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les passions et les habitudes des hommes devaient être considérés en détail. 3° Lettres de conseils sincères à un jeune prêtre, 1763. D — z — s.
CLUGNY ( François de) , issu d'une des plus anciennes familles de Bourgogne, naquit en 1637, à Aigucs-Mortes en Languedoc, où son père était licu- «enant du roi. Il entra à l'âge de quatorze ans dans la congrégation de l'Oratoire, où il enseigna les humanités avec beaucoup de distinction dans plusieurs collèges. Pendant qu'il professait la théologie à Montbrison, il fut frappé d'une cécité subite. On parvint à lui rendre la vue; mais elle resla toujours si faible, qu'il lui fallut renoncer à l'enseignement pour se retirer à Dijon, où il se consacra entièrement aux exercices de la pénitence et à la pratique des cru vies de charité. Il fut question de l'élever à l'épiscopat; mais son humilité s'y opposa constamment. Ses instructions publiques dans les différentes églises de la ville alliraicnt un concours prodigieux d'auditeurs. Son zèle pour le service des pauvres et des malades durant une contagion qui causa de grands ravages le conduisit au tombeau, le 2l octobre 1694. Le P. de Clugny a composé divers ouvrages qui portent tous l'empreinte de son c^ictêre et du genre de vie qu'il avait embrassé : l»1* Catéchisme de la dévotion, Lyon, 1681, in-12. 2" La Dévotiondes pécheurs, par unpécheur, ibid., 1685, 1689, 1701, iu-12. Cet ouvrage, que l'abbé Fevret avait fait imprimer sans la participation de l'auteur, fut dénoncé comme contenant des principes de quiétisme, dans un temps où une grande dispute rendait cette matière fort délicate ; il se justifia pleinement. 3° Le Manuel des pécheurs, par un pécheur, Dijon, 1686 ; Lyon, 1713, in-12. Le P. Bourrée, ami et confrère de l'auteur, y ajouta une 3e partie. 4° Su/'rt de l'Oraison d'un pécheur, par un pécheur, Dijon, 1689; Lyon, 1701, in-12. Le P. de Colonia, jésuite, dans sa Bibliothèque des livres jansénistes, l'a mis au rang des ouvrages quiétistes, quoique l'auteur, dans sa préface et dans tout le cours de son livre, y combatte le quiétisme. 5« Sujets d'oraison tirés des EpUres et des Evangiles de l'année, Dijon, 1695, in-12, terminé et publié par le P. Bourrée. ^Sujets d'oraison pour les pécheurs, sur les saints et les saintes de l'année, Lyon, 1696, 2 vol. in-12. Cette suite du précédent ouvrage, quoique donnée sous le nom du P. de Clugny, est du P. Bourrée, qui l'a ornée de la vie de son confrère, publiée séparément, Lyon , 1698 , in-12. T— d.
CLUGNY DE NUIS (Jkan-Ëtienne-Bernard).
maître des requêtes, intendant de la marine à Brest, intendant à Perpignan, puis à Bordeaux, s'était acquis dansées différentes places larépuiation d'un hommeintègre. Turgol, appelé au contrôle général, avait essayé de mettre en pratique quelques-uns de ses projets pour acquitter les dettes de l'État, sans accroître les charges du peuple. Des réclamations s'élevèrent de toutes paris contre le nouveau ministre, et elles devinrent si vives, qu'il se vit forcé de demander sa retraite. Clugny, désigné par la voix publique pour succéder à Turgol, parut d'abord concilier les intérêts et les suffrages de toutes les classes; mais, avant d'avoir pu établir sa réputation comme ministre, il
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mourut, après six mois d'exercice, le 48 octobre 4776, exalté par les uns, rabaissé par les autres; laissant l'idée d'un caractère juste, mais faible ; d'un Jiomme éclairé, mais ayant plus d'étendue dans l'esprit que de profondeur, plus de bonne volonté que «le moyens de la réaliser. C'est pendant ce ministère si court que furent établies la loterie royale et la caisse d'escompte. Depuis Colbert, on n'avait pas vu en Fiance de contrôleur général mort en exercice. Voltaire, partisan des économistes, avait vu avec plaisir un de leurs clicls au ministère, dans la personne de Turgot, et souvent il répétait : a Si M. Turent « quitte la cour, je me fais moine. » L'événement arrivé, on le somma de tenir sa parole. « Volontiers, ti répondit-il, je me f.tis moine de Clugny. n W — s.
