‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 8 sur 117 · C2 CHA · texte numérisé non relu

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Sévilîe , 1584 et 1580. 11 traduisit en espagnol je traité de Sphara muti<ft de Sacrobosco, en y joignant un erand nombre d'additions et de note», et Je fit imprimer dans ta môme ville en 1545, in-4». Il dressa deux cartes géographiques. Tune du territoire espagnol (on la trouve dans le Tkeatrum orbis d'Oru-lius) ; l'autre de l'Amérique : elle n'a point été publiée. B— p et V— vb.

CHAVES (Diego et François db). Voyez Escobar (Marie D').

CHAVES (Emmanuel db Silveyra Pinto db Fojseca, comte d'Amarante, marquis de), né à Villaréal en Portugal, de l'une des familles les plus illustres de ce royaume, entra fort jeune dans la car. riére des armes, et fit avec distinction, à la téte d'un corps auxiliaire portugais, de 1809 à 1814, la guerre de l'indépendance dans la péninsule. Mais ce qui rendit son nom plus célèbre encore, ce fut l'énergie qu'il mit à combattre le parti révolutionnaire en 1823, lorsque les Français entraient en Espagne, pour soustraire Ferdinand VII à l'influence des cortes. Le roi Jean VI se trouvant alors à Lisbonne sous une influence à peu prés semblable, le comte d'Amarante réunit ses domestiques et ses vassaux puis, après avoir adressé aux Portugais une proclamation énergique, il dirigea cette troupe sur la petite ville de Cliaves, où la garnison, forte de sept cents hommes, se déclara en sa faveur, et où il établit son quartier 'général. D y forma aussitôt une cs|)èee de gouvernement, A la téie duquel il plaça l'évêque de Draga, et recruta sa petite armée de déserteurs et de beaucoup de partisans de la royauté absolue, qui accoururent de toutes les parties du Portugal, tandis que les cortés réunies à Lisbonne lançaient des décrets contre lui , le déclaraient privé de ses titres et emplois , et faisaient marcher i sa rencontre leur général Luis de Riego , qui réussit d'abord à s'emparer de Villaréal, et parvint à couper ses communicalions. Mais le comte d'Amarante obtint pendant ce temps une victoire signalée sur un autre corps auprès de Santa-Barbara. Cependant la supériorité des troupes constitutionnelles le força ensuite de se retirer sur le territoire espagnol près de Valladolid, au moment où l'année française entrait dans ce pays sous les ordres du duc d Angoulême, pour y proléger Ferdinand VII contre les cortés. Le comte d'Amarante s'empressa de lui offrir ses services; mais celte offre fut refusée , sous prétexte que la France n'était pas en guerre avec le Portugal. I^s royalistes espagnols, qui combattaient sous les ordres du curé Meriuo, se montrant plus conséquents dans leur système, accueillirent avec empressement les royalistes portugais, et le général LuisdeRiego, qui avait poursuivi jusqu'en Espagne le comte d'Amarante , n'osa pas se mesurer contre les deux troupes réunies. Cependant le comte d'Amarante avait peu d'espoir de succès, lorsque l'infant dom Miguel, puis le roi Jean VI lui-même, ayant échappé a la captivité dans laquelle ils étaient retenus par les cortés, arrivèrent inopinément A Villaréal , où bientôt ils furent environnés d'un grand nombre de troupes et de partisans dévoués, tandis que les rnem-

