‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 63 sur 117 · G CLÉ · texte numérisé non relu

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piété aussi édifiants que solides , et qui ont été réimprimes plusieurs fois de nos jours. On leur a reproché d'être écrits avec trop de simplicité, sans faire attention que cette simplicité même est le premier mérite des livres où il s'agit moins de plaire à l'esprit que de toucher le cirur. Voici la liste des productions de ce digne ecctésiasiicpie : 1° Entretient de i t'une avec Dieu, tirés des paroles de St. Augustin dans ses Méditations, ses Soliloques et son Manuel, Paris, 1745, M-8»; réimpr., Lille, 1817, in-24 ; Alais, 1826, in-18. ^Discours sur la Politique, 174G, in-12. 5' Sermons, Paris, 4746, in-8° , ibid-, 1770-71, 9 vol. in-12, y compris 3 vol. de panégyriques et oraisons funèbre*, dont plusieurs avaient élé publiés séparément. 4° Maximes pour se conduire chrétiennement dans le monde, Paris, 1749, in-t2; nom clic édition augmentée de l'éloge historique de madame Henriette de France, morte en 1732, ioid., 1733, in-18; Lille, 1812. in-18; Toulouse, 1820, Avignon, 1826, in-18. 3* Exercices de l ame pour se disposer aux sacrements depénilence et d'eucharistie, Paris, «731, in-12; réimpr., ibid., 1807; Toulouse, 1811; Avisnon, 1822 ; Lyon et Paris, même année, Lyon, 1885, in-12. «• Heurts, et Prières pour remplir saintement les principaux devoirs du christianisme, Paris, 1736, in-12. 7° Avis à une personne engagée uans le monde, etc., Paris, 1739, in-24. 8* Méditations sur la passion de Jésus-Christ, Paris, 1762-63, 3 vol. in-12. 9* Instruction sur le saint sacrifice delà messe, Paris, 1765, in-12. 10" Oraison funèbre de Louis, dauphin de France, Paris, 1766, in 4". Il* Oraison funèbre de Stanislas J ', roi de Pologne, etc., Paris, 1766, in-4\ 12" La Journée du chrétien, sanctifiée par la prière et la méditation, Paris, 1768, in-18. Cet excellent livre, publie sans nom d'auteur, a eu depuis un grand nombre d'éditions, dans tous les formats. La plupart sont précédées de Y Abrégé de la doctrine chrétienne par l'abbé île la Bogue. 15' Exercices spirituels de St. Ignace de Loyola, Paris, 1772, in-12; Toulouse, 1824; Paris, 1820, et Avignon, 1821, même format, traduction justement estimée. 14* Elévations de l'âme à Dieu, ou Paroles tirées de l'Ecriture sainte, etc., ouvrage dont les premières éditions étaient entièrement épuisées, lorsqu'on le réimprima, St-Orieuc, 1818, et Avignon, 1820, in-18. On doit encore à l'abbé Clément une édition du Bréviaire de Paris, tout en français, avec un supplément, Paris, 1767, in-12. Ch— s.

CLÉMENT (Pierre ), né à Genève, en janvier 1707, donna, dès sa première jeunesse, des m?rques de son esprit, et fut reçu ministre dans celte ville. Il vint a Paris, prêcha avec succès dans les chapelles particulières (les ambassadeurs ; mais, ayant publié une pièce de théâtre, il lut remercié par te consistoirc de Genève, et obligé de quitter le ministère. Ce fut alors qu'il se livra à son goût pour les lettres, sans néanmoins abandonner l'étude de la théologie eidu droit naturel. Il avait appris, presque au sortir de l'enfance, l'hébreu, le grec et le latin. Après avoir fait une étude profonde de la littérature française, il voulut connaître la littérature étrangère, et il y par-

