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une tyrannie effroyable pesait sur les indigènes. Livré à la rapacité d'insatiables commis, le Bengale n'enrichissait même plus la Compagnie, mais seulement ses employés. Des fortunes scandaleuses s'y élevaient en quelques mois : chaque vaisseau parti des ports d'Angleterre jetait sur les rivages de l'Inde une troupe nouvelle d'aventuriers avides. Le nom anglais, respecté et aimé sous l'administration de Clive, n'inspirait plus que terreur et que haine. La guerre était sur les frontières et l'esprit d'insubordination dans l'armée. Le cri général fut que seul Clive pouvait sauver l'empire qu'il avait fondé. Clive triomphait de nouveau. Ses ennemis furent chassés de la Cour des Directeurs, et il fut nommé d'une voix unanime gouverneur et commandant en chef des possessions anglaises dans le Bengale. Pour la troisième fois, il partit pour l'Inde, et arriva à Calcutta dans le mois de mai 1765. Renversé du trône, relevé par deux fois, par deux lois abattu, Mlr-Djafir venait de mourir. Les employés de la Compagnie mettaient son trône à l'enchère, quand Clive arriva. Dix-huit mois suffirent au nouveau gouverneur pour accomplir la plus grande et la plus difficile des réformes. Ce ne fut pas sans rencontrer de terribles obstacles. Toutes les ambitions lésées, toutes les avidités déçues se soulevèrent contre lui ; il continua sa tâche avec une fermeté inébranlable. Cette partie de sa vie serait suffisante à racheter quelques fautes et à effacer des taches plus grandes que celles qui souillèrent ses premières années. Si Clive avait voulu se concilier tous les misérables qu'il trouva occupes à dévorer le Bengale, sa part eût été immense dans cette ignoble curée. Il avait là l'occasion de décupler sa fortune; il aima mieux faire son devoir. La pénétration naturelle de son esprit lui avait appris a connaître la cause véritable des désordres qu'il avait à réprimer. Cette cause, c'était l'insuffisance des traitements accordes aux agents de la compagnie. Forcés, pour tenir leur rang, de recourir au commerce particulier, ils avaient abusé de la tolérance intéressée des directeurs pour acquérir par des moyens détournés de scandaleuses fortunes. Clive mit fin à ces déprédations en interdisant aux agents ces spéculations particulières, et en prenant sur les revenus du monopole du sel do quoi rétribuer les employés d'une manière plus convenable et moins dangereuse. La réforme de l'armée suivit de près la réforme de l'administration civile. L'opposition qu'il rencontra de ce côté fut encore plus violente. Une conspiration d'officiers faillit le perdre; mais son audace et sa fermeté le sauvèrent. Sévère et juste tout à la fois, il convainquit les conspirateurs de leur propre impuissance, et les ramena par la noblesse de sa conduite au sentiment du devoir. L"n d'eux étant soupçonné d'avoir voulu attenter à la vie du gouverneur, Clive ne voulut pas même examiner celte charge, et dit hautement qu'un officier anglais ne pouvait être un assassin. Egalement heureux dans la politique extérieure, il avait par sa seule présence arrêté une invasion formidable que pré|iarait le nabab d'Oude, et dissipé une coalition de tous les indigènes contre la puissance anglaise. Profilant de la paix générale, Clive songea alors à
donner à tontes ses conquêtes une sanction légale. Il obtint sans peine de celte ombre de pouvoir légitime qui trônait encore à Delhi la confirmation des droits de la Compagnie sur l'administration des provinces du Bengale, de Baliar et d'Orissa. Un traité conclu entre lui et le Grand Mogol assura a jamais la domination de l'Angleterre, et consacra pour toujours la position subalterne des descendants de Mlr- Djafîr sur le trône de Mourchidabad Tels furent les résultats définitifs du dernier séjour de Clive dans l'Inde. Celle partie de son administration, la plus attaquée parce qu'elle froissa de nombreux intérêts, restera sans contredit comme la plus utile et la plus honorable. A la fin de janvier 1707, il quitta, i>our ne plus le revoir, ce pays sur la destinée duquel il avait exercé une si puissante influence. Depuis ce moment la vie de Clive n'offre plus qu'un déplorable spectacle de luttes misérables. Le représentant complet et pour ainsi dire l'idéal de ces riches nababs dont les insolentes lortunes étaient devenues en Angleterre aussi odieuses que celles des fermiers généraux en France, Clive ae vit bientôt en butte à l'envie et au ressentiment de tous. Son im- | mensc fortune et l'emploi fastueux qu'il en faisait, ses palais de Ciarcmont et du Shropshire, gigantesques fantaisies d'un luxe de mauvais goût , la magnificence bruyante de sa vie dans Berkeley-Square, tout jusqu'à son visage sombre, dur et commun, contrastant étrangement avec le ridicule éclat de ses costumes excentriques, inspirait à la multitude une haine et même une terreur mystérieuse. Les déclamations vertueuses des Cooper, des Mackensie, des Johnson, les sermons furieux de l'imposteur William Hultington, le représentaient comme un tyran enrichi des sueurs et du sang de plusieurs millions d'hommes. Une famine arrivée dans l'Inde en 1770 et qui produisit d'affreuses calamités, les conséquences fàeheuses de l'ineptie des nouveaux gou\ernants, et les désordres introduits de nouveau dans l'administration, tout fut attribué à Clive. Il portait à la fois la peine de ses excès et de ses réformes , de ses bonnes et de ses mauvaises actions. Attaqué de tous côtés dans le parlement, menacé de M voir dépouiller de son siège, de ses titres , de ses biens , Clive , depuis la mort de George Gren- > i Ile, n'avait plus même un soutien. Resté seul, il se défendit seul, et, selon ses habitudes militaires, il changea souvent la défense en attaque. Il fit preuve d'une éloquence imprévue, hautaine, toute-puissante. L'enquête faite sur toute son administration dévoilait sans doute des actes injustifiables : mais en même temps il était impossible d'oublier les immenses services qu'avait rendus à sa patrie l'auteur de ces rantes qu'il eut été injuste de juger selon les règles ordinaires. Le plus grand de ses crimes était surtout d'avoir mis fin aux exactions et aux rapines. Les honnêtes jrens commencèrent à s'émouvoir à la pensée d'un tel homme puni non pour ses erreurs, mais pour ses services. Pendant la durée même de l'enquête. Clive lut ordonné chevalier du Bain, titre qui lui avait été accordé quelques années auparavant. Peu de temps après il reçut une commission du lord
lieutenant du Shropsliire et fut honoré d'une audience aflectueuse de George 111, qui, toujours bien disposé pour le héros du tiengale, fit éclater l'intérêt que lui inspiraient de si grandes infortunes. Enfin l'enquête fut terminée et les débats s'ouvrirent a la chambre des communes. Accusé par Burgoyne, rapporteur de la commission, et par Thurlow, attorney général, défendu avec toute la chaleur de l'amitié et avec une rare éloquence, par Wedderburne, solliciteur général, Clive plaida lui-même sa cause avec une énergie admirable, et se retira après avoir rappelé à ses accusateurs qu'ils allaient décider sur leur propre honneur bien plus que sur le sien. Le parlement recula devant un acte éclatant d'ingratitude. La conduite de Clive fut, il est vrai, blâmée sur quelques points, mais le résultat principal de la discussion fut une motion adoptée sans division, par laquelle la chambre des communes reconnaissait que Clive avait rendu de grands et signalés services à l'Angleterre. Cette censure adoucie du parlement lut pour Clive un sujet de douleur et de colère : désormais, a la vérité, il pouvait jouir en paix de ses titres et de sa fortune ; mais les fatigues de sa vie passée, les ravages du climat délétère de l'Inde, les persécutions et les ennuis sou lier is depuis son retour, et par-dessus tout, l'inactivité forcée d'un esprit actif par excellence, tout avait contribué à épuiser sa santé depuis longtemps compromise. L'usage immodéré de l'opium, auquel il recourait pour calmer ses douleurs, le plongea sur la lin de sa vie dans une torpeur dont il ne sortait que par intervalles, lorsque quelques grandes questions le rappelaient un instant a lui-même. C'est dans cet état d'affaiblissement physique et moral qu'il termina par un suicide, le 22 novembre 1774, sa carrière si courte et si bien remplie : il avait 49 ans. Quelles qu'aient été les unies de ce grand homme, l'empire qu'il a fondé reste debout pour témoigner de son génie. Général habile et intrépide, administrateur ferme et prudent, orateur distingué, il ne lui a manqué qu'un théâtre, non plus vaste, mais moins éloigné, pour acquérir une réputation égale aux plus élevées, aux plus impérissables. Plusieurs historiens ont raconté les actions de Clive : Mill , dans son ennuyeuse et plate chronique, l'a jugé avec une sévérité exagérée; sir John Malcolm, dans une biographie rédigée sur d'excellents matériaux tournis par lord Powis, s'est appliqué à l'absoudre de toute erreur et s'est montré moins un biographe qu'un panégyriste. Enfin M. Macaulay, dans un excellent essai publié dans la Revue d'Edimbourg, a raconté cette vie si remarquable avec une impartialité, une exactitude et une hauteur de vues dignes de tout éloge. Ce précieux morceau, qui a servi de base au présent article, fait partie des Crilical and hislorical tttays, publies a Londres en 1845, S vol. in-g*, par M. Thomas Babington Macaulay. A. F— n.
