VI1L
talents, et finit par venir A Londres, toujours suivi d'une réputation qui probablement Peut mis à même de devenir fort riche, s'il n'eût été le père d'une nombreuse famille, et si des coûts en quelque sorte encyclopédiques n'eussent derol>é la plus grande partie de son temps à l'exercice de la médecine. La philosophie, les sciences physiques, les méthodes industrielles, l'agriculuirc, avaient en lui un adepte rempli de zèle. Les mathématiques, premier objet de ses études, ne cessèrent point d'attirer son attention; non-seulement il se tenait è la hauteur des découvertes qui chaque jour agrandissaient le domaine de l'analyse, mais il se livrait lui-même à des recherches sur des points encore ignorés, et, avec un peu de constance, il n'eût tenu qu'a lui de figurer parmi les maîtres de la science. La littérature n'était pas non plus étrangère a ses travaux ; et c'est une chose presque incroyable que la facilité avec laquelle il passait du sujet le plus badin au plus grave, de la farce à la tragédie, de la pièce de théâtre au sermon Il est vrai que celle extrême facilité décèle plutôt le talent que le génie ; et certainement Collingwood ne peut être compté ni parmi les grands anatomistes, ni parmi les grands mathématiciens, ni parmi les grands poêles, quoique, dans toutes ces branches de connaissances ou de travaux, il se soit montre véritablement distingué. Du reste, il n'a publié que peu de grands ouvrages. Ses écrits mathématiques sont tous restés manuscrits. Il en est de même soit de sa tragédie de Lucrèce, soit de quelques parodies qu'il fit jouer dans sa jeunesse, et qui obtinrent des applaudissements mérités. Outre l'Immorlalili de l'âme, l'Ermite, et quelques autres poèmes imprimes, il a laissé un volume manuscrit «le poésies. Des sermons qu'il s'amusait à composer, beaucoup ont été débités en chaire par divers prédicateurs, mais peu ont été publiés sous son nom. En revanche, on trouverait de lui beaucoup de morceaux dans diverses collections périodiques, nommément dans le Magazine de Dunfriet, le Musée de Ilerwick, le Magazine du Fermier, les Commentaires médicaux, les Mémoires de la société médicale de Londres, la Feuille <f agriculture, etc. Il était membre de plusieurs sociétés savantes; c'est lui qui, avec lord Alva, fonda le club des clubs. Il fut aussi un des fondateurs de la bibliothèque médicale de Sunderland. Collingwood mourut à Londres, le 28 octobre 1831. Val. P.
COLLINI (CAme-Alexais-oiie), né à Florence, le 14 octobre 1727, fil ses études à Bise, et allait y prendre ses degrés de docteur en droit, lorsqu'il perdit son père en 1749. Il renonça alors au barreau qu'il allait suivre, et partit pour la Suisse avec deux amis, puis alla à Berlin. Voltaire y vint cil 1750. Collini lui fut présenté et recommandé, et, en 17.i2, devint son secrétaire. Le premier ouvrage que Collini transcrivit était intitulé : Campagnes de ÎMuis XV, et a été imprimé en 1768, sous le litre de i're'cij du siècle de Louis XV. Lorsque Voltaire quitta la Prusse, en 1755, Collini l'accompagna, et partagea les désagréments qui l'attendaient a Francfort, et qui les y retinrent trente-six jours. 11 dc-
COL
meura avec Voltaire, en qualité de secrétaire, jusqu'au milieu <le Tannée 1756, alla à Straslrourg, et y fut gouverneur du fils du comte de Saucr. A la recommandation de Voltaire , l'électeur bavaro-palatin le prit, en 1759, pour secrétaire intime , puis le nomma son historiographe cl directeur du cabinet d'histoire naturelle de Manheim. Ce cabinet devint bientôt, par les soins de Collini , une des plus intéressantes collections de l'Europe. Cullini était membre de plusieurs académies. Il est mort à Manheim, le 22 mars 1800. Outre un grand nombre de mémoires dans les Acla academia Theodoro-Palatinm de Manheim, on a de lui : 1° Diseournur l'histoire d'Allemagne, Manheim, 1761, in-8". 2' Eloge de Charles-Théodore, électeur palatin, ibid. , 1766, in-4". 3° Dissertation historique et critique sur le prétendu cartel envoyé par Charles- fouis, électeur palatin, au vicomte de Turenne, ibid., 1767, in-8°. Voltaire parle longuement et avec éloge de cette dissertation dans le 12* chapitre de son Siècle de Jmit XIV. 4° Solution du problème du cavalier au jeu des échecs, ibid., 1773, in-8». 5° Observaiionsminéralo'iiques sur lesagales et le basalte, ibid., 1776, in-12. 6° Journal d'un voyage qui contient quelques observations minéralogiques , particulièrement sur les agates et le basalte, avec un détail stir la manière de travailler les agates, ibid., 1776, in-8% avec 15 pl.; ouvrage estimé, qui a été traduit en allemand parSchrotcr, ibid., 1777, in-8«. 7° Considérations sur les montagnes volcaniques, ibid., 1781, in-8*, avec une pl. On l'a aussi traduit en allemand, Dresde, 1783, iu-4°. 8» LtU\ es sur l'Allemagne, Manheim. 1784, in-12. Plusieurs bibliographes ont cru que les Lettres d'un voyageur français sur l'Allemagne , traduction de l'allemand de l'ouvrage du baron de Risbeck, intitulé Briefe eines reisenden Fransosen. etc., n'étaient qu'unir traduction augmentée des lettres de Collini. M. \Veiss a rectifié cette erreur, en démontrant que l'ouvrage J de Risbeck, publié dés 1783, ne pouvait pas être la traduction de celui de Collini, qui n'a été publié pour la première fois qu'en 1784. {Voy. Risdf.ck.) 9» Exposé de la capitulation de Manheim. ibid., 4794, in-SM0° Les Vicissitudes de l'Académie des sciences de Manheim, discours lu dans une séance de cet institut littéraire, le 46 avril 1799, à l'occasion de la mort de Clrarles-Théodorc, électeur palatin, ibid., 1799, in-4*. 11° Remarques sur une pierre élastique du Brésil, et notice sur les marbres flexibles de S. A. S. le prince de Boryhèse, ibid., 1805, in-8°. 12* Mon Séjour auprès de Voltaire, et Lettres inédiles que m'écrivit cet homme célèbre , ;'u*gua la dernière année de sa vie, ouvrage posthume, Paris, 1807 , in-8°. L'auteur y relève plusieurs erreurs commises par les biographes de Voltaire, et parle avec intérêt du séjour île ce grand homme en Prusse, de son départ, de ses différentes stations à Leipsick, à la cour de Saxe-Gotha, à Francfort, à Mayence, à Manheim, à Strasbourg, de sa longue résidence à Colmar, enfin do son établissement près du lac de Genève. Collini a en outre donné une édition û'Olympie , tragédie de
Voltaire, suivie do remarques historiques, Francfort, 1763, in-8*. A. B— T.