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vint. Milord Waldegravc lui proposa de se charger de l'éducation de ses enfants; il accepta, et celte liaison avec le père de ses élèves lui donna la connaissance des Anglais qui cultivaient le plus les belles-lettres. Il publia d'abord, sous le pseudonyme de Frattftt, les Frimaçons, hyperdrame en 1 acîe el en prose, Londres, 1740, in-8°. Clément commença en 1748 ses Nouvelles littéraires de France , et les donna feuille à feuille. Pendant cinq années, il ne parut rien d'agréable , de nouveau , d'intéressant dans les lettres, les sciences et les arts, dont il ne rendit compte avec discernement et franchise, aucun égard |>our le mérite connu des auteurs ne lui faisant trahir sa pensée sur leurs nouvelles productions. « La liberté a ses bornes, disait-il, je les con- « nais parfaitement, je consens à la perdre si je les « passe ; mais, doublement républicain, né à Genève « et dans les lettres, je ne veux point tenir ma penk sée dans une prison perpétuelle. • (T. 3, lettre 74.) Ses lettres sont écrites avec chaleur et rapidité, ses jugements sont courts , mais justes , précis et lumineux. On les a réimprimées en 4 vol., sous ce litre : les Cinq Années littéraires, ou Lettres sur les outrages de littérature, la Haye, 1751, 3 vol. in-12 ; Berlin, 1733, 4 vol. in-8". Clément n'avait que vingt-deux ans, lorsque, frappé de la tragédie de JUérope du marquis Maffei, il résolut d'accommoder ce sujet au théâtre. Le marquis Mafiei étant venu à Paris en 1733, il lui demanda son avis. Maffei parut souliailer qu'il se bornât à une simple traduction en vers, il lui apprit même le dessein de Voltaire; mais Clément ne suivit pas le conseil du marquis. Lorsqu'il cul achevé sa pièce, en 5 actes et en vers , il la lut aux comédiens, qui exigèrent des changements. Ce travail lut long. Voltaire présenta h) sienne, qui eut le succès le plus décidé , et lorsque Clément reporta sa tragédie avec les cliangements, les comédiens n'en voulurent point , à cause de sa ressemblance avec celle qu'ils avaient déjà. Clément fit imprimer sa pièce (Paris, 1749, in-12), et dans le compte qu'il en rendit , mil la tragédie de son rival bien au-dessus de la sienne , qu'il critiqua aussi impitoyablement que si un autre l'eût faite. Cependant il y a lieu de croire que si la Mérope de Voltaire n'eut point paru, celle de Clément aurait eu du succès. Outre cette tragédie el le Marchand de Londres, tragédie bourgeoise en 5 actes et en prose, Paris, 4748, 1751 , in-18, traduit de l'anglais do Liilo, il a imité de l'anglais une comédie qu'il intitula la Double Métamorphose, et dont le titre original est The devil to pay ( C'est le Diable). Celte pièce, traduite en français par Patu. est le modèle du Diable à quatre de Sedaine. Clément vivait heureux , lorsqu'à la Heur de son âge, son esprit se dérangea. 11 passa douze années entières sans sortir de son lit, se croyant malade, tt n'ayant réellement d'autre maladie qu'une imagination vivement affectée. Par une bizarrerie singulière, après un terme aussi long, une tragédie nui attirait beaucoup de monde. an théâtre, et dont il entendit parler, le lit sortir de sa léthargie. Il se fait transporter dès le lendemain à l'amphithéâtre de la comédie , écoute la pièce, en fait la critique la plus

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juste, et, malgré le succès prodigieux de ce drame, il prédit que la pièce ne serait plus jouée si l'actrice qui la faisait valoir abandonnait le théâtre , et l'événement a justifié cette prédiction. Clément se soutint pendant quelques jours dans cet état de santé apparente; il travaillait à augmenter ses Nouvelles iiUèraire$ d'un b* volume ; mais son esprit se dérangea encore; il pria son frère de le faire transporter 4 Charcnton. Il y faisait des vers, et, dans le petit recueil qui en fut donné sous le titre de Pièces posthumes de l'auteur des cinq Aimées littéraires, Amsterdam (Paris), 1766, in-8», il s'en trouve qui ne se ressentent point des lieux où était le poète. Il désira de revenir encore chez son frère, qui, se prêtant toujours i ses désirs, alla le chercher lui-môme; mais , peu de temps après , il tomba dans l'état le plus déplorable, et mourut le 7 janvier 1767, âgé de «0 ans. On doit encore à Pierre Clément les deux ouvrages suivants, publiés sans nom d'auteur : tes Sottises du temps, ou Mémoires pour servir à l'histoire générale et particulière du genre humain , la Haye, 1754 , 2 vol. in-8*; et : Lettres critiques sur divers sujets de littérature, ou Nouvelles littéraires, critiques et amusantes, Amsterdam, 1761 , 2 vol. in-12. . Z.