CLUTTERBUCK (Robert), historien anglais, était né le 2 juin 1772, à Watford (comté de Hcrtford). Après avoir pris le degré de bachelier à l'université de Cambridge, il se dérida pour la carrière «les lois et entra dans Lincoln s Inn. Mais bientôt le vif attrait qu'il sentit pour la chimie et la peinture lui lit négliger les sévères éludes de la jurisprudence. Finalement il y renonça; se maria, en 179». à la fille d'un colonci au service de la compagnie des Indes, et, après quelques années de séjour près de son beati-perc, il alla prendre possession des domaines parlernels à W al lord. Il ne les quitta plus que momentanément, pour se rendre tantôt dans la capitale de l'Angleterre, tantôt en France, en Suisse, en Italie, en [Norvège. Il y dessina beaucoup de vue? et de monuments, et probablement ces nombreuses esquisses auraient été utilisées pour quelque grande publication, s'il n'eut élé prématurément emporté par une brusque inflammation de poitrine, le 25 mars 1851. On lui doit un ouvrage capital sur le comté de Hertford Primitivement son projet était de faire paraître une nouvelle édition de l'histoire de ce comté parChauncy; et il annonça ce dessein dans le iîcniltman's Magazine en 180!). Mais bientôt les matériaux qu'il rassemblait devinrent si nombreux qu'il y trouva le* bases d'un travail tout ncul. auquel dès lors il se livra dans tous les instants de loisir que lui laissaient ses fonctions de magistrat. Il y consacra dix-huit ans. La nouvelle Histoire du comte de Hertford parut en 3 vol., en 1817, 1821 et 18*27, avec des planches qui, soit comme œuvre d'art, soit relativement à la fidélité des représentations, n'ont encore été surpassées dans aucun ouvrage de ce genre. Plusieurs de ces planches avaient été -.'lavées sur ses dessins originaux : presque toutes sont dues au burin élégant et spirituel de Blore. qui de plus avait fourni à l'auteur un recueil de notices généalogiques «lu Hcrtfordshire, composé par son frère Thomas Rlore. Val. P.
CL1SU S. Foye: LÉCLtSE.
CLUVIER ( Philippe ), en latin CtrvEiurs, célèbre géographe, naquit à Dantzick , d'une famille noble et ancienne, en 1SK0. Sun père, qui était président de la monnaie, le destinait au barreau , et l'envoya à Leyde pour étudier les lois civiles; niais la nature lui avait marqué sa place parmi les tréo- £ raphes célèbres. Son aversion pour le droit l'é:ot-
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gna d'abord de la maison paternelle. Le besoin Vf ramena bientôt ; mais comme son | ère tenait à ses idées, et lui à ses goûts il la quitta de nouveau pour suivre le parti des armes. Il passa deux ans comme soldat en Bohême et en Hongrie. Bans ce même temps, le baron de Pope), son ami, fut arrêté par ordre de l'Empereur. Se regardant comme une victime, le baron composa une espèce de manifeste, dans lequel il se détendait sans ménagement pourses persécuteurs et pour l'autorité souveraine. Cet écrit irrita l'impereur au point qu'il demanda par son ambassadeur en Hollande I au. 