‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 68 sur 117 · CLÉ US · texte numérisé non relu

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éloge du nouveau gouvernement, Cléry rejeta un alliage si étrange. Cependant sa conduite au Temple avait attiré l'attention de l'homme qui convoitait le trône de Louis XVI, et qui cherchait à s'entourer de ceux qui avaient appartenu à ce prince. « Je fus « chargée, dit madame Campan, d'offrir à Cléry la « place de premier cliambellan de Joséphine... je lui « députai mon mari... Cléry parut lui-même peu « d'instants après. — Eh bien ! mon cher Clery, « quelle est votre réponse?— Ma voilure est prête, « madame ; je pua à l'instant. — Ah I je vous rc- « connais bien la ; je m'y attendais. Cette conduite « a singulièrement irrité le premier consul, s Un écrivain célèbre en parle en ces ternies : « Nous « avons vu et connu Cléry, dit Waller Scott, et il a est impossible d'oublier l'extérieur et les manières a de ce modèle de fidélité et de loyauté antiques, a Ses manières étaient aisées et distinguées ; mais le « sérieux profond peint sur sa figure et son air triste « annonçaient que les scènes dans lesquelles il avait « joué un rôle si honorable n'avaient jamais cessé '.< d'être présentes i sa mémoire (I). » Des voyages longs et multipliés, et les intrigues de la jalousie causèrent à Cléry des fatigues et des chagrins .si vifs, qu'ils détruisirent sa santé. Le courlitan du malheur, comme Waller Scott s'est plu à le nommer, mourut à Itzing, près de Vienne, le 27 mai 1809 ; il entrait a peine dans sa 51* année. On a mis sur sa tombe celte inscription simple et touchante :

Ci-glt le fidèle Cléry.

On trouve des détails circonstanciés sur Cléry et sur son Journal dans une notice publiée par l'auteur de cet article, et insérée dans la 2° édition de l'Histoire de la captivité de Louit XVI et de la famille royale, tant à la tour du Temple qu'à la Conciergerie, Paris, Michaud, 1825, in-8°. On réfute dans celte notice ceux qui ont voulu contester à Cléry le mérite d'avoir rédigé lui-même son Journal. L'abbé de Montgaillard n'a point discerné le Journal de Cléry des Mémoires attribués à Cléry, et quoiqu'il soit impossible qu'il n'ait point connu le Journal, si souvent réimprimé et dans plusieurs langues, il a cité deux fois ces Mémoiret, comme authentiques, dans son Hittoire de France, t. 5, p. 205 et 291, 1" édition, Paris, 1827 ; mais, dans la Réfutation de celte histoire, M. Uranelt (Laurent) Dclcuze a aussi réfuté les calomnies de cet écrivain contre Louis XVI et contre Cléry. Il termine ainsi : « Après tant d'expli- « cations, il serait diflicile de concevoir comment o l'abbé de Monlgaillard a osé donner encore, en « 1823, pour une édition originale, seule avouée par « /'auteur, ce que l'auteur a démontré n'être que « l'œuvre du mensonge et de la fraude, si l'on ne a savait que les droits de la justice et de la vérité « sont d'impuissantes barrières contre son infatiga- « ble malveillance. » Enfin madame Vigéc-Lebrun, dans ses Souvenirs, t. 2, p. 542, a publié une lettre qui lui a été écrite par Cléry, cl dans laquelle il ra-

(i; Mien» At ta rttohlion (rançnise.

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conlc des détails très-circonslanciés qu'on ne tronve pas dans son Journal, et relatifs à l'entrevue de Louis XVI avec sa famille la veille de la mort de ce prisée. E — k — n.

CLÉRY (Jean-Piebre-Loiiis Hanet, surnommé aussi), frère du précédent, naquit au même lieu le 29 juin 1762. et mourut à Paris, le 7 mars 1831. Il était valet «le cliambrc de Madame, tille de Louis XV I, lorsqu au 10 août, il se sauva des Tuileries et se réfugia à Versailles. Averti des dangers qu'il y courait par le vertueux Piehaud, maire de eette ville, le même qui, au t> septembre, reçut plusieurs blessures en supposant nu massacre des prisonniers d'Orléans, et qui lui délivra un passe-port, il panit sur-le-champ |>our la Helgique. Entre comme garde dans les pans de la régie, il parvint à être pendant VÎBgl ans entrepreneur de vivres dans différent! corps des armées françaises ; position qui le mit en état de favoriser les desseins de sou frère pour rejoindre Madame Royale et rendre de grands services à la cause royale l'n 1814, il joignit aussi à son nom patronymique celui de ('/«*' rt/, fut nomme inspecteur des forets en Corse et décoré de la Lésion d'honneur. Il a publié d<'s Mémoires (rédigés par M. L...I, Paris. 1K-2.», 2 vol. in-8°. Ils sont peu instructifs, et les portraits des deux frères ne sont pas ressemblants. Les exemplaires portant la date «le 1852 ne diffèrent des autres que par des changements dam le titre et par deux |K>rtraits de généraux substitues à ceux «les Cléry. E — k— n.

