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de Neuville, alors ministre de la marine, fit expédier à madame Collet le brevet de lieutenant do vaisseau pour son fils déjà enseigne, en lui exprimant h s regrets dont le roi avait houoré la mémoire de 1 amiral. Cil — U.
COLLETET (GoiLLACMl) , l'un des premiers membres de l'Académie française, né à Paria, le 12 mars 1508, se lit d'abord recevoir avocat au parlement. Il ne parait pas qu'il ait jamais plaidé. Des liai.vous qu'il forma, presqu'au sortir des écoles, avec des jeunes gens qui s'occupaient de littérature et de vers, déterminèrent sa vocation pour la poésie. Le cardinal de Richelieu l'engagea à travailler pour le théâtre ; il obéit, et composa seul Cyminde (1), ou les Deux Victimes, tragi-comédie, et eut part à Y Avcuijte de Stnyrne et aux Tuileries. Le monologue de cette dernière pièce est de Colletet; le cardiual en lut si content, qu'il lui fil présent de 600 livres pour six vers contenant la description de la pièce d'eau du jardin : il ajouta « qu'il ne lui donnait « cette somme que pour ces vers, et que le roi n'e- « lait pas assez riche pour payer le reste. » Colletet témoigna sa reconnaissance au cardinal par ce distique :
Armatiil tj'ii pour six vers m'a donné six cents livre-, Que ne puis-je à ce prix le vendre tous mes livres? •
Cependant, le cardinal ayant voulu lui faire changer une expression dans un des vers de cette description, Colletet osa lui résister. On voit, avait-il dit:
La canne s'humecter de la bourbe de l'eau.
Au lieu d'humecter, le cardinal aurait préféré fcarboter. Colielel trouvait ce mot trop bas; et non content d'en avoir dit son avis, de retour chez lui, il écrivit à ce sujet une longue lettre au cardinal. Celui-ci achevait de la lire, dit Pellisson, lorsqu'iHurvint quelques-uns de ses courtisans, qui lui tirent compliment sur je ne sais quel heureux succès des armes du roi, et lui dirent (pie rien ne pouvait résister ù son éminence. « Vous vous trompez, leur « répondit-il en riant, cl je trouve, dansParismème, « des personnes qui me résistent, v Et, comme on lui eut demandé quelles étaient donc ces personnes si audacieuses : « Colletet, dit-il ; car, après avoir « combattu hier avec moi sur un mot, il ne se rend a pas encore. » Richelieu ne fut pas le seul protecteur de Colletet : l'archevêque de Rouen, Fr. de Harlay, et d'autres grands seigneurs lui témoignèrent beaucoup d'estime et d'intérêt : il reçut du premier un Apollon en argent, pour un hymne à la Vierge, qu'il avait composée pour le paiinod de Rouen. U obtint des places honorables et lucratives, entre autres celle d'avocat du roi au conseil. Il n'a donc pas été toujours aussi pauvre et aussi malheureux qu'on le croit: on apprend même, par quelques-unes de ses pièces, qu'il |»ossédait des terres assez considérables dans les environs de Paris, et qu'il avait lieu
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d'être pins qne satisfait de son sort ; mais les guerres civiles lui firent beaucoup de tort, et son inconduite acheva de le réduire a la misère, l'eu délicat sur le choix de sa société habituelle, il épousa successivement trois de ses servantes, et affectionna particulièrement la troisième, qui se nommait Claudine. Il ne tint pas à lui qu'elle ne passât pour un miracle de beauté et pour une dixième muse: il composait, sous son nom, des vers qu'elle venait réciter à table avec assez d'agrément; et voulant lui assurer la réputation de bel esprit qu'il lui avait faite, il poussa la précaution au point de composer, dans sa dernière maladie, une pièce par laquelle elle était supposée faire ses adieux aux Muscs. La Fontaine lit sur ce sujet uneépigramme fort connue, qui commence par ces vers :
Les oracles ont cessé, Collelcl est tropassé; Dès qu'il eut lu bouche close, Sa femme ne dit plus rien ; Elle enterra vers cl prose Avec le pauvre chrétien, etc.