CLIVE (Catherine), célèbre actrice, dont le nom de famille était Raftor, naquit en 1711. et montra de bonne heure une grande iudinalion et de précoces dispositions pour le théâtre. Recommandée a Cibber, qui consentit à l'engager pour un salaire
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très-modique, elle n'était encore qu'une enfant lorsqu'elle parut pour la première fois à Drury-Lane dans le rôle d'Ismène, page de Zéphores, de la comédie de Mithridate. Son zèle et sa réputation s'accrurent de jour en jour ; mais ce fut en 1731 que le rôle de IN cil qu'elle remplit dans le Diable à payer ( Devil to pay }, lui assura une supériorité incontestable sur toutes ses rivales ; pendant trente ans elle ne fut pas surpassée. L'année suivante elle épousa un légiste appelé George Clive, frère du baron de ce nom, union qui ne lit le bonheur ni de l'un ni de l'autre. Ils se décidèrent bientôt d'un commun accord à se séparer, et ils n'eurent plus désormais aucun rapport pendant toute leur vie. Mistress Pritchard, amie intime de madame Clive, ayant quitté la scène en 1768, celle-ci se détermina à suivre - son exemple, quoiqu'elle eût pu continuer encore à l'occuper avec succès. Elle se retira dans une maison petite, mais élégante, près de Strawberry-Hill, Twickenliam, où elle passa le reste de sa vie dans l'indépendance, adorée d'un cercle d'amis. Ce fut là qu'aprés une courte maladie, elle mourut le 6 décembre 1785. Il est peu d'actrices qui aient rempli avec autant de succès un plus grand nombre de rôles que madame Clive, depuis la femme de chambre jusqu'à la dame de qualité. A une voix étendue et agréable, elle joignait un jeu spirituel, et soit qu'elle se bornât à sourire ou qu'elle lit aux éclats, elle était sûre d'obtmir les sympathies de ses auditeurs. Dans la vie privée, elle menait une conduite exemplaire. Elle a donné au théâtre quelques pièces de peu d'importance, écrites par elle et par ses amis, mais aucune n'a de mérite transcendant. On peut consulter sur cette actrice la Biographie dramatique (anglaise) et la Vie de Garrick, par Davie. D— z— s.
CLODION, ou CHLODIO, surnommé le Chevelu, parce qu'il portait une longue chevelure, doit être considéré comme le troisième roi de France, en admettant pour le premier Théodcmir, dont Grégoirede Tours dit même qu'il était le fils - car Pharamond ne tut que son tuteur. [Voy. I'haramono.) Clodion était , comme ses deux prédécesseurs, chel des Saliens, principale tribu des Francs qui s'établiient en 207 dans la Toxandrie, la Campinc d'aujourd'hui, et aux environs de Tosscmtcr-Loo. C'est de là que Clodion , qui était monté sur le trône en 430, partit pour s'emparer de Cambray et envahir les contrées appelées depuis le Hainaut et l'Artois ; mais son armée s'étant ensuite livrée à la débauche, lut surprise par les Homains que commandait Mnjorien, au moment où elle célébrait les noces de l'un des lieutenants de Clodion. Obligé de rentrer dans ses premières limites, et retiré à Disparg, où il faisait sa résidence, ce prince y attendit une occasion favorable pour se venger de cette première délaite, et il ne tarda pas à profiter du moment où Aétius était occupé à combattre les Visigoths, les Bourguignons et d'antres peuples des Gaules, sans cesse armés contre les Romains , pour envahir encore une fois les contrées dont il avait été chassé. Sorti de Disparg en 444, il traverse sans bruit l'immense forêt Charbonnière, s'empare de Tournai, de Cam-
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bray, et pénètre jusqu'à Amiens, dont il fait sa capitale. Ce fut la première invasion de quelque importance que les Francs firent dans les Gaules : ils n'étaient pas encore assez puissants pour y former de plus grandes entreprises. Trois ans après cette conquête, Clodion envoya l'un de ses fils au delà de la Somme, à la tête d une armée; mais Aétius, qui venait de soumettre les autres ennemis de l'empire, vint attaquer les Francs, et les mit en fuite sous les murs de Soissons, qu'ils assiégeaient. Le jeune prince perdit la vie dans cette défaite, et Clodion mourut deux ans après, en 449, laissant deux autres fils.auquels il donua Mérovôe pour tuteur. M— o j.
CLODION ( Clalde-Michel ), sculpteur, né à Nancy, vers 1743, fut élève de Monnot, et mourut à Paris, en 1814. Il excellait particulièrement dans le genre naïf et gracieux. Nous citerons parmi ses meilleurs ouvrages une Baigneuse, une Jeune Enfant portant des raisins , une Nymphe rattachant sa chaussure, une Bergère qui donne a manger à des tourterelles, une Vestale entretenant le feu saeri, enfin une Jeune fille cherchant à saisir un papillon, charmante composition, où le marbre a toute la légèreté, toutel'élaslicitéde la figure qu'il représente. Clodion s'est exercé dans d'autres genres avec moins de bonheur. Les sujets sérieux qu'il a traités n'offrent ni la pureté de dessin, ni la simplicité d'attitudes qu'exige la sculpture. Ces défauts se font surtout sentir dans son Seamandre desséché par les feux de Vulcain, et son Hercule en repos. Sa statue de Montesquieu fut aussi justement critiquée. Mais on estime encore aujourd'hui le groupe du Déluge, exposé en 1800. et remarquable par la belle disposition et par l'expression des têtes. On doit encore à Clodion un buste de Tronchet, et un autre de madame la duchesse d'Angouléme. Cet artiste était d'un caractère franc et loyal. On lui a reproché de s'être montré trop sensible aux critiques, mais jamais ce défaut n'altéra la bonté de son errur, et ne le rendit injuste envers ses rivaux. Ch— s.