CLÉS 1RES, peintre grec, florissait à Ephèse, 20'» ans avant J.-C, Fier de sa renommée, il crut •pie le sceptre même «levait s'abaisser devant lui. Admis chez la reine Stralonicc, il s'oflensa du peu d'accueil qu'il en reçut, et sa vanité blessée eut re- « ours à l'art pour exercer sa vengeance. Il peignit la reine dans tout IYcl.it de sa beauté, mais entre les bras d'un pêcheur. Après avoir terminé ce tableau, il s'assura d'un navire qui mettait à la voile, et laissa l'ouvrage expose sur le port, a la vue «lu public. On ne put s'empêcher «l'admirer le talent de l'artiste ; et Stratonice elle-même se trouva si belle qu'elle ne voulut pas qu'on détruisît un monument fâcheux pour sa réputation, mais si glorieux pour ses charmes. L — S — e.

CL ET. Voyrz Anaclet.

CLÈVE (Coiinkillk van), sculpteur, naquit à Paris, en 164:;, d'une famille originaire de Flandre. Ses heureuses dispositions [tour la sculpture se manifestèrent «le bonne heure. Placé dans l'atelier de Fr. Anguier, il devint en peu de temps capable «le secomler cet habile maître dans le travail des basreliefs de la porte St-Martin. Il remporta le prix de l'académie royale, et partit pour Home eu Kî"J, avec la pension du roi. Après six ans d'études dans celle ville, il revint à Paris, et ne tarda pas àêtre reçu à l'académie, à laquelle il donna, en 1081, pour morceau de réception, une heure de Volyphhne. Nos églises renfermaient, avant la révolution, un grand nombre d'ouvrages de cet artiste. On voyait île lui, à Notre- Dame, deux anges en bronze, tenant les instruments de la passion. L'un des groujies de marbre

places dans le jardin des Tuileries, au bas du fer k cheval, est l'ouvrage de van Clève : c'est celui «jui représente la ï/\ire et le lœiret. On voyait aussi plusieurs de ses ouvrages a Versailles et à Blarly. Il se leva tonte sa vie à quatre heures du matin, pour donner au travail un temps où le sileuce et la tranquillité régnent encore, dans ta nature. H se satisfaisait difficilement lui-même, revenait plusieurs fois sur ses idées avant de s'arrêter sur l'une d'elles , détruisait et recommençait les esquisses et les maquettes; ci, quand il avait enfin arrêté son projet, il ne se montrait pas moins difficile sur le choix des (ormes et sur l'exécution. Il avait moulé sur nature un grand nombre de ligures de femmes, pour avoir ton (ours ces objets sous les yeux; mais si ces moulures lui offraient les formes dans la plus grande vérité, elles n'offraient pas de même le sentiment de la chair. Aussi reprochc-t-on à cet artiste d'avoir quelquefois manqué dans cette partie. II mourut à Paris, en 1752, âgé de 87 ans. Il joignait à une exacte probité une humeur affable et un caractère confiant, et ne se montrait exigeant que sur les égards qu'il croyait dus au rang qu'il occupait a l'académie, dont il fut recteur et ensuite chancelier. Plusieurs statues de van Clève ont été gravées. J.-B. de Poilly a gravé son portrait d'après Vivien. — l'n artiste danois du même nom a gravé quilques portraits qui sont recherché! des amateurs. Celui qui représente Bulle William Luxdoiff est le piaf estimé. A— s.

CLEVELAND, ou plutôt CLETVELAND (Jean), po("te anglais, né en IGI3, à Loughborough, reçut sa principale instruction dans l'université «le Cambridge, dont il devint un des membres les plus distingués. La manière pure et élégante dont il écrivait en latin le fit choisir par cette université pour composer les discours et les lettres qu'elle adressait aux premiers personnages de l'Etat ; mais la guerre civile ayant relaté, il se déclara ouvertement pour Charles Ier, et fut, dit-on, le premier poète qui se signala par ses écrits en faveur de la cause royale. Lorsque Olivier Cromvvcll, qui n'était encore qu'un homme obscur, se mit sur les rangs comme candidat au parlement, Cleivcland s'opjiosa de toute soi) influence à cette élection, qu'il ne put cependant empêcher. Voyanl qu'une seule voix avait décidé fe- Icclion, on rapporte qu'il s'ecria avec vivacité que «i ce seul suffrage était la ruine de l'Église et du a royaume. » Cette anecdote , comme beaucoup d'autres qu'on annonce après coup connue des prédictions de ce qui est arrivé depuis, est fort suspecte. Cleivcland, réfugié dans Oxford, avec son souverain, y composa, entre autres écrits, une satire intitulée VÊcmiaii rebelle, qui le rendit extrêmement cher aux royalistes. Il lui nommé bientôt après juge de la garnison de ÎSewark. place qu'il remplit avec beaucoup de sagesse et «l'habileté ; mais cette ville sYt mt rendue en |f»4fl par l'ordre exprès du roi, qui avait été fait prisonnier par l'année écossaise, Cleivcland vécul caché, soutenu par la générosité et les secours des hommes «le son parti , jusqu au mois de novembre IC'k», qu'il fut arrêté à Korwich, et trans-

