‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 94 sur 117 · COL OU · texte numérisé non relu

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nitien sous les ordres du prince Charles. A l'ouverture de la campagne, les 30 et SI octobre, il fit échouer toutes les tentatives de M asséna sur l'aile gauche de l'armée dont il avait pris le commandement, dans la posilion retranchée de Caldiero. En 1809, Colloredo commandait une brigade de six bataillons à l'armée d'Italie, où il se distingua encore en différentes occasions, et particulièrement le 12 mai à Vérone, où il fut blessé en se défendant pendant vingt-quatre heures contre tous les efforts des Français, donnant ainsi le temps à l'armée autrichienne d'opérer sa retraite. Nommé feld-maréchal-lieutenant et commandeur de Marie-Thérèse, il prit le commandement d'une division, et se distingua de nouveau au combat de Raab. En 1813, il commandait une division en Bohème dans le corps d'observation, sous les ordres de Giulay. La bravoure, les talents qu'il déploya à l'attaque de la redoute de Dippoldiswald, et surtout à la bataille de Kulm, où, après avoir pris le parc d'artillerie de l'ennemi, il enleva le village d'Aï besau, et contribua puissamment au succès de la journée, lui méritèrent le grade de général d'artillerie ( fcldzciigmcislcr ), avec le commandement du premier corps d'armée, el la décoration de M-Alcxaudre-ISewsky, tpic lui envoya I empereur de Bussie. Ayant reçu, le 17 septembre, du prince de Schwarzenberg, l'ordre d'occuper les hauteurs de Strisowitz au moment où Napoléon en personne faisait une tentative par le dëlilé de Nollendorf, il se jette aussitôt sur le flanc gauche de l'ennemi, soutient un combat long et sanglanl près d'Arbesau, enlève en lin ce village et se porte en toute hâte sur la route de Nollendorf. Intimidé par cet échec et par la nouvelle de l'approche des Prussiens et des Russes, l'ennemi se retire en désordre, abandonnant son artillerie et plusieurs milliers de prisonniers. L'empereur Alexandre envoya dans la nuit mémo au comte de Collorcdo la croix de St- George de troisième classe, en lui exprimant toute sa satisfaction dans une lettre écrite de sa main. Le 17 octobre, arrive devant Leipsick avec le premier corps, Colloredo formait, avec la division Liechtenstein et la réserve que commandait Mervcldt, l'aile gauche de l'année alliée sous les ordres du prince tic Hesse-Hom bourg. Ce général ayant été blessé, et Marveld lait prisonnier, Colloredo prit le commandement ; mais, vers cinq h* tires de l'après-midi, comme il faisait ses dispositions sur le front de la ligne, il reçut une balle dans le côté gauche, à l'endroit même où, plusieurs années auparavant, il avait été atteint. Jl recommanda aussitôt de ne point parler de cet accident, et continua de. donner ses ordres et de concourir au succès de la joui née. Bcmis de sa blessure, il prit, au G janvier 181 î, le commandement de l'extrême gauche de l'armée alliée, cl reçut encore dans un combat d'avant-postes, près du pont de Barces, un coup de feu à la cuisse gauche, ce qui l'obligea de quitter le champ de bataille et l'empêcha de prendre part au reste rie la campagne. Après la paix de Paris, en 181 1, l'empereur d'Autriche lui confia le commandement des troupes qui se retiraient en Bohême, et l'inspection générale de l'infanterie. Lors du retour de Na-

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poléon en 1815, le général Colloredo commanda un corps de 24,400 hommes, d'autres disent 40,000, avec lequel il passa le Rhin, le 26 juin, près Bùle, et marcha sur Bel fort pour attaquer Lecourbc, auquel il livra le 28 le combat de Cliavanie entre Danpem et Bel fort, ce qui força le général français de se jeter sur cette dernière place. Arrêté bientôt dans ses opérations par la conclusion de la paix, il alla prendre le commandement en Bohème. Six mois après, il passa en Illyrie, en Styrie et dans le Tyrol. Dans un voyage qu'il lit a Vienne, il fut' atteint d'une maladie douloureuse, suite des fatigues de la guerre et de ses nombreuses blessures, et il y succomba le 25 juillet 4822. Les officiers du corps alors cantonné en Bohème demandèrent l'autorisation de lui élever un monument sur le champ de bataille de Kulm ; et ce glorieux trophée s'élève aujourd'hui sur les lieux mêmes où Colloredo s'était plus particulièrement distingué. M— o j.

