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1e nom caractéristique de Porc-Epic, et qui, comme son liomonyme de Philadelphie, cribla de piqûres aiguës tout ce qui suivait une autre ligne politique que la sienne. Personne ne criait plus haut que Cou* bett haro sur la révolution française, et bravo à toutes les mesures sorties «lu cabinet. Bonaparte, comme on peut le penser, ne trouvait pas grâce auprès du fougueux dclenseur des vieilles formes de l'Europe. Telle était alors la haine du journaliste pour la démagogie française, que lors des fêles pour la paix d'Amiens il refusa d'illuminer. La populace brisa ses vitres et voulut démolir sa maison. Il faut avouer que la polémique de Cobbett, quoique irrésistible par lu verve, par la force de logique, et par l'art tle parler à John bu II son langage, n'offrait pas cette politesse qui caractérise l'élevé d Eton et d'All-Souls. Wyndham sentit combien, sous cette Apre écorce, se cachait de puissauce et de force fasciuau-icc. II alla proposer à Pitt (I80S) de prendre Cobbetl au nombre de ses auxiliaires, et prolrablement Cobbett savait la démarche tentée en sa faveur. Il venait de fonder un nouveau journal, ou plutôt de changer le litre de Porc-Epic en celui de Registre politique de la semaint (Weekly polilical Regisler), et l'allure tiers-parti, à laquelle s'asservit quelque temps le nouveau recueil, indique assez qu'avant de faire choix d'une couleur, on attendait la solution de quelque problème impartant. Pitt, mal inspiré par sa morgue et son mépris pour tout ce qui sortait de bas lieu, ré[x>ndit par un refus accompagné de paroles humiliantes. L'ccbappé de la ferme et de la guérite jura vengeance, et, tournant le dos à While-llall et à Somerset- House pour se ranger du coté qu'il avait longtemps honni, se mit a faire l'a|H>logie de la France, de son empereur et des idées nouvelles, et à bafouer les ministres, dont pas un acte tic put se soustraire à ses impitoyables sarcasmes. En vain Pitt lui lâcha dans les jambes l'ev-savetier Giffoid et la pesante Quarterly Revieu\ Cobbetl écrasa cette lourde Bl'tiUerifl de siège sous ses batteries légères, que seul il faisait mouvoir ; car pas un collaborateur n'était admis a le seconder dans cette guerre hebdomadaire contre le trimestriel recueil de Gifford. Impuissants à le faire taire par def arguments, les ministres se résolurent à le ruiner par des amendes et des saisies sans lin. L'affaire de la bastonnade d'Ely eut surtout un retentissement prodigieux. Quelques soldats s'étaient insurgés dans file de ce nom, et, réduit* à la soumission, avaient été condamnés à la peine du fouet, que leur administrèrent des Ilanovriens (1810). Ce traitement a la turque souleva la bile de Cobbetl, qui n eut |>oint assez daiialhèmes contre ce reliquat de la vieille barbarie, et surtout contre l'indignité de ceux qui faisaient baloimer des Anglais par des Allemands. La mesure n'en du pas moins accomplie, et Cubbelt, pour avoir eu quelque sorie conseillé la révolte, fut condamné à deux ans de prison et a 1,000 livres sterling (43,000 francs) divers le lise. Ces amendes ruineuses nuisirent beaucoup à sa maison de librairie, qu i Londres, comme aux Etam-Cnia, il taisait marcher do Iront avec la rédaction de sa IcuUlc, et avec les travaux agrono-
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miques par lesquels il se délassait de tous les autres
