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grammes, de petits vers, etc., que la famille n'a pas jugé à propos de publier. G. L. M.
CLÉMENT (Jean), médecin anglais il» 16' siècle, fut eievé à Oxturd. Le célèbre Thomas M or us l'honora de sou amilié, et lui conlia l'éducation de ses enfants. Jl lut nommé, en 4519, professeur de rlvétorique à l'uuiversilé d'Oxford, où il obtint ensuite la chaire de grec par la protection du cardinal VVolfiey. 11 .s'acquitta de deux emploi} avec une grande distinction ; mais bientôt il se lirra entièrement à la médecine. Agrégé à la société des médecins do Londres, il fui du nombre dû ceux que Henri VIII euvoya en 1529 au cardinal Wolse), alors retenu a Et lier dans un état de largueur. Clément avait puisé daus la maison de 1 bornas Mortis uu attachement sincère pour la religion catholique. Il quitta l'Angleterre sous le rèjfne d'Edouard VI. La cour en lut si indignée qu i! fut un des catholiques exceptés de l'amnistie publiée en 1552. Il retourna daus sa patrie à l'avènement de la reine .Mûrie, et exer ça sa profession prés de Londres, dans le comté d'Kssex. Oblige de fuir une seconde fois, lors de la mort de celte princesse, il |»assa le reste de tes jours dans l'exil, et mourut à Matines, le 1" juillet 1588. Les seuls ouvrages qu'il ait publics Sont quelques traductions du grec, telles que les Epitres de St. Grégoire de Nazianzc, et des Homélies de Nicéphore Calliste, un recueil d'épigramme* latines et d'autres vers dans cette même langue. H avait épousé, en 1526, Marguerite Gige, que Morus avait fait élever dans sa maison avec sa tille. Celle femme entendait aussi fort bieu lo grec, et elle aida plus d'une fois son mari dans ses traductions : elle mourut à Matines, en 1580. C. T — V.
CLEMEiNT DE RIS (le comto Domimqur) né à Paris, en 1750, bis d'un procureur au parlement, était, avant la révolution, maître d'hdtel de la reine, et quels que fussent les avantages qu'il dût trouver dans cette charge, il adopta les nouveaux principes. Possédant une terre à Tréguicr en Uretagne, il y connut Sieyes, alors grand vicaire de l'evéquc de celle ville. Il habitait son domaine de licauvais en Touraine, dans les premières années de la révolution, lorsqu'il fut nommé administrateur du déparlement d'Indre-et-Loire. Accusé de modêranlisme après la révolution du 31 mai 1795, et poursuivi par Mogue, •agent du comité de salut public, il fut conduit a la Coucicnrerie à Paris, d'où il ne sortit que sur les pressantes réclamations de ses amis, et surtout par le crédit de Sieyes et Julien de la Drome. 11 reprit alors ses fonctions administratives ; puis, étant revenu à Paris, il fut nomme chef de division dans les bureaux de l'instruction publique, dont il devint l'un des directeurs, avec Garât et Gingucné. Il donna «a démission en lévrier 1795. Après le 18 brumaire, il appelé au sénat conservateur. Celte place, en le mettant en évidence, lui attira une aventure singulière, et qui Ht beaucoup de bruit dans le temps. Le 25 septembre 1800, Clément de Ris se trouvant presque sculà sa maison de Bcauvais, près de Tours, six hommes armés entrèrent chez lui, s'emparèrent de l'argent monnayé et de l'argenterie, le forcèrent à
monter avec eux daus sa propre voiture, ie condui-
sirent dons un lieu inconnu, et le jetèrent dans un souterrain, où il resla dix-neuf jours sans qu'on pût avoir de ses nouvelles. Eniin quelques personnes, étrangères à la police, mais que le ministre Fouché avait cru devoir employer dans celte occasion, s'étant trouvées sur sou chemin lorsqu'on le transférait dans un autre lieu, mirent en fuite son escorte, et le ramenèrent au sein de sa famille. On a prétendu que ce coup hardi, exécuté en plein jour, était l'ouvruge de quelques royalistes qui voulaient avoir dans sa personne un otage, pour garantir la vie menacée de quelques-uns de leurs chefs ; mais rien de pareil ne fut dit dans le procès, où trois des auteurs du crime furent condamnés à mort par le tribunal d'Iudre-el- Loire. C'étaient des hommes ohSCUrS et dont le pillage semblait devoir être le seul mobile. Ils l'avaient forcé d'écrire a sa femme qu'elle remit 50,000 francs dans un lieu désigné, et celle damo avait préparé la somme ; mais elle n'eut pas le temps de la remettre. Madame Lacroix, propriétaire de la maison du Portail, où il fut reconnu que Clément de Ris avait ainsi été détenu, lut condamnée, par le même tribunal, à plusieurs années de détention et a l'exposition sur l'echafaud au moment de l'exécution. Clément de Ris ne cessa pas de jouir d une grande faveur sous le gouvernement impérial ; il obtint, en 1804, le titre de commandant de la Légion d'honneur, et celui de comte de Mauny. En no\embre 1805, il lit partie de la commission chargée de faire un rapport sur la proposition d'envoyer une députât ion à l'empereur pour le féliciter sur ses victoires. Devenu préteur du sénat, il donna son adhésion à la déchéance de Bonaparte, en 18M. Créé |>air de France par le roi, le 4 juin de la même année, il le fut ausM par lionaparle en 1815; mais il ne porta la parole dans la chambre, dont il lit alors partie, que pour faire augmenter le nombre des membres d'une commission extraordinaire, devenue incomplète par l'absence du maréchal Davoust. Le comte Clément cessa d'être porté sur la liste des pairs après le second retour du roi ; mais il y fut rétabli dans la grande fournée de 1819. Il ne se fit plus remarquer depuis cette époque, et mourut à Paris, le 22 octobre 1827. Il avait publié, en 1784 : Observations sur Us intérêts d'argent à terme, in 8°. — Son second (ils (Paulin) fut tué à la bataille dé Friedland, le 14 juin 1807. — L'ainé, d'abord chef d'escadron, aide de camp du maréchal Lerebvrc, colonel de cavalerie et chevalier de St-Louis, a succédé à son père dans la pairie. M— d j.
