‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 93 sur 117 · C03 COL · texte numérisé non relu

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quitta de cette mission avec intelligence , puis rentra en Boliême pour garantir ce royaume. Les forces qu'il commandait ne s'étant pas trouvées suffisantes, en 1641, rEnipcrcur accourut avec d'autres troupes. Pressé île retourner en Autriche pour détendre sa capitale, il laissa le commandement à Collorédo. Lors do l'invasion des Suédois en 1648, la Bohème était tellement dégarnie, qu'ils purent marcher sur Prague et sur prendre la partie appelée la Petite- Ville, et la citadelle le 26 juillet. Collorédo, qui s'était relire dans la ville vieille avec huit cents hommes, icrma les avenues principales, et Ht échouer leurs attaques, quoiqu'il n'eut que deux pièces de canon, et qu'il eut été obligé de prendre des armes dans tous les magasins des armuriers pour en fournir aux étudiants et aux bourgeois. Des renlorts arrivèrent aux Suédois; quarante pièces d'artillerie eurent bientôt tait taire les deux canons des assiégés, mais ne diminuèrent pas le courage de ceux-ci. L'arrivée de Conli, habile ingénieur, mit Collorédo à même de fortilier et d'augmenter ses lignes de défense, et de suppléer, par des mines, au manque d'artillerie. Les ennemis, qui avaient encore reçu des rcnioils, redoublèrent leurs attaques avec une ardeur nouvelle. Jls tirent des brèches assez larges pour qu'un chariot pût y passer, et l'artillerie s'approcha à la portée du pistolet. Les talents <le Conti, la bravoure de Collorédo et des citoyens semblèrent s'accroître avec le danger. Les Suédois sommèrent en vain la place de se rendre; ils donnèrent l'assaut; une partie d'entre eux fut engloutie par l'explosion d'une mine, le reste fut poursuivi jusque dans ses retranchements. Enfin, le 21 octobre, les assiégeants, lassés de l'inutilité de leurs efforts, se retirèrent. Le lendemain, les habitants reçurent les nouvelles d'une suspension d'armes, et, peu après, celle de la paix générale conclue à Munster. L'Empereur récompensa la bravoure et la fidélité des'hahilants de Prague, et Collorédo fut nommé gouverneur de celte ville qu'il avait si vaillamment défendue, cl dans laquelle il mourut, le 24 janvier 1657. E — s.

COLLOREDO- VVALDSEEf Rodolphe-Joseph, comte de), né le 6 juillet 1706, de la même famille que 1rs précédents, ministre des conférences et vice-chancelier de l'Empire. Un des aïeux du prince Joseph, qui portait le nom île Waldsée dans le 10e siècle, fit, sous l'empereur Othon I", la guerre d'Italie. Conrad 1 1 donna à l'un de ses descendants le comté de Melssdanslc Frioul.où celle laniille bàlitdans le 15' siècle le château de Collorédo, dont elle a pris le nom. Il commença sa carrière dans le barreau en Bohème, devint conseiller de cour prés la chancellerie, et fut envoyé a la diète par la cour de Bohême en qualité d'ambassadeur directorial. Ayant quille le service de ce pays, il fut nommé vice-chancelier de l'Empire, en 1737, et assista comme maréchal au couronnement de François 1er. En 1743, il exerçait les fonctions de premier chambellan, lorsqu'il fut appelé de nouveau à la charge de vue-chancelier de j'Empire, dont il s'était démis sous Charles VII. En 1763, l'Empereur l'eleva à la dignilé de prince du St-Empire roniaiu pour lui et ses descendants. Dans

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la même année , il reçut le diplôme de prince du royaume de Bohème, et l'année suivante des lettres de naturalisation dans le royaume de Hongrie. Collorédo-YValdséc eut de son mariage avec une comtesse de Stahrembcrg dix-huit enfants, dont neuf garçons et neuf filles. Dans le mois de juillet 1777, au milieu de cette laniille nombreuse, il eut la satisfaclioti de célébrer, dans son chàieau de Zierndorl, la cinquantaine de son mariage , el do recevoir la bénédiction nuptiale des mains de Sun second fils Jérôme, alors archevêque de Salzbourg. Il mourut le 1er iioxcmbrc 1788, onze ans après cette touchante cerémonii'. M — i» i.