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bres des cortés prenaient la fuite ou se réfugiaient sur des flottes étrangères. Le roi rentra le 5 juin 1823 dans Lisbonne avec son fils dom Miguel, qu'il nomma généralissime de ses troupes ; et ils s'y réunirent à la reine Charlotte, qui n'avait pu, comme eux, échapper ù sa captivité, mais qui, du fond du palais de Hamalhaooù elle était reléguée, avait eu beaucoup de part à ce triomphe de la royauté absolue. Le comte d'Amarante fut alors réintégré dans les emplois et les honneurs dont l'avaient privé les cortés, et le roi le créa marquis de Chaves, en souvenir de son premier succès. Le monarque ajouta a cette faveur une riche dotation; et une médaille, avec la légende Fidélité hérvïque des Tramontanot , fut frappée en commémoration de cet événement. Le marquis de Cliaves se fil peu remarquer jusqu'à l'époque où les Anglais étant débarqués en Portugal (janvier t827) pour y appuyer le parti constitutionnel, cet invariable défenseur de la cause des royalistes se mit encore une fois a la téte des provinces de Tras-Os-Montes et de Beira, et livra au comte de Villallor, près de Coîmbre, un combat où la supériorité numérique de ses ennemis l'obligea à la retraite. Il se réfugia de nouveau sur le territoire espagnol , et vint bientôt après à la téte de 3,000 hommes se dirigeant sur Porto, dont il n'était plus qu'à dix milles, quand Villattor, qui s'était réuni au marquis d'Angeja , lui fit essuyer une défaite , laquelle tut suivie de quelques défections parmi ses troupes. Le parti des royalistes semblait alors complètement anéanti, lorsqu'une insurrection subite le lit triompher à Lisbonne, où dom Miguel rentra au milieu des cris de Vive te roi! A bat la constitution! Le marquis de Chaves y rentra également; mats dès lors, atteint d'une aliénation mentale, il ne put jouir d'un événement qui devait combler ses vnnix, et il mourut dans cette ville, le 7 mars 1830. (Voy. Chaiilotte-Joacmine et Jean VI.) Z.

CHA VIGNY (Jean -Aime de), né à Beanne en Bourgogne, vers 1324, était docteur en droit et en théologie. Jean Dorat, son professeur en langue grecque, lui avait communiqué son goût pour l'astrologie judiciaire. Épris de cette vainc science, il abandonna son pays pour aller étudier sous te trop fameux Noslradamus, dont il médita les leçons pendant vingt -huit ans. Il publia ses rêveries dans quelques ouvrages, et mourut vers 1604, âgé de plus de 80 ans. Les auteurs qui ont parlé de Chavigny l'ont fait d'une manière inexacte. La Croix du Maine dislingue Jean-Aimé de Chavigny de Jean de Chavigny, dont on trouve un sonnet à la téte de la traduction des Mondtt de Donl. Cependant Papillon, dans sa Bibliothèque de Bourgogne, assure qu'il ne s'agit là que d'un même auteur, et son opinion a été généralement adoptée ; mais dans la liste de ses ouvrages, il lui donne le nom de Jacques- Aimé. Si c'est une faute d'impression, comme elle n'a point été corrigée dans l'errata, les continuateurs du P. Lelong l'ont copiée. M. Tcissicr a pris Aimé pour le nom de famille, et Chaviijny pour celui de la patrie de cet auteur. Quoique celte erreur eût été remarquée déjà plusieurs fois, cllo n'en ■ pas moine

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été copiée dans certains dictionnaires. Chavigny avait compos • un assez grand nombre d'ouvrages ; on en trouvera les titres d ma la Bibliothèque de Bourgogne ; les principaux sont : 1* la Première Face du Janus François, conienmt tes troubles de France depuis 1534 ,/uaWen 158». Fin de la maison Volésienne, extraite et collitjëe des centuries et commentaires de Michel Nostradamus { en latin et en français), Lyon, IBiM, in-B*; ibid., nouvelle édition, augmentée sous e titré de Commentaires sur les centuries H pronnsticati<m$ de Michel Nostradamus, Paris, 13JMJ, in-8», rare. 2* Les Pléiades divisées en srpt livres, p un ses des aneiennes prophéties et conférées avec Us oracles de Nostradamus, Lyon, 1«K>; V édition augmentée, 1606, in-8°. C'est un recueil de prédictions dans lesquelles l'auteur promet à Henri IV l'empire de l'univers. Il faisait des vers français, des vers latins et même des grecs. On en trouve de sa façon à la tête des ouvrages de Gabriel Chapuls, de Fougerolles, de Pontoux, de Duverdier et d'autres auteurs avec qui il était lié. Il a publié aussi un recueil sous ce litre : les Larmes et Soupirs sur le tripa» très-regretté de M. Antoine Fioncé, Bisontin, Paris, 1583, in-8», fort rare. La Croix du Maine lui attribue la traduction «le la Vie de Cornélius Gallus, qui a été transformée, par la Bibliothèque de Bourgogne, en une traduction des Vies des grandi capitaines de Cornélius Népos. Dans le Dictionnaire de Prud.<otnmc, où il a deux articles, l'un sous le nom d'AïuÈ, et l'autre sous celui de CtiAVicRT, on lui attribue par erreur une traduction en vers des œuvres de Virgile, Paris, 1(107, in-8*. W— s.