COLMNO (Ignacf.-Second-M vrie), sculpteur, né à Turin, en 4724, fut placé dès l'âge de quatorze ans dans l'atelier de Damé, son parent, où il commença à sculpter en bois. Admis, en* 1744, à l'école de dessin du célèbre professeur l'omont, il travailla ensuite chez le fondeur Ladatte, où il modela et fondit une statue de St. Sébastien. Cette statue, présentée, en 1750, au roi Charles-Emmanuel III, valut à l'artiste une pension pour aller étudier à Rome. Les premiers ouvrages envoyés par le jeune pensionnaire à son souverain furent les bustes do Alarc- Aurèle, de Fausline et d'une Vestale. En 1753, il envoya un groupe représentant Vapirius avec sa mère, puis une Niobi en marbre de Carrare. Collino, après avoir terminé quatre statues de quarantecinq pouces de hauteur, la Justice, la Force, la Bien aisance et V Amabilité, fut nommé, en 1760. membre de l'académie de St-Luc à Rome. Il fit ensuite quatre bas-reliefs pour la cour de Turin, et obtint, en 1763, le titre de sculpteur du roi. Enfin, en 1767, il retourna dans sa patrie, où il établit une école de sculpture, et mourut en décembre 1793. L'historien Deniua, dans le t. 6 des Révolutions d'Italie, parle avec éloge d'Ignace Collino et de Philippe, son frère, sculpteur comme lui. Les ouvrages que ces deux artistes ont exécutes conjointement sont les statues en marbre qui forment le jet d'eau d'une élégante fontaine du château royal d'Aglié, une Pallas de quarante-cinq pouces de hauteur, dans le palais du roi à Turin; les statues de Victor- Amédée II et de Chartei-Emmanuel III, en marbre de Carrare , de six pieds de hauteur, sous le péristyle de l'université de Turin ; les tombeaux de* rois de Sardaigne, dans l'église de Superga; enfin, dans la ville de Novare, la statue colossale de St. Agdbio, morceau digne des époques les plus florissantes de l'art moderne. G — g— t.
COLLINS (Samiel), médecin anglais, reçut le doctorat à Oxford, en 1659. Peu de temps après, il se rendit en Hussic, cl demeura neuf ans à la cour du czar. De retour en Angleterre, il fut agrégé au collège des médecins de Londres, et devint médecin de la reine. Il mourut au commencement du 18" siècle, après avoir publié les ouvrages suivants : 1» l'Etal présent de la Russie, Londres, 1671, in-8* (en anglais) ; 2° Systema analomicum of the body of man, birds, beasls, fishes, teilh his diseases, cases and cures, Londres, 1685, 2 vol. in-fol. L'auteur a réuni, dans cet immense traité, l'anatomic humaine cl comparée, la physiologie, la pathologie et la ibérapeutique. Parmi des assertions vagues et des opinion.: paradoxales, on trouve des observations intéressantes, et même de véritables découvertes. L'auteur a décrit et figuré, avec bcaùcoup de soin , le cerveau des poissons, dans lequel il a aperçu les vaisseaux lymphatiques. Il réfute victorieusement l'hypothèse de Willis sur l'origine et les fonctions des nerfs vitaux et animaux. On trouve dans le même ouvrage des observations sur l'anatomie de* plantes, des llcurs et sur la génération des fèves -
Un autre Samuel Collins, d'Archestev, a publié, en 1717, un ouvrage en anglais, sur la culture des arbres fruitiers et des melons. D— P — s.