CLÉMENT (dom François), naquit à Béze, près de Dijon, en 1714, lit ses premières études au collège des jésuites de Dijon, et entra dans la congrégation des bénédictins de Sl-Maur dés l'âge de dix-sept ans. H prononça ses vœux dans l'abbaye de Vendôme, le 81 mai 1751. Dès ce moment, D. Clément ne cessa de se livrer à son ardent amour pour l'élude; mais ses travaux affaiblirent tellement sa santé, qu'à l'âge de vingt-cinq ans, il fut obligé de les quitter, et il n'en reprit sérieusement le cours qu'au bout de vingt ans. Alors son temjiéranient était robuste, et ses facultés intellectuelles tellement fortifiées, qu'en été il dormait deux heures, et passait le reste du jour i son bureau. Appelé par ses supérieurs dans la maison des Dlancs-Mantcaux de Paris, on l'y chargea d'un travail analogue a ses goûts, de la continuation de Y Histoire littéraire de la heance. Il en acheva le 41* volume, et rédigea entièrement le 12*, qui commence à l'an 1141, finit à l'an 1167, et renferme soixante-douze articles, entre autres ceux d'Abailvud et de St'GCR. Les matériaux qui devaient composer le 15e volume étaient en grande partie rassemblés, lorsque sa congrégation le chargea de continuer le Recueil des historiens de France (voy. BotQiET), abandonné par D. Poirier. Il quitta donc son premier travail, pour ne s'occuper que de celui-ci , et, aidé de D. Brial, il publia le 2' et le 3e volume de cette précieuse collection. Ces deux volumes renferment cent quatre-vingt-dix-ncul articles, dont chacun est précédé d'une préface analytique et critique. Les recherches qu'avait exigées la publication de ces ouvrages avaient familiarisé D. Clément avec la science des temps, et le rendaient seul capable de donner une nouvelle édition de Y Art de vérifier les dates, ou plutôt un ouvrage nouveau sur cette matière, indiquée par D. Dantine et effleurée par D. Clémcncet. {Voy. ClÉiIEKCET et D a m i a l . ) Cette édition parulen

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1770, in-fol., et obtint un plein succès; maisD. Clément, juge sévère, y reconnut tant d'imperfections, que son plus vif désir fut d'en donner une S* édition. Il y travailla pendant treize ans sans relâche, et mit enlin au jour le 1" volume en 1783, le 26 en 1784, le S* en 1787. Les tables n'ont été publiées qu'en 1792 ; la table chronologique y est prolongée d'un siècle, ainsi que celle des éclipses, calculée par le P. Pingré. La chronologie du Nouveau Testament, entremêlée de l'histoire des Juifs, jusqu'à la ruine de Jérusalem, celle de l'empire de la Chine, la suite des rois d'Arménie, etc. , y forment de nouveaux articles. Enfin cent vingt grands fiefs de France, d'Allemagne, d'Italie, figurent dans cette 3* édition. Il serait aussi présomptueux qu'inutile d'entreprendre ici l'éloge de cet ouvrage, le plus beau monument d'érudition du 18* siècle. Pour peu qu'on y jette les yeux, l'imagination s'effraye de l'idée du temps, des travaux nécessaires pour rassembler, rédiger, coordonner tant de matériaux souvent incohérents, et dont on n'a pu former un tout qu'à l'aide d'une rare sagacité et de la plus saine critique. Une chissc d'associés libres résidents ayant été créée en 1785, dans l'académie des inscriptions, D. Clément en fut nommé membre. Il faisait déjà partie du comité chargé par le roi de préparer et de publier la collection îles diplômes, des chartes et des divers actes relatifs à notre histoire. La révolution vint troubler la paix dont il jouissait dans sa retraite chérie. Au milieu de l'orage, il reçut dans la maison de M. Dul>oy-I.averne, son neveu, directeur de l'imprimerie nationaU', les soins de l'amitié la plus tendre, et il put continuer ses recherches. Son intention était île donner IMfl de vérifier les dates avant Jésus-Christ ; il tru\ ai lia sur le plan qu'il avait précédemment adopté, minissant dans une table générale toutes les période! et les ères, classant les faits an moyen de la suite

I des rois et des magistrats éponymes expliquant toutes les formes des années, éclaircissant la chronologie de chaque peuple. La chronologie technique, l'indication et l'exposé des moyens pour trou*

! ver les solstices et les equinoxes, la rédaction des calendriers et la manière d'en faire usa^c, plusieurs tables prolepliques, l'exposition du système de Newton et des autres systèmes, devaient former la première partie, et étaient rédigés ; il ne manquait à la seconde, qui renfermait la chronologie positive et historique, que le 7' siècle de la république romaine, lorsque D. Clément fut frappé d'apoplexie cl expira, le 29 mars 1793. Ses manuscrits restèrent, partie entre les mains de D. Brial, et partie entre celles de son petit-neveu, M. Dubois-Laverne (1). Outre les

