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dorfc, roi d'Italie, qui avait épousé Alboflède, sœur
de Clovis, écrivit au roi des Francs pour le complimenter sur sa victoire, et pour intercéder en même temps auprès de ce terrible vainqueur en faveur des chefs allemands fugitifs qui s'étaient réfugiés à sa cour. Afin de le fléchir plus facilement, il lui envoya en même temps d'Italie un chanteur célèbre, et liabile a s'accompagner de la guitare, que Clovis lui avait demandé avec instances (1). Les Wisigotlis étaient les peuples de la Gaule les plus redoutables pour les Francs-Saliens, et Clovis, alin de pouvoir leur résister avec plus d'avantage, chercha à se concilier les Bourguignons en demandant la main d'une princesse de leur sang : c'est ains; qu'il épousa CIotilde (2), nièce du roi Gondebaud. Elle était belle, et l'amour serra les noeuds que la politique avait formés. Élevée dans la foi catholique, au milieu d'une cour arienne, ses vœux, son devoir et son intérêt la portaient à faire tous ses efforts pour convertir son époux païen. Clovis écoutait favorablement la voix de l'amour et de la religion, lorsque la mort de son .'ils aîné, qu'il avait laissé baptiser, vint réveiller ses craintes superstitieuses 11 se laissa cependant persuader pour son secoud enfant, qui reçut aussi le baptême, et, dans la guerre avec les Allemands, dont nous avons parlé, se voyant près de succomber, il invoqua hautement le Dieu de Clotilde et des chrétiens; il l'appela à son secours, et aussitôt la victoire se tourna de son coté. Après cet événement, il ne fut pas difficile à l'éloquent St. Reini de persuader à un homme du caractère de Clovis que le Dieu qui gagnait les batailles et qu'adorait CloUide était le seul Dieu tout-puissant, le seul qu'il fallut reconnaître. Clovis fut donc converti à la foi catholique, et les raisons politiques qui le forçaient de suspendre sa profession de foi publique lurent levées lorsqu après avoir harangué ses Francs, il les trouva disposés à le suivre aux fonts baptismaux avec la même joie qu'ils montraient lorsqu'il s'agissait de l'accompagner aux combats. La cérémonie se lit à Reims, le 25 décembre 496, avec toute la pompe et la magnificence que l'habile évêque crut devoir déployer aux regards étonnésdeses barbares néophytes. La me par
de Slgebert, rot de Cologne, dit qull fat blessé a Tolbiac en combattant eoDlre Ifs Allemands ; nais cdle prenve n'est pas décisliv, ri plusieurs modernes ont cherche a dï-monlter que le lien de celle bataille eu il près de Strasbourg.
(I) Nous tirons ce fait curieux de la lettre mente de Thèodoric 1 cioris, où le roi dilalie s'exprime ainsi : CilkaradMin et am arle sua deelum, pariter dttlmatmxt expettium. qui ère mandatif** consonê voce eantaudo glonam uettrir pottttatiê obleciet ; el dans ia lettre 40 du mente roi, adressée a Boe.c, il dit : Cum 'fx conùU ntutri /ama pelleetus, a nobis Culkarrdam magnit prtcihut ejpetitut (D. Bouquet, Rtcneit iti kittortetu dei Carafes el de la France, Ut, p. S). Un voit ainsi qae l'usage de Urer des euanieers el des ■oitcicns d'Italie est bien ancien.
2) Le vrai nom est Ckrotechildit (xojr. Gregor. Tara*., apud D. Bouquet, t. 2, p. 176), et dans les grandes Chroniques de Si-Denis, écrite* en français au 15e siècle, on la nomme Cralilde. liermann, in Chroniro apud D. Bouquet, t. S, p. 319, cl bigeberl, 1.3, p. 336, écrivent Ilrodhilit et Rhoittdit. Le eh allemand a subi dans ce nom la même modification que dans celui de Chlodoretkut. Le roman d'Aimoin, an sujet du mariage de Clotilde, est curieux parce qu'il peint les mtsors; mais il ne faut pas lui donner place dans rntsiofrr, comme ont fait M. Viallon dans sa Vie 4t Cioti* It Grand, tt M. Picol dans soo Bittoirt 4e* Gaultit.
où les Francs devaient passer était tapissée d'étoffes
peintes ou d'un blanc éclatant; dans l'intérieur do l'église, les plus doux parfums répandaient dans l'air une odeur céleste; la cire embaumée brûlait, et éblouissait les yeux par d'innombrables lumières (I). Le nouveau Constantin s'avança vers le baptistère; l'évéque, en lui présentant la croix, et en versant sur lui l'eau salutaire, lui dit : « Sicambre, « baisse la tête, et désormais adore ce que tu brûlais,, a et brute ce que tu adorais (2). » Il est certain, d'après le témoignage de St. Remi même , que ce saint évêque, à l'exemple de ce que l'Ancien Testameut nous appretd des rois juifs, ajouta à la cérémonie du baptême celle du sacre, et qu'il oignit Clovis d'une huile bénite (3) ; mais la pieuse fiction de cette fiole, apportée du ciei par une colombe blanche, et qui, sous le nom de tainte ampoule, a servi au sacre de nos rois, n'a été inventée que 360 ans après, |wr Hincmar, évêque do Reims (i) : 3,000 guerriers et un grand nombre de femmes , parmi lesquelles se trouvaient les deux sœurs de Clovis, AlUidède et Landcchilde, se firent baptiser en ce jour mémorable. Clovis, en sortant des fonts baptismaux, se trouvait dans le monde chrétien le seul souveraiu catholique : l'empereur Anasiase avait admis des erreurs dangereuses sur l'incarnation divine ; les autres rois d'Italie, d'Afrique, d'Espagne et des Gaules s'étaient laissé entraîner à l'hérésie d'Arius. Le fils aîné de l'Eglise, ou plutôt le seul (ils de l'Eglise, fui donc reconnu comme le sauveur de la foi, le souverain légitime; et le succès de ses armes fut affermi par l'influence d'un clergé nombreux, riche, puissant el opprimé par les autres princes. Ce fut cette conversion de Clovis, et la protection qu'il accordait à la religion, plus que la crainte de ne pouvoir lui résister, qui engagèrent les cités d'Armorique (5), en
(I) Velu drpittit adumbrastur plate* eeclesiat, cortwn cil, ■■,>,. >»? eiorn«nl«r, bahama d<t(unduHtur, muant flagraulri odoiû cerei, tottmqut trmpl*m bopiiiierii dltino reipergitur ab adore; taiemqu* l*« tratèam adttaulibut De m trtbnil, ut mtimarrmt te Paradai odormiu rm/eenr». [Gregor. Turf ., H*. J, ch. 31, apud, D. Houfurt, i. S, p. 177..'