COL UNS (Jean), calculateur et mathématicien anglais, (ils d'un ecclésiastique non-conformiste, naquit, au mois de mars 1621, à Wood-Eaton, prés d'Oxford. A seize ans, il fut placé comme apprenti chez un libraire d'Oxford et admis ensuite parmi les commis de Jean Mar, l'un de» clercs de la maison du prince Charles, depuis Charles II. Mar, fort distingué pour ses connaissances mathématiques , avait construit ces excellents cadrans solaires qui ornaient les jardins de Charles l4t, et sous lui, Collins (il de grands progrés dans les mathématiques. Les troubles qui commençaient à diviser l'Angleterre l'engagèrent à s'éloigner, et il passa plusieurs années sur mer à bord d'un vaisseau marcliand anglais, devenu ensuite vaisseau de guerre au service des Vénitiens contre les Turcs. Pouvant disposer de beaucoup de moments, Collins s'appliqua aux calculs des commerçants, et à quelques parties de mathématiques pour lesquelles il avait des dispositions. A son retour dans sa patrie, il se mil à enseigner la tenue des livres , l'écriture et les calculs, et composa plusieurs traites utiles sur des sujets pratiques. 11 fut nommé, après la restauration, premier commis du bureau de l'excise. Il fil imprimer plusieurs ouvrages sur des sujets de mathématiques , qui lui valurent , en 1667 , l'honneur d'être admis dans la société royale de Londres. L'administration de l'échiquier eut souvent occasion d'éprouver son habileté, et il était l'homme à qui l'on avait recours dans les allaites embarrassées de caleuls difliciles. Ses connaissances dans toutes les parties des mathématiques , mais surtout les relations qu'il établissait entre les savants par ses correspondances avec eux, le firent appeler le Mersenne anglais, et, comme le français, il servit utilement les sciences par l'émulation qu'il excita entre ceux qui les cultivaient. Il fut nommé, vers la fin de sa vie, teneur de livres de la compagnie royale pourla pêche. Collins mourut le 10 novembre 1683, dans un état d'aisance, fruit de ses utiles travaux, et avec une réputation qu'il ne devait qu'à son seul mérite; car il était aussi modeste que savant. Voici les principaux de ses ouvrages : 1" Introduction à la tenue des livres, 1652, in-fol., et 1665, avec un supplément. 2» The Seelor on a quadrant, contenant la description et l'usage de quatre sortes de cadrans, 1658, in-4°. 5° La Gnomonique géométrique, 1659, in-4°. 4° Mariners plain teale new p'ained, 1059. b" Traité sur le sel et la pèche, 1080, in-4°.Ou trous e, dans les Transactions philosophiques , plusieurs dissertations curieuses de Jean Cullins. Ses papiers, tombés vingt-cinq ans après sa mort entre les mains du savant Williams Jones, ont jeté du jour sur plusieurs points contestés, cl ont fourni la plupart «les pièces d'après lesquelles quelques savants anglais ont voulu attribuer esilusivcment à Newton l'invention des nouveaux caleuls (différentiel et intégral), que Leibnilz doit partager avec lui. Ces pièces ont été publiées en 1712. in-4% et en 1725, in-S°. dans le Commercium
COL 603
epistolicum D. Johannis Collint et dliorum de analysi promota, jussu $ocietali$ regia in lucem editum. X— s.
COLLINS ( Antoine) , né le 21 juin 1670, à Heston, dans le comté de Middlesex, d'une famille noble et riche, commença ses études à Eton, les termina à Cambridge , et vint ensuite & Londres pour y étudier la jurisprudence ; mais se sentant peu de gorit pour cette science, il y renonça pour se livrer à la littérature et à la philosophie. Il se lia d'amitié avec Locke, qui lui témoignait une estime et une affection particulière, parce qu'il crut découvrir en lui cet amour pur de la vérité, qui est, disait-il, « la « première des perfections humaines en ce monde.» Locke mourut à temps pour ne pas voir cet amour de la vérité, mal dirigé, entraîner son ami dans des opinions qu'un philosophe sincèrement religieux, comme il l'était, ne pouvait regarder que comme des erreurs. Il s'était fait connaître d'abord par un petit traité, publié en 1700, sous le titre d'Examen de plusieurs particularités de la ville de Londres , et par un Essai sur l'usage de la raison, etc., publié en 1707 et réimprimé en 1700; mais ayant pris part à la controverse qui s'était élevée entre Dodwcll et Clarkc , sur l'immortalité naturelle de l'âme, dés qu'il fut une (ois entré dans ces discussions, il n'en sortit plus: elles l'éloignèrent toujours davantage de la religion révélée, et même, à ce qu'il parait, de plusieurs points de la religion naturelle , tels que l'immortalité de l'Ame, qu'on l'a accusé de nier, bien qu'il semble s'en défendre, et qu'il ne s'exprime sur ce sujet qu'avec précaution. Il publia en 1709 un pamphlet intitulé : le Manège des prêtres dans sa perfection ; etc., l'année suivante un autre opuscule : Réflexions sur le Manège des prêtres dans la perfection, dont il était également l autctir. On publia contre ces écrits une multitude de pamphlets, de sermons et de traités auxquels Collins répliqua seulement en 1721 par son Essai historique et critique sur les trente-neuf articles de l'Eglise d'Angleterre, etc. On trouve le détail de toute cette controverse dans V Histoire ecclésiastique de Collins. En 1710, Collins fit paraître : les Attributs de Dieu défendus, contre un sermon du docteur King archevêque de Dublin, sur la prédestination et la prescience. Collins paraît avoir été d'un caractère doux et pacifique; il ne perdait pas une occasion d'énoncer ses opinions, mais n'apportant pas à les soutenir cette ardeur qui brave toutes les considérations, il abandonna plusieurs fois des discussions où il sentait bien que l'opinion du public n'était pas lavorable à sa cause, et il ne lit jamais imprimer ses ouvrages sous son nom. Il passa deux fois en Hollande, pour s'éloigner, a ce qu'il parait, du théâtre des animosités qu'il avait soulevées contre lui, en particulier par son Discours de la liberté de penser, publié en 1713. 11 lut attaqué par un grand nombre d'adversaires, el traité, quant à ses opinions, avec une grande sévérité, mais sans qu'aumn reproche soit tombé sur son caractère moral, dont la pureté ;i prouvé que ses erreurs étaient celles d'un esprit de bonne loi. Ce fut pendant son premier voyage en Hollande en 1711 qu'il fit con-