CLODIUS ( Publics), fils d'Appîus Claudius, personnage consulaire, était de l'illustre maison Claudia ou Clodia. Il fut le seul qui démentit le caractère noble et aristocratique de cette famille; on peut dire même qu'il déshonora son nom par ses dissolution», ses menées factieuses et sa basse popularité. Son naturel turbulent et séditieux se déclara de bonne heure. Ayant un commandement en Asie, dans l'armée de Lucullus, son beau-père, il profita de la disposition où il vit les troupes, corrompues par le luxe et la mollesse, pour les détacher de l'obéissance due à leur général. Un jour où Lucullus était absent, il attroupa les soldats, et les harangua de la manière la plus séditieuse. Lucullus le cassa, à la tête de l'armée, et le renvoya. Placé par Martius Rex, son autre beau-frère, à la tète de sa flotte, il tut battu et pris par les pirates, et ne dut sa liberté qu'à l'effroi que leur causait le grand nom de Pompée. Il se sauva d'Antioehe, où son humeur factieuse l'avait encore mis en danger, et il revint à Borne. C'est là surtout qu'il le faut voir. Clodius, avec un extérieur très-agréable, avait de la vivacité dans l'es-
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prit cl Je l'éloquence naturelle. Pendant sa questure, il entretenait un c ommerce de galanterie avec Punipéia, femme de César. C'était dans la maison de cette dame que se célébraient alors les mystères de la bonne déesse, d'où tout homme était scrupuleusement banni. L'idée de mêler la profanation la plus impure à la sainteté la plus imposante frappa si vivement l'imagination désordonnée de Clodius , qu'il résolut de s'introduire auprès de sa maîtresse pendant l'exercice de ses fonctions. Déguisé en femme, et guidé par une des suivantes de I oinpeia, il espérait entrer sans tire reconnu ; niais une méprise le lit découvrir. Il eut le bonheur de s'évader. A la nouvelle de cet événement, le scandale et l'indignation furent au comble dans Home. L'affaire fut aussitôt portée devant le sénat, qui ordonna au consul de rendre une loi |tour faire juger Clodius par le peuple. Lu tribun de sa faction s'opposa uu décret; il y eut ù ce sujet de violents débats. Ilorteusius pioposa un expédient accepte par les deux partis, c'était que les tribuns lisscut ordonner par une loi que le procès serait fait par le préteur, assisté des juges qu'il choisirait lui-même. Clodius, pour sa défense, soutenait que le jour en question, il était a trois journées de Rouie. Cicéron, appelé en témoignage, déposa que, le malin de ce jour, Clodius avait clé avec lui, ù Rome, dans sa maison. Les juges parurent d'abord procéder avec impartialité, cl demandèrent même au sénat une garde pour les défendre contre la populace ; mais eu deux jours l'affaire changea de face. La plus grande partie des juges se laissa corrompre |kh* de l'argent ou par de plus indignes moyens. Sur cinquante- six, trente et uu votèrent l'absolution de l'accusé. Clodius ne respirait que vengeance et faction; il voulait être tribun; mais sa naissance y mettant un obstacle, il aspira à descendre dans l'ordre des plébéiens. Fonteius , homme obscur, l'adoptait; mais il fallait que celle adoption eût la sanction de l'autorité publique, et elle lui était refusée. Il l'oblint enlin par la protection de Pompée et tic César, qui voulaient se venger du sénat et de Cicéron, ennemis du triumvirat, et qui avaient besoin de Clodius pour le succès de leurs vues ambitieuses. II fut donc porté au tribunal sans opposition. Secondé des deux consuls, Pison et Gabinius, il lit passer d'abord plusieurs luis d'une popularité dangereuse, et ensuite en projiosa une qui prononçait la peine d'exil contre quiconque ferait ou aurait fait mourir un citoyen sans forme de procès. Cicéron n'était |>oini nommé dans cette loi ; il se l'appliqua cependant: le danger qu'il courait rallia autour de lui le Sénat, les chevaliers el tous les bons citoyens. Clodius était à la tête d'esclaves et d'une populace armés; il avait pour lui les deux consuls et la faveur secrète des triumvirs, ce qui lui lit dire publiquement <i qu'il fallait que Cicéron périt une u fois, ou qu'il fut deux fuis vainqueur. « La lutte allait s'cnua.'cr. le sang aurait roulé : Cicéron crut devoir redira l'orage. Il sortit de Home pendant la nuit pour se rendre en Sicile. Clodius , instruit de son évasion, lit passer une loi qui le condamnait à l'exil ; il ordonna la confiscation de ses biens, et lit
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détruire et piller toutes ses propriétés. Tant de fureurs et de folies, qui allèrent même jusqu'à insulter Pompée et à menacer sa vie, servirent Cicéron. Pompée embrassa son parti, et proposa une loi pour son rappel el son rétablissement. Clodius redoubla de fureur : à la tèle d'une troupe de gladiateurs, il tomba sur les amis de Cicéron , et en lit un grand carnage. Dans celte sanglante anarchie, il n'y avait que la force à déployer contre lui. Milon, l'un des tribuns, prit ce parti ; il s'entoura d'une troupe de gens armés, et fit tète à Clodius. il s'engagea de fréquents combats, où eu dernier n'eut pas toujours J'avantage. Milon l'avait auparavant accusé en forme, comme coupable d'excès contre la tranquillité publique; cette accusation n'eut point d'effet, par la protection que Clodius trouva auprès de quelques magistrats. L'affaire de Cicéron occupait tous les esprits dans Rome et l'Italie. Son rappel fut enfin voté dans nue assemblée générale de tous les ordres. Clodius eut la folle audace d'élever seul la voix contre cette unanimité de suffrages. Cicéron , rétabli avec tant de gloire, n'en fut pas moins exposé aux violences du fou.ucux tribun. Milon poursuivait toujours l'accusation qu'il avait portée contre lui. Clodius ne vit de refuge que dans 1 edililé, qu'il obtint enlin après de nouveaux excès, qu'il serait trop long de rapporter. A peine fut-il en posscsion de cette magistrature, qu'il accusa Milon, à son tour, de violences et d'attentats contre la sûreté publique. Pompée le défendit, et fut insulté. 11 y avait plus d'un an que Home était sans consuls, par l'effet des factions qui l'agitaient, quand Milon se mit sur les rangs pour le consulat, et Clodius pour la préture. Un éveuement imprévu mil fin aux prétentions de tous deux. Le hasard, à ce qu'il parait, les lit se rencontrer sur la voie Appicnne, non loin de Rome. Clodius s'y rendait à cheval, avec trois autres personnes, et trente hommes bien armés. Milon était dans une voilure avec sa femme et un ami, et avait une suite plus considérable où se trouvaient quelques gladiateurs. Les gens des deux partis s'insultèrent. Clodius, s 'étant avancé avec lierté et menaces, reçut d'un des gladiateurs une blessure à l'épaule, et d'autres coupa dans la mêlée, qui le forcèrent de s'enfuir dans une hôtellerie voisine. Milon l'y lit assiéger: Clodius en fut arraché el tué, et son corps fut laissé sur la route. Ainsi périt Clodius, l'an de Rome TOI. (l'oy., dans cette liwyrayliic, les arl. Cicéron et MlLO.v Vvy. aussi Cicéron. proDomotua ; dcllarusp.
A«po»«.,eicMel Plutarque, in VU . Cie.) — Clodius Licimls avait écrit une histoire romaine citée par quelques auteurs latins, et entre autres par Titc- J.ive (liv. 29). — Il ne faut pas le confondre avec Clodius Sextus, qui avait composé en grec un ouvrage sur les dieux dont parlent Arnobe (liv. 5), et Laclanee (liv. 1, de Fais. Itclig., ch. 22). Q—R— V.
CLODIUS M ACER (Ucils) était propréteur d'Afrique, lorsque les Romains, fatigués des crimes de Néron, favorisèrent les révoltes qui éclataient de toutes parts vers la lin de son règne. Vindex se souleva dans les Gaule*, Galba en Csjugne, et Clodius Hacer en Afrique. Ce fut par les conseils de Calvia
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Crispinclla , intendante des déliauehes de Néron, que Clodius Macer prit les armes contre l'empereur, sous le séduisant prétexte de rendre la liberté a sa patrie. Presque toutes ses médailles attestent cette intention. On voit sur ses monuments qu'il donna à chacune des légions qu'il commandait le nom de Libéra ou Liberalrix : il n'y prend lui-même que celui de Proprœtor, et, pour flatter le sénat, il fit mettre sur ces monnaies (d'argent) le S. C. (tenatut consulte ), afin d'indiquer qu'elles étaient frappées par son autorité, chose tout à fait inusitée depuis Auguste, qui, ainsi que ses successeurs, n'avait laissé au sénat que le droit de faire frapper les monnaies de cuivre. 11 n'est pas constant que Clodius Macer ait été proclamé empereur ; voulant conserver le fruit de ses rapines et échapper à la punition de ses crimes, il tenta de parvenir à l'empire, et mit y réussir en retenant les vaisseaux qui devaient porter le blé a Rome, afin d'affamer le peuple et de îe forcer à le reconnaître; mais aucun historien ne dit positivement qu'il ait été revêtu delà pourpre. Il avait créé plusieurs légions pour le soutenir dans sa rébellion: l'une d'elles fut appelée de son nom Maeriana. Elles furent toutes licenciées par l'ordre de Calba , lorsqu'à son avènement à l'empire, il eut fait assassiner Clodius Macer, par Trcbonius Garucianus, intendant de l'Afrique. Outre le type de la liberté, qu'on voit sur ses médailles, on y trouve celui de Cartbagc, et de la Sicile, avec les légendes Carthago et Sicilia, ce qui parait indiquer que cette dernière province était soumise à son gouvernement et comprise dans sa révolte. Quelques-unes nous donnent son portrait, mais elles sont fort rares; Eckbel , qui n'en avait point vu, doutait à tort de leur authenticité : elles nous font encore connaître son prénom de Lucius, sur lequel les savants n'ont pas toujours été d'accord. T— N.