'station de Cluvier, qui avait traduit en latin cl lait imprimer à Leyde celte pièce liardie. Les états, qui craignaient l'Lmpereur, lui sacrifièrent sans peine un particulier sans pouvoir. Après une très-courlc captivité, Cluvier recouvra sa liberté, et retourna à ses études chéries. Afin de réunir en lui tout ce qui pouvait contribuer à leur progrès, il voyagea dans une partie de l'Europe, visita l'Angleterre , la France , l'Allemagne , et celte Italie qu'il décrivit ensuite avec tant d'exactitude et de talent. Versé dans la connaissance de presque toutes les langues européennes, il en parlait dix avec facilité. 11 eût été à même de laisser un bien plus grand nombre de monuments de son érudition, si une mort prématurée ne l'eût enlevé, en 1623, à l'ûge de 43 ans. Voici la liste de ses ouvrages : im de Tribut liheni Alveit atque Ostiis et de quinque pojmlit quondam accolis, dans le Recueil des Antiquités de ta Germanie inférieure, par P. Scriverius, Leyde, 1611, in-4", prélude de l'ouvrage suivant. 2° (iermaniœ anliqum libri fret, neenon Vindelicia el Noricum, Leyde, Elzcvir, 1616, ou 1631, in-fol., ouvrage rempli d'érudition, mais que des conjectures hardies mettent au ran? des livres qu'il faut consulter avec défiance. 3* Sicilia antiqua libri duo, Sardiniaac Corsica emtiquœ, ibid., 1610, in-fol. 4° Italta antiqua, Leyde, 1624, 2 t. en 1 vol. in-fol., publié après la mort de Cluvier, par les soins de Daniel Hemsius. H faut joindre à cet ouvrage les Annotations de Lucas Holstenius, qui avait voyagé avec l'auteur, et qui le rectifie presque toujours heureusement. 5' Introductions in nniversam geograpttian tam reterrm quam noram libri sex, Leyde, Elzevir, 16211, in-12. La meilleure édition est celle d'Amsterdam , 1721), in 4°, avec des notes de J. Runon, de J. Frid. Hekel el de la Martiniére (I). L. R— t.
CLUVIER, ou CLUVER ( Betiii.ff), neveu du précèdent, naquil à Sleswig, vers le milieu dn 17e siècle. Après avoir voyagé en France et en Italie, où il séjourna trois an*, tant à Rome qu'à Venise, il se rendit à Londres pour s'y fixer. Il [virait qu'il y enseignait les mathématiques avec une certaine réputation, car il fut reçu membre de la société royale en 1678. Non content de donner dans les visions de l'alchimie et de l'astrologie, il travaillait i un grand Inné de la science de l'infini, et, a force de creuser
[V On dit qu'il an fils nom»* Jean-Sigismond Ctowne», in- ( < i..J mi le <k-Jum qur son père fil il Londres, daas 11 |ur»t<ieda S'-Sa'imir, el qui fut matrirute membre du folU-go d'Eirltr ra •t33, ronuuc culittl de Lucdre», cl iil* de PbUi|H>e Ua«eriu, l-rcuc. D-i— ».