naissance avec Leclcrc et d'autres savants de ce pays. Il se proposait, dans son second voyage en 1713, de visiter la France et l'Italie, mais la mort d'un de ses proches parents l'obligea de retourner ù Londres, où il arriva au mois d'octobre. En 1715, il se retira dans le comté d'Essex, où il remplit les fonctions de juge de paix, et de député lieutenant pour le même comté, comme il l'avait fait précédemment pour le comie de Middlcsex et pour Westminster. Plusieurs années avant de mourir, la saute de Coli ns conimcma à décliner ; il était affecté de la pierre, maladie dont il mourut, le 13 décembre i'i), déclarant, à ce qu'on dit, « (pic comme il avait a toujours servi de tout son pouvoir son Dieu, son a roi et son pays, il était persuadé qu'il allait dans a le lieu que Dieu a réservé à ceux qui l'aiment. » Celte déclaration répondait victorieusement a l'accusation d'athéisme et de matérialisme qu'un zele outré et persécuteur ne manque guère de substituer à celle de déisme. Collins avait été marie deux lois, la première en 1098, avec Marthe, fille de sir Francis Chili, qui devint l'année suivante lord maire de Londres, et dont il eut deux lils et deux lilles; la seconde avec Elisabeth, lilic de sir Wallcr Wrottesley, qui ne lui dénia point d'cniants. Il était obligeant et charitable et montrait un eloignement marqué (îour toute licence dans la conversation. Un peut consulter sur cet écrivain, auquel on reproche de n'avoir pas toujours été exact dans les citations, ks Ecriv&int dénia de Lcland, la l ie de Cumberland, la Vie de Whislon, le I. 4 de la collection des lettres de Curll, etc. Outre les ouvrages déjà cités, ou a de Collins : 1° Kecherche philosophique sur la libtrli de l'homme, Londres, 1715, réimprimé avec des corrections en 1717 : Samuel Clarté l a réfuté ; 2° Essai historique cl critique sur Us Irenlcneu/ articles de l'Eglise d'Anghtei re ; 3" Discours sur lis buses cl Us preuves de ta religion chrétienne, etc. Plusieurs de ses écrits ont été traduits en Irançah, entre autres : 1" Discours sur ta liberté de penser, traduit par Scheurléer et Itoussct , Londres, 1714, 1717, in-8-; ihid., 47(iG, 2 vol. iu-12, avec la réfutai km de Crouzas. 2° s'aradoxes métaphysiques sur le principe des actions humaines, etc., traduit par Le lèvre île Beauvray, 1 75 4, 1750, in-12, et dans I Encyclopédie méthodique. Le même ou* rage a été aussi traduit par de Huns, et inséré par Donviiseaux dans scu Ilecueil de diverses pièces sur la philosophie, Amsterdam, 1750,2 vol. in-12. 3" Examen des prophéties qui servenl de / mdrmcnt à ta religion chrétienne, Londres ( Amsterdam ), 1768, iu-12; traduit par le baron dîlolbacll. 4" Essai sur la nature et la destination de l'Ame humaine, 1709, iu-12 ; inséré aussi dans le Dictionnaire de la philosophie ancienne et moderne de [ Encyclopédie méthodique, in-4°. 5» Essai sur l'usa je de la raison, dont l'analyse se li nuve dans le l'orU/tuille d'un nhihsophe, Cologne, Marteau, 1770.1.5, p.2M. b" Du Judaïsme, ou Examen raisonné de la toi de MuUt et de son influence sur la religion elnétimne, traduit par le baron d'Holbach, Londres (Amsterdam), 1770, in-8. S-d ci D— z— s.
COL
COLLINS (AnTHrn), laborieux antiquaire anglais, connu surtout comme compilateur d'histoires de pairs et de baronnets anglais ( Peerages and Baronelages ), naquit en 4082. Son père, gentilhomme de la reine Caroline en 4019, avait possédé et dissipé une grande Ibrlunc ; néanmoins Arthur Collins reçut une éducation libérale, et cultiva dés sa jeunesse cette branche des antiquités a laquelle il devait consacrer toute sa vie. La première édition de son Peerage parut en 1708 et en 1715, il en fut publié une nouvelle en 4 vol. in-8". Cet ouvrage fut depuis étendu par diverses additions et sous différents éditeurs, jusqu'à 7 volumes, qu'un supplément porta ù 9. La dernière et meilleure édition a été imprimée en 4812 par sir Egerlon Brydges, qu'on ne saurait trop louer pour le soin qu'il a pris de laire disparaître les erreurs des éditions précédentes, et d'enrichir celle-ci de nouveaux articles. Le Baronelage de Collins, publié d'abord en 1720 en 2 volumes, fut porté à S, en 1741: depuis il n'y a plus eu de continuation sous son nom, mais il est amplement suppléé par le grand ou vi âge de Bentham. On sait peu de choses sur la vie privée de Collins; les écrivains anglais nous apprennent toutefois que ses travaux furent mal rétribués par les nobles familles dont il taisait l'histoire, et qu'il éprouva souvent des embarras pécuniaires. Le roi George II lui accorda enfin une pension annuelle de 400 liv.stcrl.; 10,0001..); mais il n'en jouit que pendant peu d'années, ci mourut à Battcrsea, le 10 mars 1760. Il lut le père du major général Artbur Tooker Collins, mort le 4 janvier 1793, laissant un lus auquel nous consacrons une notice. Outre les ouvrages déjà cités on doit ù Collins : 1« la Vie de Cccil, lont-Burleigh.ilô-2, in-8» ; 2' Vie d'Edouard, dit te Prince-Hoir, 1740, iu-8*. 3» Lettres et Mémoires d'Elat , colligés par sir Henri .Sidney et autres, 1740, 2 vol. in -fol. ; 4° Collections historiques des nobles jamdlesde Cavendish, llollts, fflt, llarlcy et Ogte, 1752, in fol. D— z — s.