(S) interdit uorut Contlailinu* ad laracrum rni lauelut ft.u
$1 ore fteumio : m Miiii drpme eatta Sieaviber, adora quod mtexdhti « lucendc ouott adorastt.'u
(Jj Quem tlegi, bnplntaii ejusdem tancli *ae*i tpirita* taeii
rknxmuth utttltoue ordmari iure/em (Tourne»! de St. lUiui, cild par Vertnl, Aeadémie des iatrriptiont, t. 90, p. SI.)
(*) ..eue Aole a été brisée en 1794 [Yvy. de Unir, sur la sainte ampoule, Nuremberg, ISOt, tn-S*, en allemand.) Vertot, dans le* Mémoire* de l'atademie dei wtcnptuHu, t. 10, p. CC9, a traite ce pohit d'hisloire ires lubilcment. Cependant Plurbe, dans une Lettre iur ta tainte ampt-ute, Paris, 1773, in-ll, tout en avouant ta Beiioti, observe que la célébrité de cette reJlqne est plus ancienne que Hincmar. et il présume qu'elle aura éle trouvée dans le tombeau do St. Bewi. I>'j|>rt-s sa furme, imparfaitement donnée par de Murr, nous la CrtnjfOM plus ancienne encore ; elle ressemble a nue de ces (loirs qae l'on trouve fréquemment dans les I ombra ni romains, auxquelles un a donné le nom de lacrgmatoirts, d'après i opinion de Clnfflet, mais qui paraissent plutôt avoir servi a contenir les baumes destines a arroser les cendres des mon*.
(S) Le nom d* 4 morte»* parait restreint dan* re siècle aax cités qui tt confedererent. La partie ouest prit à celte époque le nom do Bretagne, a cause des habitants de la Grande-Bretagne forces de s'y réfugier ; mais l'Arronrique propre ( Traelui A mûrirent*) comprenait, dans les derniers temps de la puissance romaine, cinq grandes provinces des Canles. C'est pou avoir méconnu les limites de celle grande division,, qui forma uttwaiiusuJeiacat particulier, pour avoir
l'an 497, à se soumettre a lui , et qui réunirent à son royaume des pays si vastes et si fertiles, et des peuples si valeureux. Ainsi il ne restait plus dans les Gaules que deux grandes puissances rivales de celle des Francs que Clovis venait d'établir, c'étaient les Bourguignons et les Wisigotiis. Pour combattre avec succès la plus faible des deux, Clovis conclut deux traites d'alliance offensive, l'un avec Théodoric, son beau-fret <■ , roi d'Italie et des Ostrogotlis ; l'autre avec Godegisèle, Irèrede Gondebaud, et niécontent du partage qu'il avait dans la Bourgogne. Gondebaud, dont les États s'étendaient alors depuis les Vosges jusqu'aux Alpes et a la mer qui baigne les murs de Marseille, pour diminuer le nombre des prétendants i la souveraineté , avait fait périr deux de ses t. ères, dont l'un était le pére de Clotilde. Cependant sa politique imparfaite permettait encore a Godegisèle, le plus jeune de ses frères, de posséder la principauté de Genève. Gondebaud fut alarmé de l'esprit de mécontentement et de révolte que fit éclore dans ses États la conversion de Clovis. Le roi de Bourgogne assembla à Lyon les évèques catholiques et ariens, et s'efforça en vain de les concilier; ce fut dans ces circonstances critiques qu'il se vit forcé de se défendre contre Clovis, et qu'il lui présenta la bataille sur les bords de la petite rivière d'Ousche, près de Dijon. La désertion de Godegisèle, qui , avant le combat, se rangea du côté de Clovis avec ses Bourguignons, força Gondebaud de s'enfuir, d'abandonner au vainqueur Lyon et Vienne, et de se renlcrmer dans Avignon. Les longueurs du siège de cette ville, et une habile négociation , conduite par Arède, engagèrent Clovis à donner la paix à Gondebaud. Le roi des Francs força celui des Bourguignons à pardonner et même à récompenser la trahison de son frère. Clovis retourna dans ses Etats avec les dépouilles des riches provinces qu'il avait traversées en vainqueur. Mais son tnomplie fut bientôt troublé par la perfidie de Gondebaud , qui , malgré la foi due aux traités, fit périr Godegisèle. Le roi de Bourgogne épargna cependant les Francs renfermés dans Vienne avec son frère, au nombre de 5,000, et il les envoya prisonniers à Alaric, qui les établit dans les environsde Toulouse. Clovis, qui soupçonnait la sincérité de Theodoric i son égard , et qui craignait d'avoir i se défendre contre les Wisigoths, fut assez sage pour résister à son juste ressentiment; il accepta l'alliance du roi de Bourgogne, qui s'engagea , par un nouveau traité, à l'aider de son armée en cas de puerre. Ce fut vers ce temps , en l'an 507 , que Clovis choisit Paris pour capitale de son royaume; ce petit chet-lieu d'un des moindres peuples de la Gaule, resserré dans une Ile entre deux bras de la Seine, s'était ressenti de la prospérité générale de cette contrée sous le gouvernement des Romains; ses habitants, dont le sévêreJulien louait la simplicité rustique, et dont il se plaisait à opposer la frugalité et les habitudes laborieuses, i
Ti jrHc trop l< fèreraent Ir témoignage positif de la NHke it ttnpire, qur des hommes ires-savants, tels que Valois et Mires, oui supposé dans nos premiers annal Mes et dam plusieurs latenrs du I Uti n j sont pis.