CLODIUS (Jean), théologien protestant, né en 1045, à IS'custadt, prés «le Stolpen, en Poméranie, où son pére était archidiacre. Après avoir enseigné la philosophie dans différents collèges, il fut fait surintendant à Grossen - Uayn , et y mourut le 14 juin 1753, étant alors le doyen d'àgc de tous les pasteurs de l'élcctorat de Saxe- Parmi les nombreuses dissertations qui] a publiées, quelquesunes se distinguent par la singularité de leur objet : de Genuina et propria Siynificatione Cameli, ad Mail. 19, 24. Il y recherche si c'est d'un chameau ou d'un râble que parle Jésus-Christ, quand il compare la difficulté de les faire passer par le trou d'une aiguille, à celle qu'un riche aura «l'entrer dans le royaume des cieux. — De Tuissatione Dei et Vossitatinne hominis. Il y discute l'origine et les motifs de l'usage de tutoyer Dieu dans les prières (en lalin), tandis qu'on parle au pluriel aux grands dans les protocoles diplomatiques. — De Magia sagitiarum Diebuchodnnosoris, etc. Cette dernière a été insérée dans le Thtsaur. theol.philos. — Christian Clopils, neveu du précédent, ne à Neustadt en 169Î, fut recteur à Annaberg, et ensuite à Zwickau, où il mourut, le 13 juin 1775. Fendant qu'il étudiait à l'université de Leipsiek, il fut un de ceux qui con-
tribuèrent le plus à la formation de la société germanique, connue sous le nom de DculscJiûbende poétisehe Gesellschail (voy. Me.vcken), et il en publia la notice sous ce litre : Commentalio de intitula societatis philo- leutonico-poetica , Leipsiek, 17-22, in-4u. Ses antres ouvrages sont des poésies latines et allemandes, et quelques dissertations dont les plus im|M)i tantes soûl : Vltima Fata, Morbus, Mors et Scpultura D. Chr. Krumbholùi, Zwickau, 1742, in-4°; — de Manuscriptis Krumblwhianis e carcere; — de Stugulartbus quibusdam ephororum Zicickaviensium Dictis, Facliset Fatis, ibid., 1759, in-4" ; — une Histoire de la réformalion à Ztcickau (en allem.), ibid., 1756, in-4". C. M. P.
CLODILS (Jean-Christian), orientaliste d'Allemagne, (ils du précédent, s'appliqua, dès sa jeunesse, à l'étude des langues, vint à Iena,où il apprit l'arabe de Dantz. et obtint, en 1724. la place «le professeur de cette langue à l'université de Leipsiek. li la conserva jusqu'à sa mon, arrivée le 23 janvier 17 Î3. Ou a de ce savant: 1° Spécimen ex histoi-ia lilteraria orientait de nonnullis hisloricis et geographicisarabicis, persicis et lurcicis, Leipsiek, 1723, in-4*. 2U De L'su linguœ arabica elymotogico, in exegesi sacra, ibid.,
1724, iu 4° : celle peiite pièce a été publiée avec un nouveau litre en 1729, ainsi qu'un autre morceau auquel elle fut alors reunie, intitulé : de Aominibus Jésus Christi et Maria arabicis, qui avait paru dés
1725, Leipsiek, in-i". 3" De Causis eonlemptus /t'ngua arabica, ibid., 1721, in-4°. 4" De Germanorum Mcrilis in linguis orientalibus, 1728. 3" Compendium grammalica arabica unu cum appendice de vulgari hodierno dialecta arubico, etc., ibid., in -4\ Sihnurrcr {Bibliothèque arabe) n'indique point la date de l'impression de cet ouvrage; mais, dans la préface de sa Grammaire turque, publiée en 1729, Clodius nous apprend que la 1,e édition avait parti depuis cinq ans. Ainsi, on peut supposer qu'il a été imprimé en 1724 ou 1723. tt* Theoria et Praxis linguœ arabica, Leipsiek, 1729 : cet ouvrage est, a peu de chose près, le même que le précédent. Les quatre premières par ties ne sont que la réimpression du Compem/ium, avec un numérotage nouveau en marge. La 3e partie, qui contient l'analyse grammaticale du livre de Job, n'est point de Clodius, mais de Kromayer. Elle avait paru dès 1707, sous le titre de FUia tnalri obstelricans . 7° Excerptum AUorauicum de peregrinatione sacra, Leipsiek, 1750, in-4° : Clodius donna cette petite brochure de lu p. comme un supplément à sa grammaire; cependant il y a des exemplaires de sa Theoria ling. arab. auxquels ce morceau est joint. 8* Compendiosum Lexicon lulino-lurcico-germanicum, accessit triplex index ac grammalica lurcica, Leipsiek, 1729, in-8e. Clodius ne publia d'abord que la préface, où il traita bien imparfaitement de la langue et de la littérature des Turcs, le lexique latin, turc cl allemand ( le turc est écrit en caractères originaux et suivi de la. prononciation), et la grammaire. Quelques mois après, il publia un Triplex inder, dont le premier contient les mots turcs simplement, avec renvoi au lexique latin; le second, les mêmes mots eu ca-
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ractôres latins, et le troisième, un Onomasticon allemand, avec renvoi à l'index turc. 9° Chronicon peregrinantis, seu hùtoria uUimi belli Persarum cum Aghtcanis gesli, a tempore prima eorum irruptionis, ejusque occupationii, utque ad Etchrefum Aghwanum eonlinuata, etc., Leipsick, 1731, in-4° : celle histoire fut originairement écrite par le P. Krusinski, jésuite polonais, missionnaire en Perse, témoin de la plupart des événements qu'il y raconte. Il le traduisit ensuite en turc, pour satisfaire Ibrahim-Pacha, grand vizir d'Achmet 111, et cette traduction parut écrite d'un style si pur aux Turcs même, qu'on n'hésita point de l'imprimer dans la typographie turque nouvellement établie à Conslantinople ; elle parut en 4728. Clodius, voulant repousser les calomnies de ses ennemis, qui l'accusaient d'ignorer le turc, traduisit cette version en latin, et ne mit qu'un mois et demi à exécuter ce travail. A la suite de celte traduction, se trouve une table chronologique des sultans ottomans, tirée des tables chronologiques de Hadjy-K.halfa. 10" Bibliolhecœ orientant edenda Delineatio. Clodius avait conçu le projet de traduire en latin la Bibliothèque orientale de d'Herbelot, d'y ajouter de nouveaux articles, de retrancher ceux qui n'avaient pas un rapport direct avec la matière, et de mettre les litres de livres en caractères originaux. Cette brochure contient l'exposition de ce plan. 1 I* Sehediasma de ephemeribus orientalibus seribendit, autre brochure dans laquelle l'auteur expose le plan qu'il avait conçu de donner des Ephéméridei orientale!. On peut voir dans le Thésaurus Epist. de Lacroze (t. 1", p 80) la table des matières qui devaient en composer la I " partie. 12» Scopelismi eriminis Arabiœ Rudera. 13* Historiée pat riarch. Alexandr. Recensio breris, H'Schesdiasma de jurisconsulto philologo, Willcmberg. 4 5* Ulurgia Syriaeœ seplimanœ pass. D. N. J. C. exeerplum, notis illustratum, Leipsick, 1720, in-4°. 16* Isexicon hebraieum teleetum, ibid., 1744, in-8*. Clodius avait donné l'année précédente une édition du Lexique hébreu de Gousset (roy. ce nom), et avait eu l'intention d'y joindre un supplément; mais ensuite il changea de dessein, et publia séparément cet ouvrage, qui peut suppléer à tous les lexiques hébreux. Clodius a été un des collaborateurs du journal allemand intitulé : Histoire de la littérature de notre temps, dont il a paru 12 cahiers, Leipsick, 1721-1725, in-8*. Outre l'arabe, il avait étudié l'hébreu et le syriaque. 11 connaissait aussi le français, l'italien, l'espagnol et le portugais. Il a promis beaucoup à la littérature orientale, et a peu tenu. C'était, à ce qu'il parait, un homme d'un caractère bizarre, vain, entreprenant beaucoup de choses, n'en terminant aucune. Reiske avait commencé sous lui l'étude de l'arabe, et il en parle dans ses mémoires en termes pou flatteurs. Ce n'est point le seul savant qui ait attaqué la réalité de ses connaissances en langues orientales. Outre les ouvrages que nous avons indiqués, et dont la plupart ne sont que de petites brochures, on doit encore à Clodius la préface de la traduction allemande de l'introduction à \ Histoire d'Asie par la Mariiniérc, placée en tète de
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VHistoire de Thomas Kouli-k'an, et celle de la Bible hébraïque de van der Hoogt, avec la version do Schmid. On trouve dans le Thésaurus Epist. de Lacroze plusieurs lettres de Clodius, qui font connaître les travaux dont il s'est occupé. J — J».
