‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 83 sur 117 · COI B · texte numérisé non relu

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Séguier, sa mère, femme d'un haut mérite, qui ne négligea rien pour lui inspirer les sentiments d'honneur et de religion, héréditaires dans sa famille. Après avoir terminé ses é'.udes, il entra dans l'état ccelésiastifwe, cl fut nommé à 1 evéché d'Orléans. La conduite qu'il tint dans ce diocèse le lit aimer et respecter de toutes les classes de citoyens. Sa sollicitude et sa charité s'étendaient sur tous les malheureux, quelle que fût leur croyance. Pénétré des vrais principes de la religion, il s'opposa constamment aux violences exercées contre les protestants pour les forcer à une abjuration souvent simulée. Après la révocation de ledit de IS'antcs, un régiment do dragons ayant été envoyé à Orléans pour inquiètes les familles calvinistes qui y restaient encore, il logea les officiers dans son palais, contint les soldats par ses exhortations et ses largesses, et, par ce moyen, empêcha qu'aucun de ses diocésains fût persécuté. Nommé grand aumônier de France et commandeur de l'ordre du Si-Esprit, il reçut de la cour de Ilomc le ehapeau de cardinal, et mourut le 5 février 1706, à 69 ans, pleuré des pauvres, et regretté de tous les gens de bien. Son oraison funèbre lut prononcée dans toutes les églises d'Orléans. Six de ces pièces ont été imprimées. W— s.

LOISLIN (Hemu-Ch vitLES DE Camboust, duc de), neveu du précédent, évéque et prince de Metz, commandeur de l'ordre du St-Esprit, et premier aumônier du roi, membre de l'Académie française cl de celle des inscriptions, né à Paris, le 15 septembre 1604. Nommé évéque de Metz en 1698, dès l'année suivante il publia un Choix des statuts synodaux de ses prédécesseurs, in-8°, et annonça l'intention de réformer les mœurs de son clergé. II publia en 17l3un Rituel rctiipli d'instructions et qui fut reçu avec applaudissement. Doué de la même charité que son oncle, il établit à Met2 une maison de refuge \mir les personnes du sexe tombées dans quelques désordres ; ajouta aux bâtiments de l'hôpital de Don-Secours, fondé pour les femmes indigentes, et à ceux de la Doctrine chrétienne, où les enfants pauvres recevaient l'instruction nécessaire ; institua un séminaire pour des ecclésiastiques tant fi ançaisqu'allcmands.ct fit construire enfin un corps de caserne pour soulager les bourgeois du logement à demeure des militaires, qui n'est pas sans danger pour les mo?urs. Ce respectable prélat mourut en 1732. Son oraison funèbre, par Morus, a étéimpriméc. Iléiiticr de la célèbre bibliothèque du chancelier Séguier, il l'enrichit d'une infinité d'ouvrages précieux, tant imprimés que manuscrits, et la légua à l'abbaye Sl-Germain-des-Prés. Les livres imprimés ont été en partie détruits par l'incendie de 1793; le surplus, avec les manuscrits, a été réuni a la bibliothèque royale. Les manuscrits formaient la partic la plus intéressante de celte collection. Le P. de Monllaucon a publié le catalogue des manuscrits en langue grerque. [Voy. Montfai'CON.) De Coislin cul quelques démêlés avec la cour de ltomc. Il condamna l'office de Grégoire VII, et défendit de le réciter dans son diocèse, sous peine des censures ecclésiastiques. Son mandement au sujet de la bulle

su coi

Vnigtnitut fut supprimé, sur la demande du nonce,

I i. m t <Ju gi and conseil. W— s.

COÏT EU (Volciiek), né à Groningue, en 1534, monlra de bonne heure un goût décidé pour la médecine, et cultiva l'anatomic avec autant de zèle (pie de succès. Il visita les célèbres universités de l'Italie et de la France. D'abord il se rendit à Pise, attiré par la réputation de Gabriel Fallopc, et suivit cet illustre professeur à Padoue. Après avoir prolite des leçons d'Eiisl .1 lu à Rome, Coiler vint à Bologne, où il se livra tout entier à l'anatomic humaine et comparée, sous la direction d'Aranzi et d'AIdrovande. Il passa ensuite à Montpellier pour y entendre Rondelet, avec lequel il lia une étroite amitié. Appelé en 1569 par les magistrats de Nuremberg, en qualité de médecin-physicien, il abandonna bientôt ces fonctions pour celles de médecin de l'armée française, qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée, selon Eysson, en 1CO0, au camp de Jean Casimir, prince palatin ; mais ltotermund, d'après le Dictionnaire des Savants nurembergeois de G. -A. VVill, place sa mort au 3 juillet 1576, ctChalmot.dans son Dictionnaire des Hollandais célèbres, à l'an 1590. Coiler doit occuper une place très-distinguée parmi les médecin» du IG'siécle.