CLÉMIiNT (Ht ci es-Joseph), prêtre, né eu 1756, à risle-sur-le-Doubs, embrassa Télat ecclésiastique et fut pourvu «le la cure de Flan«ebouche, paroisse importante dans laquelle il avait eu pour prédécesseur le savant abbé Bcrgier. A l'époque de 1/ révolution, il en adopta les principes, et lut nomme membre de l'administration centrale du département du Doubs. Dès le mois de juin 1701, il rétracta le serment qu'il avait dû prêter à la constitution civile du clergé, et exposa ses motifs dans un petit écrit qui lii beaucoup de bruit dans le département. Ses
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adversaires Tamisèrent de n'abandonner l'église consiilulionnelle que par dépit de n'avoir point été fait évoque ou du moins vicaire général; il leur répondit que cette absurde et grossière calomnie ne l'atteignait seulement pas. Aux termes des décrets, l'abbé Clément devait quitter sa cure; mais la municipalité de Flangebouclie, après avoir renvoyé le prêtre désigné pour le remplacer, déclara, par une délibération signée de tous les membres, quelle ne reconnaîtrait point d'autre curé que son pasteur légitime. Dans la nuit du 25 décembre, des gendarmes, envoyés d'Ornans pour l'arrêter, trouvèrent l'église et le presbytère gardés par les habitants en armes, et furent obligés de se retirer. Alors le district d'Ornaus lit défense à Clément, ainsi qu'à son vicaire, d'exercer aucune fonction sacerdotale dans la paroisse; mais ne reconnaissant pasau district le droit de prononcer son interdiction, il continua de remplir les devoirs desonministère, au risque de tout ce qui pouvait en résulter. Cependant, après le 10 août 171)2, il jugea prudent des* retirer en Suisse, dans un endroit rapproché de la (routière, d'où il pouvait entretenir une correspondance active avec ses paroissiens. J .01 s de l'insurrection qui eut lieu dans les montagnes du Douhs au mois de septembre 1793, les habitants de Flangebouclie se signalèrent par leur dévouement. Les ebefs qui devaient se mettre à leur tête n'étant point arrivés, les paysans, la plupart inaguerris, furent facilement dispersés par un bataillon de la Brome, envoyé contre eux de Besançon avec tlcux pièces d'artillerie. Ceux qui purent gagner la Suisse parvinrent à rejoindre l'armée du prince de Condé. Les autres périrent presque tous sur l'échafaud, au pied duquel lut brûlé, par l'exécuteur, un di a|K.»au semé de fleurs de lis d'or, sur lequel on lisait d'un côte Flangebvuclie, et de l'autre : la nation, la loi et le roi: c'était celui delà garde nationale de celte malheureuse commune, que les insurgés avaient pris pour leur servir de ralliement. Clément ne revint eu France qu'en 1802. Quoique vivement réclame par les habitants de Flangebouche, ii ne fut point, après le concordat, rétabli dans sa paroisse. Mommé curé de Pierrcfonlaiue , il ne tarda pas à donuer sa démission, et vint demeurer à Besançon, ou ses protondes connaissances en théologie et en droit canonique le rendirent tres-utile à ses jeunes confrères. Il se proposait d'employer ses loisirs à la rédaction de quelques ouvrages pour lesquels il avait recueilli des matériaux dans son exil; et l'on doit regretter que l'affaiblissement de sa santé ne lui ait pas permis de réaliser ce projet. Hugues-Joseph Clément mourut à Besancon, le 24 avril 1828. On a de lui : Correspondance avec M. Seguin, èvêque contlttulionntl du déparlemenl du Voulu, Pans, 1791, 2 parties 111-8". W— s.
