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faires, et un excellent négociateur. Ce qui est certain, c'est que M. Scrvien ne tarda pas à reconnaître tout le mérite du P. le Coinle, et l'utilité dont il pouvait lui cire dans sa mission. I.c P. le Cointe passa trois ans à Munster. Ses lumières et la sagacité de son esprit lui méritèrent l'estime des autres plénipotentiaires, qui aimaient à le consulter, cl qui souvent s'en rapportaient a sa dér ision. Il y lit connaissance avec le nonce Fabio Cliigi, depuis pape sous le nom d'Urbain VIII, qui l'a toujours honoré de son estime. C'est le P. le Cointe qui dressa les préliminaires de la paix, et qui fournit la plupart des mémoires pour le fameux traité de Munster. De retour à Paris, ses supérieurs le renvoyèrent encore à Vendôme. I.c duc de Mercœur, depuis duc de Vendôme et ensuite cardinal, habitait cette ville; ce prince prit en affection le P. le Cointe, l'appelait souvent à sa table, et se plaisait a converser avec lui des matières d'histoire el de politique. Alors étudiait au collège de Vendôme le jeune Pomcreu, fils du premier président du grand conseil, d'un esprit et «'un jugement au-dessus de son âge. I.c P. le Cointe se plut à cultiver d'aussi heureuses dispositions. M. de Pomercu père en fut si reconnaissant, qu'il pria le supérieur général de l'Oratoire d'appeler le P. le Cointe à Paris, et il vint demeurer à St-Magloire. Libre de toute autre occupation, il résolut d'exécuter le projet qu'il avait tonné depuis longtemps d'écrire les Annales ecclésiastiques de France. Dans son séjour à Munster, il en avait fait part au nonce Chlgi, qui l'y avait encouragé, et il avait déjà préparé beaucoup de matériaux. On l'appela à l'Oratoire île la nie Sl-Honoré en 4661, et on le chargea de la bibliothèque. Le ministre Colbert, avec qui il avait eu des relations, le fit connaître au cardinal Mararin, qui lui accorda une pension de 1,200 h\, à laquelle le roi en ajouta une de .'•00. Colbert, à qui il • avait plusieurs fois fourni d'excellents mémoires, voulut aussi lui en faire une. La publication des Annales ecclésiastiques lui occasionna quelques différends avec les écrivains de son temps, le P. Chifflet, jisuite, D. Luc d'Acliéry et d'autres savants bénédictins. M. de Harlay, archevêque de Paris, voulut qu'une de ces discussions fût traitée devant lui. La conférence se tint, au moins de février 107.1, chez ce prélat, en présence du P. Lachaisc, cl du P. de Saillans, supérieur de l'Oratoire. Chacun des deux «intendants soutint son opinion avec autant d'esprit que de force et de politesse. Quoique le P. Cbifflel ne se rendit point, l'archevêque donna gain de cause au P. le Cointe. Il continuait son travail sur l'histoire ecclésiastique, lorsqu'il mourut à j l'Oratoire de Paris, le 18 janvier 1( 81, dans sa 70' années Le P. le Cointe avait entretenu des luisons avec les personnages les plus célèbres de son temps. Louis XIV l'honorait de son estime et lui en donna des marques. Le pape Urbain VII voulait bien nvoir avec llll un commerce de lettres. D'Achci y, Mabillon, Ilensehenius, fbluze, ont fait son éloge. Aux plus belles qualités de l'esprit, aux connaissances les plus étendues, il joignait un caractère aimable. Il ne connaissait d'autre occupation que la prière et l'é-
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tixTc. Il aimait la conversation des personnes instruites, et il contait lui-même agréablement. On ne conçoit pas comment il a pu suffire à ses immenses travaux, ne se servant jamais de secrétaire. Les huit tomes si volumineux de ses annales étaient entièrement écrits de sa main, ainsi que beaucoup d'autres ouvrages inédits. Sa mémoire était admirable. Ses ouvrages sont : 1» Annales ecclesiaslxci Frantorum, Paris, imprimerie royale, 8 vol. in-fol. Le premier parut en 1665, les autres successivement jusqu'au 7e, qu'on imprima en 1670. Lorsque le P. le Cointe mourut, il y avait environ 400 p. du 8' d'imprimés. Le P. Dubois, de l'Oratoire, l'acheva sur les papiers du P. le Cointe, dont il mit la vie en forme de préface à la tète de ce volume, qui parut en 1685. Ces huit volumes renferment un espace de 428 ans (et non pas, comme le dit Moréri, 235), à Compter de l'an 417, époque à laquelle le P. le Coiute fixe le commencement du règne de Pharamond, jusqu'à l'an 845. C'est un livre d'une rare érudition. On y trouve les actes des rois, les fondations des église» et des monastères, les vies des évêques et des abbés, l'histoire des conciles et des synodes; des lettres, des chartes, et une infinité de monuments, concernant les antiquités ecclésiastiques. L'ouvrage est enrichi de savantes dissertations sur différents points de critique, et de recherches extrêmement curieuses. Le plus souvent l'auteur y rapporte le texte même des anciens historiens. Il en résulte de l'inégalité dans le stjle et l'inconvénient d'une lecture un peu sèche pour ceux qui n'y cher* Citeraient que de l'agrément ; mais les esprits sérieux y trouveront une instruction solide et une judicieuse critique. La chronologie diffère quelquefois de celle des autres auteurs ; alors le P. le Cointe. donne les motifs de cette différence. Le P. Loriot, de l'Oratoire, a réduit les Annales ecclésiastiques à 5 vol. iu-4°, et les a continuées jusqu'en 1645 ; l'ouvrage n'a point paru, et le manuscrit était resté dans la bibliothèque de l'Oratoire de la rue St-Honoré. 