Î CLI
sa vie, en prenant pour texte ce passage des Proverbes de Salomon : « Chaque femme sage édifie sa a maison. » C'est en ehu par ses ordres qu'une colonne a été élevée sur la grande route, i l'endroit où elle se sépara pour la dernière fois de sa mère, que des monuments ont été construits en l'honneur de son tuteur Samuel Daniel, distingué comme historien, et du poète Spenser; elle a aussi fondé deux hôpitaux, et réparé ou luit bâtir sept églises et six châteaux. Le docteur Donne lui disait dans son enfance, et l'évéque de Carlisle le rappelle dans son oraison funèbre, « qu'elle savait bien discourir ■ sur toutes choses, depuis la prédestination jus- « qu'aux choses les plus communes, (tea-silk). * Deux portraits qui restent d'elle, dans un tableau de famille dont nous parle Fcnnant, lont connaître les sujets habituels de ses lectures, et en général des gens du inonde, dans le siècle où elle vivait, à deux époques différentes de la vie. A côté du portrait qui la représente à l'âge de trcfcc ans, on voit citées, les Œuvres d'Eusèbe et de St. Augustin, VArcadia de sir Philip Sidney, Godefroy de Boulogne, l'Académie française, Camdcn, Ortellius, et Agrippa, sur la Vanité des sciences occultes. Les ouvrages dont les litres sont placés près du portrait qui rappelle ses traits lorsqu'elle eut perdu son second mari sont la Bible, Charron, de ta Sagesse, et d'autres ouvrages de pieté, parmi lesquels ligurent ce|>ctidant un traité sur la distillation, et un livre sur la médecine domeslique. Anne Clifiord eut de son premier mariage trois (ils qui moururent jeunes et deux filles qui lui survécurent : Marguerite, qui épousa Jean, comte de Thanet, et Isabelle, mariée à Jacques, comte de Northampion ; elle n'eut point d'enfants de son .second mariage. On trouve des détails circonstanciés sur Anne Clifford dans Park, édition des auteurs royaux et nobles, dans l'ouvrage de Pennant, a Tour in Scolland, et surtout dans l'histoire de Crnveu, par Whitaker. La belle Roseoioiidc ou Rosa monde Clifford, maîtresse du roi Henri H, empoisonnée par la reine, en 1183, était de la même famille. ( Voy RoaUfOHDI ) D— z— s.
CLIFFORD (Thomas), grand trésorier d'Angleterre, de la même umille que les précédents (1), naquit en 1630, se livra dans sa jeunesse à l'étude des lois, fut très-dissipé, voyagea dans les pays étrangers, où l'on suppose qu'il embrassa la religion catholique. Nommé en 1660 membre du parlement qui rétablit Charles II, il fut réélu à celui qui s'assembla l'année suivante, et s'y distingua d'abord comme antagoniste, ensuite comme partisan de la prérogative royale. Le roi le créa chevalier baronnet. Son caractère entreprenant l'engagea en 1063 à s'embarquer avec le duc d'York; il fut de l'expédition de Bergen, où les Anglais allèrent attaquer la
M) Suivant Ylliïloire de lu pairie <iu Hofnme-Vni de J. DYbroil (htlttirt !■«■<« V . &ir Ihotiu!. Clillord d'I'ubrool, premier lord d'une tiraiirhe cadelle de celle ijmillc qui a longtemps re»ide a l1gl>rook, près Cliudieigh, «onite de Uevun, ri qui fui fund In M> rier sous le regnv de Clurles II, descendait de Mr Liwi» Cliiford, fh»'«jlier de la Jjriciiere, ei le plu* ic»«* ftlsdc ItoffT, cliiquienuloi J <lc Clilfuid, de VVetluorUod, qui niuurui en !4o*. D— t— ».
