‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 95 sur 117 · COL 6IS · texte numérisé non relu

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appartenir à cet article. 11 fit périr plusieurs milliers

de personnes par les mains des bourreaux, la fusil* lade el le canon. Un décret du 21 vendémiaire ordonnait la démolition de Lyon, et ajoutait que les ruines de cette belle cité s'appelleraient désormais Commune affranchie. Collot écrivit alors à la convention : « T>ous le jurous, le peuple sera vengé ; le sol qui « fut roufi du sang des patriote* sera bouleversé. « Tout ce que le crime et le vice avaient élevé sera « anéanti ; el sur les débris de celle ville sujierbe et « rebelle, qui fut assez corrompue pour demander « un maitre, le voyageur verra avec satisfaction « quelques monuments simples élevés à la mémoire u des amis de la liberté, et des cliaumiércs éparses, « (pie les amis de l'égalité s'empresseront de venir « habiter, etc. » Toute sa correspondance est écrite sur ce ton. U réclame de la société des jacobins de Paris, pour composer ses commi$$ion$ extraordinaires, de vraii sans-culottes, et pour l'aider dans son projet de régénération de la cité lyonnaise, une colonne de l'année révolutionnaire. Bientôt, en effet, il mil a exécution le décret de la convention et continua, en détruisant les principaux édifices de Lyon, l'umvie de son collègue Coulhon, qui avait déjà fait abattre la presque totalité des maisons de la place de lielcour. Collot déploya une effrayante activité dans l'accomplissement de ce qu'il appelait son devoir. Les cinq juges qui composaient la commission temporaire proscrivaient et jugeaient sans cesse; sans cesse les bourreaux exécutaient leurs arréis. Au moindre signe de lassitude, Coltot d'Herbois gourmandait leur paresse, a Vous vous plai- « guez, leur disait-il. de travailler le jour et la nuit ! a Faibles républicains, l'excès de vos travaux est-il à « comparer à mes veilles? Brûle/, bridez du feu qui u m'anime, et vous recouvrerez de nouvelles forces. » L'instrument de mort était en permanence sur la place des Terreaux ; mais, au gré de Collot, lu guillotine ne pouvait fonctionner assez vite. D'ailleurs, selon lui, les exécutions n'étaient pas assez théâtrales : « Je m'indigne, l'entendail-ou s'écrier, je m'indigne « que la vengeance de la patrie soit aussi morne et « silencieuse : c'est à coups de foudre qu'elle doit a frapper ses ennemis. » Aussi bientôt les fusillades et les mitraillades lui parurent un moyen plus expéditif et plus grandiose de venger la patrie. En présence de ces alrocilés , non-seulcmenl il n'était pas permis de gémir, mais il ne fallait pas mémo se Uiire : il fallait applaudir sous peine de montrer une faiblesse anlirépubliêaine. « On traitera a comme suspect , disait-il dans une de ses pro- « clamations , tous ceux qui laisseraient apercevoir « sur leur physionomie ou dans leurs propos le moiu- « die signe de tristesse et de compassion. » Une pétition rédigée en faveur des malheureux Lyonnais fut lue à la barre de la convention, et parut produire quelque effet ; mais Collot, qui avait été apjwlé à Paris par le comité, vint à bout d'intimider ses adversaires par un véritable coup de théâtre ; il se servit de l'effigie de Clialier, comme autrefois Antoine des restes sanglants de César, |>our exalter lot fureurs populaires. Le simulacre du féroce Piémou-