CLE. MENTI (Prosper), le plus grand sculpteur qu'ait produit l'Italie avant Canova, n'est pas aussi connu qu'il devrait l'être si la réputation était toujours en rapport avec le mérite. Le surnom du Cortège de la sculpture, qui lui a été donné par Algalolli, peut faire apprécier la hauteur de sou talent et La parties de l'art dans lesquelles il a excellé. Pros-
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per naquit au commencement du 16* siècle, non pas à Modénc, comme Vasari l'avance sur des renseignements inexacts , mais à Reggio, d'une famille déjà illustre dans les arts. Tiraboschi conjecture qu'il reçut les premières leçons de Barthélémy démenti, son aïeul, mort en 1525, regardé comme l'un des plus habiles sculpteurs de son temps, et qu'il se perlectionna dans l'école de .k.m-André Clementi, son oncle, sculpteur non roo;ns distingué; mais au surplus, ajoute-t-il, quel qu'aitélé le maître de Prosper Clementi, son élève l'a beaucoup surpassé. Le premier ouvrage de Prosper, ou du moins celui qui commença sa réputation, est le tombeau de St. Bernard dans la cathédrale de Parme. Celui de la famille Prati dans la même église, que l'on doit également au ciseau de Prosper, est très-remarquable surtout par le naturel de la pose et par la vérité des figures. Suivant M. Valéry, le tombeau de l'évéque George Andreossi, dans la cathédrale de Manloue, est le chef-d'œuvre de ce grand artiste. L'expression de douleur des deux figures latérales qui pleurent est admirablement touchante ( Voyage en Italie, t. 2, p. 260). On cite encore de lui deux statues en marbre à la cathédrale de Carpi, et d'autres a Bologne. Mais c'est la ville de Reggio qui possède le plus grand nombre de ses ouvrages. Indépendamment de ceux que fou trouve disséminés dans les principales églises, et qui tous méritent l'attention des connaisseurs, on distingue â la cathédrale les deux magniliques ligures d'^datn et Eve, le tabernacle du maître autel en bronze, représentant le triomphe du Sauveur, et surtout le tombeau de l'évéque Cgo Rangone, chefd'œuvre qu'il termina dans l'espace de cinq ans et qui lui fut payé 1 ,250 écus d'or. Prosper mourut a Reggio, le 26 mai 1584, dans un âge assez avancé, cl fut inhumé dans l'église du Carminé. Mais cette église ayant été démolie en 1588, l'épitaphe que Flaminio Clementi, son lils unique, avait consacrée à sa mémoire, fut transportée à la cathédrale où elle subsiste encore. Tiraboschi, voyant avec peine l'espèce d'oubli dans lequel était tombé ce grand artiste, a réuni tous les documents qu'il a pu recueillir sur sa vie et ses ouvrages, et les a publiés dans la Bir blioteca Modenese. W — s.
CLEMENTI (Muzio), pianiste célèbre, naquit en 1752, à Rome, où son père exerçait la profession de graveur sur vases d'argent â l'usage des églises. Buroni, compositeur de Sl-Picrre, lui donnâtes premières leçons de vocalisation : Muzio n'avait â cette époque que six ans. Au bout d'un an il fut placé sous un organiste nommé Codicelli; et telle fut la rapidité de ses progrés qu'a neufans il subitavec éclat un examen à la suite duquel on lui donua une place d'organiste dans sa ville natale. 11 eut ensuite pour maîtres San» tarelli et Carpini, regardés, l'un comme le maître de musique vocale le plus parfait qui existât, l'autre comme le plus profond contre-poinliste de Rome. Avec l'orgue, démenti cultivait sans relâche le piano (alors nommé le clavecin) dont les difficultés matérielles différent à peine de celles de l'orgue, tant qu'on se borne à exécuter sur l'un et l'autre des morceaux de semblable caractère. Charme de iou
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latent précoce, un riche voyageur anglais, Beckford, offrit aux parents de Clémcnli de l'emmener en Angleterre et de se charger de son éducation cl de sa fortune. La proposition fut acceptée. Celle circonstance, en introduisant Clémenti dans une famille distinguée par les habitudes littéraires et le L'<m!. non moins que par le rang et la richesse, lui inspira cet amour de la littérature et des sciences dont trop souvent l'absence est si sensible chez les artistes. Kn se livrant à l'élude des langues tant mortes que vivantes, en acquérant une érudition variée, Clémenti, loin d'être infidèle à sa vocation musicale, développa ses facultés artistiques, s'enrichit des sensations nouvelles toutes aptes a se reproduire sur le clavier et sous ses doitgs, en un mot devint, au lieu d'un vulgaire aggloméraleur de notes, un poète. A la lecture des grands maîtres, il joignait la pratique assidue de l'instrument auquel il avait voué sa vie. Convaincu que faute de celle condition il est impossible d'arriver à un grand résultat, il s'étail astreint a une régie sévère pour ce dernier genre de travail ; et, déterminé a donner chaque jour un certain nombre d'heures a l'exécution, s'il arrivait que des fêtes, des parties dt plaisi. ou quelques autres circonstances absorbassent la journée, il en compensait toujours la perte par le travail de la nuit. Cette persévérance fut couronnée par le succès, et Clémenti à dix-huit ans était répute le plus habile claveciniste qui eût existé. II avait reculé les bornes de l'art, et il ouvrait aux virtuoses celle immense carrière qui a élé parcourue depuis soixante ans par suite d'efforts progressifs aussi brillants qu'inattendus. Il avait composé dès lors sa fameuse sonate en ni (opéra 2), publiée seulement trois ans après, et alors regardée comme le née ptui ultra de la difficulté vaincue. Ce morceau, que nous regarderions aujourd'hui comme de troisième force au plus, faisait en 1772 le désespoir des J.