‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 80 sur 117 · VI · texte numérisé non relu

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1789. Il mourut à Bruxelles, le 20 janvier 1770. II

était père de Louis et oncle de Philippe de Cobenzl, qui ont été successivement ambassadeurs d'Autriche en Russie et en France. St — t.

COBiïKZL (Lotis, comte oe) , fils du précédent, naquit à Bruxelles, en 1753, entra de bonne heure dans la carrière dip'omalique, et, dès l'âge de vingt-sept ans, fut envoyé en ambassade auprès de l'impératrice de Russie, Catherine II, dont il mérila la faveur par sa galanterie, et surtout en composant et jouaut lui-même des comédies sur le théâtre particulier de celle princesse. A l'occasion du troisième partage de la Pologne, des difficultés étant survenues entre les trois puissances copariageantcs , comme on ne put s'eniendre sur ce qui concernait la possession de la ville de Cracovic, on résolut d'abandonner ce point important à une négociation future et de régler en attendant le partage des autres provinces. Lne transaction fut signée à cet effet à Pétersbourg, le 24 octobre 1793, entre la Russie, la Crusse et l'Autriche; ce fut Cobenzl qui signa au nom de cette dernière puissance. Il adhéra aussi eu la même qualité à la convention du 26 janvier 1797, qui réglait le payement des dettes de la Pologne. Rappelé cette même année, il se trouvait à Vienne, d'où il fut envoyé au mois de septembre à Udine en qualité de représentant de l'Autriche aux conférence» qui se tenaient dans celle ville, et qui se terminèrent par le traité de Campo-Formto entre cette dernière puissance et la France; il le signa le 17 oclobro 1797 (I). Envoyé ensuite à Rastadt pour négocier la paix avec la France, il eut quelques conférences avec le général Bonaparte, qui ne resta cependant que jusqu'au 1" décembre 1797, quoique le congrès ne s'ouvrit que le 9 du même mois. L'année suivante, le lieu des conférences ayant été transporté à Sellz, petit bourg d'Alsace, en face de Rastadt, le comiede Cobenzl, qui venaild l'être portéau ministère des affaires étrangères, s'y rendit, et s'y trouva avec l'ex-direcleur François de IScufchateau, ministre de France, chargé par le dirertoire de demander des explications sur l'événement qui avait obligé l'ambassadeur Bernadette a sortir de Vienne. Le comte de Cobenzl y fit au ministre français la galanterie de faire jouer on sa présence la comédie de Pamèla. La rupture des conférences de Seltz détermina Cobenzl a retourner à Vienne, en laissant ses pleins pouvoirs, comme ministre d'Autriche et de Bohême, au comte de Lehrbach. Mais dès lors l'Autriche, résolue à la guerre, crut devoir la préparer de loin, en se liant avec la Russie et la Prusse. En conséquence le baron de Thugut, qui avait été éloigné du ministère comme contraire à la France, y rentra, et le comte de Cobenzl se rendit pr Berlin a St- Pélersbourg. Il trouva à Berlin Thugut, qui était en roule pour Vienne. Les deux ministres essayèrent inutilement d'entraîner le roi dans une guerre contre la France. Cobenzl continua sa route pour St-Pétersbourg, puis fut envoyé a Lunévillc, où il conclut ea 1801 un traité de paix avec la France. Nommé quelqnes mois après ministre d'État et vice-chancelier au département des affaires étrangères, sa démission

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lui fut accordée en 1805, et il mourut â Vienne le 22 février 1808. — Sun cousin le comte Philippe de Cobekzl, né dans la Carniole en 1741, fui conseiller de finances en 1762, puis conseillé privé à Bruxelles. Ce fut lui qui conclut la paix de Tcschcn en 1779. Chargé en 1790 de négocier avec les chefs de l'insurrection des Pays-Bas, les élats refusèrent de le reconnaître, et il se rehigia à Luxembourg, où il montra beaucoup de faiblesse, surtout dans une déclaration par laquelle il révoquait, au nom de l'Empereur, tous les édits qui avaient été cause des troubles. Resté sans emploi depuis cette époque, il reparut ;sur la scène politique en 1801, et fut alors nommé, par le crédit de son cousin, ambassadeur à Paris, où il resta jusqu'à la rupture de 1H05. H est mort le 30 août 1810. M-D j.

COBHAM (lord). Voyez Oldcastle (sir Jean).

COBHAM (ÉLÉO.NOUE). Foj/fïGLOCESTER (Hum-

phrey.)

COBHAM (lord). Voyez Jacques 1".

COBO (Jean), dominicain espagnol, né à Alcaçar de Consuegra, près de Tolède, après avoir enseigné avec succès dans quelques maisons de son ordre, se dévoua aux pénibles travaux des missions étrangères, et s'embarqua pour les Philippin» en 1586. Une maladie grave du chet de la mission l'ayant forcé de séjourner quelque temps à Mexico, le P. Cobo y prêcha avec tant de zèle contre les désordre» publics et la négligence que le vice roi apportait à les réprimer, que celui-ci condamna l'indiscret prédicateur à être déporté aux Philippines, Où l'on exilait tous les malfaiteurs. Le missionnaire, au comble de ses vœux, arriva à Manille en juin 4588, et fut placé par ses supérieurs* Parjan pour instruire une colonie de Chinois établie aux Philippines. Il s'appliqua avec tant d'ardeur à l'élude de leur langue, qu'en peu «le temps il lut en état de leur prêcher l'Evangile et de les catéchiser, au grand étonnemenl des Espagnole Manille. Il établit dans cette ville un hôpital pour les pauvres Chmou, et sa charité, jointe à son zèle, contribua sans doute Jjeaucoup aux heureux succès de sa mission. Il s'acquit tellement la confiance, non-seulement des Chinois cl des Japonais, mais encore du vice-roi espagnol, qu'il fui awoyé, en 1592, auprès de l'empereur du Japon, qui prétendait soumettre les lies Philippines a un tribut, comme terres de sa dépeudauce. La connaissance que le P. Cobo avait de l'écriture chinoise fut un des principaux motifs qui le firent choisir, et contribua beaucoup au succès de cette mission diplomatique: il peignit d'une manière si éloquente la grandeur el la puissance du roi catholique, qu'il oblint, non-seulement l exemption de tout tribul et un traité de paix el d'amilie, mais encore le libre exercice de la prédication de l'Kvangile ; et les jésuites eurent la permission de rétablir leurs églises renversées, et de prêcher en public. L'empereur fit au zélé dominicain les olircs les plus brillantes pour le retenir à son service , mats celuici, qui se déliait de l'inconstance de cette cour, allégua la nécessité d'aller rendre compte de son ambassade, et be rembarqua pour les Philippines. Le

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capitaine de son vaisseau, connaissant pen ces parages, dont la navigation est dangereuse en certains temps de l'année, ne quitta les cotes du Japon qu'au commencement de novembre; et son bâtiment, après avoir été le jouet des plus violentes tempêtes, fit naufrage sur la côte orientale de l'île Formose , où le P. Cobo fut massacré par les sauvages , ainsi que plusieurs de ses compagnons. Il avait composé pour ses néophytes, et pour l'usage de ses successeurs dans celte mission, les ouvrages suivants : 1» Lingua Sinica ad certam recocala melhodum, quatuor distinctis ckaraclcrum ordtntbus gênerait*simis, gêner alibus, specificis et indiridualibus, sets Vocabutarium Sinense. Ce dictionnaire chinois, en plusieurs volumes , est le premier ouvrage dont il se soit occupé, el il a élé fort utile aux autres religieux de son ordre qui se destinaient aux missions de la Chine ; il ne parait pas qu'aucun exemplaire en ait été apporté en Europe, où il serai) fort recherché, comme étant le plus ancien ouvrage sur l'élude de celte langue. 2* Catéchisme chinois, adopté par plusieurs autres missionnaires, pour l'instruction puhl.quc et particulière de leur troupeau. 3° Sentences choisie! de Séncqueet d'autres auteurs païens, traduit» en chinois. 4" Traité d'astronomie. Ces divers écrits, imprimés par les Chinois établis aux Philippines, ont contribué a donner à ces peuples une idée avantageuse des Européens. Nie. Antonio, dans sa Biblioth. hisp., ne fait point mention du P. Cobo ; mais on peut consulter , pour plus de détails, les Scriptores ordinis Prœdicatorum des PP. Quétir el Echard. C. M. P.

COBO (Barnabe), jésuite espagnol, né à Lopera, dans le petit royaume de Jacn, en 1382, fut missionnaire, remplit cette fonction pendant cinquante années dans l'Amérique, tant au Mexique qu'au Pérou, et mourut à Lima, le 9 septembre 1657. Il avait composé en espagnol une histoire des Indes, qui est demeurée en manuscrit. Il s'était aussi beaucoup occupé de l'histoire naturelle de ces contrées, et il avait écrit sur cette science 10 vol. in-fol., qui n'ont pas été imprimes. Malgré de si grands travaux, le nom de ce -ésuite, aussi savant que laborieux, était reste presque inconnu, ainsi que son ouvrage, jusqu'à ce que le manuscrit en eut été trouvé, sur la lin du dernier siècle, dans la bibliothèque de Sévillc, où il avait été déposé. Cavanilles a voulu tirer de l'oubli le nom de son compatriote, et pcr|»ciuer le souvenir de ses travaux sur la botanique et l'histoire naturelle, en nommant eobaa un nouveau genre de plantes du Mexique, qui l*il partie de la famille des bignonées. La seule espèce connue aujourd'hui est une très- belle plante grimpante, qui, depuis environ dix ans qu'elle est généralement cultivée, lait, par ses festons et ses guirlandes, l'ornement des jardins de l'Europe. D— P— s.

COBOL" BY (Rachyd-eddyn-Aly. surnommé Ibn-Al-), médecin et botaniste arabe très-estimé, était originaire de Cobour, ville de l'Arabie déserte. Il s'adonna à l'étude des plantes cl de leurs vertus, cl a ron<|H>sé, sous le titre de Adwyah-Âlmofrtdah, un traite des uiedicamculs simples. Cet ouvrage pic-

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céda de quelques années le grand ouvrage d'lbn-al- Belthar (roy. ce nom), sur la même matière, et peutlire lut servit de modèle. Il (ut composé par l'ordre et sous les auspices du sultan de Syrie, Mélik- Almoaddliam, neveu de Saladin. Coboury mourut en 639 de l'hégire ( 1241-4*2 de J.-C. ). J — N.

COCCAIK (Merlin). Voyez Folengo.

COCCAPANI (Camille), de Carpi, un des plus célèbres littérateurs italiens au 16e siècle, mourut à Ferrare, au mois de juin 1591, âgé de 50 ans. 11 commença ses études à Modéne et les acheva à Ferrare, puis devint professeur de belles-lettres, et enseigna pendant plus de trente ans, non-seulement dans ces deux villes, mais encore à Mantoue, à Plaisance et à Reggio. Par son testament, il lit don de sa bibliothèque à la ville de Modene. Ses connaissances et son goût en poésie le firent surnommer il poelino. Il fut en relation avec la plus grande partie des poètes de son temps. Le Tasse lui-même avait pour lui la plus grande estime. On a de cet auteur : 1 • Errata Btndinellii in P. Scipionis Mmiliani Vila, Modéne, 1570, in-4°. C'est une critique très-mordante de la vie de P. Scipion, écrite par Bcndinclli, qui avait injurié Coccapani dans quelques lettres. T Ad Pomponium Taurellum comilem Montis CAiaruguli ode tricolos lelrastrophos, qui se trouve dans le recueil des poésies latines d'Angelo Guicciardi, publié à Reggio, 1593 ; 5° Comento sulla pnetica d'Orazio, resté manuscrit, et qui était dans les archives secrètes de la ville de Modène. R. G.

COCCAPANI (Sicisjio.nd), peintre, né à Florence, en 1585, étudia les belles-lettres et les mathématiques jusqu'au moment où les arts du dessin devinrent sa plus chère occupation. Il s'y livra dès lors exclusivement, et voulut, à l'exemple de Michel-Ange, embrasser toutes les branches des arts d'imitation; mais la peinture et l'architecture furent celles qu'il cultiva avec le plus de succès. Cigoli, qui joignait au talent d'un peintre habile des connaissances peu communes en architecture, fut son maître dans ces deux arts. I.e premier ouvrage de Coccapani fut un tableau d'autel pour une église de Lucqucs. Il alla à Rome en 4610 avec son maître, pour l'aider à peindre la chapelle Pauline. Revenu dans sa patrie, il se livra plus particulièrement à l'architecture. Il avait recueilli et rédigé un grand nombre d'observations sur cet art. Il eut part aux différents travaux publics qui se firent de son temps a Florence. Il composa un savant traité, dans lequel il indiquait les moyens d'encaisser l'Arno dans un canal. Cet ouvrage, qui était accompagné d'un grand nombre de gravures, eut l'approbation de Galilée. Coccapani lit encore, concurremment avec les plus célèbres architectes de son temps, le projet de la façade du dùme de Florence. Il fut l'architecte et le peintre de deux chapelles du dùme de Sienne, et ses contemporains le placèrent au rang des maitres qui surent tenir le pinceau et l'equcrre d'une main également habile. Il mourut à Florence, eu 1612. A— s.

COCCEIUS AUCTDS architecte romain, sous l'empire d'Auguste, seconda par ses talents les grandes vues d'Agrippa, et lut chargé de travaux impor-

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tants dans les environs de Naples, entre autres de plusieurs chemins souterrains taillés dans les rochers qui s'étendent depuis cette ville jusqu'à Pouzzoles, et depuis le lac Averne jusqu'à Cumcs. Il existe encore des restes de ces galeries souterraines, et on conjecture que la fameuse grotte du Pausilippe cl le temple de marbre blanc et d'ordre corinthien, dont on voit les débris près de Naples, étaient au nombre des ouvrages de Cocceius. Son |>ère, Caîus Posthumius, avait été son maître, mais il parait que la réputation du père n'égala pas celle du fils. Tous deux étaient affranchis; leurs noms et les particularités qui les concernent se trouvent en partie dans Strabon (Ht. 5), et sur deux inscriptions antiques. L— S— E.

COCCEIUS NERVA, jurisconsulte célèbre, et très-instruit, suivant Tacite, dans le droit divin et humain, vivait dans le 1er siècle de notre ère. On croit qu'il était fils d'un autre Cocceius Ncrva, qui, pendant le triumvirat, avait été consul avec L. Gellius Publicola. Il parvint lui-même à cette haute dignité, et fut du petit nombre des conseillers que Tibère, jdans l'intimité duquel il était, conduisit avec lui à Capréc. Il n'y avait même d'autre consulaire que lui. Un pareil séjour ne pouvait que déplaire à un honnête homme tel que celui-ci. Aussi, dans un moment où son crédit était encore entier et sa santé parfaite, il résolut de se donner la mort. Tibère, instruit de ce dessein, n'oublia ni sollicitations, ni prières pour l'en détourner. Il fut jusqu'à lui exposer quel tort ce serait pour sa réputation, si le meilleur de ses amis prenait, sans aucun motif, la vie en aversion. Cocceius, sans être touché de ces considérations, se laissa mourir do faim, l'an 24 de l'ère vulgaire. Ceux qui connaissaient le fond de ses sentiments disaient qu'au milieu de l'indignation et de la crainte que lui causaient les maux de la patrie, il avait voulu chercher une fin honorable, avant d'être atteint par ces revers de fortune sous lesquels tant d'autres avaient succombé. 11 est souvent cité dans les livres de droit. — Cucceils Nerva, son fils, soutint la réputation que son père s'était faite dans la jurisprudence. Ayant été désigué préleur, Néron lui accorda les ornements triomphaux, et lui fit élever une statue. On croit qu'il lut le père de l'empereur Nerva. Il avait beaucoup écrit sur le droit, et ses ouvrages sont souvent cités par les jurisconsultes qui vécurent après lui. On l'accusait cependant de trop de subtilité. B— i.

COCCÉJI ou COCCEIUS (Henri, baron db), jurisconsulte allemand, né à Brcmen, le 25 mars 46Î4, mort à Francfort-sur-l'Oder, le 18 août 1749, s'était principalement occupé du droit naturel et du droit des gens, qu'il professa à Ucidclbcrg, à Utrecht et à Francfort. En 1670, l'université d'Oxford lui conféra le degré de docteur en droit en même temps qu'au prince d'Orange, depuis Cuillaume III. Il fut employé dans plusieurs affaires importantes, et l'Empereur, pour récompenser ses services, le nomma, en 1713, baron de l'empire. 11 a laissé plusieurs ouvrages parmi lesquels nous citerons ; VJu

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rit publia Tnidentia. Francfort, 1 695, in-88; 2« IJijpomncmata juris, 1698, in-80; 3' Exercitaliones juris gentium euriosa, Lemgo, 1722, 2 vol. in-19; 4* Autonomia juris genlium, Francfort, 1718; ibid., 1720, in-8». Il avait préparé une édition de Grotius avec commentaires, qui a été publiée par Samuel Coccéji, son (ils, sous le titre de Grolius illustratus, teu commcntarii ad Grolii de juri belli et paris li- Iros très, t. 1, Breslau, 171»; t. 2, ibid., 1716; t. 3, ibid., 1748. in-fol.; réimpr., Lausanne, 1751, 5 vol. in-4°; Genève, 175.'», in-fol. La Bibliothèque germanique contient beaucoup de détails sur sa vie. — Samuel de Coccéji, lils du précédent, né à Heidelberg, ou suivant d'autres à Francfort» sur-l'Oder, en 1679, suivit la même carrière que son père, lut, nommé, en 1746. grand cbancelicr des États prussiens, et mourut à Berlin, le 22 octobre 1755. Outre l'édition de Grotius, à laquelle il avait travaillé concurremment avec son père, il avait Tait à son particulier : 1» Jus civile contrôler sum... ad illustralionem compendii Lauterbachiani, Francfort, 171 5—1 8, 2 parties in-'.", souvent réimprimé. 2* Systema norum iustilia naturalis, site Jura Dei in homincs. et hominum inter te, Halle, 1748, in-8", etc. ; mais ce <nii l'a le plus illustré, c'est d'avoir dirigé, en qualité de chancelier, la première tentative de Frédéric II pour réformer la justice dans ses Étals. Ce prince avait exposé lui-même sou plan dans une assez longue dissertation sur les raisons de rétablir ou d'abroger les lois, qui est à la suite des Mémoires de Brandebourg, et où il lait un tableau raccourci des législations, tant anciennes que modernes. Les laits sont en général trèsinexacts, mais les observations ne manquent pns de justesse et de sagacité. Le code qui parut par les soins de Coccéji a été traduit en français (par Alex. Aug. de Campagne), sous le titre de Code Frédéric, ou Corps de droit pour les Etats de S. M. le roi de Prusse, fondé sur la raison et sur les constitutions du pays, dans lequel le roi a disposé le droit romain dans un ordre naturel, retranché les lois étrangères, aboli les sublililés du droit romain, etc., Halle, 1751 et 1753, 3 vol. in-8". Ce code, qui était le premier essai de ce genre qu'on eût fdit dans l'Europe moderne, lut plus applaudi des étrangers que des gens du pays auquel il était destiné. Rehmann, ancien juge au tribunal de revision établi a Trêves pour les quatre départements de la rive gauche du Jlhin, dans une lettre insérée au Moniteur, le i I messidor an 9, assure que le code de Coccé|i n a jamais été qu'un projet. Sur la lin de son régne* Frédéric II chargea son chancelier Canner d'en composer un autre. Tous les jurisconsultes et les philosophes de l'Europe furent invites à lui communiquer leurs idées en législation. Ce nouveau code, qui régit aujourd'hui les Etals prussiens, ne fut publié que sous Frédéric-Guillaume. Abrial, sénateur, ministre de la justice sous l'empire, le lit traduire en français (an 9 et an 10, 2 parties en 5 vol. in-8*). Coccéji avait, dès 1748, d'après le plan du roi, reformé la procédure. 11 en est parlé dans la préface du 1" volume du code publie en 1751. Fréde-

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rie ne fut pas plus content de ce travail que de l'autre; mais les réformes exagérées qu'il lit en 1781 excitèrent des réclamations générales, et firent regretter qu'il ne se fût pas tenu à ce qu'avait fait Coccéji. B — i.

CUCCÉJUS ou COCK (Jean), un des | lus savants et des plus profonds théologiens de la Hollande, y créa, non pas une secte, mais une école qui s'est longtemps honorée de son nom, de ce nom toujours estimé, mais moins réclamé aujourd'hui. Son système bizarre, outré à bien des égards, n'eu a pas moins donné à la science théorique une mile impulsion, et l'a débarrassée de beaucoup de vieilleries scolastiques, peu dignes d'un âge éclairé. Les circonstances l'ont mis dans un rapport accidentel avec la philosophie et la politique, rapport qui luimême peut avoir contribué à étendre les idées saines et libérales. Voel, le grand antagoniste de Coccejus, s'étant signalé en Hollande par son acharnement contre la personne et la doctrine de Dcsrartcs, le système de celui-ci en lut mieux accueilli par les coccéiens; et les usurpations stathouderiennes n'ont pas trouvé dans ces derniers te même appui que dans leurs adversaires. Coccéjus naquit en 1G03. à Brème, où son père était secrétaire de la ville, et il y lit ses premières éludes dans les langues savantes de l'Orient et de l'Occident, ainsi qu'en théologie. H alla les continuer ù Hambourg, où il se lia avec un savant rabbin, et il les acheva à Franeker, dans la maison de George Tasor. Ses concitoyens de Brème l'appelèrent bientôt à professer chez eux la langue hébraïque; mais il n'y resta pas longtemps. Franeker avait su l'apprécier élève : il y fut appelé professeur d'hébreu en 1636, et, sept ans après, de théologie. Il obtint la chaire de théologie à Leyde, en 1649, et il l'a honorablement occupée jusqu'à sa mort, arrivée le 4 novembre 1669. L'église de St-Pierrc de cette ville offre le monument funèbre de Coccéjus, orné de son buste en marbre blanc, et de son épitaphe dans la langue de l'ancienne Rome. Deux médailles ont été frappées en son honneur, l'une et l'autre présentant son effigie. Ses œuvres ont été recueillies à Amsterdam, en 8 vol. in-fol., 1673 1675. J.-H. Majus et H. Muhl en ont soigné une nouvelle édition en Allemagne, et il en a paru une y en 10 vol. in-fol., à Amsterdam, en 1701, suivie, en 1706, de 2 vol. d'Opéra anecdota. On en peut voir le détail dans ÎSiceron. Il serait difficile et peut-être de peu d'intérêt de donner ici une idée complète du système théologîque et herméneutique de Coccéjus. Nous offrirons seulement un aperçu de quelques-unes de ses parties, d'après Mosheim, dans le t. 5 de son Histoire ecclésiastique. « Coccéjus, « dit-il, regarde toute l'histoire île l'Ancien Testait ment comme une représentation naturelle et non « interrompue, ou comme un miroir de l'histoire « du Sauveur cl de l'Eglise chrétienne. Tous les « événements et toutes los révolutions qui doivent a arriver dans l'Eglise jusqu'à la lin des siècles sont « préfigures et désignés, selon lui, avec plus ou « moins d'évidence dans différents passage-;. Il ré- « duit en énigmes et en types même ceux qui n ont

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« (Vautre objet que de célébrer les louanges Je « Dieu, OU d'enseigner quelque vérité de domine et « de pratique. Sa règle fondamentale d'interpréta- « tion est que l'on doit entendre les mots et les a phrases de l'Ecriture dans tous les sens dont ils «sont susceptibles; qu'ils signilient effeciiveiuent o tout ce qu'ils peuvent signifier. » Pour se Lire une idée de tout ce qu'il y a de sublime et d'attnyant dans la religion chrétienne, Coceéjus se la représente sous l'idée d'une alliance que Dieu avait contractée avec l'homme. I) regarde cette image comme extrêmement propre à fournir un système suivi et complet du christianisme. L'alliance que Dieu fit avec le peuple juif par le ministère de Moïse était de la même nature que îa nouvelle alliance établie par la médiation de Jésus-Christ. Les dix commandements furent promulgués par HofSC, non-seulement comme une règle d'obéissance, mais comme une représentation de l'alliance de grâce. Le sabbat ayant été institué au désert, et non au septième jour ne la création, il devait également être regarde comme typique, et en conséquence aboli pour les chrétiens. Coceéjus divisait toute l'histoire de l'Eglise en sept périodes, par allusion aux sept sceaux et aux sept trompettes dont il est parlé dans V Apocalypse. Ce théologien a surtout élabli son système dans sa Summa doctrinœ de fuedere et tetlamtnto Dei. Sa Summa theulogiœ ex Scripluris repetita s'écarte moins des manuels ordinaires. Son opinion sur le sabbat des Israélites, il l'avait émise dans son ExpJfcaffM de VEpUrt aux Hébreux, et elle devint aussi une féconde source de disputes. Les antagonistes de Coceéjus se signalèrent par une aigreur et un acharnement extrêmes, spécialement Gisbcrt Voet et Samuel Dcsinarest. Ils virent toutes les hérésies réunies dans la doctrine de Coceéjus, et l'Eglise éminemment en danger par elle. L'expérience de la grande vogue qu'a obtenue celle doctrine n'a ni justifié leurs imputations, ni confirmé leurs craintes; mais on a pu reconnaître bien des fois, dans le cours de ces disputes, aujourd'hui tout ù fait amorties, que

Illiacos inlra imiros peccatur et extra.

— Jean-Henri Coccéjls, fils de Jean, jurisconsulte et greffier des liefs de la Hollande, est auteur d'une »|K)logie de son père, honorable monument de piété filiale! C'est aussi à lui qu'est due la préface latine de la volumineuse collection dont nous venons de parler. M— on.

COCCHI (Antoine) naquit à Bénévent, en I60S, d'Hyacinthe Cocchi, médecin, originaire du Mugello. . en Toscane. Après d'excellentes études comme il se destinait à la même profession que son père, il s'appliqua aux sciences qui ont des rapports avec la médecine, 1 d les (pic la physique, la botanique, la chimie, et s'y rendit très-habile, sans négliger |>our ce!a la culture des belles-lettres. Il parcourut ensuite les contrées les plus éclairées de l'Europe, et se lit agréger aux universités les plus célèbres. Ses voyages lui donnèrent occasion de connaître des savants distingués. Newton çt Doëthaave apprécièrent son

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mérite, et entretinrent avec lui une correspondance qui ne finit qu'avec leur vie. De retour dans sa patrie, il fut nommé d'abord professeur de médecine a Pise, et ensuite de philosophie et d'anatomic à Florence. L'empereur François 1" le choisit pour son antiquaire. Bientôt Cocchi justifia ces titres par de très-bons ouvrages. Les élèves accoururent de toutes parts pour entendre ses leçons. Il fut consulté de tous les pays et même par les souverains. C'est à ses soins réunis à ceux de J.-A. Michcli, son collègue et son ami, que Florence dut l'établissement d'une société de botanique. Par ordre de l'Empereur, il dressa les règlements de l'hôpital de la même ville. Il possédait les langues modernes de manière à pouvoir converser avec presque tous les étrangers qui venaient a Florence, et ses ouvrages prouvent qu'il n'était pas moins versé dans les langues anciennes. 11 mourut le 1" janvier 1738, âgé de 62 ans. Ses ouvrages sont : 1" une traduction latine du roman grec de Xénophnn d'Ephèst*. les Amours d'Anlhias et d'Abrocôme, dont il publia, le premier, le texte, d'après nn manuscrit conservé & l'abbaye des bénédictins de Florence, Londres, 1726, in-r (1) ; 8» Tntiate de bagni di Pisa, Florence, 1750, in-4*, fig. ; S* Contulli medici, Dergame, 2 vol. in-4°; 4" De' Vermi cucurbitini dell' uomo, Pise, 17o9, in-8°; o° Grœcorum chirurgici libri; Sorani unus de parlurarum Signis ; Oribasii duo de Fraclit ti Luxatis, e cotleclione AireYœ eonrrrii alque edili ab Anton. Cocchio, gr. et lat., Florence, 4734, in-fol. 6° Une dissertation sur Asclêpiade, en italien, Florence, 1758: elle devait être suivie de plusieurs autres que la mort l'empêcha de publier. 7* Un grand nombre d'opuscules recueillis en grande partie, sous ce litre : de Diseorsi Toseani del dntl. Ant, Cocchi, Florence, 1761-62, 8 part. in-4°. Ce recueil de pièces de médecine et de physique a été traduit en fiançais par de Puisicux, 1762. in-12. Les principaux ouvrages qu'il contient sont : une Dissertalion sur le régime pythagoricien, qui avait déjà été mise en français par l'abbé Benlivoglio ; un Discour» sur l'usage des bains froids chez les anciens; un Eloge de Michcli; une Lettre critique sur un manuscrit en cire, qui contient le détail de la dépense de la cour de Philippe le Bel, roi de Fiance, pendant plusieurs mois de Cannée 1361. On lui doit! encore une édition des Diseorsi di analomia de ^ Laurent Bellini, Florence, 1744, 3 part., à la tête de chacune desquelles il a placé une prérace. Il est encore auteur de la préface qui se trouve a la tête de la Vie de Dcnvcnuto Cellini, orfèvre et sculpteur, écrite par lui-même, et publiée sous le titre de Cologne, chez Bené Marteau, sans date, mais imprimée à Kaplcs, en 1728. Cocchi prend quelquefois à la tète de ses ouvrages le titre de Filosofo mugel~ lano. Sa vie a clé écrite par Ferdinand Fossi, etc.,

(I) Ce fui penâm son * jour 1 Londro*. oii II ïèM rendu nr

rtafilUlM iiu cmuie d'Iluaiiuffduu, cl ou il iu>u trou m», qu'il nuï.liJ 1rs ouvrais ci-dessus roenliflnncl. Le f^mie de Cwk, din< une de se* lettres à M. Dnnrumbe, renrfvnte CottM comme «a bQiume d «n v»tc savoir, stadicu^ pli, motoie , eu-. U-i-s.

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et par An^e Fabronî, dans le t. 11 (les Vita Italorum doclrina excellcntium. Z.

COCCIUS (Jodocls ou Josse), jésuite, né à Trêves, en 1581, professa la philosophie pendant plusieurs années au collège de Molshcim. L'archiduc Léopold le choisit pour son confesseur, et le chargea deux fois de missions secrètes à la cour de Vienne ; mais la confiance dont l'honorait ce prince ne put le retenir prés de lui : il sollicita et obtint la permission de reprendre ses premières fonctions. Il mourut à Roufiach en Alsace, le 23 octobre 1622. Il a laissé plusieurs ouvrages, les uns relatifs à la théologie, et les autres à l'histoire. Les premiers sont sans intérêt aujourd'hui. Les curieux recherchent cependant la thèse où il examine les signes auxquels on pourrait reconnaître l'Antéchrist, Molslieim, 1621, in-4\ Les ouvrages historiques de Coccius concernent l'Alsace. Le plus important est intitulé : Dagoberlus rcx, Argcnlinensis tpiteopalui ptndator prœvius, notis illuslralut, Molshehn, 1623, iii-4", rare. Il y soutient que l'érection de l'évéehé de Strasbourg doit être attribuée au roi Dagobert : llenschenius et Obrecht sont d'un autre sentiment. Coccius se proposait de faire suivre cet ouvrage d'une Histoire des saints de l'Alsace; mais sa mort prématurée l'empêcha d'exécuter ce projet. — Un autre Cocctcs (Jodocus), né à Dilfcld, dans le 16" siècle, renonça au luthéranisme pour embrasser la religion catholique, obtint un canonicat à Juliers, et se lit un nom parmi les controversistes par un ouvrage intitulé: Thésaurus calholicus, 1509,1600, et Cologne, 1610, 2 vol. in-f.,1. Son extrême rareté est son seul mérite ; l'auteur y avait cependant travaillé pendant vingt-quatre ans. W — s.

COCCOPANI (Jean), naquit à Flmvnce, en 1582, d'une famille illustre originaire de Lomliardic. Il était savant dans la connaissance des lois, dans l'histoire, la mécanique, les mathématiques et l'architecture civile et militaire. Cet artiste aimait encore la peinture. 'J outes ces sciences lui étaient devenues familières; il les enseignait, et il entretint toujours un commerce de lettres avec les grands seigneurs, tant italiens qu'étrangers, auxquels il avait donné ses leçons. Coccopani fut appelé à Vienne en 1622. Employé par l'Empereur, en qualité d'ingénieur, dans différentes guerres, il se comporta avec tant de prudence et d'habileté, qu'il obtint plusieurs fiels pour récompense de ses travaux. De retour à Florence, il bâtit |>oiir le grand-duc le beau palais de Villa impériale, et fit construire le couvent des religieuses de Ste-Thérèse de Jésus. L'église de ce couvent est hexagone, avec une coupole bien proportionnée. Le grand-duc ayant voulu établir à Florence une claire de mathématiques, fit choix de Coccopani pour la remplir. Ce savant justifia le choix du prince, en enseignant aux jeunes gens, non-seulement la géométrie et l'arithmétique, mais encore d'autres parties des mathématiques, telles que la perspective, la fortification, l'architecture civile, etc. Le P. Castelli étant mort à Rome, Coccopani fut invité à y aller occuper la chaire de mathématiques, mais il ne voulut point quitter la

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ville de Florence, ofi il jouissait cTune grande considération. Il y mourut en 1649. A— s.

COCHARD ( Nicolas -Fiunçois), littérateur, naquit en 1765, à Villeurbanne, arrondissement de Vienne. Sa première éducation fut trïrs-négligée ; mais ayant senti de bonne heure le besoin de s'instruire, il parvint à force d'application a réparer, du moins en partie, le tort de ses parents. A dix-huit ans, il avait, quoique sans maître, fait des progrès très-remarquables dans le droit et l'histoire. Une analyse, qu'il fit à celte époque, d'un manuscrit sur la noblesse du Dauphiné, fut imprimée deux fois dans VEtat de la noblesse pour 1782, et dans le Traité des devises héraldiques par Decombles. en 1783. Il acquit, en 1785. la cliarge de procureur du roi au bailliage de Vienne, et lors du nouvel ordre judiciaire il fut élu >uge au tribunal de cette ville, qui, par une exception très-honorable, est restée pure des excès révolutionnaires. En 1793, il épousa la nièce du célèbre abbe Rozier. Celte femme, qu'il eut le malheur de perdre, lui avait apporté en dot un domaine a Ste-Colombe, où il se relira pendant la terreur. Dans ses conversations avec Rozier, Cochard avait puisé le goût de l'agronomie, et acquis des connaissances qu'il trouva l'occasion d'appliquer en exploitant lui-même son domaine. Les succès dont ses efforts furent couronnés influèrent heureusement sur les progrès de la culture dans son voisinage. Nommé, sous le directoire, président de l'administration municipale, et ensuite juge de paix du canton de Sic- Colombe, il lut, en 1798, mis à la fête du département du Rhône, place dans laquelle il montra les talents d'un véritable administrateur. Après le 18 brumaire, il entra dans le conseil de préfecture, et il en fut I amc jusqu'à la restauration, qui se priva des services qu'il aurait pu lui rendre. Dès lors il se livra sans relâche à son goût pour les sciences et les lettres, dont ses fonctions administratives ne l'avaient jamais entièrement détourné. Il prit une part active aux travaux de l'académie et de la société d'«griculturc de Lyon, qui, dès leur origine, se l'étaient associé. Cochard mourut à Ste-Colombe, le 20 mars 1834. Outre une nouvelle édition des Antiquités de Vienne par Chorier, on a de lui : 1* Description historique de la ville de Lyon, 1817, in-12; réimprimée sous ce titre : le Guide du voyageur et de l'amateur à Lyon, 1826, in-18 ; mais ces deux éditions offrent tant de différences qu'il est utile de les réunir. 2° Séjours d'Henri IV à Lyon, 1817, in-18. 3° Voyage à Oullins et au Perron, suivi d'une notice sur la mort et le tombeau de Thomas, Lyon, 1826, in-8J. 4° Des notices statistiques sur un grand nombre de communes du département du Rhône. 51 Dissertation sur Barthélémy Aneau, dans la France provinciale, t. f, n* 6. Notice sur ta vie et les ouvrages de Louise Labé, dans la récente et bc!le édition des poésies de celte femme célèbre. 7° Plusieurs opuscules d'un intérêt local dont on trouve les nu es dans l'excellent Eloge de Cochard par M. Dumas, son ami, secrétaire perpétuel de l'académie de Lyon, in 8" deôl p. Parmi ses nombreux manuscrits, presque tous relatifs à sa patrie adoplive, on dislingue

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un Puai historique sur le commerce de Lyon. Le Catalogue de sa bibliothèque, vendue aux enchères, contenait 1 .723 articles. W— s.

