‹ Biographie universelle ancienne et moderne (volume 4)Chapitre 97 sur 117 · G20 COL · texte numérisé non relu

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les pensées du ciel et l'espérance d'une meilleure vie. Cet homme, qu'assez souvent on eiït pu croire, en le lisant, avoir le cœur peu sensible, l'esprit méchant, le caractère impitoyable, était susceptible d'émotions profondes. Quand il perdit samére, il tomba dans le marasme et fut menacé d'une maladie grave. Membre du jury, en 1820, dans l'afioire de Bouton et Gravier, on le vit pâlir pendant la solennité des débals. Sa ligure s'altérait de moment en moment ; ses traits se crispaient, se décomposaient ; enlin un tremblement nerveux le saisit, sa vue s'obscurcit, il tomba : l'audience fut suspendue; un suppléant le remplaça ; et il échappa ainsi a la nécessité, qui avait bouleversé tout son être, de donner une déclaration qui entraînait la peine capitale. Voici l'ordre chronologique de ses écrits : 1° la Fin du 18' siècle, Paris, M ni ut, 1799, in-12. Dusausoir publia une réponse à cette satire, qui a été réimprimée dans la collection des Satiriques et dans l'IJermite de lielleville. 2* Les Elrennes de l'Institut national, ou Revue littéraire de l'an 1, Taris, an 8 (1799), in-12 de 164 p. avec cette épigraphe : « On sera ridicule, et « je n'oserai rire ! » et une dédicace aux membres de l'Institut. 3» Les Elrennes de l'Institut national et des lycées, ou Revue littéraire de l'an 8 (avec la môme épigraphe), Paris, Moller, an 9, 1809, in-12 de 204 p. Le titre de la dédicace est : A l'Institut, l'élite de la nation française, la lumière du monde, le bras droit de la térité : salut ; la signature Jacques l'inconnu. La Revue commence par Mercier le dramaturge, et linil par Yigéc. Ces Etrennes furent saisies, ainsi que lavait été la Fin du 18' siècle. 4* Mon Apologie, satire, 1800, in-8"; réimprimée à la miiu- de la Guerre des petits dieux (voy. n° 6). Les doctrines littéraires sont bonnes, les formes sont acerbes. Cette satire a été aussi réimprimée dans l'Hermite de lielleville. 5° Mémoires secrets de la république des lettres, ou Journal d'opposition littéraire, an 8 et 9 (1800-1801). Ce journal paraissait le 1" de chaque mois, par cahiers de 100 p. in-12. La police fit saisir le 10* cahier, et défendit la continuation de l'ouvrage. 6° La Guerre des petits dieux, ou le Siège du lycée Thélusson par le Portique républicain, poëmcheroiro-burlesque, Paris, an 8 (1800), in-12. Cette satire a été reproduite dans le t. 4 de l'ouvrage suivant. T Les Satiriques du 18* siècle, Paris,Colnet,an8 (1800), 7 vol. in-8* (1). Clément, de Dijon, a fait, en 1801 , plusieurs articles sur ce recueil dans son Tableau annuel de la littérature. 8° Correspondance turque, pour servir de supplément à la correspondance russe de J.-F. Laharpe, contenant l'histoire lamentable des chutes et rechutes tragiques de ce grand homme. 2' édition, augmentée, Paris, Colnet, an 10 (I802), in-8\ Le litre du pamphlet laitsuflisammenl connaître son esprit. 9» L'Art de dincr en ville, à l'usage des gens de lettres. poème en 4 chants, Paris, Delaunay, 1810. in-18 ; 3' édition, 1813. L'auteur eut la plaisante idée de joindre, à la

{«) On nnuniue avec iwfffec que OXitpt * ImM d.m< edieeoU Irai*» (I. S, p. 1*8 , U mire rte Chcnirr, iniitulct: l'ie VI et loui» xriU. (roy. J.-.M. CiitMtn.)

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suite decebadinage ingénieux, dont la versification est facile et quelquefois brillante, une notice de tous les auteurs morls de faim. On voit figurer à leur téle Homère, le prince des poètes, appelé aussi le roi des gueux ; Milton, qui ne put vendre son Paradis perdu, au libraire Thompson, que 10 livres sterling; Camofns, le célèbre auteur des Lusiades, qui mourut à l'hôpital ; le fameux académicien Vaugelas, qui laissa son corps aux chirurgiens, à la charge par eux d'acquitter ses dettes ; Dufresny, épousant sa blanchisseuse pour payer son mémoire; deux autres auteurs dramatiques estimés : Boissy. qui acheva ses jours dans la misère; l'abbé d'Allainval, auteur de

V Ecole des bourgeois, qui finit les siens à l'Uôtcl-Dieu; l'athée Diderot, composant six sermons pour la somme de 50 écas (anecdote peut-être controuvée); les poètes Mallilàtre et Gilbert, etc. Colnet préparait une 4* édition de son poème (I), et il avait composé, pour y être ajoutés, deux fragments intitulés, l'un, Rissolétde, l'autre, Conseils à un ami, qui ont été publiés, après sa mort, dans l'Hermite de Bellevitle(t. i", p. 19-29). 10° Journal des arts, des sciences et delà littérature, commencé le 13 avril 1810, et Rni au mois de septembre 1814, Puis, 18 vol. in-8*. (Colnet avait pour collaborateurs MM. Ourry,