-C. Bach, des Schrœler, qui, se contentant de l'admirer, refusaient de le jouer en public, et disaient qu'il ne pouvait être exécute que |«r le diable qui l'avait composé. Après avoir [tassé avec Beckford tout le temps stipulé par ce gentilhomme et par son père, Clémenti, entraîné par son goût pour l'indépendance, se rendit dans la capitale de l'Angleterre ; il commença par tenir le clavecin au théâtre du roi. Grâce a cette place, sa réputation s'accrut bien vite ; et en peu de temps il trouva de ses leçons un prix aussi élevé que Bach. A la sollicitation de Pacchiemtti, il fit un voyage sur le continent, où l'avait précédé sa renommée. Paris fut la première capitale qu'il visita : il y resta jusqu'à l'été de 4781. L'enthousiasme bruyant qu'y excita son exécution l'étonna lui-même : habitué aux applaudissements plus froids des Anglais, il disait en riant qu'à peine il pouvait se croire le même Clémenti a Paris et à Londres. De Paris il se rendit par Strasbourg et par Munich à Vienne, où il trouva, entre autres artistes fameux, Haydn, Salieri, enfin Mozart, déjà son digne rival malgré sa jeunesse. Clémenti et Mozart jouèrent alternativement devant Joseph II et devant le grandduc de Russie, depuis Paul 1", et sa femme. La cour autrichienne parla longtemps d'un concert on tous
deux se firent entendre à trois fois différentes et où la grande-duchesse se plut à mettre leur science à l'épreuve. Après que tous deux eurent exécute un morceau de leur choix, la princesse leur dit que jadis son maître avait composé pour elle quelques pièces qui étaient au-dessus de ses talents, mais dont pourtant elle désirait juger l'effet : •Clémenti et Mozart en jouèrent chacun une à première vue. Enfin la grande-duchesse leur pro|iosa un théine sur lequel ils improvisèrent à tour de rôle des variations au grand plaisir en même temps qu'à l'etonnement de la société. Ni l'un ni l'autre ne lurent vaincus dans cette lutte de l'Allemagne et de l'Italie; mais tous deux apprirent que désormais les limites du piano allaient sans cesse reculant, cl que nul ne pouvait se flatter d'être ou de rester longtemps sans rival sur l'instrument qu'ils peit elionnaienl de jour en jour. C'est de celle é|ioque a la lin du siècle que Clémenti, de retour dans l'Angleterre, qu'il ne quitta que quelque temps en 1783 et 1784 pour se rendre a Paris, parcourut avec le plus grand éclat la carrière professorale et vit arriver au plus haut degré sa triple réputation de niai Ire, d'exécutant et de compositeur. La clientèle la plus distinguée se disputait ses leçons ; l'élite de Lombes affinait à ses concerts. Presque tous les grands artistes qui ont ha* bilé l'Angleterre ont plus ou moins de temps étudié sous Clémenti. Eu 1800. la faillite de la maison Longmau et Broderip lui fit éprouver des pertes énormes ; ne consacrant plus dés lors que moitié de son temps au prolcssorat, il se mit à la tète d'une compagnie commerciale pour qui son nom était une source de gains assurés, et qui entreprenait en même temps des publications musicales et la fabrication des pianos. Il en perfectionna le mécanisme et la construction, et ses améliorations donnèrent bientôt aux pianos anglais le renom des premiers instruments de l'Europe. La paix d'Amiens lui fournit l'occasion de reparaître en France en 1803; il y vint accompagné de son élève favori, Field. dont le succès dans les concerts de la capitale lui lit éprouver autant d'orgueil que de satisfaction. II eut la même joie à Vienne, d'où, malgré le dessein qu'il avait eu de l'y confier au célèbre Albrechlsbcracr, il le conduisit à Sl-Pélcrsb<>urg. Les larmes de Field à l'instant où il devait se séparer de son maître avaient changé sa resolution. A St-Pétcrsbourg cependant, Clémcnli, qui l'aimait pour lui-même, lui lit comprendre qu'il fallait se quitter : il l'indo lui<>it chez tous les grands dont sa réputation lui ouvrait les portes, et jeta de cette manière les fondements de la lortune de Field. En revanche il emmena de la capitale russe Zcuner de Dresde, qui avant son arrivée passait pour le maître et l'exécutant le plus habile de St-Pélerbourg, mais qui aussitôt après la venue de Clémenti sollicita ses leçons, ahandonna toute sa clientèle |>our le suivre, et l'accompagna d'abord à Berlin, ensuite a Dresde, où les instructions qu'il avait reçues du roi des pianistes le mirent sur la voie du vrai talent et de la célébrité. En se séparant de Zeuner, Clémenti prit sous sa protection le jeune Klengel, dont il développa de même les heiles
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dispositions, qui le suivit à Vienne, en Suisse, enfin à Berlin. Kalkbrenner, qu'il vit dans cette dernière tille, lui dut inoins que les précédents, et. à proprement parler, ne fut point son élève : cependant il gagna quelque chose en voyant jouer le célèbre artiste, démenti visita ensuite Home sa patrie et Fiapies, revint encore a Berlin, et quelque temps après repartit pour St-Pétersbourg accompagné d'un nouveau pupille, Berger. De St-Pétersbourg il revint à Vienne, puis se dirigea vers Home, où l'appelait la mort d'un frère, et enfin, après un court séjour à Milan et en d'autres villes, il trouva une occasion de «embarquer pour l'Angleterre, où il arriva sain et saul après huit ans d'absence. Son retour était attendu avec impatience et par ceux qui voulaient l'entendre, soit pour le comparer à lui-même ou à ses élèves, soit pour l'admirer, et par ceux qui se promettaient de lui demander des leçons. Mais la résolution de démenti était irrévocable : il ne voulut désormais ni prendre d'élèves ni jouer en public. Il ne dérogea que deux fois à ce vœu solennel, la première à un des concerts philharmoniques la seconde au grand dîner que lui offrirent, à l'Albion-Tavern, le 17 décembre 1827, tous les professeurs de musique de Londres réunis. Choisissant pour thème un passage de son premier concerto d'orgue, il jeta sur ce fonds des improvisations si riches, si variées, si pleines de goût et de sensibilité, si remarquables même comme tour de force et comme difficultés vaincues, que tous les assistants exprimèrent à la fois de la joie et de la surprise, en entendant