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cette science, il crut avoir trouvé la quadrature du cercle : l ien n'était plus aisé , selon lui ; car le problème se réduisait à celui-ci : Conslruere mundum divinat menti unalogum. En attendant la solution géométrique et rigoureuse qu'il promettait de donner du premier problème, il décarrail la parabole, et prétendait que tout ce que les géomètres avaient trouvé sur les lignes combes était inexact. ( Foy. Acta erudiiorum. juillet 1680, et octobre 1087.) Lcibnitz, pour se divertir, proposa quelques doutes sur ces visions; il aurait voulu mettre aux prises Cluver avec IS'icuwentydt , qui entassait alors de pitoyables objections contre les nouveaux calculs de l'infini : cela aurait amusé les géomètres, mais cette petite malice ne réussit pas. Cluver avait établi à ses frais une imprimerie pour la publication de ses ouvrages; obligé, en 1687, de faire un voyage dans sa patrie pour un procès qui exigeait sa présence, il laissa son imprimerie, qui fut consumée par les flammes, ainsi que sa bibliothèque, lors des troubles occasionnés a Londres par la révolution. Réduit à une grande détresse, et sans autre ressource que sa plume, Cluver ne quitta plus Hambourg jusqu'à sa mort, arrivée en 1708. On peut voir dans Moller (Cimbria litlerata) la liste de ses nombreux ouvrages, tant imprimés qu'inédits; nous citerons seulement : 1° Schcdiatma geometricum de nova infinitorum scientia; 2 Schediasma de arle mnemonica ; 3° Nova Crisit temporum, ou Passe-temps philosophique (en allemand ). — Jean Cliver, son aïeul , né dans le Holstein en 1583, ministre protestant et professeur en théolosic dans sa patrie, où il mourut, le 25 décembre 1633, a publié divers ouvrages tant en latin qu'en allemand. Le plus remarquable, Epilame hisloriarum totius «lundi, usquead annum 1630 (Leyde, 1637, in-4°), lui a été contesté : on a prétendu qu'un jésuite, auteur de cet ouvrage, ayant été tué pendant la guerre de trente ans, le matiuscril était tombéentre les mains des soldats qui le vendirent à Cluver. F.-C. Feustking, dans ses Mémoires pour l'histoire du Holstein, prouve la lausseté de celte anecdote. C. M . P.
CLLYT (Théooore-Alger ), en latin Cixtils, botaniste hollandais, exerçait avec honneur l'état de pharmacien, et s'occupait de la botanique et de l'histoire naturelle des insectes , à Leyde , lorsque les magistrats de cette ville le choisirent pour diriger l'établissement du jardin de botanique qu'ils fondèrent en 1577. Cluyt enrichit ce jardin aux dépens du sien propre, qu'il avait rendu très-remarquable par une grande quantité de plantes, et, pendant le reste de sa vie, il n'épargna ni peines, ni aépenses pour en accroître le nombre. Charles Lécluse, ou ( lusius. qui était son parent et son ami, lui donna beaucoup de plantes et de graines qu'il avait recueillies durant ses voyages en Hongrie, en Espagne et en Portugal. Le jardin de Leyde devint bientôt l'entrepôt où l'on cultivait tous les végétaux rares ou précieux que les voyageurs et la compagnie des Indes apportaient en Europe. C'est celui qui a le plus efficacement contribué aux progrés de la botanique et de la culture des plantes étrangères, pendant le cours du 17' siècle et le commencement du 18e, par sa richesse , et
plus encore par les savants professeurs qui y ont successivement enseigné. Cluyt n'a publié qu'un ouvrage, dédié à Clusins : c'est l'histoire naturelle des ab illes; il traite de leur formation, de leur nature, de leurs propriétés, et renferme des observations qui étaient alors neuves et précieuses. Voici son titre : lan de iiyen, haer wonderlicht oorprong, nalur, eygenschap, etc., Leyde, 1398; Amsterdam, 1608 et 1705, in-8*. L'auteur avait chargé son fils, auquel il avait transmis son goût pour les sciences naturelles, de traduire ce livre en latin. On a peu de détails sur la vie de ce savant estimable. — Auger Cluyt, (ils du précédent, né à Leyde, vers la fin du 16* siècle, mort vers le milieu du 17*. Son