CHAVIGNY (Théodore de), diplomate français, dont le véritable nom est Cijavigsard, si Ton s'en rapporte au marquis de St - Simon, qui prétend , dans ses Mémoires, qu'il était (ils d'un procureur de Beaune, en Bourgogne. Il Tut élevé, ainsi que son frère, par les jésuites, qui les prirent tous deux sous leur protection. La maison de Cliavigny-le Roi, ancienne, illustre, grandement alliée, était éteinte depuis longtemps, lorsque les deux frères jugèrent à propos de la ressusciter et de s'en dire, dit toujours St- Simon (I). Les jésuites les produisirent comme tels. Ils vinrent à Paris sous ce beau nom. comme des cadets de bonne maison, mais qui n'avaient rien et qui réclamaient leurs parents , chez qui les jésuites les conduisirent parmi leurs amis. M. de Soubise prit pour bon tout ce que les jésuites lui dirent, et, trompé par eux, les présenta à son tour comme ses parents. 11 procura à Théodore une cliargc de guidon et une petite lieutenanec de roi en Touraine, et fit obtenir A l'autre une abbaye de 18 à 20,000 livres de rente qui venait justement de vaquer. La jalousie donna l'éveil à ceux qui aspiraient au même bénéfice, ils firent des enquêtes, et •.«murent à découvrir la vérité. Le roi , irrité de

(t) « Va petit procureur du siège de Bcaone en Bourgogne

« n'appelall Ouuiguard et avait deux lits asscx bleu fans. Ils ÏIQ- « dierenl tas jésuite» qui le* prirent sons leur protection, etc.. etr. » *ewi>« du Mtrfuit 44 St-Simt*, U VIII, p. U, «dit. de tS»

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cette tromperie, fit arrêter la bulle de l'abbé a Home, ordonna à son frère de se défaire de sa charge, et les exila tous deux du royaume (<). Retiré en Hollande, Théodore, auquel St - Simon reconnaît infiniment d'esprit et beaucoup d'adresse, se fit d'abord nouvelliste, il servit ensuite de correspondant a M. de Torey, et rentrant en France après la mort du roi (1715), il continua, sous le nom du chevalier de Chavigny. de f^ire sa cour à M. de Turcy , qui n'avait eu qu'à se louer de ses services, il s'attacha ensuite au fameux abbé Dubois, devenu depuis cardinal, qui avait, comme on sait, toute la confiance du régent, et fut chargé par lui de plusieurs missions secrètes et délicates en Angleterre ; envoyé à Gènes, en 1720, il se rendit, en 1722, en Espagne pour y négocier, dit-on, le mariage de mademoiselle de Beaujolais, fille do régent, avec le prince des Asturies, mariage qui fut en effet conclu. St - Hmon, 4 celte é|x>que ambassadeur de France dans ce dernier royaume, ne parle pas de celte négociation (2) ; maisil raconte que Chavignard , qui continuait do prendre le nom dcChavigny, y vint en effet chargé d'une mission, et qu'ayant soumis à la cour de Madrid le projet de faire passer l'infant don Carlos en Italie avec 6.000 hommes pour sa garde , afin de lui assurer la succession de Parme, il fut accueilli très froidement parle premier ministre, manpiis de Grimaldo ; et que le roi, auquel il fut présenté, nonseulement ne lui dit rien, mais ne daigna même pas le regarder. Quoi qu'il en soit, Cliavigny, toujours bien vu à la cour de Versailles, assista , eu 1727, à la diète de Ratishonne en qualité de ministre de France, et présenta aux quatre cercles associés nn mémoire sur les intentions de sa cour. Quatre ans après (1751), on le voit ligurer en Angleterre comme ministre du roi ; il y resta jusqu'à la conclusion de la paix entre U Frauce et l'Empereur. Nommé en 1757 envoyé extraordinaire auprès du roi de Danemark, il se rendit en 1740 eu Portugal avec le titre d'ambassadeur (5). Il se trouvait par congé à Paris au commencement de 1743. A cette époque, la cour de Versailles , qui avait reconnu les prétentions de l'électeur de Bavière (4)