CLODIUS (Chbistian-Augiste), poète allemand et professeur à Leipsick, était fils du précédent. Il naquit à Annaberg, en 1738, et se destina d'abord à la carrière théologique; une maladie grave l'ayant fait rappeler chez ses parents, en 1758, il y fit la connaissance du célèbre major Rleisl, qui s'y trouvait en quartier d'hiver, et ce génie supérieur lui inspira tout son enthousiasme pour la poésie. De retour à Leipsick, Clodius devint l'ami de Gellert, et ne s'attacha plus qu'aux belles-lettres. Il y obtint la chaire de philosophie en 1764, celle de logique en 1778, et celle de poésie en 1782. Il était secrétaire perpétuel de l'académie de Leipsick, connue sous le nom de Société de Jablonowski, lorsqu'il mourut, le 30 novembre 1784. Sans être un écrivain du premier ordre, il montre dans ses outrages un goût sûr, Une imagination brillante, une profonde connaissance des ancien.,, et un grand art pour en transporter les beautés dans sa langue. On peut voir dans Jordens [Dict. des Pott. et Pros. allem.) le détail de ses ouvrages; les principaux sont : 4* Essais de littérature et de morale, Leipsick, 1667-60, 4 part, in-8*, en allemand. On y trouve une excellente analyse des comédies d'Aristopliane, dont les critiques allemands tout le plus grand cas et qu'ils regardent comme plus propre que les meilleurs commentaires à donner une idée juste de l'esprit de cet ancien comique grec. Ce même ouvrage renferme encore plusieurs opuscules, tels que Medon, ou la Vengeance du^sage, pièce qui a été traduite en fi ançais. Goêthe en lit une parodie en 1767, Leipsick. in 8*. 2* Dissertaliones et Carmina, Leipsick, 1787, in-8*. Ce recueil, publié après sa mort par son ami, le docteur Minus, renferme tout ce qu'il a écrit en latin. 3* Odsum, i" et 2e parties, Leipsick, 1784, in-8". Ce recueil périodique, divisé en 6 cahiers, contient des observations sur la poésie, la mythologie, l'antiquité, etc. 4° Nouveaux Mélanges , ibid., 1787, grand in-8*. Recueil dans le même genre, écrit en allemand, comme le précédent, et divisé en 4 parties, intitulées : Phocion, Scipion, Dinocrate. Orosmane. — Madame Clooils, sa veuve, née Juliane-Frédcric-Hcnrielle Stolzel, en publia, en 1787, la continuation, sous le titre de 5* et 6e parties; ce n'est que YCJdeum, indiqué plus haut, numéro 3, auquel on a mis un nouveau litre, avec une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur. Cette dame, qui occupe un rang distingué parmi les personnes de son sexe qui ont cultivé la littérature en Allemagne, traduisit de l'anglais, et publia la même année les poésies d'Elisabeth Carter et de Charlotte Smith. Celte traduction, qui est en prose, est remplie de feu et de sensibilité. Madame Clodius, née a Dresde, est morte le 3 mars 1805, à l'Age de 53 ans. C. M. P.
CLODIUS (David), philologue allemand, ne 4 Hambourg était professeur de langues orientales a.
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Giessen,on 1671, fut ensuite pasteur et professeur de théologie ; il mourut, jeune encore, le 10 septembre 1687. 11 a publié une grammaire hébraïque avec quelques dissertations, de Ritibus precandi veterum Ebraorum, de Synagogis Judœorum, tic. Il a donné des éditions de la Bible hébraïque, avec des sommaires, des ouvrages de Bochart, de Louis de Dieu, etc. On prétend même qu'il avait revu l'édition du dictionnaire arabe de Golius, ce qui est peu croyable, cet ouvrage ayant paru en 1653. (Voy. le Dictionn. de Joerher, et la Cimbria littéral, de Moller.) — Henri- Jonathan Cuonits, conservateur de la bibliothèque électorale de Dresde, mourut dans la même ville, le 4 août 1767, après avoir public : 1° Spécimen thesauri nova bihUothccœ lilierarim universalit realis, Dresde, 1757, in-8\ C'est le plan d'un nouveau système bibliographique. 2° Primas Lineœ bibliothecœ lusoriœ, teu Notitia scriplorum de ludis, preecipue domesticis ae privalis, ibid., 1761, in-8°, ouvrage curieux, mais incomplet; il est par ordre alphabétique et renferme environ cinq cents articles, où l'on voit péle-méle des moralistes, des poêles, des jurisconsultes, des antiquaires et des mathématiciens. L'auteur y cite toujours ses autorités, et ajoute souvent au titre des ouvrages une courte notice ou quelque passage curieux. 3" Kurzgefasste hitloritche Naehricht, etc., ibid., 1763, in-8". C'est une notice historique abrégée de l'origine et des accroissements de la bibliothèque de Dresde. C. M. P.
CL0D0M1R, le second des quatre fils de Clovis, et le premier-né de son mariage avec Clotilde, eut en partage le royaume d'Orléans. Il s'unit à ses frèrps pour faire la guerre à Sigismond, roi de Bourgogne, qui fut fait prisonnier, et assassiné, ainsi que sa femme et ses enfants. Les fils de Clotilde se croyaient, par leur mère, des droits sur ce royaume, et suivaient d'ailleurs la politique de Clovis, qui ne voulait d'autre domination dans les Gaules que celle des Francs. Les Bourguignons s'étant donné un autre chef tlans la i>ersonne de Gomiemar, Clodomir Icur livra une nouvelle bataille, dans laquelle il périt, à l'âge de 5<) ans. Reconnu sur le champ de bataille à sa longue chevelure, les Bourguignons lui coupèrent la tète, qu'ils élevèrent au bout d'une lance, spectacle qui redoubla la furie des Français, les rendit victorieux, et les porta à faire un horrible carnage de leurs ennemis. Clodomir laissa trois fih de sa femme Godinque; Childcbert etClotaire, leurs oncles, les demandèrent à Clotilde qui les élevait, sous prétexte de les mettre en possession de l'héritage de leur père; quand ils les tinrent en leur puissance, ils firent dire a Clotilde d'opter, pour ses petits-fils, entre la mort ou une réclusion perpétuelle dans un monastère. Clotilde, dit-on, répondit qu'elle préférait leur mort à leur dégradation, et, sur cette réponse d'une femme troublée, qu'il était odieux de consulter, puisqu'elle n'avait pas le droit de prononcer, Gontaire et Théobalde, les deux aînés, furent assassinés; Clodoalde, le plus jeune, fut sauvé par les braves (barons) de son père, et se consacra ensuite de lui-même a la vie monastique. Il est
connu sons le nom de St. Cloiid, qu'il a donné à la retraite dans laquelle il vécut prés de Paris. Clotaire épousa la veuve de CIcdomir, son frère, quoiqu'il fût le meurtrier de ses enfants et l'usurpateur de leur royaume. Telles étaient les mœurs que les Francs avaient apportées, et qui ne furent adoucies que par la religion chrétienne. F— E.
CLODORE (Jeam), écrivain français, mort vers la fin du 17* siècle, a publié : Relation de ee qui i'ett passé dans les iles et terre ferme de l'Amérique pendant la dernière guerre avec V Angleterre, en 1666 et 1667, avec un Journal du dernier voyage de M. de la Barre en l'ile Cayenne; accompagnée d'une exacte Description du pays, mœurs et naturel des habitants ; te loul recueilli des mémoires des principaux officiers qui ont commandé en ces pays , par J. C. S. D. V., Paris, Clousier, 1671, 2 vol. in-12. On conjecture, avec assez de vraisemblance, que les Ici 1res S. D. V. signifient secrétaire de vaisseau, et que l'auteur avait rempli cette (onction dans une des expéditions dont il donne la relation. C. M. P.