V erneur, RufTy et autres.) 11» Journal de Paris. Colnet y travailla depuis 1811 jusqu'en 1814. Il signait de la première leltre de son nom ses article*, qu'on reconnaissait d'ailleurs à l'originalité et a la facilité du style. 12» Journal général. Colnet en fut un des collaborateurs après les cent jours jusqu'en 18IC. 13» Gasetle de France, depuis 181 6 jusqu'à sa mort. 14° L'Hermite du faubourg St-Germain, observations sur les mœurs et usages des Parisiens au commencement du 19e siècle, faisant suite à la Collection des mœurs françaises par M . de Jouy, Paris, Pi!- Ici, 1823, 2 vol. in-8*. C'est un choix d'articles et de feuilletons de Colnet, fait par lui-même. C'est ainsi qu'ont été recueillis les feuilletons de Geoffroy, de Dussault, d'Hoffman, de MM. de Jouy, de Feletx et de Kougemonl. 15° L'Hermite de lielleville, o% Choix d'opuscules politiques, littéraires et satiriques, Paris, veuve Lenormant, 1834, 2 vol. in-8», avec celte épigraphe tirée de la première satire de Boileau :

Je ne sais ni tromper, ni feindre, ni mentir; Et, quand je le pourrais, je n'y puis consentir.

Celle nouvelle édition, ornée du portrait de Colnet, est augmentée de cinq articles sur le Mémorial i* i Sic Hélène, de trois autres sur les Mémoires de madame de Genlis, et précédée d'une notice curieuse (attribuée à Chazet) sur la vie et les ouvrages de Colnet. Cette notice a été utilement consultée pour la rédaction de celte article v — ve.

COI.OCCI (Ange) naquit en 14C7 (2) à lési, dans la Marche d'Ancône. Envoyé à Rome pour y faire ses études, il apprit sous les plus habiles maîtres le grec, le latin, sa propre langue, et le provençal, que

(I) VArl de iUer m ville » M ImM Ans le rrcocil minute : la Clauses de la table, IMis. ISI3-4, i vol. ln-««, flg. (t) Scion TiraUMChl. ou en 1M0, «Ion It recueil 4a p. c*lc»nt.

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lous les jeunes Italiens bien élevés apprenaient alors. Sa famille était noble et ancienne. François Colocei, son oncle, lit, pour se rendre maître d'Icsi, une tentative malheureuse, qui obligea toute la famille j sortir de l'Étal ecclésiastique, et à se retirer à iSaples. Auge s'y lia bientôt avtc tous les poètes célèbres qui y florissaient alors, tels que Pontanus, Sannazar, Lazzarelli, Summonte, Aliilius et plusieurs mitres. A l'exemple de la plupart d'entre eux, il changea son nom en celui de Colotiut Battus. Six années après, il fut rappelé dans sa patrie, où il reçut de ses concitoyens un accueil qui fut suivi de témoignages de leur confiance : ils le chargèrent, en 1498, d'une ambassade auprès du pape Alexandre VI. Il ne put revoir Rome sans former le dessein de s'y fixer, et il obtint successivement de la cour romaine des emplois honorables et utiles. Riche de ses propres biens et des revenus de ses places, il tenait un grand état ; sa maison, sa riche bibliothèque, ses superbes jardins étaient ouverts aux littérateurs et aux savants. Jl y recueillit l'académie romaine, qui était errante et dispersée depuis la mort de Pomponius Ltttus, son fondateur. Il avait été mariée deux fois; reste veuf de sa seconde femme, il prit l'habit ecclésiastique, et reçut de Léon X, qui le nomma son secrétaire, la survivance del'évèchéde Nocera ; Clément VII l'y confirma, y ajouta le gouvernement d'Ascoli, et le députa dans plusieurs cours de l'Europe pour former cette ligue (pii fut si funeste à Rome, au pontife et à Colocei lui-même. Lors du trop fameux sac de Rome, en 1527, il reçut les insultes les plus graves, vit sa maison brûlée avec toutes les richesses littéraires et les chefs-d'œuvre des arts qu'il y avait rassemblés, et ce ne fut qu'en payant de fortes sommes qu'il racheta sa liberté. Il alla passer quelques mois dans sa patrie, pour réparer les pertes qu'il avait faites. 11 retourna ensuite à Rome, et fut mis, en 1537, en possession de l'évéché de Noccra. Il ne le garda qu'environ neuf années, le céda en 1546 à l'un de ses neveux, et mourut à Rome, le Ier mai 1549. Sa vie a été donnée en latin par Frédéric Lbaldini, Rome, 4673, in-8". L'abbé Lancelolti a publié a Rome, en 1772, les poésies italiennes et latines «l'Ange Colocei, précédées de sa vie et du catalogue de ses ouvrages ; ils sont plus nombreux qu'importants. On y distingue quelques opuscules de philosophie et de mathématiques; tout le reste appartient aux belles-lettres. G - É.

COLOGNE (Barthélémy de). Voyez Barthélémy.

COLOM DU CLOS (Isaac), né à Mûncheberg, dans la moyenne Marche de Brandebourg, le 20 janvier 1708, d'une famille de réfugiés français, tut appelé, en 1730, pour diriger l'éducation du prince héréditaire d'Ost-Frise, Charles- Kdzar, qui en fit dans la suite son secrétaire intime de cabinet et son bibliothécaire. Après la mort de ce jeune prince, Colom devint professeur de langue française, d'abord à Uefeld en 1744, puis, en 1747, à l'université de Goetlingue, où il fut fait professeur de philosophie quelques années après. Il mourut le 26 janvier

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