dans son domaine de Dotley (comté de Ilamp) ; car il avait toujours conservé le goût de la campagne, et il n'était pas plus tùt devenu riche par ses combats politiques et ses spéculations mercantiles, qu'il avait acheté des terres et les faisait valoir lui-même. L'amende fut payée en partie par souscription ; mais on ne pouvait aller en prison pour lui. Le journal ne fut point interrompu, et, du fond du cachot, les livraisons se suivirent avec autant de ponctualité que lorsque l'auteur était en pleine liberté ; prodigieuse faculté du génie, si l'on pense que Cobbett seul composait tout sou journal, et qu'il ne se passait pas de semaine sans qu'il n'emplit la valeur de quinze longues colonnes. Seulement sa haine pour ses persécuteurs devint un peu plus irréconciliable. Hien n'égale la sauvage énergie des imprécations qu'il vomit contre Ellenborougb, fauteur de cette sentence, et contre les Pitt, les Gibbs, les Canning, etc. « Vivants et morts, si jamais, écrit-il à « ses fils, vous oubliez que 1,000 livres sterling de « votrt héritage vous ont été volées, puissiez-vous « dcvcnii, comme ce misérable que je ne veux pas « nommer, demi-pourris cl fous I » Ce misérable était George 111. Toujours plus animé contre l'aristocratie anglaise , et creusant de plus en plus les principes de la réforme sociale et parlementaire, Cobbett huit par devenir un des chefs des radicaux, dont on peut le considérer comme le tribun le plus entraînant, tandis que llcnlham en est le théoricien le plus fort. Cobbett alors fut une puissance. Tous les clubs retentissaient de son nom el prônaient son mol d'ordre. Souvent les chefs du cabinet affectaient de le dédaigner : le dédaigner était impossible ; à lui seul, il leur faisait passer plus de mauvaises nuits, il versait plus de fiel dans leur coupe el de vitriol sur leurs plaies, que toute la presse d'opposition. C'est bien réellement pour le bâillonner que furent volées et la loi restrictive de la presse, el la susjiension de Y Habeas corpus, en 1817. Cobbelt, à cette époque, était en butte aux poursuites de ses créanciers. En dépit de toutes les souscriptions politiques, les amendes, les années de prison, les tracasseries de tous genres, les encouragements prodigués |«r le gouvernement à tout ce qui pouvait lui nuire ( car ses ennemis mêmes reconnaissaient qu'il n'avait aucune habitude ruineuse ) , l'avaient réduit a celte triste position. Il alla demander aux Etats Lnis l'asile que jadis il était venu chercher en Angleterre contre le courroux des chefs de l'Union. Cette fois, il ne se fit pas libraire ; mais tout en se mettant à la tétc d'une ferme considérable, dont il ht comme une petite forteresse dans Loog-island, et en y établissant un magasin île semences et de graines, il continua son Registre de la semaine, dont il euvoyait les numéros à Londres par cliaquc navire qui mettait a la voile pour l'Angleterre. Il écrivait aussi divers petits ouvrages à l'usage des classes inférieures, son Jardinier amrlicain , et la grammaire si connue sous le nom de Mailre de langue anglaise. Pendant ce temps, ses affaires s'arrangèrent, et il put reparaître dans la
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Grande-Bretagne : il y reprit ses travaux agricoles
et continua son journal encore plus populaire et plus goûté que par le passé. Il venait alors de voir démentir une de ses prophéties : 1818, avait-il dit, verra la réforme parlementaire 1 Sans être déconcerté par ce soufflet cpje les événements donnaient 0 son infaillibilité, il remit l'accomplissement de cette grande révolution à cinq ou six ans plus lard, et prédit que certainement elle arriverait a cette époque sans remise aucune et sans délai. 11 y croyait si fermement que pour commencer le mouvement, il alla chercher les restes mortels de Thomas Paine en Amérique, ne doutant pas que l'arrivée de cette précieuse dépouille n'électrisât les patriotes et ne déterminât la commotion. Arrivé à Liverpool avec le tombeau, il s'aperçut que personne ne bougeait, pas plus à Londres que sur la cote, laissa la bière aux pompes funèbres liverpoolitaincs, et revint de son mieux s'excuser dans les clubs d'avoir eu trop ou trop peu île foi. Les wiglis exagérés, dont malgré ces petites déconvenues il était l'oracle, s'unirent pour le porter a la chambre des communes. Covcntry fut témoin de celte lutte électorale qui, quoique vivement appuyée, se termina par une défaite. A la réélection suivante, Cobbeit fut plus heureux. Mais quoiqu'on 4823, en accusant