<0 N. de St-Allais en fit farquisition, ainsi que d an e xonipblre de i Art dertnfin tes data, wtTigi- de la main de l auteur. Il s'm e»iser«t pour donner une nouvelle édition Diminuée jusqu'à nos jours. Paris, t8is-l», 18 \ol. kn-8«, ou S vol. i«-4°. En 1119 rt VSia, il publia au*si (5 \oL in-8» ou » vol. in-»0 ou in-fol). ['Art de rerlflrr tes dates aranl Sint-Ckrlst, fruit de la vieillesse de D. Clément, qui n'avait pas eu le leiup» de le revoir, et même de le terminer. Les deux oinrages oui ete réunis, a*ee de nombreuses augmentations, principalement en ec qui conrerne l'histoire des rw^s étranger*. Paris. 1822-39. 52 vol. In-»'. Celte belle eotteprise a tte duigee, d'abord par M. de CourceUes, poli par M. Farta

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ouvrages que nous avons indiqués, on doit pneon» i à I). Clément : 1° Nouveaux Éclaircissements sur t'origitte et le Pentalcuque des Samaritains, ouvrage commencé par D. l'omet, Paris, 1700, in-8". Une partie du 9e chapitre sur la chronologie samaritaine et tout le 12' sur les versions samaritaines et la langue des Samaritains sont de D. Clément, ainsi que la préface. 2* Calahgus manuscriplorum cod. collegii Claramontani, quem exripit catalogut manuscriplorum domus professa; Parisiensis, uterque digeslus et notis ornalus, Paris, 1764, in -8°. La notice des manuscrits grecs est de bréquigny. Ce savant bénédictin avait lu à l'académie des inscriptions un Mémoire sur l'époque de la mort du roi Robert, et la première année du règne de Henri son fils, inséré dans le 5* vol. du recueil de cette société. J-N.

CLÉMENT DE BOLSSY (Atiunasb Alexandre ) , conseiller en la chambre des comptes, né à Créteil prés de Paris, le 10 septembre 1710, employa trente années à faire des recherches sur la jurisprudence et les privilèges de sa compagnie, et en forma un recueil en quatre-vingts cartons in-lol. , déposés par son fils à la bibliothèque royale. La table îles pièces dont est composé ce précieux recueil a été imprimée en 4787, in-4°. Clément partagea les loisirs que lui laissait sa place entre les soins qu'exigeait l'éducation de ses enfants et la ronqiosition de plusieurs ouvrages; les uns sont relatifs à l'élude de la grammaire, et les autres ne sont (pie des extraits de ses lectures. Il mourut à Ste-Palayc, le 2» août 1703, dans un âge avancé, avec la réputation d'un homme droit et estimable. On a de lui : 1* Abrégé et Concorde des livres de la sagesse, Auxerre, 1707, in- 12. 2" L'Enfant grammairien, ouvrage qui contient des principes de grammaire générale, une grammaire latine, et une méthode française-latine, Mois, 1 7, 'm, in-12; réimprimé sous le litre de Grammaire latine, contenant lt rudiment et ta syntaxe, etc. , Paris, 1777, in-12. Le livre des Seigneurs, ou le Papier terrier perpétuel, Paris, 1770, in-4°. 4" L'Art des langues, ou Essai sur la véritable manière d'apprendre les langues et spécialement la langue latine, Paris, 1777, in-12. 5e L'Auteur de la nature, etc. , Paris, 1782, 3 vol. in-12, ouvrage rajeuni en 1785 et en 1794 par de nouveaux titres. 6° De la Grâce de Dieu et de la Prédestination, Paris, 1787, in-12, publié sous le pseudonyme de Fonlenay. 7" Jésus -Christ notre amour, Paris, 1788, in-12. (Sous le pseudonyme de Fontenay.) 8° Traité de la prière { extrait des ouvrages de Duguet), Paris. 1788, in-12. 9« Abrégé de l'Ancien et du Nouveau Testament, Paris, 1788, 2 vol. in-12, qui sont les t. 1 et 3 de l'ouvrage suivant. 40" Manuel des saintes Écritures, Paris, 1789, 3vol. in-12. (Sous le pseudonyme de Fontenay.) 11° Le Mépris des choses humaines, Paris, 1791, in-12. 12° Imitation de Jésus-Christ, Paris, 1792, in-12.

d't'rban, <jni, «•titri* antre* savants et lit'fraionrs. s'étaient adjoints MM. Audiilni. ttebforlr, |>r|i|>ing, IWns «le U RciqtlrlU, I jIkhidfrtr, Lacretdlp, Warileo. colbtwoururs de U Bio?r aph,t tmrr- »'"*. Cii— s.