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Uis fut présenté à la convention, porté dans toutes les rues, invoqué à la tribune des jacobins, et l'ordre de continuer les exécutions fut réitéré ; niais relui qui l'avait fait donner étant resté à Paris, elles se ralentirent insensiblement, et cessèrent enlin, à l'époque où elles devenaient plus effrayantes et plus multipliées dans la capitale. Cependant la division commençait à s'établir parmi les plus ardents révolutionnaires ; Robespierre et Collol s'observaient. L'union dans laquelle ils avaient véeu jusqu'alors cessa tout à coup à l'occasion d'un événement qui acquit à Collot une popularité qui excita la jalousie de Hobespierre. Le 22 mai 1794, en rentrant chez lui à une heure du malin, il fut attaqué par un jeune homme nommé Admirai, qui lui lira deux coups de pistolet , dont aucun ne l'atteignit. Cet événement fit beaucoup de bruit , et parut augmenter pour quelque temps l'influence dont il jouissait dans la convention. Le 19 juillet, il obtint la présidence. Ce fut alors que Robespierre, jaloux de tous ceux qui voulaient l'égaler , se déclara son ennemi , et s'adjoignit Sl-Just et Couthon pour former ce triumvirat qui, après avoir exercé un pouvoir sans bornes pendant quelques semaines, fut «lissous le 9 thermidor. Collot contribua puissamment à la proscription de Robespierre; mais il ne (arda pas à être dénoncé lui-même par Lecointrc de Versailles, et maigre l'évidence des faits, la convention passa à l'ordre du jour le 15 fructidor suivant (50 août). Un mois après, le 12 vendémiaire au 3 1 5 octobre 1794 ) , Legendre renouvela contre Collot d'Herbois, Billaud-Varennes et Barére, la dénonciation de Lecointre, et obtint qu'une commission serait chargée de l'examen de la conduite de ces trois représentants, qui, en conséquence, furent décrétés d'accusation le 12 ventôse an 4 (2 mars 1798). L'nc députation de la ville de Lyon apporta à l'assemblée un mémoire qui fortifiait, par l'exposé des faits les plus graves, la mesure législative dont Collol était particulièrement l'objet. Il profita avec autant d'adresse que de succès «le la fermentation causée dans Paris par un prétendu projet de le sauver. Dans sa défense, toute en récriminations contre les membres des comités , il sut alarmer la convention elle-même. « Ce u'est point contre moi, s'écriait-il, ■ mais contre l'assemblée tout entière que l'on « commence la guerre par des libelles, jusqu'au mo- « ment où on pourra la soutenir |>ar les poignards, « cl la terminer |»r les échafauds. » La discussion contre Collot d'Herbois et ses deux collègues, romnicitcee le 5 germinal an S (25 mars 1795). fut interrompue le 12 du même mois (|rr avril) par le soulèvement du |>cuple des faubourgs, dirigé par le parti jacobin contre la convention. Cette tentative ayant échoué, l'assemblée condamna immédiatement Collol d'Herbois, Bdlaud - Varenncs et Barète, à I* déportation, et ordonna qu'ils seraient dirigés le jour même sur Rocliefort, et de là transportés à Cayenne. Jusqu'au 1er prairial an 4 (22 mai 1795) , les partisans de ces députes parvinrent a paralyser la mesure prise contre eux ; mais l'insurrection du 1** prairial , dont le but était le

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même que celle du 12 germinal précédent, ayant

éclaté avec une violence qui alarma chaque représentant pour sa propre vie, et dont Féraud fut la victime (roy. Ffciuco), la convention décréta que, dans le cas où les condamnés n'auraient pas encore quitté la France, ils seraient traduits au tribunal criminel de la Charente-Inférieure. Avant l'arrivée du courrier porteur de cet ordre, des avis particuliers étaient parvenus à Rocliefort, et on s'était liàlé d'cmbar<|iier Collot et Rillau-J. Séparé de son compagnon d'infortune en arrivant a Cayenne, Collot d'Herbois, fidèle à ses principes, s'efforça de soulever les noirs contre les blancs, et l'autorité, informée de ses manœuvres, le fit enfermer dans le fort de Sinnamari. 11 y fut atteint d'une fièvre chaude. On voulut le transférer dans l'Impital de Cayenne. Dévoré d'une soif ardente, il demanda à boire pendant le trajet. Soit erreur de la p:irt des nègres qui le portaient, soit d'après des ordres secrets, ils lui donnèrent une bouteille de rhum, qu'il but d'un trait. Ses souffrances devinrent aussitôt horribles, et il expira en arrivant à l'Iiôpital, le 18 nivijse an 4 (janvier 1790). Presque tous les ouvrages de Collol d'Herbois, pieces de théâtre et opuscules littéraires, se ressentent de son état d'irritation perpétuelle, et sont parfailenipnt d'accord avec ses opinions polili<|ues. Les principal» sont : 1° Lucie, ou les Parents imprw dents, drame en 5 actes et en prose, Bordeaux, 1772; Nantes, 1774; Avignon, 1777; la Haye, 1781, in 8*. 2° Le Paysan magistrat, comédie en 5 actes et en prose, imitée de l'espagnol de Caldcron, d'après la traduction de LingUCt, 1777, iu-8", 1780, hl-8*; Bruxelles, 178.1, in-8° ; Paris, 1790, in 8*. La pièce espagnole est intitulée i'^/cajf de Zalamta, H l'ouvrage de Collot fut aussi représenté sous ce litre et sous celui de: Il y a bonne justice. 3° Le Vrai (itnéreux, ou les bons Mariages, drame villageois en I acte, Paris, 1777, in^v 4* Le Don Angttin, m l'hommage du cœtir, «omédic-vaudeville en I acte, Amiens, 1777, in-8°. 5* Le Nouveau IS'ostradamus. ou les Fêles provençales, comédie en 1 acte et eu prose, Avignon, 1777, in-8°. G* Le bénéfice, comédie proverbe en 1 acte cl en prose, Paris, 1776, in-8\ 7* Ijcs Françaisà la Grenade, ou l'Impromptu de la guerre et de l'amour, comédie-divcrlisseiaeat en 2 actes el en prose, mêlée de chants, eter, Lille et D.mai, 1779; Bordeaux, 1780, iu-8v C'est sans doute cette pièce que Krsch a indiquée sous le titre de l'Impromptu à la dragonne. S" L'Amant loupgarou, ou Monsieur Rodomont, pièce comique ea 4 actes el en piuse, imitée de l'anglais. Douai. 1777; Paris, 1780, in-8*. C'est une imitatiou des Commetes de \Vind»or, par Shakspcarc. 9S La Ft'te daw pltine. ou le Monument français, comédie en I acte et en prose, mêlée de chants, etc., Rouen, 1781. in-8°. 10* L'Inconnu, ou U Préjugé nouvellement vaincu, comédie en 5 acles el en prose, Paris, 1790, in-8». M" La Famille patriote, ou la Fédération. pièce nationale en 2 actes el en prose, Paris, 1790, in-8". 12" Adrieimê, ou le Secret de famille, COI IICdie en 3 actes et en prose, 1790, in-8*. is» Le Pro-