II lut un des créateurs de l'analoinic pathologique, qui, de nos jours, est regardée avec raison comme une des bases de la science médicale. Il contribua puissamment aux progrès de la zootomie, et l'anatomic humaine lui est redevable de plusieurs découvertes. Il a répandu de grandes lumières sur Idéologie, et donné le premier des ligures exactes des os du firlus. 11 a fait beaucoup mieux connaître les parties de la génération, et surtout l'organe de l'ouïe; il a également perfectionné la rnyologie, décrit le muscle corrugateur des sourcils, etc. Ces découvertes utiles, dont il a suffi d'indiquer ici les principales, se trouvent consignées dans les divers ouvrages de Coiler, qui sont : 1* de Ossibut et Cartilaginibuscorports kumani Tabulée, Cologne, 15G6, in-fol. 2' Exiernarum et inlernarum principalium humant curporis pariium Tabulœ, atque anatomicœ exercitat Unies observai ionesque varia, novit, diversis ac arlifiriosissimis figuris niustratœ, Nuremberg, 1373, in-fol. 3° Gabrielis tallopii Lectionesde parlicutis timilartbus kumani corporis, ex diversis excmplaribus a Volchcro Coilero eolleclce ; accedunt ejusdem Coiteri àiversorum animalium electorum explicationet , iconibus artificiosisel genuinis illmtrata; qua omnia toco appendicis Anatomicarum exercitationum yrius edilarum intervire utiliter poterunt, Nuremberg, 1575, in-fol.; 4» Uenrici Eyssonii Tractatus anatomicut et medicus de ossibus in/anti* cognoscendit, eontervandit et eurandit; accessit Yolcheri Coiteri eorumdem ossium historia, Groningue, I059> in-12. Cet opuscule intéressant de Coiler, extrait de SOU Imité deOssibutet Cattilaginibus,aé[c inséré par Leclerc et Mange! dans leur Dibliotheea analomica. (Genève, 1682, in-fol.) <;

COKAINE (sir Asro.\), poêle anglais, naquit en 1008, à Elvaston, dans le comté de Derby. Il fut élève au collège de la Trinité, à Cambridge, et lorsqu'il eut terminé son éducation, il vovagea en 1632

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en France et en Italie, et décrivit ensuite ses excursions dans un petit poème adressé à son fils. Helire dans sa terre de Pooii y, il partagea son temps entre l'étude et la conversation de ses amis, au nombre desquels figuraient sir William Dugdale et d'autres antiquaires. Pendant les guerres civiles, il t ut à souffrir beaucoup de persécutions, et parce qu'il professait la religion catholique, et à cause de son attachement au roi Charles I", qui lui avait accordé le titre de baronnet. Ses malheurs furent encore augmentés par son manque d'économie; aussi, vers la lin de sa vie, fut-il obligé d'abandonner ses biens à ses créanciers: il mourut en IC84. Ses poèmes et ses pièces de théâtre, plusieurs fois reimprimés en 1658, sont fort recherchés des curieux, et se vendent aujourd'hui à des prix très-elevcs Quoique Cokaine ne puisse être placé parmi les hommes de génie qui ont illustré la Grande-Bretagne, et que son style suit souvent trop familier, il ne manque cependant j»as d'un certain mérite, et, de l'aveu des maîtres de l'art, il esl impossihlc de lire sans plaisir les vers simples et naïf» dans lesquels il fait passer sous Ici yeux les mœurs et le genre de vie de ses contemporains. Sir E. IJrydges a écrit sa vie dans /<? Btbliographer, où l'on trouve quelques morceaux de lui. Plusieurs autres écrivains, entre autres Cibbcr et Ellis, se sont aussi occupés de Cokaine. D — z— s.

