécularisation des personnes, le séquestre des biens s'exérutérent avec peu de violence «le la part de l'autorité,etavec moins de résistance encore de la pari de* sujets supprimes ; cependant on arrêta etl'on enfernu au château St-Ange le P. Ricci, général des jésuites, qui n'avait eu d'autre tort que de refuser son consentement à l'anéantissement de son ordre. Celle suppression, «lonl la justice et l'utilité sont encore un problème aux yeux de certaines personnes, ne put être soumise aux règles du droit ordinaire. Clément XIV, plus flexible qu'aucun de ses prédécesseurs, donna en cette occasion, aux puissances laïques , une preuve de condescendance qu'il jugea nécessaire sur un point qui intéressait plus l'ordre politique que la discipline de l'Eglise; et cette considération servirait toujours d'excuse à sa mémoire, si elle en avait besoin auprès de la postérité. En accomplissant ce grand ouvrage, le pape ne put s'empêrher de témoigner «les alarmes pour sa personne ; cependant, sa sauté se soutint pendant plus de huit mois dans cet état de vigueur que la nature lui avait donné, et qui était entretenu par une vie simple et frugale. Ce fut dans les commencements d'avril 1774 qu'il sentit les premières atteintes «l'un mal qu'il ne regarda alors que comme une indisposition
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passage rc. Il ne s'occupa pas depuis celle époque avec moins d'ardeur de ses travaux journaliers. L ne lmuicur acre qui l'incommodait fréquemment en été se trouva presque supprimée cette année. On eut de la peine à en rétablir le cours. On y parvint néanmoins vers le commencement d'août ; mais le mois suivant, les accidents se renouvelèrent, et des occés de lièvre continue, qui ne purent céder à des saignées réitérées, amenèrent enlin le moment où il termina sa carrière, le 22 septembre. Son médecin déclara hautement, après l'ouverture du cor|»s, que la maladie ne provenait que d'un excès de travail et d'un mauvais régime ; cependant beaucoup de gens s'obstinèrent à voir dans cette mort tous les signes d*un attentat. On ne lit aucune instruction juridique. On imprima des pamphlets pour accréditer l'empoisonnement supposé du pape, donton ne manqua pas de charger les jésuites. Parmi ces écrits, on distingue celui qui est intitulé: ParlicularUés conetrnanl la maladie et ta mort du souverain pontife , Clément XIV. Il est inséré en entier dans un ouvrage qui a pour titre ; Précis historique de la rie du pape Clément XIV, etc., par un théologien d'Italie, Avignon, 1780, in-12 : les laits qui y sont rapportés u'ont aucun caractère d'authenticité. L'auteur parait s'être borné à recueillir des bruits populaires, et n'avoir point travaillé sur des actes revêtus d'une forme légale. Les opinions se partagèrent même en Italie et dans tout le midi de l'Europe. Dans le Nord, on rejeta cette accusation comme un mensonge ridicule. [Voy. l'ouvrage intitulé : t'araetère des personnages les plus marquants dans les différentes cours de l'Europe, extrait des œuvres de Frédéric le Grand, 2 vol. in-8', ehez Léopold Collin, Paris, 1808.) Caraccioli, biographe de Clément XIV, croit à l'empoisonnement, et n'ose accuser personne. Alk-tz, son copiste, est encore plus incertain, (toy. l'Histoire dts Papes, Paris, 1776, S vol. in-12.) Le crime en lui-même étant au moins très-douteux, il serait plus que téméraire de chercher un coupable. Il est plus facile de venger la mémoire de Ganganelli des calomnies odieuses qui fureut répandues contre sa personne. 