I Ce n'est guère qu'une nouvelle édition de l;i Ir.iduction de Saey. On attribue encore à Clément «le lioissy quelques brochures de circonstance, parmi lesquelles nous citerons : le Maire du palais, 1771, in-12; Vues pacifiques sur l'état actuel du parlement, etc. , 1771-72; Mémoire sur la réformation des finances, 1787, in-8° ; de l'Élection des évéques et Nomination des curés, etc., 1791, in-8\ VV— s.

CLEMENT (Aigistia-Jean-Chari.es), frère du précèdent, né à Cretcil, en 4717, d une famille de robe, se destinait à l'étal ecclésiastique, mais refusa de signer le formulaire, et ne fut pas ordonné sousdiacre à Paris. H alla alors à Auxerre, où Caylus lui conféra le titre qu'on lui avait refusé, et par suite la prêtrise. Il devint trésorier de l'église d'Auxerre, et fut, en 1735, député par le Clergé du diocèse à rassemblée provinciale de Sens. Il avait joui de toute la laveur auprès de Caylus ; il eut plus d'une discussion avec Condorcct, qui succéda à Caylus dans le siège d'Auxerre. Eu 1752, Clément avait fait un voyage en Hollande pour les mêmes affaires qui y avaient attiré le P. Quesnel ; il en lit un second en 1702, dans le même pays, où il avait conservé des relations très-suivies. De 1758 à 1708, il alla plusieurs fois en Italie, en Espagne, toujours pour les mêmes motifs. Clément était un partisan très-zélé des opinions de Port-Royal. 11 s'était démis, en 1786, de sa trésorerie de la cathédrale d'Auxerre. 11 se retira a Livry. En 1794, on l'arracha de sa retraite pour le conduire en prison. Rendu à la liberté par la chute de Robespierre, il lit partie des assemblées que tinrent, sous les noms de synode ou de conciles, les ecclésiastiques français partisans de la constitution civile du clergé, et ce fut par eux qu'en 1797, il fut « nommé et proclamé évéque de Versailles. » 11 renonça à ce litre lors du concordat, et mourut le 13 mars 1804. Clément est auteur de plusieurs écrits, dont la plupart ont pour but de défendre les opinions qu'il avait adoptées. Ce sont : |« Mémoire sur le rang que tiennent les chapitres dans l'ordre ecclésiastique, 4779, in-8". 2° Défense du Mémoire sur le rang, etc., même année et même format. 5* Ijtltre à l'auteur des Observations sur le nouveau Rituel de Paris, 1787, in-12. L'auteur de ces Observations était Lan ière. Clément publia, quelques mois après, une seconde Lettre sur le même sujet. 4* Des Elections des èvéques et de la manière d'y procéder, Paris, 1790, in-8". 5" Formes canoniques du gouvernement ecclésiastique, etc., Paris, 1790, in-8«. 6" Lettres d'un jurisconsulte sur les intérêts actuels du clergé, Paris, 1790, in-8°. 7° Principes de l'unité du culte public, Paris, 1790, in-8°. 8" Journal, correspondance et voyages en Italie et en Espagne dans les années 4758 et 1708, Paris, 1802, 3 vol. in-8v Quoique cet ouvrage ne soit qu'un cadre qui renferme le tableau de la disposition |>olitiquc où se trouvaient les cours de Rome et de Madrid, relativement aux affaires ecclésiastiques et à l'expulsion des jésuites, l'auteur a entremêlé dans ce tableau plusieurs anecdotes sur les principaux personnages de Rome et de Madrid, et sur les événements de ces voyages, avec asse* d'art pour faire lire les articles historiques

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avec plaisir. fr* lettre apologétique de l'Église de France, wlressée au pape Pie VII, Londres, 1803, in-4° de 5(> |tagcs. On attribue encore a Clément un ouvrage publié sans date ni indication de lieu, sous ce line : Tradition de l'Église, opposée aux opinions du nouveau Rituel de Parts, sur la Conception immaculée de la Ste. Vierge, et sur son Assomption au ciel en corps et en âme, in-12. On a publié : Mémoires sur la vit de M. Clément, évéque de lersailles, pour servir d'éclaircissement à l'histoire ecclésiastique du 18'«èc/e.18l2, in-8*. A. B — T.