père lui inspira de bonne heure le goût de la botanique, et le fit voyager en différentes parties de l'Europe, principalement dans 1er contrées méridionales, comme l'Espagne et l'Italie, tant pour l'instruire que pour recueillir des plantes ieslinées à enrichir le jardin de l'université de Leyde. Auger Cluyt fit de tels progrès, que, malgré sa jeunesse, se trouvant à Montpellier, Richer de IJelleval, qui était professeur de botanique, lo chargea de le remplacer, pendant deux ans que sa mauvaise santé ne lui permit pas de donner ses leçons. Cluyt quitta Montpellier pour aller en Espagne, d'où il envoya beaucoup de plantes qui manquaient encore au jardin de Leyde. L'ardeur de son zèle pour la découverte de nouvelles espèces l'entraînant de plus en plus, il passa en Afrique; mais trois fois il fut pris dans les déserts de Barbarie, et dépouillé de tout, même de ses herbiers et de ses graines. Ce ne lut qu'avec beaucoup de peine qu'il revint en Hollande, où il fut enlin récompensé de ses travaux et de ses fatigues. Il était docteur en médecine, et directeur du jardin de Leyde. Cluyt est auteur des ouvrages suivants : 1° Calsuve, site disserlalio lapidia nephrilici, seu iaspidis viridit, naturam,proprietates et operaliones exhibens, quant sermone rerensrt Oui. Lauremberg, etc., Rostoek, 1627, in-12. V Mémoire pour indiquer la vraie manière d'embaVer et d'envoyer au loin les arbres, les plantes, les fruits et les graines, etc., Amsterdam, 1631, in-4'». Cet ouvrage, écrit en hollandais, est le premier qui ait été publié sur cet objet important. Les Hollandais profitèrent des instructions qu'il y donne, et c'est dû cette époque qu'ils introduisirent en Europe un si grand nombre de végétaux exotiques, et que les villes de Leyde et de Harlem en firent un grand commerce. 3» Opuscula duo singularia : Uistoria eocci de Maldiva Lusilam, seu nucis medieœ Maldivensium ; — de Hemerobio, sire ephemero inseclo, et majali terme, Amsterdam, 1631, in-4", avec fig. C'est l'histoire du coco des Maldives, et de l'insecte nommé éphémètv. Hoerhaavc, voulant perpétuer le souvenir des services que les deux Cluyt ont rendus à la botanique, a consacré à leur mémoire, sous le nom de Clutia, un genre de plantes adopté par Linné et qui fait partie de la famille des euphorbes ou thylimalofdes. [>— P-s.
CNAPIUS ( Grégoire) , jésuite polonais , né à Grodziec en Mazovie, vers 1564, se consacra de bonne heure A renseignement professa dans le col-
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lége de son ordre, la rhétorique, les mathématiques, la tliéoloiric, et acquit la réputation d'un des premiers grammairiens de son pays. Il mourut a Cracovie, le 12 novembre 1638, après avoir publié : 1° Thetaurut Polono-Latino-Grœcus, seu Promptuarium linguœ laiina et grœcœ, Polonorum, Roxolanorum, Sctavorum, Boemorumusui accommodalus, Cracovie, 1620, in -fol. ; revu et augmenté, 1643, in-fol. de plus de 1ïiO0 p. ; souvent réimprimé et abrégé sous le titre de Synonyma, seu Diclionarium Polono-Latinum, ibid., 1760, in-8". 2° Thetaurut Lalino-Polnnicut, Cracovie, 1626, in-4\ 5' Adagia Polono-Latino- Graea, ibid., 1632, in-4*. Ces deux ouvrages sont comme la suite du premier. C. M. P.
CNOEFFEL ( Am>h£ ), né à Bautzen, dans la baute Lusace, lut conseiller-médecin de.Jcan-Casimir, roi de Pologne, et mourut au camp devant Thorn, le 24 décembre 1658. Il a laissé un petit nombre d'opuscules , dont les principaux sont : 1° Epitlola de podagra euraia, Amsterdam, KM3, in-12; 2* Melhodut mrdendi febribut epidemicit et peslilentialibus, Strasbourg, 16oo, in-12- — Son fils, André Cnoeffel, lut médecin de Michel et de Jean ( Sobieski ) , rois de Pologne , et maire de Marienbourg, où il mourut, en 1609. Parmi les nombreuses observations dont il a enrichi les Fphcméridet dtt Curieux de la nature , on distingue : de Utero cartilagineo; de Infante montlroso culem poreelli attali timilem et duram ex parte gerente ; de aerit intpirati fer aurem tinittram Emisstone C.