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fértf à la prison d'Yarmoutli, d'où il écrivît au protecteur une lettre très-adroite qui lui procura sa liberté , quoiqu'il n'y désavouât point ses principes. Cromvvcll se montra dans cette circonstance supérieur au ressentiment, oubliant sur le troue l'injure faite au simple citoyen. Clciveland se retira à Lindres, où il devint membre d'un club littéraire et politique que fréquentait aussi Samuel Uiitler, l'auteur iVHudibras. Il mourut le 39 avril IGôfJ, et fut enterré avec beaucoup de magnificence. Jean Pearson, son intime ami, depuis évêqnc de Chester, prononça un sermon a ses funérailles. Contemporain (le Hilton, il était regarde ue son temps comme bien supérieur à ce grand poète , et même comme le premier des pattes anglais; mais celte réputation s'éclipsa avec l'esprit de parti qui l'avait fait naître, et ne' lui survécut pas. Ses ouvrages, si

souvent réimprimés dans leur nouveauté, ont été promptcmeiit oubliés, parce qu'ils portent l'empreinte de tout le mauvais goût de son siècle. I,a dernière édition et la plus complète est celle de H>87, in 8". Le docteur Pcrcy, évéque de Dromorfl en Irlande, descendant d'un frère de Cleivcland, a écrit la \ ic de ce |H)ëte dans la Biographiû Britannica. S — D.

CLEVELAND { mislriss l'aimer, comtesse de Caslleinainc, duchesse r»E), maîtresse de Charles II, roi d'Angleterre, Voyn Chaules II.

CLEVES (Maiue r>E), princesse de Cdndé, fille de François lrr, duc de Nevers, ismic des illustres maisons de Cléves et de Isourbon-Vendôme, fut élevée d.ins la religion calviniste. Cette princesse, (pie les poêles du temps célébrèrent sous le nom de la Belle Marie, inspira une passion violente au «lue d'Anjou, depuis Henri III. On a cru (pic la différence de religion l'empêcha seule de l'épouser, l'eu de temps avant le départ de ce prince pour la Pologne, Marie deCleves épousa son cousin germain, Henri Ier, prince de Comlé. Deux mois après son mariage, le 3 octobre 1372, elle abjura publiquement la religion protestante dans l'église de St-Deuis. Le pape lui adressa un bref sur sa comcrsiuii. Elle survécut peu a celte cérémonie. Cette princesse, qui avait fait l'admiration de la cour de Cliarlci IX par sa lrcauté et ses vertus, mourut en couches, au palais du Louvre, le SOoclobrc 1574, âgée de 21 ans, un mois après le retour de Henri III. Ce prince, dont l'absence n'avait point affaibli la passion , donna tous les signes d'une douleur violente, resta plusieurs jours sans manger dans un appartement tendu de noir, et lorsqu'il reparut en publie, ce fut avec un habit de deuil parsemé de tètes de mort. Selon l'usage de ces temps de crédulité, on crut que la princesse avait employé quelque charme pour enflammer Henri. On trouve dans les ou vies de Pasquier une complainte sur la mort de Marie de Cléves, où le |KH-le fait parler le roi lui-même. Marie de Cléves ne laissa qu'une fille. 13— Y.

CLEVES (Anne, princesse pe), so?ur du duc de ce nom et lenirue de Henri VIII, roi d'Angleterre, lut demandée en mariage par ce souverain auquel ou avait représenté Aime, non-seulement comme très-belle, mais d'une taille élevée et majes-

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tueuse. Elle débarqua a Douvres, le 31 décembre} 1539. Le roi, déguisé, vint à cheval à sa rencontre jusqu'à Ilochcstcr, afin de pouvoir recueillir son premier coup d'ail, et comme il le disait : « se nouro rir d'amour. » Son désappointement fut complet ; la princesse était a la vérité aussi grande qu'il pouvait le désirer, mais ses traits, quoique réguliers, étaient grossiers, ses manières sans grâce, et la totalité de sa personne mal proportionnée. Comme elle plia le genou devant lui, il la releva et l'embrassa; mais il ne put prendre sur lui-même de causer un instant avec elle, ou de lui remettre les présents qu'il avait apportés, et, après quelques minutes, il se relira dans sa chambre, et congédia les seigneurs qui l'avaient accompagné. Après avoir cherché des prétextes pour rompre le mariage , craignant de réunir les princes allemands à ses autres ennemis, Henri VIII se soumit à la cérémonie du mariage par les conseils de Cromwell, et habita même quelques mois avec la reine; mais son aversion s'étant encore accrue, il força l'assemblée du clergé, les lords et les membres des communes de déclarer le mariage nul. Anne de Cléves se soumit paisiblement à son sort ; et un revenu annuel de 3,000 livres sterling, avec la jouissance du palais de llicheniont, la dédommagea amplement de la perle d'un mari capricieux et féroce. Nous ignorons l'époque précise de sa mort. D— z — s.