2° Deux liarangues prononcées à Angers, et imprimées sous ce titre : Orationes pro leclionum auspicatione in col' leyio Andino habitas ,ann. Cftns/i 1650el 1641, in-V. La première est sur la naissance de Philippe, duc d'Anjou, second fds de Louis XIII; l'autre sur la div ision du Toi tugal et de la Castille, et l'union de la France et du Portugal. Cesdeux pièces sont remplies en marge de notes et de citations historiques. Siceron, ou plutôt le P. Dougcrel, aussi de l'Oratoire, et auteur de cet article dans les Mémoires pour sertir à l'histoire des hommes illustres , n'en fait point mention. Les ouvrages laissés manuscrits par le P. le Cointe sont : 1° Mémoires pour strvir à l'histoire de Marseille et de la Provence. Ils devaient être au nombre de quatre; il n'y en eut que deux de composés; le second linit au tV siècle. 2° Journal du voyage à Munster. Ce sont des extraits de mémoires et des pièces relatives au traité. 3* Traité suretnet des vraies maximes d'aucuns princes de l'Europe. Il en est fait mention dans la Bibliothèque historique de France du P. Lelong, sous le u° 12216. 4° Nouvelle édition des couvres de St. Grégoire dû
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Tours. Le P. leCoinlc prétendait que le texte de cet historien a\nii été altère par Guillaume Pwvi, qui l'avait public le premier. Il revit ce texte avec soin, et le corrigea sur onze manuscrits; il ne put mettre la dernière main à ce travail. Le P. Dubois de 10ratoire, à qui il avait légué ses manuscrits, devait l'achever, et publier l'édition avec plusieurs ouvrages, niais rien n'a paru. On trouve dans le 2* vol. des Annales ecclésiastiques une critique des six premiers livres de Grégoire de Tours. L — Y.
COINTE (Gédéon le), né à Genève, en 4714, reçu ministre du saint Evangile en 1738, professeur d'hébreu en 1737, et bibliothécaire en 17G7, est mort en 1782. On a de lui : 1° Harangue de Déinostlicne sur Us immunités, traduite en français, 4750, in-8° ; 8* Lettre sur le prix delà vie, écrite à l'occasion de l'Essai de philosophie mora/euttiïhuéà Maupcrtuis, et insérée dans te Journal britannique, mai 1750; 5g Sermon sur la révocation de l edit de Nantes, prononcé à Londres; 4* Sermonschoisis, ouvrage posthume, publié par son fils, 1784, in 8\— Jean-Louis li.Coi.nte, né à Mines, le 29 juillet 1729, gentilhomme du prince de Conti.cl capitaine dans le régiment de cavalerie de ce prince, a écrit : 1* la Science des postes militaires, ou Traité des fortifications de campagne, à l'usage des officiers particuliers d'infanterie quisont détachés à la guerre, 4739, in-12 : c'est le premier ouvrage portatif qui ait été écrit sur cette matière ; 2° Commentaire sur la retraite des dix mille, ou Traité de la guerre, 176(5, 2 vol. in- 12; 3' deux dissertations, l'une sur la Pèche des paillettes d'or qui te fait dans la rivière de Cèze, dans les Cevennes ; l'autre sur les Cartes militaires, etc., insérées dans les Observations sur la phijsique. A. U — T.
COINTOS. Voyes Quintus Camueh.
COI.NTDE (le). Voyez Lecoi.ntre.
COINY (Jacques-Joseph), graveur, né à Versailles, eu 1761 , d'abord orlcvrc, se livra à l'étude de la gravure sous la direction de Lebas. L'envie de s'instruire et de se perfectionner dans le dessin lui fit entreprendre le voyage d'Italie en 1788. U y séjourna jusqu'en 1791, et revint alors en France. Coiny a gravé, conjointement avec Simon, une suite considérable d'estam|>es pour les tables de la . Fontaine, d'après les dessins de Vivier: celtecollection est estimée. Il a gravé aussi une très-grande planche, d'après le tableau de Lcjcuue, représentant la Bataille de Marengo, et plusieurs estampes pour les belles éditions in-fol. du Racine et de l'Horace de Didot. Cet artiste était d'un commerce doux et agréable. U est mort à Paris, le 28 mai 1809, à l'instant où ses talents, qui commençaient à se développer, allaient le faire jouir d une grande réputation. Son éloge a été inséré dans le Magasin encyclopédique, octobre 1809. F— B.
COISLLN (Piemie de Camboust de), cardinal, d'une ancienne et illustre maison de Bretagne, était fils de Pierre -César, marquis dcCoislin, colonel général des Suisses et Grisons, mort à 28 ans des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siège d'Aire. Pierre, né à Paris en 1656, n'avait que cinq ans lorsque son père mourut. Il fut élevé par Madeleine