COCHELET (Anastase), docteur de Sorbonne, ne à Mézières, en 4351, fit profession dans l'ordre des carmes de l'étroite observance. 11 devint prieur du couvent de St-Jacques à Paris, et provincial de France. Prédicateur des Seize, il fit retentir la chaire de ses déclamations pour faire élire un bon roy catholique, à l'exclusion du roy de Navarre ( Chronologie Novennaire de Palma Cayet, t. 41 des Mémoires relatifs à l'histoire de France, recueillis par AI. Petitot, p. 451 ), la France estant un royaume affecté à la monarchie et non à une régtnce, comme .)/. de Mayenne voulait faire, ce qu'il ne fallait souffrir. Le lieutenant général irrité lui lit dire de se comporter plus modestement, sinon qu'il serait contraint de le châtier. Il le menaça même de la prison, du bannissement et d't'/re jeté dans un sac à l'eau. Après la reddition de Paris, le P. Cochelet se retira à Anvers, où il publia plusieurs ouvrages de controverse. 11 revint en France en 1617, et fixa son séjour a Reims, où il mourut en 1624. On a de lui : 1* Répétitions du saint sacrifice de la messe, en formes d'homélies, Anvers, 1602, in-8», 2* Réponse à l'abjuration de la vraye f y que font les calvinistes, ibid., 1604, in-8° ; 3° Paleslrila honoris divœ Tirginis IJallcnsis, ibid., 1607, in 8°; 4» Calvini Infernus, 1608, in-8"; 5° Camcterium Calvini, 1612, in-12 ; 6" Commentaire catholique en forme de discours sur deux lettres missives, f une de Frédéric, électeur-comte palatin, l'autre du prince Loys de Bourbon, duc de Monlpensier, sur la fuite de sa fille, abbessedu monastère dcJouarre, Anvers, 4616, in-8*. Celle princesse, qui s'enluit en 4572, épousa, deux années après, Guillaume de Nassau, fondateur de la république des Provinces-Unies. On trouvera plus de détails sur les ouvrages de Cochelet dans la BiblioUieca carmelitana de Villicrs, t. 4, p. 64, et dans la Biographie Ardennoise de l'abbé Boulliot, t. 4", p. 254. L-M-x.

CO-CHEOU-KING, astronome chinois du 13e siècle, né à Chun-tc-fou, ville de la province de Pétché-li. Sa grande habileté dans la connaissance du ciel le fit appeler à la*cour de Chi-tsou, ou Koublaï- Lan, fondateur de la dynastie des Yven : ce prince l'établit président du tribunal des mathématiques. On doit à ce Chinois des observations utiles et importantes ; mais tous ses ouvrages ne nous sont pas parvenus ; on n'a ni son Catalogue des longitudes des villes, ni celui des latitudes , longitudes et déclinaison* des étoiles* En 1280, il observa le solstice d'hiver, en se servant d'un guomon de quarante pieds, et en mesurant la longueur de l'ombre jusqu'au centre de la projection ou image du soleil, qui se formait sur un plan de niveau. 11 compara ces ombres méridiennes d'une longue suite de jours avant le solstice, avec une pareille suite d'observations faites après le solstice, et détermina que le solstice d'hiver était arrivé à Pékin, en 1280, le 1 4 décembre, à 4 heure 26' 24" après minuit. Ce moment du lsUce deviût J epoqu o fondamentale de l'astrono-

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m'e de Co-chéoit-lving. En conséquence d'un grand nombre d'observations, il détermina, pour ce moment, le lieu du soleil dans les constellations, le mouvement d'anomalie et de latitude de la lune et le lieu de chaque planète ; il marqua, pour ce moment, l'ëpacte et tous les autres éléments du calcul. En faisant usage du même gnomon, cet astronome avait observé, pendant plusieurs années, surtout en 1278 et 1279, la hauteur du pôle de la ville de Pékin, alors appelée T'a-fou ou la Grande Cour. Il trouva que cette hauteur du pôle était au-dessus de 40 degrés chinois. Il conclut encore de ses observations que la plus grande déclinaison du soleil était de 23° 33' 40" 17 ou 18'". Cette ancienne détermination de l'obliquité de l'écliptique parut à l'abb de la Cailic un fait très-intéressant pour l'astronomie. 11 prit la peine de la vérifier, et en calculant d'après la longueur des ombres méridiennes, observées par Co-chéou-king, et ayant égard à la réfraction et à la parallaxe, il trouva que l'obliquité de l'écliptique avait été, en 1279, de 23° 32' 11" ou même 12". En comparant ensuite cette obliquité avec celle qu'il avait déjà déterminée pour l'année 4750, de 23° 28' 19", il en conclut que la diminution réelle de l'obliquité a été de 5' 45" en quatre ceul soixante* onze ans, et par conséquent de 47" 1;3 par siècle; ce qui se trouve conforme à ce que Euhjr a déterminé par la théorie physique. La Caille rend une égale justice à l'exactitude et a la précision que Co-chéouking a mises dans ses observations de quatre solstices d'hiver, que le P. Gaubil a rapportées dans son Histoire de l'Astronomie chinoise (p. 107 J. « Elles se trouvent dit-il , très-exactes par deux « circonstances singulières; la première est la granit deur de son gnomon, et l'autre le passage de l'apoa gée du soleil par le colure des solstices ; l'une « diminue les erreurs des observations, l'autre sauve « toutes les réductions. Aussi ces quatre détermina- « tions des solstices d'hiver s'accordcnt-elles fort « bien entre elles. » C'est, en partie, d'après ces anciennes observations chinoises que l'abbé de la Caillo a déterminé la durée de l'année à 365 jours 5 heures 8 minutes 49 secondes. ( Voy. les Mémoires de l'Académie des sciences, ann. 1757, p. 111 et 140. ) Cochéou-king observa longtemps les mouvements de l'étoile que nous ap|>elons polaire, et il résulta de ses calculs que sa dislance au polu était d'un peu plus de 3 degrés chinois. 11 fut le premier mathématicien chinois qui ait fait usage de la trigonométrie sphérique, ou de la résolution des triangles dans l'astronomie. Co-chéou-K ayant examiné les instruments construits suus la dynastie des Song e sous celle des Kin, les trouva très-défectueux, et eu1 fit exécuter d'autres, au nombre de treize, qui passèrent, de son temps, pour être d'une grande précision, tels que des sphères, gnomons, armilles, globes, boussoles, quarts de cercle, et la plupart de ces instruments subsistent encore aujourd'hui à l'observatoire de Pékin; maison les lient dans une salle fermée, et l'ou ne permet pas de les voir. Co-chéouking, comme président du tribunal des mathématiques, envoya des membres de ce tribunal dans les

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différentes provinces de la Chine, dans la Tartaiîc et en Corée. On ignore le détail de leurs travaux astronomiques; niais on rapporte les observations qu'ils y tirent de la hauteur du pôle. Le P. Gaubil les a insérées clans son Histoire de l'Astronomie chinoise (p. 110), et il y ajoute parallèlement le» observations postérieures de ces mêmes hauteurs, faites par les jésuites dans les mêmes lieux. On ne connaît point la date de la mort de cet astronome, l'un des plus liabiles et des plus célèbres que la Chine ait produits. G — R.

COCHET DE SATNT-VALLÎER ( Mwxtuon), originaire de Mont-Cénis en Bourgogne, lut secrétaire <lu duc d'Orléans; il devint conseiller en 1693 et président en 1701 au parlement de Paris. On a de lui un Traité de l'Induit, 1703, 2 vol. in-12, et 1747, 3 vol. in-8v L'induit était un droit ou privilège accordé par les rois aux chancelier, garde des sceaux, aux maîtres des requêtes et à tous les membres du parlement de Paris, par lequel chacun d'eux pouvait obtenir un bénéiicc sur le collatcur ou patron ecclésiastique, auquel la nomination du roi était adressée. L'origine de ce privilège, comme de tant d'autres usages, n'est pas bien connue. On en trouve des traces jusque dans le 12e siècle. C'était *ans doute une récompense que les rois accordaient aux services des membres du parlement, presque tous clercs dans le principe. Quand ils ne le furent plus, ils eurent le droit de céder leur privilège à des ecclésiastiques. On voit p u- là que le traite de Sl-Valiier ne peut plus être aujourd'hui qu'un objet de pure curiosité. On accusait ce magistrat d'avarice ; mais il se justifia d'une manière honorable, en plaçant, de son vivant, et non par testament, des fonds sur les états de Provence, dont le produit était destine à fournir à deux demoiselles nobles et pauvres de cette province une dotation, à l'une pour se marier, et à l'autre poursc faire religieuse. I.a première était de 10,000 livres et la seconde de 3,000 livres Celaient les états de la province qui désignaient les demoiselles qui devaient jouir tic cette faveur ; elles en ttaient déchues, si elles ne prenaient leur détermination dans les six mois. On avait remarqué que cette condition faisait souvent Taire de liés- mauvais mariages, par la précipitation qu'on était obligé de mcllre dans le choix. Le président de St-\ allier mourut à Paris, le 19 décembre 1738, à l'âge de 74 ans. On a aussi de lui deux dissertations dans les Mémoires de Tréroux, de 1700 et 1707. B— i.

COCHET (Jean), professeur de philosophie au collège Mazarin, était né ù Favergcs en Savoie. Étant venu à Paris pour achever ses études de théologie, il prit sa licence en Sorbonne, fut nomme principal du collège du cardinal l.emoine, et devint recteur de l'université. Jeune encore, il s'était lié avec Fontenellc Celui-ci, héritier des manuscrits de Varignon, engagea Cochet à mettre en français cl à publier les cahiers de mathématiques que ce géomètre avait rédigés en latin pour ses écoliers du colley Mazarin Cochet les lit paraître sous ce titre : tCtrmcnls de mathématiques de M. Varignon, Paris, 1731, in-i", (ig. Les aunes ouvra -es de Cochel seul :

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1° In Logique ou l'Art de raisonner juste, Paris, 1 744, in-12. 2" La Clef des sciences et des beaux-arts , Paris, 1750. in-8"; nouvelle édition, Paris, 4757, in-12. Ce n'est qu'un développement de l'ouvrage précédent. Dépasse y releva quelques inexactitudes, par deux lettres insérées dans le Journal de Verdun de la même année ; il la regarde néanmoins comme la meilleure logique élémentaire qui eût encore paru eu français, tant par la méthode qui y régne, que par la justesse et la précision des dilinitions. Elle est moins prolondeque celle de Port-Boy al, mais plus à la portée des commençants. 3* La Métaphysique, Paris, 1755, in 8 '. 4° La Morale, Paris, 1753, in-8". 5° La Physique expérimentale et ruisonnée, Paris, 1750, in-S°. 0" Preuves sommaires de la possibilité de la présence de Jésus-Christ dans l'eucharistie, contre les protestants, Paria. 1761, in-12. Cochet mourut à l'aris, le 8 juillet 1771. C. M. P.

COCHET i i uni ] \m uoîsd-Baltiiasar), né à Lyon, le G janvier 1760, d'un père architecte, étudia sous ce premier maitre, se rendit ensuite à Paris, travailla chez Dugonrrc, Brongniarl, et dans les maisons royales Beçu élève à l'académie d'architecture de Paris, en 1783, d y obtint le grand prix. Pendant son séjour à Borne, le premier prix d'architecture de l'académie de Parme lui fut décerné, le 23 juin 1786. ( loy. le Journal encyclopédique de Bouillon, ann. 1786.) En l'an 3 (1705), Cochet, oui avait été jeté dans les cachols, put en sortir, a condition qu'il ne dédaignerait pas la protection que la république ornait aux artistes ; il concourut, et obtint le premier prix pour le projet d'un temple décadaire. En l'an 8 (29 mai 1800), il fut reçu à l'académie de Lyon, lors du rétablissement de cette compagnie. En l'an 9, il obtint le premier prix du concours ouvert pour les colonnes départementale*. ( Voy. le Moniteur du 17 nivôse an 9.) La même année, Cochet présenta au premier consul le proiet d'un monument M élever sur la (tiare Bona|>arlc ( Bellccour ), projet qui fut accueilli favorablement. A cette époque, il occupa quelque temps la place d'architecte de la ville de Lyon ; il fut nomme professeur d'architecture à l'école des beaux-arts de la même ville, par décret impérial du 13 janvier 181 1, et en remplit les lonctions pendant dix ans. Sous la restauration, il Tut chargé de la construction du monument funèbre des Brotleaux. Cette modeste ela- I>eilc, qui est la aux |K>rtes de Lyon comme pour expier un grand crime, fut l'objet d'amères critiques. Mais on tépondit aux censeurs par ces paroles de Cieéron ( Kpist. ad C. Casarem ) : « Ce nom même « de monument m'avertit de l'idée .que je dois m'en « faire. I n monument a pour but, moins de plaire m aujourd'hui, que d'instruire la postérité. » L'hommage du plan île cet ediliee valut à Cochet d'être nommé correspondant de l'Institut, le 21 juillet 1821. Il mourut à Lyon, le 14 mars 1S33. On a de lui : 1» Muséum astronomique, géologique et zoologiqnt, suivi d'un traité de mosaïque. île stucs et d'enduits, et de plusieurs essais sur des édifices publics et particuliers ; Lyon, 1804, in-8"; 2* IS'oticc historique sur M. Loyer, architecte, inetuhre de l'académie de

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Lyon;ibid., 1808, in-8'; 3" Compte rendu det travaux de l'académie royale det sciences, belles-lettres et arts de Lyon, pendant le premier semestre de 1815; ibid., 1822, in-8"; \» Essai sur les moyens d'opérer la restauration de la grande salle de la ville de Lyon; ibid., iu-s», à la suite du M nu uni astronomique ; 5" Essai sur les moyens d'opérer la restauration du Palais de Justice de la ville de Lyon, ibid., iS3l,in-8°. C — L — T et A. P.

COCHIN (Henri), avocat célèbre du parlement de Paris, naquit dans cette ville, en 1087. Il avait reçu de la nature les dispositions les plus heureuses, et il les cultiva avec soin. Il ne négligea aucune des éludes qui pouvaient lui être utiles dans la profession à laquelle il était appelé, et il en est très-peu dont un orateur habile ne sache tirer quelque avantage. La science la plus essentielle à uu avocat est, sans contredit, celle des lois. Cochin en puisa les principes dans les livres du droit romain, qui en sont la principale , ou , pour mieux dire, l'unique source. Il ne se contentait {tas de connaître la disposition littérale des lois, il sut encore en découvrir l'encliainement et pénétrer jusqu'à l'esprit du législateur. L'histoire lui lit connaître le droit public, science peu cultivée en France, malgré son importance, et dont nos jurisconsultes s'étaient bien moins occupés que du droit civil. Cochin vil aussi combien les belles-lettres peuvent répandre d'attrait et d'éclat sur une science aussi sérieuse et quelquefois aussi rebutante que celle des lois, et il chercha à se former le goût par l'étude des grands modèles. Sa mémoire était excellente, et son érudition n'en était pas pour cela indigeste. La géométrie lui apprit encore à mettre de l'ordre dans ses discours, et la dialectique à rendre ses raisonnements plus justes et plus convaincants. La morale enfin lui fournil ces grandes pensées et ces maximes salutaires par lesquelles l'orateur devient ce que les anciens voulaient qu'il fût, " l'homme de bien, ayant le talent de la « parole. » Cochin letudia dans l'Écriture et dans les sources les plus pures de la religion. Reçu avocat en 1700, il plaida sa première cause à vingldeux ans, et il se lit remarquer au milieu des talents distingués que le barreau jwsaédait alors. A trente ans, il avait déjà la réputation d'un avocat consommé. Il écrivait ses plaidoyers dans les commencements avec beaucoup de soin ; persuadé que ce n'est que par un long exercice que l'on acquiert une heureuse fécondité, et que l'habitude de parler d'abord d'abondance dégénère infailliblement en une stérile facilité de dire beaucoup de paroles inutiles. Dans la suite, il plaida sur des extraits faits avec beaucoup d'ordre. Ce qu'il avait à dire de plus lui venait au moment de l'action. Suivant la tradition du barreau, son talent se montrait alors, surtout à la réplique, dans tout son éclat. Il y eut des mouvements heureux, et fil souvent sur ses auditeurs l'impression la plus profonde; mais cet art de maîtriser et de remuer les esprits , qui est le vrai triomphe de l'orateur, ne peut lui obtenir qu'une gloire |Ki!>sagère, quand il n'est qu'instantané. On n'en trouve plus de traces dans les oeuvres de Co-

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chin, où l'on n'a recueilli que ses mémoires, ou ceux de ses plaidoyers qu'il avait réduits dans cette forme. La gloire de Cochin en a souffert, et on lui a contesté la qualité de premier et môme de seul modèle de l'éloquence du barreau parmi nous, que l'enthousiasme de ses contemporains lui avait accordée. On a été même jusqu'à soutenir que l'éloquence du barreau ne pouvait arriver chez nous à ce degré de perfection où elle avait été portée chez les anciens, et où même s'était élevée sa rivale, l'éloquence de la chaire. On a cru apercevoir, comme un obstacle insurmontable au développement des talents de nos orateurs du barreau, l'intérêt très-borné des question qu'on y traite, le défaut d'un auditoire nombreux et imposant qui les soutienne et les anime; des tribunaux composés de peu de juges, hommes naturellement calmes et impassibles, à la raison desquels il faut parler plutôt qu'à leurs passions; mais lorsque l'on a discuté publiquement chez nous des questions d'ordre social, telles qu'on ne les avait vues nulle part, les orateurs qui ont paru dans cette lice sont restés très-inférieurs aux orateurs anciens. Quelques-uns, à la vérité, s'étaient acquis une grande renommée auprès de ceux dont ils défendaient les intérêts ou les opinions ; mais elle s'est en quelque sorte évanouie avec la fermentation des esprits. A peine en conserve-t-on déjà un léger souvenir. On lit cependant encore les plaidoyers de Cicéron dans des affaires particulières, et dont le sujet est souvent très-inférieur à des questions du plus haut intérêt, qui se sont présentées fréquemment devant nos tribunaux. Ce sont donc les ouvriers et non la matière qui a manqué. Qu'on suppose Bossuet suivant la carrière du barreau, au lieu de celle de la chaire, et, pour peu qu'on soit au fait de son génie, on verra quelles ressources il eût su déployer dans les sujets les plus ingrats en apparence. Cela continue l'observation de Cicéron, que les grands orateurs sont bien plus rares (pic les poêles ou les historiens célèbres. Dans l'énumération qu'il fait de ceux de Rome, à peine en lrouv<M-il deux de passables pur chaque génération. Si nous n'avions pas ses ouvrages, l'éloquence serait rayée de la littérature, romaine. I.c talent de Cochin, quelque émineut qu'il soit sous plusieurs rapports, est loin encore de l'idée qu'on se fait du véritable orateur. D'Aguesseau, dans un genre qui exigeait plus de calme et se prétait moins aux grands mouvements oratoires, lui serait encore supérieur par les agréments du style, et la chaleur qu'il sait y mettre quand le sujet le demande. L'art de Cochin consistait surtout à savoir réduire sa discussion à un seul point de controverse, à disposer ses preuves d'une manière très-judicieuse, et à conformer toujours son style aux matières qu'il avait à traiter. Il ne se chargeait jamais d'une cause sans l'avoir examinée avec soin, et s'être assuré de sa lwnté. Ses journées étaient toutes remplies par le travail. Il n'en sacrifiait pas un seul instant au plaisir et à la dissipation ; les vacances ëiaient même pour lui un temps d'occupation; il les employait à rappeler ses études littéraires. Cet homme, si éloquent en public, était timide et taciturne dans la

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conversation. Plusieurs réponses qu'on lui attnouc prouvent son extrême modestie, et l'on peut dire sa profonde humilité. Ses vertus se retracent dans ses écrits, et elles le rendent digne de servir de modèle à ceux qui courent la môme carrière que lui. Cochin mourut à Paris, le 2i lévrier 1747, a 1 âge de GO ans, ù la suite de plusieurs attaques d'apoplexie. Ses OEuvres complètes ont été publiées, Paris, 17iil, et 1771-80, 6 vol. in-4° (avec prélacc historique par Bernard); ibid., 4821 et ami. suiv., 8 vol. in- 8" ( avec discours préliminaire par M. Cochin, avocat); les Œuvres choisies, ibid., 1773, 2 vol. in- 12. B— f,

COCHIN" (Charles-Nicolas), graveur, né à Paris, en IG88, s'occupa de la peinture jusqu'à l'âge de vingt-deux ans, et dès lors se livra entièrement à la gravure. On a de lui : Rébecca et la Rencontre de Jacob et d'Esaû, d'après Lemoiue ; Jacob et Laban , d'après Rcstout ; le Recueil de (ouïes les peintures et sculptures de l'église des Invalides, d'après ses propres dessins, ainsi qu'un grand nombre d'autres sujets graves d'après les tableaux de N. Coypel, de Lafosse, Jouvenct, L. Boulogne, Parroccl, Cazcs, Detroy, Loir, Vallcau, et autres peintres modernes. Les estampes de cet artiste sont d'un faire large et facile. Il a aussi gravé des portraits, entre autres ceux de J. Sarrazin et d'Euslachc Lesueur. Il est mort en 1754, membre de l'académie de peinture. — 11 a existé plusieurs graveurs de ce nom sous les règnes de Louis XIII cl Louis XIV, entre autres ISicolas Cociiin, natif de Troves en Champagne, qui a gravé dans le goiU de Callot, dont on croit qu'il était élève, et Aocï Cociiin, mort à Venise en 1695, qui a exécuté une grande partie des plan lies de la collection du grand Keaulieu- Charles- Nicolas Cociiin descendait de cette ancienne lamille. P— E.

COCHIN (Charles-Nicolas), dessinateur et graveur, lils et élève du précédent, naquit à Paris, en 1715. H manifesta de bonne heure d'heureuses dispositions pour les beaux-arts. Le retire du burin lui ayant paru trop lent, au gré de son génie et de su vivacité naturelle, il se livra presque entièrement à la composition et à la gravure à l'eau-loiïe. D'un esprit cultivé, d'un commerce doux et agréable, Cochin lut charge en 1749 d'accompagner M. de Vandieres, nommé directeur général des bâtiments du roi, dans son voyage d'Italie. Non-seulement il réussit à donner à son élève des notions sur les arts, mais il lira pour lui-même un grand profit de ce voyage, tant jiour la perleclion de l'art que pour l'accruissement de» connaissances théoriques qui y ont rapport. De retour en France, après deux ans d'abhence, l'académie de peinture le reçut au nombre de ses membres. La mort de Coypel, arrivée en 1752, ayant laissé vacante la place de garde des deisins du cabinet du roi, Cochin fut nommé pour y succéder, et obtint un logement aux galeries du Louvre. Différents mémoires sur les arts, traités d'une manière lumineuse , dont il entretint souvent l'académie , lui obtinrent, en 1755, le titre de secrétaire historiographe de cette compa-

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gnic. Enfin Louis XV, pour récompenser le tèle et les talents de Cochin, lui accorda des lettres de noblesse, l'admit dans l'ordre de St-Miehel, le nomma dessinateur et graveur des menus plaisirs, et joignit une pension à tous ces bienfaits. Cet artiste, comblé des faveurs de la cour, n'employa jamais son crédit que pour le progrès des arts et pour rendre service aux artistes ; noble, désintéressé, généreux, ses confrères trouvèrent toujours en lui un ami empressé à les obliger. L'œuvre de ce maître est considérable, on compte environ 1,500 pièces gravées par lui ou d'après ses destins. Ses principaux ouvrages sont : Lyeurguc blessé dans une sédition , le frontispice de l'Encyclopédie , les figures des oeuvres de Boileau qu'il a gravées lui-même, les seize grandes Batailles de la Chine, composées par des missionnaires à Pékin, et dont il a refait les dessins en partie. Ces estampes ont été gravées par les plus habiles graveurs du 18* siècle. La collection des figures de la Jérusalem délivrée, pour l'édition de Monsieur; celle des ligures pour VHistoire de France du président llénault, gravée par Prévost, et la suite des quarantesix ligures, in-4 , de l'Arioste, pour la traduction de d'Ussieux , gravée par Ponce. Il existe une suite considérable de |>ortraiis dessinés |»ar lui d'après ses contemporains les plus célèbres, dont il a gravé luimême une partie. Les principales estampes dans le genre de l'histoire, gravées par Cochin, sont : te Mort d'IJippolyte, d'après Detroy, et David jouant de la harpe devant Suûl. Il a gravé aussi un nombre de grandes planches, d'après ses dessins, pour les pompes lunèbres, les fêtes publiques, et, conjointement avec Lebas, seize Ports de France, dont quinse d'après les tableaux de Vernet, et un d'après son dessin. Les compositions de Cochin sont, en général, riches, gracieuses ; elles annoncent un homme plein d'érudition. On peut lui reprocher cependant quelquefois un peu de lourdeur dans ses figures et de ressemblance dans les airs de tête. Ses gravures sont touchées avec esprit , d'un faire large et moelleux. Comme homme de lettres, il a produit les ouvrages suivants : 1" Voyage d'Ralie, ou Recueil de notes sur les ouvrages de peinture et de sculpture qu'on voit dans les principales villes de l'Italie, Paris, 1751, 3 vol. in- 12, ouvrage réimprimé plusieurs fois. Les meilleures éditions sont celles de Paris, 17,58, 3 vol. petit in-8", et . Lausanne, 1773, 3 vol. in-8"- 2" Recueil de quelques pièces concernant les arts, avec une dissertation sur l'effet de la lumière et des ombres relatirtment A la peinture, Paris, 1757, 5 vol. in-12. 5° Réflexions sur la critique des ouvrages exposés au Louvre, ibid., et même année, in-12. 4" Les Hisotechnistes aux enfers, ou Examen critique des observations de iV. D. L. G. sur les arts, Amsterdam et Paris, 1763, in-12. 5° Lettres sur (es ries de M. Shdl: et de M. Deshays , Paris, 1765, in-12. G" Projet d'une salle de spectacle, etc., Paris, 1766, in 12. 7" lettre à une société d'amateurs piVtendus, 1769, in-12. 8° Réponse à M. Raphaël | SOUS le pseudonyme de Jérôme), Paris, 1769, in-8". 9" Les Amours rivaux, ou l'homme du monde, Paris, 1774, in-8". ter Ltllres sur l'Opéra, Taiis,

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1781, in-12. Il' Lettres ci un jeune artiste peintre, sans indication de lieu ni date, in-12. Tous ces ouvrages annoncent un artiste qui a profondément médité sur son art, et lui firent une certaine réputation en littérature. Les dîners de madame Geoffrin, auxquels il était admis, lui fournissaient de fréquentes occasions de faire briller le talent avec lequel il parlait de la peinture et de h gravure. Si son style n'est pas toujours élevant , il est toujours clair et précis. Son génie était tellement fécond, que souvent ses confrères avaient recours à lui pour leurs compositions. Tout le monde sait que le tombeau du maréchal de Saxe, exécuté par Pirate, ainsi que ceux du dauphin, par Coustoti, sont de son invention. Cochin est mort le 29 avril 1790, estimé et regretté de tous ceux qui l'avaient connu. Jombert a fait un catalogue de ses ouvrages, Paris, 1771, in-12. Le Magasin Encyclopédique, 1" année, t. C, p. 255, donne l'analyse d'un manuscrit de Cocbin, qui est. à la hibliothèque royale; il est de format in-4° et d'environ 500 p., écrit en entier de la main de ce graveur célèhre, et contenant des anecdoctes curieuses sur Caylus, Rouchardun et les Slodtz. On doit encore ù Ch.-Nic. Cochin des éditions du Traité des diverses manières de graver en taille - douce, par Bosse ( Paris, 1753, in-8"), et des Costumes des anciens peuples, par Dandré Bardon ( Paris, 1781, 4 vol. in-!0, fig. ); la publication de la Manière de tien juger dans les ouvrages de peinture , ouvrage posthume de l'abbé Laugier ( Paris, 1771, in-12), et celle des Grandes Batailles de la Chine, gravées sous sa direction ( in-4°avec atlas in-fol. de 10 pl. ). Il a eu part à Y Iconologie par figures, et aux Antiquités de la ville d'IJerculanum. ( Voy. Gkavelot et Beulicart. ) P— E.

COCHIN (Dems-Clacde), doyen des échevins de Paris, mort au mois d'août 1786, Igé de 88 ans. Ce magistrat aimait la botanique; il avait formé à Chàtillon prés de Montrouire, à deux lieues de Paris, un très-beau jardin, où il cultivait avec beaucoup de soin un grand nombre de filantes rares, tant indigènes qu'étrangères, qu'il se faisait un plaisir de communiquer aux savants. Tous ceux qui aimaient à contempler les beautés de la nature, si riche et si variée, étaient admis à voir et à fréquenter ce jardin; le philosophe J.-J. Rousseau le visitait souvent. On voit le catalogue de tous les végétaux qui y étaient rassemblés, dans un ouvrage que Louis-Antoine- Prospcr Hérissant, médecin de I*aris, avait commencé, et (pie sa mort prématurée, en 1770, l'empêcha de terminer, mais qui fut achevé l'année suivante par les soins (le Coquereati, docteur-régent de la faculté, son ami, et donné au public sous ce titre : Jardin des curieux, ou Catalogue raisonné des plantes les plus belles el les plus rares, soit indigènes, soit étrangères, avec les noms français el latins, leur culturert les vertus particulières de chaque espèce, le tout précédé de quelques notions sur la culture en général, Paris. 1771 , in-8*. Le caractère communicatifet plein d'aménité du vénérable Cochin, et la vue de toutes les richesses qu'il avait réunies dans son jardin, inspirèrent le goût de la culture des plantes à un grand

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nombre de personne?, et par là il a contribué aux progrès de la botanique. D — P— s.

COCHIN (Jacques-Dems), fils du précédent, fondateur de l'hospice qui porte son nom à Paris, naquit dans cette ville, le 1«r janvier 1726. Il annonça d'abord du goût pour l'état ecclésiastique, et infime il voulut, à seize ans, entrer chez les chartreux. Ses parents lui firent olwerver que sa trop grande jeunesse serait un obstacle à sa réception, et il renonça à ce projet; mais il se mit sous la direction de J. Bruté, curé de St-Benoit. (Voy. Bkite.) Après avoir reçu les ordres, il fut, en 1755. second vicaire de St-Etienne-du-Mont, et, en 1756, curé de St-Jarques-du-Hant-Pas : il prit possession de cette cure le 31 décembre de la même année. Dès ce moment, il ne vécut plus que pour ses paroissiens; on le vit tour à tour au confessionnal et dans la chaire. Sa paroisse était pauvre, il n'avait de revenu que 1.500 fr. de patrimoine et environ 1,000 écusde sa cure ; obligé de consacrer une partie de cette somme à payer les ecclésiastiques qui se rendaient utiles dans sa paroisse, il ne pouvait subvenir de ses deniers aux besoins de l'école des filles, qui se tenait dans une place trop petite et malsaine. Cochin recommande cette institution à ses paroissiens, et bientôt il se voit en état de faire construire une école plus salubre. Il s'était fait une loi de ne solliciter personne en particulier. En 1771, il fut attaqué de la petite vérole ; mais il reprit bientôt tous ses travaux avec la mime activité. Sa santé en fut assez altérée pour qu'il pensât, en 1768, à quitter sa cure; cependant il se rendit aux instances qu'on lui fit. Dix ans après, sa santé étant de plus en plus affaiblie, il eut les mêmes idées; et cette fois encore il resta dans sa cure ; il accepta même la place de supérieur de l'abbaye du Val-dc-Gràce, qu'il ne garda que peu de temps. Ce fut en 1780 qu'il conçut l'idée de fonder un hospice pour les pauvres du faubourg St-Jacques. Il fit paraître un prospectus, où il annonçait qu'il consacrait à cette entreprise un fonds de 37.000 fr., dont il avait la disposition. Les aumônes furent abondantes. La même année, Viel , architecte, traça le plan de l'hospice, et veilla gratuitement à sa construction. La première pierre fut posée par deux pauvres de la paroisse, et, au mois de juillet 1782, les sœurs de charité prirent possession de ce bâtiment, et reçurent des malades. Cochin mourut l'année suivante, le 3 juin 1783. On a de lui: 1» Exercices de retraite pour l'intervalle de l'Ascension à la Pentecôte, avec des paraphrases sur tes psaumes, Paris, 1778, in-12. 2" Entretiens sur les fêtes, tes jeilnes, usages et principales cérémonies de l'Eglise, Paris, 1778, 1786, 1789, in-12. VOEuvres spirituelles, t. 1", et unique, 1784, in-12, contenant plusieurs instructions sur l'utilité des assemblées de charité, etc., sur les huit béatitudes, et l'explication de YOraison dominicale. On voulait donner en corps d'otivratres, et sous le titre d'Œuvres spirituelles, les travaux de Cochin; après avoir publié ce 1*r volume, on crut qui) valait mieux faire paraître chaque ouvrage sous son litre. 4» Paraphrase de la prose Dics ira?, ou sentiments d'un pécheur qui désire

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travailler tincèrment à sa conversion, Paris, 4782, in-12. 5° Paraphrase des psaumes, prières et cantiques qui se chantent à St-Jacques, etc., Paris, 1786, in-12, ouvragcqui avait eu déjà une édition. 6° Prônes ou Instructions familières sur les Èpitres et Évangiles des dimanches et principales fêles de l'année. Paris. 1780-87, 4 vol. in-12; 3' édition, ibid., 1791 , 3 vol. in-12. Cochin improvisait tous ses prunes et instructions. Ce lut avec beaucoup de peine que, de son vivant, il livra à l'impression quelques opuscules Il avait recommandé, par son testament, île ne pas publier ses manuscrits ; ses héritiers jugèrent à pro[»os de ne pas se conformer, sur ce point, à ses intentions. Le produit de ses œuvres posthumes fut consacré a l'hospice Cochin. Les prônes de Cochin et ses autres ouvrages, d'après la manière dont il lc< composait, fourmillent nécessairement de négligences : le style a été revu dans la seconde édition. 7" Prônes ou Instructions familières sur toutes les parties du saint sacrifice de la Messe, Paris, 17X7, in 12; 5* édition, ibid., 1791, in-12, faisant suite à l'ouvrage précédent. A l'époque du concordat ( en 1802'. les journaux français ont parlé des prônes de Cochin; quelques biographes ont cru qu'on en avait Lut alors une nouvelle édition : c'est une erreur. «• Prônes ou Instructions sur les grandeurs de Jésus Christ dans les prophéties qui l'ont annoncé, dans les exemptes de sa vie mortelle, etc., Paris, Méquignon ainé père, 1800,2 vol. in-12. A. B— T.