CLETER ( ANDRÉ ), médecin et botaniste, naquit a Cassel, vers le milieu du 17e siècle. Il s'attacha, en qualité de médecin, au service de la compagnie des Indes de Hollande , et parcourut différentes contrées de l'Asie, entre autres, la Chine et le Japon. Partout il recueillit des observations précieuses sur les plantes les plus remarquables par leur produit, leur utilité et leur agrément. Il revint CD Europe vers 1O0. Il n'a lait paraître aucun ouvrage particulier ; mais ses lettres, publiées par Hcniard VsJenlin, et un très-grand nombre de mémoires insérés dans les Êphimétidtt des Curieux de la nature, ont fait connaître l'histoire de beaucoup de drogues médicinales, et une quantité de plantes. On en voit le catalogue, avec une notice détaillée, dans la Bib'iulhrca botamca de Séguicr et dans celle de Haller. Dans ces mémoires, il a donné quelques ligure*: assez bonnes; mais ses descriptions sont trop courtes cl iiisufiisanles. M. Tbunberg a consacré à sa mémoire un genre de plante- du Japon qu'il a nomme Cleyera. Ce nom a élé changé depuis en celui de Ternslramia. Gcyer a aussi publié quelques ouvrages des missionnaires sur la médeeiue des Chinois. ( Voy. Roi m. ) I>— P— s.

CLEYN ( François ) , peintre distingué du 13e siècle, né à Kostock, fut d'abord employé parle roi de Danemark, Christian IV. Le désir qu'il conçut d'étudier les grands modèles lui fit entreprendre le voyage d'Italie ; il séjourna pendant trois ans dans ce pays et y lit de grands progrès. Il lit connaissance a Venise avec sir Henri Wotton , et sir Iloberl Anstrulhcr. en le recommandant au prince royal d'Angleterre, depuis Charles P', l'engagea A se rendre à Londres. Cleyn, arrivé dans celte capitale, tandis que le prince était eu Espagne, n'en fut

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pas moins accueilli très-gracieusement par le roi Jacques. Ce souverain mentionne celte circonstance dans une lettre latine conservée dans les Worlhies de Tuller, qu'il écrivit au roi de Danemark pour lui demander la permission de retenir Cleyn en Angleterre, après toutefois qu'il aurait terminé un ouvrage qu'il avait commence à Copenhague, en promettant de payer les frais de son voyage. Le roi de Danemark ayantrépondu d'une manière favorable, Cleyn passa d'abord quelque temps à Copenhague et retourna ensuite à Londres, où il parait avoir été employé d'abord a la composition de dessins pour la manufacture de lapis établie à IMortlark par sir Francis Cranc, et dont ils lirent la réputation. Cinq des célèbres cartons furent transportés dans ce lieu pour être copiés par lui en tapisserie. Le roi lui avait accordé une pension de 100 livres sterling dont il jouit jusqu'à la rébellion. Les peintures dont il a orné l'hôtel de Somerset et plusieurs autres hôtels de la noblesse lui ont acquis en Angleterre une très-haute renommée. Il existe encore une chambre ornée des peintures de Cleyn dans l'hotcl d'Uolland, avec un plafond en grotesque, et de |>elils com|»artiments audessus des cheminées, dans le style du Parmegiano, et qui ne sont pas indignes de ce maître. Lord (Mord mentionne d'autres ouvrages de la main de Cleyn, qui a fait aussi plusieurs dessins pour des graveurs. Cet artiste, qu'Evclyn représente comme un homme pieux, mourut en 1658. D — z— s.

CLEYISARTS. Voyez Clenart.

CLEYN MANN ( FnÉnÊnic-JosEPii ) , né le 15 mars 1764 , et mort le 10 octobre 1827, avait été longtemps banquier à Francfort -sur-le-Mein, et avait rempli diverses fonctions honorifiques dans celle ville. Assesseur au tribunal de commerce de 1808 à 4815, primat de la chambre commerciale en 1808, sénateur eu 1809 , il fut de plus nommé maire en 1811, mais il résigna dans l'année cel emploi incompatible avec les devoirs de ses autres places. En 1817, lorsque les arrangements politiques curent fait de Francfort une des villes libres de l'Allemagne, il fut choisi pour un des bourgmestres. Au plus noble caractère Cleynmann joignait beaucoup de connaissances sur tout ce qui tenait aux opérations commerciales et financières et à la législation des monnaies. Pénétré de la défectuosité du système monétaire de l'Allemagne cl de la nécessité d'établir l'unité des monnaies, il a déposé une infinité d'idées lumineuses et justes autant que neuves dans les écrits suivants : 1* Aiticles divers dans le Magasin commercial de Fahncmbcrg ( Type des opérations de change entre dtux piaces de commerce), dans la Gazette littéraire de Halle, dans la Gazette des Illuminés (du Jeu des actions, mars 1788; du Commerce et des Colonies de l'Espagne dans les lies Philippines , juillet , etc. ). 2» Traité des monnaies , 1802. 3» Des Duplicata de lettres de change, 1807. 4* Recueil de mémoires divers sur les monnaie* , 1811. 3» Aphorismes tirés des annales de la législation monétaire et du monnayage des temps passés et du temps présent, 1817. 6° Examen des projets sur le monnayage , exprimés dans la nouvelle instruction

proriïofre relative à la navigation du Rhin. T Matériaux pour un Code monétaire, 1822. 8° Documents pour uppréciadon du projet relatif à l'institution d'une école de banque à Francfort, 1824. Tous ces ouvrages sont écrits en allemand, et ils n'ont pas été traduits. Val. P.