la mollesse, au luxe et à la débauche de la superbo Antioche, s'étaient enrichis par le commerce et la navigation des rivières qui ies entouraient, et par le séjour temporaire des empereurs. Quelques édifices romains que l'on avait construits au sud et hors de l'enceinte de la tille contrastaient par une heureuse et nouvelle magnificence avec les modestes habitalions entassées, sans beaucoup d'ordre, sur les deux rives du fleuve. C'est dans un de ces édifices, qui subsistait en grande partie au 13* siècle, dont on voit même encore aujourd'hui quelques vestiges (I), et qui se trouve désigné, dans des actes des 10* et 11* siècles, sous le nom de Thermes (bains) et de palais des Thermes, qu'on prétend que Clovis fit sa résidence ; mais cette assertion, répétée par presque tous les historiens de la ville de Paris (2), est dénuée de preuves. Il est plus certain que, vers l'an 507 (5), sur le sommet de la montagne au pied de laquelle se trouvait cet édifice, et sur remplacement d'un cimetière des Romains, Clovis, au milieu des arbres et des vignes, jeta les premiers fondements de l'église des Su- Apôtres (St. Pierre et St. Paul), qui depuis a reçu le nom de Ste-Geneviève. Cependant les Wisigoths et les Francs s'observaient mutuellement ; des discussions ne tardèrent pas à s'élever sur leurs limites respectives. D'abord elles parurent pouvoir être réglées à l'amiable ; Clovis et Alaric se virent dans une petite lie de la Loire , près d'Amboise. lisse fêtèrent mutuellement, s'embrassèrent, se séparèrent en se prodiguant les protestations d'une amitié fraternelle. Ces apparences étaient trompeuses ; et c'est en vain que Théodoric chercha, par les lettres que nous avons encore (roy. D. Bouquet, t. 4 ), à négocier avec Clovis, Gondebaud et Alaric, pour prévenir une rupture. Le roi des Francs, tout en feignant pour le puissant roi d'Italie une déférence filiale, hâta ses préparatifs , et , sachant que Théodoric était menacé par l'empereur Anastase et avait besoin de toutes ses troupes, il assembla les chefs de son armée à Paris, et leur dit : « Souffri- « rons-nous que des ariens, des hérétiques possè- « dent les plus belles portions des Gaules? Mar- « riions contre eux, emparons-nous de leurs fertiles « provinces , et partageons-les enire nous. » Tous répondent qu'ils sont prêts à le suivre et jurent de laisser croître leur barbe jusqu'à ce qu'ils aient vaincu Alaric. Les exhortations de la belle . Clotilde enflammèrent encore le courage de i riers pour cette sainte entreprise. Les Francs, qui s'étaient avancés sur les bords de la Vienne, dont l'autre rive était couverte par le camp des Wisigotiis, crurent voir un signe visible de la protection du ciel, dans l'indication qui leur fut donnée |
(<} RM des Nalharins-St-Jacqnes, a rhotel de Ornai.
(ii Même le judicieux et savant Boasmy ne s'est pas mostrë plus dildeile ; cependant son mémoire sur l'otat ancien de Paris , Acidemie in inscription, i. is, p. 696, en apprend davantage sur ce sujet, nue les effrayantes et volumineuses recherches de Feubkfl, de l'abbe Leboruf et de Jaillot.
(S) Tonssaint Doplessis, Nottttlts Amale» te Paris, p. sa et 61, est le seul qui nous ail satisfait pour la date et les circoasuacea de
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biche d'un endroit où la rivière était guéable, ils en profitèrent pour traverser le fleuve, et forcèrent les Wisigoths à la retraite. Enfin la bataille se livra dans le champ de Voclade, à dix milles et au midi de Poitiers, près de Champagné St-Hilaire et de Vivonne, entre les deux petites rivières de Yonne et de Clouère (1). Après un sanglant combat, où le fils de Sidoine Apollinaire perdit la vie, à la tète des nobles d'Auvergne, où Clovis tua de sa propre main Alaric son rival, et où lui-même manqua de périr d'un coup de lance, les Wisigoihs furent entièrement défaits. La conquête de l'Aquitaine fut le résultat de cette bataille. Angouléme ouvrit ses portes à Clovis; il prit ses quartiers d'hiver a Bordeaux, enleva les trésors qui se trouvaient à Toulouse et les envoya à Paris. Il pénétra jusqu'aux confins de l'Espagne , rétablit partout les honneurs de l'Eglise catholique, fixa une colonie de Francs en Aquitaine, et délégua à ses lieutenants la tache, en apparence facile, de détruire les restes de la puissance des Wisigoths; mais le sage Théodoric ne le permit pas, et put encore s'opposer avec succès a l'ambition de Clovis. Ses valeureux Ostrogoths marchèrent au secours d'une nation qui n'était, en quelque sorte, qu'une brandie de la leur. Les Francs, aidés de» Bourguignons, ne purent s'emparer d'Arles, ni de Carcassonne, et furent repoussés partout avec perte. Cet échec engagea Clovis à écouter des propositions de paix. H parait que ce fut à cette époque que le pays alors appelé province de MarteilU, depuis la mer jusqu'à la Durance, qui appartenait aux Bourguignons, fut cédé aux Ostrogot lis ; on ne laissa aux Wisigoths que la Septimanie, comprenant une étroite étendue de territoire le long de la cote, depuis le Rhône jusqu'aux monts Pyrénées ; mais, depuis ces montagnes jusqu'à la Loire, la vaste Aquitaine fut définitivement réunie au royaume des Francs, avec d'autant plus de facilité que, par les intelligences qu'il s'était pratiquées dans le pays, Clovis avait eu l'art de faire désirer aux Gaulois- Romains sa domination (2). Ce fut après avoir terminé cette conquête importante, que Clovis reçut et accepta les honneurs du consulat, qui lui furent conférés par l'empereur Anastase. Le roi des Francs, plaçant un diadème sur sa tète, parut dans l'église de St- Martin de Tours, revêtu d'une tunique et d'un manteau de pourpre, et fut salué par la multitude des noms de consul et d'auguste. Les Gaulois-Romains ne se crurent plus désormais soumis à la force, mais A une autorité légitime qu'ils étaient habitués à respecter, et les Francs révéraient dans leur chef un titre qui rappelait la majesté de la république, et que les empereurs même s'honoraient de porter. Après avoir tout fait pour la gloire et l'établissement de sa nation, Clovis sembla tourner toutes ses idées vers raffermissement de son autorité per-
(1) iv y U .ii--.rr-.ri ii de l'abbé t.etxnrsor te sujet, dans les DUterttiiat nr rkiloirt eeelMattieue de Périt, i. i", p. 304. Veuille mi trop pies de Poîiicrs pour répondre a l'indication de Grégoire de Tous.