COCHLL"K (Jean), en latin Cocu l.els, l'un des plus inlatigahles adversaires des nouvelles opinions et en particulier du luthérauisme, naquit à Wendclstein, prés de Nuremberg, en 1479. Il joignait a une connaissance parfaite des points controversés une grande facilité de parler en public, cl un ton de persuasion qui ne pouvait manquer de lui faire des partisans ; mais l'excès du zèle nuisit souvent à la cause qu'il défendait, et on s'accorde à lui reprocher d'avoir mis trop d'aigreur dans des matières qui ne peuvent être discutées avec trop de calme et de bonne loi. Cochlée, reçu docteur en théologie, tut successivement pourvu de canonicats à W'orms, à Mayence, et enlin à Breslau. Ce fut pendant son séjour dans Ja première de ces villes qu'il proposa à Luther une conférence publique, avec la condition que celui des deux qui succomberait dans celte lutte serait brûle. Cochlée avait, à cette époque, quarante ans, âge qui est rarement encore celuule l'enthousiasme. Luther accepta le défi, mais on empêcha prudemment les deux antagonistes d'en venir aux mains. Ce fut à cette même époque que Cochlée commença à écrire, et le nombre des ouvrages qu'il publia jusqu'à sa mort est si grand, que de leurs titres on remplirait facilement plusieurs colonnes. La plupart roulent sur des sujets peu intéressants aujourd'hui. On les trouvera indiqués dans la Uiblioihcque de Boissard, part. 2*. Nous nous contenterons donc d'en citer les principaux. 1° De Christi pro et contra, '1527, in-8*. Cochlée a voulu prouver par cet ouvrage, entièrement composé de passages des Ecritures, qu'il était facile de donner aux livres saints un sens différent de celui qu'ils ont réellement. 2» Con-

eilium delectorum eardinalium et àliorum pralatorum, de emendanda Ecclesia, Paulo lit jubente, etc.; accessit J. Cochlai Discussio aquitatis super concilia, etc. ; ad tollendam per générale concilium inltr Germanos in religione discordiam, 1539, in-8». Chaudon a partagé en deux cet ouvrage, de manière qu'il attribue à Cochlée le Concilium delectorum eardinalium, qu'il n'a fait que commenter. 3" Yita Theodorici, regis quondam Ostrogot horum et Ilaliar, Ingolstad, 134»; Stockolm, 1C99, in-l". La 1" édition est la plus rare, mais la 2' est la plus estimée, par rapport aux additions de Péringskiold. 4*»S>rulumantiqua devotionis circa missam, 1349, in-fol. Ce rare volume est sorti de l'imprimerie établie à l'abbaye Sl-Victor, près de Mayence. Il renferme neuf pièces inédites d'Amalarius, St. Basile. Pierre Damien, etc. 3* liistoria Hussitarum libri 12, 13(9, in-lol., rare et curieux, mais partial et inexact; G* Commenlaria de aclis et scriptis M. Lutheri, ab atino 1517 ad 1510, 1549, in-lol. Ces deux ouvrages on! été également imprimés à l'abbaye St-Victor; le feu ayant pris à cette imprimerie en 1352. mi conjecture que cet accident a contribué à leur grande rareté. La vie de Luther a été réimprimée à Paris, en 1303, in-8*, avec un traité de Bonilace Britannus, relatif à ce patriarche de la reforme, et a Cologne, en 1568, sans le traité de Britannus, mais avec d'autres pièces. L'auteur avait trop été l'ennemi de

t Luther pour qu'on puisse avoir conliance dans ce qu'il en rapporte. Cochlée mourut à Breslau, le 10 janvier 1552, à 75 ans. W — s.

COCHON de LAPPAfiENT ( le comte Charles ), ministre au temps du directoire, était un Itomme de quarante ans lorsque 1789 le lira de sa ville de province pour le placer sur un plus grand théâtre. Né le 25 janvier 1749, et engagé de bonne heure dans la carrière de la jurisprudence, il exerçait sans grand éclat les fonctions de conseiller au présidial de Poitiers, lorsque sa prédilection pour les principes de la révolution le fit nommer par la sénéchaussée de cette ville député suppléant aux états géuéraux. Le

; député Thibaut ayant donné sa démission. Cochon l'y remplaça. Sa présence dans cette assemblée fut signalée par deux rapports, l'un du iO février 1790, relaiifaux poursuites dont l'imprimeur Brou il lift de Toulouse était l'objel de la part du parlement ; l'autre, du 21 mai 1791, surl'émeutc dont Aix venait d'avoir le spectacle, et où les malheureux Pascalis, la Hoquette et Guiraman avaient été pendus par la popu-

I lace. Cochon était alors un des secrétaires de rassemblée. Il reparu i à la convention nationale en 1792, comme député des Deux-Sèvres. Quoique modéré par caractère, Cochon vota toujours avec les démagogues les plus outrés. H fut un des trois cent soixante-un qui votèrent la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. Quand la détection de Dumouriex i imminente, Cochon, avec Lequinioel Bellegarde, eut la péi illcuse mission d'aller, en remplacement

] des commissaires déjà livres par ce général aux Au» trichiens, ou s'enqiarer de sa personne, ou atténuer les résultats de sa désertion. Ils ne tentèrent que la seconde de ces entreprises, et réussirent.

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Restés dans la place de Valenciennes, ils rallièrent et rassurèrent les partisans de la convention, intimidèrent les faibles, inondèrent l'armée de proclamations et d'agents, firent arrêter Lécuyer, secrétaire dn général; et finalement Dumouriez, indécis et craignant défaire appel à ses soldats dont la majeure partie peut-être l'eût suivi, passa presque seul a l'ennemi. [Voy Dcmoumez.) Le prince deCobourg fit bien quelques ouvertures aux commissaires de Valenciennes; mais ceux-ci répondirent avec hauteur et firent la leçon au prince ; encore la convention le prit-elle sur un ton plus haut, et vit— elle dans celle correspondance avec le chef des troupes autrichiennes une coiifrorerw scandaleuse et un empiétement sur les attributions du conseil, exécutif. Cochon montra beaucoup de courage et de dévouement à la cause de la révolution dans les événements qui suivirent. 11 coopéra de toutes ses forces à l'organisation de la défense, pressa la formation de volontaires, seconda par tous les ressorts administratif* en son pouvoir la résistance de Valenciennes aux Autrichiens (20 mai, etc.), mit obstacle sur obstacle à sa capitulation, qui n'eut lieu que le 28 juillet après que 141,000 projectiles curent été lancés sur la ville. Le 6 août suivant, il fut rappelé par la convention, et bientôt il parut à la tribune pour justifier le général Ferrand, commandant de la place, et dire que, s'il y avait eu trahison à Valenciennes, c'était dans les habitants et dans les troupes de ligne qu'il fallait chercher les coupables. L'année suivante, 19 février, il fut élu un des secrétaires de la convention, et en septembre il devint membre du comité de salut public, où dès lors il s'occupa princi paiement d'affaires militaires. C'est par son influence que Dumas eut le commandement de l'armée de l'Est, Canclaux celui de l'arméede l'Ouest, Merlin celui de l'armée des Alpes. Sorti du comité, il fut, le 27 janvier 1795, chargé d'une nouvelle mission à l'armée du Nord, alors sous les ordres de Pichegru, et il accompagna ce général dans la conquête de la Hollande. Revenu en France, il fut, après la dissolution de la convention, choisi pour membre du conseil des cinq-cents. Bientôt un revirement dans la haute administration l'amena au ministère de la police en remplacement de Merlin (5 avril 1790), qui de ce département passait à celui de la justice. Peu de fonctionnaires à cette époque avaient un rôle plus difficile à remplir que le ministre de la police. Eclairer et déjouer les intrigues des démagogues et des royalistes, et plaire aux membres du directoire qui déjà se fractionnaient en deux nuances, telle était la tache bien plus politique qu'administrative de Cochon ; aussi les complots et les découvertes de complots l'occupèrcnt-ils plus que la police proprement dite. C'est lui qui mit au jour la conspiration de Babeuf et qui le fil arrêter avec ses complices ; c'est encore lui qui fit échouer la conspiration de Grenelle, en prenant, avec les chefs militaires et le directeur Carnot, des mesures d'après lesquelles plusieurs centaines de jacobins insurgés furent dispersés et sabrés: aussi n'est il pis d'ignobles injures que les feuilles babouvisles etanarchiques ne jetassent à la face du ministre. On allait jusqu'à

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l'accuser de royalisme. Suivant Tallien, Cochon cm-

ploya le baron de Batz et Dossonville dans une poli e royaliste secrète pour (lersécuter les républicains. Ces incul [«lions, dont il se «léfendit à la tribune, en disant qu'il avait ordonné l'arrestation du premier, et que Dossonville avait rendu des services dans l'arrestation de Babeuf, avait sans doute quelque base ; et l'on est encore plus porté à le croire lorsqu'on voit, dans un rapport des agents secrets de Louis XVII l à Paris, le nom de Cochon sur la liste des ministres à conserver, toutefois avec cette observation : // a voté la mort de Louis XVI. Mais jusqu'à quel point Cochon, en entretenant des liaisons avec les agents «lu prétendant, agissait-il sans l'autorisation du directoire, et jusqu'à quel point ses velléités de royalisme étaient-elles sincères? c'est ce dont on peut juger par le peu d'accueil que lui fit, après 1814, la famille des Bourbons restaurée, et par la rigueur que quelquefois il ht planer lui-même sur les amis de la dynastie déchue. Ainsi, par exemple, le SI janvier 1797, il fît airèter la Yillcurnoy, Brotier et Duvcrne de Preste, qui furent traduits devant une commission militaire ; et le 24 juin, faisant un rapport contre les ecclésiastiques déportés et rentrés, il les accusait de corrompre l'esprit public. Cochon avait eu quelques chances de prendre place dans la pentarchie directoriale, et le 24 niai 1797, lors du remplacement de Lelourneur comme directeur, il avait obtenu deux cent trente suffrages en concurrence avec Barthélémy. Mais les sourdes inimitiés entre les cinq n'avaient fait que de se développer depuis un an, et la sagacité habituelle de Cochon à deviner le parti futur vainqueur s'était trouvée en défaut. Non-seulement le ministre de la police ne (ut pas élevé au pouvoir directorial qu'il ambitionnait, il perdit même son portefeuille quelques jours avant le 18 fructidor (4 septembre 4797). C'était l'indice d'un coup d'Etat qu'organisait en ce moment la majorité du directoire contre la majorité des conseils. Les habiles ne s'y trompèrent pas, el Dumolard l'annonça aux anciens comme le signal de la crise. Le 5 septembre, Cochon, porte sur une liste de déportation, en fut quitte pour abandonner la capitale, et se rendre dans l'ile d'Oléron, où on le garda prisonnier deux ans. Enfin le 18 brumaire rompit ses chaînes, et Bonaparte, en créant ses préfets, lui conlia le département de la Vieune, qu'il administra de 18O0 à 1804. Sa bonne conduite dans cette place lui valut, avec la croix de la Légion d'honneur, la préfecture bien autrement importante «les Deux-Nèihes, dont Anvers était le chef-lieu. En 1809, il fut nommé avec les formes ordinaires membre du sénat conservateur, et ne se distingua point des autres membres de cette docile et muette assemblée par d'iuuliles protestations, pas même lorsqu'il fit partie de la commission de la liberté de la presse. En 4811, il était membre du grand conseil d'administration du sénat. Le «lécret du 26 décembre 4813 envoya Cochon, avec le titre de commissaire extraordinaire de l'empereur, en mission dans la 20* division militaire ( chef-lieu Périgueux), pour y organiser la défense. C'est de là qu'en avril 1814, il adhéra, connue ses

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collègues, à la déchéance de Napoléon. Il ne put néanmoins obtenir autre chose du nouveau pouvoir que la sous-prélecture d'Issoudun pour son lils, et pour lui la croix d'officier de la Légion d'honneur. Mécontent des Bourbons, il s'empressa, dans les cent jours, d'accepter la préfecture de la Seine- Inférieure, et, après la seconde abdication de Bonaparte, il proclama Napoléon II, et déploya beaucoup de zèle pour réchauffer celui des Rouennais. Le second retour de Louis XVIII le rendit derechef et pour toujours à la vie privée; puis vint la loi. du 12 janvier 1816 : comme régicide, ayant servi l'usurpation pendant sa nouvelle tentative, Cochon fut place sur la liste de bannissement. Il se retira en Belgique avec la plus grande partie de sa famille, et choisit pour sa retraite Louvain. Autorisé en 1817, par une ordonnance, a rentrer en France, il alla se lixer à Poitiers, et c'est là qu'il mourut, le 17 juillet 1823. Le nom du préfet de la Vienne, des Deux-Nèihes, de la Seine-Inférieure, est trop de ceux qui prêtent aux sottes plaisanteries pour que l'on se soit fait faute de l'exploiter dans tous les temps. Aussi, depuis les soldats de Dumouriez jusqu'aux gentilshommes de Rouen, en 1815, tous ceux auxquels pouvait déplaire le haut fonctionnaire dans ses fonctions mélèrcnt-ils ce nom à mille sarcasmes qui ne se recommandaient pas par l'atlicisme. C'est sans doute pour cette raison que Cochon aimait à se faire nommer M. de Lapparent. Bonaparte, en 1809, lui donna le titre de comte, et le Ht sénateur Cochon venait de mourir, lorsque l'imprimeur Catineau, dans les Petites Affiches de la Vienne, inséra un article où on lisait celte phrase : « Il lègue a ses en- « fants un nom honorablement porté et l'estime pu- «blique. » Le ministère public vit dans ces mots un éloge indirect du régicide, et obtint contre l'imprimeur une condamnation a trois mois de prison et à 3,000 francs d'amende, que confirmèrent la cour royale de Poitiers et la cour de cassation. On doit à Cochon une Statistique générale du département de la Vienne (1802, in-8"), riche en documents officiels et intéressants.— Cocnoj» fils fut successivement auditeur au conseil d'État, sous-préfet d'Issoudun, commissaire général de police à Livourne (1er avril 1813), encore sous-préfet d'Issoudun sous la restauration, et préfet de l'Hérault pendant les cent jours. Il suivit son père dans la Belgique en 1816, et rentra avec lui en 1817. Il mourut du choléra en 1832, à Cliarleville, où il était receveur des douanes. Val. P.

COCHRAN (GiiLr.AiME), peintre écossais, naquit le 12 décembre 1738, àStrathaven, dans laClydcsdale. Ayant de bonne heure montré de grandes dispositions pour le dessin, il fut, en 1754, envoyé a l'académie de peinture du collège de Glasgow, alors dirigée par MM. Robert et André Foulis. Après y avoir passé quelque temps, il partit pour .l'Italie, vers la lin de 1761 ; il y étudia, pendant cinq ans, surtout à Rome, sous le célèbre Gavin "Hamilton. Il revint ensuite à Glasgow et y cultiva son art d'une manière aussi honorable qu'avantageuse. 11 excellait pour les |>orlraits de grandeur naturelle, et faisait bien ceux en miniature et de

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taille moyenne; son dessin était correct, et il manquait rarement à donner une ressemblance frappante. On trouve aujourd'hui à Glasgow plusieurs (le ses peintures historiques, entre autres Dédale et Icare, Diane et Endymion, qui sont des études exécutées à Rome, et qui pourraient faire honneur au plus habile pinceau ; cependant, par une modestie et une défiance de lui-même bien remarquables, on ne put jamais le décider à signer ses enivres. Cochran fixa sa résidence à Glasgow pour ne point aflliser sa vieille mère et quelques autres parents. D'ailleurs l'ambition et la soif des richesses lui étaient étrangères, et la philanthropie, jointe à un extrême désir de plaire, étaient les traits distinclifs de son caractère. Par la permission du lord prévôt et des magistrats, il fut enterré dans le chœur de la cathédrale, et on fit graver sur une belle table de marbre cette inscription : « A la mémoire de M^ Guillaume «Cochran, peintre de portraits à Glasgow, qui mou- « rut le 23 octobre 1785, âgé de 47 ans. Ses œuvres « et ce marbre rappellent un artiste éminent et un « homme vertueux. » D— z— s.

COC IIP. AISE (ArtcniBALn), comte de Dundonald , d'une famille dont l'illustration remonte à plusieurs siècles, quoiqu'elle ne possède la pairie que depuis le régne de Charles II, naquit le I*' janvier 1749, et après avoir été d'abord cornette dans un régiment de dragons (1749), puis officier de marine, il succéda en 1778 â la fortune et aux titres de son père. Il se livra dès lors avec ardeur aux études et surtout aux applications scientiliques. Nid doute que lord Dundonald ne possédai en même temps savoir, esprit, humeur laborieuse ; et pourtant lord Dundonald, dans cette voie où tant de pauvres débutants ont trouvé le renom et l'opulence, eut l'art de se ruiner, et n'échappa point au ridicule. Ce n'est pas à la science qu'il faut attribuer ces mécomptes, c'est au caractère de l'homme qui ne possédait point cette aptitude à saisir l'àpropos, ce mélange de circonspection et de hardiesse, de patience et de flexibilité sans lesquelles ne surgissent point les grandes fortunes industrielles. Sa première invention eut pour objet de préserver les navires des ravages des vers, qui jadis en détérioraient les œuvres vives avec une rapidité telle, que parfois quelques années suffisaient pour kl mettre hors de service. Lord Dundonald, en multipliant les essais, trouva qu'tin extrait de houille en forme «le goudron rend les bois de construction imperméables aux vers dans l'eau salée comme dans l'eau douce, line double expérience, sur un gardecote à l'embouchure du Texel et sur un navire anglais, rejiondit complètement à ce que le comte en attendait; et un aetc du parlement, en 1785, lui concéda pour vingt ans a lui seul le droit d'extraire et d'employer selon sa méthode le goudron, la poix, les huilés essentielles, l'alcali volatil, les acides minéraux, les sels, les cendres, par toute l'étendue des domaines britanniques. Ce monopole, qui semblait promettre des millions à l'heureux spéculateur, devint la cause première de ses pertes : il avait établi des ateliers, des dépots sur un pied considérable,

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il n'eut que de faibles débouchés; on commençait à doubler les navires en cuivre, et cette méthode fut bientôt universellement adoptée : l'extrait de bouille ne fut alors d'image que pour les auvents, les appentis, les hangars et autres ouvrages conlinuelleji.ent exposés aux inlcmpéricfl des saisons. Il recommanda aussi ses débris de houille comme un amendement de première qualité {jour les terres, mais il ue s'adressait point à la partie du public lu plus disposée en faveur des innovations. De quinze à dix-huit ans plus tard, nous retrouvons lord Dundonald obtenant encore deux actes parlementaires en laveur de ses découvertes : l'un (1801), pour une préparation propre à remplacer avantageusement la gomme de Sénégal et les autres gommes d'un emploi fréquent dans les arts; l'autre <1s03), pour une méthode de préparer le clianvre et le lin de manière à faeililcr la division mécanique des libres de ces plantes. Le mélange que lord Dundonahl proposait de substituer aux gommes était composé de lichens, de lin ou de chanvre, et d'écorce de saule. Il remplissait parfaitement sa destination. Le second procédé ne présentait pas , à beaucoup près, d'aussi notables avantages. Toutefois celte imperfection n'eût point été pour l'inventeur une cause de géue s'il eût exploite convenablement ses découvertes, s'il n'eût pas laissé ses secrets s'échapper de ses mains, s'il n'eût point été souvent circonvenu par des intrigants. Celte gène finit par être de la délresso. On pourrait en quelque sorte mesurer, d'après le rang des trois lemnies auxquelles successivement lord Dundonahl apporta le litre de comtesse, la décroissance de sa loi tune. La dernière, Anna-Maria t'Iowen, fille de l'historien de l'Irlande, par ses marques de dévouement et de tendresse, jeta sur la vieillesse abandonnée de lord Dundonahl quelques rayons de beaux jours : malheureusement il la perdit au bout de (rois ans de mariage, le 18 septembre 1822, cl sa position devint alors insupportable. La mort enfin y mit un terme le 1" juillet 1831 ; il avait trop vécu de vin^çt ans. On a de lord Coebrane Dundonahl : I" Notice sur les qualité* el les usages du goudron de charbon et du vernit de charbon, Londres, 1783. 2° Éclaircissement sur l'état actuel des manufactures de sel, Londret, 1783. 3" Traité de l'intime connexion de l'agriculture et de la chimit, Londres, 1793. Cet ouvrage, écrit avec conviction, tut un des premiers où l'on signala les immenses avantages que l'art agricole peut retirer des sciences physiques et principalement de la chimie; il était adressé aux cultivateurs, aux propriétaires de landes et de marais en Angleterre, aux propriétaires de domair.es en Amérique. Plusieurs apprécièrent les conseils de l'auteur, et se trouvèrent bien de les avoir suivis. 11 et>t triste de |>enser que, tandis que ceux-ci acquéraient de la richesse, l'indigence devenait le partage de leur guide. 4» Application des principes de la chimie à ceux de l'agriculture pratique, Londres, 17U7. Cet écrit mérite encore plus d'étages que le précédent : c'est, dans toute la force du terme, un ouvrage p silif, et, quoique surpassé, il u'a point encore ccs.c

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d'élre le manuel des cultivateurs et des propriétaires qui veulent secouer le joug de la routine. —Lord Thomas Cuciuane, qui subit en 1814 une condamnation iunesle, et qui depuis commanda plusieurs expéditions au Brésil et en Grèce, est le fils aîné de lord Archibald. Val. P.

C0C1IHANE (Ale.\andhe-Fobrester-I>ocis), un des hères du précédent, naquit le 22 avril 1738, entra fort jeune au service de nier en qualité d'aspirant, se trouva lieutenant de vaisseau en 1778, et, soit avec ce titre, soit avec ceux de commandant ou de capitaine, se distingua, de 1778 à 1782, dans la guerre contre la France. La paix le rendit au repos jusqu'en 17U0. Lorsque, en 1795, les hostilités curent recommencé, |>our se prolonger presque sans interruption jusqu'en 18I S, le capitaine Coebrane ne captura pas moins de huit vaisseaux français en six mois. Transféré bientôt a la station de Halifax, il attaqua, en compagnie du capitaine Dcrcsford, une escadre française de cinq voiles dans la baie de Chésapeak, le 17 mai 1793, et en prit une pour sa part. De retour en Europe, il fut désigné pour concourir à transporter un corps de Français émigrés sur les cotes de Bretagne, en 1799, puis il se dirigea vers la Méditerranée pour renforcer la grande flotte de l'amiral Keilh destinée à enlever l'Egypte aux Français. C'est le capitaine Cocliranc qui fut chargé de surveiller le débarquement de toutes les troupes britanniques sur la cole égyptienne; et sa conduite en celte occasion lut pleine de bravoure et d'habileté. C'est encore lui qui pendaut le siège d'Alexandrie commandait le délaehement naval placé au lac Maréotis. Ces services furent récompensés, eu 1804, par le rang de contre-amiral. En cette nouvelle qualité, Coebrane fut chargé d'abord de surveiller le port espagnol du Ferrol, et les progrès do l'armement naval auquel, par les ordres de Bonaparte, on procédait alors dans l'Espagne septentrionale. Lue escadre de six vaisseaux de ligne français étant sortie du port de la Rochelle au printemps de 1803, il se mit à sa poursuite; mais tous ses effort! fuient infructueux ; et l'escadre, après avoir causé un tort considérable au commerce britannique, retint mettre son butin en sûreté sur les cotes de France sans être atteinte par le contre-amiral. Cet amiral prit ensuite le commandement de la station des Sles sous le vent, el quelque temps après alla se joindre à Nelson, dont il seconda l'active recherche que ce dernier faisait de la flotte hispano-française. Il revint ensuite à l'ouest, et fit dans les eaux de l'Amérique sa jonction avec DuokworUi: tous «leux alors se rendirent à la vue de Sl-Domingue, et livrèrent bataille à une escadre française de sept voiles qui portait secours à celte capitale. Les Anglais étaient supérieurs en nombre ainsi qu'en force. Deux vaisseaux français brûlèrent, deux furent pris, le reste échappa. Le parlement anglais vota des remerciments aux deux marins; et la municipalité de Londres, en mémoire de ce succès, fit don a Coebrane d'une épée de cent guinées de valeur. L'année suivante (181)7), Coebrane fut employé dans rexpéa^tioa contre les possessions coloniales du

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Danemark, et eut pour mission spéciale de s'emparer des trois lies de St-Jean. de Ste-Croix et de St-Thonias : il y réussit complètement, aidé, au reste, par le général Bowyer, qui commandait les troupes de terre. Il opéra de même, en 1809, contre les îles de la Martinique, de la Guadeloupe, cl de concert avec Beckwith : la première de ces expéditions lui valut encore de l'une et l'autre chambre des remercltnents ; après la seconde il fut nommé gouverneur et commandant en chef de l'Ile de la Guadeloupe et de ses dépendances. Il ne la quitta qu'en 1813, pour commander les lorces maritimes envoyées contre les Etats-Unis ; il Jit en cette occasion beaucoup de tort au commerce de cette république, s'empara de la ville de Washington, détruisit tous les édifices, publics, toutes les propriétés nationales, et en 1815 dirigea de même plusieurs expéditions contre les établissements américains de la Louisiane et de la Nouvelle-Orléans. Ici s'arrête la vie maritime de Cochrane. La paix signée entre l'Angleterre et les anciennes colonies le ramena dans la première de ces contrées en 1815. Il fut promu en 1819 au rang d'amiral du pavillon rouge, et de 1821 à 1824 il fut commandant en chet à Plymouth. Cochrane vint ensuite se lixcr à Paris. C'est là qu'il mourut subitement d'une convulsion, le 26 janvier 1832. chez sa fille (lady ïrowbridge). Val. P.

COCHRANE (JEAN-Donts), surnommé le voyageur pédestre, né vers 1780, entra des l'âge de dix ans dans la marine royale, où plusieurs personnes de sa tamille occupaient des grades supérieurs. Apres avoir servi pendant dix ans dans la mer des Antilles sans être incommodé par l'extrême chaleur du climat, il lut employé sur les lacs «lu Canada ; il fit deux fois à pied la route de Québec au lac Ontario, à la tête de six cents matelots : « Leurs grima- « ces et leurs pieds enflés, dit-il, prouvaient que je « valais mieux qu'eux |iour parcourir une longue « dislance à picil. » En 1815, après la paix généra , il fit de cette manière un voyage en France, en Espagne et en Portugal. Au mois de janvier 1820, il offrit à l'amirauté d'entreprendre l'exploration de l'intérieur de l'Afrique : son projet était de constater le cours et l'embouchure du fleuve que nous appelons Niger, d'après Mungo Park [toy. ce nom), qui l'avait découvert. Il voulait, comme ce voyageur dans sa première teulative, aller seul; persuadé que dans des contrées barbares on court ainsi moins de risques, et qu'on a plus de chances de réussir qu'une réunion de plusieurs hommes, surtout s'ils sont armés et s'ils portent des présents d'une valeur qui parait toujours considérable à des peuples grossiers. Des événements multipliés ont confirmé la >ustessc de ses vues. La réponse de l'amirauté n'ayant pas été favorable, Cochrane, qui pensait avec quelque raison qu'un capitaine de. vaisseau, encore jeune comme il l'était, ne serait probablement pas employé sur nier, et encore moins sur terre, résolut d'effectuer une course lointaine, et, à l'exemple de l'infortuné Ledyardjroy.ee nom), de traverser l'ancien continent jusqu'à son extrémité la plus orientale, passer le détroit de Ikring,

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aborder l'Amérique septentrionale, et parvenir jusqu'au Canada, « Je me décidai aussi, ajoute-t-il. à a exécuter ce long voyage à pied, par la meilleure

0 de toutes les misons ; la pénurie de mes finances.

1 J'obtins un congé de deux ans, et je me suis mis « en roule... Mon premier et principal objet était « de suivre par terre les côtes de la mer polaire en

■ Amérique, ainsi que le capitaine Parry essaye en « ce moment de le faire par eau, et en même temps « de prendre des notes sur les moeurs des pays que « je visiterais. M êlant donc procuré les renseigne- « ments qui m'étaient nécessaires, et ayant rempli « mon havre-sac des objets que je regardais comme « indispensables pour pouvoir traverser les déserts « et les forêts de trois parties du monde, je quittai

■ Londres. » Le 1 1 février il arriva à Dieppe ; traversa successivement Paris, Metz, Mayence, Francfort, Erfurth, Lcipsick, Berlin, Stcltin, Dantziek, Kœnigsbcrg. Mittau, Higa, et le 30 avril il entra dans St-Pélcrsbourg. Sa requête pour obtenir la permission de traverser l'empire russe fut favorablement accueillie ; il reçut de plus une lettre sjiëciak de recommandation pour le gouverneur général de la Sibérie, et m.c autorisation de demander aux différents gouverneurs les sommes dont il aurait besoin. « Je crois, dit-il, ne faire tort à aucun « souverain de l'Europe, en pensant qu'aucun n'au- « rait pris intérêt à moi ou à mes affaires, ou n'auc rait fait attention à un étranger qui se présentait « sans autre recommandation importante qu'une « lettre particulière de sir Uobert Kerr Porter. » La compagnie russe d'Amérique lui Ht intimer, par un organe très- respectable, l'invitation de s'abstenir de toule investigation relative à ses affaires, et lui refusa toute espèce de lettre pour ses agents, sous le prétexte qu'il ignorait la langue russe. Muni d'un passe-port qui annonçait son projet d'aller à pied jusqu'au Kamtchatka, il quitta Sl-Pétcr>bourg le 23 mai 1820. Ln peu au delà «le Losna, il fut arrêté par deux voleurs masqués qui le dépouillèrent de ses babils et de ses effets, lui firent jurer, autant qu'il put le comprendre, de ne pas ltt dénoncer, le lièrent à un arbre et disparurent... Un petit garçon qui passait entendit ses cris, et lui rendit la liberté. Presque nu, Cochrane reprit son luvresac vide, adressa ses plaintes au général Voronoff, qu'il rencontra occupé à faire construire un chemin: des recherches inutiles furent faites concernant le vol ; et le lendemain notre voyageur atteignit IS'ovogorod. Le gouverneur l'accueillit avec bonté, lui donna de l'argent, et Cochrane, habillé de neuf par la bienveillance d'un marchand, qui refusa de recevoir la inoindre chose, put continuer sa course aventureuse, par Moscou et Cazan, franchir les monts Oural, qui sépare»1 l'Europe de l'Asie, et atteindre Tobolsk. Il remonta le long des bords de rirtiefa jusqu'à Semtpolatlnsk, poussa jusqu'à FMhtarminsk sur les frontières de l'empire chinois, revint sur ses pas, se dirigea sur Tomsk et ensuite sur Irkoutsk. l'n peu au nord de celle ville cessèrent les cantons cultivés en grains; ce ne furent plus que des pâturages. Cochrane parcourut une

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parte du chemin en canot sur la Lérm jusqu'à Yakoutsk, où il s'arrêta le 0 octobre. La Léna n'était pas encore entièrement prise par les glaces. Les habitations étaient déjà bien moins nombreuses ; au delà de cette ville elles deviennent rares. Il fallut faire de nouveaux préparatifs pour voyager dans des régions où la rigueur du froid est excessive. Le 31 octobre, jour de son départ, le thermomètre R. marquait 27 degrés au-dessous de zéro. Cochrane avait deux traîneaux : « Il m'est impossible, dit-il, « de décrire les différentes émotions que j'éprouvai « en quittant les dernières limites de la civilisation, ■ les amis que je m'étais faits, et tout ce qui pouvait « m'atlacher à la société : quoique je fusse persuadé « que je trouverais de l'hospitalité et toute l'assis- « tance que je pouvais désirer, cependant, pour un « esprit sensé, l'entreprise dans laquelle je me lan- « çais était formidable, puisque j'étais seul, et que « j'ignorais la langue russe, et plus encore celle des « tribus tartares que je devais visiter. Quant à cette « difficulté, elle fut surmontée par l'obligeance de « personnes parlant anglais, français et allemand, « que je rencontrais à chaque station. » Cochrane se dirigea au nord-est vers Mjni-Kolymsk, lieu voisin de l'embouchure de la Kolyma. Depuis un certain temps, des chiens étaient attelés aux traîneaux, parce que le pays ne produit pas de fourrages pour les chevaux. Le 31 décembre, jour de l'arrivée do Cochrane à Nijni-Kolhnsk, le thermomètre II., à l'esprit-de-vin, marquait A2' au-dessous de zéro. Le 8 mars, il se rendit au fort d'Ostrovnoï, où se tient tous les ans une foire pour faire des échanges avec les Tchbouktchis. 11 ne put obtenir de ces peuples la permission de traverser leur pays jusqu'au détroit de Bering ; il retourna donc à IS'ijni-Kolymsk, et se dirigea au sud-ouest vers Okhotsk par une contrée affreuse et à peine habitée. Après des fatigues inouïes, il entra, le 23 juin 1821, dans Okhotsk. Son aspect frappa les officiers qui le reçurent : son visage complètement gelé annonçait qu'il avait été exposé, sans le moindre abri, à un vent glacial : sa barbe, de couleur rousse, n'avait pas été faite depuis quinze mois ; il avait employé soixante-quinze jours a venir de Nijui-Kolymsk, éloigné de deux milles; dans un intervalle de quatre cents milles, il n'avait vu d'autre créature humaine que son guide, et qu'une seule habitation sur une étendue de dix milles. Le 24 août il s'embarqua pour le Kamtchatka. La traversée fut prompte et heureuse. Son séjour dans cette péninsule le dédommagea des tribulations de son voyage en Sibérie : les fêtes continuelles qui se donnaient à Pélropovlosk dérangèrent les projets de Cochrane ; il devint amoureux et se maria : alors toutes ses idées d'aller en Amérique se dissipèrent. 11 fit une tournée dans le pays, revint à Okhotsk avec sa femme, alla de cette ville à Yakoutsk par la route ordinaire, et enfin revit St-Pétersbourg après une absence de trois ans et trois semaines. Avant de quitter cette capitale, Cochrane alla rendre ses devoirs au comte de Kolchoubel, l'un des ministres de l'empereur, et lui présenta son journal en offrant de le laisser en Russie, s'il le dé-

airait : « Non, répondit le minisire, emportez votre « journal en Angleterre, dites la vérité, et vous fc- « rez plus de bien qu'en inventant des choses qui « n'existent pas. Racontez à vos compatriotes coni- « ment vous avez été traité en Russie ; mais en « même temps, fjiles-nous connaître ce que vous « avez vu. » La relation de son voyage fut bien accueillie en Angleterre; mais le désir d'en faire un nouveau l'occupait sans cesse. Cette fois, voulant voir l'Amérique- méridionale, il alla, en 1823, dans la république de Colombie, remonta le Rio-Magdaleno, visita Bogota et d'autres villes. Arrivé à Valeneia, près du lac de même nom, il y mourut en 4825. On a de Cochrane : Narrative of a yedturian journqj through Rmsiaand Siberian Tarlary, fronder o/ China, fo Ihe froztn sea and Kamtchatka (Relation d'un voyage fait pédestrement en Russie et dans la Tarlarie sibérienne, des frontières de la Chine à la mer Glaciale et au Kamtchatka ), Londres, 1824; 1re et Sédition avec cartes et planches. La 2' édition est dédiée à M. Sjieranski, exgouverneur général de la Sibérie. L'auteur lui témoigne ainsi sa gratitude des bontés qu'il a éprouvées de sa part dans son long voyage et ailleurs. Il avertit dans sa préface qu'il n'est pas toujours allé pédeslrement, ce qui, dans plus d'une circonstance, eût été impossible. En s'avançant à cheval, ou «laits un traîneau, il put parcourir en peu de temps une vaste étendue de pays. Il n'a eu qu'à se louer du caractère hospitalier et obligeant des Russes, puisque de Moscou à Irkoulsk, éloignés l'un de l'autre de 6,000 milles par la route qu'il suivit, il ne dépensa qu'une guinée i25 francs). Il ne se vante pas d'avoir écrit uu voyage qui puisse satisfaire des lecteurs savants : il avoue son ignorance en histoire naturelle. Le peu d'instruments dont il put se inunir lui furent enlevés par un accident imprévu : toutefois son récit n'est dénué ni d'intérêt ni d'instruction ; il décrit bien l'aspect du pays, les mœurs des habitants. Les cantons de l'Asie qu'il a parcourus au delà d'Yakoutsk le sont très-rarement par des Européens. Ni Gmelin ni Pallas ne les visitèrent; Lcsseps ne les traversa pas en venant du Kamtchatka à Okhotsk ; ainsi la relation de Cochrane est précieuse pour la géographie. En revenant vers l'Occident il alla jusqu'à Kiakhta et au Maïmatehin, poste chinois sur les frontières des deux empires. Quelques critiques lui ont reproché des inexactitudes de détails, mais elles sont de peu d'importance. Sa véracité es.1 attestée par le suffrage que son livre a obtenu d'hommes éminents en Russie ; et ceux-ci ont fait preuve d'un bon esprit en le lui accordant, puisqu'il ne manque pas de déverser le blâme sur les institutions et les établissements qui lui paraissent le mériter. — C.-S. Cocmum: , également capitaine, a publié : Journal of a retidence and iravtlt in Columbia during the yeart 1823 and 1 82 i (Journal d'un séjour et de voyages en Colombie pendant les années 1823 et 1824), Londres, 1823, 2 vol. in-8°, avec planches et cartes. Malgré le grand nombre de relations publiées depuis quelques années sur ce pays, celle de Cochrane offre encore beau.