COLLINS ( Dav id ), juge-avocat et historien du nouvel établissement de la Nouvelle-Galles méridionale [hew-South- If aies), était fils 'du major général Arthur Tooker Collins et d'Henriette Frazer. Il naquit dans le comté du Moi en Irlande, le 3 mars 1750, et reçut une éducation libérale dans l'école d'Eveter, où son père résidait. En 1770 il ml nommé lieutenant dans le corps de soldats de marine, et en 1772, il se trouvait a\ce l'amiral M.Brite sur la frégate Sovlhamplon , à bord de laquelle i L embarquée Mathilde , reine de Danemark, après la révolution qui la renversa du trône. Il se trouvait en 1775 4 la bataille de Dunker's-llill', dans laquelle le premier bataillon des soldats de marine, où il servait, se lit aisimguer. Adjudant de la division Chalham en 1777, il devint capitaine en 1762, et passa a bord du vais>eau de ligne M Courageux, commande par lord Mulgravc. Mis en demi-solde à la pai.. de 1782, Collins se i ci ira a ItocheMer, dans ie coude de Kent, avec sa i.mme, qu'il avait épousée en Amérique et dont il n'a point laisse d éniants. Il se rendit au mois de mai 1787 a Botany-Bay. avec le titre de juge
COL
COL
avocat de 1'élablissemcnt f|u'on se proposait d'y former; il remplit en même temps les fonctions de secrétaire du gouverneur Philip, jusqu'en 4797 qu'il retourna en Angleterre. A son aimée, il réclama Vainement le rang qu'il devait avoir dans son corps, et s'occupa de h publication de son Histoire de YitubUstcment de Dotany-Hay; il venait d'en terminer le second volume, loisqu'on lui offrit le gouvernement de l'établissement projeîé à la terre (te Van- Diemcn. Il accepta celte position, qu'il conserva pendant huit ans, et dans laquelle il rendait de grands services, lorsqu'il mourut soudainement par suite d'un refroidissement, le 241 mars 1810. D— z— s.
COLLINS (GCILLaOIIK), poète anglais, né à Chicliestcr, le 25 septembre 1720, était lils d'un chapelier de cette ville. Il annonça de bonne heure une indolence de caractère presque égale à la vivacité de son esprit et à ses heureuses dispositions pour l'étude. Il lut élevé à l'université d Oxford , où il publia en 17 52 ses é^lo^ues persanes, qui n'eurent pas alors tout le succès qu'elles méritaient. Sans prolecteur, sans nom et sans fortune, il vint à Londres en 1744, plein de projets d'ouvrages, dont il n'exécuta aucun. Il lit paraître le prospectus d une Histoire de la renaissance des lettres, lit le plan de plusieurs tragédies, et ne put achever que quelques odes qui furent imprimées en 17 iO, sous le titre à'Odes descriptives et allégoriques ; mais sa poésie n'était pas de nature à obtenir un succès populaire. Le libraire ne retira passes nuis d'impression. Naturellement lier et délicat, Collins lui rendit l'argent qu'il en avait reçu, et livra aux llammes tous ceux des exemplaires qui n'avaient pas ele vendus. Ces odes, surtout celle qui a pour litre tes faisions, sont cependant, au Jugement de plusieurs critiques échinés, avec l'ode de Drydeii sur la ji-ie de Sic. Cécile, et quelques odes de Cray, ce que la littérature anglaise a produit de mieux dans ic genre lyrique. L'indolence naturelle oc Collins, augmentée par le découragement qu'avaient produit en lui quelques etlorts inutiles, le piongea bh ntôt dans un • :nt voisin de la misère. Poursuivi par .les créanciers impitoyables, il n'avait pu échapper à la prison qu'en se sauvant de Londres, n emportant avec lui que quelques guinées, obtenues n'avance d'un libraire pour lequel il s'était engage à taire une traduction de la Poétique d'Arislote , accompagnée d'un commentaire. Heureusement pour lui, la mort d'un oncle vint le mettre en possession if une somme de 2,000 livres sterling. Il commença par retirer son engagement des mains du libraire, se trouvant assez riche pour s'abandonner sans inquiétude a son indolence naturelle ; mais sa santé était considérablement atntibtie. Luc sorte de faiblesse mélancolique le rendait chaque jour plus incapable d action , et, sans altérer ses (acuités intellectuelles , le réduisait à une espèce d'imbécillité. Il ne reprenait de lorec et de vivante qu en se livrant à des excès de boissons enivrantes, qui achevèrent de le détruire. Il essaya, mais sans succès, le secours des voyages ; il parait môme qu'a son retour .va raison commença à s'affaiblir sensiblement, au point qu'on fut obligé de le mettre quelque temps
dans une maison d'aliénés. Johnson , qui l'avait va peu de temps après son retour, n'avait aperçu en lui aucune marque d'aliénation ; il l'avait trouvé lisant le Nouveau Testament : « Je n'ai qu'un livre , dit « Collins; mais c'est le meilleur de tous. » Il mourut en 1756, âgé de 56 ans, prés de sa sœur, aux soins de laquelle on l'avait conlié. Son imagination était vive, sensible, un peu bizarre. « Il se plaisait, « dit Johnson, dans ces écarts d'imagination qui en- « traînent l'esprit hors des bornes de la nature.... It « aimait les fées, les génies, les géants, les mons— « très, etc. ; mais il ne se livrait à ce gonl que pour « lui même; car il ne se faisait point remarquer « dans ses ouvrages. Excepté son ode sur les su- « perstitions d'Ecosse, qu'il commença en 1749 et « qu'il ne Unit