11 eut des vertus éminentes, de la sagesse dans la conduite, et de l'étendue, de la vivacité et de la pénétration dans l'esprit. Il continua de vivre comme un simple religieux sur le trône pontilical. Les Romains, qui aimaient un certain luxe dans leur souverain, lui reprochaient son extrême simplicité. Son système favori était la douceur et h tolérance. Il réussissait mieux à peindre la religion sous des traits d'amour et de bonté, (pie sous des formes majestueuses et imposantes. Il savait accueillir avec la plus séduisanlc aflabililé tous les étrangers; ceux même d'une communion ou d'une croyance différentes témoignaient hautement le respect et l'attachement qu'il leur inspirait. Les Anglais placèrent son buste parmi ceux des grands hommes. « l'iùt à Dieu, d'écrit-* « t-il, qu'ils li>sent pour la religion ce qu'ils font pour moi! » 11 était très-secret, et disait qu'un souverain qui a beaucoup de conlidents ne |*eut manquer U'Ctre train. 0.uelqu'uu lui demandant s'il était
I bien sûr de ses secrétaires : « Oui, dit-il, en mon- « trant les trois premiers doigts de sa main, quoique « j'en aie trois. » Il s'occupa de l'administration temporelle, et laissa des établissements utiles. On lui doit le musée Clémcntin, qui servit de dépôt pour les précieux monuments d'antiquité que l'on découvre journellement dans Home; en un mot, le pontife, le prince et l'homme de lettres ont mérité en lui de justes éloges. Il semble avoir voulu imiter Lamberliui, l'un de ses plus illustres prédécesseurs, et il approclia beaucoup de son modèle, quoiqu'il eût en général des qualités moins brillantes. « Clc- « ment XIV, dit G ri mm (t 2, p. Itil), aurait fait une « grande fortune de son temps, s'il n'avait pas été « précédé par Benoit XIV. » C'est du moins un véritable mérite que d'avoir rempli avec honneur la carrière ouverte par un grand homme. Caiaccioli a donné la Vie du pape Clément XI V (Paris, 1775, 1 vol. in-12l, et la traduction de plusieurs lettres et autres écrits attribués à ce pontife (Paris, 1775, 3 vol. in-12). Le premier de ces ouvrages n'est qu'un long panégyrique écrit sans méthode, et d'un style inégal, incorrect et dilfus. Quant au recueil île lettres, il n'est pas sans intérêt ; mais la plupart, du moins, sont faussement attribuées à Ganganelli.( Voy. Caraccioli . ) Les savants auteurs de l'Art de vérifier Us dates ont voulu vérifier les originaux, et ne les ont point trouvéi. On objecte que Caraccioli n'était pu capable du. je supposition aussi ingénieuse; mais on sait qu'il avait des collaborateurs assez lia— biles |M>ur suppléer à sou insuffisance. Un auteur anonyme a publié, sous le litre d Entrevues du pape GanganeUi, servant de suite aux lettre* du même auteur, un recueil de douze dissertations sur divers sujei» de théolo-rie, de philosophie, d'histoire et de politique, où l'on voit briller un esprit aussi solide qu'ingénieux. D — s.
CLEMENT (Jacques), religieux de l'ordre de St-I>ominique, a rendu son nom fameux par un crime exécrable. C'était un homme d'un esprit sombre et mélancolique, d'un caractère ardent et inquiet, d'une imagination déréglée; d'ailleurs ignorant et grossier, fanatique et libertin, jtarlant sans cesse d'exterminer les hérétiques, ce qui le fil appeler par ses confrères le capitaine Clément. Il était né, non à Sorbon, prés de Ilethel, patrie du vénérable fondateur de la Sorbonne, comme l'ont répète sans examen tous les biographes, mais à Sorbonne, villageauprés de Sens. A peine âgé de vingt-deux ans, il conçut le dessein d'assassiner Henri III, qui, ayant pour lieutenant Henri , roi de Navarre, assiégeait alors la capitale de son royaume révoltée contre lui. 11 communiqua celte horrible résolution au prieur de son couvent, qui l'encouragea à l'exécuter. ( Voy. BopRCOIN.) Les Seize en eurent connaissance, lisen parlèrent aux ducs de Mayenne et d'Aumale, et à la duchesse de Montpcnsier (Catherine-Marie de Lorraine), qui voulut voir le moine, et céda, dit-on, à ses infâmes désirs pour achever de le déterminer (1). Plusieurs prédicateurs annoncèrent en chaire
(t) LTiutorîca rapporte que ce susfrable avait été mut