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coup de choses intéressantes; d'ailleurs il a en quelque sorte ouvert la voie aux autres voyageurs. E— s.

COCK (Jérôme), peintre, graveur à la pointe et au burin, imprimeur et marchand d'estampes, naquit à Anvers vers 1510, et mourut dans la mène Aille en 1370. Les premières années de sa jeunesse furent employées à l'élude de la peinture; mais il quitta bientôt le pinceau pour le burin. Yasaiï, dans la vie tic Marc-Antoine, parle avec éloge de Cock, en citant une partie des pièces que cet artiste a gravées, d'après llemskcik, le vieux Breughel, Jérôme Bos et autres. Ce fut un artiste très-laborieux ; il a fait de Iran nés gravures et d'excellents élèves; on compte parmi ces derniers Hans Collacrl et Corneille Cort. surtout celui-ci qui, avant de passer en Italie, fit pour son maître un grand nombre de planches que Cock publiait sous son nom. Il avait établi un commerce d'estampes qui lui procurait les moyens de tirer un parti avantageux de celles qu'il faisait et de celles qu'il faisait faire. Cock s'est servi fréquemment du chiffre H. C. E., qui est aussi celui de Hans Collaert. La plupart de ses gravures sont encore aujourd'hui fort recherchées. La collection des portraits de ce maître n'est pas une des parties les moins intéressantes de l'iconographie moderne ; ils sont en grand nombre, et presque tous représentent des personnages historiques. Cock en a publié lui-même différents recueils, où se trouvent aussi plusieurs autres de ses ouvrages; le premier a pour titre : Pictorum aliquot celebrium Germâmes inferioris Effigies, etc., Anvers, 1573, petit iu-fol. Cette suite contient vingt-quatre portraits de peintres flamands, au Las desquels se trouve l'éloge qu'en fait Lampsonius; la plupart ne portent point le nom du graveur; les autres sont marqués des lettres I. H. W., qui désignent Wierik. Les autres recueils donnés par Cock sont : 1° Prœcipua aliquot Romance antiquitatit ilonumenta, Anvers ( î»î) pièces) ; 2° Operum antiquorum Rnmanorum hinc inde per dicersas Europœ regiones (20 pièces); 5" Diri Caroli V, ex multis praripue vicloriarum Imagines, 1356 ( 12 pièces); j 4° Compartimenlorum quod votant multiplex genui, Upidissimis hiftoriolis pœlarumque tabulis ornatum, 1366 ( 13 pièces). Mais de toutes les gravures de Cock, la plus remarquable a pour litre : Us gros poissons mangent les petits ; cette estampe, faite d'après un tableau de Jérôme Bos, est comjwrable aux compositions les plus originales de Callot. Jérôme Cock avait un frère aîné, Matthieu Cock , qui fut excellent peintre de paysage ; il s'était formé en lialie, et fut mis au nombre des premiers maîtres flamands qui cultivèrent ce genre de peinture. Plu- ' sieurs de ses compositions ont été gravées par son Jrère; ce sont presque toujours des paysages historiques, dont le sujet est pris dans l'Ecriture. A — s.

COCK (C-isukkt), en latin Cocours, était d'Utrecht. Il exerça, depuis 1855 Jusqu'en 1707, année de sa mort, les loin lions de pasteur dans le villajc de Kokkengen. On a de lui : !• Ihbbes hlenehomerius, etc., Itieeht. 1668, in-84 : c'est une réfutation des principes dç Uobbes; 2» Matome Ilob*

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be$ianimt\ ibid., 1680, in-8«; 5» Psallerium David»

carminé elegiaco, ibid., 1700, in-8". B — ss. COCKAINE. Voyez COKAINE.

COCKBfJRN (Guillaume), médecin de la marine, membre de la société royale et du collège des médecins de Loudres, est connu par plusieurs écrits sur diverses branches de l'art de guérir : 1» OEconomia eorporis animalis, Londres, 1675, in -8*; Augsbourg, 1696, in-8*. Mangct a inséré cet opuscule dans le 2* volume de sa iiibliolheca ana~ tomica. 2" Sea-diseasts : or a Treatise of tkeir nature, causes, and cure; also an essay on bleeding m fevers , etc.. 3* édition, Londres, 1736, in-88. Cet ouvrage, qui parut d'abord en 1696, est le premier traité spécial sur la médecine nautique; il a été souvent réimprimé, traduit en latin, Leyde, 1717, in-8"; en allemand, Rostoch, 1726, in-8"; en hollandais, par Bidloo, etc. 3* The Symptoms, Nature, and Cure of a gonorrhma, Londres, 1713, in-8°. Celte monographie a eu plusieurs éditions ; elle a aussi été traduite en latin, à Leyde, en 1717, et de celte dernière langue en français, par Jean De vaux, sous ce titre : Traité de ta nature, des causes, des symptômes et de la euration de l'accident le plus ordinaire du mal vénérien, Paris, 1730, in 12 Dans tous ses écrits, dont nous avons seulement énuméré les principaux, Cockburn a la manie de se donner pour réformateur ou pour inventeur. C'est ainsi qu'il rejette absolument la chimie du domaine de la physiologie et de la pathologie. Il prétend que la blennorrliagie vénérienne n'occupe jamais la prostate ni les vésicules séminales , mais qu'elle a toujours son siège dans les lacunes de l'urètre. Le reproche le plus grave et le mieux fondé qu'on puisse faire au docteur Cockburn, c'est d'avoir débité plusieurs remèdes secrets , tels qu'une poudre infaillible pour arrêter les flux de ventre, une injection merveilleuse contre la gonorrhée, etc. C.

COCKBUHN (Catherine), dame anglaise, distinguée par ses talents littéraires, née à Londres, le 10 août 1679, était fille de Trotter, capitaine de la marine royale, originaire d'Ecosse, et de Sarah Ballendcn , proche parente du lord de ce nom. Elle était très-jeune lorsqu'elle eut le malheur de perdre son père, et cet événement réduisit sa mère à un état voisin de la pauvreté. A un esprit naturellement porléà la philosophie, mademoiselle Trotter joignait du talent pour la poésie. Elle lit des vers dès l'enfance, apprit seule à écrire, étudia le français, et reçut ensuite quelques leçons sur la logique et la langue latine. Une tragédie d'Inès de Castro, qu'elle com|K>sa à dix-sept ans, d'après une nouvelle française portant le même titre, imprimée à Parisen 1688, fut jouée avec succès en 1605 sur le théâtre royal, et imprimée l'année suivante sans nom d'auteur. Elle donna au théâtre plusieurs autres pièces ; mais en 1702. elle se fit connaître sous un nouveau rapport, par sa Défense de l'Essai de Locke sur l'entendement humain. En la faisant imprimer en 1702, elle crut devoir garder l'anonyme , de peur que la connaissance de son sexe et de son âge ( elle n'avait alors que vingt-deux ans) n'élcvat une prévention déto-

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vorable contre un tel ouvrage. Ses précautions furent inutiles; elle fut connue, et Locke lui exprima sa reconnaissance par une lettre accompagnée d'un présent de livres choisis. Catherine Trotter s'attachait à prouver dans cette défense que la doctrine du matérialisme n'est pas incompatible avec celle de la révélation, ni même avec l'espérance d'une vie a venir, espérance qui ne repose pas sur la notion de l'immaiérialité de l'âme. Le célèbre docteur Priestley a soutenu les mêmes principes. En 4708, miss Trotter épousa Cockburn, ecclésiastique, auteur de quelques écrits, notamment d'un Traité sur le déluge de Moïse, publié après sa mort. Depuis ce temps , occiqiéc des soins de son ménage , elle écrivit moins, et n'exerça plus son'talcnt que sur de graves sujets de morale et de religion. Son dernier ouvrage, /femartjuf* sur les principes et let raisonnements du docteur Hulherforth , dans son Essai sur la nature et les obligations de la vertu, composé dans sa soixante-huitième année, prouve nu'ellc avait conservé dans un âge avancé la vivacité et la vigueur d'esprit qu'elle avait manifestées dès l'âge le plus tendre. Elle mourut en 1749. Voici les titres de ceux de ses principaux ouvrages que nous n'avons pas cités : i* Y Amitié fatale, tragédie : c'est la meilleure de ses productions dramatiques; elle fut représentée en 161)8 sur le nouveau théâtre de Linculn's-inn-fields, et imprimée la même année avec une dédicace a la princesse Anne de Dancmaik; 2" l'Amour dans l'embarras, ou la pluralité l'emporte, comédie, 1701 ; 3» le Malheureux Pénitent, tragédie, 1701; 1° la Révolution de Suède, tragédie. Plusieurs des ouvrages de mistriss Cockburn ont été réunis et imprimés par le docteur Dirch en 1751, sous le titre de : OEivres thiologiques, morales, dramatiques et poétiques, en 2 vol. in-8°, précédés d'une vie de l'auteur. On peut encore consulter sur mistriss Cockburn la Vie de Beallie par Forbes, et les vies de Cibber (I). S— o.

COCKDUHN (Patmce), un des plus anciens professeurs de langues orientales à Paris, était né à Langton, en Ecosse, au commencement du 16' siècle. Après avoir étudié à l'université d'Aberdeen les bel-

(t) A Vite de quatonf lit*, file adressa il M. BfTil, qui irait été attaqué de la petite vérole, ■ ne pieté de vers sur sa nijbdre ei sur

sa guerison ; elle en cnvujj également une, en 4G97, a M. Congreve, sur sa Mournuig Brute, et entra depuis en relation intime avee re célèbre écrivain. A la mort de Itrvden, en <7ol, mademoiselle Trotter se joignit a plusieurs «aires dames pnir payer un Uihui d hoinmagi - a sa un'iuoire. Toute» rrs ptceei de vers ont été réunies et publiées, sous le litre des Seul Musts, ou poetits écrire.» far pluticars dama jur la moil dj Ct ttl're Jean Dnjrfen. En 17î* et 4717, elle défendit de nnnveau le* écrits et tes opinions de Locke, vivement attaques par te docteur lloldswortn, et écrivit a celte occasion plusieurs lettres dont aucun libraire ne voulut faire les (rais d'impression, et qui ont été publiées depuis dans la collection de ses «mues. On doit encore a madame CocVburn plusieurs pamphlets sur des sujets religieux et philosophiques. E'evce dans la communion de l'Eglise catholique, nnsiriss Cockburn était d'abord d'une dévotion fort exaltée; die «livrai!, 1rs juurs de jcAiie.a uuc abslineiicc tellement rigoureuse, que le doc leur Deulun Nicholas, savant médecin, fut obligé de lui adresser plusieurs foi< a ce sujet des remontrances, dans la crainte qu'elle ne rompromli sa saute. Cependant, en 170*. elle se lit protestante, et publia deux pamphlets pour justifier son changement. D— i— s.

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levlettres, la philosophie, la théologie et les langues

hébraïque et syriaque , il entra dans les ordres , se rendit à Paris [>our s'y perfectionner dans ces sciences, et professa longtemps avec éclat les idiomes de l'Orient dans cette ville. La connaissance de ces langues sacrées semblait alors hostile aux fervents catholiques, et de fait il est certain qu'un grand nombre de ceux qui s'y livraient en usaient pour s'élever contre la lidélité de la Vulgule. Déjà suspect ou près de l'être par cette raison, Cockburn donna encore mieux prise contre lui par la publication des deux opuscules (Oralio de excellentia et utilitale verbi Dei, Paris, 1551, in 8°; de Vulgari sacras Scriplurm Phrasi, Paris, 1552, iu-S") ; et force lut fut tle quitter la France . où la guerre civile religieuse n'était pas loin d'éclater. A peine de retour en Ecosse, il prouva qu'on n'avait pas eu tort de soupçonner son orthodoxie ; il embrassa publiquement la réforme et accepta le presbytéral d'Haddinglon, dont il fut le premier pasieur protestant. Malgré cet empresse* ment à déserter la bannière du catholicisme, Cockburn était aussi modéré que savant. H accepta la citairc de langues orientales a Si- André, et mourut en 1559, dans l'exercice de sa profession et dans un ase tort avancé. Outre les morceaux mentionnés, Cockburn avait publié 7n orationem dominicam pia Medilatio, Si-André, 1535, in-8°, et laissa en manuscrit beaucoup de traités de théologie , de lettres et de sermons, dont un fut publié à Londres, 1561, in-4° : il roule sur le Symbole des apôtres. Z.

COCKER ( ÉnotJAno ) , habile maître de calcul et d'écriture, dont le nom est presque proverbial dans les écoles élémentaires d'Angleterre , naquit probablement à Londres, vers 1631. Il se plaça bientôt au premier rang parmi ceux qui ont fait faire des progrès à l'art de la calligraphie et à l'arithmétique , et n'a pas publié sur ces matières moins de quatorze exemplaires d'exemples {Copy-Rookt) qu'il a gravés de sa propre main. Quelques-unes tic ces pièces de calligraphie, faites sur des planches d'argent , sont d'une netteté et d'un fini extrêmement remarquable. Son Arithmétique vulgaire et son Arithmétique décimale, qu'il a laissées en manuscrit , ont été publiées après sa mort, la dernière en 1093. La première, qui jouit surtout «l'une Irés-irrande popularité, a été souvent imprimée, d'abord en 1077, et pour la quatorzième fois en 1723. Il a aussi composé un petit dictionnaire , et un recueil de sentences a l'usage de ceux qui apprennent à écrire et qui porte le nom de Morale de Cocker. Il mourut en 1677. On trouve des détails sur Cocker dans l'Origine et let Progrès des lettres, publication prolixe, mais assez curieuse tic Massez. D— z— s.

COCI.ÉS (Pi buis Horatius), neveu du consul Horatius Pulvillus, connu par un trait tic courage que Tite-Livc avoue être plus célèbre que digne de foi : Rem ausus plus fuma habiluram ad posteros quam fidei. Voici tic quelle manière ce grand historien raconte le tait. L'an 246 de la fondation tle Rome, !>07 ans avant l'ère chrétienne, Porscnna, roi d'Etrurie, avait chassé les Romains du mont Janicule, et allait pénétrer dans la ville par le pont Su-

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Wicius (I). HorntSus Coclès commandait ce poste; il rallie les fuyards, leur ordonne de s'occuper à rompre le pont, tandis qu'aidé de deux autres guerriers, il soutiendrait tout l'elfort des ennemis. Horalius Coclès força bientôt ses deux généreux compagnons d'armes à profiter, pour s'échapper, d'une partie du pont qui restait encore, et, seul contre tous les Etrusques, avec un regard terrible et d'une voix menaçante, il leur crie : « Esclaves sous un roi orgueil- « leux, quoi ! vous oubliez la liberté de votre pairie « pour attaquer celle des autres ! » Les Etrusques font pleuvoir une prèle de traits sur cet audacieux guerrier, et ils allaient s'élancer sur lui, quand les cris de joie des Romains , qui venaient de voir le pont tomber avec fracas , suspendirent pour un instant leur impétuosité. « Dieu du Tibre , dit alors u Horace, reçois favorablement dans tes ondes un « soldat couvert de ses armes, p II se piécipite à ces mots dans le fleuve, et urine à l'autre bord sans avoir reçu une seule blessure (2). La république reconnaissante lui érigea une statue , lui donna des terres, et durant les jours d'une grande disette, tous les citoyens prirent sut leur nécessaire pour subvenir à ses besoins. Nous venons de voir queTile-Live nous représente ce héros sortant du combat sans avoir reçu une seule blessure, cl la même chose est affirmée par Florus, Yalère-Maxime et Sénéquc; mais Phttarquc, Denys d'Halicai nasse, Dion Ca»sius et Scrvius nous disent qu'il lut blessé à la cuisse, cl on renouvelle à ce sujet un bon mol qui deja avait été dit par Alexandre le Grand a son pére Philippe, Polybc , au contraire, assure que Coclès périt dans le Tibre. A la vérité , c'est le seul historien qui le lasse mourir ainsi ; mais , plus ancien, plus instruit, plu* judicieux mie tous les autres , l'olylie , (Kir son témoignage, ajoute encore à notre incertitude. Pour achever le détail des contradictions des anciens silice personnage, nous dirons que Denys d'Halicarnasse aflirme qu'il était piuidilcmeiit beau , taudis que Plutarquc en f;iil un portrait hideux, et prétend qu'il avait le surnom de Codes, parce qu'étant trescanms, et ayant les sourcils ioints et le haut du nez si enfonce dans la tétc, que rien ne séparait ses deux yeux, le peuple, voulant l'appeler Cychpe, se inéprit, et le nomma Coclès. Varron fait dériver ce surnom de Codés, qui signifie borgne, du mot oeulus. 11 (tarait que Florus n'était pas éloigné de croire que les faits merveilleux relatifs au siège de Rome par Porsenna avaient elé supposés ou embellis par les rédacteurs des grandes annales. « Ce fut alors, dit— « il, qu'on vil ces prodiges de valeur des Horace, « des Mulius , des Clélic , que nous regarderions « comme des fables, si on ne leur avait donné place « dans les annales. » Tacite et Pline, plus francs ou mieux instruits , avouent que le roi d'Etruiic s'em-

(1) On voit enrore 1m ruines de tel ancien pont, reeoosiniit plu. sieur* foi» depuis, »is .ï-ms U porte it Ripa Grande, prw de U Parla fortuit.

(2) On trouve ee sujet (Tiré lur un *op*rbe «Million d'Antonm le l'ieux. Cri rmixrcur s'esl plu a rrpresenier sur tes nions- ■MU lr* Mit <|ui »\Jieni rapport a la fondation de Home, et In t:iun» glorieuse* «|ui illustreront «lie wlle naisnulc.

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1 i.ii .i de Rome, et que les Romains se soumirent à lui. ( Voy. Porsem.na.J Horalius Coclés a fourni à Arnaull le sujet d'un grand opéra représenté et imprimé en 1794. W — u.

COCLÈS ( Barthélémy della Rocca, ditï, né à Bologne le 9 mars 1467 (comme il le dit lui-même dans son Anaslasit), cultiva successivement la grammaire, la médecine, la chirurgie, l'astrologie, et s'adonna surtout a la chiromancie et à la physiognomonie, dont, au temps où il vivait, tous ceux qui se mêlaient de prédire l'avenir ne possédaient pas les éléments. Accueilli des savants , recherché par les princes, entre autres , par Galéas Sforce, Coclès acquit en peu de temps une grande réputation. On venait le consulter de toutes parts. Les auteurs conleitiporains, Paul Jove lui-même, le louent, prennent sa delense contre les incrédules, et Client des exemples nombreux de l'infaillibilité de ses prédictions. Cependant, cet homme, qui lisait avec tant de facilité dans le livre des destins , ne put détourner les malignes influences de son étoile. Il avait osé prédire à Hermès, fils de Jean II Bentivoglio, qu'il mourrait en exil. Ce seigneur, indigné, le lit assassiner comme il rentrait chez lui , le 24 septembre 1501. On prétend que, connaissant le sort qui le menaçait, il portait depuis quelque temps une calotte de fer, et qu'il ne sortait qu'armé d'une épée * deux mains. On assure même que, celui qui devait l'assassiner étant venu le consulter peu de temps auparavant, il lui prédit qu'avant vingt-quatre heures il se rendrait coupable d'un meurtre. Fantuzzi n'a poinl traité avec son érudition ordinaire ce qui regarde cet auteur. Nous allons essayer d'y suppléer. Et d'abord il n'a poinl dit que Coclès s'était caché sous le nom d'André Corto de la Mirandola. Cette duplicité de nom a induit en erreur tous les biographes , qui ont cru devoir distinguer deux auteurs. Coclés écrivit sur la physiognomonie et la chiromancie ; mais son livre a subi quelques modifications. L'édition originale est : Physionomia tic chiromunt>a Anastaùs, sice Compendtum rx pluribus et pene infinitif auloribus, rum approbatione Atexandri Aehilfini, Bologne, 1504, in fol. : la préface est d'Achillini. Tous les biographes ne cessent de répélerqu'elle ' satisfit également les incrédules et les partisans des ; sciences secrètes. Celte édition, quoique la première, n'est pas la plus recherchée. Il est a remarquer qu'elle fut terminée le 4 septembre, c'esl-è-dire yingt jours seulement avant la mort de Coclès. UAnasUuis fut réimprimée à Bologne, 1.V23, in-fol. On publia ensuite un Compendtum physiognomonice , quantum ad parles capitis. gulamque et eollum attinet : eui ocredit Andréa Corvi Chiromantia, Strasbourg, 1333, 1536, 1551, 1586, in-8° : ces éditions, surtout les deux premières, sont fort recherchées. Ce Compen- ■ dium a été traduit en français, Paris, 1546, 1560, in-8° ; 1698, in 12; en italien, par Patrice Tricasse des Cercsars (qui lui-même a fait un Traité de Chiromancie), Venise, 1531. 1535, in-8'. On a. sous le seul nom d'André Cono, deux éditions latine et italienne de la C/itromanrte, in-8*, sans date, et une française, Lyon, 1611, io-16. Enlio Fantoxii n'a

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point indiqué la Geomantia di B. CocU iradolta in volgare, Venise, 1550, in-8». D. L.

COCO (Vincent), né à Campomarnno, dans le royaume de Naples, en 1770, fut destiné dès l'enfauce à la carrière du barreau, et vint dés l'âge de dix-sept ans à Naples pour y faire son droit. Mais il pril peu de goût pour ce genre d'étude ; cl s'étant lié avec Cirillo, Dellico et surtout Galanli, qui brillaient alors dans cette capitale, il se montra comme eux 1 un des plus zélés disciples de l'école de Vico et de Filangieri. De telles liaisons devaient le disposer à toutes les innovations politiques; et lorsqu'une révolution éclata dans sa patrie, en 1799, sous les auspices des Français, il s'en montra l'un des plus chauds partisans, et fut un des principaux moteurs de la république parthénopéenne. Il vivait dans la plus grande intimité avec une dame San- Fclice, aussi remarquable par sa beauté que par ses opinions patriotiques. Ln partisan de la cause royale, nommé Bâcher, s'étant épris des charmes de cette dame, et voyant les troupes royales s'approcher de Naples sous les ordres du cardinal Huffb, eut l'imprudence, dans un accès de jalousie, de menacer Coco de laire de lui une des premières victimes de la réaction royale. .Madame San-Fclice se hâta d'avertir de celte menace son ami Coco, lequel dénonça aussitôt Bâcher aux autorités de la république. Ce malheureux paya de sa tète son imprudence ; mais lorsque l'armée royale fut entrée dans Naples, madame San-Fclice à son tour fut condamnée à mort. Coco s'était hâté de se réfugier en France, où il publia, sous le titre de Jîiro/u:toni di Aapo/i, un tableau très-animé et très- pathétique des événements dont il venait d'être victime. Cet ouvrage fut traduit en français par un anonyme dans la même année (Paris, 1800, in-8')- Après la bataille de Marengo, Coco se hâta de retourner en Italie. Forcé de s'arrêter à Milan, il y fut accueilli par le président Melzi, qui lui conlia la rédaction d'un journal officiel qu'il venait d'établir sous le litre de Giornale Italiano. C'était le temps où tout en Italie, comme en Kratice, devait tendre à l'établissement du pouvoir impérial. Cette tendance était lort éloignée sans doute des idées que Coco avait jusque-là manifestées. Cependant il montra dans son journal assez de flexibilité; et lorsqu'Eugéne Beauharnais fut vice-roi de la Lombardie, il continua de le rédiger dans un esprit tort peu démocratique ; mais sou crédit s'affaiblit considérablement. Il travaillait dans le même temps à une espèce de roman philosophique sous le titre de Platone in Italia, tradusïone dtl grteo, Milan, 1800. 3 vol. in-8". C'était une faible imitation du Voyage d'Anachariit de Barthélémy. Elle eut ce|»endant un grand succès en Italie, et l'on sait que Coco y contribua beaucoup lui-même en lui prodiguant sans cesse dans son journal des éloges outrés et qui étaient répétés par la plupart des journaux de la péninsule. Le parti philosophique des autres contrées le vanta également avec complaisance, si bien qu'il eut plusieurs éditions, et fut traduit en plusieurs langues , uotamiiuyil eo français, par Bertrand Barère, sous

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le titre de Voyage de Platon en Italie, Paris, 1807,

3 vol. in-8*. Lorsque les Bourbons furent expulsés de Naples , en 1606 , pour y faire place à Joseph Bonaparte, Coco se hâta de retourner dans sa patrie, et il y fut très-bien accueilli par le nouveau roi, qui le nomma membre de la cour de cassation , du conseil d'Etat, et le créa commandeur de l'ordre des Dcux-Siciles. Ayant été député vers Napoléon , en 1810, il reçut de lui l'ordre de la Couronne de fer. Murât, qui venait de remplacer Joseph sur le trône de Naples, accorda les mêmes avantages que son prédécesseur à Coco, et lui donna un emploi important dans la direction du trésor public; mais cet emploi ne convenait ni à ses goûts, ni à ses connaissances. Il désirait vivement en obtenir un autre dans l'enseignement, et même remplacer l'avocat Zurlo qui était ministre de l'intérieur. N'ayant pu y réussir, et ayant vu rejeter un long projet qu'il avait rédigé pour son nouveau système d'enseignement, il en conçut un tel dépit, qu'après les désîislres de Russie, en 1813, regardant déjà comme près d'être renversé le trône de Joachim, il manifesta le déMr qu'il avait de voir une nouvelle révolution s'opérer dans sa patrie. La restauration de 1813 l'ayant trouvé dans cette espèce d'opposition, Ferdinand IV, en remontant sur le trrtne, lui conserva son emploi de directeur du trésor ; et Coco se vit au milieu d'une cour qu'il avait autrefois attaquée avec beaucoup de violence. Celte position était embarrassante, et elle lui causa plus d'un désagrément. Lin jour qu'il s'entretenait avec le plus jeune des fils du roi, ce prince, qui ne connaissait pas plus sa conduite antérieure que ses écrits, lui témoigna le désir de lire son Hiitoire de la révolution de JVaptu, où il ignorait sans doute que l'auteur s'était livré aux plus violentes attaques contre le roi et tous les siens. Coco, ne doutant point que cette demande ne fût préméditée, en conçut une telle inquiétude, que sa tête, déjà un peu faible, se dérangea complètement. Il rentra chez lui dans une sorte de délire, et ieta au feu la plupart de ses manuscrits, au nombre desquels il s'en trouvait de regrettables, notamment une espèce de suite à son Voyage de Platon, dans laquelle il avait établi avec quelque érudition, mais sans probabilité, que les chants d'Homère ne sont pas d'origine grecque, mais bien italienne. Coco vécut encore dix ans, d'une modique pension qu'il dut à la faveur royale; mais sa raison ne revint point. H mourut à Naples, le 15 décembre 1823, des suites d'une fracture de la cuisse. Une longue notice sur ce savant parut à cette époque dans ["Anthologie de Florence. M — n j.

COCOLI (Dominique), mathémacien, né à Brcscia, le 12 août 1747, de parents sans fortune,, eût été voué par eux à quelque profession mécanique , si, dès sa première jeunesse, il n'avait attiré l'attention par des dessins d'architecture qu'il allait trai.ant partout sur les murailles, et dans lesquels se faisait remarquer un instinct des proportions et de l'harmonie que cet art exige Des personnes lui mirent sous les yeux le Traité des ring ordres, par Vignole; au mot géométrie qu'il y lut d'abord, il se

roc

sentit particulièrement porté vers cette science, et voulut l'apprendre. Admis aux leçons du P. Cavalli, le seul maitre qui existât alors à b rescia, Cocoli l'eut bientôt dépassé, et chercha d'autres suides ilans les livres qu'il priait ses amis de lui prêter. L'n homme riche vint lui donner tous ceux dont il pouvait avoir besoin, et lui lit en outre une pension suffisante , afin que sa détresse ne le détournât plus de l'étude, à laquelle il consacrait déjà les nuits comme les jours. La suppression des jésuites, en 1773, ayant laissé vacantes les chaires de leur collège de Brestia, Cocoli lut nommé, en 1774, pour y occuper celle de physique et de mathématiques, qu'il remplit avec distinction peudaut plus de trente ans. Il publia, en 1777, des Elément / di geomelriac trigonometria, et, en 1779, des EUmentidi ttalica. En 1785, l'acailéinks de Mauloue ht imprimer, en lui accordant un double prix, le mémoire par lequel il avait complètement satisfait à la demande proposée par elle « d'établir la vraie théorie des eaux ascendantes par « des ouvertures dans les vases, et d'indiquer les « circonstances où cette théorie pourrait s'appliquer u aux eaux courantes dons leur lit naturel. » Le savoir qu'il avait montré en cette occasion fit que le sénat véuilien le nomma l'un des cinq physiciens qu'il chargea de trouver des moyens pour obtier aux ravages que, depuis un tenq* immémorial , la Brcnla causait dans les campagnes du Padouan. Ce lut Cocoli dont les lumières contribuèrent le plus au but proposé. Profitant de l'avantage qu'alors il avait eu de réunir la pratique à la théorie, il écrivit Sullo tbocco de'Fiumi in mare, un traité qui devint la proie des flammes , en 1709, quand les Austrollusscs tirent leur invasion en Italie. Depuis 1797, ou un nouveau gouvernement s'était établi dans sa province, Cocoli avait été employé par lui à des fondions où ses talents étaient nécessaires. En 1802, il fut compris dans la liste des membres du corps électoral des Dotii. Lorsqu'en 18US, il eut été décrète qu'un ouvrirait un canal navigable depuis lirescia jusqu'à la petite rivière d Ollio, Cocoli, consulté sur les moyens d'exécution, proposa de conduire ce canal jusqu'à Fusio, et mérita en celte occasion l'estime do Prony, et les suffrages de Napoléon, qui le nomma inspecteur général des eaux et chemins du royaume d'Italie. Hélait revenu dans son |vays natal pour les séances du corps électoral , lorsqu'il)- mourut, le 27 novembre 1812. Il a laissé en manuscrit un Ttailè complet de mathématiques divite par leçons, résultat du travail de toute sa vie, et les archives de l'académie de Brescia, dont il était membre, conservent plusieurs dissertations qu'il y a lues en différentes circonstances. G — N.