CLONARD (Joseph-Ekkest de) «auteur dramatique, ne en 1785, fut attaché pendant une partie de sa vie à l'administration de la marine , et devint membre de plusieurs sociétés littéraires, tant à Paris qu'à Dijon, Bruxelles, etc. Il mourut en janvier 1816. Clonard a donné, sous le pseudonyme d'Eugène, un assez grand nombre de pièces de théâtre. Nous ne citerons que les suivantes, qui toutes furent représentées avec succès à Paris et à Bordeaux : 1° Front in fout seul, ou le Valet de la malle, scènefolie en vaudevilles, Paris, 1801, in-8°. 2« Croutinet, ou le Salon de JUonlargis, caricature en 1 acte et en vaudevilles, ibid., 1802, in-8*. 3* Nicaise tout seul, ou pas si béle , monologue bouffon, en 1 arle, mêlé de vaudevilles , ibid., et même année , in-8°. 4* L'Ivrogne et sa femme, comédie parade en I ac4e, imitée d'une fable de la Fontaine, ibid., 1803, m-8° ( avec Armand ). 5* Jean-Bapiiste Rousseau, ou le Retour à la piété filiale , comédie-vaudeville, en 1 acte, ibid., 1805, in-8* (avec Fr. Bourguignon.) 6° Monsieur Botte, ou le Négociant anglais, comédie en 5 actes, ibid., 1803. in-8* (avec Serviéres). 7" L'Epingle et la Rose, ou les Talismans d" amour, comédie-vaudeville en 1 acte, Bordeaux, 1808, in-8\ 8» Nous allons le voir, ou la Répétition générale, bommage impromptu en 6 scènes, ibid., 1808, in-8*. C'est une pièce de circonstance, laite à l'occasion de l'arrivée de Napoléon à Bordeaux. 9" La Ville au I village, ou les hommes tels qu'ils sont , comédievaudeville en 1 acte, Paris, 1809, in-8". 10* Les Epoux de quinze ans, comédie vaudeville en 1 acte, Bordeaux, 1810, et Paris, 1812, in-8*. 11° Les Faux Maris, ou le Danger des épreuves, comédie en 1 acte, Paris. 1812, in-8*. Ch— s.
CLOOTS (Jea.\-Baptistb, du Val-de-Grace ), baron prussien, né à Cléves en 1755, était neveu du fameux écrivain Cornélius de Pauw. Héritier d'une i-riunc considérable, Cloots fut envoyé à Paris à l'âge de onze ans, et y fil ses éludes; ainsi c'est à tort qu'on a attribué ses bizarreries et son extravagance aux leçons métaphysiques des proies-
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leurs allemands, dont on a supposé qu'il était te disciple. Paris fut sa ville d'adoption ; son projet favori était d'en lairc la métropole du firme humain, et les philosophes fiançais du 18e siècle, dont il exagéra encore les principes subversif;., furent ses guides et ses véritables maitres. Plusieurs années avant la révolution, et li és-jeune encore, Cloots se mit en tète de réformer les peuples et les Ltats. Nourri de la lecture des anciens, et d'une admiration lunatique pour les législateur* de SpntC et d'Athènes, Cloots se crut destiné a reproduire leurs systèmes , ou plutôt à en établir de nouveaux. Il changea son nom patronymique de Jcan-Uuplisle contre celui d'Anacharsit, philosophe grec, et parcourut successivement l'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne, et quelques autres contrées de l'Furopc, où il .s'efforça d'attirer sur lui l'attention par ses prodigali.és et ses extravagances. Il revint ensuite se fixer à Taris, abandonnant définitivement sa patrie, et renonçant a Ions les privilèges de sa naissance. La révolution était, pour l'accomplissement <ic ses projtts, une occasion qu'il ne devait pas laisser échapper; aussi le vit-on assiéger sans < esse les autorités, et surtout l'assemblée nationale, île ses pétition*, de ses félicitations, de ses dis- COUrs de toute espèce. Cloo's prit alors le surnom d'Orateur du genre humain, et se proposa puni être l'organe de Yambattade universelle qui vii.t féliciter au nom de tous les peuples les régénérateurs de la France. Une séance du soir fut indiquée pour recevoir cette députation, qui ne fut composée que de Cloots. qui porta la parole au nom du ^e.ire humain, de l'auteur d'un- journal anglais qui se trouvait alors à Paris, de quelcpiei valets mulâtres, nègres et autres, qu'on avait aftublés de costumes étrangers. Ils demandèrent l'honneur d'être admis à la fameuse fédération du 14 juillet , qui devait avoir lieu quelques jours ;.prés, et rassemblée, qui accueillit cette mascarade avec une gravité incroyable, leur assigna une place particulière. Après la révolution du 10 aortt, Cloots se livra sans réserve a son délire. Il manifesta solennellement à la barre de l'assemblée législative la joie républicaine qu'il avait ressentie en voyant tomber le tronc du lyran , et dès lors il injuria et menaça tous les rois, professa hautement l'athéisme, prêcha dans tons ses discours la doctrine d'une république universelle, et lit hommage d'une j initie de sa fortune pour aider à IVtablir. Les massacres de septembre avaient répandu la terreur dans toute la France, et surtout dans les départements voisins de la capitale. Des émissaires de la faction triomphante Indiquaient aux assemblées éle florales les personnes qu ils desiraient voir arrivera la convention; ils désignèrent Cloots aux électeurs de l'Oise, réunis à Cbaumonl, qui le nommèrent sans le connaître. Devenu membre du corps législatif sa fureur contre les religions et contre les troncs ne connut plus de bornes. 11 se déclara l'ennemi persnnnrl d* Jésus-Christ , ap|>e!a l'héritiei du grand Frédéric Sardnnapale nu Nord, supplia l'assemblée de mettre sa tête à prix, ainsi que celle du duc de Ilrunswick , et exalta l'action d'Anckastroêin , assassin du roi de Suède. 11 vota la mort de Louis XVI,
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en ajoutant : « Je condamne pareillement à mort « l'infâme Frédéric-Guillaume. » Dès 1792, il avait publié un pamphlet intitulé : la République universelle, dans lequel on lit celte phrase, qui peut donner une idée de la philosophie ou de la métaphysique révolutionnaire : « Le peuple est le souverain et le « Dieu du monde ; la France est le centre du peuplcu Dieu ; les sots seuls peuvent croire à l'existence « d'un autre Dieu, d'un être suprême. » Les mêmes principes se trouvaient déjà dans la Certitude des preuves du mahumétisme, dont il lit hommage à la convention le jour où l'on célébrait dans celte assemblée les extravagantes fêles de la Raison. ( Voy. Cil admette.) Il demanda en même temps qu'on érigeât une statue en l'honneur de J. Meslier, curé champenois, qui avait renoncé à son état et abjuré la religion dont il élait le ministre. La convention applaudit au discours de Cloots, accepta son hommage, et envoya le livre au comité d'instruction publique : elle ordonna en outre l'impression et l'envoi à tous les départements (lu discours dont Cloots avait lait précéder son offrande. Cet énerguméne fut aussi un des défenseurs les plus ardents des assassins de septembre, que le parti modéré de la convention voulait faire punir. Cependant Robespierre , qui ne manquait pas de pénétration dans ses haines , résolut d'attaquer Cloots et ses partisans, qui commençaient a lui porter ombrage, et d'en débarrasser la convention. On était au plus fort du règne de la terreur, et les jacobins inquiets, se méfiant les uns des autres, concentraient leur société, et en faisaient passer les membres au scrutin épuralil. Lorsque le baron prussien se présenta et fit valoir ses titres, en déclarant que son cœur était français et son dme sans-culotte , Robespierre l'apostropha aigrement, et dit qu'il se méfiait de tous ces étrangers qui prétendaient être plus patriotes que les Français les plus énergiques ; qu'il sus|ieelait la bonne foi d'un prétendu sans-culotte qui avait 100,000 livres de renie ; que d'ailleurs le système de Cloots, sa république universelle et sa monstrueuse incrédulité, ne pouvaient produire d'autre effet que de rendre les Français odieux a toutes les nations, et d'augmenter le nombre de leurs ennemis. Il termina en demandant que Cloots lût exclu de la société. On applaudit a celle motion, et le malheureux Prussien, prévoyant quelles en seraient les suites, se retira pale cl déconcerté. Compris quelque temps après dans la dénonciation portée par St-Just contre les hébcrtislcs, il lui arrêté avec ses principaux partisans, et condamné à mort le 24 mars 1794. Cloots conserva son caractère et ses principes jusqu'à son dernier moment, et prêcha sur le matérialisme Hébert, son compagnon d'infortune , qui montrait beaucoup moins de fer meté ; il demanda à être exécuté après tous ses complices, « alin, dit-il, d'avoir le temps d'établir certains « principes, pendant qu'on ferait tomber leurs téles.a Les journaux de ce temps ont dit qu'en montant sur 1 echafaud il avait appelé de son jugement au genre humain. Cloots a publié les ouvrages suivants : 1' Certitude des preuves du mahométisme, ou Réfutation de l'examen critique des apatogie» de la reli-
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pion mahomilane, Londres. 1780. in-12, 1" édition, publiée sous le nom (VAliGier-Beer ; réimprimée à Paris, 1791, in-12. 2° Adreue d'un Prussien à un Anglais, 1700, in-8° : l'Anglais auquel s'adresse Cloots est Edmond Burke. 3" Lettre sur tes Juifs, à un ecclésiastique de mes amis, lue dans la séance publique du Mutée de Paris, le 21 novembre 1782, Berlin, 1783, in-12. 4° Vœux d'un Gatlophile. 1780, in-1 2; sfAnacharsis à Paris, ou Lettre deJ.-B. Cloots à un prtne* d'Allemagne, Paris, 1 791 , in-8*. 6e Motion (pour que le roi habite Paris), Paris , 1790, in-8". 7° Correspondance avec le chevalier d'F.on, 1791, in-8°. 8° L'Oiafeur du genre humain, ou Dépêches du Prussien Cloots au Prussien llertzberg, Paris, 1791, in-8». 9* La République universelle, 17!)2, in-8*. AO? Base constitutionnelle de la république du genre humain, 1793, in-8". On attribue quelquefois à Cloots l'Alcoran des princes (Sl-Pctersbourg, 1782, in-18), ouvrage de Zannowicb, prétendu prince d'Albanie. (Yoy. ZANNOWKB.) B— u.