COLLOHÉDO MANSFELD ( François- GlnnACkKii, prince de), H la allié du précédent, lut ministre et tice-chancelier de l'Empire. Il naquit le 28 mai 1731. se distingua dés sa jeunesse par se* dispositions pour les allaites, ce qui le lit nommer conseiller de I Empire et lui valut plusieurs missions importantes que lui confia l'empereur François I". En 1760, il ut chargé d'aller porter à la cour de France la nouvelle du mariage de l'archiduc Joseph avec l'infante de l'arme; et, en 1764, celle de l'élection de l'empereur Joseph II connue roi des Humains, à l'impéralrirc-reine Marie-Thérèse, et aux autres membres de la laniille qui étaient restés à Vienne. Depuis 1767 jusqu'à 1770, il resta à la cour d'Espagne tn qualité d'ambassadeur. A son relour il fui nommé premier commissaire impérial près le tribunal de la chambre de Wetzlar; en 1789, il succéda à son père dans la dignité de vice-chamelier. Au commencement de 171)3, la cour de Munich, a\ant négocié a\ee la république française une convention de neutralité pour la |»arlie de ses Etats, située sur les deuv rives du Rhin, prétendit interdire aux armées impériales le passage par Mauheim et Jnliers, el entraver les opérations des armées alliées. Collorédo se plaignit de la conduite illégale «le l'électeur; et, dans une note qu'il remit le 30 avril au chargé d'affaires de ce prince, il l'engagea à effacer l'impression délavurable qu'elle avait produite, en s'acquillaut promptement de son devoir. Mais celle note du vice-chancelier de l'Empire ne produisit aucun eliet. Deux ans après (1703), l'Empereur désirant entamer indirectement une négociation a\ec le gouvernement français, le prince de Collorcdo s'adressa, après que l'affaire de Quiberon eut manqué, à la cour de Danemark pour la prier de négocier la paix entre l'Empire et la France. Le comte de Bernslorfi, minisire de celle puissance, transmit à ce sujet, le 18 août, une note au comité de salut public; mais l'Angleterre empêcha qu'il hit donné suite |*nir le moment à cette proposition d'arrangement. I\ommé, en 1706, grand chambellan de l'Empereur, Collorédo prit sa retraite le 3 août IKOl», et vécut dès lors dans ses terres, aimé et honore de tous. Le prince François rendit réellement de grand* services à l'Etat sous le règne de quatre empereur*. H mourut le 27 octobre 1S07. Animé d'une piété sincère, sa bienfaisance ne se démentit jamais. Il aimait les arts, les sciences, elnc négligeait aucune occasion de les encourager. U^-d i.