COCONAS (An.nibal. comte de), fut mi de ces gentilshommes piémon tais qui, profitant de la faveur dont les Italiens jouissaient sous Catherine de Médicis, vint chercher fortune en France. Vaillant , mais cruel, Coconas se signala par d'horribles excès dans les massacres de la M-Barthélemy. Peu de temps avant la mort de Cliarlcs IX, il se forma une faction de seigneurs inquiets et remuants , qui prenaient le titre singulier de politiques eu woi-ron-

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lents. Cette faction, dans laquelle étaient entré* le roi de Navarre, le prince de Condé, les Moiilrnorenci et leurs partisans, cherchait à agir sous le nom du duc d'Alençon. Vain et léger, jaloux et présomptueux, ce prince, frère de Henri III, qui régnait alors en Pologne, aspirait à se faire nommer lieu» tenant général du royaume. Il était excité dans ses désirs ambitieux par Joseph IJonifacc, sieur de la Mole, et par le comte de Coconas, ses favoris. A celle é|ioque, la galanterie entrait dans toutes les intrigues contre l'Etat : la Mole avait jusque dans le Louvre d'étroites liaisons avec Marguerite de Yalois ; Coconas était aimé de la duchesse de Nevers, femme de Ludovic de Gonzaguc ; le duc d'Alençon et le roi de Navarre, rivaux amis, se disputaient la conquête de madame de Sauve, coquette adroite, dit Anqueiil, qui captivait les cœurs sans donner le sien. C'était tantôt chez cette dame, tantôt chez la reine de Navarre, que les politiques tenaient leurs conférences, et menaient de front les affaires de leur parti et leurs intrigues particulières; mais la reine Marguerite, inconstante et peu fixée dans ses projets, faisait quelquefois à Catherine, sa mère, des révélations importuna et quelquefois aussi gardait le secret sur les complots des mal-contents. Catherine, instruite que le roi de Navarre, le prince de Condé et le duc d'Alençon, devaient quitter la cour, se réunir aux calvinistes et recommencer la guerre civile, faisait surveiller ces princes, et ils étaient, en quelque, sorte, gardés à vue au milieu de la cour, qui était à St-Germain. Ils résolurent de se faire eidcvcr à main armée. Deux cents cavaliers, commandés par Guitry, se présentent, le mardi-gras 1ô74, devant St-Germain. La cour se croit menacée, le duc d'Alençon balance, et finit par refuser de partir. La Mole, voyant cette affaire prendre un mauvais tour, croit qu'il rachètera sa vie en dévoilant à Catherine ce qu'il n'était plus passible de lui cacher. Soudain la cour alarmée se met en route pour Paris, à deux heures après minuit. D'Aubigné peint ainsi celte retraite précipitée : « Les cardinaux « de Bourlton, do Lorraine et de Guise, Birague, « le chancelier, Morvillicrs et Bcliièvre, es (oient « tous montes sur coursiers d'Italie, empoignant des « deux mains l'arçon, et en aussi grande peur de • leurs chevaux que des ennemis. » Charles IX mourant était porté dans une litière, et s'écriait : « Du moins, s'ils avaient attendu ma mort! » Cependant la Mole et Coconas furent arrêtés; les maréchaux de Cossé et de Montmorenci furent mis à la Bastille. On donna des gardes au duc d'Alençon et au roi de Navarre. Le prince de Condé s'était sauvé avec Turenne et du Plessis-Mornai. Le due d'Alençon , faible et facilement intimidé par sa mère, fît tons les aveux qu'elle désira, sans y mettre pour condition la grâce des coupables. Le roi de Navarre, le voyant enfermé avec Catherine, dit au duc de Bouillon : « Noire homme dit tout. » Henri, interrogé lui-même, montra plus de fermeté, et refusa de faire aucune déclaration. On croit que te but secret des mal-contents était de s'opposer au I retour du roi de Pologne, et d'élever le duc d'Alcn-

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çon au trône, après la mort de Charles IX. Le projet de l'enlèvement des princes ne paraissant pas, dans ces temps de troubles et d'orages, un délit suffisant pour faire condamner la Mole et Coconas, le complot fut présenté comme un attentat direct «ontre la personne du roi. Christophe de Thou, premier président du parlement, fut chargé d'instruire le procès des deux favoris. La Mole fut interrogé à Paris, et Coconas à Vincenncs devant le roi. La Mole nia, et Coconas avoua tout. Ils eurent la tète tranchée sur la place de Grève, le 50 avril «574. « La Mule, dit l'Etoile, étoit appelé le baladin de la « cour, fort aimé des dames et du duc son maistre. « Au reste, grand stq>crstitieux <|ui ne se contentoit « d'une messe tous Us jours, mais en oyoit trois et a quatre. Le reste du jour et la nuit, il l'cmployoit a à l'amour; de quoi feu le toy bien averti a dict « souvent, que, qui vouloit tenir registre des dé- « bauclies de la Mole, il n'avoit qu'à compter ses « messes, » Ses dernières paroles sur IVchafaud furent, après une prière à Dieu et à la Vierge : « Hc- « commandez-moi bien aux bonnes grâces de la c reine de Navarre et des dames. » On trouva sur lui, après son exécution, une chemise de Notre- Dame-de-Chartres fi), et la faiblesse qu'il montra dans cts derniers moments fit dire :

Mollis vita fuit, molltor intérims.

Coconas, qui fut exécuté le dernier, montra plus de courage : « Messieurs, dit-il evant de livrer sa tète « a l'exécuteur, vous voyez que les petits sont pris, « et les grands demeurent, qui ont lait la faute. » Charles IX, qui mourut dix-huit Jouis après, dit en apprenant la fin tragique des deux favoris de son frère : « Coconas étoit un gentilhomme vaillant et « brave, maismeschant, voire un des plus meschants o qui (ut en mon royaume. 11 me souvient lui avoir « ouï dire entre autres choses, se vantant de la « St-Barlhélemy, qu'il avoit racheté des mains du « peuple jusqu'à trente huguenots, pour avoir le « contentement de les faire mourir à son plaisir, « qui estoit de leur faire renier leur religion, sous «la promesse de leur sauver la vie; ce qu'ayant « faict, il les poignardoit, et fesoit languir et mou- « rir à petits coups cruellement, p Gomberville, qui rédigea les mémoires qui portent le nom du duc de Nevcrs et l'auteur du Divorce tatyrique, disent, le premier, que la reine Marguerite et la duchesse de Nevers firent embaumer la téle de leurs amants, afin d'avoir toujours devant elles ce précieux dépôt de leur amour; l'autre, que ces deux princesses firent enlever les deux tètes, les portèrent dans leurs carrosses, et les enterrèrent de leurs mains dans une chapelle sous Montmartre. Ou trouve le procès de Coconas dans les Mémoirei de Caslelnau, et son épitaphe dans les Lettres d'Esticnnc Pasquier. Co-

(I) On (ronva aussi, parmi les effet* de la Mole, one inuge de cite, préparée avec des cérémonie* magiques, et dont le cœur avait <••<• percée avec une aiguille; cette figure lalismaniquc intrigua beaucoup Catherine; elle crut que l'image avait eu- fabriquée, contre Charles IX, et qu'elle menaçait ses jours; nuis la Mole déclara qu'elle aiail dit lervlr «iitqaemeot a le faire aimer diiue grande princesse.

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conas et la Mole furent regardés comme des vlctimes d'Etat, et ce qui prouve que leur crime n'était pas bien avéré, c'est qu'en 1576 Henri III cassa les arrêts portés contre eux, réhabilita leur mémoire, et permit à leurs héritiers de rentrer dans leurs biens. V— vb.

COCQïJARD (François- Bernaro), né a Dijon le 4 janvier 1700, s'adonna à la poésie latine à l'âge de onze ans. La lecture de Boileau et de Racine lui inspira bientôt le goût de la poésie française, et il la cultiva assidûment. Après avoir achevé son cours de philosophie, il s'appliqua à la langue latine, puis étudia le droit, et fut rci.u avocat au parlement de Dijon, en 1721. Cocquard s'acquit quelque estime dans sa profession, et niourrt vers 1772. On a de lui : 1° lettres ou Dissertations odf'on fait voir que la profession d'avocat est la plus belle de toutes, Londres (niais imprim. en France), 1735, in-12. Ces lettres, au nombre de deux, qui sont devenues rares, et dont l'abl)é Go.ijet conseille la lecture, ont été attaquées dans un écrit intitulé : Réponse d'un fils à son père, sur deux lettres qui parurent en 1733, au sujet de la profession d'avocat. On cherche dans cette réjionse à l'abaisser la profession d'avocat, surtout par rapport aux honoraires. 2° Poésies diverses, Lyon (Paris), 1754, 2 vol. in-12. Beaucoup de ces pièces avaient déjà paru dans le Mercure. On trouve dans le 2e vol. la traduction de plusieurs épigrammc-s de Martial, d'Orven et de l'Anthologie. Quelques-unes ont été insérées dans les Nouveaux Amusements du cœur et de l'esprit. A. B— T.

COCQCAULT (Pierre), chanoine et officiai de l'église de Reims, sa patrie, docteur en droit et conseiller au présidial de la même ville, mort en 10(5. C'était un homme d'esprit et de mérite, qui fut toujours coiiMilté et employé dans les affaires qui demandaient de la capacité. Il a fait le dépouillement du cartulaire de son église, et a recueilli une grande quantité d'extrails pour une histoire ecclésiastique et civile de Reims. Ces manuscrits, conservés dans la bibliothèque de la ville, consistent en 5 vol. infol. et 1 in-4°. Ce travail explique le refus que le chapitre lit dans le temps, à André Ducliesne, de lui ouvrir son cartulaire, comme il a été déjà dit a l'article Bekcier (Nicolas). Cocquault s'appuie sur les chartes et sur les chroniques anciennes, véritables sources de l'histoire. Les derniers volumes sont meilleurs (pie les premiers, parce qu'ils tiennent à des temps plus connus et plus rapprochés; malheureusement ils sont écrits d'une manière très-difficile à déchiffrer. On a publié, après la mort de l'auteur, la table chronologique de cette histoire, Reims, 1650, in-8°, composée par lui-même.. Il y observe le même ordre qu'il a suivi dans son grand ouvrage. Cocquault a laissé encore quelques autres manuscrits qui ont perdu tout leur intérêt. C. T— T.

COCQUIL'S (Gisbeht). Voyex Cock.

COUD El S, ou VAN DE II CODDE (Gttr.- LAOME), né à Lcyde, en 1575, y fit d'excellentes études et y fut nommé professeur de langue hébraïque en 1601. Sa répugnance à souscrire les statuts du fameux synode de Dardrccut le fit suspendre de

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ses Tondions en 1619. En 1635, ta haine essaya de le compliquer dans un procès pour tentative d'assassinat sur ta personne du stathouder Maurice; mais l'évidence de son innocence le fit relâcher aussitôt. On ignore la date précise de sa mort. On • de lui : i'Nola ad Grammalicam hcbrœam Martini NavarriSIorentini, Leydc, 1612, in-12; 2* 17b- Kat, prnpheta, hebraice et chaldaice, cum duplici versionc lalina, et commentant* hebraicis Salomonis Jarchi, AbcnEzrœi el Davidis Kimch! : Masara item parva, etc., ibid., 1621, in— 4* ; 5° Fragmenta eomadiarum Aritlophanit, ibid , 1625, et quelques autres productions. — Ses trois frères, Jean, Adrien tiGisberl, van der ConnE, fondèrent à Rhinsbourg, village aux environs de Leydc, une sorte de s"ctc qui a pris le nom de Rhinsbourgeois, aussi appelés Collégiens. Mosliciut leur a cotisai rji une partie du 7* chapitre du siècle 17*, section 2, partie 2. de son Histoire eecléiiastique (traduction française, t. 5, p. 519 et suivantes, édition de Maastricht). — » Pierre CoDDI ou ConnEi s, oratorien, né à Amsterdam en 1648, évèque {in parlibut) de Sébaste, aida Antoine Arnauld à répandre le jansénisme en Hollande, et l'on peut voir a son sujet le Diclvmvaire des livret janténitlrt, t. 1w, p. 20, 21 et ailleurs. Il succéda à Jean de Nécrcassel dans la dignité de vii-aire apostolique des Provinces-Unies, et, appelé pour se jiistilicr à Rome, il s'y rendit avec confiance, ce qui ne l'empêcha pis d'être déposé par un décret du 5 avril 1704. Il mutirilt à Ltrecht, le 18 décembre 1710. Pierre Codde se trouvant à Rome, en 1701, à l'occasion du jubilé, y avait publié, au sujet de ses opinions et de sa conduite: Deelarationes tuper pluribus quee tu m ad ipsum, tum ad Hollandiœ mistioncm pertinent, interrogalionibus ; il fit imprimer en 1706 une seconde apologie, qui parut en lutin, en français et en hollandais. L'année même qui suivit sa mort, deux écrits turent publiés en sa faveur ; l'un en français : Justification de la mémoire de M. l'archevêque de Sébasle; l'autre en latin: Deftnsio pia> memoiiw illusl. et révérend. D. P. Codria». {Voy. aussi l'ouvrage intitulé : Batavia sacra.) il — on.

CODIN (Georgb) était revêtu de la dignité de curopalate à la cour des derniers empereurs de Constantinople, et on croit qu'il survécut à la prise de celte ville par les Turcs. Il nous reste de lui différents ouvrages sur les offices de la cour et de l'église patriarcale de Constantinople, et sur les antiquités, l'histoire et la description de cette ville. Les premiers ont été rassemblés par le P. Cors, qui les a fait imprimer en grec et en latin, avec diflcrenles antres pièces et des notes, Paris, 10 58, in-iol. Les autres l'ont été par P. Lambecins, qui les a publies en grec et en latin, Paris, 1655, in-fol. Ces deux volumes, qui ne nous apprennent rien de bien important, font partie de la Byzantine. C— n.

CODJA-MOUSTAPHA-PACUA, grand vizir du temps de Bajazet II, dont il était devenu la créature en se chargeant de tuer son frère Ziziuie, sultan. {Voy. ZuiME.) Pour consommer ce projet, il •'était reodu à Rome auprès de ce malheureux

pi inec, qui te prit à son service en qualité de horber-barhi (barbier), ce qui lui fournit l'occasion d'exécuter sa commission, en le rasant, disent les historiens turcs, avec un rasoir empoisonné. Sa commission remplie, il s'en retourna auprès de son maître, qui l'en récompensa en l'élevant à la dignité de pacha, et en lui conférant le gouvernement de la Romélie. De faveur en faveur, il parvint, en 917 de l'heure (1511 deJ.-C ), au poste éminent de grand vizir, eu remplacement d'Ahmed Pacha, surnommé le Her<ek Zadé. A l'avènement de Séliin au trône, Codja-Moustapha ayant été accusé d'entretenir des relations avec Ahmed-Kan, qui disputa pendant quelque temps la couronne ù Séliui, fut décapité, et expia par cette mort sa trahison envers Zizime. Ijos historiens de sa nation, tout en blâmant sa conduite, ne peuvent lui refuser beaucoup de jugement, et une grande aptitude pour les affaires publiques. Pendant son vizirat, qui a duré à peu près un an, il fit construire une mosquée qui porte encore son nom, un collège {medreceh}, et un grand nombre d'hospices de bienfaisance et d'établissements publics dont il a embelli la capitale de l'empire des Turcs. l\—z.

CODOURY ( Aboi l-Hoceï.n -Ah.mi i> , célèbre docteur musulman, de la secte d'Abou llanyfeli {voy. Hamféh), naquit en 567 de l'hégire! et mourut en 428 de la même ère (1057 de J.-C ). Il est auteur d'un grand nombre d'ouvrages sur le droit canon et la métaphysique, et de quelques poésies. M ii Khilcan parle avec grand éloge de l'abrégé qu'il fit des dogmes de sa secte , el qui est connu sons le titre d' Almokhtassar Alcodounj (Abrégé de Codoury). Les musulmans Hanéfys en font un tel cas qu'ils l'apprennent par arur, et le regardent comme la meilleure règle de conduite en matière de religion; aussi a-t-il été commente eu firiS par un docteur très estimé. Ce commentaire se trouve parmi les manuscrits arabes de la bibliothèque royale. D'Hei helol attribue au même auteur un traite tic spiritualité et un autre de métaphysique intitulés, le premier, Djewhéréh el Nadireh, cl le second Tékr'llêmeh. Celui-ci a été commenté par Hossam eddyn Ibn Almekky. Codoury a occupé la dignité tic réis de la secte Hancly, dans l'Irak. Ibn Khilcan dit que le surnom sous lequel il est connu dérive de endour, pluriel de kidr (latin olla) , mais qu'il ignore l'origine de cette singulière dénomination. J— ».

CODRET (le Père An.mbal), grammairien, naquit en 1525, a îsillenchc, d'une famille originaire de Genève. 11 étudiait la médecine à Padoue. lorsqu'il rompit brusquement avec le montie (tour embrasser la règle de Si -Ignace. Envoyé par ses supérieurs, en 1518, à Messine, où la société venait d'ublctiir la direction du collège, il y professa plusieurs années la grammaire et la rhétnrique avec uu grand succès. H accompagna le iameux P. Lainez (voy. ce nom) au colloque de Poissy, et il fut fait ensuite recteur à Tournon. Le P. Augcr le manda peu de temps après à Lyon pour y enseigner les humanités, en attendant l'organisation définitive du

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nouveau collège. Mais c'est à tort qu'Alegambe dit i ( Ribt. Sehpi. toc. Jetu, p. 62) que le P. Codrel en fui le premier recteur. Cette place fut remplie par Guill. Crilton on Creigton. ( Hitl. lUtér. de Lyon, t. 2, p. 689.) Quant au P. Codict, nommé provincial de r Aquitaine, il rendit à son ordre et à la religion d'importants services. Il lit, en 4681, le voyage de Home pour assister à la congrégation générale de l'ordre : c'était la quatrième. Il mourut dans la maison professe d'Avignon, le 19 septembre 4599, à 74 ans, laissant la réputation d'un homme très-intiruit dans les langues anciennes. On a de lui : Graminalieœ lalina Intlilutionet, stu brevia quadem grammalicœ rudimenla, Turin, 1570, in-8°. Il existe de ce rudiment une loule d'éditions latines et françaises; et l'on peut le regarder comme le modèle de tous ceux qui se «ont succédé dans les collé-es de France jusqu'à celui de Lliomond. VV — s.

CODKIïSGTON ( Christophe), militaire distingué, savant et ami des lettres, naquit aux Barbades, en 1668, et commença son éducation dans cette Ile. Il fut envoyé en 1683 en Angleterre, et élevé i l'université d'Oxford, pour laquelle il eut toujours un tendre attachement. Nommé associé ( fe llow ) au collège de All-Souls, il conserva ce titre, même en entrant dans la carrière militaire. L'élégance de ses manières, qu'il joignait au savoir le plus étendu, le lit remarquer du roi Guillaume qui le plaça comme capitaine dans le régiment des gardes à pied. Ou croit qu'il se lit distinguer à la reprise deSl-Christophe sur les Français, mais il est plus certain qu'il se trouva au siège de Namur en 1695. A la conclusion de la paix de Riswick, il fut nommé capitaine général et gouverneur des lies du vent. Accusé bientôt devant la chambre des communes de procédés violents et illégaux durant son gouvernement, l'accusation n'eut pas de suite, quoique son caractère, au moins vif et emporté, la rendit assez vraisemblable. En 1703, il assista à l'attaque de la Guadeloupe ; mais malgré la bravoure de Codrington, celte entreprise ne réussit pas. Peu de temps après il se démit de son gouvernement, et se relira dans ses biens aux Barbades, où il mena jusqu'à sa niori, arrivée le 7 avril 1710, une vie studieuse et retirée, s'appliqua surtout à l'histoire ecclésiastique et a la métaphysique. Il laissa par son testament ses deux plantations des Barbades et une partie de l'Ile de la Barboude i la société pour la propagation de l'Évangile, et ordonna que la plus grande partie de ce legs serait employée à fonder et à doter aux Barbades un collège où l'on serait obligé d'enseigner et de pratiquer la médecine, la chirurgie et la lliéologie. Il légua aussi au collège iVAll-Soult 40,000 liv. sterl. pour bâtir une bibliothèque et la fournir de livres, et, en outre, sa propre bibliothèque, estimée 6,000 liv.slcrl. Il est auteur de quelques petits poèmes insérés dans les Mutes Anglicanœ, imprimées à Londres en 1741 , et de quelques vers adressés i sir Samuel Garth, sur son poème du Ditpentaire. ( Voy. Garth.) Par un contraste assez singulier, il joignait a un caractère ardent et actif le goût de la retraite et de la vie méditative. Son corps fut

VHI.

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transporté en Angleterre en 1716, et on lui étoa un tombeau à Oxlord. On trouve des renseignements sur Christophe Codringlon dans VHitlnire d'Oxford de Chalmers. X— s et D— z — s.

CODRONCMI (Baptiste ). célèbre médecin italien, né à Imola, vers le milieu du 16* siècle, est l'auteur d'un assez grand nombre d'ouvragcs<|iii, sans être exempts d'erreurs, portent cependant presque tous le cachet de l'originalité et quelquefois du génie. 1° de Chritliana ae tuta medendi Jlalione libri duo, varia doctrina referti, rum Traelalu de baceit orientalibut etanlimonio, Ferra re, 1591, in-4s; Bologne, 1629, in-V.20 De Mlorbit tent ficitac venefieiit libri quatuor, in quibut non tolum cerlit ralionibut venefieia dari demonstratur, ted eorum tpeciet, causa, ligna el e/jectutnova methodo aperiuntur, etc., Venise, 1593, in-8»; Milan, 1618, in-8». L'auteur ne s'est pas élevé au-dessus des préjugés de son siècle; il croit fermement à la puissance des malélices. Après avoir fait une longue énumération des maladies qui en dépendent, il indique les moyens de les prévenir et de les guérir. 5° De Viliit toext libri duo, in quibut non tolum vocit definitio traditur et explicalur, ted illius differentia, inttrumenta et causa aperiuntur; ultimo de voeit contenatùmc, pratervatione, ae viiiorum riut curatione tractatut ; oput ad utilitatem coneionatorum pracipue edilum : eut accedit contilium de raucedine, ae methodus testifieandi in quibusvis easibut medicit oblatis ; in qua nonnulla diliicitlima ac putcherrimœ quatfionet explicantur, et ^.mulœ quadam tettalionum proponuntur ; opusculutn non modo neolerieii medicit, ted et juritperitit ac iudicibut vturimum ex uni, Francfort, 1597, in-8°.Cct écrit est composé de deux prmies très-distinctes, importantes l'une et l'autre, mais dont la seconde mérite surtout d'être signalée d'une manière spéciale. C'est le premier traité ex profetto qui ait jamais été publié sur la médecine légale en général, et particulièrement sur l'art de faire les rapports. Les décisions de Codronchi ne sont pas sans doute constamment dictées par une saine logique; il suit trop servilement les préceptes d'Aristote, et donne des preuves nombreuses de cette crédulité aveugle qu'il Marne dans les autres. Quoi qu'il en soit, il faut lui savoir gré d'avoir fait le premier pas dans une carrière que depuis ont si glorieusement parcourue ses compatriotes Fedeli, Zacchia et Tortosa. 4° De Morbit qui imola et alibi communi ter hoc anno 1602 vagali su m Commtntariolum, in quo polittimum de lumbricit tractatur, et de inorbo noeo, prolaptu teilicet mucronata cartilaginit Libellut, Bologne, 1605, in-4*. Codronchi est un des premiers qui se soient occupés de tracer des éphémerides médicales ; et personne avant lui n'avait exactement décrit le renversement, la luxation du cartilage xiplioïdc. 5* De Raine, hydrophobia communiter dicta, libri duo ; de Sale abtynthii Libellut ; de lit qui aqua immerguntur Opusculum, et de elleboro Commentariut, Francfort, 1610, in-8". L'auteur traite encore ici en détail des sujets qui n'avaient été qu'ébauchés avant lui. 6* De Annit ctt Ift&Ctt I %ç %& j yxcçT\0)\ ilc i ci(i ûj\€ l itu7\di corii i7\ px?ri~

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cula, ilemquc rfV modii vitam producendi Commentariut. Bologne, 1620, in-8»; Cologne, 1623, in-8». Quoique la doctrine des années climalériques soit aujourd'hui regardée comme illusoire par tous les hommes iustruils, l'ouvrage de Codronchi n'est pas devenu absolument inutile; on y trouve quelques lions préceptes d'hygieue et un grand tonds d'érudition, 'i.

CODRIKA (Pakagioti ou Panagiotaki ) , agent diplomatique, né à Athènes, vers 1760, fut d'abord attaché à Michel Soutzo, liospodar de Valachie, eu qualité de premier secrétaire, puis il passa à l'ambassade de la Porte Ottomane a Vienne, et vint à Paris en 1797 avec le titre de premier diogman de l'ambassadeur Ali-Eftendi. Il fut, pour cet ambassadeur, dans tous ses rapports avec le gouvernement, un interprète d'autant plus nécessaire qu'Ali -Ellendi ne savait pas un mot dehançais. M,.is il parait qu'il ' abusa étrangement de cette ignorance dans les intérêts du gouvernement français, et que c'est par suite de cet abus que la Porte Ottomane ne fut point informée de beaucoup de circonslances importantes, notamment de I expédition d Egypte, qui se préparait ouvertement à cette époque, et dont tout le inonde connaissait le but. Ali-Efïendi ayant reçu à cet égard de très-vil» reproches de sa cour, rejeta avec raison tous les torts sur son drogman; et lorsqu il retourna en Turquie, après la paix de 1801, Codrika, craignant le ressentiment du Grand Seigneur, resta à Paris. On ne |>eut pas douter que depuis longtemps il n'eût été gagné par le gouvernement français, dont il reçut pendant vingt ans un traitement annuel de 6,000 francs. On sent que toutes ces circonstances connues à Conslantiiiople ne lui permirent jamais de retourner dans sa patrie. Il n'ignorait pas que sa condamnation à mort y avait été formellement prononcée, et que des ordres étaient donnés pour que celte condamnation fût exécutée même dans les pays étrangers. Codrika avait été informé que plusieurs agents du Grand Seigneur étaient venus pour cela à Paria, et qu'ils épiaient toutes ses démarches. Ln jour, se voyant poursuivi de très-prés, il ne leur échappa qu'en se rélogianl dans un mauvais lieu où il était connu, et dont on ferma aussitôt la porte aux impitoyables musulmans qui l'y poursuivaient pour l'égorger. Codrika ne quitta plus la France; et, fortement recommandé à la police de Paris, il put y vivre en sûreté. On ne conçoit guère comment, ainsi poursuivi par le gouvernement turc, il prit néanmoins parti pour lui contre les Grecs, lorsque ceux-ci cherchèrent à secouer le |oug musulman. Ce qu'il y a de sur, c'est qu i cette époque il écrivit dans plusieurs brochures contre les HeJlènes et contre Coray, è qui il ne pardonnait pas son zèle pour la cause de ses compatriotes. Il écrivit surtout avec beaucoup de violence contre cet estimable savant dans son ouvrage en grec moderne, publiéen 1818, sous le tilrc d 'Étude du dialecte commun de la langue grecque, avec une épltre dédicatoire à l'empereur Alexandre. Codrika alla jusqu'à traiter Coray de révolutionnaire, de iacnbin. Mais son ouvrage n'eut aucun succès, même parmi wa compatriotes, et il n'en a paru qu'un seul yo-

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lume, quoique l'auteur en eût annoncé deux. Il avait publié à Vienne, en 1705, une traduction en grec moderne des Monde* de Fontenelle; et il fut un des principaux collaborateurs de la Calliope, ouvrage périodique publié dans la même ville sous les auspices des turcophiles. Dans un des numéros de ce journal publiés en 1819, il renouvela ses attaques contre Coray, et y déclara liautement que la société philanthropique des Hellènes, établie i Paris, n'était qu'un e/uo démagogique eompoté de furieux, et sans cette occupé de répandre le désordre. Codrika est mort à Paris, vers 1830. On a encore de lui : 1* Obs n attons iur l'opinion de quelques hellénistes touchant le grec moderne, Paris, 1803, in-8° i 2' Observations sur le Voyage en Grèce de Barlholdy ( dans le Magasin encyclopédique, où Codrika a encore donné quelques autres articles ) ; 5° Mémoire explicatif sur un patsa/je ancien conservé par Mygin, Paris, 1812, in -8°; 4° Encore une fois à mes compatriotes (en grec ), 1818. in 8° ; 6' Lettre à madame la comtesse de Genlis, Paris, 1826, in-8*. M— o).

CODRUS ( Antomls Urcéi s). Voyez UncÊcs.

CODRUS, poète latin, contemporain et ami de Virgile, qui en fait l'éloge dans son églogue 7 :

Nympha; nosler amor, Lihethrides, mit trtihi carmo, Quale meo C<uim, concedile : proxima Pbabi Versibus Hle lecit.

Il ne noti9 reste rien de lui. — Un autre CnpRrs, aussi poète latin, vivait sous le règne de Domitien, vers l'an 90 de l'ère chrétienne : il avait écrit un poème en l'honneur de Thésée, et n'est plus connu aujourd'hui que par ces mots de Juvénal :

Vexstus toiles rauci Theseide CodrL

Ce Codrus était tellement pauvre, que son indigence était passée en proverbe : Codro pauperior. ( Voy. Juvénal, fiât. 1 et 6 ; Frasmc, in Adagiis.) A. B-T.

COF.RFRGER. Voyez Kcebebgeu.

COF.C K . Voyez Kctck.

COCFFFTFAU (Nicolas), né à St-Calais, petite ville du Maine, en 137 i, entra dans l'ordre des dominicains à l'âge de quatorze ans. Ses supérieurs renvoyèrent a Paris continuer ses études ; il y fit de si grands progrès, qu'à vingt et un ans il fut nommé professeur de philosophie. 11 se lit ensuite recevoir docteur en théologie, et prêcha avec applaudissement dans les principales églises de la capitale. Henri IV ayant désiré de l'entendre, en fut tellement satisfait qu'il lui donna le titre île son prédicateur, et, quelque temps après, le chargea de répondre à l'avertissement de Jacques 1", roi de la Grande- Bretagne, aux monarques caUioliques. Coëffeteau s'acquitta de cette commission avec beaucoup de zèle. On lui en donna bientôt après une nouvelle, plus délicate et plus difficile. Antoine de Dominis, connu par son savoir, par son éloquence et par ses malheurs, suilc de l'inconstance de son caractère, venait d'atiaquer la puissance temporelle des papes. Grégoire XV invita Coëfïcieau à prendre la plume pour le réfuter.

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n obéit, et fit paraître sa réponse en 2 vol. in-fol. Il y préparait une suile, que la mort l'empêcha d'acliever. Cocfleteau était parvenu dans peu d'année» aux premier» emplois de son ordre. En I6IT, il avait été nommé évéque do Dardanie, administrateur du diorésc de Meta, et en 1G2I, évêque <le Marseille. Il ne put prendre |>osscssion de ce siège, et mourut à Paris, d'une goullc remontée, le 21 avril 11123, âgé de 19 ans. Les ouvrages de controverse n'oflrant plu* aucune espèce d'intérêt , nous ne rapporterons point ici les litres de roux de Coëuctoau : on les trouvera dans le I. 3 des Mémoires de Niceron. Nous nous contenterons de dire qu'il s'était lait la réputation d'un controversiste raisonnable, et que ses écrits dans ce genre ne sont point défigurés, comme la plupart de ceux du même temps, par des injures ou des absurdités. 11 avait encore composé quelques ouvrages de piété, entièrement oubliés aujourd'hui, et dont nous ne parlerions pas s'il n'en avait pu écrit plusieurs en vers français. Ses vers sont fort médiocres, et on a lieu d'être surpris qu'après la mort de l'auteur ou ait songé à recueillir ceux qu'il avait laissés manuscrits. René le Masuyer, Parisien , publia en 1627, in-8», la Marguerite chrétienne de Cocfleteau, hymne contenant lavie et le martyre de Ste. Marguerite, et une Paraphrase du Slabat. En ItHMi , Coéffcteau avait déjà donné, in-4", une Paraphate en vers de la prose du Sl-Sacrement, composée par St. Thomas d'Aquin. L'ouvrage qui lui avait fait le plus de réputation est sa traduction de Florus; elle parut en 1 681 , in-fol., lut réimprimée plusieurs lois dans le même format, et prônée pendant quelque temps comme le chef-d'œuvre de la langue française. Vaugelas la cilait comme un modèle. Coêfïeteau avait fait suivre celle traduction d'une Histoire de l'empire romain, depuis Auguste à Constantin, mais celte continuation est fort médiocre. Il avail encore abrégé et traduit en français l'^rgeim, roman politique de Ilarclay, Paris, 1621, in 8°, avec le Promenoir de la reine à Compiégne. W— s.

COEHORN. Voyez Coiiorn.

CCELIUS KHOblClNUS. Voyez Riiooiginus.

COELLN (Damel-Geohge-Comiad de), théologien allemand, né le 21 décembre 1788, à Arlinghausen dans la principauté de Lippc-Dctmold, d'une famille originaire de la Moravie, et qui, par suile des événements delà guerre de trente ans, avait émigré aux euvirons de Cologne (en allemand Olln), étudia d'abord sous son père, qui était prédicateur à Arlingliausen, puis sous Melm et Perkenkaïupf ; ensuite il lut envoyé au gymnase de Detmold, passa, en 1807, à l'université de Marbourg, où son aptitude el son zèle lui valurent l'amitié du respectable Arnoldi, et, dans le cours de 1801), termina ses éludes de théologie proprement dite. Cependant il voulut encore se rendre à Tubingen, pour s'y familiariser avec les sciences connues sous les noms de dogmatique, polémique et exégèse, et pour approlondir la littérature classique. De Tubingen il fil, dans l'été de 1810, un voyage en Suisse et en Savoie; alla, de retour en Allemagne, mettre à contribution les trésors de la bibliothèque de Goettingue, plutôt qu'ë-

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coûter tes professeurs de celte ville, reçut en 1811 le degré de docteur en philosophie à Marbourg, et, quelque temps après , le droit de donner des leçons parlirulières de philosophie. A ces leçons il joignit, en 1814, la place (l'inspecteur des écoles électorales; puis en 1810 ce! le de suppléant du premier prédicateur de l'église rélurméc de l'université , et do professeur extraordinaire en la Acuité de théologie. L'année suivante, il se lit recevoir docteur en celle faculté. I .;. position de Cœlln à Marbourg élait alors lorl honorable el très-saliMaisanle. Cependant il venait de se décider à la quitter pour professer à 1 1 ci— delberg la philosophie, lorsque l'offre de la chaire de théologie évangélique à l'université de f]ic>luu le lit renoncer à tout le reste (1818). A la mort d'Augusli, en 1819, il fut charge de la direction des exercices dogmatiques el historiques dans le séminaire évangelique. Deux ans après il devint membre du consistoire de la Silésie pour l'examen des candidats aux fonctions de prédicateur, et en 1829 il échangea ce titr<* contre celui de conseiller du consistoire. Il lit encore partie de diverses commissions annuelles d'examen, se vit quatre fois élevé au rang de doyen de la faculté, el en celte qualité, présida le synode ecclésiastique général de la Sildsic en 1822. Il était, depuis 1817, membre «le la société philumalique de lireslau ; et en 1851 la société do théologie historique, fondée à Lcipsick par le protesteur lllgen, l'avait nommé un de ses membre". Olln mourut dans la lorec de l'âge, le 17 février 1833. Ses leçons, que des auditeurs superficiels et pour ainsi dire auli-lhéologiques avaient d'abord proclamées froides et déuuées d'intérêt, n'avaient pas lardé à être goûtées de l'auditoire pour lequel elles étaient exclusivement faites. Si le professeur n'avait que peu de brillant, il dédommageait amplement ses éh ves par la solidité de l'instruction. Culln appartenait à l'école rationaliste des théologiens, mais sans en pousser les principes ou les conséquences à l'extrême. On le vit aussi défendre avec autant de force que d'indépendance d'esprit le principe de la liberté d'enseignement contre les allaqucs de la Gazette ecclésiastique évangélique, Nous n'indiquerons de Cn?lln que les ouvrages suivants : 1" une Dissertation sur l'époque du proplièt» Joël , Larburg , 1811 : c'est la thèse qu'il soutint lors de sa promotion au doctorat. 2° Con/essionum Melanchtkonis et Zwinglii Augustanarum capita graviora inter se eon^tunlur, Ureslau, 1830. 3* En société avec le docteur Schulz : de la Liberté de l'enrcignement théologique dans le* universités ailemandes, el des Restrictions que doivent mettre à cette liberté les livres symboliques, Ureslau, 1830. 4° Ci qu'il faut entendre par piélisme, mysticisme et fanatisme, Halberstadt, 1S58. 11 a donné de plus unn édition du Manuel de l'histoire du dogme chrélie}tt par Mûnscher, Cassel, 1832, 1er vol. et V page du 2e, et plusieurs articles dans les Anuleetei pour l'étude de la théologie de Keil et Tzchirner, dans les Nouvelles Annule* ihiologiques de Wachler, dans la Philomathi4 du même, daus la Gazette ecclésiastique de Zimmermann , dans les GazetUt Ultérairc$

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de Uipiick, de Hall, Y Encyclopédie untvmtlU d'Ersch el Grulwr, elc. Il avait promis une Théologie biblique dont on a annoncé une édition posthume. Val. P.