les ministres, tout wiglis qu'ils étident, d'impéiitie et d'ignorance, il se fût annoncé comme possédant le secret des vraies causes qui menaient inlailliblement la Grande-Bretagne à sa ruine, et comme devant en proposer les remèdes si jamais il arrivait à la tribune parlementaire, il sembla froid et décoloré dans cette arène nouvelle Le journal, et, pour mieux dire, ton journal était le seul théâtre où nul ne pouvait jouter avec lui. Lnc fois sorti de ce cadre admirablement en harmonie avec sa manière d'aborder un sujet, de discuter, d'intercaler les digressions, de faire pleuvoir les personnalités, les exemples au milieu des questions, et mêler à tout, comme Montaigne, son individualité, il perdait de sa verve, de son originalité, de la facilité «le ses allures, il n'avait plus ses coudées franches. Chargé de la rédaction du Sla- Utman (l'Homme d'Klal), il ne put en empêcher la ruine; collaborateur du True-Sun (le Vrai Soleil ), il n'ajouta point à la splendeur un peu brumeuse de cette feuille à titra ambitieux. Du reste, grâce à son caractère essentiellement frondeur et prompt à se ranger du côté du vaincu, grâce à cette habitude d'isoler son travail et de s'isoler dans le combat (car sa polémique irritable frappait presque indifféremment amis et ennemis, ou plutôt voyait dans l'ami de la veille l'ennemi du jour), il ne parvenait à rien, tandis que des hommes qui ne le valaient point arrivaient à tout : il faisait du bruit, on prônait ses principes, on répétait ses arguments et ses sarcasmes ; il avait du pouvoir, mais de l'inQueuce, non I Géant par l'intelligence, il sentait sa supériorité sur ces pygmées ; et cependant il sentait que, pour la volonté, pour le savoir faire, pour la vie pratique, ces pygmées l'emportaient sur lui. Ces idées le fâchaient : il n'en devenait que plus hargneux, pariant plus seul. Sa mission d'ailleurs était remplie.
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Les doctrines qu'il avait proclamées avaient pénétré les masses, le char de la réforme roulait triomphant. Il pouvait se dire avec justice qu'il avait fait plus do mal ù l'aristocratie qu'elle ne lui en avait jamais fait. Comme pour couronner les singularités de sa vie, qui fut une antithèse perpétuelle, Cobbett mourut en ISôo, le 18 juin, jour anniversaire de Waterloo, de celte bataille qu'il regardait comme une calamité pour le genre humain. Soudain les haines s'éteignirent ; tout le monde, amis, adversaires, vinrent déposer des hommages sur sa tombe ; et le Standard , le journal des purs tories, proclama Cobbett un des plus grands hommes auxquels l'Angleterre ait donné naissance. Nul doute qu'au moins ce ne soit une des télés le plus vigoureusement organisées qu'elle ait produites. On a vu combien d'uhstacles il eut à vaincre 1 11 fut lui même son propre créateur. Jeté de bonne heure dans le journalisme, il ne put jamais réparer complètement le manque d'études préliminaires en histoire, en philosophie, en beaux-arts; et, quelque nombreuses qu'aient été les notions qu'il acquérait, il ne les méthodisa jamais, ne les réunit jamais en un tout harmonique. Aussi n'cul-il point de système. Mais il n'en est que plus admirable puur la perspicacité du coup d'œil, pour la profondeur des idées, pour la lucidité de l'expression. On voit que, mis en présence d'un sujet qu'il n'a jamais louché, il va en peu d'instants le pénétrer, en faire jaillir la lumière et donner une solution ou des éclaircissements dont ne s'aviseraient pas, en se cotisant, vingt autres qui, pendant vingt ans, auraient étudié lu matière. Mais lorsqu'il erre sur un fait, il séme mille vérités de détail ; et la clarté de son style a ceci de salulaire que, s'il se trompe, il met sur la voie de la rectification. Du reste, il est inégal, brusque, forcené, brutal, envieux comme l'homme de néant ; lançant l'injure comme un charretier ivre; injuste, prompt à se dédire, à se contredire, à souiller de houe l'autel qu'il