‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 73 sur 117 · C.LI · texte numérisé non relu

C.LI

k19 novembre 1773, à l'âge de 82 ans, laissant quatre fil* : Alexandre et Charles, qui se consacrèrent à la médecine et ù la chirurgie, Jacques et George, dont les articles suivent. D— z— s.

CLINTON (Jacques), brigadier général, fils du précédent, naquit dans le comté d'Ulster, Etat de New- York, le 9 août 1736, et reçut une bonne éducation. En 1756, il servit comme capitaine à l'attaque du fort Frontenac, sous les ordres de Bradstreet, et captura un sloop de guerre français sur le lac Ontario. 11 fut nommé, en 17G3, capitaine commandant de quatre compagnies levées pour la défense de l'Ulster et de l'Orange, dont les frontières occidentales étaient exposées aux incursions des Indiens. Au commencement de la guerre de la révolution, il obtint, le 50 juin 1775, le grade de colonel, accompagna Montgommcry au Canada, et fut fait brigadier général au mois d'août de l'année suivante. Au mois d'octobre 1777, il commanda, sous le gouverneur Clinton, au fort de ce nom, lequel, avec le fort Monlgommery, séparés l'un de (l'autre par une crique, défendait l'Hudson contre l'approche de l'ennemi, au-dessous de West -Point. Sir Henri Clinton, pour favoriser les projets de Burgoyne, attaqua, le 6 octobre, avec 3,000 Itommes, ces forts, qui n'étaient défendus que par cinq cents hommes de milice, et les emporta d'assaut, après avoir éprouvé une vive résistance. Quoique grièvement blessé d'un coup de baïonnette, le général Clinton |>arvitit i s'échapper à cheval. Pour éviter ensuite la poursuite de l'ennemi, mettant pied à terre et prenant son cheval par la bride, il se laissa glisser le long d'un précipice de plus de cent pieds de profondeur, jusqu'à ia crique qui séparait les deux torts, et il atteignit bientôt un lieu de sûreté. Dans la matinée, il trouva un cheval, et après une course de seize milles, il arriva dans sa maison tout couvert de sang. Clinton se réunit, en 1779, avec 1,600 hommes, au général Sullivan, chargé d'une expédition contre les Indiens. Remontant le Mohawk en bateau, environ cinquantequatre milles au-dessus de Schenectady, il conduisit sa troupe de Canojoharie à l'extrémité du lac Oucgo, l'une des sources du Susquehannah, par lequel (down tchich) il devait se joindre à Sullivan. Comme l'eau dans cet endroit du lac était trop basse pour porter les bateaux, il construisit au travers une écluse, et il accumula ainsi les eaux du lac. En laissant sortir cette eau, ses bateaux et les troupes qui les montaient furent transportés rapidement à Tiogo, où il joignit Sullivan, qui avait remonté le Susquehannah. Pendant la plus grande partie de ta guerre, le général Clinton fut stationné a Albany, où il eut le commandement du département du Nord, et lut ensuite présent a la capture de Cornwallis. A l'évacuation de New-York, il prit amicalement congé du commandant en chef, et se retira dans ses propriétés. Cependant, plusieurs fois appelé par ses concitoyens à exercer des emplois publics, il fut commissaire pour la détermination des limites avec la Pensylvanie, représentant et délégué dans la convention de 1801 pour amender la constitution, et eniin sénateur ; il montra dans tous ses travaux autant d'in-

tégrité que de talent. Il mourut le 22 décembre 1812,

âgé de 76 ans, et fut enterré à Littlc-Hritain, dans le comté d Orange. Marie de Witt, sa femme, d'une famille qui avait émigré de la Hollaude, lui laissa un iils, auquel un article est consacré. D— z — s.

CLINTON (George), vice-président des États- Unis de l'Amérique septentrionale, et frère du précédent, naquit le 26 juillet 1739, dans le comté d'Ulster, maintenant Orange. Il montra de bonne heure ce caractère entreprenant qui le lit distinguer par la suite. A peine âgé de seize ans, il quitta la maison paternelle et s'embarqua sur un corsaire. A son retour, il accompagna, en qualité de lieutenant, son frère Jacques, dans une expédition contre le fort Frontenac, aujourd'hui Kingston. En 1760, il descendit le fleuve St-Laurcnt avec les troupes qui étaient sous les ordres du général Amherst. Cette même année, la guerre se termina en Amérique par la conquête du Canada, et le jeune Clinton, déposant son épee, s'appliqua à l'élude des lois sous William Smith de New-York, qui passait alors pour le flambeau du barreau de la Nouvelle-Angleterre. Le gouverneur anglais, George Clinton, l'ayant reconnu pour sou parent, lui donna une place dans le greffe de la province, ce qui ne l'empêchait pas d'exercer la prolession d'avocat. 11 lut élu un des représentants de sa province à l'assemblée coloniale de 1773, et s'y distingua par la fermeté avec laquelle il s'opposa aux usurpations du gouvernement anglais. Cette conduite le ht élire membre du congrès le 15 mai 1773 ; mais il assista rarement aux séances de cette glorieuse assemblée, aimant mieux se consacrer à la guerre, que, dans cette circonstance, il regardait comme plus utile que les délibérations. A peu près dans le même temps qu'il avait été élu membre du congres, on l'avait élevé au grade de brigadier général dans les milices., et, deux ans après (25 mars 1777), il fut promu au même grade dans la ligne (I). On lui confia le commandement des postes établis dans les montagnes, et quoiqu'il fût obligé de les évacuer devant les forces supérieures commandées par le général anglais sir Henri Clinton, sa défense brillante et sa savante retraite empêchèrent son adversaire de porter des secours au général Ourgoyne : ce qui fut cause que ce général ne tarda pas d'être obligé de capituler (17 octobre 1777). (Voy. Burgoyne.) Quelques mois auparavant (20 avril 1777), Clinton avait été élu gouverneur et lieutenant-gouverneur de l'État de New- York. C'était la première fois que le premier magistrat de cette province était élevé à celte place par le choix libre des habitants. Clinton accepta les premières fonctions, mais il résigna les secondes, qui furent remplies par M. van Corlland. Il fut élu à cette haute magistrature pendant six périodes successives, ou pour dix-huit ans, jusqu'en 1795, qu'il lut remplacé par M. Jay. Se trouvant à ia tête d'un puissant Etat dont il commandait la milice, ses services furent d une haulo

(t) Il rota pour la déclaration d'indépendance, le «juillet 1776; mais, comme il fui appelé a exercer a l'armée set fonction* de brigadier gênerai «tmi que l'instrument fut prêt pour la signature des membre», son nom ne a'} tram pu inscrit. D — r— «.

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