COELLO ( Gaspar), en latin Coelliis, jésuite portugais, né à Porto, en 4551 , s'embarqua pour les Indes dès sa première jeunesse, lit profession a Goa en 1556, et, après avoir prêché l'Évangile sur la côte de Malabar pendant dix-huit ans , fut envoyé au Japon, l'an 1571. Son zèle y fut d'abord couronné du plus grand succès, et il baptisa, seul, 10,000 idolâtres dans le royaume d'Omura. Aucun danger n'arrêtait son ardeur; il renversait les idoles, abattait les temples, et vint à bout de convenir une soixantaine de bonzes, lorsqu'il cherchait a détruire leur collège principal. Coello fut bientôt après mis à la tète de l'église d'Omura, où, avec le secours de quelques autres missionnaires, il avait baptisé en trois ans jusqu'à 50,000 personnes, et nommé, en 1581, viceprovincial du Japon. Cambacondono ou Taïcosama, empereur du Japon, lui accorda une permission générale de prêcher l'Evangile dans tout l'empire ; mais, quelque temps après, il lui donna ordre d'en sortir avec tous ses compagnons, le 25 juillet 1587. Coello espérant que cette tempête ne durerait pas, se déguisa, ainsi que ses confrères, et ils continuèrent de veiller sur leur troupeau. Il choisit pour sa résidence la ville de Conzuça, soumise au roi d'Arima, qui le favorisait. Il y mourut enlin, épuisé de fatigues, le 7 mai 150O, et ce prince lui fit des funérailles magnifiques. On a du P. Coello des lettres insérées dans les Lettres annuelles ou Relations du Japon, datées de 1575, 1582 et 1588; on les a publiées en portugais, Evora, 1593 ; les premières l'ont été en italien, Home et Venise, 1585. Celle de l'an 1582 a été traduite en allemand , sous ce litre : Jungste Zeitung aus der iceitbcritmblen Insel Jappon, Dillingcn , 1586, in-8*. C M. P.

COELLO (Alonso-Sanchez), l'un des artistes les pluscslimésque Philippe II employait à peindre pour l'Eseurial. Ce prince l'appelle dans ses lettres le Titien portugais, et lui donne le nom affectueux de son cher fils. Il étudia à Rome dans l'école de Raphaël, et se perfectionna dans son art, en Espagne, sous Antonio Moro. Il passa en Portugal, et se mit au service de don Juan ; el après la mort de ce prince, à celui de dona Juana, sœur de Philippe H. Quand Antoine Moro se relira, le roi d'Espagne sollicita sa so?ur de remplacer ce grand artiste, en lui envoyant Coello. A son arrivée à la cour, Philippe lui lit donner un appartement avec lequel il avait une communication particulière, alin de le pouvoir visiter pendant son travail. Dans ces occasions, il traita Coello avec une grande familiarité. Le peintre obtint tellement la faveur de la famille royale , que son appartement était quelquefois leur rendez-vous général. Coello y lit plusieurs portraits de Philippe et de tous les principaux personnages de la cour. Il parvint a un si liant degré de faveur, que les courtisans et les grands eux-mêmes recherchèrent sa protection. Coello ne fut pas moins lavorisé des papes Grégoire XIII et Sixte V, des ducs de Florence I

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et de Savoie, du cardinal Famêie et de plusieurs

autres fameux personnages du temps. Apres avoir fondé à Valladolid un hospice d'enfants trouvés, Coello mourut à 65 ans, en 1590, universellement regretté par les artistes et par le roi, et célébré par le fameux Lopez de Vega, qui fît son épitaphe. Ses tableaux de saints à l'Escurial sont fameux , et surtout son portrait de Si Ignace, d'après sa figure en cire, prise sur nature après sa mon. On vante aussi un tableau conservé dans l'église de St-Jérôme de Madrid, qui représente le Mai tyre de St. Sebastien, avec le Christ, la Vierge, St. Uernard et St. François, et le Pére éternel avec une gloire, le tout d'un grand relief et d'une belle expression. Son coloris est dans le gotlt de celui du Titien. D— g.

COELLO (Cl a i de ' , peintre espagnol, né à Madrid, était (ils d'un fondeur et d'un ciseleur (broncisla) portugais, nommé Faustino Coello, et de ta même famille que le précédent. Il vécut ù une époque où le sentiment du beau était presque entièrement |«rdu dans sa patrie, aussi le regarde-t-on comme le dernier peintre distingué qui ait paru en Espagne, dans le 17* siècle. Son père, désirant que Claude put l'aider à ciseler les objets qu'il fondait, le plaça dans la maison de François Rici pour y apprendre le dessin. Ce dernier ayant remarqué les grandes dis- |>osilions de son élève, décida son pére à en faire un peintre. Claude Coello s'attacha i l'étude et à l'observation de la nature, et travailla jour et nuit avec tant d'application qu'en peu de temps il surpassa mus ses camarades. L'étroite amitié qui le liait a Juan Carreno acheva de le rendre un excellent coloriste, en lui fournissant les moyens, en sa qualité de peintre de la chambre du mi, de copier les ta* bleaux originaux du Titien, de Rubens et de van Dyck qui se trouvaient au palais. Il peignit ensuite à fresque avec Joseph Donoso, qui arrivait de Home, le presbytère de l'église de Santa -Cruz qui a péri avec d'autres œuvres de Coello dans un iuceodie survenu au commencement du 18* siècle; le faite de la place appelée le vestiaire dans la cathédrale de Tolède, et un grand nombre d'autres morceaux capitaux. Ils furent plus tard chargés tous les deux des plans et des dessins des arcs de triomphe, etc., qu'on exécuta à l'entrée à Madrid de la reine Marie- Louise d'Orléans, é|»ouse de Cliailes IL Ce fut à Claude qu'on dut le plan de l'arc dcl Prado, ainsi que les ornements remarquables de la me dtl Retira. En 1083, sur les instances de don Francisco de Gamia, archevêque de Saragossc, il se rendit dans cette ville et y passa un an, pour peindre à fresque la coupole et la croix de l'église du collège des augustins. A son retour a Madrid, il fut nommé peintre du roi, devint peu après peintre de la chambre, et obtint une charge au palais avec une pension de trois cents ducats pour son fils don Uernardinn, et d'autres émoluments sur la bourse privée du roi dont sa veuve dona Bernardina de la Torrc eut la survivance. A la mort de son maître Rici, Coello fut chargé de continuer un grand tableau que celui-ci avait commencé pour le rélable de la sacristie du monastère roval de Si- Laurent. Comme c était le projet d'y p in-

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dre d'après nature Ions les personnages qui devaient entrer dans la composition, il supplia le roi de permettre qu'il fit son portrait. Cette permission ayant été accordée, Coello obtint à cette occasion, en 1G86, le litre de peintre de la chambre. 11 passa pins de deux ans a terminer le tableau du monastère de St-Laurent , qui lui attira avec raison des éloges du roi et de toute la cour. Comblé d'honneurs et de distinctions, Claude Coello se retira pendant quelque temps dans sa famille pour s'y reposer de ses fatigues, et jouir du bonheur de son intérieur. Il n'abandonna point toutefois la peinture, car, pendant ce temps, il Ht les portraits de la reine douairière Marie d'Autriche, de Marianne de Neubourg. seconde femme du roi, et de plusieurs autres personnages, et s'occupa de la restauration des peintures du roi. Sur sa réputation, le chapitre de l'église de Tolède le nomma son peintre, en 1691, et personne ne contestait sa supériorité, jusqu'en 1682 que le roi lit venir Lucas Jordan pour peindre le grand escalier et les voûtes de l'église de l'Ëscurial, époque fatale pour la peinture en Espagne, dit Cean Bermudez. Celte préférence fut extrêmement sensible à Coello, qui était d'une grande susceptibilité, et elle fut la cause de sa mort. 11 ne se décida a terminer le tableau du Martyre de St. Etienne que sur les vives instances du P. Malilla, confesseur du roi, qui le lui avait demandé pour son couvent des dominicains de Salamanque ; et quoique tous ceux qui voyaient son tableau de l'Ëscurial, y compris Jordan luimême, en fissent les plus grands éloges, il ne voulut plus reprendre ses pinceaux, tomba bientôt malade, et, après avoir langui quelques mois, il mourut à Madrid, le 20 avril 1693. Si Coello eût vécu dans le bon temps de Philippe II, il eût sans contredit été un des meilleurs peintres espagnols, par la correction de son dessin, l'excellent coloris qu'on admire dans ses ouvrages, et par les autres qualités dont il était doué ; mais comme de son temps on étudiait peu, ou même comme on n'étudiait pas du tout l'antique, que le mauvais goiit régnait dans les compositions, que les mauvais poêles avaient introduit des allégories confuses, et qu'il avait peint un peu a la hâte un grand nombre de tableaux avec Donoso, il en est résulté qu'il est resté placé dans une classe qui ne correspond ni à KM talent ni aux brillantes dispositions qu'il avait montrées. Néanmoins les artistes et les connaisseurs le considèrent comme un des peintres espagnols qui ont le mieux étudié la nature, et disent que de même qu'en Italie A nui lui Carraclie sut profiler des bons principes des grands maîtres qui l'avaient précédé, Coello en Espagne joignit le talent de dessin de Cano, au coloris de Murillo et aux efleis de Velasquez, et qu'il fut le dernier peintre espagnol lorsque Part de la peinture courait rapidement a sa ruine. Ses dessins au crayon noir et à la plume sont remarquables par la correction et fort estimés; il en est de même de trois estampes qu'il a gravées a l'eau-torie. On trouve dans le Dictionnaire historique de Cean Bermudez la liste détaillée des ouvrages de Coelln. On doit à ton goût pour le travail un assez grand nombre de tableaux. Celui qui décore

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l'autel de la grande sacristie de l'Ëscurial suffirait pour l'immortaliser. L'effet magique de la peiniure ne saurait être porté plus loin que dans ce tableau, qui représente Charles H à genoux et entouré de§ principaux seigneurs de sa cour. Ce beau morceau, connu sous le nom de Colocaxion de las santas formas, passe pour son clict-d'rcuvre. Il lui a coûté sept ans de travail. On fait cas aussi de son tableau du Martyre de St. Élienne, dans la chapelle du collège de ce nom à Salamanque. Ce maitre excellait aussi dans l'architecture. Son atelier fut l'école des plus célèbres artistes de son temps; les meilleurs élèves qui en sortirent furent Baslien, Mienoz et Théodore Ardemans. D — z— s.

COKLMANS (Jacqces), graveur au burin, né vers 1670, à Anvers, apprit la gravure de Corneille Yermeulcn. Il était même déjà compté au nombre des bons graveurs d'Anvers, lorsqu'il fut appelé en Provence par lloycr d'Aguilles [voy. BoyeiO qui le chargea de graver sa riche collection de tableaux. Ce travail, mis au jour dès 1709, fut donné plus complet en 1744; il se compose de cent dix-huit pièces, dont les portraits forment la partie la plus intéressante. Toutes les planches sont exécutées au burin, dans un style pesant et peu harmonieux; on leur reproche une teinte trop également noire; un dessin trop incorrect dans le nu des figures, et trop peu de noblesse dans l'expression des lêles; mais cet artiste a souvent le talent de cacher les nombreux défauts de ses estampes sous l'éclat d'un coloris vif et brillant. On a dit de lui avec raison que c'était un graveur coloriste. Il mourut à Aix, en 1733. A— s.

CŒMJS, (ils de Polemocrates, l'un des principaux officiers d'Alexandre le Grand, commandait on des corps qui formaient la phalange. Ce prince, ayant passé en Asie, renvoya, aux approches de l'hiver, Cornus dans la Macédoine avec les jeunes gens nouvellement mariés, pour qu'il les ramenât au printemps. Qrnus se trouva aux batailles d'Issus et d'Arbelles; il alla ensuite dans la Sogdianc à la poursuite de Spitamène; il fut aussi de l'expédition «le l'Inde, et lorsque l'armée, arrivée au delà de l'Hyphasis, refusa d'aller plus avant, il répondit a Alexandre au nom des troupes. Ce prince fut d'abord offensé de sa liberté ; mais ayant fini par se rendre aux raisons qu'on lui alléguait, il conserva son amitié à Grenus. Ce général mourut dans l'Inde peu de temps après, et Alexandre lin lit des funérailles aussi magnifiques que les circonstances pouvaient le permettre. C— a.

COEI'ION. Voyez Caton dTtique.

COf'I'OI.LA (Bahtiiéi.emy), l'un des plus célèbres jurisconsultes du 13* siècle, par le talent qu'il avait d'éclaircir les lois obscures et les matières de droit jusqu'alors inconnues. Il était de Vérone. Après avoir étudié à Bologne sous les plus habiles professeurs, il commença lui-même à donner des leçons de droit à l'adoue en 1446, en présence d'un grand nombre d'auditeurs. Sa réputation n'p.yant fait que s'accroître avec le temps, il tut fait chevalier cl honoré de la dignité de comte palatin. Ce qu'il a écrit bur les suviiudcs et Us fictions des contrats

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n été souvent réimprimé, et a joui d'une grande autorité au palais. On l a cependant blâmé d'avoir inventé des moyens captieux et de fausses subtilités pour éluder l'cltet des lois. Plusieurs aussi se sont plaints de ce qu'il est souvent obscur, quoique fort diffus, ce qui n'est point incompatible. On prétend qu'il mourut en 1477. Son principal ouvrage est intitulé Uarthulomei Caspollœ de Servilutibu», Lyon, 1660, 16 G, in 4", cum teplem disiertationibut Anton, iluthoei, Amsterdam, 1G80, iu~i°, cum addilionibus Titii. Genève, 1759. in-4°. D— l.

COETIVY (II- sire Pjiégent de), amiral de France, descendait d une ancienne famille de Bretagne. Il épousa, en 1441, Marie de liai/, tille unique du maréchal de ce nom. Il avait été lait chevalier, dix ans auparavant, par le comte du Maine, et s'était signalé dans les guerres contre les Anglais. Il prend, dans un acte du 4 novembre 1436, les titres de conseiller, chambellan du roi, et gouverneur île la Bochellc. En 1452, il osa, avec Dubreuil, ai t éter à ChilHMI, au milieu de la cour, le sire de la Trimouille, qui avait usurpé un grand ascendant sur le roi Charles VII, et s'était (ait des ennemis de presque tous les courtisans. Ce favori, devenu importun au monarque lui-même, ayant voulu se détendre, reçut un coup tic dague dans le bas-ventre, cl tôt conduit, chargé de lers, à Montrésor, château appartenant à Dubreuil. Coëlivy et Dubreuil, sûre de l'appui du comte du Maine (roy. Ciiari.es d'Anjon), et du connétable de Bichemont, se présentèrent devant le roi, et lui déclarèrent qu'ils n'avaient arrêté la Triiiiouillc que pour le bien de l'Etat. Charles VII se montra d'abord incertain : l'action hardie de Coêtivy lui paraissait un attentat à son autorité; enfla il déclara, dans le» états convoqués a Tours, « qu'il avouait ce qu'avaient lait les sires Dubreuil et « de Coêtivy, et qu'il les retenait dans ses bonnes a grâces. » Coëlivy fut nommé amiral de France en 4459. Deux ans après, il acquit beaucoup de çloire au siège de l'on toise, et l'on attribua a ses conseils la piise de celte place sur les Anglais. En 1445, Charles VU lui donna, par lettres patentes, les biens conlisi|ués du maréchal de Rail, « pour ses grands a et agréables services au lait de nos guerres, et at- « tendu, disait le monarque, qu'il a la principale « charge et conduite de nos plus grandes besognes « et affaires. » Coêtivy prit alors le litre de sire de Rai;. En 1 147, il commandait avec Dunois et le maréchal de Loheac le siège du Mans, ou les Anglais Capitulèrent. En 4450, il eut une grande part à la bataille de Formigny, ou 5.500 hommes délirent 7,000 Anglais, en tuèrent 5.000, et en firent 1,400 prisonniers. Cette défaite acheva de ruiner leurs affaires en Normandie. Ils ne retenaient plus que Cherbourg. Coêtivy fut emporte devant cette place d'un coup de canon. — Olivier de Coetiv y. frère de Prcgent, et sénéchal de Guienne, en 1451, se trouva à la prise de Dieppe, par le maréchal de Dieux, en 1435. L'année suivante, il surprit la ville du Crotoy. En 4451», lorsque Charles VII chassait les Anglais des environs de Paris, Olivier de Coêtivy se distingua au siège de Drie Comte-Kobert, et fut nommé coru-

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mandant de cette place. Il fut blessé la même année

au siège de Mcaux, et fut fait chevalier en 1450, après la bataille de Formigni. Deux ans après, étant sénéchal de Guienne, il commandait dans Bordeaux, lorsque le vieux Talbot entra dans cette ville, et le retint prisonnier avec la garnison. L'année suivante, il se signala au siégé dcCaslillon, où Talbot fut tué. — Guillaume de Coltïv y, autre frère de l'amiral, délivra le comte de Dunois, assiégé par Talbot dans Dieppe, en 1445. Cette ville, manquant de vivres, allait être nblisce de se rendre, lorsque Coêtivy amena de Bretagne plusieurs barques chargées de blé, de vin et d'autres provisions; ce qui donna le temps au dauphin de venir faire lever le siège. — Il est encore fait mention dans l'histoire de Bretaj gne de Christophe de Coêtivy, troisième frère de j l'amiral. De ces quatre Coêtivy, un seul eut un lils nommé Charles de Coêtivy, écuyer, conseiller et chambellan du roi, scipneur de Tailleboiirg, et prince de Mortaigne sur Gironde, mort vers 1500, ne laissant qu'une tille qui porta les biens de cette maison dans celle de la Trimouille. — Alain de Coktivy, frère de l'amiral, fut successivement évéi que de Dol, de Coi nouai Iles, archevêque d'Avignon, et cardinal, etc. Il fut chargé de plusieurs négociations par la cour de Home, et eut le titre de légat à tatereen France et dans les pays voisins. Il mourut à Borne, en 1474. V — ve.

COETLOGON (Aluj-Fmmakoel de), né en 4046, d'une des plus anciennes familles de Bretagne, I fut d'abord procureur général syndic des états de I cette province, cl passa ensuite dans la marine, ou il se trouva aux plus glorieuses actions de cette époque, notamment à la baie de Bantryct à la Hogue, où il commandait le Magnifique, vaisse: m de quatrevingts canons, sous le maréchal de Tourville. Il fut nommé vice-amiral en 1716, à la place dn maréchal j de Château- Begnaud, dont les héritiers surprirent au ministre une retenue de 120,000 livres que devait i payer Coètlogon ; mais celui-ci s'y refusa en termes 1 si énergiques, que le ministre fut obligé de rapporter celte honteuse décision, l'eu de temps après, découragé par d'autres injustices, il se retira au noviciat des jésuites, et fin il sa carrière le 7 juin 1750. Lorsqu'il était au lit de la mort, on lui envoya le bâton de maréchal qu'il avait longtemps vainement désiré, et qu'il méritait à tant de titres. Il eut encore I la présence d'esprit de répondre : Aon r«. Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam. Il I mourut sans postérité. Celle de ses frères existait | encore dans la personne du marquis de Coètlogon, lieutenant général, mort a Paris en 1791. M— D j.

COETLOSQUET (Jean-Gilles de), né à M- Pol-dc-I.éon le 13 septembre 1700, vint a Paris en 17 1 8, se présentai la Sorbonne, et, après sa licence, fut prieur de cette maison. Ayant rempli ces fouctions pendant onze an«, il devint successivement vicaire général de Tulle, puis tic Bourges, où il obtint encore la dignité de chancelier. Louis XV lui donna, en 1759, l'évcché de Limoges; il s'en démit en 1758, lorsqu'il fut nommé précepteur du duc de Bourgogne. Il fut précepteur du duc de Berri, de-

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puis Louis XVI, et de ses frères. Ces fonctions lui ouvrirent, suivant l'usage, les portes de l'Académie française, où il lut reçu, le 9 avril 1761, à la place de l'aube Sallier. En 1774, de Coetlosquel se retira à l'abbaye de St-Victor, cl y mourut, le 21 mars 1781. Son discours de réception à l'Académie bançaise et la réponse qu'il lit comme directeur de cette compagnie en recevant St-Lambert, en 1770, sont tout ce qu'on a de lui. Il fut remplacé à l'Académie par JMontesquioti. A. B — T.

COKTLOSQl'ET ( Charles Yves César-Cvr , comte de), de la merue lamillc que le précédent, naquit à Morlaix, le 21 juillet 1785. Son père, capitaine de cavalerie, fut incarcéré pendant la révolution, et n'écliap|»a i la mort que par la chute de Robespierre. Dès l'âge de dix-sept ans, lu jeune Coéllosquet s'enrôla tlans le 10* régiment de hussards, commandé alors i«r le général Lasallc, son parent. Il le suivit en Italie, se signala le 26 décembre 1800. au passage du Mincio, où il fut bit v grièvement, et obtint, le 91 janvier 1801, sur le champ de bataille, le grade de maréchal des logis. Il lit, comme ] sous lieutenant, la campagne d'Auslerlilz en 1805, et, comme capitaine, celle de Prusse et de Pologne en 1807 ; prit une part honorable aux batailles d'Iena, de Pulsluck, et à cette dernière tut atteint d'un boulet qui lui fracassa la jambe droite. En 1808. il accompagna, comme aide de camp, le général Lasalle en Espagne, et sa belle conduite à 1 affaire de Burgos lui valut le grade de chel d'escadron. L'année suivante, la guerreayanl recomuu n é en Allemagne, Coêtlosquel y suivit son général, qui fut tue à la battille de Wagrara ; lui-même reçut un coup de leu I Essling. La campagne de Russie, en 1812, lui fournil encore l'occasion de se distinguer, tant à Smolensk et à la Moscowa que dans la désastreuse retraite de l'armée. Napoléon le nomma, sur le champ de bataille d'Ostrowns, colonel du 8' régiment de hussards auquel il appartenait de)à comme chef d'escadron, et dit, en le présentant aux oflieicrs de ce régiment : « Je vous donne un jeune colonel , j « si j'en avais connu un plus brave, je vous l'aurai > « donné. » Enfin le talent et le courage qu'd dé- j ploya en 1815, aux affaires de Lutzen , Baulzen, < Dresde et Leipsick, lui valurent le litre de général de brigade. C'est en celle qualité qu'd fil la campagn- j de France en 1814. Après la chute du gouvernement impérial, le comte de Coêtlosquel fut maintenu dans j son grade et nommé au commandement du dépar- • tement de la Nièvre. Il se trouvait a Nevers à l'époque du retour de l'Ile d'Elbe, et voulut faire quelques préparatifs de délense, notamment couper le , pont de la ville; mais l'opposition qu'il rencontra de . la part des liabitanU le força de s'éloigner, et il resta sans emploi pendant les cent jours. Louis XVI if, I rentré en France , le chargea d une mission dans l'Ouest et à Bordeaux auprès du général Clause), et le nomma, le 8 septembre 1815, aide-major général de la garde royale. En ts2l, il fut promu au grade de lieutenant général, au commandement de la 7e division et à la direction générale du personnel de la guerre, ioactions dans lesquelles il rencontra de

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nombreux obstacles suscites par l'esprit de parti, mais où il lit preuve de capacité. Il était conseiller d'Etat lors de la révolution de 1850, après laquelle il se retira au sein de sa famille, dans une campagne près de Nevers, où il s'occupait avec délices du perfectionnement des méthodes agricoles et des instruments aratoires. Le comte de Cocilosquet est mort i Paris, au commencement de 1856. — Trois de ses parents, qui avaient émigré, périrent â l'affaire de Quiberon, en 1793. P— rt.

COEUR (Jacques), fils d'un orfèvre de Bourges, fut d'abord employé aux monnaies, et se livra ensuite au commerce, dans lequel il lit des gains considérables. Charles VII, qui voulait l'attacher à son service, lui donna l'emploi de maître de la monnaie à Bourges, et, bienlôt après, lui conlia l'administration des finances du royaume, avec le titre d'argenlier. L'exercice de cette charge était, dans le principe, borné à la direction des dépenses de la maison du rai ; mais Jacques Cœur eut un pouvoir bien plus étendu, puisqu'il réglait les contributions que chaque province devait fournir, et qu 11 réunissait les fonctions de dépositaire des fonds royaux à celles de ministre des finances. Ces fondions ne l'empêchèrent pas de continuer le commerce maritime et d'envoyer ses vaisseaux dans le Levant, pour y porter des marchandises d'Euro|»e, des lingots d'or et d'argent, des armes, et pour en rapporter de la soie et des épiceries. Il avait trois cents facteurs à ses ordres, et taisait lui seul plus de commerce que tous les autre; négociants de France et d'Italie. Ses richesses s'accrurent tellement, que, pour désigner un homme qui jouissait d'une fortune immense, on disait : « Il cj>1 aussi riche que Jacques CdNMT. » En 1445, Charles VII l'envoya, avec l'archevêque de Reims, Sl-Vallier et Duchastel, prendre possession de Gènes, que Jamis Frégose , qui y était entré a l'aide des Français, devait leur remettre; mais Janus, sommé de remplir ses engagements, répondit aux commissaires : o J'ai comploté le pays et la o ville à l'espée , et à l'espée les garderai contre « tous. » Lorsqu'on 1448 Charles entreprit la réduction de la Normandie. Jacques Cœur lui prêta 200,000 écus d'or, et entretint quatre armées à ses Irais. Agnès Sorel mourut l'année suivante, et le choisit pour l'un de ses exécuteurs testamentaire?. Son zèle pour le bien de l'Etat accrut le crédit dont il jouissait, et son intelligence aurait réparé le désordre des finances, si les circonstances eussent été moins difficiles. Son opulence, que d'heureuses spéculations augmentaient sans cesse, lui permit d'aencter des |ialais et des terres si considérables, que sa seule seigneurie de St-Fargeau renfermait vin.'tdeux paroisses. Celte immense fortune excita fa\ cupidité des courtisans, et quand le roi lui eut donné des lettres de noblesse, il ne craignil pas d'effacer, par son faste, les chefs des plus illustres maisons du myaume, auxquels leur lorlune ne permettait pas de paraître avec tant de magnificence. Lorsque te roi lit son entrée à Rouen, Jacques Co-ur affecta de, marcher à coté de Dunois, et de porter une tunique et des aimes semblables aux siennes. Tant d'impru-

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dence éveilla la liaine, et I on résolut de le perdre pour parlager ses dépouilles. Charles VII l'ayant mis au nombre des ambassadeurs qu'il envoyait à Lausanne afin de terminer le schisme de Félix V, J s ennemis de Cœur profitèrent de son absence, et Je perdirent dans l'esprit du roi, en rendant suspectes ses relations avec le dauphin, depuis Louis XI. Jeanne de Vendôme l'accusa d'avoir empoisonné Agnès Sorti, dont il avait été l'exécuteur testamentaire. Charles le fil aussitôt arrêter à Taillebourg; mais il se justifia, et son accusatrice fut condamnée à lui lairc amende honorable. Cependant, à la voix de £cs ennemis , il s'éleva contre lui une Coule de dénonciateurs qui l'accusèrent d'altération dans les monnaies; d'avoir fait transporter hors du royaume Iwauroup d'or d'un titre inférieur à celui du prince ; d'avoir conirelail le petit scel du secret du roi ; d'avoir exerce des concussions dans plusieurs provinces, fourni des armes aux musulmans, fait enchaîner comme forçais sur ses galères des gens qui ne le méritaient pas ; enfin, de s'être servi du nom du roi pour forcer des particuliers, et même des provinces, à remetlre entre ses mains des sommes considérables. Charles nomma pour juger Cieur une commission S|>éciale, que Chahanucs, l'un de ses plus violents ennemis, présida, en 1452. Les commissaires , qui voulaient le trouver coupable afin de profiler de la confiscation de ses biens, se conduisirent avec une injustice révoltante. Cœur invoqua le bénéfice de cléricaturc, qui le rendait justiciable de l'autorité ecclésiastique; mais on n'eut aucun égard à sa réclamation, sous prétexte qu'il avait été arrêté en habil de courtisan. 11 produisit en vain ses lettres de cléricature ; en vain fut-il reclamé par les grands vicaires de Poitiers : on n'écouta ni leur appel au roi , ni leur protestation. Cœur, réduit à se défendre devant ses ennemis, demanda des avocats et un conseil. Tout lui fut refusé. On lui accorda feulement deux mois pour rédiger ses déienses; mais, quoiqu'on eût produit contre lui une foule de témoins, on ne voulut pas lui permettre d'en faire entendre lui-même. linlin, comme il persistait à nier les charges portées contre lui, il fut menacé de la question. L'appareil des tourments l'obligea alors à s'en rapporter au témoignage de ses accusateurs, et ce rut sur celte déclaration, arrachée par la crainte, qu'on prononça, le 19 mai l !".•",. l'arrêt qui le déclarait convaincu des crimes dont on l'accusait, et pour lesquels il avait encouru la peine de mort, que le roi lui remettait « eu considération de certains « services el à la recommandation du pape. » et le condamnait à faire amende honorable, à 400,000 «eus d'iudemnilé en laveur du trésor royal, indépendamment de la confiscation de ses biens, et au bannissement per|iéluel. Ses juges partagèrent ses dépouilles. Cliabannes, outre 20,000 écus qu'il se lit donner, acheta à vil prix les terres de Sl-Fargeau, de Tonei et de Pereuse, qui appartenaient à Jacquet Cœur. Ce jugement inique le réduisit à la misère; mais ses commis, qui lui étaient très-allachés, se cotisèrent pour l'aider dans sa disgrâce. Quoiqu'il et a élé banni à perpétuité, le roi, après qu'il cul fait

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amende honorable i Poitiers, lui ordonna de se retirer dans le couvent des cordeliers de Beaucaire pour y demeurer en franchise : c'était une espèce de prison sous la sauve garde du roi. Il y resta longtemps. Enfin, l'un de ses commis, nommé Jean de Village, auquel il avait fait épouser une de ses nièces, favorisa son évasion. Cœur se rendit à Rome. LepapeCalixte III, qui armait contre les Turcs, lui donna le commandement d'une partie de sa flotte. Cœur s'embarqua ; mais, étant tombé malade, il s'arrêta à Chu», où il mourut avant l'an 1461, el fut enterré dans l'église des cordeliers de cette Ile. Voltaire dit que, lorsqu'il lut sorti de France, il s'établit dans l'Ile de Chypre, où il continua de faire le commerce. Thévet ajoute qu'il s'y maria, eut deux filles de son mariage, et acquit en peu d'années une fortune égale à celle dont il avait joui ; mais Ronamy a démontré, dans un mémoire lu à l'académie des inscriptions, que c'était une fable dénuée de toute espèce de fondement. Les richesses de Jacques Cœur persuadèrent à ses ignorants contemporains qu'il avait trouvé la pierre philosophale, et quelques emblèmes singuliers, sculptés dans ses maisons, le tirent accuser de magie. Ces sottises ont élé repétées longtemps après, el l'on a même dit que Itaiinond Lulle lui avait appris le secret de taire de for. Ceux qui ont écrit de semblables absurdités n'ont pas fait attention que Haimond Lulle était mort plus de cent ans auparavant. Jacques Cœur est un des hommes les plus remarqua i<h s de son siècle. Personne n'entendit mieux que lui le commerce maritime ; il dirigeait lui-même les opérations de celui qu'il faisait avec le Levant et les côtes d'Afrique. Il rendit d'importants services à l'État dans sa charge d'argentier, et si, pendant son ministère, il ne put rétablir les finances, il faut en accuser les malheurs de ta France après les longues guerres contre tes Anglais, plutôt que son incapacité ou sa mauvaise foi. Il était plus instruit que la plupart de ses contemporains, et avait rédige des Mémoires et Instructions pour policer la maùoa du r oi et tout le royaume. On lui doit aussi un dénombrement, ou calcul des revenus de la France, que l'on trouve dans l'ouvrage de Jean Douchel de Poitiers, intitulé : le Chevalier tans reproehe, et dans la Division du monde, par Jacques Signet. Sous le régne de Louis XI et pendant la détention de Cbabannes, la famille de Jacques Cœur rentra dans ses biens. Le roi ordonna la révision du procès ; mais le parlement, devant qui l'affaire fut plaidée, ne prononça pas, peut-être parce que Cliabannes, rentré en grâce, devint plus puissanlque jamais. La contestation n'a élé terminée que sous le règne de Charles VIII, par une transaction entre Jean de Cliabannes et 1a veuve de Geoffroy Cœur, fils de Jacques. B — c— T.

COFFEY ( Charles », acteur el auteur dramatique irlandais, mort en 1745, a composé neuf comédies, représentées el imprimées de 1729 a 1745, et la plupart impitoyablement sifllées; mais s'il avait peu de talent, il possédait un mérite qu'Addison relève beaucoup dans un des premiers essais du SptC' tateur, le mérite de savoir être laid. Coffey, extrê- 1 nicment contrefait, était le premier i rire de sa

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difformité. Il joua lui-même le rôle d'Esope, dans tino représentation qui tut donnée à Dublin, à s'n béoélicc. Nous no citerons de ses phees que le Diable à payer, ou les Femmes métamorphosées, et le Joyeux Savetier, suite du Diable à payer. Z.

COFF1N (Chaules), né Btuuici, diocèse de B' ims, en 1670, vint en 1095 ici lever à Paris les études qu'il avail heureusement commencées, et ne tarda pas a être distingué |«ir le célèbre Ftollin, (pii l'appela à une chaire au collège de Beauvais. Le jeune professeur se montra digne de ce choix par son zèle, ses talents, et par des productions ingénieuses en vers et en prose, relatives, tantôt aux événements publics, tantôt à des circonstances qui lui étaient personnelles. Sa réputation s'accrut si rapidement, que, vers la lin de 1712, Hollin ayant quitté l'administration du collège de Beauvais, le premier président de Mesines lui donna Coflin pour successeur. Il sut allier, dans ces nouvelles fonctions, la prudence d'un maître à la tendresse d'un père; et de celte école, devenue si florissante sous sa direction, sortit une foule de sujets qui ont paru avec éclat dans l'église, dans la magistrature, dans les académies et même dans les armes. En 1718, l'université I élut recteur, et son rectorat fut illustré par l'établissement de l'instruction gratuite, dont le cardinal de Richelieu avait autrefois formé le projet. Les fonds en furent placés sur le vingt-huitième effectif du prix du bail général des postes et messageries, dont la France devait originairement la création à l'université de Paris. Coflin eut la plus grande part au succès de cette négociation délicate, et le célébra par un mandement digne du bienfait et de la reconnaissance. Le reste de sa vie se passa dans les fonctions pénibles de sa place, qu'il remplit avec le même zèle et la même assiduité jusqu'à ses derniers moments. Ses œuvres ont été recueillies par l'avocat Lcnglet, Paris, 1755,2 vol. in-l -2. Le 1r contient des harangues latines, aussi bien écrites que bien pensées, et toujours convenables aux circonstances. On doit y distinguer le discours sur les Belles- Lettres, dont il montre les dangers et les avantages; celui sur T L'tililé de l'histoire profane ; V Oraison funèbre du duc de Bourgogne, j>ère tic Louis XV, cl le discours par lequel l'université célébra la naissance do dauphin. Le 2* volume renferme ses poésies, que l'auteur avait déjà rassemblées en 17*27. On y remarque une ode sur le Vin de Champagne (I), en réponse à celle par laquelle Grcneau, professeur au collège d'Harcourt, avait vanlé la prééminence du vin de Bourgogne. Dans celte jolie pièce, supérieure à toutes ses poésies profanes, régnent un esprit, un feu et une délicatesse dignes de la liqueur qu'il célèbre, et la ville de Reims en reconnut le mérite par un présent annuel de ses meilleurs vins; mais les poésies qui lui ont fait le plus de réputation sont les hymnes qu'il composa pour le Bréviaire de Paris, à la demande de M. V intimide, et qui depuis furent adoptées dans plusieurs autres diocèses. Ces hymnes, dont

(11 EIU- a éié traduite en rers transats par le eoiule L. de Clicvigue,r\»ri», I8i5, |*B*è« 10 i>-, iwic eu regard.

via

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la première édition parut en 1736, furent extrêmement goûtées ; on y trouva une heureu-c application des grandes images et des endroits les plus sublimes de l'Ecriture, moins de verve et d'éclat que dans celles de Santeuil, mais une latinité peut-être plus pure, et surtout une simplicité et uue onction qui semblent former le vrai caractère de ce genre de poésie. Combault, l'un de ses meilleurs écoliers, l'aida dans la composition de quelques-unes de ses hymnes; on lui attribue notamment deux strophes de celle de la Sl-Pierre. On ne doit point oublier la pari (pie Coflin prit à la révision de VAnti.Luerèce, qu'il relut en entier avec dévier et Lebeau. Ce Tut le dernier service qu'il rendit à la religion et aux lettres, auxquelles il avait consacré sa vie. Une vieillesse verte et vigoureuse semblait lui promettra de plus longs jours, lorsqu'une fluxion de poitrine, l'enleva en 1740, à Paris, le 20 juin, à l'âge, de 73 ans. « Poète sans caprices, dit l'auteur de « l'éloge placé à la tète du recueil de ses œuvres, a savant sans ostentation, sérieux par réflexion, « gai par caractère, toujours calme et serein, il « réalisait le sage des stoïciens. Vif et spirituel, mais o modeste et -icu parleur, sévère pour lui-même, « indulgent pour les autres eu littérature comme eu « morale, il haïssait la dispute, la médisance et la « satire. Sous un air de séelicresse et d'austérité, il « avait un cœur bon et compatissant. Il laissa un a legs considérable au collège de Beauvais, qu'il « aimait avec une tendresse paternelle, et il fonda a des prix pour le concours des collèges de l'uni- « versité. » N— l.