CLÉMENT (Jean-Mahie-Berjiard), né à Dijon, le 85 décembre iH'2, mort à Paris, le 3 février 1812, fut destiné au barreau par sa lamille. 11 montra, dès son enlance, une grande aversion pour tout ce qui avait trait à la chicane, et obtint enlin de ses parents la liberté de se livrer tout entier à l'étude des lettres. Pourvu, quoique trés-jeunc encore, d'une place de professeur au collège de Dijon, mais incapable de porter le moindre joug, il quitta sa chaire, peu de temps après Pavoir obtenue, pour ne pas se soumettre à quelques règlements nouveaux qui lui paraissaient injustes, et même, dans la première chaleur du ressentiment, il écrivit au bureau du collège une lettre aussi vive qu'imprudente. Le bureau reçut la lettre comme une insulte, et se plaignit au parlement. L'aflaire devint sérieuse, les chambres assemblées voulurent contraindre le jeune professeur à faire des excuses ; mais, lorsque l'arrêt de soit ouï fut rendu, Clément, qui avait su le prévoir, était déjà en st'ireté à Paris. Agé alors de vingt-six ans, il ne songea point d'abord à s'engager dans la carrière polémique, et son penchant parut l'entraîner exclusivement vers la poésie ; tout son avenir lui semblait enfermé dans son portefeuille, contenant une tragédie terminée (Médée) et une autre (Cromtcell) qui n'a jamais été achevée. Clément porta dans les sociétés où il fut admis son goût sévère et irascible, il critiqua vivement des nouveautés qui excitaient l'admiration générale, et bientôt quelques essais de critique qu'il publia lui lirent connaître son talent pour cette partie de la littérature. Une sot ie de fatalité l'entraîna, et ce fut bien moins à composer des ouvrages qu'à discuter les défauts de ceux des autres, qu'il consuma sa vie et ses talents. Il est principalement connu du public par la sévérité de ses jugements et par ses attaques réitérées contre Voltaire, dont il s'était d'abord déclaré l'admirateur. Il lui avait même adressé quelques compliments en vers, pour prix desquels il avait reçu plusieurs billets agréables. Quelques années après, quoique l'admiration de Clément pour Voltaire se fût bien ralentie, il ne se disposait point encore à diriger contre lui les traits de sa critique, et peut-être ne l'auraitil jamais attaqué, sans une circonstance particulière qu'il n'est pas hors de propos de rapporter. St-Lan> bert avait proclamé le vieillard de Ferney

Vainqueur des deux rivaux qui partagent la scène.

Clément, regardant ce vers comme un outrage fait à la mémoire de Racine et de Corneille, ne put contenir la brusque impatience de son zèle ; car dès

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l'instant qu'il croyait combattre pour la bonne cause, il ne savait plus renfermer sa pensée ni chercher le moindre détour pour l'exprimer : les défauts d'un ami ou d'un écrivain fameux ne le trouvaient pas plus indulgent que ceux d'un auteur obscur ou d'un ennemi. Clément réclama donc contre la sentence portée par l'auteur des Saisons, et la critique d'un seul vers alluma une querelle aussi longue qu'opiniâtre. Indépendamment du torrent d'injures que Voltaire répandit sur son importun censeur, injures dont le temps a fait justice, il lui donna le surnom d'Inclément, que tout le monde a retenu, et par lequel on le désigne encore quelquefois. La vengeance (le St- Lambert lut d'une autre nature ; il eut le crédit d'obtenir un ordre pour faire conduire Clément au For-I'tvêque et pour faire saisir l'édition entière (encore sous presse) de la critique du poème des Saisons. Cet événement devint le sujet de toutes les conversations, et J.-J. Rousseau, se trouvant chez une femme du haut rang, parla avec force contre la tyrannie qui mettait aux fers un écrivain dont le seul crime était d'avoir osé dire que des vers étaient mauvais. L'éloquence du philosophe genevois produisit tout PefTei qu'il en pouvait attendre ; dés le troisième jour. Clément vit linir sa détention. Il eut peu de peine à prouver que la critique des Saisont ne contenait aucune personnalité, et obtint la permission de la publier. Celte tracasserie n'abattit point son courage, et ne l'empêcha pas de continuer d'écrire avec une nouvelle ardeur; mais il conserva jusqu'à sa mort la plus vive reconnaissance du service que Rousseau lui avait rendu. De vives disputes éclatèrent aussi entre Laharpe et Clément, et ils vécurent longtemps en ennemis déclarés ; cependant, lorsque après les orages révolutionnaires, Laharpe fut rendu à la littérature. Clément, qui rédigeait un journal, eut occasion de parler des nouvelles productions de son erfnemi, et leur paya franchement un juste tribut d'éloscs. Ce procédé généreux réconcilia les deux antagonistes ; ils sévirent et s'embrassèrent publiquement. Dans le môme temps où une vieille haine s'apaisait ainsi, une ancienne amitié achevait de s'éteindre. C'était Clément qui avait commencé la célébrité de Lebrun, et qui le premier avait faitconnaltre le mérite de quelques vers de ce poète, et surtout son talent pour les traductions. Lorsque Lebrun fut devenu le Pindare de la révolution, Clément cessa de le voir, et fit même contre lui l'impromptu suivant :