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« que Ton eût encore patience sept ou huit jours, « et que l'on terrait quelque grande chose qui met- « trait ceux de l'union à leur aise. » De son côté, le duc de Mayenne lit arrêter plus de cent politique» ( c'est ainsi qu'on désignait les sujets lidtles à leur roi»; ils furent misa la Bastille; d'autn s étaient déjà détenns dans le Louvre, et il fut dit à Clément que la vie de tous ces prisonniers répondrait de la sienne. (DeThouct les mémoires de IScvers.) On lui promit que le pape le ferait cardinal, ou que, s'il périssait, il serait mis au nombre des saints, comme ayant sauvé sa patrie, gouvernée par un ennemi de Dieu. On trompa le premier président Achille de Bar la y et le comte de Bricntie, prisonniers «le la ligue. Le premier donna des lettres pour le roi, le second un passe-port. Muni de ces pièces, Jacques Clément sortit de Paris le 31 juillet ioSO. Il eut une conférence a St- Lazare avec le due de Mayenne et la ChapelleMarleau, prévôt de Paris et secrétaire de la ligue. Us lui donnèrent pour instruction de rejeter le meurtre, après l'avoir commis, sur le comte de Soissons, « pour rendre la cause « du roi de Navarre plus odieuse, et animer contre « lui les catholiques. » C'est ainsi que s'exprime l'historien Matthieu, et il dit avoir appris celte particularité de Henri IV lui-même. Jacques Clément tomba dans les gardes avancées du camp royal, et on le conduisit devant Jacques de la Gue.sle, procureur général au parlement de Paris, qui se trouvait alors à St-Cloud. Le magistrat l'interrogea ; il répondit qu'il avait des lettres pour le roi, et qu'il ne pouvait s'ouvrir qu'à lui. Il était tard, on le remit au lendemain. Il soupa avec les domestiques du procureur général, ré|wndit avec «ne apparente simplicité aux questions qu'on lui (it, et dormit tranquillement. Quelques historiens rapportent qu'on le trouva, dans cette nuit, proloitdémeul endormi, ayant auprès de lui son bréviaire ouvert à la page où était cité le meurtre d'Holopherne par Judith. Henri III occupait alors à St-Cloud la maison de campagne de Pierre dcCondi, cardinal-é\êque de Paris, qui avait refusé de prêter serment a la ligue. Le lendemain, \" septembre, Jacques Clément est introduit dans la ehambre du roi. Il portait un couteau nu dans sa manche. 11 fait une profonde révérence au monarque, présente les lettres dont il est porteur, et s'annonce comme étant chargé d'un message important et secret. Henri commande à ceux qui sont auprès de lui de se retirer, et, tandis qu'il est occupé à lire les lettres qu'on vient de lui remettre, l'aflreux régicide lui plonge son couteau dans le bat-ventre; le prince le retire avec effort, il en frappe le monstre au-dessus de l'œil gauche, et s'écrie : « Ali I le mé- « chant moine! il m'a tué, qu'on le tue! » A ce cri, les gardes et plusieurs seigneurs accourent. La Gucsle était avec eux : « Le malheureux assassin se « tenant, dit-il, ferme vis-à-vis du roi, j'eus crainte « qu'il eût encore quelque arme et dessein d'ofTenscr « Sa Majesté, ce qui me fit prendre l'épéc au poing,
aux chartreux, où oa lui parti pour la première fou fctlrevremlre
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« et lui baillant des gardes contre l'estomac, je le « poussai et le jetai dans la ruelle, et il fut inconti- « nent tué par les autres, nonobstant que je leur « criasse qu'ils n'eussent à le tuer. » D'Aubigné paraît s'être trompé en disant que le procureur général introduisit lui-même Jacques Clément dans la chambre du roi, « où il commit son exécrable parricide en « sa présence ; ce qui l'anima si fort, qu'il donna de « son épée à travers le corps du jacobin, et le tua « de ce coup seul. » Et il ajoute : « Le coup de la «t Guesle fut sujet à beaucoup d'interprétations et « de blâmes, pour le moins justes, et en cela qu'un « procureur général en devait savoir l'importance « et contenir ses