(1) Le marquis de St Simon prétend que l'htâoire et la mésaventure des deux frères ayant rte insérées plu» lard dans Morrri ta ttom de Cks*it*v-t*-ko: il* eureul asseï de crédit pour fane défendre qu'on la mil oau» les deruveres éditions, ou elle ne se trouve pis en effet Noos l'avons cherchée vainement dans, I'. diliou de 1702. et dans celles de 4*07, de «718, de «730 et de 1739.

(2) Le mariage de la dite du duc d'Orléans avec le prince des Asturies avant ele arrête avant que Si- Simon fût nomme ambassadeur en Espagne, U paraîtrait que Cbavtgoy titrait clé envoyé deux fois dans ce pays.

tSî Cbavignjr emmena avec lui a Lisbonne, mats sans titre ni caractère particulier, Charles Gravier de Verge unes, son parent par alliance, alors a^e de vingt-deux ans, devenu depois ministre des affaires étrangères. Ayant juge par nn travail qu'il lui avait ronfle qne ce jeune nomme était capable de bien (aire, Cbavigny lui dll : f Des ce Jonr, je vois permets l'entrée de mon cabinet. » Il l'employa depuis nvee une satisfaction toujours croissante et ebereba constamment * faire valoir (es talents. ( Vay. Vircksnes >

(4) L'empereur Charles VI étant mort le 10 octobre 1740, I tm lecteur de Bavière sa fit couronner roi de Bohême te 1» oovemLra «741 ; élu empereur le Si janvier 47«S, U fat couronné 1 francfort en cette qualité le 4S février loivtnt.

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sur la succession de l'empereur Charles VI, et avait fait même avec lui, dès 1741, un traité d'alliance, ayant éprouvé des revers, et sentant quVlle échoue» rait dans le dessein de dépouiller la reine de Hongrie, lui lit faire des ouvertures de paix. Cette princesse, comptant sur de plus grands succès encore , les ayant refusées, on se déiida alors à lui déclarer la guerre dons les formes , et comme partie principale (I); mais auparavant on résolut de se fortifier par des alliâm es avec les princes d'Allemagne. Pour atteindre ce but, le ministère fiançai- jela les yeux sur Cliavigny, qui passait pour un des plus habiles négociateurs de l'Europe , et jouissait sous ce rapport, même chez l'étranger, d'une réputation justement méritée. Arrivé a Francfort le 21 octobre 1743, Chavigny s'attacha d'alwd à connaître les sentiments des divers princes d'Allemagne, et s'assura que plusieurs «l'entre eux étaient disposés à s'unira la France contre la reine de Hongrie, moyennant des sub«ides. Il revint à Versailles, au mois de janvier ue l'année suivante, rendre compte de sa mission, et, de concert avec le maréchal de JNoailles, il combina un plan de ligue pour soutenir l'empereur Charles VII. Ce plan ayant été adopté par le conseil du roi, malgré l'opposition du contrôleur général , qui craignait avec raison les énormes dépendes cpie son exécution entraînerait, Chavigoy retourna immédiatement à Francfort. Ses instructions lui enjoignaient de maintenir les constitutions de l'Kmpire, conlormémenl aux traités de Westphalie, de travailler au rétablissement de la paix, de procurer à l'Empereur la restitution de ses Etats, et de Lire accommoder a l'amiable, ou par une décision juridique, les différends relatifs à la succession autrichienne. Les conlédérés devaient se garantir mutuellement leurs possessions actuelles. Des lettres de change, de la valeur de 1,500 000 florins , confiées à de Cliavigny, étaient le mobile qui devait acrélércr les résolutions des princes allemands. Une nouvelle imprévue suspendit pour quelque temps les espérances du négociateur. Le cardinal de Ten- CÎn, ministre d'Etat, sans réfléchir à rinsuffisance des forces maritimes de la Fiance, persuada au roi de tenter une descente en Angleterre, en faveur du prince Edouard , lils du prétendant ; et on rassembla à Dunkcrque des troupes de débarquement , sous les ordres du maréchal Oc Saxe. La publicité de ce dessein mile m le parti protestant d'Allemagne, et faillit rompre les négociations entamées à Francfort. Les minières de Prusse et de liesse surtout témoignèrent hautement leur mécontentement a de Cliavigny. Celui-ci, d'autant plus embarrassé que le ministère français ne l'avait point instruit de ses projets, n'oublia rien pour calmer ces