(2) Multi jem Iwu es GtUit haitre Francet deminot $umm desiderle nfltlmi, (Grégoire de Tours, liv. 3, ch. 94.)
sonnelle. L'histoire du vase brisé dans Soissons nous a prouvé qu'elle était faible dans tout ce qui ne concernait pas le commandement ou la discipline militaire ; mais, après les vastes conquêtes des Francs, le chef qui les avait conduits à la victoire acquit sur eux une autorité d'autant plus grande, qu'ils devaient davantage à son génie, et, que se trouvant disséminés sur un grand territoire, il leur était plus difficile de se réunir. Cependant le roi des Francs crut encore nécessaire, pour consolider ce pouvoir nouveau et étrange, d'avoir recours à la perfidie et à la cruauté. Les chefs les plus puissants, qui auraient pu prétendre à soutenir leur antique indépendance, ceux qui, par leur naissance, leur rang et leur influence, pouvaient aspirer au commandement suprême, furent indignement assassinés. Clovis s'empara des Etats de Cararicet le fit mettre à mort, sous prétexte qu'il était resté neutre lors de son expédition contre Syagrius. Clodéric, par les suggestions de Clovis, assassine son père Sigibert, roi de Cologne et des Ripuariens, et Clovis venge ce parricide en faisant assassiner Clodéric par ses propres serviteurs et en réunissant ses Etats aux siens. Clovis tue de sa propre main Ragnacaire, roi de Cambray, qui lui avait été si utile dans sa première expédition, ainsi que Richarius son frère, et s'approprie leurs États. II en agit de même avec Regnomer, autre frère de Ragnacaire, qui commandait au Mans. Le saint évèquc de Tours raconte froidement toutes ces horreurs ; et il ajoute, avec une simplicité qui a aussi son énergie : « Après avoir fait toutes ces « choses, Clovis mourut a Paris. » En effet, Clovis n'avait que 45 ans lorsqu'il termina une carrière dont de sanglantes souillures n'ont pu effacer la gloire. Vingt-cinq ans après sa mort, le royaume des Bourguignons tomba au pouvoir des Francs; les Ostrogoths furent obligés de leur céder Arles et Marseille ; l'empereur Justinien légitima, en quelque sorte, leur conquête, en leur concédant la souveraineté des Gaules. Depuis cette époque (530), ils jouirent du privilège de célébrer à Arles les jeux du cirque, et, par un privilège plus grand encore , les monnaies frappées par leurs rois eurent un cours légal dans tout l'empire, avantage qui fut refusé au puissant monarque de Perse Clovis, la première année de sa conversion au christianisme, fit mettre dans un meilleur ordre, et peut-être lit traduire du teuton en latin, la loi salique. Ce code, qui parait avoir été rédigé pour la première fois lorsque les Francs étaient encore au-delà du Rhin, ne régissait que les Francs-Saliens. Par une politique très-sage et même alors nécessaire, Clovis permit que les différents peuples qui habitaient ses États conservassent leurs lois : ainsi les Gaulois-Romrins étaient régis par le code ihéodosien ; les Wisigoths, par ce même code, extrait et modifié par Alaric; les Bourguignons, par la loi gombelte (1) ; de là l'origine de la diversité des coutumes, qui prévalut depuis en France. Clovis, dans la dernière année de son régne,
(I) On tronre tes lois réories dans te 4* vol. da Recueil die */*mené iee Gaula, tic, de D. Bouquet
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assembla un concile à Orléans, et c'est de ce premier acte de sa souveraineté, en matière ecclésiastique, que dataient les droits exclusifs et non communs aux autres souverains catholiques que les rois de France réclamaient contre les papes (I) : ainsi, gloire, empire, religion, lois, usages, naissance d'une grande capitale, tout, pour les Français, commence avec le régne de Clovis. Ce règne a duié 30 ans, Clovis étant mort le 2T novembre S1 1 . Il Tut enterré à l'église des Sts-Apôlres ( Ste-Geneviéve), qu'acheva Clotilde, qui lui survécut. Le prétendu tombeau de Clovis, que l'on voyait aj milieu du chœur de celte église, n'était qu'un cénotaphe érigé par les moines dans le 13* siècle (2). Dans le seul diplôme authentique qui nous reste de lui, ei qui est de l'an 510, il se qualilie de I h ancorum rex, vir inluster (3). Clovis laissa quatre (ils Thierri, Clodomir, Childéric, Clotaire, qui se partagèrent ses Étals, et une fille nommée Clotilde, mariée l'an 526 à A mairie, roi d'Espagne. Viallon, chanoine et bibliothécaire de Sle-Geueviève, a publié, en 1788, la Fie de Clovis le Grand : on y désirerait plus de critique (4). W — r.