flotte hollandaise. Peu de temps après, on l'envoya
comme plénipotentiaire auprès des rois de Suéde et de Danemark. Il se trouva en 1666 au grand combat naval avec les Hollandais, qui dura depuis le 1" jusqu'au 4 de juin, et à d'autres actions qui eurent lieu dans cette campagne. Ses services lui valurent l'emploi de contrôleur de la maison du roi. et, vers la lin de la même année, il entra au conseil privé. En 1668, il fut nommé trésorier de la maison du roi, et presque en même temps un des commissaires de la trésorerie. L'influence qu'il s'était acquise dans la chambre des communes par son habileté et son éloquence l'avait d'abord recommandé à l'attention des ministres, et grâce surtout à la protection d'Arlington, il s'était, comme on vient de le voir, rapidement avancé. Il était en 1770 un des cinq conseillers privés auxquels on avait confié le secret de la liaisou du roi avec Louis XIV, et il formait avec eux le cabinet qu'on appelle la cabale (caftai en anglais), parce que les initiales de leurs noms composaient ce mot (1). Le but de ces cinq ministres était de rendre le roi indépendant des parlements. ( I oy. Charles 11.) Clifiord surtout manifesta les sentiments les moins équivoques sur sa partialité pour U France ; car il dit que s'il fallait que son maître dépendit de quelqu'un, il valait mieux qu'il dépendit d'un grand et généreux monarque ( Louis XIV i que de cinq cents de ses sujets, tous insolents. Ce fut Clilford qui porta au conseil privé, vers la lin de 1671, en sa qualité de commissaire de la trésorerie, le projet du cabinet pour la suspension pendant un an des payements de l'échiquier, et qui le lit adopter le 2 janvier 1772. Cet acte inique, qui plaça une somme d'environ 1,300,000 l.st. (32,000,000 f ! à la disposition des ministres, fut chèrement paye par la perle de leur |>opularité et de leur réputation. Le roi accorda à chacun d'eux différentes faveurs pour témoigner la satisfaction qu'il éprouvait de leur conduite. Clifiord lui élevé à la pairie, sous le titre delordClifiorddcChudleigb,et, lorsque dans la même année 1672 (17 novembre), Ashley, qui avait été créé comte de Shafnsbury, fut devenu lord chancelier en remplacement de Bridgeman, il obtint le bâton de lord grand trésorier (26 novembre), au grand déplaisir d'Arlington, qui l'accusa d'ingratitude, et d'avoir supplanté par ses intrigues son protecteur et son bienfaiteur. Mais le roi disculpa Clifford, et leur ordonna d'être amis. S'élant montré opposé à l'acte du test, Clifford crut devoir imiter la «induite du duc d'York, qui, pour ne pas prêter le serment requis, avait donné la démission volontaire de tous les çmplois qu il occupait sous la couronne, et, le 19 juin 1673, il résigna la charge de grand trésorier, malgré les avis et les prières du roi. Son ennemi, Ai lingion. citait l'obtenir, mais Clifford eut assez de crédit pour la faire donner à sir Thomas Osborne, élevé ensuite a la pairie, sous le titre de vicomte Lalymcr. Il paraîtrait qu'après avoir ainsi abandonné la carrière politique, Clifford se retira dans sa
(t) Celaient Clifford, Arlinglon. Buckinglum, Atnlty et Lmderdilc. D— i— ».
terre, et qu'il y mourut la même année à la suite
d'une maladie douloureuse. E— s et D— z— s.
CLIFFOBD (Geuiu;e), jurisconsulte d'Amsterdam, qui faisait ses délices de la botanique et de l'histoire naturelle, et que Linné a immortalisé |jar l'un de ses ouvrages. ClifTord, jouissant d'une trèsgrande fortune, avait Tonné à sa campagne, située à Harlecamp, entre Harlem et Amsterdam, le jardin le plus magnifique et le plus riche en végétaux de toutes les parties du globe qu'il y eût alors en Europe, une ménagerie qui renfermait un Irés-grand nombre de quadrupèdes et d'oiseaux étrangers, un muséum où il avait réuni des herbiers précieux envoyés de diverses contrées, et des collections de tous genres pour l'histoire naturelle, auxquelles il avait joint une belle bibliothèque. Jamais particulier, ni même souverain, n'a rassemblé à la fuis avec autant de goût et de magnificence d'aussi nombreuses collections, et n'en a lait jouir les savants avec autant de grandeur et de générosité. Linné, jeune alors, étant venu a Leyde poursuivre les cours de l'illustre Boérhaave, et se trouvant deuuë de moyens d'existence, lui fit connaître sa situation. Ce grand homme pénétra son génie, et prévit tout ce qu'il pourrait faire un jour ; il le plaça chez ClifTord pour diriger ses jardins, pour arranger et classer les nombreux objets de son muséum. Linné y demeura environ trois ans, justifia l'estime et l'amitié de son généreux protecteur, et eut bientôt l'occasion de s'associer a sa gloire, en Taisant connaître les richesses qu'il rassemblait dans ses jardins, d'abord par la publication d'un simple catalogue sous le titre de Viridarium Cliffortianum, Amsterdam, 1737, in-8* (cet ouvrage est devenu trés-rare) ; ensuite, le bananier y ayant fleuri, Linné en prit occasion de faire mieux connaître la fructification de ce singulier végétal qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, et d'indiquer les rapports qu'il lui trouvait avec les palmiers : ce lui le sujet du Musa Clxffortiana, Leyde, 1756, in-4°, avec fig. Ce n'était eucore que l'annonce d'un monument plus somptueux qui parut sous ce titre : tiorlus Clifforlianus, Amsterdam, 1737, grand in-ful., avec lig. ; il y donne des vues générales sur la botanique, des détails sur ce jardin, et principalement des descriptions accompagnées de figures d'un grand nombre de plantes qui y étaient cultivées. Cet ouvrage lut exécuté avec une grande perfection aux Irais de Clifturd, auquel il est dédié. Les trente-deux planches lurent dessinées par le célèbre Eliret, et gravées par van der I -aer, le plus habile graveur de ce temps-là : c'étaient les plus belles que l'on etit encore vues, et même on ne les a pas encore surpassées. Dansuneepitrcdédicatoirect une savante preure, datée du muséum de Clifford, le 30 juillet 1737, Linné, en homme de génie dont le cœur est pénétré de la plus vive reconnaissance, lait connaître au monde savant et a la postérité la noblesse et la générosité de son bienfaiteur. H lui a dédie un des genres nouveaux qu'il a décrits dans cet ouvrage, et auquel il a donné le nom de Clifforlia. Les diverses espèces qui le composent sont des arbustes du cap de Bonne-Esperance. D— P— s.