Nosrimeurs plébéiens, las d'un joug importun, Ont détrôné le dieu qui régnait au Parnasse. Détrôné, dites-vous? qu'ont-ils mis à la place Du blond Pbébus? Pbébus Lebrun.

Ces vers n'étaient qu'une saillie de société, mais on les retint, on les repéta, et Lebrun s'est vengé par deux épigrammes faillies et peu dignes de son talent. Clément ne voulut être d'aucun parti, tant il craignait de perdre le droit d'écrire et de penser librement. Parmi toutes les personnes qui l'ont connu, celles qui seraient le plus éloignées d'approuver la rigueur de ses jugements sont forcées de rendre jus-

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tîce ù sa conduit?, aussi bien qu'à l'invariable fermeté de ses principes. Trouvant son bonheur dans la retraite et les entreliens de l'amitié, exempt d'ambition, méprisant les revirements continuels de l'opinion publique, il pensait, il écrivait en 1796 et en 1812 comme il avait Tait en 1771 et en 1788. Persécuté par un parlement, emprisonné pour avoir offensé l'orgueil d'un bel esprit, il n'alla point grossir le nombre des mécontents à l'époque où tant de novateurs, feignant de s'immoler au bonheur général, ne s'occupaient que de leurs intérêts et de leurs vengeances personnelles. En résumant les jugements divers qu'on a |>ortés sur Clément, nous dirons qu'on lui reproche de manquer de flexibilité cl de grâce dans ses écrits, et surtout de pousser trop loin 1 âpreté de la critique. Plus d'une fois, les apparences le firent croire coupable de haine et d'aniniosité ; niais nous pensons que les défauts cl les excès dont sa plume est accusée viennent d'abord de sa brusque franchise, qui, ne pouvant taire la vérité, croyait, pour assurer son triomphe, n'en jamais dire assez, et ensuite d'une certaine roideur de caractère, incapable de plier et de se contonner aux petites convenances sociales. I.cs ouvrages que Clément a donnés au public sont : i' Êpitreà mademoiselle Delestre, 1701, in-8\ 2° Êpilre à un jeune homme qui veut embrasser la profession des lettres, 1766, in-8". 5* Observations critiques sur la nouvelle traduction , en vers français, des Géorgiques de Virgile; et des poèmes des Saisons, de la Déclamation et de la Peinture, etc., Genève et Paris, 177*2, in-8". On accusa généralement Clément d'avoir fait sur les Gcorgiqucs de Delille une critique trop rigoureuse, et surtout beaucoup trop minutieuse, en appuyant sur des fautes de détails légères en elles-mêmes ; enfin d'avoir négligé l'analyse des beautés, après la discussion des défauts. Il est inutile de rapporjer ici les raisons que Clément alléguait pour se justifier, on sait que le poème a triomphé de la censure. Les Saisons n'ont pas eu le même avantage. Les Observations sur le poème de Psyché, qui terminent le volume, sont de Meusnier de Ouerlon. 4* Nouvelles Observations critiques sur différents sujets de littérature, Genève et Paris, 1772, in-S", ouvrage écrit avec une parfaite connaissance des vrais principes du goftt. 5* Première Lettre à M. de Voltaire, Paris, 1773, in-8». Elle fut suivie de huit autres. La Neuvième et dernière est de 1776. 6e Boileau à Voltaire, épltre en vers, 1773, in-8*. 7° Lettre à M'", sur un écrit intitulé : Éloge de la Fontaine (par Laharpe), etc., Paris, 1775, in-8". 8° Mon Dernier Mol, Genéve,1773, in-8". 9°/rf* Charmes de la retraite, 1778, in-8". 10° Satire sur la fausse philosophie, Pp-rii , 1778, in-8" de 14 p. 11° Mèdée, tragédie en 3 actes, Paris, 1779, in-8". Cette pièce, malgré une exposition neuve et un Ivcau monologue au 5r acte, n'eut aucun succès à la représentation. 12* De la Tragédie, pour êervir de suite aux Lettres à Voltaire, Puis, 1781, 2 parties in-8". 15* lissai sur la manière de traduire les poêles en vers, 1784, in-8". Cet ouvrage et le précédent sont les meilleurs que Clément ait produits. 14" Es$ai$ de critique sur la littérature ancienne et