vient d'encenser. Bonaparte, qu'il a dénigré six ans, devient un grand homme en 1808, un dieu en 1815; en revanche O'Connell est un vagabond , un misérable ; llunt devient le roi du mensonge ; les meneurs de clubs sont des chasseurs de places , des buveurs de pots de bière. «Oh! que je vou- « draisvoir rassemblés dans un parc tous ces jourc nalistcs, tous ceux qui payent ou font des revues ! « quelle ménagerie souffreteuse, mal peignée, ridi- « culc de manières et chétive en accoutrement ! et a. voila les rois de l'opinion, reine du monde! voilà « ceux qui se donnent pour les régulateurs des « États!... » Sa haine, lorsqu'il hait, ne s'arrête pas devant le marbre lumulairc : Bric, Tanton, Liverpool marchent escortés de ses sifflets au caveau de leurs ancêtres; Casllereagh est toujours le sot ministre qui' s'est coupé la gorge; Canning n'est point encore en-, terré qu'il fait paraître son oraison funèbre, chefd'iruvre d'esprit, de philosophie, de narration, d'appréciation des faits, de sarcasmes I et quels sarcasmes! On l'a dit, on croirait assistera la danse triomphale d'un sauvage sur le cadavre de son. ennemi. Toutefois qu'on n'exagère point ici le
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blâme : Cobbelt n'attaque sons le drap mortuaire, que ceux qu'il a bernés vivants dans leur simarre et sous leur hermine : il n'est point lâche ; puis, ce qu'il attaque, c'est moins le mort que les inscriptions aristocratiques qui mentent à la postérité, ces complices qui vont en être les continuateurs , enfin le système qui survit ; quand l'individu n'est plus, tandis qu'on loue, il proteste. L'histoire peut souvent lui devoir des remerclments. Si pourtant Cobbett n'était que ce que nous disons, s'il ne se fût montré que fébrile, fantasque, frondeur, si sa vie n'eût été qu'une irritation perpétuelle, si tout son talent eut consisté à darder le sarcasme et r injure, il mériterait lui-même bien peu d'éloges, et l'on pourrait demander par quel hasard il eut en partage la popularité, la renommée. Le voici. D'abord Cobbelt exprime tout avec une lucidité parfaite et fait chatoyer les ob|ets sous mille facettes , dont chacune donne une idée nouvelle : John Bull et le lord le comprennent également. Puis son style est nerveux, coloré, rapide, entraînant; il bouillonne, il gronde, il arrache sa rive, et vous emmène avec elle. Beaumarchais n'a pas sa verve ; et sans Aristophane on n'aurait personne i lai comparer. Bien de plus varié et en même temps de plus simple que sa manière; il semble entrer chez vous, s'asseoir au coin du feu , causer, et tout à coup il s'élève à la plus haute éloquence ; il analyse les questions les plus abstruses, il traite des points de droit, de diplomatie ou d'histoire; et il n'a point cessé d'être familier, amusant. La discussion, le conte, les personnalités , les abstractions , tout s'entremêle, s'amène, s'illustre mutuellement. Des lahleaux d'une délicieuse fraîcheur contrastent souvent avec le ton âcre et hargneux des pages où le pessimiste l'emporte; il aime à se mettre en scène, à dire son enfance, ses jeunes passe-temps, ses malices, ses joies, son développement moral ; chacun en Angleterre connaît, comme il les connaissait , sa petite bibliothèque de chêne, sa ferme, ses mouches à miel, ses amours : Rousseau n'est pas plus enchanteur dans ses Confeuions ou dans Sophie. Un choix dans les cent volumes de Cobbelt serait à la fois le plus piquant des recueils satiriques, le plus persuasif des cours de morale et de sagesse populaire, et la plus amusante des biographies. Enfin Cobbelt est Anglais, tout Anglais et rieu qu'Anglais. Vrai bouledogue britannique, il a les vices et les qualités, les idées et les préjugés, la franchise et la brusquerie des enfants d'Albion. Le Pore- Epie, litre de son premier journal, était bien son véritable emblème : Courrier manie le fleuret, Cobbelt boxe. On l'a nommé le dernier des Saxons. En effet, son style est plein d'idiot ismes saxons : point de latinismes, point de périodes cicéroniennes , l'éloquence du Paysan du Danube, la Jacquerie faite Démosthéne, mais aussi plaisante que Démosthéne l'était peu. Et peut-être est-ce là le trait le plus caractéristique de Cobbelt : il était admirable pour la caricature. Les sobriquets découlaient de sa plume si justes, si pittoresques , qu'ils restaient comme la tunique de Nessus aux épaules d'Hercule. Qui ne se rappelle, pour peu qu'il