jamais, ses ouvrages n'offrent guère « de traces de cette disposition d'imagination que « dans la tournure de son style trop figuré, souvent « mystique , quelquefois obscur. » Johnson, qui, si l'on en peut juger par sa sévérité lorsqu'il parle des odes de Gray, n'aimait pas la poésie lyrique.s'est montré sévère aussi à l'égard de Collins ; il lui reproche quelques vers durs et travaillés, et ne lui lient pas assez de compte du nombre beaucoup plus grand de ceux où l'harmonie de la versification est unie à la douceur du sentiment. Ses images sont agréables et brillantes, mais n'ont pas toujours la couleur du sujet. Ses églogues persanes , imprimées plusieurs dus, et particulièicment en 1757, sous le titre d'J?glogucs orientales, lui paraissaient à lui-même, à la lin de sa vie, si peu orientales, qu'il avait coutume de les appeler, par une sorte de dédain, ses églogues irlandaises. Langhorne a publié , en un volume in- 1 2, les Œuvres poétiques de Collins, avec une nolice sur sa vie. Les libraires Cadell et Davis en ont lait , en 1797, une édition soignée, en téle de laquelle ils ont placé l'essai de mistriss Darbault sur l'auleur. Son ode sur les Superstitions populaires des montagnes d'Ecosse a été publiée dans les mémoires de la soi iété d'Edimbourg avec la cinquième slance et une partie do la sixième qui étaient perdues, et que Makcnzie a remplacées. Collins était un homme fort instruit, d'une conversation agréable, et qui avail conservé dans ses malheurs une Rerté dérente et convenable. On a remarqué, comme ' une singularité, (pic l'amour ne jouait aucun rôle dans ses poésies. Dans son ode sur les Passions, il n'est pas même parlé de celle-là. En supposant que la misère, qui n'a pas arrêté (hez Collins l'essor du talent, ait desséché la source des tendres émotions, il laudra croire que
l u auteur qui, pressé d'un besoin importun, Le soir entend crier ses entrailles à Jean,
est encore plus propre à faire des vers qu'à faire l'amour. En 1795, un monument d'un beau travail Tut élevé par souscription publique à la mémoire de Collins; il est entièrement exécuté par Flaxman; l'épitaplic est de Ilayley. On peut consulter sur ce poêle les Vies des poètes de Johnson, les Anecdotes de Sevvard, et les mémoires de la société royale d'Edimbourg. S — d et D— z— s.
COG COL
COLLINS (John), comédien et auteur anglais, mort en 1806, à Birmingham, âgé de 70 ans, jouait avec succès la tragédie, la comédie et l'opéra. Il est auteur d'un ouvrage facétieux intitulé the Morning lirush ; mais sa réputation se fonde surtout sur des comiiositions lyriques, qu'il chantait lui-même avec un talent, un naturel et une gaieté remarquables. Il était un des propriétaires du liirmingham Chronicle, ou Gaulle de Birmingham, et mourut possesseur d'une fortune assez considérable, qu'il dut à des lectures publiques dans le geure de celles de George Alexandre Stephens-, si goûtées en Angleterre. X-s.
COLLINSON.(Pjerre), botaniste distingué, d'une ancienne famille du comté de \V estmoreland, naquit le 14 janvier I693,à ilugal- Hall, propriété de son père située près du lac NV indermere. Il montra dès son enfance un goût très-prononcé pour l'histoire naturelle, et commença encore lort jeune à Jormer une collection de spécimens de toutes sortes de plantes séclies. Ou lui donnait accès dans les plus beaux jardins qui existaient à cette é|KX|ue aux environs de Londres; il entra eu relation avec les naturalistes les plus distingués de son temps, et compta au pombre de ses amis les docteurs Derham, Woodward, Dalc, Lloyd et Sloane. Parmi la grande variété d'articles qui forment la superbe collection, devenue maintenant, par les sages dispositions de Jean de Sloane et la muuiiiceuce du parlement, le musée Britannique, il en était peu que Collinson ne connût parlaitement. 11 fut élu, le 12 décembre 1728, membre de la société royale de Londres, dont il devint bientôt l'un des membres les plus utiles, non-seulement en lui lournissanl un graud nombre de curieuses observations, mais encore par ia correspondance extrêmement étendue qu'il entretenait avec les savants de tous les pays. Collinson avait soin de prendre note de tout ce qui le happait, soit dans ses lectures, soit dans la conversation ; et comme il n'y avait pas un savant anglais avec lequel il n'eût de rapports, et que tous les étrangers ayant des connaissances en histoire naturelle qui venaient en Angleterre lui étaient recommandés, il en résultait que les renseignements qu'il recueillait étaient immenses. Sa correspondance avec le savant Cadwallader Colden de New- York, et avec le célèbre Franklin de Philadelphie, fournissent des preuves de l'avantage qui résultait de la méthode qu'il avait adoptée. Ami de Franklin, et quaker comme lui, il lui lit connaître, en 1745, les premières expériences sur l'électricité, et lui envoya la première machine électrique que l'on eût vue dans le nouveau monde. Leur correspondance a été imprimée (1). Collinson a rendu de très-grands services aux sciences, particulièrement à la botanique, a l'art de cultiver les plantes étrangères et à l'histoire naturelle. On lui doit l'introduction eu Europe et la naturalisation d'un grand notu-