(l) Sotqa'i cette troque la France n'irait agi que comme »llUe •le IVIctieur de Bavière, el lien qqed telle quille elle eut envoyé I son secours des iroupes qui rombalUieni celles de Manc-TVrèse, le» deiu puis-sanres n étaient polo' centres eire en eut de guerre, distinction assea vaine, mais admise pourtant en Miuque dans qnel ques circonstances el dédaignée en d'antres, La déclaration de Kuerre de la France ne tut publiée que le «avril 174»; k manifeste de U reine de HougiMi est du 10 mai suivant.

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deux ambassadeurs, et il fit espérer que les éclaircissements qu'il attendait de sa cour dissiperaient leurs alarmes. Extrêmement affecté de ce contre-temps, Chavigny écrivit incontinent au maréchal de [N i ai i les : « Quelle différence , monsieur le a maréchal, de ma dépêche du 1 2 mars à celle du 1 S I « Dans ma première , tout est en train de se faire «avec le concours du roi de Prusse; dans la sert conde , tout est en train de se démancher, faute « du concours de la liesse. Et pourquoi ? pour un « projet que je ne connais encore que par la haine « et le mépris qu'il excite contre nous; et je crains a drais plus le mépris que la haine. Cependant je ne « me décourage, ni ne me découragerai point , etc. » La duchesse de Chàleauroux (voir ce nom) pouvant beaucoup sur l'esprit du roi, et ayant du zélé pour le bien public, Chavijrny lui communiqua au»si ses réflexions; mais ce fut sans fruit. Le maréchal de Noailles, tout en dé>approuvant la descente en Angleterre, répondait au négociateur, sous les dates des 10 et 24 mars , « que la cour de Londres , ne gar-

• dant plus de mesure avec la France, insultant ses « ports, attaquant ses vaisseaux , et joignant les hos- « tilites aux menaces, le roi n'avait plus de ménac gements à garder à son égard ; qu'il devait faire « éclater son ressentiment ; qu'en faisant aux An-