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ait été en Angleterre, Robinson-Prospérité, le vieux la Gloire (Burdeti), la Guêpe, Pis-Aller, Lame-decouteau, et ce célèbre chancelier, moitié laudanum, moitié eau-dc-vie (1)?On a de Cobbelt, outre \c Registre de la semaine (24 vol. in-8°, 1802-13) et les deux Porcs-Epics ( l'américain, réimp., Londres, 12 vol. in-8°, et l'anglais) : 1» Abrégé du droit des gens de Martens (trad. du français), Philadelphie, 1795, in-8°; seconde édit., Londres, 1802. 2° Description topographique et politique du port espagnol de St-Domingue (irad. du français de Moreau do St-Méry), Philadelphie, 1796, in-8*. 3" Lettres sur les funestes effets de la paix (d'Amiens) avec Bonaparte, Londres, 1802, in-8"; 2» édit. avec appendice, même année. 4° Division de l'empire d'Allemagne en départements (trad. du français de Tinscau d'Amondans), 1802, in-84. 5° Lettres au chancelier de l'Echiquier sur les conséquences funestes que produit la paix d' Amiens sur le crédit public, 1803, in-8° 6° Débals parlementaires de Londres de 1803 à 1810, f6 vol. in-8». 7° Histoire parlementaire d'Angleterre depuis la conquête normande jusqu'à nos jours (1803), 1806-13, 12 vol. in-8». 8° Le Protêt politique, Londres, 1803, in-8° (c'est une satire sur Shéridan). 9° Essai sur les bêtes à laine, avec notes et préface, 1811, in-8°. 10» Le Jardin américain. H' Le Maître d'anglais, œuvre grammaticale assez médiocre, sans ordre, et où Cobl>clt, qui ne connaissait pas la bibliographie de la grammaire et l'état de cette science , donne avec conlianre toutes ses idées comme des découvertes, découvertes souvent un peu surannées. Le Alaitre d'anglais a été traduit en français avec de larges modifications par Scip. Duroure (Paris, 1816, grand in-8"). Cobbett s'est plaint bien amèrement et à tort des retranchements et revirements que s'est jwrmis son interprète, qui, ne faisant point de la grammaire une arme politique, ne pouvait laisser passer les exemples singuliers que Cobbetl ajoute à propos de tout, el dont voici un échantillon : « Trait d'union, pe- « tile ligne qui unit deux mots représentatifs d'i- « dées unies par la nature des choses, comme Castle- « rcagh-chat-tigre (2). » 12» Economie des chaumières, New-York, 1818. Ce livre a contribué tout de bon à rendre les paysans d'Angleterre plus industrieux, plus moraux et plus riches. 13" Histoire de la réformation protestante en Angleterre el en Irlande (dans une série de lettres adressées au peuple
(r « Cotait, dit le Standard (le journal tory par eicMlence), fat « 1 un des piu« granit» hommes que l'Angleterre ail produits.» Il (al «loue, suivant le Ta.iS Matante, qui lui a consacre un long article d'où celui-ci est en partie tire, de vastes (acuités, d'une nature (orle et bienfaisante, d'une capacité Immense. Ses fautes ont et* uombrru«es ; mais le bljiue ne doit |>as ne»er sur lui seul : cent qui ont rempli d\inicrtunte. ofTinse mortellement el persécute violeinmeut ret homme supeneor, doivc.it partager au moins la responsabilité de ses actes. D— i— s,
(2) En anghls, le irait d'union esl entre C.asilereagh et rballiftre. comme lorsque I on d.sait Virgile- Delille, ele. — Le tl,tint d'anglais avait doja paru. soigneusement corrige par L. Fain auginenl.- de nules par». l'opplelon, suivi des ÉUmrxn de la contertalion ax9tahe, etc.. par S. Paria, el d'un Choie des iJtoUtmes de la laagae analane, par Chimbaud. Caris, («15. in-ta. réimprime -en 19(7, (819, («»tUW7.