CLEYTON (Robert). Voyez Clavton.

CL1CHT0VE (Josse), l'un des plus habiles controversistes du 16' siècle, naquit à Nieuport, fit ses études à Paris , y prit le bonnet de docteur, e» devint professeur de théologie à Navarre. Ses talents pour la prédication, relevés par une vie exemplaire, lui acquirent une grande réputation. Il mourut le 22 septembre 1543, théologal de Chartres. Clichtove est regardé comme le premier des docteurs de Paris qui ait écrit contre Luther, et comme un de ceux qui ont traité la controverse avec le plus de netteté, de solidité et d'érudition , sans y mêler ni aigreur, ni emportement. Il possédait bien l'Ecriture sainte et les Pères; mais il manquait de critique et de la connaissance des langues anciennes, dont le goût commençait a peine a éclore de son temps. Le style de ses ouvrages est plus pur que celui de la plupart des scolastiques, mais moins élégant que celui des bons littérateurs de la même époque. Ses livres furent bien accueillis du public. Erasme les appelait L'berrimus rerum optimartim font. Le plus célèbre est intitulé Anti-Lulherus, Paris, 1524, in-fol. Cologne, 1525, in-4° : il roule sur la prétendue liberté évaiigélique des novateurs, sur l'abolition de la messe et sur les va ux monastiques. Parmi ses autres ouvrages, qui sont en grand nombre, nous citerons : 1° Defensio Ecclcsia romanm contra Lutneranos, Paris, 1526, in-fol., où il traite de l'ancien usage de célébrer la messe, du célibat des prêtres, des jeunes, etc. 2° De Yeneratione sanclorum, Cologne, 1 525, in-4« : il y prend la défense du concile de Paris, auquel il avait eu beaucoup de part. 3° Elucidalorium ecclesiaslicum , Paris, 4516, in-fol. : cet ouvrage, destiné à prouver la nécessité où sont les ecclésiastiques d'entendre les offices de l'Eglise, a eu beauronp d'éditions ,' dont la dernière est de Cologne, 1732. 4° De Necessitate perrati Adœ et felieitate eulpa ejus, Paris, 1519, iu-4°. 5° De Officio régis, ibid., in-*». 6* De Vita et Moribus sacerdolum , ibid., 1520, in-4«. 7° De Vera Nobililate, ibid., 1020 : excellent livre, qui a été traduit en français par l'abbé Wéry, Paris, 1761, in-12. Il l'avait déjà été par un anonyme, Lyon, 4533, in-8». Clichtove avait publié deux écrits pour défendre le sentiment de Lefêvre d'Iitaples sur les trois Magdcleine. Il suppléa, dans l'ancienne étlition latine de St. Cyrille d'Alexandrie, d'après les écrits de quelques autres Pères, les t. 3, 6, 7 et 8 du commentaire de ce saint sur l'Evangile de St. Jean. D— t.

CL1CQU0T-BLERVACHE (Simon), né 4 Reims, le 7 mai 1725, ci-devant chevalier de l'ordre de St- Michel, inspecicur général du commerce. Élu procureur-syndic de sa pattic en 1760, les talents qu'il développa en celte qualité et dans ses différentes députations- à Paris le firent avantageusement connaître des ministres, et particulièrement de Trudaine, qui