mains. » Cependant Mézcrai dit que la Gmsle se contenta de frapper du pommeau de son épée le visage du parricide, et de Tliou rapporte que ce dernier fut mis à mort par Muntpcsat de Lognac et Jean de Levis, baron de Mirepoix. Le corps de l'assassin Tut exposé, traîné ensuite sur la claie, tiré à quatre chevaux, mis en quatre quartiers, et brûlé sur la place devant l'église de St-Cloud. Dientot Clément passa dans Paris pour Un véritable martyr. Les prédicateurs de la ligue demandèrent qu'on immolât aux mânes du régicide quelques-uns des prisonniers (d'Aubigne). Il parut une Ulle de libelles, imprimes avec des privilèges de la Ste-Union, et approuvés par des docteurs en théologie; tels étaient, entre autres : le Testament de Uenri de Valois; Grâces à Dieu pour la justice du cruel tyran ; Discours véritable de l'étrange et subite mort de Henri de Valois, et le Martyr de frère Jacques Clément, contenant au fiai toutes let particularités les plus remarquables de la sainte résolution et très heureuse entreprise à l encontre de Henri de Valois. Le portrait de l'assassin fut gravé avec les vers su hauts :
Un jeune jacobin, nommé Jacques Clément, Dans le bourg de St-Cloud une lettre présente A Ueuri de Valois, et vertueusement Un couteau fort pointu dans l'estomac lui plante.
On plaça le portrait de Clément sur les autels. L'abbé de Longuerue prétend qu'on délibéra en Sorbonne si on demanderait à Rome sa canonisation. Il fut question «le lui élem- une statue dans l'église de Notre-Dame, a Une bande de ligueurs et de ligueua ses, dit l'Etoile, qui avaient fait partie d'aller à « St-Cloud par dévotion et vénération des cendres « de frère Clément, qu'ils ré\éraicnt comme un « nouveau saint et martyr, comme ils revenaient en « bateau, rapixtriaut des cendres de ce jacobin (le « 24 août 1589), fut ledit bateau submergé, et ne u réchappa un seul des dix-huit qui étaient dedans. » On lit dans la Paille, qu'on lit à Toulouse, pour Jacques Clément, un service auquel assistèrent tous les corps «le la ville, et «iue l'oraison funèbre du parricide fut prononcée par le provincial des minimes. Le P. Fabrc nqqKnte, dans sa continuation de Y Histoire ecclésiastique de Flcury, et de Thou l'avait dit avant lui, que, le II septembre 1589, Sixte V lit «ians un consistoire l'éloge de Jacques Clément, cl le mit au-dessus de Judith et d'Eléazar, en ajou-
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tant que ce grand exemple avait été donué afin que chacun connut la force des jugements de Dieu. On répondit à cet étrange panégyrique par un livre intitulé : AntiSixlus, et par un discours fiançais quia pour lilre: le Fulminant. Les jacobins, qui avaient d'abord célébré l'acte héroïque de Jacques Clément, a bienheureux entant de St. Dominique et « saint martyr de Je>us-Christ, » prétendirent dans la suite que l'assassin de Henri 111 n'était pas un dominicain, mais un soldat ligueur, ou même un huguenot déguisé. l.e parlement de Paris rechercha, en 4394, les complices de Jacques Clément. Sous prétexta de celte complicité, le duc d'Aumalc lut éeartclé en efligie. (\oy. Aimale.) La duchesse de Monlpensier avait aussi pris la tuile ; elle lut comprise dans ledit d'abolition qu'obtint le duc de Mayenne en 4393. C'est à celte époque que cessa le culte impie de Jacques Clément. Le jésuite Commelet, préchant en 4593 son fameux sermon : // mous faut un Aod, etc., l'axait mis au nombre des anges; Boucher l avait loué en 4594, dans son Apologie pour Jean Chdtcl; le P. Gui^nard le mettait aussi au nombre des martyrs. «Telle était, dit le « continuateur de Elcury, la lorce des préjuges qui « régnaient alors. » Mais l'on vil depuis Mariana, dans son fameux traite de Rege et régit lnslttulione, publié en 4599, se faire, en quelque sorte, l'apologiste de ce moine, chargé aujourd'hui de deux siècles d'exécration. V — VE.