COBB (Samuel), poêle anglais, maître de l'école de grammaire de l'hôpital du Christ, mort à Londres, en 1713, se distingua par son savoir, son esprit et son goût. On a de lui, entre autres ouvrages estimés, des Remarques tur Virgile, et un recueil de poésies publié eu 1700, in 8°. 11 a eu part à la traduction anglaise de la Callipédie, par Rowe, et à celle du Lutrin de l'oileau, par Ozell. Ses autres productions connues sont : 1° le conte du Meunier de Chauccr ; 2° une traduction du Muscipula; 3« le Chêne et la Ronce, conte. Son excellente ode, the femaie Reign, a été imprimée dans la collection de Dodsley, et ensuite dans le Gentleman' t Magazine de 1753, avec des changements par le docteur YVattes, qui la considérait comme le meilleur morceau pindarique qu'il eût jamais lu, opinion partagée par le docteur Warton dans une de ses notes sur les ouvrages de Pope. D — R — s et X— s.
CODD (Jacques), auteur dramatique anglais, né en 171*0 et mort le 2 juin 1818, était entré dès l'âge de quinze ans dans les bureaux de la compagnie des Indes orientales, et, après avoir passé successivement par tous les grades , était parvenu au poste brillant et surtout lueratit de secrétaire en chef de cette espèce de ministère. C'était un homme trèsoriginal , spirituel , doué de cette laçilité qu'on est porté à prenthv pour du talent, versifiant agréablement, et véritable pilier de coulisses. Ce goût, qui se manifesta dés son adolescence, ne le quitta pas même lorsqu'en 1810 il abandonna définitivement la littérature scénique. Au reste, jamais son travail à la secrétaircrie ne souffrit de ses distractions théâtrales :
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travailleur méthodique, il excellait dans la distribution du temps. Il débuta en 1774 par un prologue, composé ]>our miss Pope et donné a un bénéfice en faveur de cette actrice. Cinq ans après fut représenté le Contrat, ou la Femme capitaine, coméilie à laquelle le jeu spirituel de miss Pope valut un véritable succès. Le public de Haymarket applaudit ensuite avec transport la traduction d'une farce française. La Nuit fut moins favorablement accueillie ; mais bientôt Cobh prit amplement sa revanche par l'opéra-comiquc let Etrangers au payt (1786), dont le poème ne manque en elfet ni de franc comique, ni d'originalité. L'employé de la compagnie des Indes se mit ensuite à ridiculiser la manie du jour par sa pièce des Lecturct anglaiset (1787 ) , qui lit rire ceux même dont elle était la satire. En 1788, après un nouvel opéra-comique, intitulé l'Amour en Orient, il donna le Docteur et l'Apothicaire, qui, quoique du genre de la farce, est resté au répertoire et ne manque jamais d'exciter le rire fou des galeries. Parmi les autres pièces originales de Cobh nous indiquerons fc Siège de Belgrade, let Pirates, let Chërokis, tous opéras-comiques dont la musique fut composée par Storacc, et le Glorieux premier juin, pièce de circonstance en l'honneur de la victoire fie lord Howe sur la flotte française. Dans le recueil de ses oeuvra se trouvent plusieurs pièces imitées du français : tels sont les Jardins de Kensinglon, intermède , 1781; let Esclaves d'Alger, divertissement musical, 1792; Paul et Virginie, 1800; Algonah, et Maison à vendre, 1802; la Femme à deux maris, 1803 (tous quatre opéras-comiques), et les Retours imprévus, comédie, 1809. Va!,. P.
