‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 90 sur 117 · YIH · texte numérisé non relu

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Jones, avec l'amiral Bentink, commandant les forces anglaises dans les parages de la Sicile, de déclarer la guerre à la France, de inarcher avec son armée contre le royaume d'Italie, et de se faire proclamer roi de la péninsule. Il savait qu'en 1813 il avait prêté l'oreille à des propositions d'alliance arec l'Autriche; qu'enfin en 1811, Ici I janvier, il avait autorisé le marquis de Gallo à signer en son nom un traité par lequel le comte de Neipperg, envoyé de l'empereur d'Autriche, le reconnaissait pour roi de Naples, s'obligeait à le faire admetlre dans l'alliance des monarques confédérés contre Napoléon, à obtenir du roi Ferdinand ta cession de ses droits au Irône de Naples, et à augmenter ses Etats de plusieurs possessions du pape. Collella, consulté par Murât sur le parti à prendre dans cette grave circonstance, fut d'avis de rompre immédiatement avec la France et île se rapprocher de la Ste-Alliance. Cet avis, exprimé avec aulanl de franchise que d'énergie, bien (]ue combattu par d'autres conlidents de Murât, triompha complètement des hésitations de ce dernier, qui l'adopta comme régie invariable de sa con- «luile. bn conséquence le traité «lu 1 f |anvier, ratifié plus tard par une lettre autographe de l'Empereur, fut exécuté : l'armée napolitaine envahit les Etals du pipe, et se porta sur le Pù, alin d'agir de concert avec Bellegarde, qui commandait ies forces de l'Autriche. 11 n'entre pas dans le plan de cet article de s'étendre sur les détails de celte campagne ; elle n'ajouta pas à la gloire militaire de Mural, et nous pensons qu'elle nuisit considérablement à ses intérêts, et plus encore a la réputation de loyauté qu'il s'était armiise. Mais Collella prétend, dans son Hittoire de Aaptes, que si Mural » était abstenu d'entretenir des intelligences avec le vice-roi, qui en donna connaissance a Itcllegarde; s'il n avait pas laisse échappé des propos imprudents sur l'indépendance de l'Italie ; s il avait alla«pié l'armée ilalofrançaise avec toutes ses lorces; s'il n'avait enfin hésité à suivre les conseils de ses confidents, et à se rendre aux instances de Bellegarde. déjà porté à soupçonner ses intentions, il aurait pu conserver sa couronne. En 1813, après le retour de Napoléon de l'île d'hlbc, Cv-iletla fut un des premiers qui désapprouvèrent les relations qui s'eiaicut établies enire Mural ei Napoléon, cou irai renient au traité du 1| janvier, et il tacha, mais en vain, de détourner Murat ne la détermination insensée de rompre ouvertement avec les a lies, d'entrer en c ampagne avec son armée, et «le proclamer, sans le moindre espoir de surcès, l'indépendance de l'Italie. Celle expédition, qui se termina par la capitulation de Casalan?a, ajouta à la i.onte des dctaitesile l'armée napolitaine, coûta la couronne a Murât, ouvrit aux Bourbons le chemin du trône de Naples, cl mit enfin le comble au désespoir «les révolutionnaires napolitains Maintenu par Ferdinand IV dans son grade de lieutenant général, Collella continua de servir «lans l'armée, et en 1820. après la révolution de Pépé, il se chargea de la mission de commandant en chef «le l'expédition envoyée «outre ta Sicile, où il réussit à calmer dans l'espace de deux mois l'effervescence qui en