leur vieux maître le disputer encore en séve d';lme, en souplesse de doigts à la verte jeunesse, démenti comptait alors soixante-quinze ans. Il survécut cinq ans a cette solennité musicale, et mourut à Evesham, dans le comté de Worcester, le 16 avril 1852. Ses restes furent déposés dans le cloître de l'abbaye do Westminster, près de ceux de Bartleman, de Sliield, de Williams et d'autres artistes qui occupent une place honorable dans l'histoire de la musique anglaise. Si Clémenti n'avait été qu'un homme ordinaire, on vanterait ses [qualités privées, sa douceur, su politesse, sa complaisance et sa libéralité à l'égard de ses confrères, sa délicaîesse sur tout ce qui touchait à l'honneur. Il devait sa santé, sa longue existence et jusqu'à un certain point son talent au léginie sobie qu'il s'était imposé dés le jeune âge. 11 avait été marié deux fois, la première à une Allemande qu'il eut le malheur de perdre en couches après son retour de Rome et de ISaples à Berlin, la seconde à une Anglaise. Il avait eu de la première un (ils dont les dispositions naissantes faisaient l'orgueil de sa vieillesse, lorsqu'il péril >ictiuie d'un déplorable accident. — Sous le rapport du talent, Clément! mérite d'être classé très-haut dans l'histoire de la musique. On ne peut nier qu'il n'ait plus que tout autre accéléré pour le piano, et par là même pour tous les instruments, la révolution qui s'est opérée depuis le milieu du 18e siècle dans l'exécution instrumentale. Énumérer tout ce que, le premier, il a lait sur les touches mobiles du clavier serait passer eu revue toutes les difficultés que l'on était arrivé à surmonter jua-
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qu'en 1810 ; il est encore tel des tours de force do Clémenti que cinquante personnes en Europe seulement seraient capables de reproduire. Dans ces derniers temps ses élèves l'ont surpassé ; mais la partie est-elle égale entre un septuagénaire et des hommes dans toute la force de l'Age? Que l'on y songe bien : si démenti comme exécutant restait en arrière des virtuoses du premier ordre, ce n'est pas que chez lui l'intelligence répugnât aux perfectionnements ou les niât, c'est que les doigts devenaient rebelles : plus jeune de trente ans, il ctït toujours été l'égal et peut-être le vainqueur de tous ses rivaux. Son mérite comme compositeur nous suggérera «les réflexions analogues. La musique de ce maître n'est en général point difficile; elle ne présente pas cette richesse d'instrumentation de la grande musique actuelle. Toutefois les connaisseurs et les juges impartiaux y trouveront, même dans les morceaux les plus simples, dans ce qui semble avoir été écrit pour les enfants, de la suavité, de l'ampleur, de la force, une profusion de motifs heureux, variés, une facilité de modulations, une plénitude d'harmonie qui décèlent le génie et la science, l'imagination tour à four sévère et riante, et la sensibilité tour à tour plaintive ou prompte à renfermer le secret de ses douleurs. — On a de Mnzio démenti cinquante-une cruvres, dont plus des deux tiers sont complètement originales. Parmi ces belles productions on doit distinguer l'oeuvre 2 (voyez plus haut), M (toccata fameuse qui lui attira des applaudissements frénétiques à son premier voyage sur le continent, et qui fut gravée avec des fautes grossières et (les lacunes par quelques-uns de ses auditeurs avant qu'il la publiât lui-même), 12 (la quatrième sonate de cette reuvre surtout est trés-reinarquable) , 17, 26, 41 (unique publication qu'il lit pendant son second voyage sur le continent). 46 (sonate dédiée a Kalkbrenner ), 47 (caprices), 49 (fantaisie), JiO (suite de sonates dédiée à Cherubini). Parmi les oeuvres où il n'a été qu'arrangeur nous indiquerons I" le célèbre oratorio d'Haydn, intitulé la Création (il est accompagné de paroles anglaises); 2° les douze grandes symphonies d'Haydn pour piano, flûte, violon et basse; 3" les Saisons d'Haydn pour voix et piano; 4° Don Juan de Mozart et divers morceaux choisis de ce grand compositeur ; 5° les six symphonies de Mozart, piano et accompagnements, l.nliu on doit encore à démenti les ouvrages suivants : I* Introduction à l'art de toucher le piano (il faut y joindre VAppetidix à l'introduction^ etc., 1812). 2" Harmonie pratique, 181 1-13, 4 vol. 3" (ir ad us ad Parnassum, 3 vol. Val. P.
CLEMENTJNI [CÉSAR), historien, né vers la fin du IIP siècle, à rUmini, d'une famille patricienne, consacra sa vie à rassembler des matériaux pour composer l'histoire de sa ville natale. Il fut créé chevalier de St-Dienne (I), et remplit diverses charges publiques. 11 mourut le 9 mai 1024, cl fut inhumé
(I) Dam fa M'thfntr potr ttmlîer Histoire Lcnglct Duf'fsnj, t. 5, p. MtdefltfitlM lii-lî, on h! CaS. r",uf <•'■»'. rf« S. Slrfii.it. One faurr d°iMfirrt*ii«i sulfil ii-ni- *ip pour donner un jour iul> woec». un tesar Omcatiui, cardinal du litre de St-Eucnnc.
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dans l'élise St-François , où ses ancêtres avaient choisi leur sépulture. Son ouvrage est intitulé Raconta itlurico délia fondazione di Rimino, delV origine et vile de Malatesti, libri 15, Himini , 1C17- 27, 2 vol. in-4". Cette histoire est fort estimée ; niais les exemplaire* en sont rares. Le frontispice fait mention de 18 livres; mais il n'en a paru que 11, l'auteur étant mort avant d'avoir achevé son travail. A la suite du 5' livre, qui finit le 4" volume, on doit trouver une partie séparée, qui manque dans plusieurs exemplaires; elle a pour titre : Tratlato de' Luoghi pii, e de magislrati di Rimino ; clic contient la liste chronologique des membres du conseil eodéstastique, avec leurs armoiries, depuis 1504 jusqu'à l'époque où écrivait Clémcnlini, et, en outre, le récit des principaux événements arrivés à Rimini jusqu'en 1558, année de la mort de Sigismond Malatesta, dernier seigneur de cette ville. W— s.