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COLLOREDO -WÀLDSÉE ( Jéroot-Fr akçois- DE-Pali.e, comte de ), archevêque de Salzbourg , frère du précédent, naquit le 51 mai 1732, et fut envoyé dés l'âge de vingt ans comme auditeur à Rome, où, devenu docteur en théologie, il donna des preuves d'habileté et de savoir. Avant l'âge de trente ans il obtint le siège épiscopal de Gurk, et dix ans après ( 14 mai 1772 ) il fut élu archevêque de Salzbourg par le chapitre de cette ville. Cette principauté était alors grevée d'une dette considérable et les caisses étaient vides. Sacrifiant tout ce qu'il avait apporté de sa propre fortune, le nouveau prélat pourvut aux besoins les plus urgents, et en peu de temps la prospérité de ce pays s'éleva à un degré très-remarquable, bous ses prédécesseurs, la caisse de l'Etat, placée dans le palais épiscopal, était a l'entière disposition du prince. Jérôme créa une trésorerie où s'effectuèrent tous les payements, et il ne réserva pour lui que son traitement d'archevêque. Il s'occupa ensuite de régulariser le système des finances. Quoique la masse des impôts ne fût pas exorbitante, la répartition en était si vicieuse qu'ils devenaient très-onéreux à une partie de la population : le premier soin du prince Jérôme fut de régler ce service, mais il n'y parvint qu'après avoir surmonté de grandes difficultés. Enfin il créa une école normale pour les jeunes gens qui se destinaient a l'enseignement. Il s'occupa ensuite de l'instruction publique, et fît de grands changements dans les écoles. Il envoya plusieurs jeunes ecclésiastiques à l'étranger, alin d'y puiser des connaissances utiles. Il sacrilia encore une partie de sa propre fortune pour décharger l'Etat de l'entretien de sa cathédrale. Mais il faut dire aussi que le goût des innovations l'entraîna un peu au delà des bornes, et que le zèle qu'il mil à favoriser les plans de réforme exécutés par Joseph II ne fut pas toujours conforme à l'esprit de l'Eglise. 11 adressa, en 1782, aux curés de son diocèse une lettre pastorale dans laquelle il blâmait sévèrement le hue des églises, et l'exposition de tableaux que l'on y faisait. Il y traitait aussi de superstitions quelques pratiques religieuses des catholiques Il recommandait aux jeunes séminaristes de ne pas se borner à l'élude de l'Ecriture et des Pères, et de s'appliquer aux arts, aux sciences physiques et naturelles. Enfin il prétendait que le culte des saints n'est point un article essentiel de la religion, et il en parlait même en termes peu convenants. Quelques prélats de l'Allemagne imitèrent l'exemple de l'archevêque de Salzbourg; et l'un d'eux alla jusqu'à exempter de dire leur bréviaire quelques prêtres de son diocèse. Mais la plus grande partie, entre autres les archevêques de Vienne et de Matines , s'élevèrent hautement contre des innovations auxquelles d'ailleurs la mort de Joseph II vint bientôt mettre an terme. L'archevêque de Salzbourg se livra alors exclusivement à l'administration de sa principauté. Ses finances étaient dans un état tellement florissant, que lors de l'inondation occasionnée par le débordement de la Salza , plusieurs digues ayant été rompues et les salines fortement endommagées, le trésor put disposer d'une somme

de 400,000 florins, pour réparer le dégât, sans surcliarger le pays d'un impôt extraordinaire. Lorsque le prince Jérômé quitta sa résidence, non-spulement toutes les dettes étaient payées, mais le Fundut initructut du pays se trouvait augmenté d'un demimillion de florins. Toutes les caisses étaient abondamment pourvues; le trésor de la chambre {Kammertahlam) possédait un actif de près de 900,000 florins, et les établissements de bienfaisance un capital de 800,000 florins. Lors de la dernière guerre avec la France, la principauté de Salzbourg dut lever un continrent de 1 ,000 hommes, fournir à la caisse d'opérations de l'empiie pendant les mois d'été, et jiayer un subside. Toutes les dépenses fuient payées sur les revenus ordinaires de l'Etat. La même économio régnait dans l'administration de la fortune privéedu prélat ; aussi se vit-il en mesure de venir plusieurs fois au secours de ses sujets, en leur distribuant des sommes de 25 & 50,000 florins, et de répandre de pareils bienfaits dans les établissements qu'il avait créés. Remplissant toujours lui-même les fonctions de son ministère spirituel, le prince Jérôme eut le rare bonheur pendant troisgénérations de bénir l'union des chefs de sa famille, et, en 1777, de cé^brer l'office divin de la cinquantaine matrimoniale de ses père et mère. Tous les ans il donnait, sur sa cassette, 1,200,000 florins aux indigents, sans compter les dons qu'il faisait, sur ses revenus particuliers, soit aux pauvres honteux , soit aux jeunes gens qui allaient a l'étranger afin d'y faire leurs études. Mais ni sa bienfaisance, ni le souvenir du zèle qu'il avait montré pour certaines doctrines de son époque, ne purent le garantir d'innovations bien autrement funestes. L'archevêché de Salzbourg fut impitoyablement sécularisé, lors de l'établissement de la confédération du Rhin, fondée pâY Napoléon, le 12 juillet 1806. Le prince-évêque Colloredo dut se retirer dans sa famille; il y vécut dans la retraite et de la manière la plus édifiante jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 20 mai 1812. M-t> j.