CLOVIS II, second (ils de Dagobert, eut en partage les royaumes de Neustrie et de Bourgogne, en 638; comme il était encore en bas Age, le gouvernement fut confié à la reine Nantilde, sa mère, et surtout à Ega, puis à Erchiiioald ou Archambaud, tous deux successivement maires du palais. Avec le même titre, Pépin le Vieux gouvernait l'Austrasie pendant la minorité du roi Sigebcrt, frère de Clovis II, et les Bourguignons, qui avaient renoncé à avoir un maire du palais depuis Clotaire II , ayant exigé le rétablissement de celte charge dans le royaume de Bourgogne, la France entière se trouva soumise au pouvoir de ces tuteurs des rois, d'autant plus dangereux qu'ils commandaient l'armée, qu'ils étaient élus par les grands, et que leur naissance ou les alliances qu'ils contractaient les rapprochaient encore du trône. En effet, la reine Nantilde ayant
(t> Le président Hcnault, dans h dernière édition de son Abr/jt, p. S, in-4'. prétend que l'on trouve dans « concile l'origine du iroil de tt9*lt; VeUf, Hnioire de Fr*»ct, I. 4", p. 61, me le fait.
{2, Liusrripi.onlaLnedece cenoUpbe. qui es» rapprit* dans la Pacnptum dt Paru de l*lgjni»l de la Fune, nombre d'jutres ouvrage*. a>att cle mise en \m, lorsque le cardinal de la Rochefoucauld Ut exhausser et réparer ee ctootaphe. Il y en awit nne plus ancienne, composée vers l'an 1500, sur le euffre de bol» qui te couhjh. Viallon U rapporte, p. 473. N. l.enoir. aWc des Uo- 7,*mt*i, fr^saa, 1.1, p. 4. m ajonle nne treMongue en français, qu',1 dît avoir ete effacée; mais . -Ile esi Inconnue a tons ceux «ni oui omit ce cenolapne : cette uismpuon est évidemment supposée par quelque fjU»saire uuladroil. L'cMf w de Clovis qui riait sur ee Cewrtaphe est eu pkrre de luis, cl nou eu ruaibrc. comme l'aunoncc
15) Vot. Diptomtlê ad ret frnciseet tpeettnii,, mi, ln-fol., p. 44, n"t).
(») Desmaretsa fait an poème en 88 chants intitulé Cloii» eu ta Fren< f chrétienne 4637, II1-40; 5' edit., 4673, m-8'J ; Limo-
jon de Si-Oidier a ptMiè un poème de Ctori», dont on n'a que les • premiers chants (l'ans 472S, m l') ; un troisième pofme de ce nuui a ite donne par Lejeuue, I7ti«, 3 vol. in- il. L'Héritier Xoasclon lit représenter, en 1638, sur le ihelire de I hôtel de Bour- (»E»e, une IrjpeUic île Clvm le grand, premier roi chrétien. Les Itaiims possWial aoe tr*gcdiC de Clodexco trin/ante imprimée en
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fait obtenir la mairie du palais du royanmc de Bourgogne à Flaocat, autrement appelé Flavade, seigneur qui lui était fort attaché, elle lui donna sa nièce en mariage. Nantilde vécut trop peu pour le bonlicur de la France ; son ascendant était assez fort pour contenir les prétentions toujours si actives pendant les minorités, surtout à une époque où l'obéissance n'était pas dans les mœurs de la nation française. Elle donna une grande preuve de sa justice en consentant, sur la demande des seigneurs d'Austrasie, au partage égal des trésors du roi mort entre les deux (ils qu'il avait laissés ; car les trésors d'un monarque de la première race étaient un des plus forts moyens de sa puissance, et Nantilde, qui ne gouvernait que les Etats de Clovis II, eut assez de générosité ponr se dessaisit de la moitié des richesses de Dagobert en faveur de Sigebert, sur les Etats duquel elle était sans influence, parce qu'il n'était pas son lils. Le désordre qui règne dans les chroniques de ce temps annonce la confusion qui s'était introduite dans le royaume; on n'y tient plus compte des faits qui intéressent la gloire de la France; & peine prend-on soin de marquer les dûtes, que l'histoire réclame à défaut d'autres renseignements; on ne sait des rois que lenr nom; leur autorité appartient au plus habile, et les mêmes hommes sont loués ou condamnés avec si peu de mesure, qu'il est impossible de prononcer aujourd'hui sur la probabilité des accusations et la valeur des éloges. Tout ce qu'on sait de Clovis II, c'est que les révolutions contre la famille royale d'Austrasie le rendirent seul possesseur de l'héritage du grand Clovis; qu'après avoir prodigué des trésors pour nourrir les pauvres dans un temps de famine, il employa au même usage les lames d'argent dont le roi Dagobert avait couvert le faite de l'abbaye de St- Denis, ce qui, suivant quelques historiens, en le faisant chérir du peuple, indisposa fort les moines contre lui ; qu'il épousa Batilde. jeune Anglaise d'une grande beauté, enlevée par des pirates, et vendue comme esclave à Erchinoald, son maire du palais (voy. Batilde ) ; que, sujet à de fréquentes convulsions qui affaiblissaient son esprit, il mourut en 635, âgé de 22 ou 23 ans, laissant trois fils mineurs, Clotaire III, Childéric II et Thierri, ce derneir encore au berceau. Il passe pour être le premier roi de France qui se soit servi d une voiture, jusque-là réservée pour les reines, et dont Boileau a si bien représenté la marche :
Quatre bœufs attelés, d'un pas tranquille et lent, Promenaient dans Paris le monarque indolent
Il ne serait pas extraordinaire que Clovis II, dont la santé était faible, se fût servi de cet équipage dans un temps où l'on n'en connaissait pas d'autre ; car ce n'est pas pour s'être fait traîner lentement par des bœuf» que ce prince a été déclaré fainéant, mais pour s'être montré en voiture à une époque où les rois ne paraissaient en public qu'à cheval. F — E.