le fit nommer, en 1765, inspecteur général du commerce. Il exerça cette place avec distinction jusqu'en 1790, où elle fut supprimée. En 1778, il avait été admis au rang des membres honoraires de l'académie d'Amiens, et, en 1788, correspondant de la société d'agriculture de Paris. Ami vrai, zélé citoyen, bon parent, bon époux, Clicquot fut estimé durant sa vie, et mourut, le SI juillet 1796, sincèrement regretté. On a de lui : 1» Dissertation sur l'effet que produit le taux de l'intérêt de l'argent sur l'agriculture et le commerce, couronnée en 1755 par l'académie d'Amiens, in-8*. 2» Dissertation sur l'état du commerce en France, depuis Hugues-Capet jusqu'à François 1*\ couronnée par la même académie, en 1736, in-8». 5° Mémoire sur le corps de métiers, ouvrage rempli de vérités utiles et de vues judicieuses, qui fut également couronné, en 1757, par la même compagnie, et qui parut sous le nom de Delisle, la Haye (Amiens), 1758. L'abbé Coyer, non-seulement y puisa toutes les idées du roman de Chinki, qui lui valut une pension, mais il en copia des chapitres entiers, qu'il inséra dans son ouvrage. Quoique Fréron eût dénoncé ce plagiat [Année littéraire, 1775, 1. 1", p. 250), Chinki ne fut pas moins réimprimé dans le recueil de» œuvres complètes de Coyer. 4» Con*idérations sur le commerce, et en particulier sur les compagnies, sociétés et maîtrises, composé sous les yeux et avec les conseils de M. de Gournay, Amsterdam, 1758, in-12. 5* Discours sur les avantages et les inconvénients du commerce extérieur, 1778, in-8*: il est plein de réflexions profondes et d'observations neuves et utiles. 6° Mémoires sur les moyens d'améliorer en franc* la condition des laboureurs, etc. : cet ouvrage, publié en 1783, mérita à l'auteur le prix proposé par l'académie de Chatons-sur-Marne. Il a été refondu et imprimé depuis sous le litre de l'Ami du Cultivateur, par un Savoyard, Chambéry (Paris), 1789, 2 vol. io-8* : on v trouve d'excellentes réflexions sur les droits féodaux, les dîmes, etc. 7" Considérations sur le traité de commerce entre la France et ta Grande-Bretagne (du 26 septembre 1 786) , Paris, Prault, 1789; on y relute victorieusement les principes qui ont servi de base à ce traité. 8° Mémoire sur l'état du commerce intérieur et extérieur de la t ronce, depuis la première croisade jusqu'au règne de Louis XII, Paris, Prault, 1790, ouvrage couronné par l'académie des inscriptions, en 1789 : il tend à prouver, entre autres, qu'à la fin du 15* siècle, le commerce de la France était plus considérable t: plus avantageux que celui des autres nations européennes. 9e Mémoire sur la possibilité et futilité d'améliorer les laines dans la province de Champagne, Paris, 1787, in-8°. C'est à tort que l'ouvrage intitulé le Réformateur, Amsterdam, 1756, 2 parties in-12, lui a été attribué; nous pouvons assurer qu'il n'est point de lui. Parmi les écrits qu'il n'a point rendus publics et qui auraient mérité l'impression, celui sur la Navigation de la rivière de Vesle, présenté à ïurgot en 1775, et un autre intitulé Essai sur le commerce du Levant, ne doivent pas être passes sous silence. Les autres manuscrite sont : un petit oavrage sur la Droiture du caur.

aussi nécessaire que la justesse de l'esprit dans ta recherche de la vérité ; un Éloge de Sully, plusieurs mémoires sur le commerce, des notes contenant des observations et des réflexions sur divers sujets de littérature, de philosophie, d'histoire, de politique et d'économie; un recueil de poésies, qui renferme des odes, des épitres, etc., etc., que ses plus intimes amis n'ont jamais pu dérober à sa modestie. En général, les productions de Clicquot-Blervache se distinguent par un style pur, agréable et correct, une diction toujours claire, simple, aisée, et par une excellente logique. J— B.

CL1EU (Gabriel de) et non DECLIEU ni DESCL1ECX, naquit en 1688, à Angléqucville-sur- Saane, département de la Seine- Inférieure. Il était, en 1720, capitaine d'infanterie à la Martinique, lorsque des affaires personnelles le rappelèrent en France. Il dit, dans une lettre adressée au rédacteur de V Année littéraire, que, plus occupé du bien pubhc que de ses propres intérêts, il ne se laissa pas décourager par le peu de succès des tentatives qu'on avait faites depuis quarante années pour introduire et naturaliser le café dans nos Iles, et qu'il (il des démarches persévérantes pour en obtenir un jeune pied du Jardin des Plantes. 11 parait que ce fut dès 1720, et non pas en 1726, que le chevalier de Clieu porta le cafier à la Martinique, d'où il se répandit ensuite dans les autres Iles sous le vent. Dans la lettre dont nous venons de parler, il raconte en peu de mots le sacrifice qu'il fil d'une partie de sa ration d'eau pour sauver son jeune planl, que peu auparavant il avait élé sur le point de perdre par la basse envie d'un passager, aussi stupide sans doute que méchant, a Cet homme, dil-il, jaloux du bonheur « que j'allais goûter d'être utile a ma patrie, et a n'ayant pu parvenir à m'enlcver ce pied de café, « en arracha une branche. >> Arrivé à la Martinique, de Clitu planta son jeune et frêle cafier qui, comme il le dit fort bien, lui était devenu plus cher par les dangers qu'il avait courus et par les soins qu'il avait coûtés. Au bout de dix-huit à vingt mois, il oblint une récolte abondante qui lui facilita les moyens de multiplier ce précieux arbrisseau au point d'en pouvoir enrichir la Guadeloupe et Sl-Domingue- En moins de trois ans on comptait, dit-on, par millions les pieds du cafier, tous enfants de celui qui avait failli périr en se rendant de France à la Martinique. En 1746, de Clieu, étant revenu en France, fut présenté à Louis XV par le ministre de la marine. Rouillé de Joui, administrateur d'un grand mérite, qui (il valoir celui d'un officier distingué auquel nos colonies, la France et le commerce étaient redevables de la plantation et de la culture du cafier. Cependant le généreux citoyen qui avait déployé tant do, zèle, tant de dévouement même, et qui avait dépensé des sommes considérables pour servir sa pairie et son prince, réclama vainement le remboursement d'une partie des sommes qu'il avait avancées. Toutefois il oblint quelques distinctions honorables. Après avoir élé lieutenant de roi à la Martinique, il lut nommé gouverneur de la Guadeloupe, et créé commandant de l'ordre de St-Louis. Pendant quarante