(I) Drscrmaius anglais disant repentant qu*> ro fui Franklin qui fOmmnniqu» «•« proiiKT* fs<ils >ur IVIerlricile 3 CoIHdmhi, IMI ne **r»e ir Icllrrs qui ont rte |miI>1i*h » peu pri-s a la mtmv époque, et qui ont rie rrioiprunéeii dans une demierc édition des outrage» de te i*\aul Aukiicjiri. D-z-«
COL
bre de plantes. C'est dans ses jardins, situés â quelques milles de Londres, qu'il les faisait cultiver avec un soin particulier et par des procédés inconnus jusqu'alors. 11 était parvenu a perpétuer cher lui les végétaux les plus délicats, ceux même qui semblaient se refuser à orner les jardins et ne pouvoir souflrir aucune sorte de culture. Son jardin contenait une collection d'orchis la plus nombreuse que l'on eût encore vue. Philanthrope éclairé, vrai bienfaiteur de l'humanité, il s'occupa avec un zéle inlatigahle de la transplantation des végétaux utiles, de l'Amérique en Europe, et de ceux de notre continent dans le nouveau monde. C'est par ses conseils que la vigne fut cultivée en Virginie, et «pic l'on forma une bibliothèque à Philadelphie. Collinson a donné quelques mémoires à la société royale, dont il était membre; il y en a un sur Ici Émigrations des troupeaux, de la plaitie vers les montagnes et des montagnes dans la plaine. On en trouve aussi qui ont été publiés dans le Genlleman's Magazine. En reconnaissance de son zèle pour la connaissance et la propagation des plantes de l'Amérique en Europe, Linné, qui avait contracté une amitié intime avec Collinson pendant le séjour qu'il lit en Angleterre, a donné le nom de Collinsonia à un genre de plantes qui fait partie de la famille des labiées. Collinson avait aussi étudié avec succès les antiquités de l'Angleterre, et avait été élu, le 7 avril 1737, membre de la société F. S. A., à laquelle il a fourni des articles curieux sur les antiquités de sa patrie et sur celles des autres contrées. Ce fut en allant rendre visite a lord Petrc, |>our lequel il avait beaucoup d'estime, qu'il tut saisi d'une rétention d'urine dont il mourut, le 11 août 1768. Il avait épousé une lille de Michel Russell, dont il a laisse un lils et une lille. Plusieurs écrivains anglais ont publié son éloge : on peut le lire dans la Biographia Britannica, volume 4 de l'édition de 1782, et à la suite des Mémoires sur le docteur Fotkergill, par 11. Letlsom, qui donne un catalogue des divers écrits de Collinson. On peut consulter aussi un écrit du docteur Fothergill et de Michel Collinson.neveu de Pierre, intitule : Home account of the laie Peler Collinson, 1770, in-4», et le vol. 82 du Genlleman's Magazine.— Jean Collinson, ecclésiastique anglais, membre de ia société des arts, mort aux bains de lluthwclls, le 27 août 1703, a publié en anglais: Histoire et antiquité du comté de Sommersel, d'après les mémoires d'Edmond Uack, Balh, 17511, 5 vol. in-4° ornés de 42 planches. D— P— s cl D— z— s.
COLL1US (I'iunçois), savant docteur du collège Ambrosicn, naquit dans le territoire de Milan, vers la lin du 16' siècle. A la suite de son cours de théologie, fait avec beaucoup île distinction, il soutint en 1004, devant le 7e concile provincial de cette métropole, une rameuse thèse comprenant 1 ,303 compositions qui formaient un assez gros volume in-4". Toute sa vie, consacrée à la pratique des devoirs de son état, n'offre aucun événement remarquable. Il mourut en 1010, étant depuis dix ans grand pénitencier du diocèse. Collius est auteur de deux ouvrages qui attestent son érudition, et que la siugu-
COL
COL
larité de ses opinions ont rendus célèbres. Dans le premier, intitulé : de Sanguine Christi. libri quinque, Milan, 1617, in-49, il a rassemblé tout ce qui a été dit et écrit du sang de Jésus -Christ et des différentes parties de son corps par lesquelles ce sang a été répandu. Il n'est point favorable aux traditions populaires qui en attribuent des portions plus ou moins abondantes a certaines villes; mais il agile des questions trop minutieuses, quelquefois même assez ridicules sur le saint prépuce. Le second ouvrage a pour litre : de Animabut paganorum libri octo. Milan, 1622-23, 2 vol. in-4*. Quelques exemplaires du second volume portent, par erreur, le millésime de 1655. 11 y en a eu une seconde édition en 1638 et 1610. L'auteur y traite du salut d'Adam, de Caln, «le Samson, de Melchiscdech, de Dalaam, des sages femmes d'Egypte, de Job, de Salomon, de la reine de Saba, de Nabuchodonosor. Il passe de là à celui d'Homère, des sept sages, de Diogènc, «le Sénéque, et en général de tous les personnages qui ont ligure dans le paganisme. Il leur est assez favorable, excepté à Pylhagore, Aristote, et quelques autres qui ne lui ont pas pain mériter qu'on élargit pour eux la voie du salut. Tout ce système conjectural est fondé sur la connaissance que ces personnages ont eue des choses divines, sur leur vie morale, leurs sentiments, leurs écrits, les témoignages rendus en leur faveur par quelques anciens et modernes. Du reste, cet ouvrage rare, curieux, rempli de recherches, bien écrit, est regardé par «pielqucs critiques comme une détauche «l'esprit et d'érudition, un recueil de faits distribués avec art, et présentés avec beaucoup de réserve. T — d.