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avait troublé la tranquillité. De retour à Naplcs, il dut se Charger du portefeuille de la guerre, qu'il garda jusqu'à l'entrée des Autrichiens. Arrêté comme complice de cette révolution, qui avait complètement échoue, il fut prisonnier pendant trois mois au château St-Elme, et déporté ensuite à Braun en Moravie. Mais, après deux années de séjour dans cette ville, il obtint la permission de se rendre a Florence, où il mourut le 1 1 novembre 1835. Dans son exil, Col- Ictta avait repris les occupations de sa jeunesse, et, entraîné par son ardente imagination vers l'étude des grands historiens italiens, il réussit à se rendre Diailrc de la langue de ses modèles, et il a rappelé dans son Uitloirt de ftoples quelques-unes de leurs plus brillantes qualités. Cet ouvrage, finit de ses études et de son expérience, lut achevé peu de temps avant sa mort. Il contient, en 40 livres, l'histoire du royaume de Piaples depuis 1734 jusqu'à 1815. C'est une continuation de la grande histoire de ce royaume, de Piétro Giannone, qui est de beaucoup supérieur à Colletta. Celui-ci se distingue par la vigueur - la concision du style, par la richesse des laits, par les aperçus historiques aussi justes qu'ingénieux. Mais, à ces qualités essentielles, on peut opposer des défauts graves; c'est d'abord d'avoir souvent sacrifié l'harmonie de la langue à une excessive concision, et, ce qui est pis encore, la vérité des laits aux opinions de son parti. On cherche en vain, dans son ouvrage, des vues historiques d'une grande portée, des considérations sur les causes premières des événements. On s'habitue enfin difficilement au lousce, absolu et tranchant qui y règne d'un bouta l'autre, et qui rappelle la prolession de l'historien bien plus que les grands modèles qu'il avait sous ies yeux. La première édition parut à Lugano, en 1831, 4 vol. in-8*. et fut réimprimée à Paris, 1833, 2 vol. in-8". On en a imprimé aussi à Paris une traduction française, 1836, 4 vol. in-8°. En 1820, Colletta avait publié deux brochures en faveur de la révolulion de celte époque ; mais ces productions sont aujourd'hui sans intérêt et méritent à peine d'être mentionnées. G— nY.

COLLEVILLE ( Amie-Hyacinthe Geree nE Saint-Léger, plus connue sous le nom de madame DE), romancière, née à Paris, le 20 mars 1701, était fille d'un médecin du duc d'Orléans. Elle annonça de bonne heure des disposition* pour les lettres, et ses parents, dont elle était l'unique entant, loin de contrarier son goût, le développèrent par tous les moyens en leur pouvoir. A vingt ans clie mit au jour son premier roman : Lettres du chevalier de Si -Aime et de mademoiselle dt Melcourt (1781, in-12 ) ; et pendant quelque temps elle lit paraître, presque chaque année, des productions nouvelles. Chérie de toutes les personnes qui l'entouraient, sa jeunesse tut heureuse. La mort de ses parents fut le premier chagrin très-vif qu'elle éprouva. Sa fortune consistait pour la plus grande partie en rentes sur l'Etat ; et leur réduction successive la fit desrendre à une position voisine de la misère. Madame de Colleville se soumit sans murmure aux privations que lui imposait ce cliangemcnt de fortune, et dut trou-

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ver, puisqu'elle l'y chercha, de la résignation dans la culture des lettres. Vivant retirée du monde depuis grand nombre d'années, elle y était inconnue, lorsqu'elle mourut à Paris, le 18 septembre 1824, à l'âge de 63 ans. Outre le roman déjà cité, et quelques pièces de vers dans les journaux et dans les Almanachs det Muses, on connaît de cette dame : 1° Alexandrine, ou l'Amour est une vertu, Amsterdam ( Paris ), 1782,2 vol. in-12. Barbier ( Diet . des ouvrages anonymes), et, sans doute d'après lui, Mahul ( Ann. nècrolog. ), disent que cet ouvrage reparut en 17S6 sous le litre <ï Alexandrine de

Ba , ou Lettres de la princesse Albtrline ; mais

l'analyse que l'on trouve de ces deux productions dans la Bibliothèque des Romans, novembre 1783 et juin 1787 , prouve qu'elles ne se ressemblent que par le nom de l'héroïne. 2° Le Bouquet du père de famille, divertissement en 1 acte et en prose, Paris, 1787, in-8». G est un impromptu de mademoiselle de Si-Léger pour la fêle de son père. 3° Im deux Saurs, coméilie en 1 acte et en prose, ibid., 1784, in-8". Celle pièce, jouée l'année précédente au théâtre des Variétés, avait obtenu quelque succès. 4° Sophie et Vcrvitle, comédie en 1 acte et en prose, ibid., 1788, in-8'. Celle-ci lut jouée au Théâtre- Italien. Les critiques y remarquèrent des situations intéressantes et des Iraits insénieux. 5° Madame de M...., ou la Rentière, ibid., 1803 , 4 vol. in-12. C Victoire de Slartigues, ou la suite de la Rentière, ibid., 1801, 4 vol. in-12. 7° Salut à messieurs les maris, ou Rose et Linsval, ibid., 1810, in 42. Madame de Collcville avait en portefeuille un roman intitulé le Porteur d'eau , qui contenait l'histoire d'une illustre victime de la révolution ; mais des scrupules la décidèrent, peu de temps avant sa moi l, à jeter son manuscrit au feu. \V— s.