Il mourut le 11 février 1639, dans une situation si misérable, que ses amis furent obligés de se cotiser pour son enterrement. Culletet était fécond et laborieux; il ne manquait ni de naturel, ni de facilité, et quelques-unes de ses épigrammes sont pleines d'agrément. Le jugement sévère, mais juste, de Boilcau sur le fils (voy. l'article suivant) a fait beaucoup de tort à la réputation du père, la plupart des lecteurs et même quelques critiques les ayant très-souvent confondus. On a de Guill. Collelet : 1u Désespoirs amoureux. Paris, 1622. in-12. D'après un titre pareil, on ne supposerait pas que cet ouvrage est une traduction des élégies latines du P. Rémond, jésuite, intitulées YAlexiade , ou fa Fie et les Miracles de St. Alexis. 2° C*ant pastoral sur la mort de Scévole dé Stc-Marlhe, 1625, in-4\ 3° Les Divertissements, Paris, 1631 et 1633, in-8»i 4° Le Banquet des Poètes, 1646, in-8°. 5» Des épigrammes , avec un Discours sur Cépigramme, Paris, 1653, in-12. (l'oy. Pu. Ciiif- FLET.) 6° Un Traité de la poésie morale et sententieuse, Paris, 1637, in-12. 7» Un autre, du Sonnet, 16tS8, in-12. 8° Ln autre, du Poème bucolique et de VEglogue, 1658, in-12. Ces différents traités ont été réunis sous le titre de Y An poétique du sieur Colletet, Paris, 1658, in-12. Ce que Collctet dit sur la poésie bucolique est utile et lumineux. Son traité sur l'épigrammc est, pour le fond, ce que nous avons peut-être de meilleur en ce genre. Celui sur le sonnet est le seul où ce sujet soit approfondi ; et enfin le dernier, sur la poésie morale, peut beaucoup servir à l'histoire de la |>oésie en général, et de la notre en particulier. Colletet se donnait pour l'inventeur du sonnet en botits-rimés. Il est encore l'auteur d'une traduction du roman dlsmène et d'Isménias, d'Euslathius, Paris, 1023, in-8", et de plusieurs autres ouvrages dont on trouvera la liste dans \' Histoire de l Académie française. Parmi les manuscrits qu'il a laissés, on dislingue des Vies des Poètes français, dont on a longtemps désiré l'impression. Le manu- |
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scrit est à la bibliothèque du conseil d'Etat ; il contient environ quatre cents vies. On a dit que cet Ouvrage avait été fort utile à la Monnoie. Cette anecdote est du nombre de celles que la malisnité se plait à répéter, mais qu'il ne faut pas admettre légèrement. W — s.
COLLETET (François), fils du précédent, né à Paris en 1628, était fort inférieur, sous le rapport du talent, à son père, de qu'il avait appris à faire des vers. 11 n'est guère connu que par le ridicule dont Iïoilcau l'a couvert dans ses satires. C'est avec justice qu'il le relègue aux derniers rangs de la littérature, avec Pcrrin, Dardin, Titreville, Donnecorse et Pelletier. Cependant le respect dont nous sommes pénétrés pour Boileau ne nous empêchera pas de dire que nous sommes affligés qu'il ait pris pour sujet de ses plaisanteries un homme qui , mauvais |>oëte à la vérité, méritait quelques égards à raison de ses malheurs, cl que nous voyons avec peine qu'il lui ait reproché aussi durement de mendier son pain de cuisine en cuisine. Il parait que François Colletet avait embrassé le parti des armes, puisqu'il fut pris par les Espagnols et conduit en prison dans une ville d'Espagne. Après avoir obtenu sa liberté, il revint à Paris, où il entra, comme précepteur, dans une grande maison ; mais, ne trouvant pas son compte à ce nouveau métier, il chercha une ressource dans sa plume. Il écrivait pour vivre ; aussi a-t-il publié un grand nombre de volumes en vers et en prose. Sur la lin de sa vie, en UP76, il obtint le privilège d'un Journal d'avis, qui, selon toute apparence, ne l'enrichit pas. Ses principaux ouvrages sout : 1e la Mu$e coquette , Paris, 1605 et 1667, 4 vol. in-12. 2° NàiU nouveaux, Paris, 1660, in-8°. Ces noêls eurent plusieurs éditions en peu d'années , ce qui ne prouve pas grand'chose pour leur mérite. Le ministre Jnrieu reprocha aigrement à l'auteur d'avoir mis des sujets édifiants sur des airs profanes. 3" Le Tracas de Paris, poème burlesque, imprimé avec la Description de Pans en vers burlesques, 1665, in-12. 4» Abrégé des Annales et Antiquités de Paris, 1664, 2 vol. in-12. 