CLEMENTOISE (BoCCMUOt), connu sous le nom d'il Clementone, habile peintre d'histoire et <!e portrait, naquit à Gènes, en 1620, et eut pour maître Bernard Sirozzi, artiste de mode réputation. Mais bientôt trouvant ses leçons insuffisantes, et jugeant que le séjour de Gènes était peu propre à développer, chez quelque artiste que ce fût, les germes du lalent, il se rendit à Florence et à Home. C'est dans la première de ces villes qu'il fit le plus long séjour, et il y devint ami intime de Casugfione. C'cbl la aussi qu'il apprit le secret de ce style sublime auquel un artiste n'arrive que par l'étude approfondie, que par la comparaison judicieuse des chefs-d'iruvre. Guidé par les leçons de Castiglione, Clémentouc se lit une manière qui tient a la lois de l'art ancien cl «lu nouveau, et ou les deux styles se fondent harmonieusement, sans incertitude, sans lourdeur. Son coloris n'égale pas celui de son niaitre ; mais il lui est infiniment supérieur (tour la correction et pour l'art d'idéaliser les scènes dont s'empare le pinceau. On trouve beaucoup d'outrages de ce mai ire dans les chapelles de Gènes, de I*i»e et d'autres vides d'Italie. Son chet-d'u-uvre est un St. Sebastien, qui se voit à Pise dans la Chartreuse. Il lit aussi beaucoup de portraits que l'on vante comme pleins de vie, de grâce et de naturel. Val. P.
CLÉNARD ou KLEINARTS (Nicolas), ne à Diest dans le Urabant, le 3 décembre 1495, lit ses études i Louvain, embrassa l'état ecclésiastique, et se livra surtout à l'étude des langues ancieunes. Il prolessa avec distinction au collège de Louvain le grec et l'hébreu. Ce fut dans le même temps qu'il conçut le projet d'étudier l'arabe, afin d'approfondir l'hébreu , dont un grand nombre de mots se retrouve dans cette langue. Sans le secours d'aucun maître, sans autre moyen qu'un désir ardent de savoir, et le Psautier de Kebio, il parvint à connaître les lettres arabes, à décomposer les mots et à se former un dictionnaire. Tandis qu'il était tout entier dans celte étude, Ferdinand Colon, chargé de former la bibliothèque de Scville, et d'acquérir des savants pour sa patrie, passa par Louvain, et proposa à Clenard, dont le mérite s'annonçait avec un grand éclat, de raccompagner. Celle proposition fut
acceplt'i? avec d'autant plus d'empressement, qu'il avait éprouvé quelques désagréments à Louvain, et qu'il espérait trouver en Espagne des moyens efficaces pour se perfectionner dans l'arabe. Il partit l>our ce royaume vers 1552, passa par I'aris, où il vit Builée, et se rendit à Salamanque, où il subsista quelque temps en enseignant le gree, le latin et l'hébreu, saus abandonner l'arabe. A l'invitation do l'évéque de Cordoue, il suivit l'éducation du viccroi de Kaplcs. Quelque temps après, il accepta une chaire dans l'université de Salamanque, et il y avait douze jours qu'il y professait, lorsqu'il fut appelé par le roi de Portugal, Jean III, pour achever l'éducation de son frère, depuis roi sous le nom de Henri I". Quatre ans après son arrivée à Evora, le prince, son élève, ayant été nommé à l'archevêché de Braga, il l'y accompagna, cl professa le latin dans le collège fondé par lui dans cette ville, jusqu'à l'arrivée de Jean Vaséc. Toujours dominé par son goût pour l'arabe, il ne songeait qu'au moyeu de se perfectionner dans cette langue. Il est impossible de faire connaître tous les sacrifices, toutes les démarches qu'il fit |»ur rencontrer quelqu'un qui connût bien cette langue et pùt la lui enseigner; enfin le gouverneur de Grenade, sous la condition qu'il apprendrait le grec à son fils, lui facilita les noyons de recevoir des leçons d'arabe d'un esclave maure qui était à Almeria. Cependant l'instruction qu'il recevait ne répondant pas a ses espérances, Clénard s'embarqua pour l'Afrique, et arriva à Fez le 4 mai 1540. Tels avaient été ses efforts, qu'il l'ut en état de soutenir une conversation en arabe avec le roi de cille ville, à qui on le présenta. Il y resta près d'un an et demi, et mourut à son retour à Grenade, en 1542. On a de Clénard : 1° Tabula in Grammalicum kebraam, Louvain, 1529, in-8° : celte grammaire, quoique très-imparfaite, obtint beaucoup de succès, à cause de l'esprit de méUiode qui y règne. Cinq-Arbres, professeur d'hébreu au collège royal de France, en a donné une nom elle édition, corrigée et enrichie de notes, en 1564 ; elle a été réimprimée plusieurs lois. 2° Imlituliones Unguœ grœcw, Louvain, 1550 : l'épitrc déJicatoire est datée de Louvain, avril 1550. Clenard composa celle grammaire en s'aidant des conseils de Lcscius; dès 1528, il avait commencé à l'écrire, el il voulait la faire imprimer en 1529. Nous ignorons ce qui l'eu empêcha. Cet ouvrage, que Clénard ne put perfectionner, obtint néanmoins le plus grand succès. H s'en fit de nombreuses ré impressions, et plusieurs savants hommes, parmi lesquels on compte Sylburge, Antesignan, Henri Estiennc, II. Guilion, Vossius, etc., ne dédaignèrent point d'en donner des éditions et de les enrichir de notes (Voy. Fabricius. Itibliot. grac.) On estime surtout l'édition don* née par G.-J. Vossius, en 1052, et depuis réimprimée plusieurs fois. La grammaire de Clénard, plus ou moins corrigée et augmentée, fut reçue dans nos collèges jusqu'au moment où Furgault publia la tienne, et encore soutint-elle quelque temps la concurrence. 5" Meditaliunes tirœcanicœ, Louvain, 4531 : la dédicace est datée de juillet 4551 ; elles