CLOVIS III, fils de Thierri I", roi de France, succéda à son père en Pan 091, n'étant âgé que de neul ans. Il avait un fret* plus jeune que lui, et
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l'histoire ne dit pas si ce jeune prince, qui se nommait Chililebert, fut appelé au partage du royaume; car l'histoire de cette époque ne s'occupe que des maires du palais, et par conséquent de la famille tics Pépin, qui, conduisant avec prudence le projet formé depuis longtemps de s'emparer du titre de roi, employait tous ses soins à éteindre les souvenirs attachés aux descendants du grand Clovis. Le monarque de ce nom, qui régnait alors, était sous la tutelle de Pépin le Gros. On ne peut dire s'il aurait eu le courage et les moyens de secouer un jour le joug des maires du palais, puisqu'il mourut en C95, à l'âge de 14 ans, à Clioisy-sur-l'Aisne, où il fut enterré. Childebcrt, son frère, lui succéda. Tous ces malheureux princes ont été confondus sous le titre de rois fainéants; mais quand on réfléchit que leur éducation était confiée à ceux qui, après avoir usurpé leur pouvoir, voulaient se mettre à leur place; quand on voit mourir si jeunes les princes dont le caractère annonçait peut-être des vertus qui faisaient trembler les usurpateurs, on ne peut s'empêcher de plaindre ces mêmes rois que l'histoire a condamnés avec tant de rigueur. F — E.
CLOWER (Joseph), médecin vétérinaire, était le fils d'un maréchal ferrant de Norwich, et naquit le 12 août 1725. La lecture, l'écriture, l'arithmétique, tels furent les éléments auxquels se borna son éducation, après quoi la forge paternelle devint sa seule école. Orphelin à dix-sept ans, il trouva dans son pénible métier le moyen de nourrir sa mère et trois frères et sa?urs, plus jeunes que lui. Doué d'un esprit observateur et fin, Clower étudiait comme beaucoup de ses confrères, mais il étudiait mieux qu'eux, et lorsqu'il se mêlait de traiter les maladies des chevaux, il les traitait moins routinièrement et avec plus de succès. Vers 1750, le hasard plaça sur son chemin le docteur Kirwan Wright, savant médecin, qui, non content de l'applaudir, lui conseilla d'étudier les principes de l'art dont il essayait la pratique , puis de se familiariser avec les langues latine et française, afin de pouvoir lire les meilleurs écrivains qui avaient publié des ouvrages sur l'art vétérinaire et la médecine, et particulièrement Végèce et la Fosse. Clower obéit ; ses journées alors étaient bien employées : de six heures du matin a huit du soir, il frappait le fer; le reste du temps était consacré aux études. Bientôt il se mit aux mathématiques, dans lesquelles il fit de rapides progrès. Il n'avait dans tous ses travaux d'autres guides que quelques voisins, et Wright lui-même, qui, devenu aveugle, se faisait lire les auteurs latins par son pupille. Quelque temps après, Clower devint membre de la société de Norwich pour le progrès des mathématiques et des sriences expérimentales, et s'y fit remarquer par l'étendue de ses connaissances et par ses recherches. Sa réputation avait fini par s'étendre beaucoup au-delà du cercle de Norwich : il abandonna sa forge en 1765, et ne s'occupa plus que de l'art vétérinaire, mais sans vouloir quitter son pays natal. L'affaiblissement de sa santé le contraignit de renoncer à la pratique en 1781. Cependant il ne cessa pas de se tenir au courant des publications
nouvelles, et son plus vif plaisir était, soit de discuter des questions, soit de faire de vive voix des leçons sur quelque partie de la médecine vétérinaire. C'est ainsi qu'il passa les trente-cinq dernières années de sa vie. Il mourut le 1» février 1811. Clower n'a rien voulu écrire. On lit pourtant de lui, dans le t. 2 des Cas chirurgicaux de Gooch, une lettre où il donne la description et le dessin d'une machine de son invention, destinée à porter remède aux ruptures de tendons et aux fractures de jambes chez les chevaux. C'est à lui qu'il faut attribuer les pic-, miêres observations vraiment scientifiques sur Vattrut equi, dont il décrivit, à la société de Norwich, la vie à l'état de larve cl les diverses transformations, longtemps avant que B. Clarke traitât à fond ce sujet dans les Transactions Linnèemes de 1796. Val. P.
CLOWES (Guillaume), chirurgien distingué qui servit quelque temps sur les vaisseaux de la reine Elisabeth, en 1570. D'après quelques observations qu'il donna, il parait qu'il résidait à I. cidres en 1575. Il y acquit bientôt une grande réputation, et fut nommé chirurgien de l'hôpital St-Barthélemy, où il pratiqua pendant plusieurs aimées en qualité de premier chirurgien. Il fut ensuite nommé chirurgien de S. M. Britannique dans les Pays-Bas, en 1580. L'époque où il mourut est inconnue. On a de Ctuwes : 1° Traité court, mais nécessaire, sur la cure de la maladie nommée actuellement vénérienne, Londres, 1585. Il y déplore la fréquence de celte maladie, et assure que, pendant cinq ans de séjour à St-Barthélcmy , il y a guéri environ 1,000 vénériens. Sa méthode était celle des frictions jusqu'à salivation : il y parle aussi du turbith minéral cl du mercure diaphonique comme d'un remède efiicace. 2° Pratique éprouvée pour les jeunes chirurgiens sur les brûlures occasionnées par la poudre à canon, les plaies d'armes à feu, d'armes blanches, etc., Londres, 1588. Cloues s'y montre un praticien expérimenté dans l'histoire qu'il donne de beaucoup de cas compliqués. On ne peut que le louer d'avoir désapprouve, dans les circonstances où les nerfs et les tendons étaient piqués, l'usage des topiques irritants et de toutes les substances regardées comme fortifiantes. Clowcs ne manquait pas d'érudition, à en juger d'après les citations qu'il fait de Galien, de Celse, et des autres auteurs anciens. Il se récrie beaucoup sur la confiance qu'on donnait dans son temps aux empiriques, dont plusieurs servaient sur les vaisseaux du roi, au détriment des équipages. P — H — L.