COLLOREDO (Locis), capucin de Vérone, se fit remarquer en 1707 à la (été des furieux qui massacrèrent, jusque dans les hôpitaux, des soldais malades de la république française. Au milieu de ces horreurs, on le vit haranguer la populace, et l'exciter par ses discours a exterminer tout ce qui portait le nom français. Arrêté après la réduction de cette ville, et traduit devant une commission militaire, il fut condamné au dernier supplice et exécuté sur-le-champ. 11 affronta la mort avec un grand courage, et étonna ses jugea par sa fermeté autant que par sa présence d'esprit. Après les événements de 1814, les capucins de Vérone lui élevèrent dans leur église un monument qui rappelle sa conduite et sa condamnation. Botta a inséré dans son Histoire d'Italie un discours très-rcmarnuablc, prononcé par ce moine fanatique, et attribué sans fondement au fameux prédicateur Turchi, alors évoque de Parme. G— ny.

COLLOT D'HERBOIS (Jean-Marie), membre de la convention nationale, du comité de salul public, et l'un des hommes les plus horriblement fameux de la révolution, naquit à Paris, en 1750. Comédien ambulant avant celte époque, et auteur dramatique très-médiocre, il avait été froidement accueilli dans plusieurs villes; il s'était même vu siffler à Lyon, et cette malheureuse ville paya bien cher quelques années plus tard un acte de justice réclamé par le bon goût. Collot d'Iierbois mit cependant d'abord dans sa conduite plus de régularité et plus de décence que n'en comportait alors la profession qu'il exerçait. A Genève, où il était devenu directeur de troupe, il jouissait d'une certaine considération, et ce fut là sans doute qu'il puisa ses principes républicains, qui s'exaltèrent en 1789, et dégénérèrent en démence furieuse par l'abus des boissons fortes ; car, dans les dernières années île sa vie, il était presque toujours ivre; aussi, dans leur fameux noèl, les Girondins l'appclérenl-ils le sobre Culht. Admis au club des jacobins, son audace, la force de son organe, et sa déclamation théâtrale , l'y firent remarquer, et lui donnèrent quelque ascendant. Une petite brochure commença sa fortune politique.

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Le club des jacobins avait proposé un prix pour la meilleur ouvrage dans lequel on ferait connaître au peuple combien le nouvel ordre de choses lui était avaniageux. Il s'agissait de la royauté constitutionnelle : on eût, à cette époque, regardé comme le dernier terme de l'extravagance le projet de substituer la république à la monarchie. Col lot composa un opuscule intitulé VAlmanach du père Gérard (1),qui remporta le prix, et fut prôné par tous les partisans des idées nouvelles. Ce succès excita l'amour-propre de l'auteur, qui dès lors se crut appelé à remplir les premières places de l'État. Lorsque Danton fut nommé ministre de la justice, Collot d'Herbois, qui prétendait à ce portefeuille, disait, au rapport de Prudhomme, son ami : « Louis XV! n'est pas pa- « triote ; s'il l'était, n'aurait-il pas dù me nommer « ministre de la justice? » Persuadé qu'il n'avait plus rien à espérer de la cour, il saisit habilement l'occasion de se déclarer contre elle avec un certain éclat. La victoire de Rouillé sur les insurgés de Nancy étant devcuue impopulaire, grâce aux déclamations des principaux démagogues, Collot imagina qu'il pourrait faire tourner à son avantage celte disposition des esprits. Appuyé par la société des jacobins , il présenta à l'assemblée législative, dans la séance duOavril 1792, une pétition en faveur de quelques soldats du régiment de Château-Vieux, condamnés aux galères par les lois de leur pays, pour avoir pris part a la sédition. La pétition fut accueillie par l'assemblée, le roi demanda la grâce de ces soldats, et les cantons l'accordèrent sans difficulté. Collot d'Herbois ne s'en tint pas là ; il voulut que le retour de ses protégés fût un triomphe, et il les recommanda à tous les clubs, depuis Brest jusqu'à Paris. On les reçut partout comme des martyrs de la liberté, et ils arrivèrent dans la capitale chargés de lauriers et de couronnes. Lu banquet somptueux lesattendait dans le local de la société ; enfin, d'une grâce accordée à des galériens, on lit une intrigue, un moyen de révolution. Pétition, maire de Paris, autorisa en leur honneur une espèce de fête civique. On les fit placer sur un char attelé de chevaux blancs, et au haut duquel trônait Collot dans une attiuide Uiéâtrale, et entouré d'une multitude de petit* drapeaux tricolores. Ce singulier cortège partit de l'emplacement de la Bastille, traversa lentement les boulevards, suivi d'une nombreuse populace, et se rendit au Champ de Mars, au pied de l'autel de la pauie ; là, tes triomphateurs et leur cortège prêtèrent, au milieu des hymnes et des chants patriotiques, le serment de vivre libres ou de mourir. Ils furent ensuite présentés à l'assemblée nationale, qui leur accorda les honneurs de la séance. Celte jonglerie politique, dans laquelle parurent les premiers bonnets rouges, servit merveilleusement les projets de celui qui l'avait préparée et qui s'en était fait le héros. Il devint membre de cette municipalité de Paris, qui, daus la matinée du 10