CLOP1NEL. Voyez Mehin (Jean de).
CLOPPLNBORG (Jean), né à Amsterdam, le 15 mai 1597, fut un habile et célèbre théologien; mais comme d ne s'occupa presque toujours que de controverse et de questions dogmatiques, son nom et ses écrits sont tombés dans l'oubli. On a fait un recueil de ses œuvres en 2 volumes in-4*, Amstrrdain, 1G84. Mous n'y distinguerons que le traité de Fanore et Lsuris, dont il y a une édition de Leydc, 1049, in-80. On peut le joindre à ceux de Saumaise sur la même matière. Cloppcnburg, après avoir exerce les fonctions de pasteur en différentes villes de Hollande, fut nommé professeur de théologie à Harderwick, d'où il passa à Franeker avec le même titre. Il mourut le 50 juillet 1632. B — ss.
CLORIVIÈRE (Pierhe-Joseph Picot de), jésuite, né en Bretagne, vers 1755, d'une famille honorable de la province, n'avait pas encore fait ses derniers vœux lorsque les arrêts du parlement on 1762 supprimèrent la société. En Bretagne du moins les jésuites ne furent point bannis et purent se rendre utiles pour l'exercice du ministère. Le P. Clorivière devint curé de Paramé, prés St- Malo, et il occupait cette place au moment de la révolution. Le reuis de serment le força de quitter sa paroisse. Dans les temps de persécution, il montra beaucoup de dévouement et de courage. Etant venu à Paris, il s'y livrait secrètement à l'exercice de son ministère. Des relations qu'il avait avec quelques royalistes de Bretagne le rendirent suspect a la police sous Bonaparte : il fut arrêté et enfermé au Temple, où il resta plusieurs années. La restauration lui permit de se réunir a quelques anciens membres de la société , et ce fut le premier noyau de leur rétablissement. Clorivière mourut au milieu de ses confrères, le 5 janvier 1820. Il avait donné naissance à une pieuse association qui subsiste encore. On a de lui plusieurs ouvrages, entre autres : 1° Vie de M. Grignon de Monlfort, Sl-Malo, 1785, in-12 ; 2° Exercice de dévotion à St. Louis de Gonzwjue, traduit de l'italien de Galpin, 1785, in-12; 5» Considérations $ur f exercice de la prière et de
l'oraison, 1802, m-12; 4e Explication des Eptlres de St. Pierre, 1809, 3 vol. in 12. P— C-T.
CLOS (CunnERLOs de la ). Voyez Laclos.
CLOS1US (Samuel), savant philologue, né à Rreslau, se 'distingua par son talent pour la poésie latine, et reçut la couronne de |>oête impérial. Ayant été plusieurs années gouverneur du dernier comte Auguste-Louis de Barby, il fut nommé en 1009 prévôt d'une paroisse de Magtlebourg, où il mourut en 1678. Il a publié: 1°ifruiie//i** INigelli et Vctuia Ovidii. nune ex illustri quadam Saxoniœ inferiotis bibliothecadcpromptat\\o\{vnbMe], 1001, in-8°. Lo premier de ces deux petits poèmes est une espèce de satire en vers elégiaques composée vers l'an 1200 par Wireker Nigellus, bénédictin et grand chantre de Cantorbëry, contre les mœurs corrompues de son temps, et surtout contre Guillaume de Longchamp, évêque d'Ely. L'autre pofmc , attribué sans fondement à Ovide, est en vers hexamètres, et parait l'ouvrage de quelque moine du moyen age.Bradvvardin et Roger Bacon en ont cité des passages. Il avait déjà été publié, mais moins correctement, à Cologne en 1470, et a Lubeck en 1471. Il est divise en 5 livres, et Mnniiee ne le connaissait pas bien, puisqu'il en parle comme de trois ouvrages différents, intitulés : de Vetula , de Quatuor Humoribus et de Ludn latrunnilorum. 2" Jo. Marii Philelphi Epitomala, ihid. , 1602, in 8°. 5" Bibliothecœ Augustes Wolferbytanœ generalis Sriagraphia , ibid., ICO», in-4" : c'est un tableau de ce qu'était alors la ricîic bibliothèque de VVolfenbnttel ; on doute que cet Ouvrage appartienne à Closius. 4° Quelques poésies latines imprimées séparément en I69f), et plusieurs lettres conservées jn manuscrit dans la même bibliothèque. On peut consulter à ce sujet Rurckhard, Comm. de bibliot. Wolierbyt., part. I, p. 110 et 148. C. H P.
CLOSS (Jean-Frédéric), en latin Clossjcs, né en 1755, à Marbach, dans le Wurtemberg , cultiva avec beaucoup de succès la philosophie, la poésie latine et la médecine. 11 exerça cette dernière A Bruxelles, puis a Hanau, et mourut en juin 1787. La plupart de ses écrits consistent en dissertations et en traductions : 4° Pelri Apolhnii Collât ini carrnen de dvello Davidis et Goha, emendatum alquc illuslratum, TubingCfl, 1763, in-4". 2° Dissertât fo de gonorrhœavirulenta, sine cantagio nain, Tubittgen, 1764, in-l". 5° Carmen de Cortice Pentviano rcmedio variolarum prophylactico valde limitando, Leyde, 1765, in-4". 4° Nova ruriolis medrndi Mcthodus, cum aliqunt observationibus miseelluncis, t.trecht, 1706, in-8*: cet opuscule a été traduit en allemand, Ulm, 1769, in-8». 5° Spécimen observalionum in Cornelium Celsum, Utrechl, 1707, in-i». 0* Davidis Macbridr, Introductio melhodica in theoriam et prax n medicina1, ex lingua anglica in laticam convertit, Utrechl, 1771, 2 vol. in-8° ; Baie, 1785, 2 vol. in 8". 7° Medicamentum. non r.O:r/r.fi-^ , sed irafTSYioT'.* {alias univcrsale diclum) révélai t elegisrntc laiinis décantât Janus Lenaus Soliscus, Utrechl, 1783, in-8". 8° Carmen de medico, ignorala I morbi cavsa, ma'.c curante, Tubingen, 1784, iu-8".
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Closs a publié ce petit poème, comme le précédent, sous le nom de Soiisetu , anagramme de Clotriut. 9° Aurelii Cornelii Celti de (uenda sandale ro/umtn, elegit latinis expressum : tubjicitur ipte Celti eontexlut, parlim e librit , partira exingenio emrndalvu, ru m vandale leelionit Lommianœ , Lindenianœ, Krutiante, Turganatet Valarlianœ, Tubingen, 1785, in -8°. 40° Hippoeralit Aphoritmi elfgit latinis redditi, Tubingen, 4786, in-8*. Closs a encore publié un recueil choisi des dissertations philosophiques du professeur Godefroi Ploucquet , de Tubingen. — Charles-Frédéric Closs, fils du précédent, né en 1768, tut nommé, en 1792, professeur extraordinaire de médecine à l'université de Tubingen , dont il devint professeur ordinaire, en 1795. Il ne remplit pas longtemps cette dernière chaire ; car il mourut au printemps de son âge, le 10 mai 4797. Il a laissé plusieurs ouvrages estimés : Ie Traclatut de ductoribut cultri lilhotomi tulcalit, Marbourg, 1792, in-8". 2° Distertatio sislent analeeta quœdam ad melhodum lUholomiœ Celtianam , Tubingen , 1792 , in-V. 3" Dittertatio de perforalione otsit peetoralii, Tubingen, 4795, in-4". Closs a publié en allemand deux traités, dont Sprengel fait le plus grand éloge : l'un , sur la maladie vénérienne ; l'autre, sur les maladies des os, et deux mémoires intéressants ; le premier, sur la doctrine de la sensibilité et de l'irritabilité; le second, sur le supplice de la guillotine. 11 a encore traduit de l'italien en allemand les observations analomico-pathotogiques du savant chirurgien Pallelta sur la courbure de la colonne épiniére, etc., etc. C.