ans il servit (hm 1rs colonies françnise«!, il"où il se retira honm-aiiLmciit , pauvre et désintéressé, au point de refuser un don do KiO.OflO lianes (|iic les notons de la Martinique et de la Guadeloupe lui offrirent pour qu'il pût tenir un état conforme à son mérite et à son ran<r. Ses lumières, son expérience judicieuse et son équité reconnue le firent choisir par le gouvernement [tour aller au Port-Louis régies les contestations dont les officiers de terre, de la marine et des indes fatiguaient le ministère : mission délicate, dans laquelle il «ut le bonheur de réussir. Lors du bombardement odieux du Havre, en 1759, il se distingua dans le commandement des batteries flottantes qui lui fut confie. l ouis XVI, qui ne prodiguait pas des millions a l'adultère et savait les réserver aux dépenses utiles, étant monté sur le tronc, s'empressa de répar er quelques-uns des torts de son prédécesseur : il envoya an bienfaiteur des Antilles Ja grande croix de l'ordre tic St-Louis. Malheureusement de Clien, âgé de 87 ans et plus, ne reçut cette faveur que la veille de sa mort. Gabriel de Clieu mourut à Paris ( où il était arrivé depuis peu de temps, après avoir quitté sa campagne), le 2J novembre 177 5. D— B— s.

CLIFFOHD (CEoncr.1, troisième comte deCuiuberlnnd, aventurier et navigateur anglais, d'une ancienne et illustre famille qui comptait plusieurs alliances avec la maison royale, était lils de Henri ClilWd, deuxième comte de Cumberland, et d'Eleonorc Brandon, Bile de Charles Brandon, duc de Surfolk, et de Marie, reine douairière de France (Ij. Il naquit à Brougham-Castlc, dans le vVeitmoreland, le 8 août io.V*. Élevé dans un des collèges de l'université de Cambridge, par Jean Whilgift, depuis archevêque de Caniorlwry, le jeune Clifford s'attacha particulièrement à l'étude des mathématiques, cl y lit de grands progrès. I.c premier événement remarquai. le auquel il participa fut le procès de l'infortunée Marie-Stuart, dont il fut l'un des juçcs en sa qualité de pair. Ayant un esprit romanesque avec beaucoup d'ambition, Clifford, possédant une grande luriune et aimant passionnément la navigation, résolut d'aller à la découverte de pays inconnus. Il nourrissait aussi l'espoir de porter de rudes coups a l'Espagne qui ne se proposait rien moins que de conquérir l'Angleterre, avec cette Armada qu'elle appelait prématurément invincible. Clifford arma en conséquence à ses frais une petite flotte, dans l'intention de ruiner ou de mettre à contribution les établissements formés par les Espagnols dans la mer du .Sud. Parti de Plymoulh le 17 août 1580, avec trois navire» qu'il commandait lui-même, Clifford, plus connu sous le nom «le comte de Cumberland, longea la cote d'Afrique dans cette première expédition, puis se dirigeant vers celle d'Amérique, visita le Rio de la Plata et le Brésil,

(I) Marie d'Angleterre, fille du roi Henri Vit ei vriir da roi llenii VIII, fl.ui a»ait Hi KncéP rn ISO". a*K Chuta d Autriche, depuis e«n|n ri'ur, èfOUS en ffBSiiere. lias > Louis XII. 101 de France. Apres la utuii de rc pttiec, clic se remaria »»• .• Hurles Ibandon, duc de SuffulV, laiv>.int de v>n second mariage <k m tilles, Françoise, merc de rfafWUutC ICSUC C'ar, et CaU-cnue ou EUouorc.