COHUE TT (GUILLAUME), célèbre journaliste anglais, naquit en 1766, a Farnham (Surrcy). Son père, petit fermier des environs de cette ville, le laissa fort peu de temps à l'école, et, dès qu'il sut lire, l'employa aux travaux de l'agriculture. Cobbett menait ainsi la vie des jeunes paysans, tantôt aidant son père, tantôt émondant les "baies, sarclant les allées de I evéque de Farnham. Un jour, ayant entendu le jardinier en chel vanter les beautés de Kcw, il se mit en tète de rendre visite à ce lieu de délices. Parti avec treize sous en poche, il parvint à Richemond en possédant encore six; et là, i! vit en grosses lettres affiché h la boutique d'un co1[«rtcur : Swift, le Conte du Tonneau, cinq sous. Un long combat s'engagea soudain entre la prévoyance qui disait : a Garde ton argent, n et le désir de dévorer le précieux livre. Finalement, le démon de la lecture l'emporta : il livra se* cinq sous, lut tout le jour le volume, qu'il ne comprenait pas tout entier, coucha au pied d'une meule de paille à la belle étoile, jeûna, et revint enchanté de Kew et de Swift, ne regrettant ni d'avoir dormi en plein champ, ni d'avoir fait maigre chère, et ne respirant plus que pour s'instruire et devenir quelque chose. La lecture de Swift avait été pour lui, dit-il quelque pan, comme une naissance intellectuelle. Ce n'est pas à la ferme paternelle que pouvaient se réaliser pour Cobbett les rêves qu'il caressait. Il la quitta donc à dix-sept ans, assez léger de guinées, et se rendit à Londres, où, comme
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bien d'autres, il comptait trouver fortune en arrivant. Son apprentissage Tut dur. Il en était au dernier penny de sa dernière couronne, lorsqu'un attorney de Gray's Inu le reçut dans son étude. Il apprit là quelque peu de grimoire, de langue anglaise et d'écriture, ou peut-être désapprit ce qu'il savait de cette dernière; niais bientôt la vie monotone des apprentis de la chicane, le despotisme des maîtres clercs, les formules barbares et vides de sens qu'il fallait copier et porter d'un bout de Londres à l'autre le dégoûtèrent. 11 s'échappa, dit il, de l'antre de l'attorney comme de la tanière du lion (1784), et courut à Chatani s'engager dans un régiment alors en marche pour la Nouvelle-Ecosse. Dans cette nouvelle carrière, Cobbett devint un véritable modèle. Dès ce temps, il avait pris pour règle de ses actions, ce qui fut la devise de toute sa vie, Toujours prêt. Dévoré du désir de s'instruire, et de suppléer par l'élude â l'éducation qui lui manquait, il ne perdait pas un instant, « Qu'on donne au travail, dit-il, les « minutes livrées à l'oisiveté, aux cafés, aux tavernes, a aux vains bavardages, on n'imagine pas ce qu'on a acquerra de science : les heures perdues d'une année o suffiraient pour connaître à fond la grammaire et o la langue anglaise! Pour apprendre, il n'est pas a besoin d'école, de maître, de frais d'éducation... Je a n'avais pour salle d'étude que le galetas où vingt « soldats fumaient, sifflaient, chantaient, jouaient « aux cartes, faisaient désarmes; pour chaise que le « lit de camp, pour pupitre que mon havre-sac, pour « table qu'une petite planche. Point d'argent pour « acheter de la chandelle ou de l'huile : en hiver, je « lisais à la lueur du feu de Pâtre. Toutes déductions a laites, il nous restait par semaine quatre sous de « prêt : tout passait en encre, plumes, papier... » L'assiduité avec laquelle travaillait Cobl>ett obtint un plein succès : il faisait toutes les écritures du régiment, et trouvait encore «lu temps de reste. Un commis, nécessaire auparavant pour la corvée quotidienne des rapports du matin, fut supprimé : luimême, aprèsavoir été caporal, passa deplain-pied au grade de sergent-major, a la barbe de vingt sergents, tous plus anciens que lui. Il était depuis quatre ans au régiment lorsqu'il s'avisa de taire choix d'une femme. L'objet de ses vues prévoyantes était la lille d'un sergent d'artillerie du New - Brunswick : il l'avait à peine vue une heure. Le lendemain ou surlendemain, l'apercevant