COFFINHAL ( Jean-Baptiste) , vice-président du tribunal révolutionnaire, ajoutait à son nom celui de Dubail, afin de se distinguer de ses frères. Né à Aurillac, en 1754, d'une famille de bourgeoisie considérée , mais dénuée de foi tune , il étudia d'abord la médecine, dont il se dégoûta bientôt. Sciant rendu à Paris pour suivie la carrière du barreau, il y devint procureur au Cliàtelet ; mais son étude était peu accréditée , et il vivait dans la gène lorsque la révolution commença. Coflinhal, d'un caractère fougueux et entreprenant, s'en déclara aussilot partisan cntlKHisiastc, et prit |iart à tous les événements qui en signalèrent les premières phases, notamment à l'attaque des Tuileries dans la journée du 10 août 1792. îxommé aussitôt après l'un des juges du tribunal dont toutes les fonctions furent d'envoyer à la mort le petit nombre de victimes désignées qui avaient échappé au (er des assassins ( voy. Baciiii \>n ), il s'acquitta de cette horrible mission de manière à augmenter de plus en plus sou crédit et son influence dans le parti révolutionnaire. L'un des membres les plus assidus de la société des jacobins , il en fut nommé président ; et, lors de la création du tribunal révolutionnaire , il en fut un des principaux juges, puis le vice-président. Ainsi il eut part à toutes les opérations de ce sanglant pouvoir, et dans toutes les occasions il s'en montra l'un des membres les plus inexorables. Ses yeux noirs et couverts d'épais sourcils, sou teint jaune et alrabilaire, portaient Fef* (roi dans l'âme des accusés, et, quoique d'un carac-

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1ère fort sombro, il lui arrivait souvent, à l'exemple du président Dumas, de les insulter par des plaisanteries aussi cruelles (pie ridicules. Ce fut lui qui dit au malheureux Lavoisier demandant un sursis de quelques jours pour compléter une découverte utile à l'humanité : La république n'a plus besoin de savants ni de chimistes... [}\>y. Lavoisier.) Lorsque la puissance de Robespierre tomba par la révolution du 9 thermidor, Coflinhal fut le seul de son parti qui montra du courage et de la présence d'esprit. S'etant réfugié à l'hôtel de ville avec ses amis , il y accueillit avec la plus vive indignation le commandant Henriot, qui vint demander ce qu'il fallait feire des chefs du parti contraire dont il avait été un instant le maître. Coffiuhal, furieux de cette hésitation, jeta par la fenêtre le stupide Henriot, qui avait ainsi laissé échapper la victoire; et quand Robespierre et tous les siens cherchèrent à échapper en se cachant, le vice-président du tribunal révolutionnaire lit seul bonne contenance. Naturellement brave et d'une haute stature, il se lit jour l'épée à la main, et alla se cacher dans un bateau sur la Seine près de nie des Cygnes , où des ouvriers de son pays lui donnèrent asile et le nourrirent pendant trois jours. Mais impatient île savoir ce qui s'était passé, et ne recevant aucune nouvelle, il quitta sa retraite pour venir chez sa maitresse dans la rue Moutorgucil, où il fut aussitôt arrêté. Comme il ( lait compris dans le décret de mise hors la loi, il n'y eut qu'à constater l'identité, et le même jour on le conduisit à l'é- . chafaud. Son courage ne se démentit pas; et il répondit par des signes de mépris aux buées de celle vile populace qui naguère applaudissait aux sanglants arrêts de son tribunal, et qui maintenant, se servant des expressions qu'elle l'avait souvent entendu adresser aux victimes, lui disait ironiquement: Coffinhal, tu n'as pas la parole ! — Son hère aiué , avocat au conseil avant la révolution, en adopta également les principes, mais avec modération. Nomme l'un tics juges du tribunal de cassation lors de sa création en 1791, il Ht pailie de la haute cour nationale qui condamna Babeuf à Vendôme eu 1797. Devenu baron cl maître des requêtes sous le gouvernement impérial, il remplit des missions importantes, cl obtint la permission de changer le nom de Coflinhal, souillé p;ir le souvenir de son frère, en celui de du Noyer, qu'il porta jusqu'à sa mort, arrivée vers 185*2. Le gouvernement de la restauration lui avait conservé sis titres, ses emplois, et il s'était donné à lui avec le même empressement et le même zele qu'au gouvernement impérial. — Un autre Cufiimial, frère des précédents, fut pendant quelques années procureur impérial à Aurillac. M — n j.

COGAFS ( Thomas), un des fondateurs de la société d'humanité, naquit le 6 février 1756, dans le village de Rowell ( Noilhampton ). Sa famille, qui appartenait à une des sectes non-conformistes de l'Angleterre, le destinait à lclat ecclésiastique, et le fil élever en conséquence. Il passa deux ou irois ans à kibworlh ( Leiceslcr ) , où , (oui eu faisant preuve de txaucoup de goût pour l'élude , il s'a Jouua surtout à celle des questions ibeologiijuei iioiit sou à^c

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et sa position rendaient la discussion an moins oiseuse pour lui. Il en résulta qu'il adopta sur la grâce, le libre arbitre, la nécessité, la prédestination, etc., un sjstëmc qui avait quelquefois le tort de n'être ni populaire, ni orthodoxe selon ses coreligionnaires : aussi manqua-t-il plusieurs occasions de se placer comme prédicateur, et n'y parvint-il qu'en s'expatriant. Amsterdam avait une église presbytérienne entretenue aux frais des deux gouvernements britannique et hollandais, et pourvue de pasteurs écossais. Un d'eux, ayant désiré visiter Aberdeen.sa ville natale, fit agréer Cogan comme son suppléant, en 1739. Ce poste était de peu d'importance; mais, a la faveur de sa nouvelle position, il eut entrée dans la maison d'un riche orfèvre nommé Croen.et sul plaire à sa fille unique, dont il fut bientôt l'époux. Devenu ainsi possesseur d'une fortune indépendante, il abandonna la carrière de prédicanl, se rendit a l'université de Leyde, alors la plus célèbre de l'Europe pour l'étude de la médecine, et, après s'être fait admettre aux honneurs du doctorat, embrassa la spécialité de médecin-accoucheur. Il exerça successivement dans les villes de Leyde, d'Amsterdam cl de Rotterdam, puis vint à Londres, qu'il regardait comme le théâtre le plus favorable a son art; mais, au bout de quelques années (1780), il céda sa ctienlellc au docteur Sims, pour jouir en paix d'une fortune plus considérable que ses besoins , et se livrer à ses trois goûts favoris, les voyages, la littérature et l'agronomie. Sept ans avant cette époque , il avait, avec son ami le docteur Huwes, jeté les fondements de la société d'humanité, d'abord nommée société pour le salul des noyés. C'est à la Hollande qu'il emprunta le modèle de cette belle institution, due à l'ingénieuse tendresse d'une mère qui , ayant eu le malheur de voir tomber son enfant dans un canal, le rappela à la vie en le plaçant dans un bain d'eau chaude et en le frictionnant. Ce fait étonna les Hollandais, habitues, par la fréquence de pareils accidents, à les voir avec beaucoup de flegme et à les regarder comme sans remède. Une association dite Dicnkelengen Socittet se forma aussitôt dans la capitale , et c'est elle qui la première ouvrit la roule suivie depuis avec tant de succès. Témoin des résuri celions obtenues jiar les nouveaux procèdes, Cogan ne lut (>as plus tôt revenu en Angleterre qu'il s'occupa d'y naturaliser ce bienfait : quoique commençant avec de failles moyens, il vit bientôt ses intentions généreuses couronnées de succès. Outre Havves, qu'on doit regarder comme co-fondatcur dû la société , il tut pour actifs auxiliaires Lcltsoui et Nkol, Les journaux, le dîner annuel, sans lequel rien ne s'elfeclue chez nos voisins d'oulrc-mer, donnèrent au vœu «le Cogau celle publicité condition essentielle de succès Le sien fut complet : au biut de quelques années le roi consentit à devenir le pro- Iceteurde l'association ; et le l>ut de l'institution, s'elargissant avec le temps, embrassa toutes lesespeSN d'asphyxie. La société d'humanité, en Angleterre seul. meut, a, dans l'espace d'un dcnii-sieele, rendu, à la lie 4,411 personnes que l'incurie des siècles

précédents aurait enterrées vivantes. Ainsi $c justi-

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fiait la belle devise de la médaille d'or frappée par la société : Lateat scintillula for$an. Lorsqu'il eut passé six ans à rédiger les rapports de celte société, Cogan céda aux désirs de H temme en quittant la Grande -lîretagne pour se fixer eu Hollande. Après avoir revu leurs amis a Vmste il m. de Rotterdam, de la Haye, tous deux allèrent habiter la maison du comte de Rochford à Zulestein. Jamais sans doute ils n'eussent quitté ce splemlide séjour, sans le contre-coup que la révolution française lit sentir aux Province* - Unies. Les troubles qui en Hollande même précédèrent, en l'annonçant, l'explosion de ce grand événement, puis plus lard la conquête des Sept Provinces , et l'établissement de la république batave, rendirent tort désagréable l'existence d'un gentleman en Hollande. Col an quitta le continent, cl après un séjour de quelque temps à Colchestcr, dans l'attente d'un changement, il alla s'établir dans l'Ouest, et prit une ferme à Soulh-Wraxall, près de Bath. La vie agronomique lui était devenue nécessaire. Lè encore ses travaux furent couronnés d'un plein succès; et tout en mettant en pratique les procèdes modernes, en se montrant digne membre de la société d'agriculture, en remportant aux concours annuels des prix, coupes, médailles, etc., il améliora ses revenus. L'âge seul le contraignit enfui à laisser sa ferme : il vécut alors tantôt à Hath, tantôt à Londres, finit par se fixer dans Covcnl-Garden, puis alla mourir chez son frère à Higham-Hill, prés de Walthamstow, le 2 février 1818. On doit à Cogan : 1 0 Disserlalio de pathemalum animi ci et »iodo agendi, Leyde,1707, in 4°. Cette thèse contient le germe de deux traités remarquables qui vont être mentionnés plus bas. 2° Mémoires de la société instituée à Amsterdam pour rendre à la vie les jwrsonnes qui semblent noyées, pour les années 1707, 17G8 17159, 1770 et 1771, Londres, 1774, in-8#. C'est une traduction du hollandais; et celle publication, dans laquelle du reste il eut sa femme pour collaboratrice, aida beaucoup aux progrés de l'association anglaise, qui ne comptait encore qu'un an d'existence. 3° OEuvres de Camper sur les liaisons entre l'anatomie et les beauxarts, etc., traduites du hollandais, Londres, 1794, in-4», avec planches. 4° Relation d'un voyage fait en grande partie le long du Rhin, d'Utrecht à Francfort, en 1791 et 92, Londres, 1794, 2 vol. in-8", pl. Cette relation est une série de lettres. S" Traité philosophique sur les passions, Londres, 1800, in-80; 24 édition, 1802. Malgré ce que semble promettre le titre, Cogan s'occupe plutôt dans cet ouvrage de recueillir et de classer les vérités philosophiques que d'en donner des démonstrations proprement dites : il évite en conséquence toutes les discussions spéculatives pour n'arriver qu'à des résultats pratiques. 6" Traité moral sur les passions, Londres, 1807, 2 vol. in-8°. C'est en quelque sorte la seconde partie du traité philosophique, qui peut être regardé comme une série de prémisses, tandis que celui-ci est une série de conséquences. 7° Recherches théologiques, ou Examen des principes religieux qui influent le plus sur la direction des passions et des affections infeUtclutlUs, Londres, 1812, in-8», 8' IHttcrlaiions

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théologigues sur la supériorité morale qui caractérise le christianisme, ou Recherches sur les secours prêtés par cette religion à la pratique de la Vtrlu, au développement des plus nobles nffections du cœur, aux sources morales d'une félicité constante, Londres, 1813, in-8° (réimprimé depuis avec les Reeherchcê théologiques, en î> vol. in-89). 9* Vie et Opinions de John Buncle Junior, publié sous le voile de l'anonyme. (Koy. Auonv.) 10° Lettres à Wilberforce sur ■ la doctrine de ta dépravation héréditaire, 1813, in 8° (trois éditions). 11» Question d'éthique, ou Méditations sur les principaux sujets de controverse de la philosophie morale, Londres, 1817, in 8°. C'est le supplément des deux traités sur les passions : l'auteur y coule à fond les questions qu'il évitait dans ses manuels de morale positive ; et il se propose surtout d'y réfuter le système de Beattie sur la morale et le bonheur, système plutôt critiqué que battu en ruine |»ar Prieslley. 12° Diverses notices, mémoires, rapports, etc. Val. P.

COGER (François-Marie), licencié en théologie, professeur d'éloquence au collège Mazarin et recteur rie l'université de Paris, était né en cette ville, en 1723. Quelques pièces de vers latins le firent d'abord connaître d'une manière assez avantageuse; mais sa réputation ne se serait jamais étendue au delà du petit nombre de personnes qui aiment la poésie latine, sans les plaisanteries et les sarcasmes dirigées contre lui par Voltaire. Cogcr avait publié en 1760 une critique de l'Eloge du dauphin, par Thomas ; l'année suivante, il en fit paraître une du Bélisaire de Marmontcl (I). Celte dernière surtout, dans laquelle Voltaire et les autres philosophes sont attaqués sans ménagement, lui attira l'inimitié du patriarche de Ferney, qui ne le désigna plus, dans ses lettres ù ses amis, cl même dans des écrits publics, que sous le nom de Coge pecus, accompagné de différentes épiihètes injurieuses. Coger s'en vengea en proposant, l'année de son rectorat, pour sujet du prix d'éloquence latine, cette question : Au m magis Deo quam regibus infensa sit islaquod vocatur hodie philosophia ? Le mot magis, au lieu de minus, forme une équivoque «pic Voltaire saisit habilement pour faire rire aux dépens du recteur, et traduisant le texte par cette phrase : Celte, qu'on nomme aujourd'hui philosophie, n'est pas plus ennemie de Vicu que des rois, il composa sur ce principe un discours sous le nom de l'arocaf Belleguier, inséré dans le t. 41e de ses œuvres, édition de Kchl. Les qualités de Coger étaient bien supérieures à ses talents. Il remplit les devoirs de son état avec une exacte probité, se montra plein de zèle pour les progrès tic ses élèves, et bien que peu aisé, en soutint, par ses libéralités, plusieurs qui annonçaient de bonnes dispositions, mais que leur manque de fortune aurait obligés de renoncer à leurs études. Coger mourut à Paris, le 18 mai 1780. Outre les ouvrages déjà cités, on a encore de lui ; 1* une

II] Bnum du ditcoKrt de V. Thcmat. qui a peur titre : Eloge de t.ouh, daupM* de fronce, ParU, I7G8, in-8"; — Examen du BeUitirt de M. StormoKl, \M., 1787, In-li.

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Oraiton funèbre de Tsiuis XV, 1774, in- 4*; 2* des

odes et des discours laiins, publiés séparément dc|»uis 17-12 à 17*i7, et dont la plupart se rattachent à des événements historiques. Le style de ces pièces est pur, mais elles manquent de chaleur et de poésie. On trouve dans le Journal de Paris, du 29 mai 1780, une notice historique sur Coger. W— s.

C0GGES11ALLE (lUi.ru), savant religieux anglais, «le l'ordre de Clteaux, mort, à ce qu'on croit, en 12:8, avait pris le nom de Coge$hallet, de l'abbaye qu'il dirigeait. Il a laisse plusieurs ouvrages, dont trois sont parvenus jusqu'à nous : 1" une Chronique de la terre sainte : c'est la plus importante de ses productions. H avait été témoin oculaire des événements qu'il y rapporte, et avait même été ldessé au siège de Jérusalem par Saladin ; 2° Chroixicon anglicanum, ab anna 1066 ad annum 1200; 3" Libtllus de molibus Anglicanis sub Johnnne rege. Ces trois ouvrages ont été publiés en 4719, par les l'P. Mariette el Durand, dans le 6' vol. de l'Amylissima Colleclio veterum seriptorum et tnonumentorum. Plusieurs de ses manuscrits existent dans la bibliothèque publique d'Angleterre. X— S.

COGLIOM. Voyez Coleo.M.

COGNATES. Fopts Coi si n .

COGNOLA'l 0 (Gaétan), chanoine et théologal de l'église de. Monfelice , dans le Padouan, mort le 40 décembre 1802, était né à Padouc, le 7 août 1728, y avait lait ses premières éludes dans la laineuse école appelée le séminaire, où il était devenu bientôt professeur de belles-leltres et de philosophie, et ensuite directeur des éludes. Ecclésiastique vertueux et charitable, il unit à l'aeaoïitplissement des devoirs de sou ministère l'élude tics langues grecque et laline, ainsi que celle des antiquités. Ses connaissances étendues en celle dernière science et son habileté jiour écrire en latiu sont attestées par la savante et belle préface qu'il mil à la tète de l'édition du lexique lalin de Forccllini C'est de tous ses ouvrages celui qui lui lit le plus d'honneur. On a en outre de lui six excellents discours qu'il publia à Padoue, en 1769, dont quatre rouletitsur des matières scientifiques, et deux ont rapport à la mort des cardinaux Gallo et Véronésc. L'élégance du style y va de pair avec la plus saine philosophie. Ces qualités se remarquent encore tlans une lettre latine qu'il adressa à monsignor Gradenigo, archevêque dTdine, et dans une autre dont Cornclio Celso enrichit son ouvrage, où se trouvent encore diverses ipigrainmes grecques et latines de Coguolato. La ville de Padouc el plusieurs autres «lu voisinage offrent un grand nombre d'inscriptions dont il fut ratitcur. La dernière de ses productions, publiée à la lin de 1794, est un Saggio di memoria sul IcrrHorio di Honselice e sulla sua c hit sa, où il (il preuve d'érudition cl d'une critique judicieuse. G — Ef.

COGOLIN (Joseph Ci eus, chevalier pe ), naquit à Toulon, en 1702. Destiné d alwrd à Eclat ecclésiastique, il trouva beaucoup de charmes tlans la lecture des livres saints. Ils enflammèrent son imagination poétique sans déterminer sa vocation I>our le service des autel». Pctit-lils d'un chel d'es-

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cadre, fils d'un capitaine de vaisseau, et se croyant appeler à marcher sur leurs traces, il quitta le petit collet pour entrer dans la marine, où il parvint au giade de lieutenant de vaisseau. Mais, pendant dixhuil ans, il eut à combattre une infirmité qui devait lui iuterdirc tout succès dans cette carrière. Quoi tpie d'une constitution robusle, il ne put jamais surmonter les atteintes du mal de mer. Une ophlbal* mie, qui faillit lui faire perdre la vue, le détermina à prendre sa retraite, en 1744 ; il obtint en même temps la croix de St - Louis et une pension de 1,200 francs. En quittant le service, il fut attaché à la maison de la duchesse du Maine, qui n'attirait à Sceaux que des hommes tle mérite. Après la mort de la princesse, il accompagna à Berlin Maiipertnis. qui le lit admettre à l'académie de celle ville. L ue certaine inquiétude aventureuse lui lit parcourir successivement les principales cours d'Allemagne, où il comptait obtenir de l'emploi et des laveurs. Trompé dans ses espérances, il se rendit en Italie et en Portugal, où il ne lui pas plus heureux. A son retour en Fiance, il tomba dans des accès de mélancolie qui contrastaient avec son ancienne gaieté. En vain des amis voulurent ré|>arer les brèches que des voyages légèrement entrepris avaient faites à si fortune, il relusa leurs oltrcs, et mourut de chagrin le 4" janvier 1760. On peut regretter que le chevalier de Cogolin ail usé, tlans la poursuite de chimériques faveurs, un temps qu'il eût employé plus utilement à la culture des lettres. Les morceaux de poésie qu'il a publié» offrent quelques vers heureux. On a surtout donné tles éloges à sa traduction de l'épisode d'Arisléedu 4' livre des Géorgiques, 1750, in 12, et à celle de la dispute des armes d'Achille, 1751, in-12 : peu l- être doit -on lui reprocher de n'avoir pas assez étudié le génie de notre langue et le mécanisme de notre versification. Ses autres < images sont : 1° Poème en l'honneur du roi de Pologne, traduit du lalin du P. Boscowich, Nancy, 1754, in-8*. 2° L'Éducation, poème en quatre discours, Paris, 1757, in-8°, laible d'invention et de color s. La France littéraire tic 1769 { t. 2, p. 467 ) lui allribue un poème contre le matérialisme, mais Frémn croil qu'il n'a pas été imprimé. On trouve, dans les M, moires de la société royale des sciences et belles-let- 1res de Nancy (t. 4, p. 287), le discours qu'il prononça lors de sa réception h celle académie. Fréron, qui fut son r.mi, et qui lui a consacré une notice dans VAnnée littéraire, lui reproche « d'avoir etc • trop occupé tle l'avantage de sa naissance, et d'au voir eu la faiblesse de craindre à chaque instant « qu'on ne manquai a 00 qu'il croyait lui être dû.* L'abbé Denina, qui a donné place à Cogolin dans sa Prusse littéraire (t. 3, Suppl., p. 91), n'a lait qu'abréger la notice de Fréron. L— M— X.

COGKOSSl ( CiiAiaES-FiuMçois ), naquit à Crème, dans l'État vénitien. Padoue fui l'université ou il étudia et prit ses grades. Peu de lemps après avoir obtenu le doctorat, il fut honoré d'une chaire en médecine. 11 y commença son enseignement eo janvier 1721, par un discours inaugural ayant pointillé : de medicorum RrftHf advenu* forlùmu, le*

con

primé h Rrcscia la même année. Ses leçons, qu'il commença l'année d'ensuile, en novembre, furent ouvertes par un autre discours tendant à prouver cette assertion ; savoir : que jusqu'ici il restait nonseulcment à trouver une médecine universelle, mais encore que tous les efforts qu'on pourrait faire pour y parvenir ne pouvaient qu'être vains. Ce discours fui publié à Padoue, en 1723. Les ouvra-es de Cogrossi les plus connus sont les suivants : V délia Ratura, rffclti ed uso, delta corlcccia del Peru, osia chinachina , considerazioni fi<ieo-mecaniche e tHfdicke estc<e in una Uttcra famigliari con atcune non meno ulili che cuviose vstmazioni e sperienze conccrnrnli aile febri e ^brifugi , Crème, 1711, in-1°. 2° Muora Idea del maie conlagioso de' buoi , Milan, 1714, in 12 3" De Praxi medica pronwvcmla, exercitalio prœliminaris , Crème, 1711, iu-12. 4" Saggi delta mediclna italiana, divisi in due dissertazioni cpislotari, nelte quali le imenzioni del Saatorio eon nuove inrenzioni ed osservazinni s'Ulustrano ; aggiuvtavi alcune digressioni alla fisica sperimentate c alla pratica concernent!, Padoue, 1727. £es observations de pratique sont relatives à l'emploi de I eolipyle, du possiloguc, de la balance hydrostatique et autres moyens physiques, dont il dit qu'on peut tirer beaucoup d'avantages dans la pratique. P — R — L.

COI1AUSEN (Jean-Heniu), médecin du prince évoque de Munster, ne à Hildesbeim, en 1G63, mort à Munster dans sa 83* année, le 13 juillet I7.*i(), a beaucoup écrit, quoique praticien, et se plaisait à donner à ses ouvrages des litres extraordinaires. Les plus connus sont les suivants : I» Oui- Icyium historico-physicum ad cl. viri Jod. Ilcrm. ftunningii Sepulcretum, t rancfort et l.eipsick, 1714, in-4" : c'est une dissertation ou l'auteur considère en physicien les urnes sépulcrales delà Wcstphalie, que Nunning avait examinées comme antiquaire. 2° Disserlatio salyrica plnjsico-medico-maralis de pica nasi, sive tabaci sternulalorii moderno abusu et uoxa, Amsterdam, 1716, in-8°. Il s'y déclare un des plus grands ennemis du tabac, qu'il ne permet qu'aux tempéraments pituiteux. 3' Lumen novum photpkortt accensum, Amsterdam, 1717, in-8*. C'esl une dissertation très-curieuse, dont plusieurs faits ont été vérifiés depuis le renouvellement des sciences physiques. 4° fteolhca, Osnabrug, 1710, in-8", ouvrage dont il a paru plusieurs éditions en allemand et en hollandais. L'auteur s'y montre l'ennemi du thé; il le proscrit pour un très-grand nombre de personnes; il prétend qu'on peut le remplacer par l'usage de différentes espèces de plantes, appropriées aux tempéraments comme aux maladies. S" RaplUl exstalicus inmnntem Parnassi , sive Satyricon novum plnjsico-medico vwrale in m'idernum tabaci stemutaiorii abusum, Amsterdam, 1720, ln-8* .6° Jïe« lalio de virtute et u*u liquoris vitœ balsamici poly- I chresti, ihid., 1726, in-8'. 7° Lucina Ruyschinna, sive musculus utcriorbicularis Ruischiiad trulinam tevocatus, ibid , 1731, in-8°. 7° Archaeus (ebrium faber et médiats, ibid . , 1731, in-12. La théorie est fondée sur les principes d'Helmont ; la pratique a 1

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pour base le sage emploi du quinquina. 94 Vissertatiû de Gtonsopelris lupidibus cordifnrmibus, etc., Francfort, 1743, in-4*et in-8". 10' Ilcrnvppus réduiras, ibid., 17 42 ; Coblentz, 1741, in-8°. C'est une dissertation où l'auteur se montre grand partisan de la méthode que suit it le prophète David, parvenu à une très-grande vieillesse pour ranimer ses forces. [Voy. Jean Campbel.) 11° Europa arcana tnedica, un extrait médical des Mélanges de l'académie des Curieux de la nature. 12" IL luiontius Ecftaticus, Amsterdam, 17-26, in-8°. 13'CIeWcifS medicaslcr, Francfort, 1748, in-8°. 14» Ctericus deperrucatus , etc. On trouve un abrégé de sa vie, en latin très élégant , et une notice complète de ses ouvrages, par son neveu Sal.-Ern.-Eug. Cohausen, protomédecin à Trêves, dans le Commercium litlerartum, Francfort, 1716 et 1731, t. 1 el 3. Ce dernier a aussi publié vers le milieu du 18' siècle quelques traités relatifs à son art. Le Commercium lilierarium de [Nuremberg, année 1741, contient une dissertation de cet auteur, sur les propriétés de la racine d'ortie contre la petite \érole, el dans le volume de 17 12, trois autres dissertations, dont l'une sur l'usage de la scillc dans les affections séreuses, et une autre sur la marjolaine. D — P — s cl P — R — l.

COHEN-ATTHAR (Aboiuieny ben Aboi nash Jzr.AYi.Y Maboi'M'), médecin qui vivait au Caire, vers le milieu du 12e siècle. Les écrivains arabes disent qu'il possédait de grandes connaissances sur la méde< ine, la pharmacie, la botanique el la chimie. On a de lui un bon ouvrage portant le litre de Traité de la préparation des médicaments. Il parait que Cohcn-Atthar était juif d'origine. Plusieurs savants de cette nation, qui vivaient alors en Espagne, en Egypte cl dans l'Orient, prenaient des noms arabes. H a existé vers la même époque plusieurs auteurs arabes qui ont écrit sur la médecine, la chimie et la botanique, dont les uns ont porté séparément le nom de Cohen, el d'autres le nom (ÏAtlhar. On pourrait facilement les confondre parce qu'ils sont peu connus. Le temps ne nous a transmis aucun de leurs ouvrages. D— P — s.

COHO.N ( Antiiyme-Penis), évéque de Mines, né à Craon, province d'Anjou, en 1549, se fil un nom par son talent pour la chaire, et s'éleva par son mérite aux premières dignités ecclésiastiques. Son père exerçait la profession de chandelier. Col.on fut envoyé au Mans pour faire ses premières éludes, et vint les continuer à Paris au moyen d'une bourse qu'il avait obtenue. Dés l'âge de vingt-cinq ans, il Jouissait dans tout le royaume de la réputation d'un grand prédicateur. Le cardinal de Richelieu le lit nommer prédicateur du roi. Ce ministère, qu'il remplit à la satisfaction de Louis XIII, lui valut l'estime de ce monarque et l'évéché do ISimes, auquel ce prince le nomma en 1055. Il assista aux assemblées du clergé de 1636 et 1641, comme député de la province de Narbonne. Les nouvelles opinions religieuses avaient fait de grands progrès en Languedoc, et le parti protestant dominait à Nimes. Cohon n'en mil que plus de zèle à détendre la religion catholique. Il obtint, dès 1030, un arrêt qui obligeait les protestants à con-

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tribuer comme les calholiques aux frais de la reconstruction de la cathédrale et d'un palais épiscopal. îl introduisit les jésuites à Nîmes, et les dota. Il signala particulièrement sa charité dans la contagion qui s'était manifestée dans cette ville en 1640. Louis XIII «tant mort le 14 mai 4043, Colion, qui, sur des plaintes portées par les protestants, avait été mandé à Paris, y prononça, au mois «l'août suivant, dans l'église de St Cermain-l'Auxerrois, l'oraison funèbre du monarque, son premier bienfaiteur. Conseillé de se démettre de son évêché, à cause des difficultés qui s'étaient élevées entre les protestants et lui, il le permuta contre celui de Dol en Bretagne; mais n'ayant pu obtenir de bulles, il permuta de nouveau J'évéclié de Dol contre celui de St-Paul-de-Léon. Après la mort de Richelieu, Colion s'attacha au cardinal Mazarin, qui l'employa dans des affaires importantes. En butte aux ennemis de ce ministre, lorsqu'il fut obligé de quitter Paris, Colion, enveloppé dans sa disgrâce, fut mis en prison ; mais le cardinal ayant recouvré son crédit, Colion revint à la cour. 11 suivit Louis XIV dans son voyage de Roi-deaux, et le harangua à son entrée dans cette ville. Le roi le nomma à l'abbaye de Flaran. A son retour à Paris, le cardinal Mazarin confia à Colion l'éducation de ses neveux, et le chargea du rapport des placets et mémoires qu'on lui présentait. Louis XIV faisant en 1651 le voyage de Reims pour y être sacré, Colion le suivit encore, et prononça le discours d'usage dans celte cérémonie. Ce fut pour lui l'occasion d'une nouvelle grâce, le roi l'ayant nommé à l'abbaye de Tronchet. Hector Douvrier, qui lui avait succédé dans l'évêché de Nîmes, étant mort l'année suivante, Cohon souhaita de retourner à son premier siège, et le roi le lui permit ; mais de nouvelles peines y attendaient cet évêque : il eut le chagrin d'y être témoin d'une émeute qui eut des suites fâcheuses. Une amnistie accordée aux habitants y ramena le calme. Cohon n'omit rien pour le maintenir, et y parvint par des ménagements sages pour les ministres protestants, sans toutefois s'écarter de ce que lui prescrivaient ses devoirs. On lui attribue la gloire d'avoir un des premiers contribué à rendre à l'éloquence de la chaire la dignité convenable, en supprimant de ses sermons les citations d'auteurs profanes que le goût d'une érudition déplacée avait Introduites, et en se bornant pour ses preuves aux autorités de l'Écriture et des Pères. On le dit auteur d'une pièce en faveur du cardinal Mazarin. intitulée : Sentiments d'un fidèle sujet du roi sur l'arrêt du parlement du 29 décembre 1031, centre le cardinal Mazarin, iu-8°. Il mourut le 7 novembre 1070. L— y.