COLLI (le baron de), général piémontais, né en 1760, à Alexandrie, entra de bonne heure dans U carrière des armes, et parvint rapidement aux premiers grades de l'armée sarde. Il élait lieutenant général en 1792, et il commandait dans les Baw:s- Alpes concurremment avec Déliera les Iroupes chargée de faire Lue aux Français, qui avaient cuvat.i le comté de ISicc. Occupant la position de Haùs, où ils avaient élevé de formidables retranchements, ces deux généraux y furent attaqués par les Français de la manière la plus acharnée, et ils les repoussèrent à plusieurs reprises ( 8 cl 12 juin 1793), leur faisant subir des pertes considérables. Ces victoires lurent célébrées avec enthousiasme dans les Etals du roi de Sardaigne, et elles firent beaucoup d'honneur au baron de Collî. Mais on l'accuse de n'avoir pas assez profité des avantages qu'elles lui donnaient, et surtout de n'avoir pas fuit de grands efforts pour seconder l'invasioti que les allies tirent à Toulon peu de temp» après. Il eut ensuite le commandement général de l'armée pieniontai.se ; mais il essuya, dans le nwis d'avril 1701 , au Col-Ardent, un échec asiscz grave, et qui fut suivi de la perte du foi I de Saoi gio (I), et un peu plus tard de celle duCol-

(I) Le ebmlicr de St- Amour et le coiuiuandjoi

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de-Tende dont les Français s'emparèrent. Henni aux Autrichiens sous le général d'Argcnteau, Colli perdit avec eux contre Schérer la bataille de Loano, qui ne devait être que le prélude des victoires bien plus importantes qu'allait obtenir sur l'armée austro-sarde ]e jeune chef des républicains, Bonaparte. Colli commandait la droite des alliés a Montenotte, à Millesimo. Il lit sa retraite avec assez d'ordre dans la direction de Turin, fut séparé des Autrichiens, perdit la bataille de Magliani, celle de Mondovi, et se vit bientôt forcé de déposer les armes |»ar la capitulation ou le traite de Chcrasco, si funeste à la maison de Savoie, mais qui, pour le moment du moins, termina la guerre. Ce traité déplut beaucoup au baron de Colli; il quitta aussitôt le service de Sardaigne pour entrer à celui de l'Empereur, puis à celui du pape , dont il commandait les troupes qui lurent chargée» de résister aux Français en 1797, lorsque le général Victor fut envoyé avec un corps d'armée pour envahir les États de l'Eglise. Colli, qui s'était d'abord établi avec 6,000 hommes près de Faenza, sur les rives du Senio, tut mis dans une mile complote, et forcé de se réfugier sous les murs d'Ancônc, où il subit un nouvel échec, qui obligea le pape à signer le trailé de Tolenliuo. Colli se trouva alors sans emploi; et l'on croit que, dès ce temps, il fut très-utile a Bonapat te, sinon par des conseils, au moins par des services secrets. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il en reçut une forte pension jusqu'à l'e|>oqucde sa mort, en 1812. D'un caractère ti cs dissipateur, il avait épuisé sa fortune au point que son lils n'a pas osé accepter sa succession avec la condition de payer ses dettes. Il avait épousé fort jeune la scrur du célèbre Allieri. — Son lils, qui avait perdu un bras sous les drapeaux de Napoléon, était devenu auditeur au conseil d'Etat. M — d j.