à quelque distance, il notifie a deux camarades qui le suivent le dévolu qu'il vient de jeter sur la fille du sergent. Plus de vingt années après, aux élections de Prestou, un d'eux entendant partout citer le nom de Cobbett, fut curieux de savoir si c'était l'ancien major, et reconnut à sa grande surprise que sa conjecture était exacte. « El qui « plus est , ajoutait Cobbett après avoir renou- « velé connaissance, ces grands garçons que vous « voyez autour de moi m'ont tous été donnés par la « jeune lille que nous regardions de loin vidant son « baquet de lessive près de la rivière St-Jean ! » Cobbett avait à peine formé ses projets d'hyménée que son régiment fut envoyé à cent milles de la rivière Si-Jean, a Frederikstown. Ce n'eût été t ien si
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l'artillerie eût suivi. Elle ne suivit pas : an contraire, le régiment du bcau-pére partit pour l'Europe, là jeune lille aussi; celui de Cobbett ne devait en prendre la roule qu'au bout de deux ans. Mais quand les deux ans se furent passés, il fallut en rester deux encore : l'Espagne et l'Angleterre étaient en querelle a propos de la baie de Noulka. Enlin, au bout de deux mortelles années, où bien des goddem furent décochés et contre la baie de Noulka et contre et criard politique, ce pauvre Pitl, Cobbett quitta l'Amérique, et, arrivé en Angleterre, obtint son congé. Son premier soin fut de se rendre prés de la jeune fille, qu'il retrouva chez un capitaine Brissac, servante pour tout faire au prix de cinq guinées par an, du reste nantie encore de cent cinquante guinées, que Cobbett lui-même l'avait forcée de prendre lorsqu'il s'était séparé d'elle ; car, dès ce temps , il avait amassé ce pécule, tantôt en écrivant les lettres de ses camarades, tantôt en donnant à quelquesuns des leçons de grammaire et d'orthographe. A peu de chose pourtant avait tenu qu'il ne fit choix d'une autre femme pendant sa longue séparation : il fiul lire chez lui les détails délicieux de ces chasses qui régirent dans les vieilles forêts d'Amérique, de l'hospitalité qu'il reçoit après plusieurs jours d'erreurs, des comparaisons qu'il fait entre les charmes présents de la jeune fille de son hôte et les charmes absents de celle qu'il sait de l'autre côté de l'Atlantique. Enlin il avait triomphé, et revenait fidèle. Aussitôt que le mariage eut mis fin à cette idylle militaire, Cobbett visita la France avec sa femme, puis s'embarqua pour les Etats-Unis, et, après un court séjour à New-York, se fixa dans Philadelphie, où bientôt il se fit journaliste. Sa feuille, intitulée le Porc Epie, plaidait la cause du fédéralisme, et, sous ce rapport, se rapprochait de la politique de l'Angleterre et combattait celle de la France. Aussi crut-on longtemps que Cobbett écrivait sous les auspices du cabinet de St-James ; ce qui n'est pas probable, lorsque l'on considère le dédain profond avec lequel plus tard Pitt crut devoir refuser ses services. Les anglomanes américains avaient été meilleurs juges du mérite de celui qui fut bientôt leur organe principal, et le parti contraire sut bien reconnaître dans Cobbett le plus formidable de ses ennemis. 11 eut dès lors mille tracasseries, parfois juridiques, a soutenir de la part des démocrates : son sarcastique article contre le docteur Bush lui valut un procès en diffamation, et lui coûta 5,000 dollars d'indemnité en laveur du docteur. Enfin, lorsque les démocrates se furent rendus m. litres du terrain, la place ne fut plus tenable. Cobbelt, qui, tout en rédigeant et débitant son journal, iaisait le commerce de la librairie, revint à Londres. Son nom était connu de quelques personnes ; mais, en général, on était incrédule sur son talent, comme les Anglais le sont à l'égard des Yankiet , comme, en général, tous les habitants des capitales le sont pour ce qu'ils regardent comme des renommées provinciales. Cobbett marqua bientôt sa place parmi les maîtres de la presse périodique, en publiant un autre journal hebdomadaire, aunuel. du resie. il laissa d'abord