• giais une diversion qui les obligeât de réserver v pour leur défense une partie de leurs troupes, il a servait la cause commune. » Comme il ajoutait « que la France n'avait en vue que le rétablisse- « ment de la paix, loin de vouloir déranger le sys- « tème de l'Europe,» Chavigny lit valoir celle déclaration formelle, et lanégociation se ranima. Le prince de Hesse-Cassel, en offrant par pure bienséance, au roi d'Angleterre, d'aller en personne avec ses troupes, si le cas l'exigeait, défendre un trône et une religion, pour lesquels son zélé ne se démentirait point , lui représenta aussi ses devoirs à l'égard de l'Empereur et de l'Empire, de manière à laisser entrevoir ses véritables intentions. Les raisonnements de cabinet servirent, au surplus, moins bien M. de Chavigny dans sa négociation que les circonstances. Les vents n'ayant pas permis d'exécuter la descente en Angleterre, il en résulta un changement de plan tel, que la France put de nouveau tourner ses vues vers le continent, et il lut conclu le 22 mai à Francfort un traite, connu dans l'histoire sous le nom d'Union de Francfort, entre l'empereur Charles VII, le roi de Prusse, comme électeur de Brandebourg, l'électeur palatin, el le roi de Suède en sa qualité de landgrave de Hesse-Cassel. Le roi de Prusse, qui déjà avait fait signer à Versailles, le 5 juin 1744 par le comte de Roltembourg, son agent auprésde la cour do France, un traité d'alliance et de subsides, donna son accession a l'union de Francfort le 6 du même mois, le même jour que cette cour le fit par M. de Chavigny, son ministre extraordinaire prés la diète, a qui les résultats de cette négociation firent beaucoup d'honneur. H justifia la réputation de dextérité, d'habileté et de pénétration qu'il s'était acquise, qualités qui, jointes à de la franchise, a des manières agréables, et a une connaissance de presque toutes

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les cours do l'Europe, en faisaient un des ministres les plus accomplis de son temps. Après ce traité, qui remplissait les vues de sa cour, Chavigny retourna à Lisbonne. Lorsqu'il quilla celle résidence, on l'envoya, en 1749, ambassadeur près la république de Venise, et deux ans après il occupa lo même poste près les cantons suisses. Nous ignorons ce qu'il a fait depuis cette époque jusqu'à sa mort, arrivée à Paris, le 2G février 1771, à l'âge de 84 ans. Son frère, qui continua de prendre le nom d'abbé de Cliavigny, s'insinua aussi à son retour de Hollande auprès de M. de Torcy et de l'abbé Dubois, et comme il voulait du solide, il se lit donner la ebarge de président à mortier au parlement de Besançon, où, suivant St -Simon, il se comporta avec une audace et une insolence surprenantes. D— z— s.

CHAVIGNY. Voyez Dotrrnt[.LiER.

CHAVIV (Jacob ben), savant rabbin de Ta ville de Zamora, obligé de quitter l'Espagne lorsque les juifs furent chassés de ce royaume en 1492, se réfugia à Saloniquc, où il mourut au commencement du 10» siècle. 11 est connu surtout par son Hain Israël, c'est-à-dire fontaine a" Israël, ouvrage où sont expliquées en abrégé toutes les histoires hyperboliques des deux Talmuds. Ce livre, dont les Hébreux font le plus grand cas, a été très-souvent réimprimé et commenté; la plus ancienne édition parut & Constantinople, en 1511 ; celle qui parut à Salonique vers ta même époque, sans date ni indication de lieu d'impression, est aussi fort rare et recherchée. (Test de ce livre que sont tirés les Cullecianea de Rébus Chritii régit , que Gcnebrard publia avec la Chronica minor, Paris, 1572. — Lévi Ben CtiAVtv, (ils du précédent, et célèbre rabbin comme lui, se distingua dans les écoles de Safct et de Jérusalem, composa des Consultations légales qui furent imprimées en hébreu, Venise, 1565. H mit la dernière main au Hain Israël de son père, et mourut vers 1550. — Moïse Cnvviv, rabbin portugais, réfugié dans le royaume de Naples, publia en 1488 le commentaire d'Aben llezra sur le Pentatcuque, et composa divers ouvrages de grammaire, de philosophie et de théologie, dont on peut voir le détail dans le Dizionario degtiautori ebrei de l'abl>é de Rossi; plusieurs sont demeurés manuscrits. C. M.P

CHAYVEH, dont le nom a été corrompu par nos historiens des croisades en celui de Sanar, était d'une famille arabe très-ancienne, à laquelle appartenait Ilatgymah, nourrice de Mahomet. Thélaï, surnommé Saléh, fils de Hozzyk, l'eleva à la dignité da gouverneur du Said supérieur, la première après celle de grand vizir. Chawer, doué de beaucoup de finesse, dissimula quelque temps ses projets ambitieux; mais il ne put si bien les masquer qu'ils ne fussent devinés par Thélaï. Celui-ci se reprocha alors de lui avoir accordé sa confiance, et mil au nombre des trois fautes dont il se reconnaissait coupable, la promotion de cet officier à un gouvernement aussi important. Néanmoins, comme il n'était point en son pouvoir de réparer celte inconséquence, il recommanda à son fils Adel, en mourant, de ménager un