COHORN ( Mek.no, baron de ), né aux environs de Leeunardc, dans la Fiisc, en 1641, d'une famille distinguée, a mérité le surnom de Vauban hollandais. Son père, oflicier d'un rare mérite, lui inspira dès son enfance le goût de la science militaire; il avait a peine seize ans, que, déjà piofondt ment instruit dans les mathématiques par les soins de son oncle Fullenius, professeur à Franeker, il entra au service avec le grade de capitaine. II se fit

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remarquer en 1673 au siège de Maëstricht, et se signala ensuite dans les sanglantes batailles de Sencf, Cassel, Sl-Denîs et Fleurus. Il monta de grade en grade à celui de colonel di s deux bataillons d'infanterie de Nassau- Frise. Dans la campagne de 1675, Cohorn, piqué ne n'avoir point obtenu un régiment que le prince d'Orange lui avait promis, vint trouver Chamilli , alors gouverneur d'Oudcnarde. Il l'entretint d'un moyen sûr et prompt qu'il avait inventé pour passer les fossés des places, moyen qui venait d'avoir le plus grand succès au siège de Grave, où Cohorn avait transporté, à travers la Meuse, un bataillon entier sur la brèche d'un bastion sans contrescarpe, et dont la rivière seule défendait l'accès. Louvois fut consulté ; Vauban appuya la demande de Cohorn, et donna des éloges à l'invention de son rival. La Hollande allait le perdre, lorsque le prince d'Orange, averti de ce projet, fit arrêter comme otages la femme de Cohorn et ses huit enfants. Ce moyen réussit : l'ingénieur hollandais retourna dans sa patrie, et le prince d'Orange l'y retint par des bienfaits. En 108*2, Cohorn eut une discussion assez vive avec le capitaine Paën, excellent ingénieur, sur la fortification du pentagone, et il puhlia à Leenwardc un mémoire in-fol., en hollandais, sur cette matière. Il appliqua avec succès sa théorie à la forteresse de Coverden, dont il dirigea les ouvrages. Quand la guerre se fut rallumée entre la Hollande et la France, en 1689, Cohorn se signala par de nouveaux exploits. On vit, au siège de Namur, Cohorn et Vauban opjiosés l'un à l'autre. Le premier défendait le fort Guillaume qu'il avait construit; il y commandait son propre régiment. Les deux armées attendaient avec impatience l'issue de cette lutte entre ces deux célèbres ingénieurs. Vauban fait placer ses batteries sur les deux rives de la Sambrc, tourmente l'intérieur par le ricochet cl les bombes, enveloppe le fort, le sépare du château, l'isole, et le réduit à ses propres forces. Cohorn, furieux, se défend encore, quoique ce fort fût ouvert par le canon, et malgré la désertion de ses troupes découragées; mais bientôt, blessé lui-même, et n'étant secondé que par cent cinquante hommes, il est obligé de livrer son propre ouvrage, le 23 juin 1692. Au moment où, suivi du rhingrave, compagnon de sa défense, et de ses principaux officiers, il sortait «le la place, Vauban s'approche, et les invite à partager son logement et sa lalle. Le rhingrave accepte ; mais Cohorn lève les yeux sur son rival, les détourne aussitôt, et s'éloigne en silence. En 1695, il eut beaucoup de pari à la prise de Namur, naguère fortifiée par lui-même, et «pie Bouftlcrs ne put défendre contre le prince d'Orange. La prise cl la reprise de cette place firent voir quel génie différent animait Vauban et Cohorn. Voici le parallèle qu'en a fait A lient, major de génie et maitre des requêtes : « Vauban , n'employant que l'artillerie a nécessaire, n'usant de son influence que pour mo- « dérer l'ardeur des soldats, ne leur permettant tic «s'avancer que sous la protection des travaux, avait « mis son étude et sa gloire à les épargner ; Cohorn, « accumulant les bouches à feu, sacrifiant tout au

cou

« désir d'abréger le siège, d'effrayer et de surprendre a les défenseurs, n'avait économisé ni les dépenses, «ni les hommes. Yauban avait cerné, resserré, « coupé, morcelé les assiégés ; Cohorn ne s'était oc- «cupé que de les accabler. C'était la force substituée «à l'industrie, ou plutôt l'industrie employée à « multiplier les moyens de destruction. On juge que « le premier s'était conduit comme un chef habile «et oui manceuvre; le second, comme un homme « impétueux, qui ne songe qu'à rompre et délruirc « l'ennemi. Dans les attaques de Cohorn, l'appareil a des feux, l'audace et la combinaison des assauts «éblouissent les esprits; on admire dans Vauban « une méthode à la fois sûre, plus rapide, moins i sanglante; en un mot, l'art de détruire soumis « et devant sa perleciion à l'art de conserver. » En 1702, Cohorn, nommé lieutenant général, lit une irruption en Flandre, et détruisit les lignes françaises de St-Donat. Il publia la même année, en langue hollandaise, sa Nouvelle Manière de fortifier les places, à Lecuwarde, in-fol., ouvrage classique, qui a été traduit en français sous ce titre : Nouvelle Fortification, tant pour un terrain bas et humide, que sec et élevé, etc., traduit du flamand en français, la Haye, 1706, 1711 , 1713, in-8». Dans la campagne de 1703, Cohorn lit plusieurs sièges, et continua d'appliquer son système de réduire les places en écrasant les ouvrages et en les inondant de projectiles. C'est par ce moyen qu'il força la place de Bonn à capituler dans l'espace de trois jours. Il rendit d'autres services dans celte mémorable campagne; mais il approchait «lu terme de sa carrière. Au commencement de l'année suivante, sollicité par Marlborough de se rendre à la Haye pour y concerter la suite des opérations militaires, il y alla, mais il y fut frappé d'une récidive d'apoplexie, qui le mit au tombeau le 17 mars 1704. Son corps fut transporté en Frise et déposé dans une sépulture de famille, au village de VVijkel, près Sneek, où ses enfants lui ont érigé un monument représentant son effigie, avec une inscription qui est à la fuis un hommage rendu au mérite de leur père et un gage de leur piété filiale. Celle épitaphe célèbre ses quarante-sept années de service militaire, le refus qu'il avait fait en plusieurs occasions de tout service étranger, etc. Il avait rejeté en effet les propositions de ce genre qui lui avaient été faites par Frédéric III, électeur de Brandebourg; par l'électeur de Bavière, qui, après la prise de Bonn, le gratifia de cinq pièces de canon, etc. Charles II. roi d'Angleterre, l'avait créé chevalier baronnet; Guillaume III le combla de ses boutes les plus flatteuses. Cohorn regardait comme son rhel-d'u-uvre la forteresse de Bergop-Zoom, qui, jugée imprenable, se rendit, en 1717, au maréchal de Lowcmlal. (Voy. Cronstikui.) C'était un homme de nmuis antiques, franc, loyal, ennemi de l'adulation ; ses qualités morales égalaient les talents.— Son second lils, Henri Casimir, baron DE Cohorn, lieutenant-colonel et directeur des fortifications au service hollandais, rivalisa son père pour les talents et les connaissances; mais doué d'un caractère biiarre et morose, il se retira de bonne

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heure du service, et vécut jusqu'à un âge avancé dans un isolement misanlhropique. 11 mourut célibataire à Lecuvrarde, en 1756. Le professeur Nicolas Ypcy a publié à Francker en 1771 : Narratio de rébus gestis Mcnnonis Cohorni, in-8°. — La marine française a eu un officier du même nom ( Joseph de Cohorn), qui s'est distingué dans plusieurs occasions, et principalement à l'attaque de Gigeri en Barbarie, sous les ordres du duc de Beaufort, en 1664, et devant Messine en 1675. Il y lit entrer un convoi, après avoir traversé la flotte ennemie. Il est mort à Carpentras, sa ville natale, en 1715. Depuis trois siècles, il s'était établi des Cohorn dans lecointat Venaissin , originaires, comme les Cohorn de la Frise, d'une illustre famille suédoise de ce nom, à laquelle on donne pour auteur Eric Cohorn, un des courtisans d'Olaûs II, baptisé à Husbyc en l'an 1012, en môme temps que ce roi. D— m— t et M— on.

COHORN (Louis), général de brigade et baron de l'empire, né à Strasbourg, le 16 janvier 1771, entra comme volontaire, en 1783, dans un régiment de cavalerie dont son père était meslre de camp. Il passa sous-lieutenant au régiment d'Alsace en 1784, devint capitaine en 1792, et permuta avec un officier de son régiment pour aller faire la guerre de la Guyane. Obligé de revenir en France à la fin de 1703, après une longue maladie, Cohorn servit comme simple soldat pendant six mois, et ne fut réintégré dans son grade qu'à la recommandation du général Hoche. En 1794, on l'employa comme capitaineadjoint à l'armée des côtes de Brest, puis à celle de Bhin-ct-Mosclle, et après la reddition de Mayence, il fut envoyé dans le Palatinat. Attaché, en 1796, au général de brigade Ste-Suzanne, il combattit a Mutterstadt, à Oggersheim, et suivit l'adjudant général Decaen, chargé de conduire l'avant-garde de la division Beaupuis. Cohorn se distingua dans presque toutes les affaires qui eurent lieu pendantectte campagne. A la prise de Kaiserslautcrn, son amour pour la discipline l'exposa au plus grand danger. Ayant voulu faire rentrer dans l'ordre une colonne de chasseurs qui se livraient à tous les excès du pillage, il se vit insulté, menacé, enfin blessé grièvement par ces furieux, qui lui auraient ôté la vie sans l'intervention de quelques officiers supérieurs. Peu do temps après il fut fait prisonnier de guerre, et échangé le 9 mai 1797. il passa en 1798 à l'armée des côtes de Cherbourg, et en 1799 à celle du Danube, sous le général Jourdan. A l'affaire d'OsleracU (22 mars), Cohorn sauva un bataillon de ligne et une compagnie de dragons près d'être enveloppés par l'ennemi. Nommé adjudant général le 10 août de la même année, il reçut le commandement de la ligne du Ithin, depuis Strasliourg jusqu'à Neubrisach. Dans les années 1800 et 1801, ce lut lui qui dirigea l'avant-garde de la division Delmas. Il culbuta la cavalerie autrichienne à Moeskirch ( 4 juillet 1800 ), 1 et accourut avec un faible détachement au secours de la division Montrichard, qui, à l'affaire de Neubourg (26 juin), avait été repoussée et enfoncée par l'ennemi. Il lit partie du camp de Bruges en 1801. Dès l'ouverture de la campagne de 1803,

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Coton attaqua, suivi de deux ordonnances à cheval, un peloton de chasseurs russes, en s .1 . a une partie et contraignit les autres ù se rendre. Il coupa la retraite à deux bataillons autrichiens à Lambacli, et rendit plusieurs services importants à Austcrlitz. Cité d'une manière particulière dans les rapports du maréchal Datons!, pour sa belle conduite a la bataille d'Auerstaedi, il reçut plusieurs blessures assez légères à celle d'Iéna ; niais une balle qui l'atteignit au front dans un combat livre plus tard, près de Varsovie, le contraignit à se retirer et à prendre quelque repos. Il hit nommé général le 21 mars 1807, et chargé de la 3e brigade des grenadiers du maréchal Oudinot. A Friedland, une balle lui traversa la cuisse, ce qui ne l'empêcha pas de faire la campagne d'Autriche, en 1807, sous les ordres du général Ctaparéde. Cohorn déploya surtout la plus grande valeur à l'affaire d'Ebersberg, où, à la lète de sa brigade, il força le passage de la Traun, défendue par 30,000 Autrichiens. Il se trouva ensuite aux batailles U'Essling et de Wagram. Le 50 août de la même année, ISapoléon le créa commandant de l'ordre de la Légion d'honneur, et quelques mois après, comte de l'empire. En 1811, il partit pour l'Espagne ; mais arrivé à Pampelunc, sa santé, affaiblie par h s fatigues et les blessures, le força de revenir en France, cl de passer deux ans dans ses foyers. Cohorn se réunit en 1813 à la grande armée d'Allemagne, sous les ordres de Marmont. 11 prit p ii t aux batailles de Lautzen et de Bcautzen, et eut la cuisse emportée par un boulet dans la désastreuse retraite de Lcipsick. Ilcsté au pouvoir de l'ennemi, il supporta l'amputation avec fermeté, quoique avec répugnance, et mourut peu de jours après, le 20 octobre 1813, vivement regretté de ses compagnons d'armes, qui avaient admire tant de lois son zele cl son intrépidité. Cil — s.

COIFFIER DE MORET (Simon), littérateur, né, en 1705, d'une famille honorable du Bourbonnais, embrassa l'état militaire à seize ans, et obtint un brevet d'officier dans un régiment de dragons, forti de France à la révolution, il n'y rentra qu'après l'établissement du consulat. Eu 181 i, il reçut la croix de Si-Louis. Elu député par le département de l'Allier à la chambre de 1815, il lit partie de la commission chargée d'examiner le projet de loi sur les cours prcvotales. Quelque temps après, il fut nommé recteur do l'académie d'Amiens, et mourut dans cette ville en I 20. On connaît de lui : 1 ' les Enfanté des Vosges, huis, 1709, 2 vol. in-12; 2° le JKIctin { dans la Nouvelle liibliolheque des romans, W année, t. Il); 3° le Cheveu, Paris, 1808, 2 vol. in 12; i" Histoire du Bourbonnais el des Bourbons qui l'ont possédé, ibid., 1811-10, 2 vol. in-8' avec une carte. Cet ouvrage, terminé depuis 1810, fut présente par l'auteur à la censure impériale, qui délivra le |>ermis d'imprimer moyennant quelques suppressions; mais le ministre de l'intérieur ne tarda guère a rapporter celte décision, et l'ouvrage ne put paraître qu'après le retour des Bourbons. Dans la préface, fauteur déclare que cette histoire est telle qu'd l'avait composée, et qu'il n'y a rien ajoute, si ce

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n'est le récit du passage de Madame dans le département. Le t. 1" contient l'histoire des événements généraux qui ont eu lieu dans le Bourbonnais, et le 2*, les particularités sur les villes de la province, avec la biographie des hommes distingués qu'elle a produits. Cet ouvrage eslimable n'a pas eu cependant tout le succès qu'il méritait. Les exemplaires avec la date de 1824 ne dilfèrent que par de nouveaux frontispices. On a confondu Coiflier de .Mord avec son cousin germain, M. Henri Coiflier de Verse ron, inspecteur général de l'université impériale, a oui l'on est redevable de plusieurs traductions d'ouvrages allemands. \Y — s.

C01CNAC (JoACiuu de), poète français du 1C* siècle, ne se trouve mentionné jusqu'ici que dans la Bibliothèque de Duverdicr. Il était né vers 1320 à Chàleauroux, dans le Bén i. D'après les ouvrages qui nous rcslcnt de lui, on peut conjecturer qu'il avait embrassé les principes de la réforme religieuse. 11 est également assez vraisemblable qu'il abandonna sa patrie à l'époque des troubles, pour se retirer dans le pays de Vauil, où il vécut obscur. On place sa mort vers 1580. Les deux ouvrages de Coignac, devenus très -rares, sont recherchés des curitux : 1° le Bastion el Rempart de chasteté à rencontre de Cupidon et de ses armes, avec plusieurs épigrammes , Lyon, 1550, in-IG; 2° Tragédie delà déconfiture du géant Goliath, Lausanne, sans date, iu-8°. Cette pièce n'a point été connue des rédacteurs de la Bibliothèque du Théâtre-Français, attribuée au duc de la Valliérc. W— s.

COIGNET (Gilles), peintre, né à Anvers eu 155!), travailla d'abord dans l'atelier d'Antoine Palermo. A peine eut-il appris les premiers principes de la peinture, qu'il partit avec Stella pour l'Italie. Doue des [dus heureuses dispositions, il ne tarda pas à se faire connaître avantageusement par quelques peintures qu'il lit dans la ville de Terni, eutre Rome et Lorette. Coignet voyagea par toute l'Italie, a Naples, eu Sicile, el revint à Anvers, où il fut admis à l'académie en 1501. Sa manière fut trèsgoûtée de ses compatriotes, qui lui demandèrent un si grand nombre de tableaux, qu'il était oblige d'employer le pinceau de Corneille Molenaer, surnommé le Louche, pour peindre les fonds, le paysage et l'architecture de ses tableaux. Coignet quitta les Pays-Bas pour aller chercher à Amsterdam le repos si nécessaire à l'élude ; mais il quitta bientôt cette nouvelle résidence pour aller b'élablir à Hambourg, où il mourut en 1C00 II était fort gai, |ieignail avec promptitude et avec facilite tous les genres différents, la ligure et le paysage. On connaît de lui de charmantes petites compositions à la lueur du flambeau et au clair de la lune. Ou reproche cependant à cet artiste d'avoir fait copier par des élèves des ouvrages qu'il retouchait peu, el qu'il vendait pour des originaux. A — s.

COIGNET (Hoiuci ), musicien, naquit en 1756 à Lyon, d'une famille honorablement connue dans le commerce. Dessinateur d'une fabrique d'étoffes, puis marchand brodeur, il avait, dans ses loisirs, cultivé ses Uisposiligns pour le chant, et acquis uu

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talent très-agréable sur le violon. Pendant le séjour que Rousseau fit à Lyon, en 1770, il lui fut présenté connue un virtuose distingué ; et, dès le lendemain, il lui chanta l'ouverture du Médecin de l'Amour, (|u il venait de remettre en musique. Rousseau , après avoir parcouru la partition de celte pièce, témoigna qu'il élait très-satisfait (1). 11 lui proposa, quelques jours après, de composer la musique de son Pygmalion ; et Coignet, flatté de l'honneur que lui faisait Rousseau, se mit sur-le-champ à l'œuvre. Celle scène lyrique lut exécutée pour le passage de M. et madame de Trudainc à Lyon, sur un pelit théâtre construit à l'hôtel de ville. La représentation finie, Rousseau, jetant ses bras autour de Coignet, lui dit : « Mon ami, votre musique m'a arra- « ché des larmes. » A quelque temps de là, il eut la fantaisie de taire e\éeu(cr, au grand concert, un motet qu'il avait composé depuis plus de vingt ans. Le peu «le succès de ce morceau, que Coignet avait prévu, fut la cause de son départ précipité de Lyon, où il élait depuis près de trois mois. De Paris, il écrivit, non pas à Coignet, comme il l'aurait du, mais à une autre personne de la société, de lui envoyer la musique de Pyymalion, qu'il avait oubliée en partant. Cette scène, représentée d'abord chez madame de Brionne, le lut ensuite au Théâtre - Français. Le Mercure ayant beaucoup vante la mutique en l'attribuant à Rousseau (2), Coignet en réclama l'honneur; « el, dit-il, il n'en fallut pas da- « vantage pour le relioidir à mon égard. » Cependant, quoique agréable, cette musique ne satisfaisait pas encore complètement les amateurs. En 1775, Baudron, alors chef île I orchestre du Théâtre-Français, fut chargé d'en composer une nouvelle; mais, par un caprice dont on pourrait citer d'autres exemples, le parterre refusa de l'entendre et redemanda la musique de Coignet, que le hasard fit jouir de ce triomphe passager. Il perdit au siège de Lyon, avec ses propres manuscrits, toutes les lettres qu'il Avait reçues de Roussrau. Correspondant du conservatoire des arts, et membre de l'aradémic de Lyon, il moulut dans cette ville, le 29 août 1821 , dans un âge trèsavancé. Quelques années auparavant, il avait, a la demande de Pou gens (toy. ce nom), publié la notice circonstanciée de ses rapports avec J.-J. Rousseau. Elle est imprimée dans V Annuaire nécrologique de Mabul, année 1821 ; et c'est une chose très-remarquable que Musset-Palhay ne l'ait |>as même citée dans sa l ie de Rousseau, postérieure de six ans à la publication de celte pièce. W — s.

COIGNY (Fiukçois de Fiuxqietot, duc DE), maréchal de France, naquit le IG mars 1670. Son père (Hob. Jean-Antoine), mort en 1704, était lieutenant général, directeur général de la cavalerie de France, et gouverneur de Barcelone. Le jeune comte de Coigny servit d'abord en Flandre, et ensuite sur le Rhin. Il emporta, lepée à la main, un

(I) Celle pièce d'Ausëaome fui KMiff au Htm on 1785, avec line nouvelle musique; mais lÂlmauatk dn spectacle* ne Uil pas ti ceint la musique detuiguei.

(j) Il i av.ni ileux morceaux de Rousseau: l'ouverture el le morceau daus lequel ta musique don m^irer le travail de l'ygmlie»,

vin.

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ouvrage avancé au siège de Landau. En 1731, Villars, plus qu'octogénaire, commandait en Italie les Français, les Espagnols et les Pi emontais réunis contre les impériaux. 11 prit Milan, mais, accablé par l'âge, et se sentant défaillir, il remit le commandement au comte de Coigny, comme au plus ancien des lieutenants généraux. Le comte do Mercy, qui commandait les impériaux, jugeant l'occasion favorable, vint attaquer les alliés dans les champs de Parme, le 29 juin. Les premiers feux de la bataille commencèrent a onze heures du matin, et ne cessèrent qu'à neuf heures du soir. Le gênerai Mercy avait été tué. Les impériaux se retirèrent, abandonnant 8 à 9,0(10 morts ou blessés. Les généraux ennemis envoyèrent prier le comte de Coigny de faire enterrer les uns et de soigner les autres. L'armée alliée eut cinq cents officiers et %im soldats tués ou blessés. L'ennemi perdit trois drapeaux, et on lui fit un assez grand nombre de prisonniers Coigny avait été légèrement blessé. La prise de Modéne fut le premier fruit de la victoire. Cependant le comte de Konigseck ayant rassemble les débris de l'armée impériale, passa la Secchia, surprit dans son camp le lieutenant général de Droglie (depuis maréchal), et lui fit 3,000 prisonniers; mais Coigny, vir, entreprenant, avide de renommée, et aimé du soldat, répara bientôt cet échec. La victoire le suivit a GuasUlla(le 19 septembre 1734). Les impériaux vaincus, après avoir fait des prodiges de valeur, se retirèrent au delà du Pô, abandonnant le champ de bataille couvert de leurs morts. On leur fit 1 ,300 prisonniers. « Cette guerre a d'Italie, disait Voltaire, est la seule qui se soit « terminée avec un succès solide (lour les Français « depuis Charlemagnc. » ( Précis du siècle de Louis XV.) L'année suivante, Coigny eut le commandement de l'armée d'Allemagne. Le prince Eugène commandait les impériaux. II n'osa risquer une bataille, et toute la campagne se passa eu manœuvres savantes (1). Les préliminaires de la paix furent signés à Vienne, le 3 octobre de la même année, et la France obtint les duchés de Lorraine et de Bar. Le vainqueur de Parme et de Guastalla fut fait maréchal de France en 1741. 11 était colonel général des dragons. Il commanda encore en Allemagne, en 1743. Le comté de Coigny fut érigé en duché en 1747. Le marécltal, créé chevalier des ordres du roi et de la Toison d'or, mourut le 18 décembre 1739. H avait eu pour secrétaire, pendant ses campagnes, Gentil Bernard, qui commença son poème de l'Art d'aimer par ce vers :

J'ai vu Coigny, Bellone et la victoire.

(Voy. Bernard.) 11 eut de son mariage avec Henriette de Monlbouchcr, fille de René, marquis de Bordage et maréchal de camp, Antoine-François, marquis de Coigny, né en 1702, lieutenant général, colonel général de dragons, qui servit avec distinc-

(I) l.'aaieur de cet article possède un livre d'ordres manuscrit de cetle campagne ; il comprend tous les mouvements de l'année français depuis te a» mai ju^u'au 9 nouiubrc suivant.

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tion, surtout à l'attaque de Weîssembourg et au combat d'Angcnun, en 1744, puis au siège de Mons et à la bataille de Baucoux. Il jouissait d'une grande faveur auprès de Louis XV, lorsqu'un propos offensant tenu au jeu à un prince légitimé lui roula la \ie, le 4 niais 1748 (11. On a imprimé la Relation de la bataille de Guastatla, Metz, 4734, in-4°; et la description de la même bataille, par l'abbé Gaudrillet, Dijon, 4734, in-4°. On a aussi la Campagne de M. le maréchal de Coigny en Allemagne, en 1743, Amsterdam, 4764, 3 vol. in-12. V— ve.

COIGNY (Marie-Faançois-Henri de Fiunquetot, marquis, puis duc de), pair et maréchal de France, petit-lits du précédent, naquit à Paris, le 28 mars 4737. Nommé en 1748 au gouvernement de Choisy, après la mort du marquis auquel il devait le jour, le jeune Coigny entra aux mousquetaires en 1752, et lut mcslrc de camp général de dragons en 4754. L'année .suivante, il devint gouverneur et grand bailli dopée a la place du maréchal son aïeul, qui, en 1756, se démit aussi en sa faveur du titre de duc de Coigny. Brigadier de cavalerie dans la même année 1755, il fut employé à l'armée d'Allemagne sous le maréchal d'Estrécs, en 1757; combattit à llaslcmbeck , se trouva à la prise de Mindcn, à la conquête de l'élcctorat de Hanovre sous le maréchal de Richelieu ; aux batailles de Crewelt , Corback et Warbourg. Maréchal de camp en 4761, le duc de Coigny commanda plusieurs corps séparés en Allemagne |»cndant la campagne de cette année. Il se distingua surtout à l'affaire d'Obercns, une des plus remarquables de l'époque, Cl on périt le prince Henri de Brunswick. Il fut nommé gouverneur de la ville et citadelle de Cambray en 1773, puis chevalier commandeur de l'ordre du St-Esprit le 1" janvier 1777, premier écuyer du roi et lieutenant général le 1e' mars 1780. enfin pair de France en 1787, par l'érection du duché de Coigny en pairie. Après avoir été bien vu de Louis X V, il le fut particulièrement de Louis XVI, et Taisait partie de la société la plus intime de la reine Marie- Antoinette, où il offrait, comme à Paris, un modèle de la politesse et de la grâce de l'ancienne chevalerie. Le roi ayant été obligé, en 1787, de faire de grands retranchements dans sa maison et dans ses écuries, le duc de Coigny y fut compris, ce qui produisit une sensation pénible dans toute la cour. Il donna la démission de sa charge de premier ëcnyer (S) pour lui et pour son fils. 11 signa, comme député de

fl) Le marquis de Coignr jouait avec le prince de bombes, et perdait beaucoup; il lui échappa de due eulre tii dents : // fl plut heureux <ju uh («(ont Ufillmt- t.e prince n'avait entendu Je propos; mais de bonnes âmes .1 s'en trnuu- toujours) le lui rapportèrent. Il entra en fureur, et cttwva appeler M. de C»lfny - n duel, lia *e rencontrèrent sur la rnuie de Versailles, en pleine niiir. ta terre Hait «wertc de neige ; ils se battirent aux Ibmbeatu : M. de Ciipuy fut tue sur la place ; nn le remit dans si snitcro, qu'on remersa dait* un ktU. Il ftm MW •'■ire mort de la chute. Le roi, qui l'aimait beaucoup, ne connut la vente qu'après la mon du prince lit (lombes et quelques personnes ont même cru qu il ne l a jj- Buis connue.

12) Les Mémoire* de Besenval offrent quelques deuils carienx sur l'eotrevnc que le duc de Coigny cul avec le rot avant de lui re meure

la noblesse 4u bailliage de Caen aux états généraux de 1789, ton les les protestations de la minorité de l'assemblée constituante. Sorti de France en 1791, il prit part à la campagne de l'armée des princes français, où il commandait la maison militaire du roi. Pendant l'émigration, il fut chargé de plusieurs missions diplomatiques d'une haute importance, qu'il remplit avec un zèle digne de son dévouement à la famille des Bourbons. Ayant passé au service di Portugal, le duc de Coigny y parvint au grade de capitaine général équivalant à celui de maréchal de France. Rentré à la suite de Louis XVIII, qui, comme ses frères, faisait de lui le plus grand cas, il futtippelé à la pairie nouvelle le 4 juin 1814, nommé en janvier 1816 gouverneur des Invalides, maréchal de France le 3 juillet de la même année, et choisi pour président de l'association paternelle des chevaliers de St-Louis. Il mourut le 18 mai 1821, à l'hôlel des Invalides, où il laissa de vifs regrets. Son éloge funèbre, prononcé à la chambre des pairs, le 18 juin suivant, par M. de Rosambo, donne l'idée du plus noble comme du plus aimable caractère. Le maréchal de Coigny avait épousé en premières noces, mademoiselle de Bonucvie, veuve du vicomte de Chabot, de laquelle il eut le marquis de Coigny dont l'article suit. — François-Marie-Casimir de Franquelot, marquis de Coigny, lils du précédent, né en 1756, était colonel d'un régiment d'infanterie, lorsqu'il obtint, le 5 juin 1783, la charge de premier écuyer du roi en survivance de son père. Il avait lait les campagnes de la guerre d'Amérique, de 17S0 à 1782. Le 4 septembre 1782, il fut nommé brigadier d'infanterie des armées du roi, et maréchal de camp le 9 mars 1788. Il est mort le 23 janvier 1816, ayant le grade de lieutenant général. Le marquis de Coigny avait épousé Louise-Marihe de Conflansd'Armentiéres. Les lettres que le prince de Ligne, de chevaieresque mémoire, adressait à celte dame avec une galanterie si française pendant h guerre de Turquie; une très-jolie chanson qu'elle inspira au comte de Ségur, et la réponse qu'e'le y fit dans un seul couplet non moins bien tourné, suffiraient pour signaler les hommages dont elle fut l'objet, la grâce piquante de son esprit et la composition de sa société. On a cité d'elle une foule de reparties saillantes, de traits, de mots heureux, pleins de finesse, ou d'une malice de bonne compagnie, qui partaient et brillaient comme l'éclair. Voici une de ses pensées ou maximes les plus dignes d'être citées : « Fnc « coquette qui prend un amant , c'est un souverain o tjui abdique. » C'est aussi la marquise de Coigny qui, trouvant qu'un de ses oncles la grondait trop longuement, lui dit : « Ne pourricz-votis pis me « donner lotit cela en pilules? » Arbitre «1c la mode et oracle du goût, elle derint une telle puissance dans le grand monde, que Marie-Antoinette, si digne de recueillir tous les genres d'admiration et d'amour, ne pouvant se défendre d'une sorte de jalousie, «lit avec la grâce qui la caractérisait : «t Je ne suis que « la reine de Versailles; c'est madame de Coigny « qui est la reine de Paris. » Elle n'a point écrit dû mémoires, comme on l'avait annoncé « propos de la

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publication de certains Souvenirs du même temps. Ayant tout éprouvé, même les privations involontaires de la fortune, en émigration du moins, elle avait appris à bien connaître et à bien compter la valeur de ce qui peut faire matériellement des heureux en ce monde. Elle ne se laissa donc pas prendre bu dépourvu, et elle est morte le 15 septembre 1832, riciie en argent, mais aussi en amis. Elle fut mère d'Auguste-Louis-Josepli-Gustavc, duc actuel et pair de France, né le 4 septembre 1788, et de madame la comtesse Sébastiani, que M. de Chateaubriand a célébrée dans son Itinéraire. — Auguste-Gabriel de Franquetot, comte de Coigny, frère du dernier maréchal, naquit en 1740. Il fut fait lieutenant en second du mestre de camp général des dragons en 1758, mestre de camp du régiment de Bourboncavalerie en 1761, colonel des dragons de son nom en 1765, maréchal de camp en 1780, chevalier des ordres du roi en 1786, et chevalier d'honneur de madame Elisabeth. Il avait obtenu le grade de lieutenant général, pour prendre rang le 1" janvier 1811. Il était depuis 1767 marié à mademoiselle de Roissy, dont est née la duchesse de Fleury, plus connue sous le nom de comtesse Aimée de Coigny, et au sujet de laquelle André Chénier a composé sa plus belle élégie peut-être, la Jeune Captive. Le comte de Coigny, homme d'esprit, et faisant de jolies historiettes en prose et en vers, qu'il lisait fort agréablement, a laissé en manuscrit une relation de la campagne d'Italie de 1755 à 1751. On y trouve un morceau dicté par les meilleurs et les plus nobles .sentiments, qu'il avait adressé â son neveu, le marquis de Coigny, et au fds de celui-ci, sur le devoir sacré de se rendre digne de ses ancêtres, quand ils ont eu le bonheur de servir avec honneur et gloire leur pays. — Jean-Philippe de Franquetot, chevalier de Coignt, second frère du maréchal, était ne le 14 décembre 1745. H devint chevalier de Malte en 1756, guidon des gendarmes de la garde en 1702, puis colonel et inspecteur du régiment de la reine-dragons. Il obtint le grade de brigadier des dragons le 1,r mars 1780, fut nommé maréchal de camp en 1784, et commandeur de l'ordre de St- Louis dans la même année. Arrêté et détenu dans la prison du Temple en juillet 180», comme chargé d'une mission secrète de Monsieur, alors lieutenant général, et comme un des principaux agents de ce prince à Paris, il fut mis en libellé deux mois après. Il mourut en exil à Dusseldorf, vers 18Q6. Le chevalier de Coigny avait été aussi dans sa jeunesse un homme fort à la mode, un homme à bons mots et un courtisan en faveur. L — p — E.

COI M DRE (dom Pierre, duc de), fils de Jean l,r, roi de Portugal, naquit en 1505. Il prit part à l'expédition dirigée, en 1413, contre Ceuta, ville d'Afrique, expédition qui obtint l'approbation du roi (roy. Jean I*»), et à laquelle ce prince assista pour satisfaire les infants, ses fils, qui la lui avaient proposée. Le due de Coïmbre y lit preuve d'une haute bravoure. Étant descendu sur le rivage quelques moments après ses frères, et ayant rencontré, en marchant vers Ceuta, une troupe de Portugais

qui fuyaient devant un nombre considérable de Maures, il arrêta ses compatriotes, repoussa les ennemis, eut l'audace de les poursuivre, et se trouva bientôt en face d'eux, environné seulement de quatre seigneurs portugais. Il allait périr victime de son bouillant courage, lorsqu'on vint l'arracher à ce péril. Quand la ville de Ceuta eut été prise, dom Pèdre fut armé chevalier par le roi son père. Cette récompense de la valeur fut aussi accordée à ses frères dom Edouard et dom Henri. A peine entré dans sa vingt -deuxième année, le duc de Coïmbre résolut de voyager pour connaître les différents peuples, leurs mœurs, leurs lois, leurs sciences et leurs arts. Il visita successivement les États romains, la Turquie, l'Allemagne, la Hongrie, la Pologne. A l'époque de son séjour en Allemagne, l'empereur Sigismond marcha contre les infidèles : le duc accompagna ce prince, et en reçut de hautes marques de distiuction à l'occasion de la valeur qu'il déploya sous ses yeux. En revenant dans sa patrie, il passa par l'Angleterre et la Castillc dont les rois le comblèrent d'amitié. Il avait mis quatre ans à faire tous ces voyages. Il en rapporta une mappemonde où le détroit de Magellan était désigné sous le nom de Queue de dragon, et le cap de Bonne-Espérance sous celui de front d'Afrique. Rentré en Portugal, il épousa (1429) doua Gabelle, fille aînée de dom Jaime, comte d'Urial, et petite-fille de don Pédre IV, roi d'Aragon. Sous le rè^ne d'Edouard, son frère aîné, les infants, ses autres frères, toujours pleins d'ardeur pour les conquêtes, proposèrent au roi celle de Tanger. Il désapprouva hautement ce projet : on croit que ce fut parce qu'il ne lui avait pas été communiqué. Au reste, l'événement prouva qu'il avait eu raison. Lorsque les Portugais murmurèrent contre le dernier acte de la volonté du feu roi (voy. Edouard l";,qui investissait la reine de la régence, dom Pédre ne se montra pas d'abord parmi les mécontents, quoiqu'il brûlât lui-même de posséder cette régence. H sut manier les esprits avec une dextérité et une finesse qui lui concilièrent la confiance de tout le monde, même celle de la reine. Il était consulté par cette princesse sur toutes choses. Prié par elle de signer les lettres de la convocation prochaine des états, il refusa cet honneur en la remerciant; mais il accepta, après quelque hésitation néanmoins, la proposition qu'elle lui fit d'une promesse de mariage entre sa fille Isabelle et le jeune roi. (Voy. Alphonse.) Une partie des principaux seigneurs ayant cabale contre ce mariage, le duc de Coïmbre déjoua leurs intrigues, et fit confirmer l'élévation de sa fille par la reine et parles états. Bien plus, il se fit déclarer chef de la justice et défenseur du royaume. Alors so forma un ora^e violent, qu'il parvint à conjurer, parce qu'il était chéri du peuple. Déjà il ne possédait plus la confiance de la reine qui, éclairée par sa propre ambition, avait su pénétrer ses vues. Il fallut qu'il rendit la promesse de mariage qu'elle lui avait donnée; ce qu'il fil après l'avoir déchirée. Alors il observa les moindres actions de la reine, se complaisant a signaler ses fautes à ceux de ses partisans qui jouissaient de quelque crédit dans la nation. Exhoié de

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