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cès de Socrale, ou le Régime des anciens temps, comédie en 3 actes et en prose, Paris , 1791 , in-8°. 14* Les Portefeuilles , comédie en 5 actes et en prose, Paris, 1791, in-8°. 15' L'Ain* et le Cadet, comédie en 2 actes et en prose, Paris, 17!>2, in-8°. 16° Almanach du P. Gérard pour 1792, Paris, 1792, in-12, avec figures réimprimé en divers formats, et aussi sous le titre d'Etrcnncs aux amis de ta Constitution française, ou Entretiens du père Gérard avec set concitoyens, 1792, in-12, traduit en anglais à Paris même par J. Oswald, 1792, in-8°; en hollandais, à Dunkerque, 1792, in-8°, et en allemand. Un anonyme donna en même temps Y AImanach de l'abbé Maury, ou Réfutation de ï Almanach du père Gérard, in-32, qui a eu au moins deux éditions. Lucie, le Paysan magistral et l'Amant toup~ garou ont été recueillies à la Haye par le libraire UMrtapd, qui s'est contenté d'imprimer un frontispice, portant ces mois: Œuvres de théâtre de M. Collot d'Uerboit, la Haye, 1781 .in-S*. Le même libraire annonçait la proebaine mise en vente de Rodrigue et Sérapliine, comédie liéroï-Iyrique en 4 actes du même auteur ; on ignore si elle est imprimée. Collot donna, en 17H0, au théâtre du Palais-Royal (aujourd'hui le Théâtre-Français), la Journée de Louis XII, comédie héroïque et nationale en 3 actes, et Isabelle et don Louis, comédie en 3 actes. Ces deux pièces ne sont point imprimées. 11 est aussi l'auteur d'un drame en 5 actes et en vers, joué en province sous le litre de : Clémence et Monljair. Collot d'IIerbois a fait à la convention et aux jacobins plusieurs discours ou rapports qui ont été imprimés. Il ligna avec Barére , Billaud et Vadier, la Réponse des membres des deux anciens comités de salut publie et de sûreté générale, aux imputations renouvelées contre eux par L. Leeointre de Versailles, an 3, in-K"; et avec les deux premiers, la brochure intitulée : les Membres de l ancien comité de salut public au peuple français et à ses représentants, an 5, in-8°. Il publia aussi une apologie de sa conduite à Lyon, ou réponse aux accusations dirigées contre lui. Celte brochure est antérieure au 9 thermidor. lïnlin, plusieurs lettres de Collot sont imprimées dans le Rapport fait (par Courtois) au nom de la commiision chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et tes complices ; et dans le Rapport fait (par Saladin) au nom de la commission des vingt et un, créée pour l'examen de la conduite des reprétentants du peuple Billaud-Varennes, Collot d'I ferbois, Barère et Vadier. B— it et Ch — s.