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esprit aussi entreprenant. Loin de suivre un conseil aussi sage, Adel ôla à Chawer sa dignité, et celui-ci, n'ayant plus de mesures à garder, se rendit en toute diligence au Caire, lit mourir le (ils de son bienfaiteur, et s'empara du vizirat, le 22 de moharrem 558 (51 décembre 1162). Ainsi linit la maison des Rozzyk,qui avait joui du pouvoir souverain pendant le règne de quelques califes fathémites. Au bout de peu de mois, un oflicicr nommé Sorgham rassembla quelques troupes, tomba sur Chawer, le mit en fuite, et le força à se retirer en Syrie, auprès de Noradin, dont il implora le secours. Noradin élait instruit de l'état de révolte, de faiblesse et d'anarchie où se trouvait l'Egypte, cl fut flatté d'une circonstance qui lui permettait de s'immiscer dans les affaires de cette province ; il donna ordre a Chyrkouh d'accompagner Chawer, en lui recommandant de s'instruire de la position cxacic de l'Egypte, et de s'y ménager des intelligences. Sorgham, trop faible pour résister, et dont la tyrannie avait révolté les Égyptiens, fut vaincu et tué. Cliawcr rentra en possession de la dignité de vizir, mais il refusa de remplir les conditions auxquelles il s'était engagé, et qui étaient de donner à Chyrkouh, outre la paye de ses troupes le tiers du revenu de l'Egypte. Irrité de celte perlidie, le lieutenant de Noradin s'empara de Bilheis et de Charqyah. Alors Chawer s'adrc&sa aux croisés, (|ui s'empressèrent de le secourir, vinrent assiéger Chyrkouh dans Charqyah, et ne l'abandonnèrent que lorsqu'ils eurent appris les succès que Noradin obtenait sur les croisés de Syrie. Ils lirent auparavant un traité avec les musulmans, d'après lequel ils devaient évacuer l'Egypte. Chyrkouh, satisfait d'être débarrassé de cet ennemi, retourna en Syrie, mais avec la ferme intention de revenir bientôt en Egypte. L'occasion s'en étant présentée en 502 (1166-7) il vint jusqu'à Djyzcli. Chawer, effrayé, appela de nouveau les croisés, et en lut de nouveau secouru ; mais cette fois leurs armes ne furent point heureuses. Vaincus par Chyrkouh à Al-Abwan, ils lui laissèrent le chnmp libre, et celui-ci dévasta le Saïd, et prit Alexandrie, où il laissa son neveu, le grand Saladin, qui l'avait accompagné dans sa première campagne; enfin, après quelques vicissitudes dans les succès, cette expédition se termina par un traité. Chyrkouh s'engagea à livrer Alexandrie aux croisés, et à retourner en Syrie; ces derniers, en retour, devaient lui payer une somme d'argent. En 564 (1168-9 ), les progrès des croisés en Egypte ayant attiré l'attention de Noradin, il y renvoya Chyrkouh avec une armée considérable. Chawer, après avoir laissé les Francs prendre l'eluse et brûler le Caire, cherchait à les amuser par de belles paroles, leur promettant de payer une très-grosse somme d'argent, dont il leur "porta une partie, sous la condition qu'ils s'éloigneraient ; ce qu'ils firent. Chyrkoub et Saladin arrivèrent au Caire le 4 de réby 2e (5 janvier 1169). D'abord ils vécurent avec Chawer dans une union qui n'était qu'apparente. Celui-ci, de son côté, usait de sa politique ordinaire : il promettait le tiers du revenu de l'Egypte, et employait en toute occasion des manières affectueuses; mais ses dcluirs

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