CLOWES (Jeas), l'apôtre anglais du svédenborgianisme, naquit le 25 octobre 1743, à Manchester, et fit ses éludes à Cambridge, où plus tard il devint membre du collège de la Trinité. Il avait passé plusieurs années dans celte position, lorsque le patron à la collation duquel était l'église de St-Jean, à Manchester, lui fit offre de ce bénéfice. Clowes le refusa, dans la persuasion qu'il méritait et qu'il obtiendrait bien davantage, niais ces illusions de l'orgueil durèrent peu; et quelque temps après, atteint d'une maladie qui nécessitait l'interruption de ses éludes, il accepta de grand cœur çc qu'il
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avait d'abord rejeté. Il parait même que, dans la circonstance qui Pavait déterminé à ce changement, il crut voir le doigt de Dieu ; et les soixante-deux ans qu'il avait encore û vivre, il les passa dans son rectorat de St-Jcan, n'ambitionnant nulle autre place et refusant celles qui venaient s'offrir à sa modestie. C'est peu de temps après son installation à St-Jcan, que, pour la première fois, il lut les écrits théologiques de Svédenborg. Cette lecture produisit sur son esprit une impression extraordinaire, principalement celle du traité intitulé : Vera chrisliana Re-, ligio. Dès cet instant, il consacra toutes ses facultés à la propagation de la doctrine dont il venait de lire l'exposé. 11 employa plusieurs années à traduire en anglais le principal ouvrage du célèbre mystique; et, a mesure qu'il achevait un volume, il étai imprimé par les soins d'une société svédenborgienne qui s'établissait à Manchester sous les auspices de Clowes, et qui devint le modèle de la société svédenborgienne de Londres. Vainement quelques anglicans exagérés essayèrent de rendre Clowes suspect aux yeux de ses supérieurs et de lui faire enlever sa place : l'évêque de Londres, Porter, l'y maintint en dépit de ses ennemis. Ses vertus et son zèle apostolique Se rendaient digne de ce traitement ; l'ardeur avec laquelle il s'était voué aux doctrines de Svédenborg lui donnait bien quelques fausses idées sur l'avenir d'un système qu'il regardait comme destiné à devenir celui de toute l'église britannique, mais elle ne le rendait point l'antagoniste de l'épiscopat et du régime anglican. Sans arriver au but qu'il rêvait, Clowes vécut assez longtemps pour voir le svëdenborgianisme acquérir des prosélyte» dans toutes les classes de la société, et l'on pourrail dire dans toutes les églises de l'Angleterre. Du reste les svédenborgiens, pendant sa vie. se divisèrent en conformistes et non conformistes (ou séparatistes ). Clowes mourut le 29 mai 1831. Ses ouvrages sont tous relatifs à la doctrine dont il s'était déclaré l'apôtre. En voici les principaux : i» les Secrets du ciel (Ccelestia Arcana), Iraduilt du latin de Svédenborg en anglais, 12 vol. in-84. 2* Adresse affectueuse au clergé du royaume^ini de la Grande- Bretagne et de l'Irlande sur les écrits thêologiqurs d'Emmanuel Svédenborg, in-8°. 3° Dialogue sur la nature, le dessein et l'évidence des écrits de Svédenborg, avec une notice abrégée sur quelques-uns de ses ouvrages philosophiques, 1788, in-12. 4° Utires à un membre du parlement sur le caractère des écrits dr. baron Svédenborg, contenant une réfutation complète de toutes les calomnies dirigées par l'abbé Barruel contre l'honorable auteur, 1709, in-89 (2* édition). Ou y peut joindre quelques opuscules polémiques, tels que Dialogue entre un ecclésiastique et un méthodiste sur les écrits et Us opinions du baron de Svédenborg-, Réponse à celte question : Comment doit-on recevoir le témoignage de Svédenborg; lettre à l'Observateur chrétien, pour la défense de Svédenborg, etc., etc. 5° Restauration de la religion évangélique pure, in-8». 6" Explication des paraboles de Jésus Christ, 1810, in-12; des Miracles de Jésus-Christ, 1816, in-12. 7» L'É-
vangile it St. Matthieu, traduit sur le grec et illustré par des extraits de Svédenborg, 1817. Clowes a donné ensuite, avec de semblables illustrations, les trois autres évangélistes, St. Jean en 1819, St. Luc en 1821, St. Marc en 1827. 8* Sur Us deux Mondes, le visible et l'invisible, leur connexion et leur influence mutuelle, 1817, in-8". 9° Beaucoup de sermons, parmi lesquels un recueil de 2 vol. in-8* intitulé : Sermonj prononcer à l'église de Si- Jean de Manchester. Val. P.