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anglais ), Londres, 1826, in-8°. Composé par des conseils et sur des matériaux irlandais, cet ouvrage est d'une excessive partialité, |iii|tiant du reste, mais plein de liors d'eeuvre, et quelquefois trahissant une singulière ignorance des faits, jointe à la confiance la plus parfaite en sa propre infaillibilité. Qui croirait, par exempte, qu'il est question, dans YHiiioire de ta ré[ormation, de Casllereagh , de George IV, de la reine Caroline, etc.? Qui croirait <[tic l'on affirme que le massacre de la St-Barthélemy a frappé sept cent quatre-vingt-six huguenots, ni plus ni moins? Il ne faut cependant ni s'en rapporter -iiux déclamations des ennemis du catholicisme contre la véracité de certains passages de cette histoire, ni se scandaliser que Cobbett ait traité comme ils te méritent les Cranmer, les Lalinier, les Cromwcll, Henri VIII, et qu'il nomme Elisabeth une hyène Mir le tronc. Cette Histoire de la ré formation anglaise a été traduite en français par MM, Chevallcy et Y vers, Paris, 1826, in-8«; ibid., 1826, 1827, 2 vol. in-18; et dans la Bibtiolh. cathol., 1827 , 2 vol. in-18 (1). Ce n'est pas le seul fait qui prouve que les écrils de Cobbett sont un arsenal d'où tous les partis peuvent tirer des armes. Val. P.
COBENZL (Ch.vri.es, comte de), chevalier de la Toison d'or, grand'eroix de l'ordre royal de StElicnnc, conseiller d'Étal et ministre plénipotentiaire au gouvernement général des Pays-llas, naquit le 21 juillet 1712, à Laybadi en Carniole, et débuta fort jeune dans la carrière diplomatique. 11 remplit avec succès diverses missions importantes auprès des cercles de l'Empire, principalement à l'époque où l'Europe , conjurée contre Marie-Thérèse, cherchait à lui ravir l'héritage de ses pères. Les services du comte de Cobenzl furent récompensés par les faveurs de la cour, et, en 1753, il fut mis â la tète de l'administration des Pays-Bas autrichiens, en qualité de ministre plénipotentiaire. Partageant son temps entre les affaires et les plaisirs, il passait pour avoir le coup d'œil d'une justesse peu commune et pour travailler avec une facilité prodigieuse. l'eu d'hommes d'Etat ont porié plus loin ces grâces, ces agréments cl cet esprit qui font le charme de la société. Il aimait et protégeait les lettres et les arts. Il fut le fondateur de l'académie des sciences de Bruxelles et de l'école gratuite de dessin. La Belgique lui doit pinceurs règlements utiles. Frappé des inconvénients qui résultaient de la tendance qu'avaient les communautés religieuses à s'agrandir sans cesse par de nouvelles acquisitions , il leur en lit interdire la faculté. Ce fut encore lui qui chargea les abbayes les plus riches de pensions au prolit des lilles de militaires sans fortune. On lui attribue divers projets de réforme qui n'ont été exécutés que sous le règne de l'empereur Joseph H. Quoi qu'il en soit, il est permis de croire que , si le comte de Cobenzl avait été chargé de les mettre en œuvre, ces mesures, préparées avec sagesse, auraient prévenu les orages politiques qui ont éclaté dans les provinces belges en
(i l Elle a été aussi induite en espagnol par M. Cli. de Verneoil, et publier H M».l.id, en I vol. ii'-B*. D-z-s.