CLEMENT (Pierre), né à Langres, vers 4590, entra comme chanoine régulier au monastère de Sl-Geosmcs, et en devint prieur claustral en 1619. Ce savaut religieux passait les jours et les nuits à travailler, et l'on disait de lui qu'd usait plus d'huile que de vin. Prédicateur d'un grand talent, doué d'une mémoire extraordinaire et de beaucoup d'esprit, sa conversation était des plus intéressantes et des plus instructives. Peu d'hommes ont eu une connaissance aussi parfaite des langues anciennes ; il savait si bien le grec et l'bebrcu, qu'il écrivait dans l'une ou l'autre de ces langues ce qu'on lui dictait eu français ou en lalin, et il traduisit de cette manière la philosophie en grec et la théologie en hébreu. Pierre Clément passa les dernières années de sa vie dans la retraite la plus sévère, et mourut le 45 mars 4665, dans un âge avancé. On a de lui : 4° Histoire du martyre des trois saints Gémeaux, Langres, 1647 ; 2B Curiosités sacrées, ou Examen de différents passages de V Écriture sainte, Langres, ■fttol, t:i-8" ; 3 Le Jour et la Muit de l'homme fidrle. Langres, in-8". Il a laisse en ntttlttsrril les ouvrages suivants : I» un volume de Curioritet sacrées ; 2° le Seul Désir de l'homme de bien ; J" l'Aveuglement volontaire; Discours sur le bon et te mauvais usage du temps. T. -P. F.
CLÉMENT (Claude), né à Ornans, petite \ille de Franche-Comté, vers 4894, entra dans l'ordre des jésuites en 401*2. Il professa les humanités et la rhétorique, d'abord a Lyon et ensuite à Dole. Sa réputation le lit appeler à Madrid, ou il enseigna les antiquités grecques et latines, au collège fondé par Plnlq pe IL II mourut en cette ville, en 1642. On a
de lui les ouvrages suivants : 1° Ecclesia Lugdunensi»
ehristiana simul ac humana Majcslas, Lyon, 102X, itt-8*. C'est un discours qu'il prononça au collège de Lyon, en 4622, à la rentrée des classes. 2° deviens IV, eruditione, vitas saiielimonia, rervm gestarum gloria et pontificatu maximus, Lyon, 4025 et 1624, in 12. C'est moins une histoire du pape Clément IV que son panégyrique. On trouve à la suite réloge de Rodolphe de Chevricrs, cardinalévèque d'Albano. Il n'y a pas eu deux éditions de cet ouvrage, et les exemplaires ne diffèrent que par le frontispice : 3° Musei, sire bibliolhecœ lam priiata quam publicœ extructio, instruclio, cura, usus, flirt 4, Lyon, 4653, in-4°. Le système bibliographique du P. Clément se rapproche beaucoup de celui qui est généralement adopté en France. 11 y a de l'érudition dans cet ouvrage, mais beaucoup d'inutilités. On trouve à la suile une description de la bibliothèque de l'Escurial^et un discours lalin que l'auteur avait prononcé au collège de Dole, en 4627, <ur l'Amour des lettres. 4° Jklachiavelismus jugulatus a ehristiana sapienlia, hispanica et auslriacaf disserlatio christiano-politica ad Philippum IV, regem cathol., 4637, in-4°. Celle réfutation du système politique de Machiavel eut un grand succès à la cour d'Espagne; elle fui traduite en espagnol, et imprimée plusieurs fois, in-4". Ce n'est cependant qu'une déclamation, et l'on doit attribuer la vogue que cet ouvrage eut un instant aux flatteries dont il est rempli, et aux éloges des confrères de l'auteur. 5° labiés chronologiques de l'histoire d'Espagne, arnnt et après Jésus-Christ (en espagnol), Madrid, 4643. grand in-fol. Uordazar - a a donne une édition augmentée. Valence. 4689, in-4°. Le P. de Colonia, dans son Histoire littéraire de Lyon (l. 2), lui attribue une Action de théâtre pour la réception du roi Louis Xlii au collège de Lyon ; et le Journal des Sarantsûe 4712, le catalogue de la bibliothèque de Letellier, archevêque de Reims, mais c'est par erreur. | Voy. la Uiblioth. Scriplor. tociel. Jesu des PP. Southwel et Alcgambe.) \Y— s.