COKE, ou CO0K.E (mi ÉnouAitn), magistrat anglais, d'une f.miiile distinguée du comté de Norfolk, naquit en 1519, à Milcham, lerre de son père, située dans ce comte. Il fut élevé à l'université de Cambridge, et entra ensuite, d'abord à Clifford'sinn et puis à Inner-Temple, pour s'y bistro ire dans la connaissance des lois. Ses talents se développèrent bientôt d'une manière si extraordinaire, qu'il fut reçu avocat avant la fin du temps qu'on avait coutume de donner aux études. H acquit promptement une grande réputation, et lit un mariage avantageux qui, en augmentant sa fortune, deja considérable, l'allia aux premières familles du royaume. Peu après, les villes de Coventry et de Norw ich le choisirent pour leur Recorder, et le comté de Norfolk le nomma sou représentant à la chambre des communes, dont il fut élu orateur en 1591. L'année suivante, la reine le nomma solliciteur général, et il devint procureurgénéral en 1593. Ayant perdu sa femme, dont, en dix ou douze ans, il avait eu dix enfants, il épousa, en 15!I8, Elisabeth, veuve de sir Guillaume Hallon. et fille de lord Thomas Burleigh, devenu depuis comte d'Exeter (I) qui lui donna moins d'enfants, mais beaucoup plus de soucis que la femme qu'elle remplaçait. Il commença par être inquiété sur les formes de ce mariage, que, malgré sa régularité habituelle, il avait fait, à ce qu'il parait, d'une manière assez irreguliére, sans publication de bans ni dispenses, comme on se le permettait souvent en ce temps-la Cette affaire s'arrangea sans peine ; il était destiné a en avoir de plus difficiles, que devaient également

(Il Thonin Puiltigh. QU dn «tebre 0<\\ Burleigh. prinripal Miufehnt <l Khv.beili, jouit, ainMqik» sou fu-ir Kubrrl. de ta U\tw di- Jifc|ues I", qui if int-iii4> jour créa ce dernier romtc de Suliybuif dii>» b wui.ua», cl le >ua Humus coiute d Enter, D-z-*

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lui attirer les qualités et les défauts de son caractère, son exactitude et sa rigidité à ses devoirs, et en même temps sa violence quand il croyait avoir raison, et son inexcusable dureté envers les accusé» traduits devant son tribunal. Cette odieuse disposition éclata particulièrement en 1600 dans l'affaire du comte d'Essex. Coke, après avoir récapitulé les griefs énoncés contre le comte, ajouta « que ce seigneur, qui « avait cru devoir être Robert I" d'un royaume, « allait, par le juste jugement de Dieu, être Robert « dernier de sa race. » H se conduisit avec plus de violence et d'inconvenance encore quelques années après, dans l'affaire de sir Walter Raleigb (1) ; mais il parait s'être distingué au-dessus de tous les hommes de sa profession par son habileté à démêler tous les fils d'une affaire, parla netteté avec laquelle il les exposait dans le moins de mots possible, marchant droit au fait, et saisissant d'abord le vrai côté des questions. Il avait coutume de dire que dans toute affaire a la matière tenait peu de place ; » et il était si loin d'en rien retrancher, qu'on l'a regardé comme l'Itomme le plus propre à éclairer un jury ; et il ne parait pas qu'on lui ait reproché d'avoir jamais fait un usage injuste des aveux qu'il arrachait aux accusés avec trop d'àpreté et de violence. Nul, à ce qu'il parait, n'a jamais mieux connu, mieux interprété la loi, dont il a été regardé comme l'oracle en Angleterre, et nul ne s'y tenait plus exactement attaché. Sa devise était : c La loi est le meilleur de tous les « casques, » et il agit toujours en conséquence. Aussi ses nombreux ennemis ont-ils pu le rendre souvent suspect, mais sans jamais parvenir à le perdre. De ses ennemis, le plus actif était le fameux Bacon, protégé par le comte d'Essex. 11 avait espéré, en 1594, être nommé à la place de solliciteur général : Coke, à ce qu'il parait, s'était oppose à cette prétention, et son influence l'avait emporté sur celle du comte. Si Bacon savait renoncer a ses attachements, il conservait ses ressentiments ; on le voit, et dans sa conduite envers Coke en toute occasion, et dans plusieurs lettres que leurs diverses relations l'ont mis dans le cas de lui écrire, et où il lui reproche ses torts avec la rigoureuse justice d'un ennemi trop habile pour les exagérer. Il n'aurait [tas été facile de nuire à Coke sous le règne d'Elisabeth, dont les favoris séduisaient plus aisément le cœur que la raison; mais la faiblesse de Jacques ouvrait un vaste champ aux intrigaiiU de cour. Cependant, durant les dix premières années de ce règne, il ne fit que croître en honneurs et en crédit. L'habileté avec laquelle il conduisit l'instruction de l'affaire relative à la conspiration des poudres avait un peu rétabli sa popularité, que lui avait fait perdra la part qu'il avait prise à la condamnation du comte d'Essex et de sir Walter Raleigb. La cour crut aussi devoir l'en récompenser : en 1606, il fut nommé président ( ckitf justice ) de la cour des plaids-communs ; en 1613, il fut élevé à la dignité de premier juge du Banc

(Il II l'appela an détestable aihée, une araignée d'enfer. Ir plu vil et le plus exécrable des traîtres. On croit généralement que ShaUpeare lait allfeion aux étranges procèdes de Coke a l'égard de Bakigh, dans ta comédie Tvtl(\ Sight. U-i-s.

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