ai 433
CLIFFORD (Arthur) , de l'illustre famille anglaise de ce nom, naquit en 1778, étudia le droit, passa plusieurs années mut le continent, et, de retour en Angleterre, partagea sa vie entre les opulents loisirs de grand seigneur et les travaux de l'homme de lettres. Il mourut à Winchester, le 16 janvier 1831). On lui doit plusieurs publications importantes, en téle desquelles il faut placer le Portefeuille el Correspondance officielle de tir Ralph Sadter ( State Pape rs and Lettcrs officiai, etc.), Londres, 1809, 4 vol. in-4". hejà la presse avait prétendu donner cet ouvrage en 1720; mais il s'eu fallait de beaucoup que cette première édition fût aussi complète que celle de ClifTord. Les papiers de sir Ralph Sadler lui étaient parvenus par la famille Aston, à laquelle s'était unie l'héritière désir Ralph. Cet homme d'État, ministre sous Elisabeth, avait été le principal agent de toutes les relations entre l'Angleterre et l'Ecosse sous le règne de la fille de Henri VIII, et l'on comprend de quel poids doivent être les moindres détails de ses révélations sur celte époque capitale pour l'histoire des deux royaumes. Waller Scott ne dédaigna pas d'enrichir l'ouvrage d'une biographie de sir Ralph Sadler, a laquelle il joignit des notes historiques. Le succès dont jouit cette publication engagea Clifford à promettre en quelque sorte un pendant à tes mémoires, en annonçant le Portefeuille el ta Correspondance de tir Waller Alton (depuis lord Aston), ambattadeur en Espagne sous let règnes de Jacques l' et de Charles I". Mais d'autres travaux s'opposèrent à ce qu'il donnât suite a cette entreprise , dont il ne parut que le prospectus. Les autres écrits de Clifford sont : 1" Poésies de Tixall, avec des notes, etc., Londres, 1813. in-4°. Tixall était la résidence liabituelle de sa famille. 2» Carmen sceculare. Ode en commémoration du centième anniversaire de l'avènement de la maison de Hanovre au trône britannique, Londres, 1814, in-8°. 3* Detcriplion historique el topographique de la paroisse de Tixall et des localités les plus remarquables des environs , 1817, in-4" (en collaboration avec son frère Thomas Chflord). Cet ouvrage, composé pendant un séjour a Paris , est orné de belles gravures dont trois ont été exécutées d'après des toiles originales. 4° CoUectanea Clif/ordiana , 1820, 4 vol. in-8". divisé en 3 parties, consacrées, lai" à des anecdotes sur les personnages célèbres du nom de Clifford, la 2*. à des notices historiques et généalogiques sur l'origine et l'ancienneté de cette famille, et la 5' a la description de Clifford. o» Essai tendant à perfectionner la méthode d'enseignement des langues maries. Val. P.
CLIFTON (François), médecin anglais du 18* siècle. Nous regrettons de ne pas avoir des renseignements exacts sur sa patrie, sur l'époque de sa naissance et sur celle sa mort. 11 est probable qu'il reçut le doctorat à Leyde, en 1724. Sa dissertation inaugurale avait pour ohjet la variole. De retour a Londres, il exerça sa profession d'une manière distinguée, cl y lut agrégé au collège des médecins et à la société royale. Le prince de Galles le choisit pour son médecin. La réputation de