COLLOREDO-MELSS et WALD-SÉE (Joseph, comte de), feld-maréchal , frère du précédent, était né a Ratisbonnc, le 11 septembre 1735. Entré de bonne heure dans la carrière des armes, il était à dix-sept ans cornette dans le régiment des cuirassiers Lucchesi, et y devint bientôt capitaine. Dans la guerre de sept ans, dont il lit toutes les campagnes, sa conduite à la première bataille qqi fut livrée près de Lowosiz, le 4" octobre 1756, mérita d'être citée dans le rapport du feld-maréchal Drowne, et lui valut le grade de lieutenant-colonel. Blessé, le 6 mai 1757, à la bataille de Prague, et le 7 septembre suivant devant Gorlitz, il fut nommé colonel commandant le régiment de Lascy. C'est lui qui, par sa fermeté dans le conseil de guerre qui s'était réuni à Breslau, obtint pour la garnison une capitulation Itonorable (9 décembre 1757). Le 4 octobre 1703, il fut promu au grade de génèral-feld-wachtmeister. La paix, qui venait d'être rétablie, ne fut pas sans résultats pour l'armée autrichienne, et le générai Colloredo fut sans contredit l'un des officiers qui contribuèrent le plus u perfectionner son instruction.

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Devenu fcW-maréchal-lieutenant en janvier 17T1, H

fui nommé deux ans après conseiller aulique titulaire, et en 1775 on lui confia l'inspection de toutes les troupes de frontière. En 1777, il fut désigné avec le comte de Cobcnzel pour accompagner l'empereur Joseph 11 dans le voyage que ce jeune monarque entreprit en Allemagne, en France, en Espagne et en Suisse, pour y étudier l'esprit des peuples, leurs gouvernements et leurs institutions militaires. Pendant la guerre de la succession, en 1778, le feld-maréchal Colloredo rejoignit l'aile gauche de l'armée en Bohême avec une division d'élite. L'année suivante il hit nommé directeur général de l'artillerie. C'est ici que commence pour lui une nouvelle existence militaire. Toutes ses idées, tous ses efforts se dirigèrent vers celte arme importante qu'il entreprit de perfectionner. On a annoncé dernièrement qu'un ollicier distingué par ses talents et ses connaissances se pro|>osc de publier la biographie du comte Joseph Colioredo, ce qui ne peut manquer d'être fort utile, puisqu'elle contiendra l'histoire de l'artillerie autrichienne; car il n'en est aucune partic dont ce général ne se soit spécialement occupé et qu'il n'ait perfectionnée. Les fabriques de salpêtre, de poudre, d'arme, les arsenaux, reçurent, sous sa direction} une grande activité et de nombreux perfectionnements que seconda admirablement le célèbre Yéga. ( Voy. ce nom.) En 1786, il créa le corps de bombardiert qui a eu de si heureux résultats pour l'artillerie autrichienne. Enfin, pour couronner ses eftorls, il sut fixer l'attention du monarque sur le sort des vétérans de cette arme, et sur celui de leurs veuves et orphelins, et un système de secours fut établi pour eux. En 1783, le prince Joseph accompagna l'Empereur dans son voyage pour l'inspection des forteresses sur les frontières orientales. En 1786, il fut nommé grand maître de l'artillerie; fit, en cette qualité, la guerre contre les Turcs, et montra devant Belgrade, qui dnt céder après vingt jours de bombardement, à quel point de perfection était parvenue l'artillerie autrichienne. Le 12 octobre 1789, il fut nomme feld-maréchal, et en 1790 il accompagna Laudon à son quartier général de l'armée d'observation. Ce fut lui qui vint annoncer la mort de ce grand capitaine à l'empereur Léopold, et qui prit le commandement provisoire de l'armée, qui fut dissoute bientôt après. L'âge du prince Joseph ne lui permit pas de prendre une part active aux guerres de la révolution française ; mais il cul toujours une grande influence dans le conseil. ]| fut élevé au poste de ministre d'Étal et des conférences en 1805. Pendant la campa zne de 1809, en l'absence de l'archiduc Charles, généralissime, il prit le portefeuille de la guerre, et le conserva jusqu'à la lin de novembre 1814. Lors de la nouvelle organisation du conseil d'Étal, on lui confia la section de la guerre, qu'il présida jusqu'à sa mort, arrivée le 20 novembre 1818. L'empereur François, \oulanl honorer sa mémoire, lui fit ériger un monument dans l'arsenal de Vienne. M — n j.