5» Traité des langues étrangères , de leurs alphabets , et des chiffres, Paris, 1660, in-4° de 72 p. Cet ouvrage de Collctet est le seul qui ait été quelquefois recherché. Sur trente-six alphabets gravés en bois, qu'il renferme, douze ou quatorze sont imaginaires, comme ceux d'Apollonius, de Salomon, de Noé, d'Adam, etc.; les autres sont si mal exécutés, qu'ils sont à peine reconnaissais. 6° Ije Bureau académique des honnestes divertissements de l'esprit, Paris, 1677, in-4", ouvrage périodique, dont il devait paraître une feuille par semaine, mais il y eut beaucoup d'interruptions, car il n'en parut que onze numéros, qui comprenaient aussi la Bibliographie française et la Bibliographie de Ports, annonce des livres nouveaux, pour servir de continuation à celle du P. Jacob de St-Cbwtes. w — s
COLI.ETTA ( Pierre), historien, naquit à Naples, en 1775, «l'une famille honorable, mais |*u riche. Livré de Iwifne heure a l'étude, il lit de rapides progrès dans les mathématiques, et dans la. langue
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lalîne, par goût el par prédilection poor Tacite, objet de sa plus vive el constante admiration. Entré en 1796, comme cadet, dans le corps d'artillerie de l'armée napolitaine, il lii avec beaucoup de distinction !a campagne de 179S, et devint oflicier. Emprisonné en 4799, par suite des événements polititpies de cette é|KM|ue, auxquels il avait participé, il ne recouvra la liberté qu'au m uni d'un certilicat de maladie délivré, sur les instances de ses parenls, par un médecin complaisant. Eliminé des rangs de l'année, ii prit la détermination d'embrasser la carrière du génie civil, dans l'allenlc d'un avenir plus favorable à son ambition et à ses opinions politiques. Iléintégré, en 1800, dans son grade d'officier d'artillerie, il se rendit au siège de Gaéie et ensuite dans les Calabres, où il mérita par sa bravoure et par son talent les éloges du ministre Salicctli, qui attira sur lui l'attention «le Murât. Appelé a Naples par ce dernier, on lui demanda son avis relativement à l'expédition projetée contre l'Ile de Cnpri, occupée par les Anglais auxiliaires du roi de Sicile, cl il parait qu'il s'acquitta de celte tàcuc avec autant de talent que de succès. Nommé lieutenantcolonel et oHicier d'ordonnance du rot, il tut bientôt après promu aux lonctions d'intendant «le la Calabre Citéricure, distinction trop remaniuable peut-être, mais qu'il justifia de la manière la plus brillante, en préservant cette province, si agitée, des troubles que les émissaires de la cour de Sicile tentèrent à plusieurs reprises uy exciter. App«<e en 1812 à la direction des ponts et chaussées, avec le grade de général de brigade, il signala son passade a cette administration par des plans «l'amélioration largement conçus, cl destinés a augmenter la prospérité industrielle et agricole de plusieurs provinces du royaume de Naples. Nommé, Cn 1813, tiirectcur «lu génie militaire, el, en 1814, conseiller d'État, il rempli] avec autant de zele que de succès ces paisibles fonctions. Elevé, en f8li>, au grade de major vénérai de l'armée, il déplora «tans tes campagnes «ic cette époque toutes les ressources «ic son esprit aussi actit qu'intelligent; et, après ta honteuse dispersion des troupes el la défection «les cbefs, il fut chargé par Murât de traiter a\cc le vainqueur «pii s'avançait à grands pas vers la capitale, cl |>ar lu capitulation qu'il signa avec le général Caras<osa, son collègue, il réussit à préserver, autant «pic |iossible, d'une ruine totale l'ordre de choses établi par ies Français dans le royaume de Naples. fendant les deux campagnes de 1814 et 1815, Collella remplit nonseulement les devoirs d'un militaire brave et expérimenté, mais le rôle d'un poiiii«|ue habile el prévoyant, comme l'altesient les laits que nous allons raconter. Il uit averti par des propos échappés a des conlidents de Murât que ce roi, mécontent de Napoléon depuis la campagne de Hussic, vivement irrité contre le vire-roi d'Italie dont d croyait avoir à se plaindre, sollicité enlin par quelques-uns de ses plus infimes inities aux sectes ptililiques de l'Italie, avait pris la détermination d'écouter ies propositions des ennemis de Napoléon. Il était instruit qu'eu 1812 Mutât était convenu, par rintenuediaire de Uobcrt