(I) Le père Gérard était on cnlliratetir breton, que sud bailliage avait depulé aux éiai* génitaux : c'était un homme simple M boaue«e, auquel l'esprit de parti supposa louic» le» vertu».

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août 1792, après 'avoir chassé l'ancien corps municipal, se mit à sa pince, s'installa elle-même, et prononça la déchéance du roi. Dés le lendemain de celte journée, Collot devint membre du conseil attaché au ministère de la justice. On s'accorde généralement à dire qu'il fut le provocateur cl le panégyriste des massacres de septembre, et l'on cite a l'appui de cette opinion les paroles qu'il adressait à Robert de Paris, qui le félicitait de sa nomination au conseil de la justice : « Voilà le faubourg St Germain « qui va bientôt être évincé, nous pourrons choisir a chacun l'hôtel que nous voudrons. » H présida l'assemblée électorale qui, en septembre 1792, nomma les députés à la convention, el il fut l'un des premiers élus pour représenter le département de Paris. Dés les premières séances, il demanda l'abolition de la royauté, mais non pas le premier, comme le dit le Moniteur du 22 septembre : la motion en avait déjà été faite avant qu'il prit la parole, et il n'eut plus qu'a la faire adopter en l'appuyant avec force. Le 30 octobre suivant, il réclama la |>eine de mort contre les émigrés. Envoyé à Nice après la conquête de ce pays à la lin de 1702, il se trouvait absent lors du procès de Louis XVI, mais il écrivit qu'il votait la mort sans appel et sans sursis. Collot fut l'instrument le plus aveugle et le plus féroce des doctrines de la montagne. La fureur exterminatrice qu'il déploya dans ses missions fait de lui, comme de Carrier, l'expression la plus complète et comme l'incarnation de cette maxime qui résume toute la politique du temps : massacrer pour épouvanter, épouvanter pour régner. De retour à Paris à la lin de 171)2, quelque temps avant le prétendu assassinat de Léonard Bourdon, à Orléans, il lit déclarer cette ville en état de rébellion, et s'opposa à la mise en liberté des prévenus arrêtes par suite de ce crime imaginaire. Une autre mission qu'il remplit dans les départements de l'Oise et de l'Aisne fut également signalée parties arrestations nombreuses, cl lui donna un nouveau titre à l'horrible confiance de la convention. Coliol en était déjà devenu un des membres les plus influents. Il avait participé, dans les journées des 31 mai, 1" et 2 juin 1793, à la victoire remportée par Robespierre sur le parti de la Gironde. Le 13 juin, il avait été élu président de la convention. Le 6 septembre, sur la proposition de Barèrc, il fut, avec Billaud-Varenncs, adjoint au comité de salut public. La loi des suspects, rendue le 17 du même mois, avait tellement encombré les prisons de la capitale, que les membres du comité eurent à délibérer sur les moyens d'y faire un vide. Comme quelques-uns de ses collègues proposaient la dé|>ortation : a 11 ne faut rien déporter, s'écria Collot d'Herbois, « il faut détruire tous les conspirateurs; que le lieu « de leur détention soit miné et la mèche toujours a allumée pour les faire sauter, si eux ou leurs par- « tisans osent tenter de nouveaux efforts contre la « république. » En novembre 1793, il se rendit à Lyon avec Fouché de Mutes, l'un îles deux commissaires qui lui avaient été adjoints : il était chargé de purifier cette malheureuse cité. Les détails de sa conduite dans cette terrible mission ne peuvent tous

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