COLLOT (Jean-François-Hemu), né au Pontd'Arches, près de Chorleville, le 26 janvier 171», occupa l'emploi de commissaire ordonnateur des guerres, d'abord à Grenoble, puis à Rennes, et enlin à Nancy. Le temps qu'il pouvait dérober aux soins de l'administration militaire, il le donnait à la culture des leiires; et c'est par là seulement qu'il est parvenu à sauver son nom d'un complet oubli. Des fables, parmi lesquelles l'abbé Boulliot, dans sa Biographie ardennaise, cite le Pinson et la Fauvette, et un assez grand nombre de pièces légères, lui avaient procuré ces faciles succès de société qu'un

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bon esprit sait toujours apprécier a leur juste Talear.

Ces premiers essais de Collot n'ont pas vu le jour. 1° Il avait composé un Mémoire sur les invalides, qui fut présenté au ministre et à la cour, On le trouve inséré dans V Encyclopédie de Diderot, au mot Ihvalioes. Collot, frappé de la dépopulation des caml>agnes, propose d'y remédier, en disséminant, dans les communes rurales les plus voisines du lieu de leur naissance, tous les invalides encore en état de se marier. « Quel inconvénient, dit l'auteur du mé- « moire, y aurait-il de statuer que tout soldat, cavao lier, dragon, de quarante-cinq ans et au-dessous, a auquel ses serv ices ou certaines blessures ont mérité « l'hôtel des Invalides, se retirât dans ta commuai nauté ( commune rurale ) ? Pourquoi ne pas faire a une loi d'État qui oblige cet homme 4e s'y ma- « rier?.... Le soldat avec sa paye que le roi devra « lui conserver, suivant son grade, et telle qu'il la a recevait à son corps, la lille avec le produit de son « travail et de son économie, auront précisément ce « qu'il faut pour vivre commodément ensemble : a voilà donc un mariage... Le grand contredit ( in- « convéuieut) de l'hôtel royal est que tous les sola dats cm y sont admis sont autant d'hommes per- « dus pmr l'État : ils y enterrent, en entrant, jusqu'à « l'espérance de se voir renaître dans une postérité; « on en voit |>eu se marier... Rien ne les y sollicite... « Le mariage est nécessaire... il faut done l'ordon- « ner... Serait-il difficile de prouver que parmi tous « les soldats Invalides existant actuellement à l'hôtel, « ou détachés dans les forts, il ne s'en trouvât plus « d'un tiers en état d'être mariés?... On voit tous les « jours des soldats qui ont trente ans de service « plus frais et mieux portants que bien des ouvriers • qui n'ont jamais quitté le lieu de leur naissance.. . » Ces citations sufliscnt pour montrer à la fois, et ce qu'il y a de bizarre, et ce qu'il pouvait y avoir d'utile dans le projet de Collot à l'époque où il parut ; car il n'y avait pas alors, comme on le voit aujourd'hui, un nombre considérable d'invalides hors tic l'hôtel, pensionnes par l'État et souvent mariés. L'admission a l'hôtel, qui est aujourd'hui une faveur, était alors obligatoire, dans certaines conditions. Quant au mode d'exécution proposé par Collot, ces mariages forcés de colons vétérans et invalides seraient bien contraires à l'esprit de nos institutions libérales. On oserait à peine assurer que le gouvernement russe lui-même consentit à tenter une pareille expérience. 9° En 1709, Collot publia un autre écrit d'un titre

fort singulier : Mémoire sur lav parmi les troupes,

écrit de façon à être lu dans un couvent de religieutes, in-8*. 3° Collot publia encore, en 1774 : Satires en vers sur les innovations dont le minittère, Bâte, in-8°; en 1780, l'Officier français à l'armée, opéracomique mêlé d'ariettes, Grenoble, ln-8", représenté sur le théâtre de la même ville, pour la première fois, le 11 mai 1780. 4° Enfin on tronve de lui, dans Y Annuaire du département de la Marne, an1 1 (1803), une Êpitre, en vers, à M. Gellée, médecin à C hâtons, du 26 janvier 1797. Le même recueil donna, en 1801, une nouvelle ou conte moral, intitulé : Euphémie, par la fille même de Collot, mariée à M. Gao>

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