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moderne, Amsterdam (Paris), 1783 , 2 vol. in-12, morceaux qui avaient déjà paru dans quelques recueils périodiques, et particulièrement dans le Journal de Monsieur, auquel Clément avait travaillé pendant quelques années. On y trouve un goût sûr et d'excellents principes. 15e Réquisitoire, ou Projet de règlement sur la manière dont on pourrait traiter à l'avenir les soi-disant philosophes, Paris, 1786, in-8*. 16° Satires, par M. C"\ Amsterdam (Paris), 1788, in-8". Une 3e édition, plus correcte, Tait partie du Recueil des satiriques du 18* siècle, 7 vol. in-8*. 17* Petit Dictionnaire de la cour et de la ville, Londres el Paris, 1788, 2 vol. in-12. Ouvrage devenu rare, et où l'on trouve de l'esprit d'observation et des rapports bien saisis. 18* Journal littéraire, Paris, 1796-97, 4 vol. in-8*. De Fontanes el Dcschamps ont travaillé à ce journal, dont plusieurs articles sont remarquables. 19° Les Amours de iMtcippe et de Clitophon, traduits du grec d'Achille Tatius, évêque d'Alexandrie, Paris, 1800, 1 vol. in-12. 20° Jérusalem délivrée, potme imité du Tasse, Paris, 1800, 1 vol. in-8". Clément, qui se crut forcé par quelques circonstances de publier ce poème avant «l'y a»oir mis la dernière main, arriva au terme de sa vie sans avoir eu le temps de le retoucher. Les vingt chants de l'original y sont réduits à seize, sans compter l'épisode d'Olinde et Sophronic, qu'il a donné séparément à la suite de l'ouvrage. Malgré quelques négligences, la versification est, en général, assez correcte, et l'on rencontre de véritables beautés dans plusieurs morceaux, parmi lesquels on remarque la description de la cérémonie du 10' chant. Cependant la Jérusalem de Clément n'est point lue , ce qu'il faut attribuer à cette roideur et à cette sécheresse qui caractérisent presque toutes les productions de l'auteur. 21° Tableau annuel de la littérature française. Paris, 1801, 5 parties in-8". Il peut être considéré comme une suite du Journal littéraire ; c'est le même style et la même méthode de critique. On trouve à la suite de chaque numéro un article curieux sur la langue française. 22" Révolution des Welches, prédite dans les temps anciens, petite compilation ingénieuse et hardie qui ne se trouve plus que dans la bibliothèque de quelques curieux : c'est un rapprochement de plusieurs passages de l'Écriture applicables à notre révolution. Clément de Genève a eu part aux Anecdotes dramatiques, 4773, 3 vol. in-8*, et à la traduction des œuvres de Cicéron, dont 8 volumes in-8° seulement ont paru, de 1783 à 1789. (Voy. CicénoN.) Les t. 5, 6 et 7, où se trouve une partie des discours, sont l'ouvrage de Clément. On lui doit aussi une édition revue cl corrigée des Onze Journées, contes arabes, traduction posthume de Galland, et une édition de J.-B. Rousseau, avec des commentaires qui font regretter que cet ouvrage n'ait pas été continué. On n'en a même imprimé que le 1*' vol. et les 112 premières pages du t. 2, contenant les liv. 1,2 et 3 des odes. Il a rédigé, conjointement avec Palissot, le Journal français. Enfin, il a laissé deux ouvrages manuscrits, l'un sur la langue française, l'autre sur l'éloquence, et des mélanges, des recueils d'anecdotes, d'épi»

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