COLLOMB (Baiitiielemy) , chirurgien, né à Lyon, le 4 juin 1718, [ut admis comme membre de l'académie de sa ville natale a Cage de vingt-cinq ans. Cette compagnie dérogea pour cela à ses règlements. Il devint ensuite professeur au collège de chirurgie de Lyon, et mourut le 23 avril 1798. On a de lui : 1» Instruction pour les mères nourrices, Lyon, 1783, in-12, ouvrage publié de concert avec le docteur Hast; 2* Œuvres médico-chirurgicales , contenant des observations et dissertations sur diverses parties de la médecine et de la chirurgie, Lyon, 1798, in-8° de 544 pages. Collomb a encore laissé plusieurs ouvrages manuscrits dont on peut lire l'indication dans l'Histoire de C Académie royale des sciences , belles-lettres et arts de Lyon , par M. Dumas, Lyon, 1859, 1. 1", p. 275. G— t— r.
CÔLLOREDO (Fabrice), marquis de Sie-Sophie, de l'illustre famille de ce nom, originaire du Frioul, né en 1576, entra comme page à la cour de Fenlinand de Médicis, grand-duc de Toscane. Dans l'expédition de Bone en Afrirpic, il commanda un corps de deux cents volontaires. Cosme II l'envoya en ambassade auprès de l'empereur Rodolphe II, pour lui notifier la mort de son père. Celte mission fournit à Collorédo l'occasion de visiter plusieurs villes et différentes cours «l'Allemagne. Daniel Ereniita, noble flamand, qui raccompagnait, publia en latin la relation de ce voyage , sous ce litre : lier Uermanicum , dve Epittola ad equitem Camillum
Guidum, seripla de relatione ad Rttâolphum Cœs. Aug. et aliquot Germaniœ principes. On y trouve des traits assez mordants contre plusieurs princes allemands. En 1614, le grand-duc donna à Collorédo le commandement d'un corps de cuirassiers destinés à secourir le duc de Mantoue contre le duc de Savoie. Il jouit ensuite de la plus haute faveur sous Cosme II et sous son successeur Ferdinand 11, dont il fut le principal ministre. Il mourut à Florence, en 1645. — Jérôme Collorédo entra au service dès sa tendre jeunesse , et s'avança par degrés jiuqu'au grade de colonel. Après la bataille «le Lulzen , il fut nommé wachtmeister général, et commanda en Bohême une armée contre les Saxons, qui le battirent le 5 mai 1634. Cet échec lui attira la disgrâce de l'empereur Ferdinand II, qui le fit enfermer dans le château d'OEdcmbourg. Lorsqu'il eut recouvré sa liberté, il fit sous Gallas une expédition en Bourgogne, et fut pris par les Français, qui le relâchèrent peu de temps après. Ayant ensuite marché avec un corps de cavalerie au secours de St-Omer, que les Français assiégeaient, il dégagea cette place ; mais il fut lue d'un coup de pistolet en 1638 — Jean-Iîaptiste CoLLonÉno, comte de Waldsée, servit aussi la maison d'Autriche. En 1642, il se trouva avec son régiment a la bataille que l'archiduc Guillaume livra près de Leipsick au général suédois Torstcnson, et y donna «les preuves de bravoure si brillantes «pic l'archiduc le nomma colonel de ses gardes. Il continua à faire la guefre en Bohême, en Moravie et en Autriche, et fut nommé major général. En 1648, la république de Venise, dont il était sujet, l'appela à son service, et lui confia le commandement des milices de Candie. Il «léfendit la capitale de celte Ile avec la plus grande valeur contre les Turcs, et fui tué dans une reconnaissance, au mois d'octobre 1649. E — s.
COLLORÉDO (Rodolphe), comte de IValdsée, îcld-maréchal «les armées impériales sous Ferdinand H cl Ferdinand III, naquit en 1585, embrassa la profession des armes dés l'âge le plus tendre , et se signala particulièrement dans la fameuse guerre de trente ans. Quelques jours avant la bataille de Lulzen (1652,1, il fut chargé par Wallenstcin d'occuper le château de "Weissenfels,' |>our observer les mouvements des Suédois. Dès qu'il se fut aperçu <|uc Gustave-Adolphe s'avançait vers lui, il tira trois coups de canon, signal dont il était eonvenu avec Wallcnslcin, qui fit ses dispositions. Le lendemain, s'engagea cette bataille mémorable, dans laquelle Collorédo fit des prodiges de valeur, soutint pendant longtemps les efforts des Suédois, et reçut sept blessures. Lorsqu'en 1634, Wallcnslcin, qui méditait sa révolte contre l'Empereur, convoqua à Pibcn les principaux officiers de son année pour sonder leurs intentions, Collorédo fut du petit nombre de ceux qui, malgré ses messages réitérés, ne se rendirent pas à son invitation. Après la mort de Wallenstein , l'archiduc Ferdinand, qui fut nommé généralissime , confia à Collorédo 10.000 hommes pour observer les mouvements de 1'ctmcmi en Lusace et en Silésic. Collorédo s'ac-