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obtinrent moin'; de sucres que sa grammaire. Ces méditation* ne contiennent rien autre chose que le texte (te la lettre de St. Basile à Si. Grégoire, de Vila in toliludine agenda; ce texte est accompagné d'une version litiérale et d'une analyse grammaticale. 4° Epistotarum libri duo, Louvain, 1550, in-8". L'édition de 1551, ibid., est moins rare. L'éditeur est Masson le jeune, fds de ce tatomus, à qui les premières lettres de Clénard sont adressées. La 1'* édition ne contenait que les lettres à Masson et à Hoverius ; la 2« comprenait toutes celles qui, avec ces premières, composent le 1" livre dans les éditions postérieures à 1566. Vers celte époque, Ch. Lécluse rapporta d'Espagne plusieurs lettres de Clénard, dont il donna une copie à Plantin, et celuici les publia à Amers, en 1566, in 8°, sous ce titre : Nie. Clenardi Epislolarum libri duo: ces lettres, écrites dans un latin |>eu correct, mais où les qualités du cirur et de l'esprit brillent à chaque page, sont d'une lecture très-agréable et supérieures à celles de Busbcc. L'un écrivait en homme d'État; l'autre, homme d'e«prit, et doué de beaucoup de sensibilité et de gaieté, assaisonne ses lettres, ou de ces effusions de sentiment qui captivent l'intérêt, ou de ces saillies heureuses, de ces rapprochements ingénieux qui ôtent aux discussions littéraires leur sécheresse et leur monotonie. Celles qui sont adressées à Masson et à Vasée se distinguent surtout par ces qualités. On voit, par quelques-unes de ces lettres, «pie Clénard goûtait beaucoup l'idée d'apprendre le trrec et le latin par l'usage, sans entrer dans les subtilités de la théorie grammaticale. Outre ces ouvrages imprimes, on attribue encore à Clénard une grammaire latine et une grammaire arabe restées manuscrites. Il parle de ce dernier ouvrage dans ses lettres, ainsi que d'un lexique arabe qu'il venait d'achever. Son intention était, à son retour à Louvain, d'y professer l'arabe, de traduire le Coran, d'en composer la réfutation dans la même langue, de la faire imprimer et répandre dans tout l'Orient. Celte idée, née de sa piété vive et sincère, le soutenait, le charmait dans ses fatigues et ses travaux; il y revient souvent dans le cours de ses leitres, et déclare l'intention où il était de travailler toute sa vie à exécuter cette pieuse entreprise. Callenberg a célébré ses efforts dans une petite pièce ayant pour titre : Aie. Clenardi cirta Muhamedorum ad Chrittum contertionem Conata, Halle, 1742. in-8*. Parmi les élèves que Clénard forma en Espagne, on doit distinguer un nègre qui, sous le nom de Jean Latinui, enseigna depuis la rhétorique au collège de Grenade, et dont on a tin petit poème intitulé : de Notait Joannis Auslriaci ad Eehinadat intulas Vietoria, etc. J— R.
CLEOBULE, né à Lyndos, dans l'Ile de Rhodes, était lils d'Évagoras, roi de cette ville, et descendait d'Hercule. Il u était pas moins remarquable par sa forée que par sa beauté. Voulant acquérir les connaissances qui manquaient alors aux Grecs, il voyagea en Egypte, et revint dans sa patrie, où il monta sur le tronc après la mort de son père ; car il ne l'usurpa point, comme le dit Plutarque. Il fut sans
doute un de ceux que Solon visita dans ses voyages, et il conserva toujours des liaisons avec lui. Le reste de sa vie nous est inconnu ; nous savons seulement qu'il poussa sa carrière jusqu'à l'âge de 70 ans, et qu'il mourut vers la 55* olympiade (vers l'an 560 avant J.-C ) Quelques-uns le comptent pour un des sept sages de la Grèce. Sa maxime favorite était : « Il faut «le la mesure en tout. » On cite de lui pinsieurs autre sentences; les princi pales sont : a Faites « du bien a vos amis pour vous les attacher da- « vantage, et à vos ennemis pour en faire des amis. « En sortant de chez vous, songez à ce que vous « avez à faire, et en y rentrant, examinez ce que « vous avez fait. Exercez également votre corps et « votre esprit, pour les tenir l'un et l'autre en bon « état. Soyez toujours plus empressé d'écouter que « de parler. Il ne faut ni caresser sa femme, ni la « quereller devant des étrangers ; l'un est indécent, a l'autre est une preuve de folie. » Diogéne Laérce a écrit la vie de Cléobule. — Un autre Cléobcle est cité par Pline (1. 5, ch. 31 ). et par Stobée (Servi. 5 ), pour avoir recueilli d'anciens apophthegmes. Ce dernier lui donne le surnom de Lyndiut, ce qui pourrait faire croire que c'est le même que le précédent. C — a.