COLLORÉDO- YVENZEL ( Jean-Népomicêne- Faauçois, comte de), né à Vienne, le Soctobre 1738,

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était destiné par sa fi mille aux dignités de l' F élise; mais, ne se sentant aucune vocation pour l'état ecclésiastique, il suivit la carrière des armes, où la guerre de sept ans vint bientôt lui donner l'occasion de se distinguer. Entré au service le 18 juin 1756, en qualité de sous-lieutenant dans le régiment d'infanterie Charles Colloredo, il obtint successivement, dans l'espace de huit ans, les grades de capitaine, de second major, de lieutenant - colonel et de colonel. Devenu général-feld-wachtmeister, avec un commandement en Dohéme, il fut un des trente-six chambellans attachés à la personne de l'empereur Joseph II, et conserva cette dignité jusqu'en 1783, époque è laquelle il obtint le grade de feld-maréchal-lieutenant, avec le commandement de l'Esclavonie et du Banat. Plus tard créé chevalier de l'ordre Teutoniquc et ayant obtenu le commandement de Mclclicln , le comte Jean demanda à se rapprocher de ses nouvelles possessions ; on lut conféra le commandement d'une division en Moravie. De là il partit pour rejoindre l'armée du febl-maréchal Laudon, mi, en qualité de plus ancien feldmaréchal-lieutenant, il fit la guerre contre les Turcs, et se distingua particulièrement an siège de Belgrade. L'Empereur le nomma alors grand-maltrc de l'artillerie, commandant de l'intérieur de l'Autriche et du Tyrol, et conseiller intime titulaire. La guerre de la révolution, en 1793, l'appela bientôt dans les Pays-Bas, on il rejoignit l'armée du prince de Co> bourg. Le 18 mars 1793, à la bataille de Neerwinden, posié sur les hauteurs en avant d'Oberwimlen, il soutint Panamie de l'aile gauche de Dumouriez, sans perdre un pouce de terrain, jusqu'à l'arrivée du prince Charles qui, avec son avant-garde, culbuta l'ennemi et remporta une victoire complète. Ix 1" mai suivant, Dampierre, voulant aller au secours de la ville de Condé, s'était mis en marche pour attaquer la partie du corps du général Ferraris, qnc commandait le comte Colloredo-Wenzel. Celui-ci résista aux attaques réitérées du général français, et, prenant lui-même l'offensive, il rejeta l'ennemi de l'autre côté de la Ronelle, et poussa jusque sur les hauteurs vis-à-vis le camp de Famars. Après avoir encore élé chargé de différents commandements, le comte de Colloredo - Wonzel fut nommé président du conseil auliqnc de guerre, et. en t808, feld maréchal. En 1815, il Commanda l'armée d'Italie, et reprit ensuite la présidence du conseil aulique, dont il s'était démis quelques années auparavant. 11 rendit les plus grands services par son activité pendant les eampa?ncs que l'Allemagne a nommées la guerre de la délivrance. L'Empereur l'attacha immédiatement à sa personne, en lui rendant la charge qu'il avait occupée à la cour, et en le nommant capitaine tics trabaiK, ou gardes particuliers de sa personne. Il lui confia en même temps la présidence de la section militaire du conseil d'Éiat. Le comte de Colloredo Wenzcl termina sa carrière le 5 septembre 1822, dans sa 84* année. M— d j.