CLEMENT (Julien), né en 4630, à Arles, vint fort jeune à Paris pour y étudier la chirurgie. Place chez Jacques Lefèvre, accoucheur distingué, il sut proliter de ses leçons, et mériter son estime. Honorablement promu a la maîtrise, il obtint aussitôt après la lille de Lefèvre, et des lors il se consacra spécialement à la pratique des accouchements. Les progrès qu'il fit dans cette branche intéressante de la chirurgie lui acquirent une haute réputation. Il lui choisi |iar Louis XIV pour accoucher madame de la \ alliere et madame de Montespan. L'habileté qu'il montra et j le secret qu'il garda inviolablemcnt lui concilièrent la bienveillance du roi, qui lui lit expédier, en 4711. des lettres de noblesse, avec la clause expresse qu'il ne pourrait abandonner la pratique de son art, ni refuser ses conseils et ses secours aux Icinmes qui les réclameraient : mesure digne d'un monarque philanthrope, et qu'on aimerait à voir toujours imi- I lée. Clément n'eut besoin, pour s'y conformer, que de suivre l'impulsion de son cn?ur. Il fut ap|>elé I trois fois a Madrid pour accoucher la reine d'E>pa-
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fine. H ne cessa d'exercer sa profession avec zèle tant que ses facultés physiques le lui permirent. Enfin, couiImî sous le poids des années, il mourut le 7 octobre 1729, sans avoir laissé aucun ouvrage. Un de ses plus beaux titres de gloire est certainement d'avoir guidé les pis de l'illustre Puzos dans un art aux progrès duquel il a infiniment contribué. C.
CLÉMENT (Nicolas), né à Toul, en 4647, était très-jeune lorsque Carcavî , alors bibliothécaire de Colbert , l'employa à mettre en ordre et à copier le recueil des mémoires du ministère de Mazariu. ( Yoy Carcavî. ) Le protégé suivit son protecteur à la bibliothèque du roi. En 167». Clément lui commis à la garde des estampes et des planches gravées. Lorsque Melchisedech Thevenot se démit, en 1692, de sa place de sous-bibliothécaire, Clément lui succéda. C'était à lui qu'on devait les catalogues qui avaient servi au rérollcmeiit de la bibliothèque du roi, lait en 4684 sous l'abbé de Varès. Les manuscrits étaient alors au nombre de 10,54*2, sans compter ceux de Drienne et de Mènerai ; les imprimés montaient à 40.000, et remplissaient seuls 7 volumes in-fol. Clément avait lait, eu outre, le catalogue des livres doubles. Mécontent de ce premier travail, il le recommença en 4688, et fit alors deux nouveaux catalogues, l'un par ordre de matières . en 13 vol. in-fol.; l'autre par ordre alphabétique des auteurs, en 49 vol. in fol. Le travail de Clément a servi de base au récollemcnt fait en 1720, é|»oque à laquelle le catalogue des matières lui porté à 4 4, et le catalogue des auteurs à 32 vol. in-fol. Ce sont ces deux catalogues qui servent encore aujourd'hui, au moyen des feuilles blanches que l'on avait laissées ; mais un supplément à ces catalogues est devenu nécessaire, et a été commence sur des feuilles détachées. Ce fut en 4706 «pie l'aventurier Jean Aymon écrivit a Nicolas Clément , lui annonçant son désir d'entrer dans le sein de l'Eglise, etc. Le sous-bibliothécaire fit venir Aymon en Fiance , et poussa la coniianec jusqu'à le laisser souvent seul dans la bibliothèque du roi. Aymon vola plusieurs ouvrages précieux ( coy. Avmocv), et quoiqu'une partie eût été recouvrée , Clément , inconsolable d'avoir été la cause de cet accident , traina une vie languissante pendant quelques années, et mourut le 10 janvier 4712. Il n'avait jamais eu d'autre récréation que d'arranger une collection de portraits qu'il avait commencée dès sa première jeunesse. Il en avait environ 48.000, rangés en plus décent portefeuille», et dont il avait tait le catalogue en 3 vol. Il léxua cette collection à la bibliothèque du roi. Clément, tout entier a ses tondions a fait peu de chose pour sa gloire; cependant il a publié, sous le nom ii' Antimon, une brigue de l'antiquité de la ville et siège épiseopal de Toul , 4702 , in 8°, contre le Système chronologique et historique des évëques de Toul, par l'abbé Miguel. C elait Clément qui avait recueilli les Mémoires sur la paix de Munster, que publia J. Aymon. A.B — t.