CLÉOBCLTNE, fille de Cléobnle de Lyndos, se nommait Eu unis, mais elle était beaucoup plus connue sous le nom de son père. Elle se livrait à la poésie, et se distingua par les énigmes qu'elle composa ; mais ce n'était pour elle qu'un délassement : elle partageait avec son père les soins du gouvernement, et tempérait souvent sa sévérité. Conservant les monirs des temps héroïques, elle lavait elle-même les pieds des hôtes qui venaient le voir. ( Yoy. Diogéne Laèrce, in Vit. Cleob. ; et Athénée, I. 10, c. 15.) C— a.
CLÉODJEUS, fils (THylIns, et petit-fils d'Hercule, se mit à la tête des Doriens après la malheureuse expédition contre le Péloponese, dans laquelle son père avait été tué; il les amena sur le mont OEta, dans la Dryopide, qui prit alors le nom de Doride. 11 fut père d'Aristomachus, qui entreprit une nouvelle expédition contre le Peloponèse. Cléoda>us se trouve nommé Arrhidèe par quelques auteurs. % C — a.
CLÉODÈME, Athénien, vivait sous les règnes des empereurs romains Gallien et Claude II. Les Goths ravageaient alors les provinces de l'Orient (de J.-C. 267). Une de leurs flottes aborda dans l'Attique, et Athènes tomba en leur pouvoir; mais, tandis qu'ils se préparaient à la saccager, Cleodéme rassembla quelques vaisseaux, fondit sur les harliares, et les mit dans une déroute complète. Gibbon regarde, peut-être avec raison, ce Cléodème comme le même personnage que l'ingénieur Cléodamus, qui, sous le règne de Gallien. fut chargé, conjointement avec Athénée de Byzance, architecte (toyet Athénée), de fortifier les villes de l'empire menacées par les Gotlis. L — S— B.
CLÉOETAS, sculpteur et architecte grec, a dft fleurir à une époque reculée. Pausanias, qui parle souvent de cet artiste, n'indique ni sa patrie, ni le
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\ruips où il vivail ; mais ce qu'il rapporte d'Aristocles, fils et disciple de décrias [voy. Aristoclès), doit faire présumer que l'un et l'autre étaient de Sicyone, et indique également le temps de leur célébrité. Il avait adapté des ongles d'argent a la statue d'un guerrier, placée dans l'Acropolis d'Athènes. Ce luxe et celte recherche ne sont pas un argument contre l'époque reculée à laquelle nous venons de placer décelas. La description du bouclier d'Achille, dans Y Iliade, nous prouve assez le goût des artistes de lu Grèce pour de pareilles incrustations. Ce fut décrias qui donna Je dessin de la fameuse barrière d Olympic, l'un des monuments dont les Grecs se vantaient avec le plus d'orgueil. On appelait ainsi un édifice en furme de proue de navire, situé à la tète du stade, ou de la carrière destinée aux courses. Ce n'est pas ici le heu de décrire ce monument, sur les détails duquel les antiquaires ne sont pas entièrement d'accord. On eu peut voir la description dans le Muteo i'io-Cltmenlino, t. 5, p. SI. décrias, lier de ce bel ouvrage, fit mettre au bas de sa statue, dans la ville d'Athènes, une inscription qui rappelait aux Grecs que celait à ses talents q«i'ils devaient la barrière d'Olympie. V— i.
CLEOMBROTE, quatrième fils d'Anaxandride, de la blanche alnéc des rois de Sparte, fut tuteur de Plistarque, son neveu, après la mort de Léonidas, s»n frère, tué aux Thcrmopyles, l'an 480 avant J.-C. Il se porta sur-le-champ, avec toutes les forces du Pél< ponése, a l'isthme de Corinthe, pour arrêter les t orses dont on craignait l'invasion. La bataille de Sa- I imine ayant délivré la Grèce, il ramena ses troupes, et mourut peu de temps après. Pausanias, sou lils, prit alors la tutelle de Plistarque. ( Voy. Pausanias, M Hérodote, I. 0.) C— n.
CLEOMBROTE, fils de Pausanias II, monta sur le trône de Sparte après la mort d'Agésipolis, son frère, l'an 38» avant J.-C. On l'envoya presque aussitôt avec une armée contre les Thébains, qui venaient de reprendre la Cadmee. Il entra daus leur pays; mais, les ayant trouvés sur leurs gardes, il y lit peu de dégâts, et retourna à Sparte, après avoir élabli ^pbodrias Ilarmoslc à Tlu spies; et on dit que ce fut par ses conseils que Sphodi ias fit une tentative sur le Pirée. Cléombrole alla Jans la suite au secours des Phocéens contre les Thébains. La paix ayant été conclue peu de temps après entre tous les peuples de la Grèce, excepté les Thebainset les Lacédémonicns, ces derniers envoyèrent Cléombrole dans la Déolie, avec une armée, pour rendre la liberté aux peuples de cette contrée. L'armée des Thébains, commandée par Épaminondas, lui ayant présenté le combat vers Lcuclres, il n'osa pas le refuser, de crainte d'être blâmé à Sparte. 11 fut complètement délait, et perdit la vie en combattant avec beaucoup de valeur, l'an 371 avant J.-C. Il laissa deux Ids, Cléomène et Agési polis. Ce dernier succéda à son père. ( Voy. Pausuuias, Xénophon, I. o cl 6; Polybe, 1. 1, et Diodore de Sicile, I. 13.) C— R.
CLLOMBROTE II, de la première branche des lois de Sparte, mais dont le père nous est inconnu, parvint, avec le secours d'Agis et de Lvsandrc à
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