COI LOIU.DO-MAISSFEI O (JÉnmiE, comte nr.\ né à Wctzlar, le 30 mars 177S. était le second fils du chancelier François Gundacker, prince deCollo*

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redo-Mansfeld. Doué d'une forte constitution, d'une haute stature et d une vivacité d'esprit extraordinaire , il *e voua de lionne heure à la carrière des armes. Son oncle, le comte Joseph, qui l'affectionnait particulièrement, lui donna à dix-sept ans une place de sous-lieutenant dans son régiment. Le jeune comte suivit bientôt après comme officier d'ordonnance le général Cierfayt, qui commandait le corps auxiliaire autrichien dans l'expédition du duc de Brunswick contre la France en 1702. Nommé capitaine-lieutenant en 1793, et commandant une compagnie de grenadiers, il concourut successivement au siège de Condé, à l'attaque du camp de César, au blocus de Dunkerque, etc. Nommé capitaine titulaire le 10 février 1794, il faisait partie de la réserve lors du combat que le général Otto eut à soutenir le H et le 18 mai sur les hauteurs de Turcoing, et il fut cité particulièrement. Mais le sort des armes, devenu bientôt si fatal aux alliés, le fut aussi pour le jeune Collorcdo. Il était renlermé dans la place de Condé, dont la garnison se rendit après cinquante et un jours de siège. Devant retourner en Autriche jusqu'à son échange, il ut retenu comme otage, et contre les clauses de la capitulation, par ordre du général Schérer. Conduit prisonnier à Paris, il y resta longtemps détenu à l'abbaye St-Germain ; et ce fut là qu'il rencontra le comte Auguste de Leiningen-Westerliourg, depuis général-major, el tous les deux de concert réussirent à s'évader. Passant par Lyon et Genève avec de faux passe-ports, ils arrivèrent à l'armée autrichienne, que commandait alors en Franconie le comte de Cierfayt. Le capitaine Colloredo fut aussitôt placé à la tète d'une compagnie de la garde, et lit la campagne de 1796 à l'avant-garde du fdd-niaréchal Wurmser Blessé grièvement quelques mois après d'un coup de feu à l'attaque de Brégentz, il fut transporté à Inspruck et de là à Vienne, ou il se rétablit en peu de temps, au grand élonnement de tout le monde. Cependant cette blessure, que d'abord on avait crue mortelle, altéra sa santé pour le reste de ses jours. Quatre mois après, Il put reprendre son service avec le grade de major. Ayant été chargé d'organiser un régiment hongrois, il s'acquitta de cette tâche avec tant d'habileté et de zèle, que deux bataillons furent bientôt en état d'entrer en campagne. Le comte de Colloredo se distingua à la tète d'un de ces bataillons, et il obtint le grade de colonel en second du régiment Olivier-Wallis, qui se trouvait sur le Haut- Rhin. Il se rendait à sa destination, lorsque, arrivé prè* de Lanphcim, il rencontra le faible corps du prince Joseph de Lorraine, qui marchait sur Schaffhaiisen, furmant le centre de l'attaque dirigée contre l'ennemi, qui occupait une posilion sur la Bothflussen. Colloredo offrit ses services au prince, prit le commandement d'un bataillon, à la tête duquel il lit des prodiges de valeur, et fut récompensé de sa belle conduite par le grade de colonel-commandant du régiment Archiduc-Ferdinand. Le irr septembre 1803, il fut promu au grade de général-major avec le commandement d'une briuade de cinq Iwtaillons de grenadiers, dans l'armée qui occupait le pays vé-

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