opérant de temps à autre des débarquement*, et faisant main basse sur tous les navires qu'il rencontrait. Aussi rentra-t-il en Angleterre avec de nombreuses captures. Encouragé par ce premier succès, Clifford ne lit pas moins de onze expéditions semblables qu'on pourrait qualiljer de véritables pirateries, puisqu'il pe se bornait pas à attaquer les ennemis de son pays, mais qu'il rançonnait tous les pavillons, qu'ils fussent espagnols, portugais, hanséates ou français. Ces expéditions, toutes entreprises à ses dépens, lui procurèrent d'immenses richesses. Dans l'une des dernières, dont un habile mathématicien appelé Wright, qui en faisait partie en qualité de commandant de l'un des bâtiments, a rédigé la relation détaillée, le comte de Cunibcrland, parti de Plymoulh, le Va juin tii89. avec une flotte de qiialrc voiles, montée de quatre cents hommes, dont la plupart, dit son historien, étaient moins conduits par l'intérêt que par l'honneur, ce dont il est permis de douter, dirigea surtout ses efforts contre les Iles Açores. Il captura d'abord dans les parages do ces Iles trois natjres fiançais venant de. Terre- Neuve, mit â rançon onze bâtiments lianséatcs, et s'empara, en vue de St-Michel, de trois navires espa» gnols. Les lettres de Tercére, trouvées à bord de l'un de ces derniers bâtiments lui ayant appris que les caraques, toujours richement chargées, devaient en partir sous peu de jours, notre aventurier lit des dispositions pour s'emparer d'une aussi belle proie; elle lui échappa cependant. Il n'en fut point de même de trois bâtiments portugais, et d'un navire de deux cent cinquante tonneaux, monté de quatorze canons, qui fut enlevé â l'abordage, malgré la vigoureuse résistance de son équipage et quoique l'artillerie du forl de Fayal le protégeât. Deux petits vaisseaux de guerre anglais s'étanl réunis à lui, il captura cinq autres navires et parvint à s'euqiarer de la ville même de Fayal, qu'il n'abandonna qu'après en avoir exigé de fortes contributions. Cumberland visita ensuite successivement les autres Açores, lit encore quelques prises, et ne renonça au projet qu'il avait d'abord conçu d'attaquer la Hotte des Indes occidentales, qu'en apprenant que les douze galions dont elle se composait étaient escortés par huit vaisseaux de guerre, auxquels il n'échappa lui-même que par la lenteur des dispositions de l'ara, irai espagnol. Cumberland se décida alors à retourner en Angleterre, au grand contentement de ses équipages, empressés de mettre en sûreté les produits de leurs déprédations. Il n'y parvint cependant qu'après avoir été réduit aux dernières extrémités par de violentes tempêtes, et des vents contraires, et après s'être vu vingt fois sur le point de faire jeter A la mer le fruit de ses brigandages, ou si l'on \ i ut de ses exploits. Nos trop heureux aventuriers ton •lièrent enfin â la cote d'Irlande, où ils renouvelèrent leurs provisions épuisées, et remettant bientôt à la voile, ils abordèrent heureusement â Piymouth, aptes avoir couru de nouveaux dangers en doublant pendant la nuit le cap de Hamlicad, à l'ouest de ce port. « Quelques éloges qu'on doive ici donner à la va- « leur et â la générosité du comte de Cumber-

« land, dit M. le baron de Walckenacr, qui a cru

« devoir recueillir le récit de Wright dans sa collec- « lion de voyages en Afrique, il est fâcheux pour sa « gloire que son voyage ne puisse porter que le nom a de piraterie et de brigandage. » C'est ainsi que nous avons déjà qualifié nous-mème toutes les entreprises de Cumbcrland. Au retour de sa dernière expédition, le comte de Cumbcrland fut gracieusement accueilli par la reine Elisabeth, qui le créa en 1.VJI, cbcvalicr de Tordre de la Jarretière. En 100l.il fut un des lords chargés de réduire le comte d'Essex à l'obéissance. Il mourut à Londres, peu d'années après, le 50 octobre iGOo. On a élevé un beau tombeau à sa mémoire, a Skipton, dans le comté d'York où il est enterré. Pennant nous apprend (I) que dans l'audience que lui donna Elisabeth au retour «le l'une de ses expéditions, elle laissa tomber, peut-être à dessein, un de ses gants. Cumbeiland s'empressa de le relever et de le présenter à la reine, qui lui dit, avec beaucoup d'amabilité, qu'elle désirait qu'il le gardât comme un témoignage de son estime. L'écrivain que nous citons ajoute : « L'ambition du noble lord lut très-satisfaite d'une « récompense qui coûtait si peu à l'avarice de sa ■ royale maîtresse. » Avec la galanterie romanesque du temps, Cumbcrland lit enrichir ce gant de diamants, et le porta sur le devant de son chapeau les jours de tournois, ainsi qu'on le voit dans le beau portrait de ce seigneur, dû au pinceau de Robert White. Une autre preuve de la faveur dont le comte de Cumbei land jouissait auprès d'Elisabeth, résulte du choix qu'elle lit de lui en 1501, pour remplir l'oflice de son champion dans tous les tournois qu'elle donnait (2), et où Cumbcrland qui excellait dans tous les exercices de corps, brillait toujours au premier rang. L'armure magnifique, ornée de roses et de fleurs de lis, qu'il portait dans ces sortes d'occasions, est encore conservée au château d'Apptesby, et l'on voit dans celui de Skipton un tableau curieux, représentant ce seigneur et sa famille. Il est à trois faces en forme d'écran : le comte, revêtu de son armure parsemée d'étoiles d'or, occupe le centre; son casque et ses gantelets sont à ses pieds. Sa femme, placée à ses cotes, en robe de pourpre et en jupon blanc brodé en or, étend d'une manière pathétique l'une de ses mains sur deux enfonts charmants, comme pour dissuader le comte d'entreprendre encore des voyages dangereux, lorsque des soins plus tendres reclament la présence d'un père. Cumbcrland avait épousé Marguerite Russel.avcc laquelle il vécut en assez mauvaise intelligence; une réconciliation eut lieu néanmoins entre les deux époux peu de temps avant la moil du comte. Des trois tilles nées de ce mariage, deux moururent en bas âge, c'étaient celles représentées dans le tableau ; la troisième, s'est fait assez distinguer pour mériter un article séparé. La comtesse douairière de Cumbcrland a laissé en manuscrit

(l'i PMUMfi Tour in Smtlanâ.

(2) Walpole, tous les Huctllaneoux Anliqmltts, fait on récil inUTeuanl de la cérémonie dinvcsuturc de l"ol«ke de champion de U reme.

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