CLOWET, CLOUET, CLOCVET ou CLOVET (Pierre), graveur, naquit à Anvers en 1606. Après avoir appris les éléments de la gravure dans sa patrie, il se rendit en Italie. Spierre et Bloêmaert, qui reconnurent eu lui le germe d'un grand talent, dirigèrent ses premières études et ne tardèrent pas à l'associer à leurs travaux. Clowet, formé par leurs conseils et leurs ouvrages, quitta l'Italie et vint en France ; il s'arrêta quelque temps à Paris, mais il y trouva la gravure encore faible et timide. Revenu à Anvers, il se livra à des travaux importants, et les chefs-d'oeuvre de Rubens l'occupèrent d'abord pendant longtemps : il grava, d'après ce grand maitre, différents tableaux, tels que la Descente de croix, St. Michel combattant le diable, et la Mort de St. Antoine. Cette dernière gravure est regardée comme le chef-d'œuvre de Clowet ; mais elle est fort rare, ainsi que celle qui représente une Conversation entre plusieurs amants, avec ce titre : Vénus Lusthoff. Il en existe différentes épreuves, qui toutes n'ont pas un égal mérite ; les épreuves avec des vers flamands sont les meilleures. Le burin de Clowet est pur, clair et plein de fermeté ; ses tailles sont bien entendues et d'un bon effet. Comme Pontius, qu'il semble avoir pris pour modèle, il pénètre très-avant dans le cuivre. Il a gravé avec un égal succès le portrait, l'histoire et le paysage, et le même burin qui a su conserver à la Descente de croix l'expression noble et douloureuse du tableau, a rendu avec un autre genre de fidélité un grand paysage du même Rubens, représentant l'hiver. Cette estampe, qui est fort recherchée, est connue sous le nom de VEtable à vaches, parce qu'en effet on y voit des vaches et une établc ; elle fait suite aux cinq grands paysages gravés par Bolswert, et leur est comparable dans toutes ses parties. Les portraits de Clowet sont d'autant plus recherchés, qu'au mérite d'être l'ouvrage d'un maître habile, ils réunissent celui de représenter presque tous les personnages historiques, tels que Fernand Cortei, Améric Vespucc, Pierre Arétin, Thomas à Kempis, Malherbe, Cavendish, etc. Clowet a encore gravé quelques tableaux de van Dyck, et ce qu'il y a de particulier, c'est que ce sont les mêmes tableaux que van Dyck a lui-même gravés. La Vierge donnant le sein à l'enfant est de ce nombre. Clowet mourut à Anvers, en 1677. A— s.
CLOWET (Albert), graveur, neveu du précédent, naquit à Anvers en 1624, et alla se perfectionner en Italie, a l'école de Corneille Bloêmaert. Il résida longtemps à Rome, où il grava les portraits de Nicolas Poussin et d'Antoine van Dyck, pour fa Pli des peintres de Bellori, imprimée w 1672; le
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portrait des cardinaux Azzolini, Bospigliosi, Bosetti, etc.; mais le plus bel ouvrage que Clowet ait fait a Home est la gravuredu beau tableau de Piètre de Cortonc, qui représente la Conception mystérieuse de Marie, ou F Éternel bénissant la Vierge. C'est une très-grande pièce en deux planches ; elle est fort recherchée des amateurs; mais les épreuves en sont rares. Albert, sans avoir un burin aussi ferme que celui de son oncle , ne manque ni l'effet ni de force. Il a gravé, d'après Jacques Courtois, dit le Bourguignon, un Combat de cavalerie, avec un talent remarquable. Clowet quitta Home pour ader s'établir à Florence : c'est dans cette ville qu'il grava, avec Bloémacrt, Piètre et quelques autres, les peintures du palais Pitti. Il clail parvenu dans ce travail à imiter ass.cz heureusement leur manière, et surtout celle de Bloémaert cl de Mellan, qui avait plus de rapport avec la sienne. Son burin est correct et soigné. Albert Clowet fut un artiste laborieux, et son œuvre est considérable. Outre les ouvrages que nous avons déjà cilés, il a gravé 1rs portraits qu'on trouve dans le recueil intitulé : Effigies cardinalium nunc viventium, publié à Borne, chez J. Bossi. Il mourut à Anvers en 1687. A— s.
CLOYSAULT (Edue-Charles), né à Clamecy, dans le Nivernais, entra dans la congrégation de l'Oratoire en 1664, s'y consacra principalement à l'éducation des ecclésiastiques dans les séminaires, et mourut le 3 novembre 1728, à Châlons-sur-Saône, où il était supérieur du séminaire et grand vicaire du diocèse. On a de lui : t« Vie de St. Charles Borromée, traduite de l'italien de Guissano, Lyon, 1685, in-4° ; 2- Vie du P. Celoron, de l'Oratoire ; 3* Vie du P. de Sl-Pê, de la même congrégation, Lyon, 1696, in-12; 4« Méditations des prières d'avant et d'après la Messe, etc., lalin et français, ibid.,1723, in- 12 (I ) ; 5° Méditations d'une retraite ecclésiastique de dix iours, etc. Le P. Cloysault a laissé en manuscrit : | Recueil des Vies de quelques prêtres de l'Oratoire, 3 vol. in-fol. ; — Ménologe du premier siècle delà congrégation de (Oratoire ; — Vies de quelques prêtres de l'Oratoire de Sl-Philippe de Néri. T— D.
CLU HBF. (Je as), recteur de VVheatfield, vicaire de Debenham dans le Suffolk, (ils d'un maître és-arts de Catherine-Hall, à Cambridge, naquit en 1703. Il commença son éducalionau collège du roi, à Cambridge, qu'il quitta en 1725 après s'être fait recevoir bacbelier. B eut le malheur de perdre la vue quelque temps avant sa mort, arrivée le 2 mars 1773; mais cet accident n'altéra en rien la douceur et l'amabilité de son caractère. Clubbe n'a laissé qu'un seul sermon, prononcé à Ipswich en 1751, devant la société pour le soulagement des veuves et des orphelins laissés par les prêtres; mais il a publié : 4* Histoire et antiquités de l'ancienne villa de Whealfield, dans le Suffolk, 4758. Cet écrit satirique, dirigé contre les modernes antiquaires, a été reimprimé par Dodsley dans le 2* volume de ses Pièces fugitives. 2" De la Physionomie ; c'est une esquisse d'un ouvrage plus considérable sur le même plan, où les caractères,
(1) Cet onvrage i été réimprimé, Pjris, t82S, in-ia.