CLOSTERMANN (Jean), peintre allemand qui a exercé son ait surtout en Angleterre, naquit à Osnabruck en 1656, et vint en 1679 avec un certain Tiburen, son compatriote, a Paris, où il travailla |x>ur de Troye. En 1C8I ils se rendirent en Angleterre; là Closterniann peignit d'abord des draperies pour Riley ; ils mirent ensuite leurs talents en commun, ce dernier se cliargeant presque toujours des têtes dans leurs compositions. A sa mort, Closterniann termina plusieurs de ses peintures, ce qui le lit connaître du duc de Somerset qui avait employé Rilcy. Il peignit les enfants du duc; mais il perdit ses bonnes grâces, par suite d'une discussion relative à un tableau du Guerchin, qu'il avait acheté pour le duc et qu'il céda à lord Halifax. Closterniann ne manqua pas néanmoins d'occupation. H fit les portraits d'un graveur et de sa femme dans le même tableau dont il existe une gravure à la tnetxo Unto (demi-teinte.) Il fut ensuite le rival de sir Godfrcy Kneller, et l'on prétend même que ce dernier refusa de faire une peinture avec lui pour une gageure. Il peignit dans un seul tableau le duc et la duchesse de Marlborough et tous leurs enfants, dans lequel le duc était représenté à cheval, et cul à cette occasion, tant de discussions avec la duchesse que Marlborough lui dit un jour : « J'ai éprouvé plus de peine « à réconcilier nu femme et vous que pour livrer « une bataille. » Closlermann, dont la réputation commençait à se répandre, se rendit en Espagne, en 1696, sur l'invitation du roi et de la reine d6nt
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il fit les portraits ; ce fut pendant son séjour dans ce pays qu'il écrivit à Richard Graham plusieurs lettres sur les peintures qui s'y trouvaient. Il vint aussi deux mis en Italie et en rapporta quelques bons tableaux. Toute la galerie (trhole Length) delà reine Anne à Guildhall, et une aut.c à Cliattwoethdu premier duc de Rutland, et à... (Paintes'rhall) un portrait de M. Saundcrs. Le coloris de cet artiste était vigoureux, mais lourd, et ses tableaux, dont l'exécution était médiocre, manquaient de grâce. Néanmoins il acquit une assez grande fortune, et il aurait pu terminer ses jours dans l'aisance, si une jeune fille, pour laquelle il avait conçu une vive passion et qui habitait dans sa maison, ne lui eût enlevé tout son argent, sa vaisselle et tous ses bijoux. Clostcrmann conçut un tel chagrin de cet événement, qu'il ne lit que languir jusqu'à sa mort arrivée en 1715. D— z— s.
CL0TA1RE I", quatrième fils de Clovis, et le troisième et dernier né de son mariage avec Clotildc, naquit en -497, et eut en partage, en 511, le royaume de Soissons. Comme il était le plus jeune, ses frères eurent le projet de lui enlever ses États: il vécut assez pour réunir à sa couronne les Etats de ses frères, et jouir seul de l'immense héritage de Clovis, augmenté de la Thuringc, de la Bourgogne, et de quelques provinces du midi de la France. Courageux, libéral, et politique habile, il entra dans les desseins ambitieux de ses frères, comme s'il eût prévu qu'ils ne travaillaient qu'à sa propre élévation. Aussi cruel que les rois ses contemporains, ses rivaux et ses parents, il fut de moitié dans l'assassinat de ses neveux, fils de Clodomir, et prit sa part du royaume d'Orléans qui devait leur appartenir ; mais il surpassa tous les princes de son temps par ses débauches. Les historiens varient sur le nombre de ses femmes ; on croit qu'il en eut six ; tous s'accordent à dire qu'il épousa à la fois dmx so?urs. nommées lngonde et Aregonde, et qu'il força la veuve de Clodomir, dont il venait d'assassiner les enfants, à partager son lit. Il avait aussi épousé Radegondc, sa captive, dont il avait fait tuer le frère, et qui se sépara de lui à cause de la dissolution de ses memrs. Heureux dans toutes ses expéditions guerrières, excepté en Espagne où il fut battu devant Sarragossc {voy. Childebekt), il n'éprouva de vifs chagrins que par les révoltes continuelles de Cbramne, l'un de ses fils, qui, par sa beauté, son courage, son esprit actif, avait captivé tontes ses affections. Aucun pardon ne put fléchir ce 01s relu-Ile, aucun serment tait à son père ne lui partit sacré. Après l'avoir vaincu, Clotai réordonna de l'attacher sur un banc où il fut battu pendant une heure ; ensuite on l'enlenna avec sa femme et ses enfants dans une chaumière à laquelle on mil le feu. (Voy. Alain 1", de Bretagne.) Cette vengeance cruelle fut suivie de regrets qui contribuèrent à avancer les jours de Clolairc; il mourut à Compiègne (1), dans la 61e année de son âge, et la 47' de son règne. Ce prince, mêlant encore les souvenirs de
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l'ambition aux craintes religieuses qui l'agitaient dans ses derniers moments, s'écria : « Hélas ! que a doit être le roi du ciel, puisqu'il fait mourir ainsi les « plus grands rois de la terre ! » Il laissa quatre lils, Caribcrt, Gontran, Sigeberl et Chilpéric, entre lesquels le royaume de France fut de nouveau partagé. Etant devenu maître de toute la monarchie française, après la mort de Childebcrt, il avait établi sa résidence à Paris en l'an 558. Son corps fut porté à Soissons, et enterré dans l'église de St-Mcdard, qu'il avait commencée et que Sigebert, son fils, acheva. F— E.
CLOTA1RE II, fils de Chilpéric I" et de Frédégonde, surcéda à son père dans le royaume de Soissons en 584, n'étant âgé que de quatre mois. On lui contestait jusqu'à la légitimité de sa naissance, et la conduite scandaleuse de sa mère ne prêtait que trop à de pareils soupçons. Cette reine, prolitantdc la division qui existait entre Gontran . roi de Bourgogne, et Childebert, son neveu, rot d'Austrasie, plara son fils sous la protection du premier, qui, touché de cette marque de confiance, le tint sur les fonts de baptême, et le Ut reconnaître roi de Soissons, dans une assemblée de la noblesse. Après la mort de Gontran, l'an 593, la faiblesse de son âge et de ses Etats semblait le mettre à la merci de la branche royale d'Austrasie qui avait juré sa perte; mais il fut défendu par sa mère (voy. Fkldégom>k ), qui se mit elle-même à la tête de son armée, qu'elle harangua, tenant son enfant dans les bras. Vintrion, duc de Champagne, que Childebert avait envoyé contre son neveu, fut entièrement défait dans une bataille sanglante, à Droisy, dans le Soissonnais, et ce prince étant mort peu de temps après (596), Frédégonde s'empara de Paris, pénétra dans la Bourgogne, et tailla en pièces une armée que le fils de Childebert avait envoyée contre elle. Cette princesse étant morte elle-même en 597, Clotairc, privé de sun appui, fut bientôt obligé d'abandonner ses conquêtes et même de céder aux rois de Bourgogne et d'Austrasie plusieurs villes de son royaume; niais Thierri étant mort peu de temps après, Ciotaire, appelé par les seigneurs austrasiens qui redoutaient là tyrannie de Brunehaut, s'avance dans la Champagne au-devant de l'armée que cette reine veut lui opposer, en séduit les chefs par ses promesses, se saisit de Brunehaut (voy. ce nom ) et des fils de Thierri, et, par leur mort, s'assure la paisible possession de la France entière. Il s'occupe alors à faire fleurir l'agriculture, abolit des impots onéreux établis par ses prédécesseurs, et rendit aux grands vassaux des terres dont ils avaient été dépouillé*. Dans les premières années du règne de ce prince, on avait vu trois armées, celle d'Austrasie, celle de Bourgogne et celle de Soissons, ayant chacune à leur tète un roi dont le plus âgé n'avait que dix ans. C'est de cette époque particulièrement que date la puissance des maires du palais, auxquels fut décerné le commandement des armées. Ciotaire II a reçu des historiens contemporains le surnom de grand, et même celui de débonnaire, qui alors était pris en bonne part ; les historiens modernes n'ont pu com-