COLLIUUS (IIippoi itls a), est connu sous ce nom parmi les jurisconsultes. Son vrai nom était Colle, ou Colli. Il n'était pas natit d'Alexandrie de la Paille, comme on l'a dit dans un Dictionnaire historique. Sa famille en était à la vérité originaire, et son père, s'elant lait protestant, quitta celte ville, pour venir s'établir à Zurich, où llippolyte son lils naquit, le 20 février 1501. 11 étudia eu Suisse et en Italie avec tant de succès, qu'il de\int lui-même prolcsseur à Hcidelberg,et ensuite à Bâle. Le prince d'Anhalt le fil son cliancelier, et l'employa utilement dans diverses négociations en France, en Allemagne, en Angleterre et dans les Pays-Bas. Il mourut le 21 lévrier 1012, âge de ol ans. Il a fait : Ie Prineepi consiliarius Palalinus,$ive aulicus el nobilii, avec îles augmentations tle INauraih, Francfort, 1670, in 8». Cet ouvragf* est aussi imprimé avec le trailé d'Antoine ferez, de Jure publico, Franeiorl, 1068, in- 12. 2" fncrementa Urbium , aussi avec des notes de rSauratli, Francfort, 1671, iu-8". 3° Commcntaria ad tilut. f)., de Iiegulis juru. B — I. COLLI LU (JtHEMiE), théologien anglais, né le

ifavuir livré la fitoee de Saorpio, furrnt fatillfe sur l'Esplanado, a Turin. « Arrtt séu'io, Im-nque jusie, dit Bol u, el par Irqort Je roi v de Sardaigne voulait v<fu)ct les novateurs. »

col m

25 septembre 1650, à Stow-QuJ, dans le comté da

Cambridge, eut pour père un ecclésiastique trèsversé dans les langues. 11 commença son éducation dans l'école d'Ipswicli dont son père était maître. 11 la termina à l'université de Cambridge, dans laquelle on l'avait admis comme écolier pauvre. Reçu maître cs-aris en 1676 , il fut ordonné diacre la même année, et admis dans les ordres en 1677. Collier officia quelque temps a Knowlc chez la comtesse douairière de Dorsct, et obtint ensuite une petite cure, qu'il résigna au bout de six ans, en 1685, pour venir exercer à Londres les fonctions d'aide ministre ou prédicateur à Gray's-Inn. 11 les remplissait encore lorsque Jacques II lui renversé du trône par le prince d'Orange. Ses principes, contraires à cette révolution, ne lui permettaient pas de continuer ses lonctions; mais il n'était pas homme a se soumettre en silence. Le docteur Burnet venait de publier un pamphlet où le roi Jacques était représenté comme ayant déserté le trône ; Collier y répondit eu 1688, par un autre pamphlet sous le titre de Considérations sur la désertion. 11 continua , après la révolution , i refuser le serment, et à empêcher d'aunes de le prêter, ainsi qu'à écrire avec beaucoup de chaleur el de succès contre le parti dominant. Sa coirduite ayant éveillé l'attention de la cour, il fut arrêté sur quelques soupçons de correspondance criminelle , el conduit A INewgate (1692). Admis a donner caution, et remis en liberté, il conçut quelques scrupules sur celte caution, par laquelle il craignait d'avoir reconnu la compétence du tribunal : il alla donc se (aire remettre en prison. Elargi au bout de huit à dix jours, par les soins de quelquesamis, il ne fut pas encore tranquille, et il écrivit pour s'excuser d'être sorti de prison, quoiqu'on l'eût mis, pour ainsi dire, à la porte. Il eut à se justifier, en 1696, d'une action bien plus extraordinaire, a l'occasion de l'exécution de deux hommes convaincus d'avoir eu part à un complot formé contre la vie du roi. Collier et deux autres ecclésiastiques, réfractaires comme lui, ayant accompagné les criminels au lieu de l'exécution, leur donnèrent solennellement 1 absolution par l'imposition des mains. Cet acte, où ils avaient bravé toutes les formes reçues dans l'Eglise anglicane, fut regardé comme une insulte faite au gouvernement et au clergé ; non-seulement les tribunaux se crurent obligés d'en prendre connaissance, mais les deux archevêques d'Angleterre, et douze de leurs suffraganls, publièrent une déclaration où ils exprimaient l'horreur que leur inspirait une pareille action. L' affaira fut portée devant la cour du banc du roi. Collier, qui refusait de reconnaître toute autorité établie comme illégitime, se cacha, pour éviter de donnerune seconde fois caution ; mais, sans se montrer, il reprit la plume pour justifier sa couduite, ainsi que celle de ses confrères. Il fut déclaré conlumace et privé de la protection des lois. Ce jugement, dont il ne fut jamais relevé, parait cependant n'avoir pas eu pour lui des conséquences bien fâcheuses. Il travailla alors à divers ouvrages d'un genre pluautileet d'un but plus louable que tout ce qu'il avait produit jusqu'à cette époque.

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