CLÉMENT (David), célèbre bibliographe, d'une grande lecture el d'une grande érudition, naquit en • 704 , à ilofgeismar, dan» la liesse, où son i»e te, d'a-
bord ministre dans la vallée de Pragelas en Piémont, était pasteur d'une colonie de Français réfugiés. Il succéda a l'emploi de son père , remplit la même fonction à Ih unsvviek en 4736, el depuis 4745 à Hanovre, où il mourut le 40 janvier 4700. Il a laissé : Bibliothèque curieuse, historique et critique, ou Catalogue rationné de livres difficiles à trouver, Gottingue, Hanovre et Lcipsick, 4750-1760. 9 vol. in-4*: ce n'est point une sèche nomenclature de titres; chaque livre fournil à Clément le sujet de quelque dissertai ion, où les détails qu'il donne sont appuyés de nombreuses citations ; mais l'auteur a uns au nombre des livres rares beaucoup d'ouvrages qui sont de très-peu de valeur. Il a même souvent donné trop d'éloges a de médiocres ouvrages. Il est à regretter cependant que la mort l'ait cni|HVhé de continuer cet ouvrage, écrit en français, qui, distribué par l'ordre alphabétique des auteurs, ne va pas au delà du mot II issus. Clément, désirant connaître les livres rares espagnols, avait prié G. Meerman de. demander à Gré,-. Ma) ans de Valence le catalogue de sa bibliothèque. Ce savant csjKignol écrivit directement I David dément que le catalogue de sa bibliothèque n'était point fait ; mais qu'il lui donnait du moins la liste des grammairiens et rhéteurs espagnols dont il possédait et avait lu les ouvrages. C'est cette lettre et cette liste que David Clément a fait imprimer sous le titre île Spécimen bibliotheca- Hispano-Maiansianœ, sire idea non' catatogi critici oprrum script arum hispannrum qua* hubet in sua bibliotheca Grcgorius Maiansius , Hanovre, 47S3, in-4° : il y est question d'environ quatre-vingt-dix auteurs ; le litre de leurs ouvrages est rapporté en entier, et, à la suite de chaque ouvrage, le jugement qu'en |H>rte Mayans. A. D— t.
CLÉMENT (l'abbé Dems-Xavier ). né à Dijon, le 6 octobre 4706, montra de bonne heure beaucoup de goût pour l'état ecclésiastique. Après avoir achevé ses études, il entra dans les ordres, et reçut le grade honorable de docteur en théologie. Son zèle et ses succès dans la chaire le Client bientôt connaître si avantageusement qu'on le manda pour prêcher à la cour, où il devint en même temps confesseur de Mesdames, tantes de Louis XV, puis fut nommé aumônier du roi de Poloirne Stanislas, qui, dans ses différents voyages à Versailles, avait été frappé des vertus modestes du pieux prédicateur. Après la mort de ce prince , l'abbé Clément obtint comme retraite le décanat de l'église collégiale de Ligny.dans le duché de Bar. Il mourut peu d'années après, âgé de 65 ans. Denis-Xavier Clément était membre de l'académie de Nancy. Il a laissé un grand nombre de sermons, de panégyriques, etc., qui ont joui dans leur temps d'une certaine réputation , bien que le style soit eu général très- prolixe, et par conséquent faible et sans couleur. C'est aussi l'opinion de Sabatier, qui présente Clément comme « un des orateurs « chrétiens qui ont le moins sacrifié au goût du sié- « cle. mais dont l'éloquente serait plus propre à « faire impression , si la plupart de ses dismurs « étaient moins diffus et inoins négligés. » L'ahbc Clément es>i encore auteur de quelques ouvrage* de